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Les
guerres de religion, puis la minorité de Louis XIII, ne permirent pas à la
France de tirer immédiatement parti de l'occupation ; de Metz, de Toul et de
Verdun. L'Empire ne sut pas mettre à profit les embarras où se débattait la
monarchie des Valois pour reprendre les trois villes épiscopales. Avec
Richelieu commence une période d'expansion plus activé ; la guerre de Trente
ans, qui paralyse l'Empire, lui permet d'occuper la Lorraine et le Barrois,
de faire là conquête de l'Alsace. Malgré les
troubles de la minorité de Louis XIV, Mazarin obtient pour la France, à
Munster, outre la cession de l'Alsace, la souveraineté des Trois-Evêchés ; Te
traité des Pyrénées vaut à Louis XIV une partie du Luxembourg avec
Thionville. Mazarin restitue en 1661 à Charles IV ses duchés ; Louis XIV, qui
les réoccupe dès 1670, les conservera jusqu'au traité de Rijswijck (1697). Mais Léopold et son fils n'ont
plus qu'une souveraineté précaire ; ils sont à la merci de leur puissent
voisin. En 1735-1738 la France exigera de l’empereur Charles VI, vaincu sur
le Rhin et en Italie, qu'il oblige son gendre François III à renoncer à ses
duchés en laveur du roi détrôné de Pologne, Stanislas Leszczinski. Lorsque
celui-ci mourut en 1766, la Lorraine et le Barrois furent annexés à la France.
Les guerres de la Révolution vaudront à la France l'acquisition des
principautés encore autonomes enclavées dans la région lorraine, de
l'électoral de Trêves, ainsi que de tous les territoires d'Empire situés à
l'ouest du Rhin. Enfin Napoléon Ier annexa ou soumit à son protectorat les
pays qui bordaient la rive droite de ce fleuve. Mais la
Révolution et l'Empire avaient voulu aller trop vite en besogne. L'année même
qui suivit les derniers agrandissements du territoire français vit
s'accomplir le désastre de Russie, prélude de l'effondrement qui, dans la
région lorraine, ramena la France en deçà des limites de 1789. Notre pays
redevenait province frontière, et dans des conditions mauvaises ; car il
avait pour voisin, non plus le faible et inoffensif électorat de Trêves, mais
l'ambitieux et puissant royaume de Prusse. Des
transformations intérieures s'étaient produites durant cette période. La
France, fidèle à ses traditions d'absolutisme et de centralisation, avait
petit à petit réduit et supprimé les libertés municipales de Metz, de Toul et
de Verdun, qui avaient fini par tomber au rang de n'importe quelle ville du
royaume. Charles IV, copiant maladroitement la politique absolutiste qui
prévalait en France, commit la faute grave de supprimer les Etats généraux de
ses duchés. Ruinés et dépeuplés par la guerre et par deux occupations
françaises, la Lorraine et le Barrois retrouvèrent quelque prospérité sous
Léopold, mais la situation s'aggrava de nouveau pendant et après le règne de
Stanislas ; c'est que la France avait beaucoup accru les charges qui pesaient
sur la Lorraine et sur le Barrois. On a le droit de s'étonner que les
habitants des évêchés au XVIIe siècle, que ceux des duchés à la fin de
l'Ancien Régime aient accepté une domination qui avait privé les premiers de
leurs franchises et imposé aux seconds, avec de lourds impôts, les vexations
d'une administration tracassière. Il est
vrai qu'évêchés et duchés conservaient leur autonomie douanière, que la
noblesse trouvait des emplois dans l'armée française. Ajoutons enfin que le
mariage de Marie-Antoinette, fille de leur dernier duc national, avec Louis
XVI, fut accueilli avec faveur par les Lorrains et qu'il leur fit accepter
plus facilement le nouveau régime. La
réunion des Etats généraux excita dans la masse de la population les plus
grandes espérances. Quoique ni la Révolution ni l'Empire ne les aient
pleinement réalisées, quoique le pays ait été soumis depuis 1792 à un régime
d'arbitraire et de contrainte, en opposition formelle avec celui qu'avaient
réclamé nos ancêtres, quand ils formulèrent leurs doléances, quelques-unes
des réformes opérées par la Constituante leur parurent de tels bienfaits
qu'ils en vinrent à supporter les violences de la Convention et le despotisme
de Napoléon Ier. On les vit s'enrôler par milliers pour aller combattre les
étrangers, qui s'annonçaient en restaurateurs d'un passé odieux. C'est à
partir de cette époque que la population lorraine devint française. L'année 1789 marque vraiment le début d'une ère nouvelle ; aussi croyons-nous devoir étudier séparément les événements de la Révolution et de l'Empire, ainsi que les transformations apportées pendant cette période à la vie administrative, économique et religieuse de notre pays. |