L'ARMÉE DU ROI DE BOURGES.Quand, en 1422, Henri V et Charles VI moururent à quelques mois d'intervalle, l'invasion anglaise était maîtresse de la plus grande partie de la France. Pour reconquérir son héritage, pour lutter contre les armées d'Henri VI de Lancastre[1], proclamé à Saint-Denis roi de France et d'Angleterre, le prince français, salué du nom de Charles VII par quelques chevaliers réunis à Mehun-sur-Yèvre, semblait n'avoir ni le courage ni la volonté nécessaires. Le duc de Bedfort, le régent anglais, l'appelait par ironie, le roi de Bourges[2], et c'est par deux batailles perdues que Charles le Victorieux inaugura son règne. Cravant-sur-Yonne (1er juillet 1423).Les compagnies écossaises, italiennes ou castillanes, qui servaient le « gentil dauphin, » avaient pris l'offensive en Champagne, sous les ordres du maréchal de Séverac. Elles assiégeaient la forteresse bourguignonne de Cravant, qui commande le cours de l'Yonne entre Auxerre et Avallon, en face de Coulanges-la-Vineuse, lorsqu'une armée anglo-bourguignonne[3], supérieure en nombre, les entoura et les battit, le 1er juillet 1423, après un combat opiniâtre. Lord Stuart-Darnley, le capitaine des Écossais, fut pris avec Poton de Saintrailles et 400 nobles hommes. 1.200 morts, la plupart Écossais, restaient sur le champ de bataille. Ce n'était pas la première fois que ce noble sang écossais[4] coulait pour la France, mais jamais ces vaillants champions d'une cause presque désespérée n'avaient donné un plus généreux exemple. Les chevaliers français tinrent à honneur de rivaliser de dévouement avec les montagnards d'outre-mer, et malgré les hésitations des courtisans inhabiles et égoïstes qui dirigeaient le conseil de Charles VII, l'armée du roi de Bourges tint bravement la campagne contre les Anglais et les Bourguignons plus nombreux, mieux pourvus et enhardis par la victoire. La dernière forteresse, qui tînt encore pour le dauphin, sur la frontière de Normandie, le château d'Ivry, venait d'être prise par les Anglais. 18.000 Français, Écossais ou Lombards[5], réunis sous les bannières du jeune duc d'Alençon, du connétable de France, Jean Stuart de Buchan, du vicomte de Narbonne, du maréchal de Lafayette et du comte de Douglas, se mirent en campagne, dans les premiers jours d'août, pour reprendre Ivry. Mais Bedfort avait choisi, sur la rive gauche de l'Eure, une position si forte que, le conseil très-divisé des capitaines dauphinois décida qu'on passerait outre sans l'attaquer. L'armée se dirigea vers l'est, en longeant l'Arve, pour tenter un coup de main sur Verneuil. On employa, pour tromper la garnison, un stratagème d'écorcheur, qui réussit. Quelques Écossais, garrottés et souillés de sang, crièrent en anglais aux défenseurs, que l'armée de Bedfort venait d'être détruite dans une grande bataille, et qu'ils étaient eux-mêmes des prisonniers, qu'on allait égorger si Verneuil n'ouvrait pas ses portes. Verneuil se rendit. Mais, le soi-disant vaincu s'était mis à la poursuite des Français, et il couchait à Damville-sur-Iton, le jour même de la reddition de Verneuil. La bataille eut lieu le lendemain. En voici le récit d'après Monstrelet et Lefebvre de Saint-Remi. Verneuil (17 août 1427).« Le lendemain de l'Assomption, le duc de Bedfort partit très-matin de Damville, en belle et très-grande ordonnance, jusqu'assez près de Verneuil, auquel lieu et à l'environ étaient logés les Français, ses ennemis. « Ceux-ci, sachant sa venue, se préparèrent bien diligemment et mirent leurs gens en bataille pour s'assembler à l'encontre du duc ; ils firent une seule grosse bataille à pied, sans avant-garde. « En même temps, ils ordonnèrent les Lombards et aucuns autres à demeurer à cheval sous la conduite de Caman (le Borgne), du Roussin, de Poton de Saintrailles et d'Étienne de Vignolles, dit La Rire, pour rompre et envahir les Anglais par derrière ou au travers. « Bedford ne fit aussi qu'une seule bataille de ses hommes d'armes, mais il mit ses archers au front devant, chacun d'eux ayant liché en terre, devant lui, un pieuchon aiguisé. Les plus grands fols[6] de ces archers étaient aux deux bouts de la bataille, par manière d'ailes. Derrière les hommes d'armes étaient tous les pages avec les chevaux et les méchantes gens incapables de combattre. Ces chevaux avaient été liés ensemble par le cou et par la queue, afin que les ennemis à pied ou à cheval ne pussent pas les surprendre. « Le duc commit à la garde des chevaux et du bagage, 2.000 archers, pour que la bataille ne pût pas être envahie par derrière. » Ainsi, tandis que les Français, oubliant les traditions de du Guesclin et de Clisson, se forment sur une seule ligne sans éclaireurs, sans troupes légères, sans point d'appui et sans réserve, pendant que les hommes d'armes s'entassent au centre, en une lourde phalange incapable de manœuvrer, les Anglais se souviennent de la tactique de Crécy, de Poitiers, d'Auray et de Navarette ; ils profitent même des leçons d'Azincourt. Bedford range son armée sur trois lignes : Le gros des archers forme la première ligne, protégée par une ligne de pieux aigus ; les archers les plus intrépides débordent les ailes pour escarmoucher avec les cavaliers, rangés sur les flancs de la phalange française. En deuxième ligne, les hommes d'armes, réunis en un carré compact, s'apprêtent à soutenir les archers. Enfin, pour parer sur les derrières, à une surprise semblable à celle qui a failli compromettre le succès d'Azincourt, la garde du charroi est confiée à 2.000 archers d'élite, qui, tout en protégeant les flancs et les derrières de l'armée, joueront le rôle si bien rempli à Auray par les gens d'Hugh Caverly. Quelle que fût la vaillance française, toutes les chances de succès étaient pour le duc de Bedford. On fit de part et d'autre, comme c'était l'usage avant une bataille publique, un grand nombre de nouveaux chevaliers. L'action ne s'engagea qu'à trois heures. « A l'approche, les Anglais élevèrent tous ensemble un grand cri, comme ils ont accoutumé de faire. » Douglas voulait qu'on attendît le choc des Anglais, mais le vicomte de Narbonne se rua à travers les archers anglais, entraînant à sa suite toute la bataille française, tandis que les hommes d'armes anglais « se portaient au secours de leurs archers lentement et sagement, en bel arroy, sans trop s'échauffer. « La mêlée des hommes d'armes duales trois quarts d'une heure moult terrible, cruelle et sanglante. Il n'est oncques mémoire qu'on ait vu deux partis combattre à si grand'puissance et pendant si longtemps, sans qu'on n'ait pu savoir lequel aurait la victoire. « Cependant les Lombards, qui avaient été ordonnés à cheval pour férir par derrière sur les Anglais, vinrent jusqu'aux chevaux liés ensemble, mais ils ne purent traverser et passer outre, pour la résistance que firent les 2.000 archers de la réserve anglaise. » Ces Lombards ne songeaient qu'à piller. Quand ils eurent fait main-basse « sur bagues et chevaux », ils s'enfuirent avec leur butin, sans se soucier du danger où ils laissaient Ies gens d'armes qui combattaient à pied. « Alors, les 2.000 archers, se voyant décombrés de leurs ennemis, se trouvèrent frais et nouveaux[7] pour secourir les archers qui étaient au front devant la bataille. » Malgré les efforts de Saintrailles, de La Hire et de leurs 200 lances françaises, pour arrêter cette réserve, elle fit une brusque irruption sur le flanc de la phalange à pied des armures de fer, et elle lui porta un coup décisif. « Les Français commencèrent à déconforter, et les Anglais, en grand'hardiesse, se boutèrent entre eux, les séparèrent et ouvrirent leur bataille en plusieurs lieux. « Les Anglais continuèrent si bien ainsi, qu'ils obtinrent la victoire et gagnèrent la bataille, non pas sans grand'peine et effusion de sang de chacune partie. « Car, comme il fut su par rois d'armes, hérauts, poursuivants et autres gens dignes de foi, des Français, il y eut de morts sur la place, de 4.000 à 5.000 combattants, en grande partie Écossais, et il fut fait, environ deux cents prisonniers. » Le connétable, Douglas, le vicomte de Narbonne, les comtes de Ventadour, d'Aumale et de Tonnerre avaient été tués ; le duc d'Alençon[8] et le maréchal de Lafayette étaient prisonniers. Bedfort avait perdu 1.500 hommes ; mais cette victoire lui rendit Verneuil, lui livra le Maine et les dernières places françaises de Picardie. LE CONNÉTABLE DE RICHEMONT.Tout n 'était pas encore perdu. Le duc de Bretagne rendit hommage à Charles VII et lui envoya l'élite de ses chevaliers. En échange, son frère, Àrthus de Richemont, fut fait connétable de France (7 mars 1425). « Par un privilège assez rare, ce prince, écrit M. Guizot[9], était supérieur au renom qui est resté de lui dans notre histoire, et c'est justice de reproduire le portrait qu'en a fait Guillaume Gruet, son contemporain. « Oncques homme en son temps n'aima plus la justice et ne prit plus de peine que lui pour la faire selon son pouvoir. Oncques prince ne fut plus humble, ni plus charitable, ni plus miséricordieux, ni plus libéral, ni moins avaricieux, ni plus large en bonnes manières, sans prodigalité. Il était prudhomme, chaste et vaillant autant que prince peut être, et nul en son temps ne fut de meilleur conseil que lui pour conduire une grande bataille ou un grand siège, ou pour toutes approches et toutes manières. Tous les jours, au moins une fois dans la journée, il parlait de la guerre et y prenait plaisir, plus qu'à nulle autre chose. « Sur toutes choses, il aimait gens vaillants et bien renommés ; il aimait et soutenait le peuple plus que nul autre, et faisait largement des biens aux pauvres mendiants et aux pauvres de Dieu. » Tant de vertus portèrent bientôt ombrage aux favoris de Charles VII. La Trémoille, qui semble avoir été le mauvais génie de ce roi incapable et nonchalant, se déclara l'ennemi du connétable et lui fit interdire l'accès de la cour frivole, où, selon l'expression de La Hire, « jamais roi ne perdit plus joyeusement sa couronne. » La France semblait condamnée à subir le joug des conquérants anglais. Devenue plus que jamais la proie des gens de guerre, qui se vengeaient sur les paysans des batailles perdues, et qui remplaçaient par un pillage effréné la solde que le roi leur refusait[10], elle n'avait plus qu'une seule barrière sérieuse à opposer à l'invasion triomphante : Orléans. Cette ville prise, la Loire était franchie, le Midi occupé sans résistance. Déjà la cour de Bourges songeait à se réfugier en Écosse. Bedfort chargea le comte de Salisbury de terminer la guerre par la prise d'Orléans. Le siège d'Orléans (1428).Salisbury était le vainqueur de Cravant-sur-Yonne « un Jean Chandos ! », au dire des Anglais. Quand il parut devant Orléans, le 12 octobre 1428, à la tête de 10.000 hommes d'élite, avec les capitaines les plus renommés de l'Angleterre, Guillaume Suffolk, Talbot et William Glasdale, les bourgeois d'Orléans comprirent qu'ils allaient jouer une partie suprême, et que les destinées de la France dépendaient de leur courage et de leur patriotisme. Calais, en 1347, Rouen, en 1417, leur avaient donné un grand exemple ; ils firent mieux encore. Leur capitaine était le sire de Gaucourt, le défenseur d'Harfleur, en 1415. Il fit brûler les faubourgs, et il répartit les 34 compagnies bourgeoises entre les 34 tours de l'enceinte, qui étaient garnies de 70 canons ou bombardes. 500 vieux routiers formaient la réserve et instruisaient les bourgeois. Douze maîtres canonniers, fort experts, dirigeaient les pierres des engins à feu sur les boulevards et les bastilles, que les Anglais avaient construits sur les deux rives de la Loire, et qu'ils avaient entourés de fossés profonds. L'un de ces canonniers, maître Jean, avait placé sa coulevrine sur un chariot léger, et les Anglais le trouvaient partout, abattant leurs chefs : un jour, lord Grey, un autre jour, le maréchal du camp. Salisbury fut tué d'un coup de bombarde, le 27 octobre. Suffolk le remplaça. Le bâtard d'Orléans, Dunois, avait pu pénétrer dans la place, et la garnison avait été portée à 7.000 hommes, par des renforts successifs. Cependant, après 4 mois de siège, la famine sévissait dans la place, quand on apprit qu'un grand convoi de 300 charrettes était envoyé de Paris à l'armée assiégeante, sous l'escorte de 2.500 Anglais, Bourguignons ou cabochiens, commandés par sir John Falstolf. Combat de Rouvrai (13 février 1429).Le comte de Clermont[11] était à Blois avec plus de 2.000 chevaux. Les capitaines d'Orléans obtinrent de lui qu'on dirigerait une action combinée contre le convoi anglais, qui cheminait, à petites journées, sur la route d'Etampes à Orléans. Une brusque attaque, à la façon de Montiel, en aurait eu raison, mais les gens d'Orléans, arrivés les premiers, perdirent leur temps à attendre le comte de Clermont. Falstolf, en les voyant, fit halte près du village de Rouvrai-Saint-Denis ; il improvisa une enceinte de chariots, que ses archers garnirent, après avoir planté leurs pieux aigus dans les intervalles. Les cavaliers de l'escorte se tinrent au centre du carré, prêts à charger l'assaillant, s'il forçait les deux seules entrées qu'on eût ménagées. L'artillerie orléanaise, couverte en avant par des archers et des arbalétriers, fit de larges brèches dans le rempart anglais, mais les hommes d'armes d'Orléans et l'avant-garde écossaise du comte de Clermont, impatients d'engager l'action main à main, ne laissèrent pas continuer le feu. Ils mirent pied à terre, et, malgré leurs lourdes armures, ils voulurent pénétrer, l'épée à la main, par une de ces brèches. Les archers anglais reprirent alors l'avantage ; Français et Écossais reculèrent. Une bannière de chevaliers gascons, qui avait voulu faire diversion en chargeant sur un autre point, fut arrêtée par les pieux aigus. Falstolf sortit alors de l'enceinte à la tête de ses gens à cheval, et, la lance au poing, il prit en flanc les hommes d'armes à pied, dont la plupart étaient blessés par les terribles saïettes. Le comte de Clermont aurait pu intervenir à temps ; il préféra « férir des éperons » avec sa bataille jusqu'à Orléans. Le canon avait crevé les barils du convoi et jonché de harengs les abords de l'enceinte. Les Orléanais se consolèrent de cet échec par une plaisanterie. Ils appelèrent ce combat la « journée des harengs. » JEHANNE LA PUCELLE.Restait la famine. Orléans, malgré les secours en vivres, en argent et en munitions, qu'elle avait reçus de plusieurs points du royaume[12], se préparait à. affronter les vengeances du terrible Suffolk. Les gens de guerre avaient déclaré qu'il était impossible de secourir la noble cité, et la cour se résignait étourdiment à la perdre, lorsqu'une humble paysanne lorraine, Jehanne la Pucelle, vint dire à. Charles VII : — « Gentil dauphin, si vous me baillez gens de guerre je lèverai le siège d'Orléans et je vous mènerai sacrer à Reims, car tel est le bon plaisir de Dieu, que ses ennemis les Anglais s'en aillent en leur pays et que le royaume vous demeure ! » Le 29 avril 1429, Jeanne Darc entrait dans Orléans avec un convoi de vivres et une faible escorte, aux acclamations de la foule, qui saluait en elle l'ange de la patrie. L'armée anglaise, réduite à 4 ou 5.000 hommes, était dispersée dans une douzaine de bastilles, mal reliées et mal gardées. Les plus nobles gentilshommes, aussi bien que les capitaines les plus rudes[13], subirent l'ascendant de la vierge inspirée de Dieu. « Sur son grand cheval noir, armée à blanc, tête nue, une petite hache à la main, et parlant d'une claire et douce voix de femme, elle se comportait, en fait de guerre, comme si t'eût été un capitaine qui eût guerroyé l'espace de 20 ou 30 ans, et surtout en l'ordonnance de l'artillerie[14]. » Le 2 mai, elle fit en personne la reconnaissance des lignes anglaises. Le 4, elle alla au-devant d'un convoi et d'un renfort importants amenés de Blois, par le sire de Retz[15]. Le même jour et les suivants, elle dirigea les sorties. Son étendard à la main, Jeanne ne cessa de donner l'exemple pendant les furieux assauts, que Dunois, Saintrailles, Gaucourt, La Hire et Boussac, livrèrent aux Anglais. D'assiégeants dans leurs bastilles, ceux-ci étaient devenus assiégés. Le 6 mai, Jeanne chassait les Anglais de leurs lignes du Sud ; le 8, Suffolk et Talbot évacuaient les bastilles du Nord, en abandonnant munitions, artillerie, bagages, prisonniers et malades ![16] Orléans était délivré. CAMPAGNE DE 1429.Jeanne Darc avait rempli, en cinq jours, la première partie de sa mission. Il lui restait encore à faire sacrer le dauphin à Reims, et « à bouter les Anglais hors de toute France », comme elle l'avait annoncé à Bedfort, dans sa sommation du 24 avril 1429. Mais elle comptait sans l'indolence et les hésitations de Charles VII, sans le mauvais vouloir et la jalousie des courtisans. Le 10 juin cependant, elle se mit en campagne avec 1.200 lances et les milices enthousiastes des villes de la Loire, pour assiéger Meung-sur-Loire et Jargeau, où les Anglais s'étaient réfugiés. Le duc d'Alençon, Dunois, le comte de Vendôme, le maréchal de Boussac s'étaient faits volontairement les lieutenants de la Pucelle d'Orléans. Jargeau fut emporté d'assaut le 14 juin. Le 15, Jeanne Darc vint mettre le siège devant Beaugency. Là, elle fut rejointe par le connétable de Richemont qui, en apprenant la merveilleuse délivrance d'Orléans, avait résolu de braver la haine de la Trémoille et la disgrâce du roi, pour servir la France quand même. Il amenait à la Pucelle un renfort de 400 lances et de 800 archers bretons[17]. Le château de Beaugency capitula dans la nuit du 17 juin. Environ une heure après le départ de la garnison, vint en l'est des Français la nouvelle que Talbot, Scales, Jehan Falstolf et plusieurs autres seigneurs et capitaines d'Angleterre, suivis de 4 ou 5.000 hommes, étaient passés par Yenville-en-Beauce, pour venir droit à Meung-sur-Loire, et de là, combattre ceux du siège de Beaugency. « Aussitôt, furent mis chevaucheurs[18] en chemin, pour savoir de ce la vérité plus à plein. « En même temps, le duc d'Alençon, le connétable de Richement, le comte de Vendôme et Jehanne la Pucelle faisaient tirer l'est aux champs, hors de la ville de Beaugency, pour mettre leurs gens en bataille. « Les chevaucheurs ne tardèrent pas à revenir, rapportant qu'ils avaient rencontré, près du pont de Meung, les Anglais s'en allant droit à Yenville avec la garnison qu'ils avaient au château de Meung[19]. » Le connétable et les capitaines, sur les instances de Jeanne Darc, décidèrent qu'on donnerait immédiatement la chasse à l'armée anglaise, « pour la combattre quelque part qu'on la pût trouver. » POURSUITE DE L'ARMÉE ANGLAISE.« Les mieux montés furent mis en l'avant-garde, avec ordre de chevaucher les Anglais, de les arrêter et de les obliger à se ranger en bataille. « Les capitaines de l'avant-garde étaient La Hire, Poton de Saintrailles, Beaumanoir, Ambroise de Loré, Panassac, Giraud de la Pallière, Amador Stevenot et plusieurs gens de bien à cheval. « Derrière eux, monseigneur le connétable, monseigneur d'Alençon, la Pucelle, monseigneur de Laval, monseigneur de Lohéac, le maréchal de Retz, Dunois, Gaucourt, et grand nombre de seigneurs, marchaient bien grand train, menant la bataille. « Quand l'avant-garde eut bien chevauché environ 5 lieues, elle rencontra, vers une église fortifiée nommée Patay, les Anglais qui allaient à pied et à cheval, en marchant toujours leur chemin[20]. » Ce fut un cerf, levé par les éclaireurs français, dans les bois de Patay, qui leur révéla le voisinage de l'armée ennemie. « Les coureurs de l'avant-garde, dit Monstrelet, vinrent ce samedi, à une grande demi-lieue d'un gros village nommé Patay. Pendant cette marche, ils firent, de devant eux, partir un cerf, lequel adressa son chemin droit pour aller à la bataille des Anglais, qui déjà s'étaient mis tous ensemble ; c'est à savoir ceux venant de Paris avec les autres qui étaient partis de Beaugency et des marches d'Orléans. « Pour la venue de ce cerf, qui se férit parmi cette bataille, il fut desdits Anglais élevé un très-grand cri, car ils ne savaient pas encore que leurs ennemis fussent si près d'eux. « Par ce cri, les coureurs français furent acertainés que c'étaient les Anglais, car ils les virent adonc tout à plein. Ils renvoyèrent aucuns d'eux vers leurs capitaines, pour les avertir de ce qu'ils avaient trouvé, et leur faire savoir que, par bonne ordonnance, ils chevauchassent avant et qu'il était l'heure de besogner. Bataille de Patay (18 juin 1429).« Les capitaines prestement se préparèrent de tous points et chevauchèrent bien et hardiment, si avant, qu'ils aperçurent l'ost de leurs ennemis. « Lesquels, sachant pareillement la venue des Français, se préparèrent diligemment pour les combattre. « Ils voulurent descendre à pied, près d'une haie qui était assez près d'eux, afin que, par derrière, ils ne pussent pas être surpris des Français. Mais, certains de leurs capitaines ne furent pas de cet avis, disant qu'on trouverait une place plus avantageuse. » C'est la première fois peut-être, depuis le commencement de la guerre de Cent ans, que nous voyons les capitaines anglais être indécis et divisés, au moment de l'action. Jeanne Darc a changé les rôles : la décision, l'unité d'action, la confiance, ces causes premières des victoires anglaises, sont passées dans le camp français. Les capitaines anglais qui voulaient battre en retraite en présence de l'ennemi l'emportèrent. Alors les hommes d'armes, qui avaient mis pied à terre pour se former en arrière de la haie occupée déjà par les archers, remontèrent à cheval et tournèrent le dos. « Les Anglais chevauchèrent jusqu'à un autre endroit, qui était à un quart de lieue du premier et assez fort de haies et de buissons, sur la lisière d'un bois, près du village de Patay. « Là, la plus grande partie des gens d'armes mit pied à terre. « Alors, les chevaliers français de l'avant-garde, qui étaient désireux et ardents en courage pour rejoindre les Anglais, parce que, depuis quelque temps, ils les trouvaient d'assez méchante défense, se férirent de plein élan dedans les Anglais et, d'un hardi courage et grand'volonté, ils les envahirent si vigoureusement et tant soudainement, avant qu'ils pussent être en ordonnance, que quelques chevaliers anglais, comme messire Jehan Falstolf et le Bâtard de Thiers, avec grand nombre de leurs gens, ne se mirent point à pied comme leurs compagnons, mais se départirent en fuyant à pleine course pour sauver leurs vies[21]. « Les autres, qui étaient descendus à pied, furent tantôt de toutes parts, environnés et combattus par les Français, car ils n'eurent point loisir de se fortifier avec leurs pieux aiguisés, comme à l'ordinaire. « En bref terme et sans avoir porté grand dommage aux Français, il furent très-facilement rués jus, déconfits et tout à fait vaincus. « La bataille des Français n'avait pas même eu le temps d'intervenir. Il n'était pas deux heures de l'après-midi. « La chasse dura jusqu'à Yenville-en-Beauce. Cette ville, tenue par les Anglais, fut sur-le-champ rendue et mise en l'obéissance du roi de France, avec plusieurs autres forteresses du pays de Beauce. Messire Jehan Falstolf et les Anglais qui avaient tourné le dos étaient allés jusqu'à Corbeil. » Environ dix-huit cents Anglais restèrent sur la place ; il y eut de 100 à 120 prisonniers, « parmi lesquels les principaux seigneurs étaient Henri Branche, Talbot, Scales, Hongreffort, messire Thomas de Rampston et plusieurs autres. » « Les Français couchèrent la nuit suivante au dit lieu de Patay. » « Le lendemain, les Français retournèrent, avec tous leurs prisonniers et les dépouilles des Anglais qui avaient été tués, en la ville d'Orléans, où ils furent rejoints par ceux de leurs gens qui tenaient la campagne aux environs. « L'armée fut grandement reçue de tout le peuple, et spécialement, Jeanne la Pucelle. Elle acquit, en ces besognes, si grand'louange et renommée, qu'il semblait à toutes gens, que les ennemis du roi n'eussent plus puissance de résister contre elle, et que bientôt, par son moyen, le roi dût être remis et établi du tout en son royaume. « La Pucelle s'en alla à Gien, avec les autres princes et capitaines, devers le roi, qui fut moult réjoui de leur retour, et fit à tous très-honorable réception. » — « C'est la fortune de la guerre ! » avait dit Talbot, prisonnier de Saintrailles. Cette fortune semblait avoir abandonné les Anglais. Le voyage de Reims fut une marche triomphale de 50 lieues ; les villes ouvraient leurs portes, les hommes d'armes accouraient, les compagnies bourgeoises grossissaient la foule des gens de pied qui voulaient combattre l'étranger sous l'étendard de la Pucelle. Pendant la cérémonie du sacre (17 juillet), tous les regards de la foule, entassée dans la cathédrale de Reims, se portaient sur l'héroïne debout derrière le trône royal, son étendard à la main : — « Il a été à la peine, disait-elle, il est juste qu'il soit à l'honneur ! » DEVANT PARIS.Il fallait maintenant bouter les Anglais hors de toute France. Jeanne Darc voulut d'abord leur reprendre Paris. Malgré la cour, malgré le roi, elle vint se poster à la Chapelle–Saint–Denis, et, le 7 septembre, elle tenta un coup de main hardi contre le boulevard Saint-Honoré. M. Vallon, dans sa belle histoire de Jeanne Darc, retracé de main de maître, d'après les chroniques, ce premier échec de l'héroïne. « Le jour de la Nativité, les Français partirent de la Chapelle, divisés en deux corps : les uns devaient attaquer, les autres demeurer en observation pour prévenir les sorties et couvrir les assaillants. « Alençon et Clermont, chargés du second rôle, allèrent se loger derrière une forte butte — le marché aux Pourceaux, depuis butte des Moulins ou butte Saint-Roch —, d'où ils pouvaient surveiller la porte Saint-Denis. « Retz, Gaucourt et la Pucelle se dirigèrent vers la porte Saint-Honoré, et, dès l'abord, ils forcèrent la barrière et enlevèrent le boulevard qui la protégeait. Comme la porte restait close et que, d'aucun côté, on ne sortait de la ville, la Pucelle, tenant à la main son étendard, se jeta avec les plus hardis, dans les fossés, sous le feu de la place. Pierriers, canons, coulevrines, étaient dirigés contre les assaillants, et un obstacle imprévu les tenait exposés à tous les coups sans qu'ils pussent arriver aux murailles. « Ils avaient bien franchi le premier fossé, qui était à sec, et le dos d'âne ; mais, au revers, ils avaient trouvé le second fossé rempli d'eau. Jeanne, quoique surprise, ne s'en rebuta point. Tout en sommant la ville de se rendre, elle sondait du bois de sa bannière la profondeur de l'eau, et donnait ordre d'apporter des fagots qu'elle y faisait jeter pour établir un passage, quand elle fut frappée à la cuisse d'un trait d'arbalète. « Il était tard ; et cependant, Jeanne, bien qu'elle fût blessée, demeurait là. — « Aux fagots et aux claies, tout le monde ! » criait-elle. « Et elle continuait de faire combler le fossé ; elle pressait les soldats de courir aux murs, leur disant que la place serait prise. « En effet, l'émotion était grande dans le peuple. Dès le commencement de l'assaut, on avait vu des gens criant par la ville, que tout était perdu, que les ennemis étaient entrés dans Paris, qu'il n'y avait plus qu'à songer chacun à soi-même ; et la multitude, que les prédicateurs haranguaient dans les églises, s'enfuyait en désordre. On rentrait dans les maisons ; on fermait les portes. « Mais, l'assaut durait depuis midi, et les capitaines, voyant les troupes lasses et Jeanne blessée, résolurent de le suspendre. Vainement elle insistait, refusant de s'éloigner ; ils rappelèrent les troupes. Quant à elle, il fallut que le duc d'Alençon, Gaucourt et d'autres, vinssent la prendre de force et la missent à cheval pour la ramener à la Chapelle. Et, sous le feu des canons qui, de la porte Saint-Denis, la poursuivaient de leurs boulets jusque par-delà Saint-Lazare, elle ne cessait de protester, affirmant que la place eût été prise ! » LE BÛCHER DE ROUEN.Il n'est pas un Français qui ne sache comment s'est terminée cette glorieuse et patriotique légende de la Pucelle d'Orléans. Abandonnée par le roi qui, après avoir congédié le connétable de Richemont, était allé reprendre à Chinon sa vie d'insouciance et de plaisirs, Jeanne Darc fut prise à Compiègne, dans une sortie, le 24 mai 1430. Vendue aux Anglais, traînée de prison en prison et d'opprobre en opprobre, martyrisée pendant plus d'une année, sans que le roi qu'elle avait fait sacrer, sans que les gens de guerre qu'elle avait conduits à la victoire, eussent fait une démarche, ou versé une goutte de sang pour la secourir, la noble héroïne française fut brûlée vive à. Rouen, comme sorcière, le 30 mai 1431. Chef de guerre, Jeanne Darc a résumé sa tactique dans la fière réponse qu'elle fit à ses juges : — « Je disais : entrez hardiment parmi les Anglais, et j'y entrais moi-même ! » |
[1] Il avait dix-huit mois.
[2] La Touraine, l'Orléanais, le Berri, l'Auvergne, le Bourbonnais, Lyon, le Dauphiné, le Languedoc et les parties orientales de la Gascogne reconnaissaient l'héritier légitime des Valois (Henri Martin).
[3] Les comtes de Salisbury et de Suffolk commandaient les Anglais, et le maréchal de Toulongeon les Bourguignons.
[4] Charlemagne, saint Louis et Philippe le Bel avaient pris des Écossais à leur solde. Charles VI avait eu une garde écossaise.
[5] Lord Douglas était débarqué à la Rochelle avec 5.000 hommes d'élite ; le duc de Milan avait envoyé 500 lances et 1.000 archers lombards, conduits par trois fameux condottieri, Valperga, Rusca et Cacchiere. Les condottieri étaient les routiers et les écorcheurs de l'Italie.
[6] Les enfants perdus.
[7] C'est une expression de Froissart (page 331) conservée par Monstrelet.
[8] Il sera racheté, en 1428, pour 200.000 écus d'or.
[9] Histoire de France, tome II, page 342.
[10] Dans son Quadriloge invectif, allégorie patriotique où la France conjure ses trois enfants, le clergé, la noblesse et le peuple, d'oublier leurs longues et cruelles discordes, et de sauver leur mère en se sauvant eux-mêmes, Alain Chartier fait dire au peuple :
« Labeur a perdu son espérance, marchandise ne trouve chemin qui la puisse sûrement adresser. Tout est proie, ce que l'épée et le glaive ne défend. Je n'ai pas d'autre espérance en ma vie, sinon par désespoir de laisser mon état, pour faire comme ceux que ma dépouille enrichit, qui plus aiment la proie que l'honneur de la guerre. Et que dis-je, la guerre ? Ce n'est pas guerre qui en ce royaume se mène, c'est une privée roberie, un larcin abandonné, force publique sous ombre d'armes, et violente rapine qu'on a rendus loisibles faute de justice et de bonnes ordonnances.
« Les armées sont criées et les étendards levés contre les ennemis, mais les exploits sont coutre moi, peuple, pour la destruction de ma pauvre existence et de nia misérable vie. Les ennemis sont combattus de paroles, je le suis de fait. Regarde, mère, regarde et avise bien ma très-douloureuse affliction, et tu connaitras que tous les refuges me défaillent...
« Le labeur de mes mains nourrit les lâches et les oisifs ; ils vivent de moi et je meurs par eux ! ... »
[11] Fils aîné du duc Jean de Bourbon pris à Azincourt.
[12] Ce que les grands ne faisaient pas les petits le firent.
« L'humiliation de la France et de son roi commençait à peser sur le cœur du peuple. Au contact de l'étranger, le sentiment de la nationalité s'éveilla en lui.
« Autrefois on était citoyen de sa ville, rien de plus ; en face de l'étranger, on se sentit Français. Personne un siècle auparavant ne s'était inquiété de Calais assiégé par Édouard III, la France entière s'intéressait au sort d'Orléans. Angers, Tours et Bourges lui avaient envoyé des vivres ; Poitiers et la Rochelle de l'argent ; le Bourbonnais, l'Auvergne, le Languedoc du salpêtre, du soufre et de l'acier. (Duruy, Histoire de France.)
[13] Estienne de Vignolles dit la Hire, Poton seigneur de Saintrailles, Jean Lesgot. Pierre d'Augy, Raimond de Villars, Oudet de Rivière, Galobre de Panassac, Giraut de la Pallière, le sire de Coraze, le sire de Graville, Mathias d'Archiac. (D'après un état de solde de 1429 retrouvé aux Archives nationales.)
[14] Lettre de Guy de Laval, petit-fils de du Guesclin, à son aïeule.
[15] « Le mercredi quatrième jour de mai, partit ladite pucelle pour aller au-devant des autres vivres qu'amenait le sire de Retz, et allèrent avec elle tous les capitaines, monseigneur de Dunois, la Hire, messire Florent d'Illiers et le baron de Conches, jusques en la forêt d'Orléans.
« Il fallait passer au plus près de la bastille des Anglais, nommée Paris. Quand ceulx de la ville les virent venir, ils saillirent au-devant pour les recevoir à grant joye. Eux venus à Orléans, ils prirent leur réfection, et puis ils vinrent en Postel de la ville, requérir habillement de guerre, comme coulevrines, arbalestes, échelles et autres habillements, et partirent pour aller à Saint-Loup. En ce même jour fut prise d'assaut cette bastille de Saint-Loup, où estaient de six à sept vingt (120 à 140) Anglais combattants.
« Ce voyant, Talbot et les autres capitaines anglais issirent de leurs bastilles, sons cinq à six étendards, pour faire lever le siège dudit Saint-Loup, jusques près du pavé de Fleury, entre Saint-Loup et leurs bastilles, en belle bataille.
« Alors tout homme issit hors d'Orléans pour aller enclore les Anglais ; mais, ce voyant, ceux-ci rentrèrent, à grand haste en leurs bastilles.
« Ils avaient de dix à onze bastilles : les Tournelles, les Augustins, Saint khan le Blanc, le champ Saint-Privé, celle de l'isle Charlemagne, Saint-Laurent et Londres, le Pressoir brûlé, Paris et Saint-Loup. »
(Chronique du siège d'Orléans, publiée dans l'Annuaire du Loiret de 1850.)
[16] « Le lendemain dimanche, 8 mai, au lever du soleil, toutes les troupes anglaises quittèrent leurs retranchements et se formèrent en deux batailles : à cette vue, peuple et soldats sortirent en foule d'Orléans pour les assaillir. Jeanne (blessée à l'épaule, la veille, à l'assaut des Tournelles) se leva malgré la douleur de sa blessure, passa une légère cotte de mailles et courut arrêter ses gens.
— « Pour l'amour et l'honneur du saint dimanche, leur dit-elle, s'ils veulent partir laissez-les aller et ne les occisez point ! qu'ils se départent ; leur parlement me suffit. »
« Elle fit dresser un autel et célébrer deux messes sous le ciel en présence des deux armées. Comme la seconde messe finissait, Jeanne, toujours prosternée, demanda :
— « Les Anglais ont-ils le visage ou le dos tourné vers les Français ?
— « Ils ont le dos tourné ; ils s'en vont !
— Or, laissez-les partir, et allons rendre grâces à Dieu ! »
(Henri Martin, Histoire de France, tome VI, page 170.)
[17] Voici comment Guillaume Gruel, biographe du connétable, raconte l'entrevue de Jeanne Darc avec Artus de Richemont.
« Cependant monseigneur chevaucha en belle ordonnance, et tous furent ébahis qu'il fût arrivé. Vers la maladerie de Beaugency, la Pucelle arriva vers luy, avec monseigneur d'Alençon, monseigneur de Laval, monseigneur de Lohéac, monseigneur Dunois et plusieurs capitaines, qui luy firent grand'chère, et furent bien aises de sa venue. La Pucelle mit pied à terre et le connétable aussi, et vint la Pucelle embrasser mon dit seigneur par les jambes. Et alors il parla à elle, et lui dit :
— « Jehanne, on m'a dit que vous me vouliez combattre ; je ne sais si vous êtes de par Dieu, ou non. Si vous êtes de par Dieu, je ne vous crains en rien, car Dieu sait mon bon vouloir. Si vous êtes de par le diable, je vous crains encore moins ! »
« Lors ils dirigèrent de compagnie droit au siège, et on ne bailla pas au connétable de logis pour cette nuit, mais il eut le guet avec ses gens, car vous savez que les nouveaux venus doivent le guet. »
[18] 20 lances fournies sous la conduite de Pierre de la Ramée et de Pierre Dangi. (Denis Godefroy, Histoire de Charles VII, Paris, 1661.)
[19] Guillaume Gruel.
[20] Monstrelet.
[21] « Les Français les chevauchèrent en telle manière que les Anglais n'eurent pas le loisir de se mettre en bataille et furent en grand desarroy, car ils avaient mal choisi le pays, qui était trop plat. » (Histoire de Charles VII, par Jean Chartier, frère du poète national Alain Chartier.)