NOTE XXXVI. — SUR L'AUTHENTICITÉ DU PRIVILEGIUM DU PAPE JEAN IV EN
FAVEUR DES MONASTÈRES D'HABENDUM OU DE REMIREMONT.
Peu de
diplômes de la période mérovingienne ont été l'objet de plus de discussions
que le privilegium accordé par le pape Jean IV à l'abbaye de
Remiremont. Dom Calmet, qui a publié la pièce dans son Histoire de Lorraine[1], n'admet pas son authenticité,
et cet exemple a été suivi par Bréquigny et par La Porte du Theil[2] ; mais, d'un autre côté,
Mabillon n'a pas jugé de même[3], et les auteurs du Gallia
Christiana ont réimprimé le privilegium, sans élever aucun doute
sur sa sincérité[4]. Les
objections que l'on peut lui opposer sont au nombre de trois, et nous allons
les examiner l'une après l'autre. 1° Il
est fait mention dans le privilegium d'un roi nommé Clotaire ; or,
disent les adversaires de la pièce, ce roi ne peut être que Clotaire II, mort
plus de douze ans avant l'élection du pape Jean IV, et une pareille erreur
suffirait pour dénoter la main d'un faussaire. Mais, sans répondre, comme
Mabillon, que le mot Chlotarius a pu être substitué à Chlodovius par
l'erreur d'un scribe sur la plus ancienne copie qui nous reste du privilegium,
dont l'original a péri au Xe siècle ; sans faire observer qu'une semblable
confusion était très-facile, parce que l'on écrivait fort souvent, à cette
époque, Chlodovius, au lieu de Chlodovius, et que les mots Chlotovius
et Chlotarius, tracés en cursive du temps, offrent une telle
ressemblance qu'il est extrêmement aisé de les prendre l'un pour l'autre ; on
peut anéantir l'objection en rappelant que Clovis II, sous le règne duquel le
privilegium a été accordé, portait aussi le nom de Clotaire, qui était
celui de son aïeul, et nous avons dit plusieurs fois que l'usage de donner au
petit-fils le nom de son grand-père était alors assez répandu. Voici les
expressions de la chronique de Saint-Bénigne, et ce passage est
péremptoire : Clodoveus igitur rex, qui et Clotarius dictus est
(1)[5]. Il est possible d'objecter, à
la vérité, que le monastère de Remiremont se trouvant en Austrasie, et Clovis
II étant roi de Neustrie et de Bourgogne, on ne voit pas pourquoi il l'aurait
recommandé au souverain-pontife ; mais il suffit de répondre que ce prince
n'a commis aucune offense envers le roi d'Austrasie, son frère, en
s'intéressant à saint Romaricus et à l'abbaye qu'il avait fondée. 2° Le
rédacteur du privilegium, disent ses adversaires, a commis une seconde
erreur, aussi grave que la première, en employant les mots mons Romarici,
pour désigner le site d'Habendum. Mais, bien que ce dernier nom ait
été usité encore pendant longtemps, rien ne prouve toutefois que la
dénomination de Romarici mons, qui a fini par prévaloir et a donné
naissance au nom actuel de Remiremont, n'ait pas été en usage
exceptionnellement du vivant même de saint Romaricus, et le silence de
certains titres ne peut rien prouver contre l'authenticité d'un autre. 3°
Enfin, allèguent les critiques qui rejettent le privilegium dont nous
nous occupons, de pareilles exemptions n'étaient pas encore connues au milieu
du VIIe siècle, et l'ouvrage du faussaire a eu pour but de faire remonter à
une époque aussi reculée une concession relativement récente. Il est
heureusement plus facile encore de repousser cette objection que les deux
premières. Les exemptions de la juridiction épiscopale sont, en effet,
très-anciennes dans l'Eglise. Il en est déjà fait mention dans un concile
tenu à Carthage, en 525[6]. Le pape Jean III, qui siégea
de 560 à 573, en accorda une au fameux monastère de Saint-Médard de Soissons[7]. Saint Grégoire-le-Grand
confirma le privilegium de Jean III et en donna lui-même de semblables
aux monastères de Saint-Cassien, à Marseille, de Saint-Andoche, de
Sainte-Marie et de Saint-Martin, à Autun[8]. On en trouve un pareil du pape
Adeodatus (de 672 à 676)
en faveur de l'abbaye de Saint-Martin de Tours[9]. On en connaît aussi de Jean V
pour Saint-Bénigne de Dijon[10], et de Jean VI pour l'abbaye de
Montiérender[11]. Des concessions de même
nature, si l'on n'y veut voir des confirmations impériales, sont rappelées
par les hagiographes qui ont écrit les vies de saint Deicolus, abbé de Lure,
et de saint Salvius, évêque d'Amiens, citées toutes deux dans la note suivante.
Enfin, le pape Jean IV, dont le diplôme est argué de faux, en accorda de
semblables aux monastères de Sainte-Colombe, à Sens, de Luxeuil, de
Saint-Faron et de Rebais[12]. Nous
n'ignorons pas que Bréquigny et La Porte du Theil ont prétendu se débarrasser
de tous ces privilèges du pape Jean IV, en alléguant qu'ils renferment des
expressions et clauses contraires aux libertés de l'église gallicane.
Mais c'est une réponse qui ne répond à rien, et il serait bien extraordinaire
que l'on se fût entendu, dans tant de monastères fort éloignés les uns des
autres, pour fabriquer tous ces privilèges au nom du pape Jean IV. Nous ne
regardons pas comme plus solide l'objection tirée des mots :
..... dum profecto cuncta, usque ad
finem terrœ et Oceani maris terminum, sub beati Petri, principes apostolorum,
ditione consistant, unde oportet omnes medullitus, ac totis viribus, modis
omnibus, obedire. Cette phrase, où l'on voulait voir une trace du droit
public du XIe siècle, n'est pas concluante, attendu que le souverain-pontife
ne parle que de ses droits spirituels. L'objection tirée de la date assignée
à la mort de Jean IV n'est pas plus redoutable ; car ce pape a siégé du 24
décembre 640 au 11 octobre 642, et par conséquent les privilèges de 642
peuvent être de lui. D'ailleurs, les erreurs de date dans les diplômes n'en
démontrent pas toujours la fausseté ; les copistes, qui les transcrivaient
dans les cartulaires, omettaient volontiers l'indication des années, et plus
tard, quand on voulait la suppléer, on se trompait quelquefois, ou on
employait des formules qui n'étaient pas en usage au temps où les diplômes
avaient été rédigés. On peut encore faire observer que les suppositions de
Bréquigny et de La Porte du Theil, relativement à une fabrique de faux
diplômes au nom du pape Jean IV, sont Complètement inadmissibles, parce que,
à l'époque où, d'après ces deux savants, les pièces en question auraient été
composées par des faussaires, on ne connaissait pas assez l'histoire et la
chronologie pour exécuter un pareil travail. On possède, au surplus, un
diplôme du pape Martin I, confirmant les immunités du monastère de Rebais[13], diplôme dont l'authenticité
n'est pas attaquée, et comme Martin Ier (649-655) dit avoir vu le privilège de Jean IV, il en
faut conclure que ce privilège existait réellement an VIIe siècle. C'est
également en vain que l'on soutiendrait que la formule de privilegio,
insérée par Marculf dans son précieux recueil[14], a servi de modèle à tous ces
faux diplômes. Si l'on veut bien la comparer avec les privilèges de Jean IV,
on verra qu'elle n'a rien de commun que le sujet avec ceux-ci, et, loin d'y
puiser une objection contre les pièces dont il s'agit, on pensera, comme
nous, qu'elles étaient bien connues et d'un usage fréquent au commencement du
VIIe siècle, puisque Marculf a jugé à propos d'en introduire une espèce de
modèle dans sa compilation. NOTE XXXVII. — SUR LE DIPLÔME DE L'EMPEREUR HÉRACLIUS EN FAVEUR DES DEUX
MONASTÈRES D'HABENDUM
OU DE REMIREMONT.
Valdenaire
prieur d'Hérival, qui écrivit, dans les dernières années du XVIe siècle, un
livre intitulé : Registre des choses mémorables de l'église Saint-Pierre
de Romarimont[15], assure que le privilège du
pape Jean IV en faveur de l'abbaye ou, pour mieux dire, des abbayes de
Remiremont a été confirmé et ratifié par les empereurs Héraclius et
Constantin-le-Jeune (Héraclius-Constantin), son fils[16]. Mais comme le premier est mort
le 11 février 641, et le second le 25 mai suivant ; comme, d'un autre côté,
le pape Jean IV n'a été élu que le 24 décembre 640, on en a conclu que les
deux empereurs n'avaient pu confirmer un privilège accordé sinon après leur
mort, au moins bien peu de jours avant. On a remarqué aussi, et avec raison,
que le privilège pontifical n'ayant trait qu'à des matières purement
spirituelles, saint Romaricus n'avait pu songer à en demander la ratification
à l'autorité temporelle. Enfin, on a fait observer que le fait même de la
ratification, ayant été allégué au nom et dans l'intérêt des chanoinesses de
Remiremont contre les prétentions, bien ou mal fondées, des ducs de Lorraine,
qui se portaient pour successeurs des rois d'Austrasie[17], que ce fait, disons-nous,
avait, selon toutes les apparences, été inventé pour repousser les
prétentions dont il s'agit[18]. Telles
sont les objections faites contre le récit de Valdenaire, et on ne peut s'en
dissimuler la force. Mais si l'on considère 1° que la confirmation demandée à
l'empereur Héraclius ne pouvait évidemment concerner le privilège de Jean IV,
lequel, à raison de sa nature toute spirituelle, n'avait aucun besoin de la
ratification de la puissance civile ; 2° que cette confirmation devait avoir
pour but de valider un diplôme de Dagobert Ier ou de Sigisbert IV ; et 3° que
le fait en lui-même parait si invraisemblable et si extraordinaire, au
premier coup-d'œil, qu'on ne peut guère le regarder comme un produit de
l'imagination ; on est tenté de se demander si la tradition rapportée par
Valdenaire n'a pas un fondement historique. Nous disons la tradition,
parce que le trésor des chartes de Remiremont a péri, à une époque fort
reculée, et que, au moment de la Révolution, les chanoinesses ne possédaient
pas de titres antérieurs au Xe siècle. La
question, réduite à ces termes, n'est peut-être pas insoluble, et l'on n'est
pas en droit d'alléguer, d'une manière générale, que les empereurs n'ont
jamais confirmé les diplômes des rois fédérés. On a vu, au contraire, dans le
cours de cet ouvrage, combien ils entretenaient de relations avec le partage
d'Occident, que l'on voudrait nous représenter comme dégagé entièrement des
liens de leur autorité ; et la perte, malheureusement définitive, de la
plupart des titres qui remontaient à ces âges reculés, nous a placé trop
souvent dans l'impossibilité de mettre dans tout leur jour plusieurs faits
importants, qu'il nous est seulement donné d'entrevoir. Ainsi, Grégoire de
Tours et Baudonivia rapportent que sainte Radegonde dépêcha vers Justin II
des envoyés chargés de lui demander une parcelle de la vraie croix[19] ; et ne peut-on pas supposer
qu'elle profita d'une occurrence aussi favorable pour obtenir de l'empereur
la ratification du diplôme royal confirmant la fondation du monastère de
Poitiers, ratification qui ne devait pas sembler inutile, puisque l'on regardait
universellement les rois fédérés comme soumis à la suprématie impériale ? Les
vies de saint Deicolus, fondateur de l'abbaye de Lure ou Lutra[20], et de saint Salvius, évêque
d'Amiens[21], renferment des expressions
établissant qu'ils avaient obtenu tous deux soit des privilèges pareils à
celui que le pape Jean IV donna à l'abbaye d'Habendum, soit une confirmation
impériale, le premier pour son abbaye, et le second pour son église. Un des
biographes de saint Remaclus, après avoir raconté la fondation des monastères
de Stabulaus et de Malmundarium, fait observer que le roi
Sigisbert IV et le maire Grimoald confirmèrent cette fondation, laquelle
était leur ouvrage, par des testamenta, c'est-à-dire par des diplômes,
et il ajoute qu'ils eurent soin d'y joindre les sigilla imperialia,
termes qui ne peuvent guère s'entendre que du sceau impérial, ou, pour mieux
dire, d'un diplôme de l'empereur ratifiant tout ce qu'avaient réglé le maire
et le roi[22]. Ajoutons qu'une très-ancienne
chronique rédigée dans l'abbaye de Münster, en Alsace, après avoir rapporté
la fondation de ce monastère célèbre, dit qu'elle eut lieu sous le règne de
Childéric II, et pendant que Constantin III était empereur[23] : mention qui nous porte à
croire que ce dernier n'y fut pas entièrement étranger. Enfin, si l'on
voulait fixer d'une manière approximative la date du diplôme d'Héraclius en
faveur de Remiremont, il suffirait de se rappeler que Dagobert Ier lui envoya
une ambassade en 628[24], et que saint Romaricus profita
peut-être de l'occasion pour demander à l'empereur de ratifier le diplôme du
roi d'Austrasie. NOTE XXXVIII. — SUR L'AUTHENTICITÉ DU DIPLÔME DONNÉ PAR NUMERIANUS,
MÉTROPOLITAIN DE TRÊVES, AU MONASTÈRE DE JUNCTURÆ.
L'authenticité
du diplôme de Numerianus a été contestée pour la première fois au
commencement du XVIIIe siècle, lorsque les grands-prévôts et le chapitre de
Saint-Dié revendiquaient un droit d'exemption complète à l'égard des évêques
de Total. Ces derniers étaient naturellement intéressés à ôter toute valeur à
un acte sur lequel reposaient les prétentions de leurs adversaires ; aussi le
Père Benoît Picart et l'archidiacre Broulier[25] employèrent-ils leur érudition
à en démontrer la fausseté, et, malgré les efforts des grands-prévôts Riguet[26] et Sommier[27], de Dom Calmet[28] et de l'illustre Mabillon
lui-même[29], la question fut regardée comme
tranchée par Bréquigny et La Porte du Theil, qui n'insérèrent le diplôme dans
leur collection qu'en lui infligeant la note de fausseté[30]. Aucun
jugement n'est cependant plus sujet à réformation, et en voici la preuve : 1° Les
critiques qui rejettent le diplôme de Numerianus se basent sur le titre d'archiepiscopus
que se donne le prélat. Ce titre, disent-ils, était inconnu au VIIe siècle.
Il était, à la vérité, rarement employé ; mais on en trouve des exemples dès
les IVe, Ve et VIe siècles. L'empereur Théodose II, dans sa lettre à
Dioscore, patriarche d'Alexandrie, l'accorde à Juvenalis et à Thabussius
métropolitains de Jérusalem et de Césarée. On le rencontre dans le testament
de saint Césaire d'Arles, et dans la suscription d'une lettre adressée, vers
l'année 528, à saint Nicetius, métropolitain de Trèves, par Florianus
religieux du monasterium Romanum[31]. On le trouve, vers la fin du
VIe siècle, décerné à saint Augustin, métropolitain de Canterbury, et à
Laurentius son successeur. Il figure dans un diplôme, très-authentique, de
Childéric II en faveur de la cathédrale de Nemetes ou Spire[32]. Enfin, il est attribué au
métropolitain de Canterbury dans un concile tenu, à Rome, en 679 ou 680[33], et on le retrouve aussi dans
une lettre écrite, en 690, par Théodore de Tarse, métropolitain du même
siège. On voit donc que le titre d'archiepiscopus, qui devint d'un
usage général au VIIIe siècle, s'employait dès le VIe et le VIIe, et
l'exemple de Numerianus est à joindre à tous les autres. 2° La
présence du mot episcopus, qui sert à désigner l'abbé du monastère de Juncturœ,
n'a rien non plus qui doive nous surprendre et nous embarrasser. On sait, en
effet, que, dans plusieurs grands monastères, l'abbé portait quelquefois le
titre d'évêque, soit par analogie, soit qu'il fût réellement revêtu du
caractère épiscopal. On en peut citer différents exemples empruntés à
l'histoire des abbayes de Saint-Martin (à Tours), de Saint-Denys, de Stavelo, de Saint-Mihiel
et même de Saint-Dié[34] ; et cette expression se
trouvait d'autant mieux à sa place dans le diplôme de Numerianus, que saint
Deodatus ou saint Dié, à qui il était accordé, avait occupé le siège
épiscopal de Nevers. 3° Les
exemples d'immunités accordées par divers prélats à des monastères, situés
dans leur diocèse ou dans leur province, ne sont pas très-rares. En 662,
saint Nivardus, métropolitain de Reims, affranchit de sa juridiction l'abbaye
d'Altum-villare[35] ; en 692, Bertoëndus évêque de
Châlons-sur-Marne donna une exemption semblable à l'abbaye de Montiérender[36], et il en existait de pareilles
ou à peu près dans les archives des abbayes de Saint-Pierre-le-Vif, à Sens[37] ; de Corbie[38], et de Notre-Dame, à Soissons[39]. 4°
L'objection tirée de la chronologie n'a pas plus de valeur que les
précédentes. Rien ne prouve, effectivement, que saint Deodatus ne se soit
fixé dans le val de Juncturœ qu'en 669. Cette date repose uniquement
sur une biographie du saint écrite au Xe siècle, trois cents ans après
l'accomplissement des faits qu'elle rapporte, et l'auteur a pu se tromper
aisément sur le point en question, comme il s'est trompé sur plusieurs
autres. Il est vraisemblable que l'arrivée de saint Deodatus a eu lieu une
douzaine d'années plutôt ; alors l'épiscopat de Numerianus, qui, d'après de
bonnes autorités, s'étend de 640 à 658, n'était pas encore à son terme
lorsque l'ancien évêque de Nevers s'établit dans les Vosges. NOTE XXXIX. — SUR LE TITRE MÉTROPOLITAIN DE SAINT RIDULFUS.
Les
érudits ont longuement disserté sur la question de savoir s'il faut ranger
saint Hidulfus parmi les métropolitains de Trèves, ou si l'on doit, au
contraire, le regarder comme un simple chorévèque. Brower l'admit dans sa
liste des archevêques, mais en le plaçant après Milon, c'est-à-dire au VIIIe
siècle[40]. Dom Belhomme, abbé de
Moyen-Moutier, traita le sujet avec toute l'étendue convenable et se prononça
fortement dans le même sens que Brower[41]. Un peu plus tard, Dom Calmet
inscrivit saint Hidulfus sur la liste des métropolitains de Trèves, sans
dissimuler toutefois l'embarras que lui causaient le silence de certains
monuments historiques et les contradictions de quelques autres[42]. L'abbé le Beuf adopta un
sentiment opposé et soutint qu'il ne faut voir dans saint Hidulfus autre
chose qu'un chorévêque ; mais son autorité n'arrêta ni Hontheim[43], ni les auteurs du Gallia
Christiana[44], qui firent entrer Hidulfus
dans le catalogue des métropolitains. On ne
peut guère, malgré toute la déférence due aux opinions de l'abbé le Beuf,
refuser de partager le sentiment des divers auteurs que nous venons de citer.
Saint Hidulfus est, en effet, mentionné dans plusieurs monuments historiques
comme métropolitain de Trèves. Nous placerons en première ligne le biographe
de sainte Gerthrudis, qui, étant presque contemporain, mérite par conséquent
la plus grande confiance. Or, cet écrivain rapporte que le lendemain de la
mort de sainte Gerthrudis, c'est-à-dire le 18 mars 659, le métropolitain
Hidulfus visita le monastère de femmes établi dans cette ville[45]. Il est, à la vérité, appelé
Chlodulfus dans ce récit, mais on sait que les mots Chlodulfus,
Chlidulfus, Childulfus, Hildulfus, Hidulfus et Flodulfus[46] sont des formes différentes
d'un seul et même nom. Saint Hidulfus est également désigné comme
métropolitain de Trèves : 1° dans ses trois biographies, dont la plus
ancienne, il faut le reconnaître, ne remonte qu'a la seconde moitié du Xe
siècle[47] ; 2° dans l'analyse du privilegium
qu'il accorda à l'abbaye de Juncturœ, et dont nous n'avons plus
l'original[48] ; 3° dans la vie de saint Dié,
laquelle, sans être fort antique, n'est pas cependant à mépriser[49] ; et 4° dans les anciens
calendriers, bréviaires et missels à l'usage de l'église de Trèves. Il est
vrai que saint Hidulfus ne figure pas dans quelques vieux catalogues des
évêques de cette ville[50] ; mais cette omission n'a rien
qui doive surprendre. Il arrivait très-souvent que l'on n'inscrivait pas sur
les catalogues les prélats qui avaient abandonné leurs sièges épiscopaux pour
une raison ou pour une autre. C'est ainsi que Chramlinus, métropolitain d'Ebrodunum,
déposé par le concile de Morlacum, ne se trouve pas sur la liste des
métropolitains d'Embrun. C'est ainsi encore que l'on ne voit
pas sur d'anciens catalogues des archevêques de Reims Abel, Hugo, Gerbert et
Manassès, qui ne conservèrent pas leur titre jusqu'à la fin de leur vie. Quant à
la place que saint Hidulfus doit occuper dans le catalogue des métropolitains
de Trèves, elle se trouve nécessairement entre Numerianus, qui a siégé
jusqu'à la fin de l'année 658, et Basinus, lequel fut nommé en 671, après que
notre prélat eut pris le parti de se retirer dans les Vosges. NOTE XL. — SUR LA CLÉ DE SAINT TRUDO.
Avant
la Révolution, on conservait dans le trésor de la cathédrale de Metz une clé,
qui, d'après une tradition ancienne et respectable, avait été donnée par
saint Chlodulfus à saint Trudo[51], probablement comme un symbole
de l'autorité que lui attribuait la charge d'économe. Nous avons vu, en
effet, que saint Trudo avait été invité à gérer les riches domaines qu'il
avait donnés à l'église de Metz, et qui étaient situés dans le diocèse de Trajectum-ad-Mosam.
Brower, qui en parle aussi[52], dit que l'on employait cette
clé en guise de sceau et que l'on en mettait une empreinte sur la cire au bas
de certains diplômes. Le docte jésuite assure notamment que cette empreinte
et celle du bâton pastoral donné par l'apôtre saint Pierre à saint Clément,
évêque de Metz, se voyaient au bas des actes d'un concile tenu dans cette
ville, soifs l'épiscopat d'Adventius, vers le milieu du Xe siècle. On ne
saisit pas trop, au premier abord, comment on pouvait sceller une pièce avec
une clé, et nous n'avons pas vu l'original des actes du concile, qui ont été
enlevés des archives de la métropole de Trèves, au moment de l'invasion
française, et sont aujourd'hui ou perdus ou enfouis dans quelque chartier
allemand. Cependant, Dom Lobineau parle d'une charte que Robert seigneur de
Vitré aurait scellée avec le pommeau de son épée[53], où se trouvait, sans doute, un
cachet ; et Caylus décrit une clé romaine, en bronze, à l'anneau de laquelle
est fixé un sceau de petites dimensions et d'un travail grossier[54]. Nous supposons que la clé de
saint Trudo était munie d'un cachet semblable, et on comprend alors pourquoi
on l'employait à sceller des actes et des diplômes. NOTE XLI. — SUR LA RÈGLE SUIVIE DANS LES MONASTÈRES AUSTRASIENS.
Quoiqu'en
dise Mabillon[55], qui a été peut-être entraîné
dans ce sentiment par son amour pour la règle dont il faisait profession, et
par l'envie de grossir le recueil des Acta sanctorum ordinis sancti
Benedicti, en y faisant entrer les vies des saints colombanistes, la
règle de saint Colomban n'avait rien de commun avec celle de saint Benoît,
et, pour en acquérir la certitude, il suffit de les comparer. Il est
vrai que plusieurs diplômes mérovingiens et quelques agio-graphes semblent
les confondre en une seule, en mentionnant des monastères dans lesquels on
les observait l'une et l'autre. Ainsi, on lit dans la vie de saint Donatus,
métropolitain de Besançon, que sa mère Flavia et les religieuses du monastère
de Jussey le prièrent ut, explorata sancti Ccesarii Arelatensis episcopi
regula, quœ specialius Christi virginibus dedicata est, utici cum
beatissimorum Benedicti quoque et Columbani abbatum collectis in unum flosculis,
ad instar euchiridion excerperet[56]. Saint Donatus rédigea, en
effet, cette règle mixte. Saint Benoît d'Aniane l'inséra plus tard dans sa
compilation, et elle s'introduisit dans plusieurs monastères ; car le
biographe de saint Przejectus, évêque de Clermont, rapporte que, par le
conseil de ce prélat, le vir inluster Genesius fonda, près de
Clermont, dans un lieu nommé Camelaria, une abbaye de femmes, où l'on
suivit une règle tirée de celles des saints Césaire, Benoît et Colomban[57]. D'après le privilegium
donné au monastère de Juncturœ par Numerianus métropolitain de Trèves,
les religieux vivaient sub regula beati Benedicti et sancti Columbani
abbatis[58]. On rencontre des mentions à
peu près semblables : 1° dans le fragment d'un diplôme de saint Nivardus,
métropolitain de Reims, pour l'abbaye d'Altum-villare[59] ; 2° dans un diplôme accordé
par saint Amandus, évêque de Trajectum, à un abbé nommé Andreas[60] ; 3° dans un privilegium
de Bertandus, évêque de Châlons-sur-Marne, pour le monasterium Dervense
et une communauté de femmes qui en était voisine[61] ; et 4° dans un diplôme de
Bertefridus, évêque d'Amiens, pour le monastère de Corbie[62]. D'un autre côté, on lit dans
la vie de sainte Salaberga : Hujus (Waldeberti ou Walberti) tempore, per Galliarum
provincias agmina monachorum ac sacrarum puellarum examina, non solum per
agros, villas, vicosque, atque castella, verum etiam per eremi vastitatem, ex
regula duntaxat beatorum patrum Benedicti et Columbani, pullulare cœperunt[63]. On trouve la phrase suivante
dans un diplôme de Drausius, évêque de Soissons, pour l'abbaye de
Sainte-Marie : Ut infra monasterium virgines caste Domino debeant
militare, secundum votum Deum timentium qui construxerunt regulam sancti
Benedicti, ad modum Luxoviensis monasterii, quod sanctus Columbanus tenuit[64]. Des expressions presque
pareilles se rencontrent dans un diplôme accordé au monastère de
Saint-Pierre-le-Vif par Emmo, métropolitain de Sens[65] ; enfin, il y a aussi
quelque chose d'analogue dans un diplôme de Clotaire III pour l'abbaye de
Bèze[66], et dans un diplôme de
Leodebodus abbé du monastère de Saint-Aignan[67]. Cependant,
quand on examine attentivement tous ces extraits, on ne tarde pas à
reconnaître : 1° que les uns ne signifient rien, attendu qu'ils semblent
faire allusion à la liberté qu'on laissait aux religieux de suivre, à leur
gré, la règle de saint Benoît ou celle de saint Colomban, ; 2° que d'autres
passages établissent qu'il existait une règle destinée aux communautés de
femmes, rédigée par saint Donatus, et composée de lambeaux empruntés aux
institutions de saint Césaire, de saint Colomban et de saint Benoît ; 3°
enfin, que d'autres passages encore paraissent se rapporter à une seconde
règle mixte, tirée des règles bénédictine et colombaniste, et introduite, au
VIIe siècle, dans plusieurs monastères d'hommes. Il est vrai qu'il n'en reste
aucune copie ; mais cette circonstance et le silence de saint Benoît d'Aniane
n'autorisent pas à repousser nos conclusions, et portent seulement à croire
que l'existence de la règle en question fut de courte durée[68]. Rien ne
permet de penser qu'il se fût opéré, au VIIe siècle, une sorte de mélange
entre les règles colombaniste et bénédictine. Les Bollandistes, aussi bons
juges que Mabillon et plus désintéressés que lui, n'ont pas hésité à déclarer
que les deux règles ont toujours été bien différentes[69], et le Père le
Cointe les a vivement appuyés[70]. Pour
reconnaître l'exactitude des propositions précédentes, il suffit de se
rappeler : 1° qu'à l'époque où saint Colomban a embrassé la vie monastique et
quitté l'Irlande, la règle de saint Benoît était parfaitement inconnue dans
cette contrée, et que par conséquent il n'a jamais pu songer à la mettre en
pratique ; 2° que la règle colombaniste, qui a été imprimée nombre de fois,
et que chacun peut examiner, n'a, pour ainsi dire, rien de commun avec les
institutions bénédictines, et ressemble, au contraire, beaucoup aux
prescriptions adoptées par les solitaires de la Thébaïde ; 3° que le costume
des Colombanistes était blanc, tandis que celui des Bénédictins était noir,
et 4° que la tonsure des premiers était bien différente de celle des seconds. La
règle de saint Colomban, peu appropriée, à raison de son origine, aux usages
et au climat de l'Occident, disparut devant les institutions bénédictines,
qui avaient apporté à la première rigueur de la vie monastique des
adoucissements utiles et même nécessaires. Mais cette substitution fut
l'œuvre du temps ; elle ne devint complète qu'au VIIIe siècle, et même au IXe, et Mabillon lui-même a fini par reconnaître que
c’est à cette dernière époque, et grâce aux efforts de Louis-le-Pieux et aux
travaux de saint Benoît d'Aniane, que la règle bénédictine prit le dessus et
remplaça successivement dans les monastères gaulois les règles diverses que
l'on y avait observées jusqu'alors[71]. NOTE XLII. — SUR L'AUTHENTICITÉ DU TESTAMENT DE SAINTE ODILIA.
Nous
nous sommes appuyé du testament de sainte Odilia
comme d'une pièce authentique ; cependant nous ne devons pas dissimuler que
Schœpfiin le regardait comme l'ouvrage d'un faussaire[72]. Les raisons sur lesquelles son
opinion était fondée sont au nombre de trois : 1° le père d'Odilia, Athicus,
Ethicus ou Ethico, est nommé dans cette pièce Adalricus ; 2° Odilia dit dans
le testament qu'elle y a fait appliquer le sceau dont elle se servait
ordinairement ; or celui que l'on y voit maintenant est le sceau de
l'empereur Lothaire II, qui vivait au XIIe siècle ; 3° enfin, le roi des
Francs est appelé imperator. Ces
raisons ne sont pas invincibles, ou du moins elles n'ont pas paru telles à
l'abbé Grandidier, qui le premier a publié le testament de sainte Odilia,
dans son Histoire de l'église de Strasbourg[73]. On
peut, en effet, répondre à Schœpflin de la manière suivante. 1° Le mot
Athicus n'est qu'une forme abrégée, une contraction d'Adalricus ou
Athalricus, et ces deux mots sont absolument identiques. Le père de sainte
Odilia, qui portait aussi le nom romain de Bonifacius, était appelé
indifféremment Athico, Ethico, Athicus, Athalricus et Adalrieus, et ce
dernier nom lui est seul donné dans un diplôme du roi Thierry III[74] et dans une des vies de saint
Léger[75]. De plus, il y a lieu de faire
observer qu'un faussaire vivant au XIIe siècle n'aurait pas altéré le nom du
père d'Odilia ; car ce personnage est appelé Eticho dans la vie de la
sainte, écrite vers la fin du VIIIe siècle, et que le faussaire aurait eu
bien certainement sous les yeux. 2° Il n'aurait pas songé davantage à
appliquer sur une pièce que l'on voulait donner comme remontant au
commencement du VIIIe siècle le sceau d'un empereur qui régnait dans le XIIe.
Tout porte à croire que le sceau de sainte Odilia était appliqué sur le
testament, mais que ce sceau ayant été détruit par un accident quelconque, on
aura prié l'empereur Lothaire d'y apposer le sien, pour donner au testament
un caractère d'authenticité. On pourrait citer plusieurs exemples de semblables
substitutions. 3° Les termes imperator et imperium sont
employés quelquefois, comme nous l'avons démontré, pour désigner le roi et le
royaume des Francs ; et nous ne serions même pas éloigné de supposer que le
mot imperator se rapporte ici à l'empereur Léon III, dont sainte
Odilia aurait demandé l'autorisation, avant de prendre les mesures contenues
dans son testament. Ajoutons que l'abbé Grandidier, excellent paléographe,
jugeait, aux caractères intrinsèques de cette pièce, qu'elle était du VIIIe siècle,
et non pas du XIIe. NOTE XLIII. — SUR LE DUC ARNULFUS, PETIT-FILS DE PÉPIN D'HÉRISTAL.
L'existence
de ce personnage est assez mystérieuse, et les historiens ne s'en sont guère
occupés, mais il ne paraît pas impossible de jeter quelque jour sur les
principaux événements de sa vie. Arnulfus était le second fils de Drogon,
fils aîné de Pépin d'Héristal, et il avait pour mère Adalthrudis fille
d'Ansfledis et de Waratto. On ne sait rien de précis relativement à son
éducation ; néanmoins on ne peut douter qu'il n'ait été élevé dans l'école du
palais, et qu'il n'ait été formé à tous les exercices propres à un homme
d'une aussi haute naissance. Fort jeune encore, il reçut le titre de dux,
et nous pensons que c'est de lui qu'il est question dans la vie de saint
Bonitus, évêque de Clermont. L'hagiographe rapporte que le vénérable prélat,
se rendant à Rome pour visiter les tombeaux des apôtres Pierre et Paul,
arriva dans la ville de Lyon, et qu'il trouva le duc des Bourguignons (dux
Burgundionum)
en état de révolte ou à peu près ; que le métropolitain de la ville prenait
part à cette espèce d'insurrection, et que saint Bonitus fit tous ses efforts
pour les remettre l'un et l'autre dans le chemin du devoir[76]. L'hagiographe ne nous en
apprend pas davantage ; mais nous savons que son pèlerinage eut lieu en 704,
et probablement dès le commencement de l'année. Godwinus était alors
métropolitain de Lyon, et nous possédons un diplôme daté de Jupile (Oppilla), le 27 juin 704, et dans lequel
Arnulfus, petit-fils de Pépin d'Héristal, se qualifie de dux Burgundiorum
ou plutôt Burgundionum[77]. Ce diplôme, dont
l'authenticité n'a jamais été sérieusement contestée, et la vie de saint
Bonitus établissent, à notre avis, d'une manière irréfragable, 1° que Pépin
d'Héristal avait créé, avec tout ou partie de l'ancien royaume de Bourgogne,
un ducatus Burgundionum, analogue au ducatus Campaniœ,
mentionné bien des fois et que son fils aîné Drogo administra jusqu'à sa mort
; 2° que Lyon était la capitale ou le chef-lieu de ce duché, et 3° que Pépin
avait fait nommer dux Burgundionum son petit-fils Arnulfus, qui, étant
né vers 690, pouvait en 704 avoir environ quatorze ans. Il n'y a donc pas
lieu de s'étonner si ce jeune homme, étourdi de sa haute fortune, et placé à
la tête d'une nation qui supportait apparemment avec quelque répugnance
l'ascendant de l'Austrasie, si ce jeune homme, disons-nous, a cédé aux vœux
des peuples qui l'entouraient et s'il a pris, à l'égard de son aïeul, une
attitude qui ressemblait à celle d'un révolté. Il
n'est pas impossible de découvrir dans l'histoire quelques traces de cette
rébellion. Héric nous apprend, dans les Gesta pontificum Autissiodorensium[78], que Hainmarus évêque d'Auxerre
(ville
qui faisait partie de la Bourgogne) fut accusé de trahison par Pépin d'Héristal et
emprisonné dans un vicus nommé Bastonia (aujourd'hui
Bastogne), au
milieu de la forêt des Ardennes[79]. Il parvint à s'échapper, avec
l'aide d'un de ses neveux, et il s'enfuyait vers sa ville épiscopale, où il
espérait, sans doute, trouver un asile, lorsqu'il fut atteint et tué dans un
lieu que le chroniqueur appelle Lufaus (in pago
Tullensi), et
qui est le bourg de Li Fou-le-Grand, lequel dépendait, en effet, du diocèse
de Toul. Il est permis de voir également une allusion à la révolte de la
Bourgogne dans un passage du Gesta regum Francorum[80], où il est dit que Pépin
d'Héristal eut des guerres à soutenir contra quamplurimas gentes, bien
que l'on n'en connaisse d'autres que les Frisons et les Alamanni ; et il est
vraisemblable que le chroniqueur carlovingien n'a pas voulu parler plus
clairement des affaires de Bourgogne, afin de ne pas rappeler un évènement
aussi fâcheux que la rébellion d'un membre de la famille actuellement
régnante. Pépin
d'Héristal ne dut pas éprouver beaucoup d'embarras pour apaiser cette
insurrection de la Bourgogne, qui se renouvela cependant sous le règne de son
successeur, comme nous le verrons plus loin. Arnulfus, privé de son
gouvernement, fut amené en Austrasie, où nous le trouvons dès la fin de juin
de l'année 704. Il prend encore le titre de dux Burgundionum dans le
diplôme qui nous apprend cette particularité[81] ; mais il paraît que Pépin
d'Héristal le priva de ce titre quelque temps après ; car Arnulfus ne se
qualifie plus que de dux dans ses diplômes en faveur des abbayes de
Saint-Arnoul et d'Epternach[82]. Le maire du palais, mécontent
de la conduite que ce jeune homme avait tenue, le mit tout-à-fait de côté,
lorsqu'il disposa de sa succession. Arnulfus parait en avoir éprouvé un vif
mécontentement, puisqu'il s'empressa de reconnaître Chilpéric II, ennemi
mortel de la maison de Pépin. A partir de ce moment, on le perd entièrement
de vue, et il mourut, sans doute, de bonne heure et dans l'obscurité[83]. NOTE XLIV. — SUR L'ORIGINE DU COMTE WULFOAD.
Il
n'est pas aisé, comme nous le disons dans le texte, d'établir la généalogie
de la famille à laquelle appartenait le comte Wulfoad ; mais les difficultés
que le sujet présente ne sont pas tout-à-fait insurmontables, et nous allons
brièvement exposer ce que nous avons pu démêler au milieu des textes
malheureusement trop rares qui concernent cette famille illustre. Le plus
ancien de ses membres que l'histoire ait pris soin de nommer est Gundoinus,
père de sainte Salaberga. Jouas, moine de Bobbio, rapporte, dans la
biographie de saint Eustasius abbé de Luxovium, que ce religieux,
revenant d'annoncer l'Evangile dans la Grande Germanie, traversa le vicus
de Mosa (aujourd'hui Meuvy), qui se trouvait sur la limite des civitates de Toul et
de Langres, mais dans la circonscription de cette dernière. Il y demanda
l'hospitalité à un seigneur, que Jonas appelle Godoinus[84], et dont le véritable nom
parait avoir été Gundoinus[85], Ce personnage avait épousé
Sarethrudis, qui lui avait donné une fille : sainte Salaberga, et deux fils :
Leudinus-Bodo et Fulculfus-Bodo. Sa fortune était immense ; ses riches
domaines, voisins de ceux du comte Wulfoad, couvraient une partie de la vallée
de la Meuse supérieure, et il existe encore maintenant, sur la rive gauche de
la Saône, un bourg appelé Godoncourt, qui pourrait bien avoir reçu son nom de
Gundoinus (Gundoini ou Godoini-curtis). Nous avons parlé, à plusieurs
reprises, des enfants de ce seigneur, et nous devons faire observer ici
qu'ils étaient parents du comte Wulfoad, ainsi qu'il résulte de la vie de
sainte Ansthrudis, fille de sainte Salaberga, où on lit qu'elle chargea son consanguineus
Wulfoad d'une mission pour Pépin d'Héristal[86]. Il n'est pas aisé de
déterminer le degré de la parenté dont il s'agit. Toutefois, s'il est permis
de former une pareille conjecture, nous admettrons, d'après certains indices,
que Gundoinus était le frère de Wulfoad maire du palais d'Austrasie sons les
règnes de Childéric II et de Dagobert II, et que par conséquent sainte
Ansthrudis était cousine issue de germaine du second Wulfoad, qui fonda le
monastère de Castellio ou de Saint-Mihiel. Wulfoad
Ier ou le Vieux périt, comme nous l'avons vu, à la fin de l'année 679, et il
semble avoir laissé deux fils Gislaramnus et Garibaldus. Ce dernier devait
bien certainement le jour au maire du palais ; car Adso, dans ses biographies
des évêques de Toul, écrites au Xe siècle, il est vrai, mais sur des
documents anciens, dit formellement que Garibaldus (erat) filius Volfaudi[87]. Or, ce prélat siégeait au
commencement du VIIIe siècle, puisqu'il figure dans le diplôme concernant la
fondation de l'abbaye de Castellio[88]. Il devait avoir atteint déjà
un certain âge en 707, date de son élection ; car on n'appelle ordinairement
à l'épiscopat que des hommes mûrs, et il mourut vers l'année 730. Le comte
Wulfoad, au contraire, décéda en 754 ou 755, c'est-à-dire quarante-cinq ou
quarante-six ans après la fondation de Castellio ; d'où nous
conclurons qu'il était encore assez jeune au moment de cette création. De la
sorte, tout s'arrange aisément, et l'on rétablit avec facilité trois degrés
de la généalogie de cette famille puissante. Au premier degré, nous trouvons
les deux frères Gundoinus et Wulfoad, maire du palais d'Austrasie ; au second
degré, Gislaramnus et Garibaldus, fils de Wulfoad ; Salaberga, Leudinus-Bodo
et Fulculfus-Bodo, enfants de Gundoinus, lesquels étaient cousins germains ;
ce qui explique comment Leudinus-Bodo, après être allé se fixer à l'extrémité
occidentale de l'Austrasie, fut appelé à l'évêché de Toul, auquel il ne
songeait pas, mais que Wulfoad désirait voir entre les mains d'un de ses
neveux ; au troisième degré enfin, nous rencontrons Tieberga, fille de
Leudinus-Bodo, qui avait été marié avant d'entrer dans les ordres ;
Eustasius, Baldiunus et Ansthrudis, enfants de sainte Salaberga, et Wulfoad
II ou le Jeune, fils de Gislaramnus, et ces personnages étaient cousins issus
de germains. Garibaldus était, par conséquent, l'oncle du comte Willfoad, et
on devine pourquoi ce dernier l'a prié de figurer dans une fondation faite
hors de son diocèse. On peut donc, grâce à nos conjectures, se rendre compte
de toutes ces relations de parenté entrevues, mais non éclaircies, par le
Père Benolt Picart, Dom Calmet, Dom Joseph de l'Isle et M. l'abbé Clouet. NOTE XLV. — SUR L'AUTEUR DU PLAN DE L'ABBAYE DE SAINT-GALL.
Le IXe
siècle nous a laissé un monument qui intéresse à-la-fois la paléographie et
l'architecture, l'histoire des arts et celle des coutumes monastiques ; nous
voulons parler du plan de l'abbaye de Saint-Gall, qui, à défaut d'autres
renseignements, suffirait pour nous éclairer sur la disposition intérieure et
extérieure des grands établissements religieux de cette époque. Ce plan,
tracé sur une feuille de parchemin, était autrefois conservé dans les
archives de l'abbaye ; il est aujourd'hui dans la bibliothèque de la ville de
Saint-Gall, qui s'est enrichie des dépouilles des moines auxquels elle doit
sa naissance. Mabillon
a publié, dans le second volume des Annales ordinis sancti Benedicti,
le plan dont il est question d'après une copie que lui avait envoyée le
savant Dom Hermann Skenchius, bibliothécaire de l'abbaye. Il a été publié de
nouveau, dans un moindre format, mais avec plus de soin et d'exactitude, par
M. Albert Lenoir, dans son Instruction sur l'architecture monastique (t. I). Enfin, il a été gravé une
troisième fois pour le recueil intitulé : Mittheilungen ber antiquarichen
gefellfchaft in Zurich. Mabillon a imprimé la lettre d'envoi que l'auteur
du plan a écrite sur un des coins du parchemin, et qu'il est nécessaire de
reproduire ici pour l'intelligence de ce qui nous reste à dire[89]. Hæc
tibi, dulcissime fili Gozberte, de positione officinarum paucis exemplata
direxi, quibus sollertiam exerceas tuam, meamque devotionem utcunque
cognoscas, qua tuæ bonæ voluntati satisfacere me segnem non inveniri confido.
Ne suspiceris autem me hæc ideo elaborasse, quod vos putemus indigere
magisteriis ; sed potius ob amorem Dei tibi soli perscrutinanda pinxisse
amicabili fraternitatis intuitu crede. Vale in Christo semper memor nostri.
Amen. Mabillon
n'a pas voulu mettre au jour le plan et la lettre sans rechercher l'auteur de
l'un et de l'autre, et il a jugé à propos de les attribuer au célèbre
Eginhard, qui fut, comme on sait, surintendant des bâtiments impériaux ; mais
il n'a donné cette attribution qu'à titre de conjecture, et c'est là ce qui
nous enhardit à nous écarter de l'avis d'un si grand maitre. Mihi vero,
dit-il, non alius videtur (auctor) quam Eginhardus abbas, qui regalium œdificiorum
prœfectus erat, adeoque architectonicam artem callebat. Sed hæc conjectura,
de qua lectores viderint[90]. Ce
doute, exprimé avec la modestie qui accompagne toujours le vrai mérite, a
inspiré l'idée de faire de nouvelles recherches, et quelques écrivains ont
pensé que le plan de Saint-Gall était l'ouvrage de Gerung, architecte de
l'empereur Louis-le-Pieux. Mais leur conjecture nous semble moins heureuse
que cène de Mabillon, et nous ne croyons pas que Gerung, pas plus que
Eginhard, aurait jamais employé les mots dulcissime
fili en écrivant à un personnage aussi considérable que l'abbé de
Saint-Gall. M. Lenoir fait observer, à cette occasion, que l'auteur du plan
« ne pouvait être que dans une position élevée, puisqu'il se sert de
l'expression fili en s'adressant à l'abbé Gozbert ». Et il ajoute
que, « d'après saint Augustin, un évêque devait se servir de cette
expression à l’égard d'un abbé son inférieur[91] ». Saint Augustin ne dit
pas précisément ce que M. Lenoir lui attribue ; il remarque seulement que le
pape saint Sixte avait employé le mot Fili en parlant à saint Laurent, qui
était diacre[92] ; il résulte cependant du
passage cité qu'un évêque pouvait user de cette expression à l'égard d'un de
ses inférieurs, qu'il fût diacre ou abbé. M. Lenoir parait conclure que le
plan doit être l'œuvre d'un évêque. Nous partageons cette opinion, et nous pensons
de plus que l'architecte de l'abbaye de Saint-Gall ne peut être que
Frotharius, évêque de Toul de 813 à 846. Ce
prélat possédait les connaissances les plus étendues dans l'architecture et
dans les arts qui en dépendent, et l'empereur Louisle-Pieux aimait à lui
confier le soin des palais impériaux, quoique les fonctions dont Frotharius
était revêtu ne lui permissent guère de quitter la ville de Toul, et que
l'empereur eût d'autres architectes auxquels il aurait dû s'adresser de
préférence. C'est ce que prouve une lettre écrite par Frotharius à l'abbé
Hilduinus, et dans laquelle il le prie d'user de toute son influence sur
l'esprit de Louis pour obtenir que le travail dont il s'agit soit confié à
d'autres mains. Nunc itaque, dit-il, vestra misericordia,
quemadmodum semper consuevit, pro nostra laborare dignetur necessitudine,
quia servitium nobis valde onerosum injungitur, quod absque difficultate
nequaquam vires nostra peragere possunt. Prœcipitur enim ut in Aquis palatio
operemur, et laboribus ibidem peragendis insudemus. Sed ab hoc opere alio servitia,et necessitates nos revoit cant, et si vestra
pietati Tibet, etiam opportunam satis excusait tionem prœtendunt. Recordare
siquidem vestra paternitas valet quod, cum in palatio Gundumvillœ
(Gondreville) domnus rator hoc anno staret, vestram continens manum, jussit
ut in fronte ipsius palatii solarii opus construerem, de quo in capellam
veniretur. Adjecit quoque quod quempiam illic plerumque manere sivisset,
vestri personam tacite innotescens. Prœcepit nihilominus ut, in pariete
ipsius domus ligneo, alterum operis lapidei parietem superadjicerem, et
quamlibet hujusmodi opera sint festinanter explenda. Et tamen adhuc tertius
labor nostræ cœptæ basilic adhibendus, de qua nihil postquam hinc secessistis
egimus : quia impediti sunt hactenus homunculi propter tempos hyemis et
tempus sationis. Istius modi laboribus addita est nobis nolentibus
necessitudo, et miseria infelicitatis adversitas...[93] Les
dernières lignes de cette lettre rappellent que Frotharius fut lui-même
l'architecte de sa cathédrale, et une autre épître qu'il écrivit à l'abbé
Aglemar démontre que l'évêque de Toul surveillait non seulement la
construction, mais la décoration de son église. ... Ceterum, sciat me
fraternitas vestra in novis ecclesiæ nostræ ædificiis vestro suffragio
indigere. Unde peto ut nobis mittas ad decorandos parietes colores diversos,
qui ad manum habentur, videlicet auri-pigmentum, folium indicum, minium, lazur,
atque prasinum, et de vivo-argento juxta facultatem. Hæc nobis dirigito, et a
nobis debitum servitium iterum exigito[94]. Ces
deux lettres ne laissent pas le moindre doute sur l'exactitude de notre
assertion relativement au talent de Frotharius comme architecte ; il
resterait maintenant à prouver que le prélat a pu être en rapport avec
Gozbert, qui lui aurait demandé un plan pour la reconstruction de son abbaye.
Malheureusement on ne sait rien de la vie de Frotharius avant sa promotion à
l'épiscopat ; on conjecture seulement qu'il était religieux de l'abbaye de
Gorze[95] ; mais les historiens de
Saint-Gall nous fournissent un renseignement qui a quelque prix. Ils
rapportent que Gozbert, dont l'élection n'avait pas été reconnue par l'évêque
de Constance, vint, en 846, trouver l'empereur Louis-le Pieux à
Aix-la-Chapelle et obtint, malgré les efforts du prélat, la confirmation de
son élection et des privilèges de l'abbaye. Gozbert a pu connaître alors
l'évêque de Toul, qui devait être occupé des travaux que l'empereur laissait
exécuter dans le palais d'Aix la-Chapelle ; et admirant le talent de
Frotharius, l'abbé de Saint-Gall l'aura, sans doute, prié de tracer le plan
de l'église et des bâtiments que l'on se proposait d'élever, pour remplacer
ceux qui tombaient en ruine et ne répondaient pas à l'importance que l'abbaye
avait prise depuis quelque temps. Le plan aurait donc été fait entre l'année
816, date du voyage de Gozbert, et l'année 822, dans le cours de laquelle on
commença l'église abbatiale, qui ne fut terminée que sept ans plus tard[96]. La grande distance qui sépare
Toul de Saint-Gall n'était pas, du reste, un obstacle qui pût empêcher
Gozbert et Frotharius d'entretenir ensemble des relations plus ou moins
fréquentes, et on vit à Metz, sous l'épiscopat de Drogon, contemporain de
Frotharius, un célèbre religieux de Saint-Gall nommé Tutilo orner la
cathédrale de peintures magnifiques. Si
l'hypothèse que nous venons de proposer est admise, on s'explique
parfaitement comment l'auteur du plan pouvait donner à l'abbé de Saint-Gall
titre familier de dulcissime fili ; on s'explique aussi l'analogie
singulière que l'on remarque entre le style de la lettre d'envoi et la
latinité des épîtres de Frotharius. Outre les lettres à Hilduinus et à l'abbé
Aglemar, dont on a vu quelques extraits, Du Chesne a publié dix-neuf autres
épîtres qui sont certainement de la plume de ce prélat[97]. Or, ces vingt-une lettres présentent, sous le rapport de la rédaction,
une ressemblance frappante avec la pièce qu'on lit sur le parchemin conservé
à Saint-Gall. Cette ressemblance ne se montre pas seulement dans l'agencement
des phrases et la contexture du discours ; on l'observe jusque dans les
moindres détails. Ainsi, dans la lettre adressée à l'abbé Gozbert on lit amicabili
fraternitatis intuitu, et dans l'épître à l'abbé Aglemar fraternitas
vestra, et fraterna obsequia. La lettre à Gozbert finit par la
salutation : Vale in Christo semper memor nostri. Amen ; et dans la
correspondance de Frotharius on rencontre les salutations suivantes, qui
démontrent combien il aimait à répéter des formules à peu près semblables : Valete
in Domino semper, et nostri memor estote. Amen[98] ; Valete semper in Christo[99] ; Valete in Domino ter,
quater et centies[100] ; Valere te in Christo
feliciter opto[101] ; Sempiternœ felicitatis in.
Christo salutem[102] ; Perpetuam in Christo opto
salutem ; ... Valeat paternitas vestra prolixo tempore feliciter in Christo.
Amen[103] ; Perennem in Christo
suppliciter optamus salutem ; ... Et valeat per multa annorum curricula
feliciter in Christo. Amen[104] ; In Christo opto salutem ;
... Valere vos semper optamus[105] ; In Christo salutem ; ...
Vos in Christo bene opto valere[106] ; Valete in Domino semper[107] ; Perpetuam in Christo opto
salutem ; ... Valete in Domino semper[108] ; Valere vos in Christo
feliciter optamus[109] ; Valeat vestra dignitas in
Domino[110] ; Valere vos opto in Christo[111] ; Vale multum in Domino[112] ; etc. Il nous
parait bien difficile que cette analogie puisse être l'effet du hasard. Nous
croyons que, pour l'expliquer, il faut admettre que la lettre jointe au plan
a été écrite par Frotharius lui-même ; qu'elle sera avec raison placée parmi
les lettres de cet évêque, lorsqu'on en donnera une nouvelle édition, et que
le prélat doit être par conséquent regardé comme le véritable auteur du plan
de l'abbaye de Saint-Gall. FIN DU QUATRIÈME ET DERNIER VOLUME
|
[1]
V. 1re édit., t, I, preuv., col. 254 et 256 ; 2de édit., t. II, preuv., col. LXXII, LXXIV et LXXVI.
[2]
V. Diplomata, édit. Pardessus, t. II, p. 76 et 78.
[3]
V. Lettre sur le premier institut de l'abbaye de Remiremont, p. 9 ; Annales
Benedictini, t. I, p. 690.
[4]
V. t. XIII, col. 445 et 446.
[5]
V. Chronica Sancti-Benigni Divionensis, dans le Spicilegium de
D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 369.
[6]
V. Labbe, Concilia, t. IV, col. 1629 et suiv.
[7]
V. ce privilegium, dans Pardessus, Diplomata, t. I, p. 122.
[8]
V. toutes ces pièces, dans Pardessus, t. I, p. 163-166, 174, 175 et 187-191 ;
v. aussi Sancti Gregorii Magni Epistolœ, lib. VII, 117.
[9]
V. cette pièce, dans Pardessus, t. II, p. 163 et 164.
[10]
V. ce privilegium, ibid., p. 202.
[11]
V. ce privilegium, ibid., p. 260 et 261.
[12]
V. ces pièces, ibid., p. 65-69 et 71-74.
[13]
V. ce diplôme, ibid., p. 85-87.
[14]
V. lib. I, n° 1.
[15]
Manuscrit, de format in-4°, dans la bibliothèque de la ville de Nancy.
[16]
V. f° 125 v° et 126 r°.
[17]
Le chapitre de Remiremont prétendait relever directement des empereurs.
[18]
V. notamment Dom Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, col. 393 et
394.
[19]
V. Hist. Franc., lib. IX, c. 40 ; De gloria Martyrum, c. 5 ; Vita
sanctœ Radegundis, auctore Baudonivia, n° 18, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[20]
V. Vita sancti Deicoli, abbatis Lutrensis, n° 15, ibid., sæc. II.
[21]
V. Vita sancti Salvii, Ambianensis episcopi, dans les Bollandistes, au
11 janvier.
[22]
V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, n° 11, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[23]
V. Schœpflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 754.
[24]
V. Frédégaire, Chronic., c. 62.
[25]
V. Deffense de l’Eglise de Toul, et Réflexions sur les Remarques du
R. P. Dom Augustin Calmet, Abbé de Senones, pour servir de suitte â la Deffense
de l'Eglise de Toul.
[26]
V. Mémoires historiques et chronologiques pour la vie de S. Dié, Evesque de
Nevers et fondateur de l’Insigne Eglise Collégiale de St-Dié, en Lorraine.
[27]
V. Histoire de l'église de Saint-Diez, p. 6 et suiv.
[28]
V. Hist. de Lorraine, 1re édit., t. II, additions et corrections.
[29]
V. Annales Benedictini, t. I, p. 697.
[30]
V. Diplomata, édit. Pardessus, t. I, p. 299, 301 et 305, t. II, p. 147
et 148.
[31]
V. cette lettre, dans Du Chesne, t. I, p. 851 et 852.
[32]
V. ce diplôme, qui est de l'année 665, dans Pardessus, t. II, p. 424 et 425.
[33]
V. Labbe, Concilia, t. VI, col. 582.
[34]
V. un diplôme du roi Sigisbert IV, dans Pardessus, t. II, p. 93 et 94 ; et deux
diplômes du pape saint Léon IX et de Pibon évêque de Toul, dans Calmet, Hist.
de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 422 et 423 ; 2de édit., t. I,
col. XLVII.
[35]
V. le diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 428 et 429.
[36]
V. le diplôme, ibid., p. 221 et 222.
[37]
V. Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. II, édit. de
Venise, p. 555 et 556.
[38]
V. Labbe, Concilia, t. VI, col. 627.
[39]
V. Dom Michel Germain, Histoire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Soissons.
[40]
V. Annales Trevirenses, t. I, p. 372 et 373.
[41]
V. Historia Mediani in monte Vosago monasterii, 1724, p. 27-32.
[42]
V. Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, col. IX et 443.
[43]
V. Prodromus Historia Trevirensis, t. I, p. 78 et suiv. ; Historia
Trevirensis diplomatica, t. I, p. 84 et 83.
[44]
V. t. XIII, col. 386.
[45]
V. Virtutes sanctœ Gertradis, abbatissœ Nivialensis, n° 2, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[46]
V. Histoire de Metz, par deux bénédictins, t. I, p. 420.
[47]
V. ces trois biographies, dans l'ouvrage de Dom Belhomme cité plus haut.
[48]
V. Hontheim, Historia Trevirensis diplomatica et pragmatica, t. I, p. 84
et 85.
[49]
V. Vita sancti Deodati, Nivernensis episcopi, dans les Bollandistes, au
19 juin.
[50]
V. Hontheim, Prodromus Historia Trevirensis, t. I, p. 8 et suiv.
[51]
V. Calmet, Histoire de Lorraine, 1re édit., t. I, col. 419.
[52]
V. Annales Trevirenses, t, I, p. 483.
[53]
V. Histoire de Bretagne, t. II, col. 209.
[54]
V. Recueil d'antiquités, t. I, p. 256, et planche XCIV, n° 7 ; v. aussi
la Diplomatique des Bénédictins, t. IV, p. 23.
[55]
V. Acta ss., sæc. II, præf., p. I et suiv.
[56]
V. Vita sancti Donati, Vesontionensis episcopi, n° 5, dans les
Bollandistes, au 7 août.
[57]
V. Vita sancti Prœjecti Arvernorum episcopi, n° 3, dans le même recueil,
au 25 janvier.
[58]
V. ce privilegium, dans Calmet, Histoire de Lorraine, 1re édit.,
t. I, preuv., col. 259.
[59]
V. ce fragment, dans Pardessus, t. II, p. 128.et 129.
[60]
V. ce diplôme, ibid., p. 133 et 134.
[61]
V. ce privilegium, ibid., p. 221 et 222.
[62]
V. ce diplôme, ibid., p. 126-128.
[63]
V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 7, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[64]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 138-141.
[65]
V. ce diplôme, ibid., p. 112-114.
[66]
V. ce diplôme, ibid., p. 134 et 135.
[67]
V. ce diplôme, ibid., p. 142-145.
[68]
Saint Benoît d'Aniane n'a pas tenu plus de compte de la règle rédigée par saint
Donatus.
[69]
V. Comrnentarius prœvius ad Vitam sancti Attalœ, abbatis Bobiensis, au
10 mars ; Comment. prœv. ad
Vitam sancti Benedicti, § 1, n° 2, au 21 mars ; Comment. prœv. ad Vitam sancti Benedicti, Anianœ
abbatis, n° 15, au 2 février ; Comment, prœv. ad
Vitam sancti Cuthberti, n° 13, au 20 mars.
[70]
V. Annales ecclesiastici Francorum, t. III, ann. 640, n° 36, ann. 667,
n° 5 et 20, ann. 675, n° 2.
[71]
V. Acta ss., sæc. II, præf., p. VI.
[72]
V. Alsatia diplomatica, t. I, p. 28.
[73]
V. t. I, preuv., p. XLII-XLIV.
[74]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 177 et 178.
[75]
V. Vita sancti Leodogarii, Augustodanensis episcopi, auctore anonymo, n°
35, dans les Bollandistes, au 2 octobre.
[76]
V. Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, n° 20, dans les
Bollandistes, au 15 janvier.
[77]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 275 et 276.
[78]
V. c. 28, édit. Duru, p. 548.
[79]
Nous avons, sur notre carte, conservé à ce vicus le nom de Belsonancum,
qui est plus ancien que Bastonia.
[80]
Dans Du Chesne, t. I, p. 719.
[81]
V. le diplôme cité plus haut.
[82]
V. ces diplômes, dans Pardessus, t. II, p. 301, 302, 310 et 311.
[83]
Ce personnage doit être le même que le duc Arnulfus qui eut des démêlés avec
Garibaldus évêque de Toul, relativement aux limites de Liverdun. On ne sait
trop à quelle date rapporter ces démêlés. V. Benoît Picart, Histoire de Toul,
p. 274.
[84]
V. Vita sancti Euslasii, abbatis Luxoviensis, n° 4, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[85]
V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 5, ibid.
[86]
V. Vita sanctœ Ansthrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 17, ibid.
[87]
V. Historia episcoporum Tullensium, dans Calmet, Hist. de Lorraine,
1re édit., t. I, preuv., col. 127.
[88]
V. ce diplôme, dans De l'Isle, Histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel,
preuv., p. 425.
[89]
V. Mabillon, ibid., p. 571 et 572 ; M. Lenoir, ibid., p. 24.
[90]
V. Mabillon, ibid., p. 572.
[91]
V. Architecture monastique, ibid.
[92]
V. Sancti Augustini Opera, t. III, part. II, col. 507. Ce passage est
tiré du vingt-septième traité sur l'évangile selon saint Jean.
[93]
V. cette lettre dans Du Chesne, Historiœ Francorum Scriptores, t. II, p.
716.
[94]
V. ibid., p. 720.
[95]
V. Benoît Picart, Hist. ecclés. et polit. de la ville et du diocèse de Toul,
p. 285.
[96]
V. Mabillon, ibid., p. 425 et 424
[97]
V. Hist. Franc, script., t. II, p. 712 et suiv.
[98]
V. Epist. II (adressée à Gerung, architecte de l'empereur), dans Du
Chesne, ibid., p. 712.
[99]
V. Epist. IV (au même), ibid., p. 713.
[100]
V. Epist. V, ibid.
[101]
V. Epist. VIII, ibid., p. 714.
[102]
V. Epist. IX, ibid., p. 715.
[103]
V. Epist. X, ibid.
[104]
V. Epist. XI, ibid., p. 716.
[105]
V. Epist. XIV, ibid., p. 717.
[106]
V. Epist. XVIII, ibid., p. 719.
[107]
V. Epist. XIX, ibid.
[108]
V. Epist. XX, ibid., p. 720.
[109]
V. Epist. XXI, ibid.
[110]
V. Epist. XXII, ibid.
[111]
V. Epist. XXIII (à Gerung), ibid., p. 721.
[112]
V. Epist. XXIV, ibid.