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Le
tableau que nous venons de tracer de l'état de la Gaule, pendant le VIe
siècle, ne serait pas complet si nous ne parlions de l'Eglise, de ses
ministres et de ses propriétés territoriales. Une
première question à examiner est celle de savoir quelle était la nationalité
des évêques, si l'on peut employer une pareille expression. Plusieurs
historiens, regardant comme des Francs tous ces individus qui portaient des
noms barbares, se sont imaginé que beaucoup de saliens, de ripuaires et de
bourguignons entraient dans les ordres sacrés[1] et parvenaient facilement à
l'épiscopat, grâce à la protection des Mérovingiens, lesquels favorisaient
naturellement les prétentions de leurs compatriotes. Mais on a vu plus haut
ce qu'il faut penser de cet argument, et nous avons prouvé que, parmi les anciens
habitants de la Gaule, quantité avaient des noms barbares, soit que leurs
parents les leur eussent donnés par mode ou par fantaisie, soit qu'ils
descendissent des nombreux germains que les empereurs avaient, à différentes
époques, transplantés sur le sol de notre pays. D'un autre côté, tout se
réunit pour démontrer que les évêques étaient généralement des gallo-romains.
En effet, si l'on examine les anciens catalogues épiscopaux et les
souscriptions des conciles tenus pendant le VIe siècle, on reconnaît que la
plupart des prélats avaient des noms latins, grecs ou syriaques, et il faut
se garder soigneusement de voir des Francs et des Bourguignons dans tous ceux
dont les noms appartiennent à la vieille langue germanique. Citons quelques
exemples. Le siège métropolitain de Trèves fut rempli pendant le Ve siècle,
le VIe, le VIIe et la première moitié du VIIIe, par vingt-six évêques, sur
lesquels vingt au moins portent des noms latins et grecs ; à Metz, sur
vingt-huit prélats, vingt ont des noms de même origine ; Toul et à Verdun, la
proportion de ces derniers est moins forte : dix seulement sur vingt-un pour
chaque siège ; à Cologne, sept sur dix-sept ; à Trajectum-ad-Mosam,
onze sur vingt-un ; à Reims, onze sur dix-neuf ; à Châlons, douze sur
vingt-un, etc.[2] Et remarquons, ceci est
important, que ces exemples sont tous tirés de diocèses occupés en
très-grande partie, quelques-uns même presqu'exclusivement, par les tribus
germaines que les empereurs avaient accueillies sur le territoire de la
Gaule. Une
seconde question, plus intéressante que la première, est celle de savoir
quelle influence exerçaient les rois sur le choix des évêques. Plusieurs
historiens ont cru que le droit d'élection avait continué d'appartenir au
clergé et au peuple de chaque diocèse[3] ; mais c'est une erreur grave.
L'Eglise, qui n'avait pu se dispenser d'accorder aux Mérovingiens les égards
qu'elle avait eus précédemment pour les empereurs, ne sut pas défendre ce
droit „précieux, et peu à peu les rois s'en rendirent maîtres, tout en conservant
soigneusement les formes antiques. Clovis porta la première atteinte à la
liberté des élections, en forçant le clergé et le peuple de Verdun à prendre
saint Vito (saint Vanne)
pour évêque après la mort de Firminus[4]. Cependant, cette espèce
d'usurpation ne s'accomplit pas sans donner lieu à des protestations.
Plusieurs évêques écrivirent même à saint Remi pour lui reprocher de s'être
rendu complice des entreprises de la royauté, et l'illustre prélat se crut
obligé de publier une apologie de sa conduite[5]. Mais les résistances que les
rois rencontrèrent sur certains points furent infructueuses, et, pendant le
VIe siècle, la plupart des candidats à l'épiscopat prirent l'habitude de
s'adresser au prince, qui envoyait alors au clergé et au peuple du diocèse
dont l'évêque était décédé l'invitation (prœceptio) de choisir tel ou tel
personnage, invitation assez semblable à un ordre[6]. Sous le règne de Thierry Ier,
le clergé et le peuple de Trèves ayant élu pour métropolitain saint Gallus,
prêtre originaire de la civitas des Arverni, et que le prince
aimait beaucoup, celui-ci, qui avait d'autres vues, refusa, et même assez
durement, d'approuver cet excellent choix[7]. Ordinairement, le clergé et le
peuple nommaient le nouvel évêque, après avoir pris connaissance de la prœceptio
royale ; puis l'élection était, pour la forme seulement, soumise à
l'approbation du prince. C'est ainsi que l'on procéda lorsque saint
Gaugericus monta sur le siège épiscopal de Cambray, sous le règne de
Childebert Ier[8]. Quelquefois aussi le prince
désignait son candidat d'une manière tellement péremptoire, qu'il n'était pas
même possible de conserver l'ombre des formes anciennes[9] ; mais, en général, on les
observait, et c'est précisément ce simulacre qui a trompé le docte Raynouard
et l'a engagé à soutenir que les Mérovingiens n'avaient porté aucune atteinte
sérieuse au droit d'élection. Les
rois Francs n'eurent pas besoin de recourir à des mesures violentes pour
détruire l'ancien ordre de choses. Comment, en effet, le clergé aurait-il pu
repousser l'intervention de princes qui se faisaient un devoir de protéger la
religion, dans le midi contre les Bourguignons, les Ostrogoths et les
Wisigoths, alors infectés des erreurs d'Arius, au nord et à l'est contre les
païens de la Germanie, plus redoutables encore ? D'ailleurs, les
Mérovingiens, maîtres des immenses possessions du fisc, en disposaient
généreusement, chaque jour, pour enrichir les églises et les monastères ; ils
leur prodiguaient les immunités[10] ; ils s'opposaient à la
propagation des hérésies, et ils avaient veillé à ce que la succession
épiscopale fût rétablie dans tous les lieux où elle avait été interrompue par
l'invasion des Huns. Enfin, ils usèrent d'abord avec beaucoup de modération
et même de sagesse du droit qu'ils venaient d'usurper. Mais
avec le temps ils changèrent de conduite. Beaucoup de laïques, attirés par
l'appât des honneurs et des richesses, jetèrent un œil d'envie sur
l'épiscopat. Ils demandèrent les évêchés, et plus tard même les achetèrent,
sinon des rois, au moins de leurs ministres, en sorte que l'on vit parfois
monter sur les sièges épiscopaux des hommes indignes de les occuper. De
pareils abus donnèrent lieu à de vives protestations. Les Pères des conciles
tenus à Orléans en 535[11], en 558[12] et en 549[13], à Clermont en 535[14] et en 549[15], à Paris en 557[16] et en 615[17], à Saintes en 563[18], à Reims en 630[19], et à Châlon en 649[20] promulguèrent tous des canons
destinés à maintenir, ou plutôt à rétablir l'ancienne liberté des élections.
Les souverains-pontifes firent entendre aussi des réclamations, et le pape
saint Grégoire-le-Grand écrivit plusieurs fois à Childebert Ier, à Brunehaut,
à Théodebert II et à Thierry II pour les engager à ne plus élever des laïques
à la dignité épiscopale et à bannir la simonie[21]. Les
Mérovingiens, non contents de se rendre maîtres des élections, voulurent
s'arroger le droit d'autoriser la tenue des conciles nationaux, imitant en
cela les empereurs qui en convoquaient, trop souvent au gré de leurs
caprices. Le concile tenu à Clermont en 535 ne se réunit qu'avec
l'autorisation de Théodebert Ier[22] ; et comme les Mérovingiens ne
paraissaient pas très-disposés à convoquer des assemblées de ce genre, où
leurs usurpations étaient toujours combattues, saint Grégoire-le-Grand
conféra le titre de légat à Virgilius, métropolitain d'Arles ; il le chargea de
réformer les abus les plus criants[23], et, un peu plus tard, il
envoya dans la Gaule Cyriaque, abbé d'un monastère de Rome, pour tenir un
concile, destiné à remédier à tous les désordres dont nous avons parlé
précédemment[24]. Remarquons cependant que
l'immixtion des rois Francs dans les affaires spirituelles, et l'usage de
demander aux princes de convoquer les conciles et de sanctionner leurs
décrets ne furent pas sans quelque utilité, parce que les canons reçurent
ainsi force de loi, de même que les décisions des conciles de Nicée, de
Constantinople, d'Ephèse et de Chalcédoine avaient été mises au nombre des
lois de l'Empire[25]. En
retour des concessions qui leur étaient faites, les Mérovingiens ne cessaient
d'accorder aux évêques des faveurs nouvelles. Quelques-uns furent, au VIe et
au VIIe siècles, chargés des plus grandes affaires de l'Etat et des
négociations les plus délicates. Saint Elafius, évêque de Châlons-sur-Marne[26], Jocundus, dont le siège
épiscopal n'est pas indiqué[27], et Grégoire de Tours lui-même
remplirent ainsi diverses missions dont ils furent chargés par Brunehaut et
par Childebert Ier. Non contents de les investir de toute leur confiance, les
rois leur témoignaient la plus grande déférence, au moins en public. D'après
Grégoire de Tours, Chilpéric Ier se permettait assez souvent de les railler
ou de déclamer contre eux ; mais il ajoute que c'était toujours en secret[28]. Aussi voyait-on souvent les
prélats montrer à l'égard des princes une liberté vraiment évangélique ; et
s'ils employaient des formules très-obséquieuses en écrivant ou en
s'adressant aux souverains, cela tenait uniquement à ce qu'ils se
conformaient à l'étiquette de leur temps, laquelle était extrêmement
respectueuse. Nous avons loué plus haut[29] la conduite que saint Nicetius
de Trèves tint à l'égard de Théodebert Ier ; et lorsque, plus tard,
Théodebald voulut assembler un concile pour juger le saint prélat, Mappinius,
métropolitain de Reims, qui avait été convoqué, déclara nettement qu'il ne se
rendrait pas à l'assemblée avant que le roi lui eût fait connaître ses griefs[30]. Cette indépendance était de
nature à tenter les seigneurs eux-mêmes ; aussi, quelques-uns d'entr'eux
regardaient-ils l'épiscopat comme la première position dans l'Etat et la
recherchaient-ils avidement. Rotharius qui fut évêque de Strasbourg, au VW
siècle, avait eu précédemment le titre de duc[31], et Gontran-Boson lui-même se
flattait d'obtenir, sur la fin de sa vie, la dignité épiscopale, dont il
était bien indigne[32]. Sans
parler de l'influence que leur donnait la confiance des rois, sans parler de
leur autorité spirituelle, les évêques possédaient alors un double pouvoir
dans leurs diocèses. 1° Ils
étaient defensores de leurs villes épiscopales, et, profitant
habilement de la législation impériale[33] et des circonstances, ils
avaient considérablement étendu leurs attributions. Dans plusieurs lieux au
moins, ils étaient presque seuls administrateurs de leurs cités. C'est ainsi
que saint Nicetius, métropolitain de Trèves, put bâtir, dans son diocèse, sur
un rocher dont la Moselle baigne le pied, une forteresse redoutable, flanquée
de trente tours, garnie de machines de guerre, possédant un arsenal, des
aqueducs, un moulin à eau, un oratoire, et terminée par une plate-forme, que
soutenaient des colonnes de marbre, et de laquelle on jouissait d'une vue
magnifique[34]. Dans le siècle suivant, saint
Desiderius, évêque de Cahors, augmenta et répara le château de cette ville[35], et nous possédons encore une
lettre qu'il écrivit à Cæsarius évêque de Clermont, et dans laquelle il le
priait de lui envoyer des ouvriers pour construire à Cahors des canaux
souterrains et procurer de l'eau aux habitants[36]. On voyait aussi les évêques
résister aux ordres des rois, quand ces ordres n'étaient pas fondés sur la
justice ; et on lit dans la vie de saint Austregisilus, métropolitain de
Bourges, que le roi Thierry II ayant voulu faire lever sur cette ville un impôt
qu'elle ne devait pas, le prélat résista avec fermeté aux injonctions du
prince[37]. Quelquefois les Mérovingiens
prévinrent, par piété, les désirs des évêques et leur firent des concessions
qui augmentèrent notablement leur autorité. C'est ainsi que Dagobert Ier
consentit à confier les fonctions de comte de la civitas de Tours à
l'individu que désignerait le métropolitain. C'est ainsi encore que Gontran
accorda un droit à peu près semblable à l'évêque de Maurienna[38]. 2° Les
prélats jouissaient, comme nous l'avons dit, du droit de réformer les
sentences injustes. Bien qu'il ne leur eût été concédé formellement que par
Clotaire II, il y avait eu avant le règne de ce prince des conflits de
juridiction entre les évêques et les comtes, et Grégoire de Tours parle d'un
conflit de ce genre qui s'éleva entre saint Nicetius, métropolitain de Lyon,
et Armentarius comte de cette ville[39]. Pour éviter de semblables
discussions, qui ont toujours quelque chose de fâcheux, les comtes et les
évêques convinrent parfois de siéger sur le même tribunal et de rendre
ensemble la justice. Grégoire de Tours rapporte qu'il fit assigner à
comparaitre devant lui et devant le comte, afin de terminer leurs différends,
deux familles qui étaient en mésintelligence et avaient même commis l'une
contre l'autre des actes d'hostilité[40] ; et on lit dans la vie de
saint Drausius que Bettolenus évêque de Soissons avait coutume, lorsqu'il
jugeait les procès, d'appeler près de lui plusieurs assesseurs choisis par
les nobles et les hommes libres[41]. Enfin, les conciles tenus à
Tours en 567[42] et à Chalon-sur-Saône en 650[43] enjoignirent aux prélats de
surveiller attentivement la conduite de tous les fonctionnaires de l'ordre
administratif, et même de les frapper d'excommunication s'ils refusaient de
réformer certains abus. La vie
extérieure des évêques répondait à la puissance dont ils étaient investis.
Les rois allaient souvent leur demander l'hospitalité[44] et se trouvaient presque aussi
bien que chez eux dans les somptueuses demeures des prélats. Beaucoup
d'entr'elles devaient dater de la période gallo-romaine. Elles offraient
toutes ces recherches du luxe que l'on rencontrait alors dans les palais et
les villœ, et Fortunat célèbre, avec enthousiasme, la beauté de la
mosaïque qui ornait la table (mensa) de Villicus évêque de Metz[45]. Elles possédaient aussi un
oratoire plus ou moins splendide[46], afin que les évêques pussent
célébrer les saints mystères sans sortir de leurs habitations, et l'on voyait
près d'eux une foule de serviteurs[47], dont chacun avait un emploi
déterminé. Tels étaient les notarii, dont le devoir était de remplir
les fonctions de secrétaires[48], et les cubicularii[49], dont le nom seul indique
l'occupation. Mentionnons encore les pincernœ ou échansons, qui
présentaient les vins pendant les repas[50], et les coqui ou
cuisiniers, lesquels devaient être assez nombreux, car saint Nicetius
lui-même, malgré toute sa simplicité, avait un prœpositus coquorum[51]. A cette
époque, les prélats pouvaient disposer sans contrôle des grands revenus des
églises, et la séparation des menses épiscopale et canoniale n'était pas
encore accomplie. Aussi, voyons-nous les évêques aliéner les biens des
églises, quand ils le jugeaient nécessaire. Saint Arnulfus, évêque de Metz,
vendit, pour secourir les pauvres, un bassin d'argent du poids de
soixante-et-douze livres, qui appartenait à sa cathédrale[52], et cette seule particularité
nous montré combien les trésors des basiliques étaient importants dès
le commencement du VIIe siècle. Mais les richesses des églises consistaient
surtout en domaines, qu'elles tenaient de la munificence des rois et de la
générosité des particuliers[53]. Il résulte du testament de
saint Remi que, dans la première moitié du VIe siècle, l'église de Reims
avait déjà des biens considérables. Au siècle sui-vaut, elle en possédait
au-delà de la Loire[54]. Celle de Verdun en avait en
Aquitaine[55]. Celle de Metz en avait acquis,
et en grand nombre, même dans les vallées de la Loire, du Rhône et du Rhin[56]. Primitivement, les domaines
que l'Eglise avait reçus des rois ou d'autres personnages continuaient à
supporter les impositions, comme ceux des particuliers[57] ; mais peu à peu elle obtint
des immunités. Lorsque Dagobert Ier eut donné à saint Eligius ou Eloy la
villa appelée Solemniacum ou Solemniacus, celui-ci s'empara de
l'or provenant du census publicus et ne paya plus rien dans la suite[58]. Plus tard, Dagobert III
accorda une immunité complète à la cathédrale de Reims[59]. Il serait facile de multiplier
les exemples de concessions de même nature, et Marculf a même inséré dans son
recueil une formule d'immunité pour une église[60]. Les
détails dans lesquels nous venons d'entrer, relativement à l'importance
temporelle des évêchés, nous ont bien éloigné de ce que l'on pourrait appeler
leur spirituel, et il est temps que nous y arrivions. Les
circonscriptions des diocèses, calquées sur les divisions civiles, n'avaient
subi aucun changement important dans le royaume d'Austrasie, depuis
l'établissement définitif des Barbares, à l'exception toutefois du
démembrement qui fut opéré dans le diocèse de Reims, sous l'épiscopat de
saint Remi. Cet homme illustre, voyant combien il lui était difficile
d'administrer une aussi vaste étendue de territoire, en détacha la partie
occidentale, c'est-à-dire le pagus Vennecti et le pagus dont la
ville de Lugdunum-Clavatum ou Laon était le centre. Cette ville devint
le chef-lieu du nouveau diocèse, et saint Remi lui donna pour premier évêque
son neveu Genobaudus ou Genebaudus[61]. Un peu plus tard, la partie
orientale du diocèse de Reims se trouva également former un diocèse
particulier, à la suite d'une espèce d'usurpation, sur l'origine de laquelle
nous avons essayé de jeter quelque jour[62], mais qui ne parait pas avoir
duré très-longtemps, car dès le VIIe siècle Monzon et son territoire étaient
rentrés sous la juridiction des métropolitains de Reims. L'église
de Trèves, que l'on considérait à la fin du IVe siècle comme la première des
Gaules, avait, au commencement du VIIe, perdu une grande partie de son
importance et de son éclat. Les métropolitains d'Arles avaient hérité de ses
prétentions à la primatie des Gaules, et les dévastations que la ville de
Trèves avait subies, pendant la première moitié du Ve siècle, l'avaient aussi
réduite à un rang secondaire sous le rapport politique. Mais elle avait,
jusqu'à un certain point, regagné d'un côté ce qu'elle perdait de l'autre, et
ses évêques avaient réussi à se faire reconnaître comme métropolitains dans
la Germania Prima et la Germania Secunda, dont les métropoles, c'est-à-dire
Mayence et Cologne, avaient (la première au moins) encore souffert plus que Trèves[63]. La
plupart des diocèses étaient alors très-vastes, et les évêques, ne pouvant
aisément les parcourir pour administrer les sacrements, se faisaient
remplacer par des chorévêques ou évêques ruraux, dont on retrouve la trace
dans l'histoire de quelques diocèses austrasiens. Mais il n'y en avait pas
dans tous, et, en général, les prélats s'étaient déchargés d'une partie de
leur tâche sur les archidiacres. Il n'entre pas dans le plan de notre travail
de parler avec détails de ces dignitaires ecclésiastiques, et il nous suffira
de dire : 1° que, pendant le VIe siècle, il n'y avait encore régulièrement
qu'un seul archidiacre dans chaque diocèse[64], et que, par conséquent, les
diocèses n'avaient pas encore été partagés, comme la chose arriva bientôt
après, en un certain nombre de districts, répondant plus ou moins exactement
aux pagi[65] de l'administration civile, et
gouvernés chacun par un archidiacre ; ce qui leur fit donner le nom
d'archidiaconés ; 2° que les évêques confièrent à ces dignitaires la gestion
du temporel de leurs églises, et 3° qu'ils se déchargèrent également sur eux de
celles de leurs fonctions qui n'étaient pas attachées au caractère épiscopal,
et notamment du soin de rendre la justice aux laïques et aux clercs. Le
pouvoir des évêques à l'égard de ces derniers était fort étendu. Le Code
Théodosien, qui était la loi du clergé, avait laissé sans restriction aux
prélats le jugement et la punition de leurs clercs[66]. Justinien avait d'abord
confirmé les décisions de ses prédécesseurs[67] ; mais dans ses Novelles il
établit une distinction entre les délits civils et les délits
ecclésiastiques, et, tout en défendant aux juges laïques de prendre
connaissance des seconds, il leur réserva expressément le jugement des
premiers[68]. Néanmoins, le clerc coupable
devait être, avant l'exécution de la sentence, dégradé par son évêque, et, en
cas de refus de celui-ci, l'affaire était portée directement devant le
souverain[69]. L'empire de ces lois ne fut
pas restreint au partage d'Orient ; elles furent également appliquées en
Occident, et les conciles tenus à Mâcon en 585[70] et à Paris en 615[71] les déclarèrent obligatoires
dans toute la Gaule. Non
contents de se faire aider dans le gouvernement de leur diocèse par les
chorévèques et les archidiacres, les évêques se donnèrent aussi des
coopérateurs pour l'administration de leur propre église, c'est-à-dire de
leur cathédrale. Ces coopérateurs constituaient une sorte de congrégation, à
laquelle on attribuait souvent le nom de schola[72]. Comme ils étaient astreints à
une règle, la même pour tous, on les désignait communément par le titre de monachi
ou moines, bien qu'ils ne rentrassent pas dans la catégorie des moines
véritables ; attendu que ceux-ci, ne recevant pas alors les ordres sacrés,
n'auraient pu rendre que peu de services à leur évêque. Grégoire de Tours
mentionne expressément les monachi de la cathédrale de Metz[73]. Dans un autre passage[74], il parle du prêtre
Bucciovaldus, qu'il qualifie d'abbas ou supérieur de la domus
ecclesiastica de Verdun, c'est-à-dire de la communauté des prêtres
attachés à la cathédrale. Gogo rappelle aussi, dans une lettre déjà citée
plusieurs fois[75], les noms des dignitaires de la
domus ecclesiœ de Metz, savoir : Jean, qui en était le rector
ou directeur ; Theodulfus, lequel en était abbas ou plutôt un des abbates,
apparemment un des sous-directeurs, et Flitomeres, qui avait rempli les
fonctions d'économe. Enfin, ce sont les clercs composant la schola ou domus
ecclesiastica de Reims que saint Remi désigne, dans son testament, sous
le nom de compresbyteri[76]. A la
fin du VIe siècle, les paroisses, si rares pendant les temps antérieurs, se
multipliaient non seulement dans les villes, mais encore au milieu des
campagnes[77]. Celles qui étaient
régulièrement érigées portaient le nom de tituli, et les fidèles
pouvaient y assister à tous les offices. Mais on voyait dans les villes et
dans les champs beaucoup de petites églises ou d'oratoria, n'ayant pas
encore obtenu de l'évêque une reconnaissance définitive, et les clercs
desservant ces églises, ainsi que les fidèles qui avaient l'habitude de les
fréquenter, étaient obligés de se rendre aux fêtes de noël, de pâques et de
la pentecôte soit dans la cathédrale, soit dans l'église paroissiale (titulus) sur le territoire de laquelle
les oratoria étaient situés[78]. A cette
époque, les circonscriptions des paroisses rurales étaient fort étendues.
Bien que l'on rencontrât déjà de distance en distance des agglomérations
d'habitations analogues à nos villages, les villœ et les manses
étaient, en général, isolés ; l'on avait donc élevé sur les points les plus
favorables des basiliques, dans lesquelles les habitants du canton venaient
accomplir leurs devoirs religieux, et on avait tracé près de ces basiliques
de vastes cimetières, qui recevaient tous les morts du pays, souvent de
plusieurs lieues à la ronde. Le biographe de saint Leobinus, évêque de
Chartres, rappelle que le prélat visitait de temps en temps, ex more
pontifacum, les paroisses rurales[79], et, Grégoire de Tours en dit
autant de Maroveus évêque de Poitiers[80]. On lit dans la vie de sainte
Consortia qu'elle construisit une basilique dans un de ses domaines, nommé Mocton[81] ; lorsque saint Colomban et ses
compagnons arrivèrent près du vicus d'Arbor Felix, ils
rencontrèrent un oratoire au milieu de la campagne[82], et Grégoire de Tours mentionne
l'église, dédiée à saint Martin, qui s'élevait sur la montagne à laquelle on
donnait le nom de Castrum Wabrense[83]. Ajoutons enfin que les
nombreux villages appelés Baxoche, Bazaille, Bazeille et Bazoille
doivent tous leur nom à ces églises isolées (basilicœ), que l'on avait construites de
distance en distance, et autour desquelles les habitations finirent par se
grouper. Le
clergé qui desservait les églises des villes et celles des campagnes
commençait à être nombreux. Il se recrutait dans la classe des hommes libres
et dans celle des esclaves[84], parmi les Barbares comme parmi
les Gallo-Romains, surtout chez ces derniers. Quelques-uns des dignitaires de
l'église de Metz mentionnés dans la lettre de Gogo portent des noms
germaniques ; on peut faire la même observation relativement à l'archidiacre
de Trèves, sous l'épiscopat de saint Nicetius[85] ; au prêtre Senoch[86] ; à Bucciovaldus, abbas
de la schola de Verdun ; au prêtre Arboastes ou Arbogastes, et à une
foule d'autres ; et bien que beaucoup d'enteeux fussent des gallo-romains
affublés de noms barbares, plusieurs étaient très-certainement des saliens ou
des ripuaires. Grégoire de Tours dit que le prêtre Senoch était de la nation
des Thaïfales[87], et il ajoute que l'abbas
Brachio était thuringien de naissance[88]. La
multitude de ceux qui voulaient entrer dans l'Eglise devint si grande, que
les Mérovingiens, renouvelant des lois promulguées autrefois par les
empereurs[89], disposèrent que les ingenui
seraient obligés, avant de se consacrer à l'autel, d'en obtenir la permission
du roi ou du comte, qui en tenait la place[90]. L'Eglise s'était même hâtée de
prévenir, à cet égard, les désirs des princes, et, dès l'année 511, les Pères
du concile d'Orléans avaient défendu de donner les ordres aux hommes libres
sans l'autorisation du roi ou du comte[91]. Quant à tous les individus qui
étaient inscrits in polyptico[92], c'est-à-dire dans les tables
contenant les noms des coloni, des lides et des esclaves, ils
n'avaient besoin pour entrer dans la cléricature que de la permission de
leurs maîtres[93]. Un
clergé recruté de la sorte, parfois sans aucune espèce de préparation, devait
laisser évidemment quelque chose à désirer. On peut lire dans les lettres du
pape saint Grégoire-le-Grand plus d'une doléance sur les mœurs de beaucoup de
prêtres austrasiens[94], et Grégoire de Tours reproche
au clergé du diocèse de Châlons-sur-Marne d'avoir pris la mauvaise habitude
de boire dès l'heure où l'on chantait les matines[95]. Il
s'était aussi introduit dans plusieurs églises une pratique superstitieuse,
que les conciles ne parvinrent à déraciner que très-difficilement ; car elle
avait pour but de satisfaire une passion innée dans le cœur de l'homme :
celle de connaître l'avenir. Les païens avaient cru y parvenir en ouvrant au
hasard les poèmes d'Homère et de Virgile, et en appliquant à leurs propres
affaires les premiers vers qui se présentaient à eux[96]. Beaucoup de chrétiens
imitèrent cet exemple ; seulement, au lieu de consulter des poèmes profanes,
ils ouvraient les livres saints et surtout le psautier, et ils s'imaginaient
trouver dans le passage qui s'offrait d'abord à leurs regards, ou même dans celui
qu'ils entendaient chanter en s'approchant d'une église, la réponse aux
doutes et aux craintes dont ils étaient agités. Grégoire de Tours cite trois
exemples de consultations de ce genre[97], et les défenses de différents
conciles[98] ne réussirent pas à détruire
une semblable superstition, car Charlemagne fut encore lui-même obligé de la
proscrire sévèrement[99]. Elle existait dans nombre
d'églises, et quelques basiliques avaient reçu le nom tout païen d'oraculum,
parce que l'on y consultait les sortes sanctorum. Paul Diacre donne ce
nom à la cathédrale de Metz[100] ; le biographe de saint
Waningus emploie la même expression en parlant d'une église qui fut le germe
du célèbre monastère de Fécamp[101] ; le nom d'oraculum est
également appliqué par le moine Gordien à une église que saint Benoît
construisit dans un lieu où se trouvait autrefois un autel païen[102] ; enfin, il y a toute apparence
que le mot harahum employé dans le code des Ripuaires pour désigner
une basilique n'est rien autre chose qu'une forme corrompue du substantif oraculum[103]. Bien
souvent, les hommes qui venaient consulter les sorts étaient des malheureux
en butte à la colère du prince, et fréquemment aussi, après avoir reçu une
réponse décourageante, ils restaient dans la basilique et déclaraient user du
droit d'asile qui lui appartenait. Ce droit, fondé sur la législation
impériale[104], fut reconnu par les rois des
Barbares fédérés. Les Wisigoths l'admirent expressément, et Clovis fit de
même, en approuvant les décrets- du concile tenu, en 511, dans la ville
d'Orléans[105]. On alla même plus loin dans la
Gaule que dans le partage d'Orient ; car le concile d'Orléans décida que les
ravisseurs seraient admis à jouir du droit d'asile, tandis que Justinien les
en priva expressément[106]. Il est évident, du reste, que
ce droit devait être précieux pour les Ripuaires et pour les Saliens, parce
qu'il permettait à ceux d'entr'eux qui avaient commis un crime d'attendre
tranquillement que l'offensé eût accepté une composition pécuniaire. Le
privilège d'abriter momentanément les accusés et les hommes qui avaient
encouru la disgrâce du roi appartenait non seulement à une foule d'églises,
mais encore à l'atrium qui les précédait ou les environnait, et même à
l'habitation de l'évêque[107]. Nous ne
rapporterons pas ici tous les exemples que cite Grégoire de Tours de
coupables ou de malheureux qui se réfugièrent dans diverses basiliques, et
nous rappellerons seulement ce qu'il dit de Gontran-Boson et d'Ursio,
lesquels cherchèrent un asile, le premier dans la cathédrale de Verdun, et le
second dans l'oratoire joint à la demeure de l'évêque de cette ville[108]. La basilique construite en
l'honneur de saint Germain, évêque d'Auxerre, par saint Epvre ou Aper, en
dehors mais près de l'enceinte de Toul, avait aussi un asile reconnu et
respecté, et Godinus, fils de Warnacharius maire du palais de Bourgogne, s'y
retira momentanément, pour éviter les effets du ressentiment de Dagobert Ier[109]. L'église Saint-Remi de Reims
et la métropole de la même ville jouissaient[110] également du droit d'asile ;
et, selon toutes les probabilités, c'est pour prix de la sûreté qu'il y
trouva, que saint Clodoaldus (saint Cloud), fils de Clodomir, donna à cette dernière église
le riche domaine de Duziacum ou Duodeciacum[111]. Le
droit d'asile était, en général, scrupuleusement respecté, et l'on cite un
exemple curieux de la manière un peu bizarre dont on entendait la vénération
pour les lieux que la religion consacrait. Après la bataille d'Amblava,
un soldat neustrien, vivement poursuivi par un austrasien, chercha un asile
dans une église champêtre, qui s'offrit à lui ; mais il eut le malheur de
tomber en y entrant, et le vainqueur, n'osant frapper son ennemi dans
l'église même, se contenta, par un scrupule dont il se glorifia probablement,
de couper un pied du neustrien qui dépassait encore les jambages de la porte[112]. Le
droit d'asile reconnu en faveur non seulement des églises, mais encore de
l'atrium qui les précédait ou les environnait, nous fournirait une transition
toute naturelle pour parler des inhumations, lesquelles avaient lieu fort
souvent dans les atria. Mais cette digression nous entraînerait trop
loin ; nous préférons la renvoyer à la fin du volume[113], et nous ferons seulement
observer ici que, à côté des cimetières chrétiens, qui étaient certainement
les plus nombreux et les plus vastes, on devait rencontrer aussi, surtout au
fond des campagnes, des lieux affectés à la sépulture des païens gallo-romains
ou barbares. Le
paganisme n'avait cessé de perdre du terrain pendant le cours du VIe siècle ;
mais il comptait encore une certaine quantité de partisans. Grégoire de Tours
rapporte, dans la vie de saint Nicetius, métropolitain de Trèves, qu'un
vaisseau, étant parti des côtes méridionales de la Gaule pour l'Italie, fut
assailli par une furieuse tempête, et que, à l'exception d'un seul, les
passagers se mirent à invoquer Jupiter, Mercure, Minerve et Vénus[114]. La même scène se renouvela sur
un vaisseau qui, un siècle plus tard, portait à Rome des envoyés de sainte
Gerthrudis, abbesse de Nivialla[115]. En Italie, il y avait encore
beaucoup de païens. D'après le biographe de saint Placidus, on voyait sur le
mont Cassin un temple d'Apollon, qui ne fut détruit que par saint Bene, dans
la première moitié du VIe siècle[116] ; et lorsque, vers le même
temps, Justinien Ier renversa la monarchie des Ostrogoths, les païens de Rome
tentèrent de restaurer le Palladium et de rouvrir le temple de Janus[117]. Si les idolâtres étaient
encore si nombreux dans cette contrée, on peut bien penser qu'il y en avait
aussi dans les provinces septentrionales de la Gaule. Après le milieu du VIe
siècle, on rencontrait près du vicus d'Epusum, sur la limite
des civitates de Trèves et de Verdun, une statue de Diane, qui
attirait une foule d'adorateurs, et que l'on n'avait osé renverser, à cause
du fanatisme des gens du pays. Vers l'année 565, un diacre nommé Wlfilaïcus
ou Walfroy, lombard de nation, résolut de convertir ces malheureux idolâtres,
et, pour y parvenir plus facilement, il voulut les frapper par un spectacle
extraordinaire. A l'exemple de saint Siméon Stylite, il monta sur une colonne
isolée, qu'il fit dresser à peu de distance de la statue de Diane, et il y
resta pendant plusieurs années, presque toujours en prière, ne donnant au
sommeil que le temps indispensable, et ne prenant aucune précaution pour se
garantir du froid, dont il eut tellement à souffrir que ses ongles tombèrent.
Chaque fois qu'il voyait des païens venir se prosterner devant l'idole, il
saisissait l'occasion de leur prêcher le christianisme. Peu à peu ses
exhortations convertirent un certain nombre d'individus, et quand il jugea
ses néophytes assez forts, il les engagea à renverser la statue. Il descendit
même de sa colonne pour les aider, mais il reprit ensuite sa première
position. Cependant, Magnericus métropolitain de Trèves, étant venu le
visiter quelque temps après, lui représenta que ce genre de vie ne pouvait
convenir dans un climat aussi froid que le nord de la Gaule ; il le pria de
descendre de nouveau, et, pour lui ôter l'envie de remonter sur sa colonne,
il la fit abattre et enjoignit à Wlfilaïcus de demeurer avec les solitaires
que le désir de recevoir ses conseils avait attirés près de lui[118]. Grégoire de Tours parle, dans
un autre ouvrage, des sacrifices que, vers le milieu du VIe siècle, les
païens faisaient sur les bords d'un lac situé au sommet du mont Helanus,
dans la civitas des Gabali[119]. On sait que, à la même époque,
il y avait un temple dans les environs de Marseille. Le biographe de saint
Rigomerus parle d'un autre temple, que l'on appelait Mori fanum, et
dans lequel les idolâtres du pays déposaient des offrandes. Le saint homme
parvint à convertir ces misérables, qui étaient tous des colons et des
esclaves, et, suivant ses conseils, ils démolirent le temple et le
remplacèrent par une basilique[120]. Plus tard, lorsque saint
Remacle fonda dans la forêt des Ardennes les monastères de Maimundarium
et de Stabulaus (Malmédy et Stavelo), il fut obligé de renverser d'abord les idoles que
les habitants de la contrée adoraient encore[121]. Du reste, et comme nous
l'avons fait remarquer, on ne prit pas même partout cette sage précaution. Si
les antiquaires ont recueilli beaucoup d'idoles brisées, ils en ont, comme on
l'a dit, trouvé d'autres que l'on avait enterrées avec soin pour les soustraire
au marteau des chrétiens, et même dans divers lieux isolés et comme oubliés,
au milieu de quelques forêts, sur la cime de quelques montagnes, les
simulacres des faux dieux sont restés debout presque jusqu'à nos jours. Les
derniers sectateurs du polythéisme gréco-romain avaient d'abord espéré
rencontrer des protecteurs et des appuis dans les Francs, dont plusieurs
restèrent fidèles pendant un certain temps aux superstitions qu'ils avaient
apportées de la Germanie. Quelques historiens ont même cru qu'il s'était
opéré une sorte de fusion entre les deux cultes ; que Woden ou Wodan avait
été identifié avec Mercure, et Thor avec Vulcain, et que ce mélange des deux
religions avait retardé la chute définitive du paganisme. Mais la chose nous
semble peu probable. Il y avait une bien grande différence entre le
polythéisme des Gallo-Romains et celui des Barbares, et, d'un autre côté,
ceux-ci se montrèrent moins opiniâtres que plusieurs de ceux-là Le paganisme
ne compta bientôt plus parmi eux qu'un très-petit nombre de partisans. Il en
eut toutefois quelques-uns non seulement pendant le Vie siècle, mais même au
commencement du Vile. Nous avons déjà parlé du temple que les Ripuaires
païens possédaient à Cologne, sous le règne de Thierry Ier, et qui fut
incendié par saint Gallus[122]. Près de cent ans après,
Clotaire II, irrité contre saint Lupus, métropolitain de Sens, le relégua
dans un lieu nommé Andesagina, sur les bords de l'Oise. Ce lieu se
trouvait compris dans le gouvernement d'un duc appelé Boso-Landegisilus,
lequel faisait profession du paganisme, et le nombre des idolâtres (gallo-romains
ou barbares)
habitant la contrée était encore si considérable, que l'on y voyait plusieurs
temples, que saint Lupus détruisit, après avoir converti et baptisé le duc
Boso[123]. Enfin, nous rappellerons les
longs travaux auxquels saint Eloy, évêque de Noyon, et d'autres saints se
livrèrent pour achever d'extirper le paganisme dans les civitates
septentrionales de la Belgica Secunda[124]. On ne
négligeait rien, du reste, pour arriver à ce résultat, et les rois
réunissaient leurs efforts à ceux des papes. Saint Grégoire-le-Grand écrivit
à Théodebert U, roi d'Austrasie, et à Thierry II, roi de Bourgogne, pour les
féliciter du zèle qu'ils déployaient, et dans une lettre adressée à Brunehaut
il la prie de redoubler d'empressement[125]. On ne peut douter que les
dispositions des Codes Théodosien et Justinien[126] n'aient été appliquées dans la
plupart des provinces de la Gaule, et quelques-uns des rois Francs
promulguèrent aussi des lois contre le paganisme. Nous possédons encore la constitutio
que Childebert, fils de Clovis Ier, publia en 554, et qui prononçait des
peines assez sévères[127]. De plus, comme il était arrivé
parfois que les païens, irrités par la destruction des idoles et des temples,
s'étaient livrés à des actes de violence envers les missionnaires, les
Mérovingiens introduisirent dans les codes des Ripuaires[128], des Alamanni[129] et des Bavarois[130] plusieurs dispositions
destinées à protéger les ecclésiastiques contre le courroux des idolâtres. Grâce à
tant d'efforts, le paganisme vit décroître de jour en jour le nombre de ses
sectateurs ; mais les superstitions qu'il avait enfantées ne périrent pas
avec lui. Une des plus tenaces fut la coutume d'interroger les devins et les
pythonisses pour connaître l'avenir. Grégoire de Tours en parle fréquemment,
et quelquefois les plus grands personnages ne rougissaient pas d'avoir
recours à ces misérables pratiques[131]. L'Eglise
avait aussi à lutter contre les hérésies orientales, qui tâchèrent, avec
l'aide de quelques empereurs, de pénétrer dans les provinces du partage
d'Occident. Le roi de Neustrie Chilpéric Ier, cet homme souillé de tous les
crimes, se mit lui-même à dogmatiser et inventa une hérésie qui se
rapprochait de celle de Sabellius, mais dont les évêques gaulois parvinrent à
le désabuser[132]. Le cinquième concile d'Orléans
(année
549) fut assemblé
pour l'affaire des Trois Chapitres et pour anathématiser les erreurs de
Nestorius et d'Eutychès. Saint Nicetius métropolitain de Trèves, Domitianus
évêque de Trajectum-ad-Mosam, Desideratus évêque de Verdun, Alodius
évêque de Toul, Ambrosius évêque de Troyes, et les archidiacres Protadius et
Medulfus, représentant Mappinius métropolitain de Reims et Genobaudus évêque
de Laon, assistèrent à ce concile, dans lequel furent condamnées les
doctrines de ces deux hérésiarques[133]. Elles avaient déjà rencontré
un adversaire redoutable dans la personne de saint Avitus, métropolitain de
Vienne ; circonstance qui semble prouver qu'elles comptaient dans les Gaules
un certain nombre de partisans. L'arianisme s'y était également répandu,
ainsi que nous l'avons remarqué ailleurs. Au commencement du VIe siècle, il
se tint en Gaule, mais dans un lieu dont le nom n'est pas venu jusqu'à nous,
un concile auquel assista saint Remi. L'assemblée avait pour but de ramener à
la foi catholique ou de déposer un évêque arien, qui prit le parti de la
soumission[134]. C'est à la crainte de voir
renaître les erreurs d'Arius qu'il faut attribuer, sans aucun doute, le soin
que mettaient les prédicateurs, les missionnaires et même les historiens[135] à ne laisser dans les esprits
aucun nuage sur le dogme de la Trinité : Sanctœ Trinitatis catholicam
fidem in credentium cordibus plantaverat, dit le biographe de saint
Fridolin[136] ; et l'on redoutait tellement
cette hérésie, qu'on la combattait même au loin, et que saint Nicetius,
métropolitain de Trèves, écrivit à Chlodoswinda fille de Clotaire Ier, épouse
d'Alboin roi des Lombards, pour l'engager à convertir son mari, qui était
arien[137]. Ces hérésies n'étaient pas
même les seules que l'on rencontrât en Occident. Grégoire de Tours parle d'un
prêtre de cette ville qui niait la résurrection des morts[138], et saint Eustasius, abbé de
Luxeuil, fut obligé d'aller travailler à la conversion des Warasci,
qui habitaient la vallée du Doubs, et dont les uns étaient encore païens,
tandis que les autres étaient tombés dans l'hérésie de Bonose et de Photin,
évêques de Sardique et de Sirmium, laquelle s'était aussi répandue chez les
Bavarois[139]. Enfin, il parait même qu'il y
avait eu des traces de schisme dans quelques diocèses, probablement à
l'occasion de l'affaire des Trois Chapitres ; car, dans une lettre adressée à
Brunehaut, le pape saint Grégoire-le-Grand conjure cette princesse de réprimer
l'audace de certains schismatiques[140]. Malgré
toutes ces misères, l'église des Gaules offrait un spectacle bien digne
d'attirer l'attention. Elle possédait des évêques illustres, de savants
docteurs, des écrivains de mérite, des écoles renommées, des établissements
monastiques et charitables fort nombreux. Il nous est impossible d'énumérer
ici tous les hommes qui firent alors la gloire de l'église d'Austrasie, et
dont les noms se sont déjà pour la plupart, rencontrés dans notre récit ; il
nous suffira de rappeler : pour le diocèse de Reims, saint Remi ; saint
Arnulfus, son parent, qui épousa une nièce de Clovis Ier[141] ; Attolus, qui fonda douze
hôpitaux et construisit à Reims une superbe basilique[142] ; saint Theodericus ou Thierry,
premier abbé du monastère de Hor ; saint Basie ou Basolus ; saint
Bertald us ; dans le diocèse de Trèves, saint Nicetius, dont la réputation
s'étendait bien au-delà des limites de la Gaule[143], et que Grégoire de Tours a
rangé au nombre des Pères[144] ; saint Magnericus[145], successeur de saint Nicetius,
qui eut la sagacité de deviner le mérite de saint Gaugericus ou Géry, lequel
fut un des ornements de l'évêché de Cambray ; dans le diocèse de Metz,
l'évêque Hespérius, qui cultiva la poésie et fut en relations avec Sidoine
Apollinaire[146] ; saint Villicus, successeur
d'Hespérius, et dont Fortunat fait le plus bel éloge[147], et saint Gundulfus ou Aigulfus[148] ; dans le diocèse de Verdun,
les évêques Vito ou Vidennus (saint Vanne) ; saint Agericus ou Airy, pour lequel le roi
Childebert Ier professait la vénération la plus profonde[149], et que le poète italien
accabla également de ses louanges[150] ; à Mayence, l'évêque Sidonius,
qui fut aussi chanté par le même écrivain[151] ; à Cologne, l'évêque
Charentinus, que Fortunat compare aux prélats les plus illustres[152], et le solitaire Goar, dont une
petite ville des bords du Rhin porte encore aujourd'hui le nom. Nous
pourrions grossir considérablement cette liste, en y ajoutant les noms des
saints qui fondèrent un si grand nombre de monastères à la fin du VIe siècle
et au commencement du VIIe ; mais de pareils détails seront mieux placés dans
un des chapitres suivants, et nous nous contenterons de faire observer que,
pendant les soixante premières années du VIe siècle, on compta dans la Gaule
plus de soixante-et-dix saints, dont trente environ furent revêtus de la
dignité épiscopale. Les collections agiographiques nous ont conservé, en
effet, les vies de soixante-et-onze saints appartenant à cette période, et on
verra plus loin qu'il n'y en eut pas un moindre nombre pendant les quarante
années qui la suivirent. Il ne faut pas croire que le premier-venu pût
rédiger des biographies de cette nature et décerner le titre de saint à qui
bon lui semblait. Un fait rapporté par Grégoire de Tours[153] le prouve suffisamment. Il
existait à Troyes, vers le milieu du VIe siècle, un oratoire dédié à saint
Patroclus, dont le culte était peu en honneur, parce que l'on ne possédait
pas les actes de son martyre. Sur ces entrefaites, un voyageur prêta au clerc
qui gardait l'oratoire un livre contenant les actes dont il s'agit. Le clerc
s'empressa de les copier et les montra à son évêque, qui, l'accusant de les
avoir fabriqués, le fit battre de verges et le chassa honteusement. Plusieurs
années s'écoulèrent. Une armée Franque étant descendue en Italie, un soldat
en rapporta un autre exemplaire des actes de saint Patrodus, et ce fut
seulement alors, et après avoir comparé le texte de ce manuscrit avec la
copie faite par le clerc, que l'évêque de Troyes consentit à reconnaître
l'authenticité de la dernière. Parfois
cependant, mais seulement lorsqu'il était question de martyrs ou de saints
des premiers siècles, on se contentait, pour admettre l'authenticité de leurs
reliques, de révélations ou de visions, dont la parfaite véracité n'a pas été
démontrée toujours. Grégoire de Tours cite un exemple remarquable de cette
manière de procéder[154], et il serait facile d'en
rapporter plusieurs autres. On verra plus loin que les métaux précieux et les
pierreries étaient déjà employés à la décoration des châsses destinées à
renfermer les corps des saints. A cette époque, on n'avait pas encore l'habitude
d'en distribuer des os ou des parcelles à différentes églises, et on ne leur
donnait que les vêtements qui avaient autrefois couvert les saints, les
linges et les riches étoffes dont leurs reliques avaient été entourées, ou
quelques fragments de leurs sarcophages. Ces derniers et les châsses étaient
souvent entourés d'ex-voto, et Grégoire de Tours dit que le tombeau de
saint Nicetius ou Nisier, métropolitain de Lyon, était environné de chaînes
innombrables déposées par des captifs qui lui attribuaient leur délivrance[155]. L'Eglise avait ainsi adopté et
sanctifié un usage commun aux sectateurs du polythéisme gréco-romain et aux
Germains eux-mêmes ; car le temple que les Ripuaires possédaient à Cologne,
et qui fut incendié par saint Gallus, était rempli de véritables ex-voto[156]. La
dévotion que l'on avait pour les martyrs et les saints évêques des premiers
temps du christianisme multiplia le nombre des basiliques. Jamais peut-être
on ne construisit et on ne répara autant d'églises que pendant les VIe et
VIIe siècles. Le pape Pélage II, écrivant à Aunacharius évêque d'Auxerre,
témoigne sa joie de ce que l'on bâtissait tant d'églises dans le centre de la
Gaule[157], et il en était de même dans
les autres parties de cette contrée. Il y avait, à cet égard, une sorte
d'émulation entre les rois, les évêques, les monastères, et même quelquefois
les particuliers. Nous avons déjà parlé d'églises élevées par les Mérovingiens,
et, dans les chapitres suivants, nous mentionnerons encore d'autres
constructions dues à leur piété. Des femmes contribuèrent généreusement à ces
travaux ; la reine Theodechildis fit rebâtir plusieurs basiliques[158], et, selon Fortunat[159], ce fut grâce aux largesses de
Bertoara, fille de Théodebert I, que l'évêque Sidonius put restaurer les
églises de Mayence. On voyait alors deux, trois et même quatre basiliques ou
oratoires dans beaucoup de monastères. Celui de Glannafolium en
possédait quatre[160], et, au VIIe siècle, des
abbayes colombanistes en eurent jusqu'à sept. Les églises étaient également
fort nombreuses dans certaines villes, et, si Von peut puiser ce
renseignement dans le second testament de saint Remi, Reims ne comptait pas
moins de seize basiliques[161]. Le premier concile d'Orléans,
tenu en 511, prescrivit de consacrer à la réparation des édifices sacrés une
portion des revenus ecclésiastiques[162], et dans bien des diocèses on
n'avait pas attendu ce moment pour s'en occuper d'une manière sérieuse. A
Cologne, l'évêque Charentinus rendit aux églises leur splendeur première[163]. L'une d'entr'elles renfermait
les reliques de cinquante soldats de la légion Thébéenne, et tel était
l'éclat de ses ornements, que le peuple l'appelait l'église des saints dorés[164]. A Mayence, Sidonius, non
content de réparer les anciennes basiliques, en construisit une nouvelle en
l'honneur de saint Georges[165]. A Trèves, saint Nicetius fit
disparaître les dernières traces des ravages commis par les Barbares[166]. A Metz, on éleva une église
magnifique sur le bord de la Moselle[167], et cette église devait être la
cathédrale, car celle que nous voyons aujourd'hui est peu éloignée de la
rivière. Quelque temps auparavant, l'évêque Villicus avait entrepris une
réparation générale des basiliques de la ville[168], et il fut aidé dans ce travail
par l'archidiacre Macarius[169]. Saint Agericus, évêque de
Verdun, prit le même soin pour les églises de sa ville épiscopale[170], et il nous serait impossible
de rappeler même sommairement toutes les basiliques dont Grégoire de Tours
rapporte la construction[171]. Nous avons déjà mentionné le
rétablissement de la cathédrale de Strasbourg, et si nous y revenons c'est
pour combattre l'opinion de divers archéologues, d'après lesquels le bois
aurait été employé comme principal élément de construction dans beaucoup d'églises
de la période mérovingienne. Ils ont surtout allégué, à l'appui de cette
assertion, la cathédrale de Strasbourg, rebâtie par les soins de Clovis Ier.
Mais les murailles de cette basilique étaient généralement en pierre. Si
quelques portions des parois étaient seulement en charpente, il faut voir là
une exception, et on doit attribuer cette particularité non à un système
adopté pour les édifices mérovingiens, mais uniquement à la rareté de la
pierre, que l'on se procure difficilement à Strasbourg, où maintenant encore
la plupart des maisons et les clôtures de jardins sont en bois et en briques.
Nous n'avons trouvé dans Grégoire de Tours, où il est si souvent question
d'églises, que trois passages propres à étayer l'opinion que nous combattons.
Le premier[172] concerne une église en planches
qui existait dans les montagnes de la civitas des Arverni, et
qui fut incendiée par les Austrasiens. Dans le second passage[173], il est parlé d'oratoires en
planches qui furent successivement élevés sur le tombeau de saint Aravatius
ou Servatius, évêque de Tongres, et que Monulfus un de ses successeurs
remplaça par une basilique en pierre. Enfin, dans l'Historia Francorum[174] il est question d'une sorte de
chapelle en bois, que l'on voyait sur une des murailles de Rouen, et qui
était dédiée à saint Martin. Partout ailleurs Grégoire de Tours décrit des
églises en pierre, et l'on ne comprend pas pourquoi on lui aurait préféré le
bois, puisque l'on avait toujours la libre disposition des carrières ouvertes
pendant la période gallo-romaine. Tout
démontre, en effet, que les procédés architectoniques n'avaient subi aucune
modification importante. L'architecture romaine n'avait pas fait place à un
art nouveau. Les églises, les palais, les maisons particulières, les villœ
et les murs des villes continuaient, pendant les VIe et VIIe siècles, à
s'élever d'après les règles anciennes, et les constructions devaient avoir
presqu'universellement le même aspect qu'avant l'établissement des Barbares.
L'architecture, il est vrai, n'était plus exactement la même que du temps
d'Auguste ou des Antonins ; mais la décadence de l'art avait commencé dès le
IIP siècle, et les monuments qui remontent au règne de Dioclétien la laissent
clairement apercevoir. Il nous
reste encore plusieurs édifices ou fragments d'édifices datant de la période
mérovingienne, et tous- sans exception nous offrent les mêmes caractères que
les constructions gallo-romaines[175]. On retrouve partout les mêmes
dispositions, les mêmes appareils et les mêmes enduits. A Reims, l'église
Saint-Xyste, qui remontait aux temps mérovingiens et qui a été détruite
pendant la Révolution, était revêtue du petit appareil[176]. On employait même encore le
grand, comme dans les premiers siècles. Saint Desiderius, évêque de Cahors,
construisit, au VIIe siècle, une église quadris ac dedolatis lapidibus[177] ; et, cent ans après, Naiton
roi des Pictes demanda à l'anglo-saxon Céolfrid, abbé du monastère des
bienheureux Pierre et Paul, de lui envoyer des architectes pour élever une
église avec de grandes pierres, selon l'usage des Romains[178]. Les ornements eux-mêmes
n'éprouvèrent que de légers changements ; la mosaïque gallo-romaine récemment
découverte à Nennig, sur la rive droite de la Moselle, entre Sierck et
Trèves, offre, dans sa bordure, des enroulements et des entrelacs exactement
pareils à ceux que l'on rencontre dans les églises et dans les manuscrits de
la période romane ; et, depuis quelques années, on a retrouvé, en démolissant
les murs gallo-romains de quelques villes, des chapiteaux, noyés dans le
mortier depuis la fin du IVe siècle, et qui sont presqu'entièrement
semblables aux chapiteaux du moyen-âge, regardés pendant si longtemps comme
les produits d'un art barbare. Le plan
et les dispositions générales des grandes églises n'avaient éprouvé non plus
aucun changement. La plupart se composaient, outre le narthex ou pronaos,
que l'on nommait aussi porticus[179], de trois nefs, d'inégale
largeur. Le plus souvent, les nefs latérales se terminaient carrément, comme
dans la fameuse basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, à Rome ; mais la nef
centrale s'ouvrait presque toujours sur, une abside de forme semi-circulaire,
et le plan de la cathédrale de Strasbourg, dont nous avons déjà parlé, et qui
n'est peut-être pas très-authentique, nous offre seul une nef centrale
aboutissant à un sanctuaire de forme quadrilatérale. Les trois nefs étaient
séparées l'une de l'autre par une double rangée de colonnes, supportant des
arcades ou plus probablement des architraves. Parfois, on voyait, comme dans
les basiliques romaines de Sainte-Agnès, de Saint-Laurent et des
Quatre-saints-couronnés, deux hauteurs des colonnes, et alors entre les
colonnes du second ordre existaient des tribunes, probablement destinées aux
femmes. Telle était, au rapport de Fortunat[180], la disposition des églises de
Cologne ; selon toutes les apparences, il en était de même dans plusieurs
autres villes ; et, pour reconnaitre l'exactitude de ces diverses
propositions, il suffit de parcourir la description de la basilique que saint
Droctoveus avait construite, à Paris, en l'honneur de saint Vincent[181], et de celles qui furent
élevées par Agrœcula évêque de Châlons-sur-Saône et par Avitus évêque de
Clermont[182]. On peut
poser en règle générale que les églises des Vie et Vile siècles n'étaient pas
voûtées. Les nefs étaient couvertes d'un plafond, plus ou moins orné, auquel
on donnait le nom de camera, et peut-être même dans quelques basiliques la
charpente était-elle apparente, comme dans beaucoup d'églises d'Italie ; mais
la première de ces deux dispositions était certainement la plus usitée, à
cause de la rigueur du climat. Grégoire de Tours, mentionnant l'incendie de
la basilique de Briva-Curretia (Brive-la-Gaillarde), dit que le feu calcina les
colonnes et l'autel de marbre[183] ; ce qui ne serait pas arrivé
si elle avait eu une voûte. Le même écrivain parle en plusieurs autres
endroits de la camera de diverses églises[184], et le biographe de saint
Droctoveus assure que le plafond de la basilique de Saint-Vincent de Paris
était en partie doré[185]. Cependant, on trouve aussi
quelques renseignements relatifs à des églises et à des oratoires qui
n'avaient pas de plafond, et dont on voyait la charpente. Ainsi, lorsque
Berthefredus eut cherché un asile dans l'oratoire de saint Agericus, évêque
de. Verdun, les soldats qui le poursuivaient montèrent sur la toiture de
l'édifice et assommèrent le fugitif en lui lançant des tuiles[186] ; ce qu'ils n'auraient pu faire
si l'oratoire avait eu un plafond. Ainsi encore, il parait que la charpente
était visible dans la cathédrale que Clovis fit construire à Strasbourg[187]. Parfois on voûtait l'abside.
Grégoire de Tours, en décrivant une église, mentionne un arcus[188], qui ne peut être que l'arc dit
triomphal, lequel sépare fa nef de la voûte de l'abside ; et ailleurs
il semble dire que Tetricus évêque de Langres fit construire à Dijon une
abside voûtée[189]. Les
colonnes qui séparaient les nefs des basiliques, ou entre lesquelles
s'ouvraient les tribunes, étaient souvent en marbre. Après avoir rapporté
l'incendie de l'église de Briva et dit que l'autel et les colonnes,
qui étaient en marbres de diverses couleurs, furent calcinés par la violence
du feu, Grégoire de Tours dit que saint Ferreolus, évêque de Limoges, rendit
à cette église sa beauté et sa splendeur premières[190]. Un des biographes de saint
Médard décrit la basilique dont Sigisbert II, roi d'Austrasie, continua la
construction, et qui était destinée à abriter le corps du saint, et il ajoute
qu'on y employa des lapides diversi generis[191] ; ce qui ne peut s'entendre que
de marbres de couleurs différentes. On voyait dans la basilique de
Saint-Vincent de Paris quantité de colonnes en marbres très-précieux[192], et saint Nicetius,
métropolitain de Trèves, employa des colonnes de cette matière dans sa
forteresse de Mediolanum[193]. Il n'était pas aussi difficile
qu'on peut le penser de se procurer ces riches matériaux. Les édifices et les
temples des trois premiers siècles en fournissaient beaucoup ; et l'on voyait
même à Rome[194], et probablement aussi dans la
Gaule, des magasins où l'on vendait des colonnes (columnœ) et des chapiteaux (epistylia), que l'on transportait au loin
pour les employer dans la construction des églises et des palais. Ce
n'était pas seulement pour les colonnes que l'on utilisait le marbre ; on
s'en servait encore pour orner diverses parties des édifices[195], notamment le pavé[196]. On avait également recours,
dans le même but, à des mosaïques plus ou moins riches[197]. Dans
certaines églises, on couvrait les murailles de peintures à fond d'or. Le
biographe de saint Droctoveus parle de celles qui décoraient la basilique de
Saint-Vincent[198], et on trouve dans Grégoire de
Tours quelques détails sur les peintures que l'on admirait dans l'église de
Saint-Martin de la même ville[199], et dans d'autres basiliques.
Parfois même, on attachait aux murailles des tableaux de petites dimensions[200], ou on y traçait des
inscriptions pieuses, soit envers, soit en prose[201]. Les
fenêtres des basiliques étaient fort étroites et percées dans la partie
supérieure des murs. Elles étaient fermées par des vitraux, car le verre
n'était plus très-rare ni très-cher à cette époque[202], et on employait même déjà des
verres de différentes couleurs. Grégoire de Tours raconte, en effet, qu'un
voleur étant entré dans l'église du vicus Iciodorensis (Iseure), enleva, faute de mieux, les
vitraux et les fondit, pour en retirer l'or qu'il s'imaginait y être contenu
; mais l'opération ne réussit pas, et il se contenta de couler un certain
nombre de ces boules de couleur variées[203] que l'on trouve quelquefois
dans les tombeaux mérovingiens[204]. Ce
serait peut-être ici le lieu de décrire le mobilier des églises ; mais ces
détails nous entraîneraient trop loin. Contentons-nous de rappeler que l'on
voyait, dans chaque basilique, un autel ordinairement revêtu des marbres les
plus précieux et couvert d'une espèce de dôme, appelé ciborium, soutenu par
des colonnes et soutenant lui-même de riches tapisseries. Ajoutons que les
tombeaux des saints que l'on vénérait dans beaucoup d'églises étaient
protégés contre la ferveur indiscrète des fidèles par des barrières (cancelli), pour la confection desquelles
on employait sans doute des matériaux d'une grande valeur[205]. Si l'on
réservait pour l'intérieur des basiliques les principaux embellissements, on
n'en négligeait pas l'extérieur. Les murailles étaient parfois ornées de
pilastres, de cordons, d'arcatures, de frontons et de figures diverses tracés
au moyen d'appareils différents[206]. On trouvait moyen de décorer
les toitures elles-mêmes, et le biographe de saint Droctoveus rapporte que la
basilique de Saint-Vincent, bâtie par le vénérable abbé, était couverte de
feuilles de cuivre doré, qui jetaient un éclat prodigieux lorsqu'elles
étaient frappées par les rayons du soleil[207]. Quelques
antiquaires ont cru que certaines églises étaient déjà accompagnées de tours
; mais la chose n'est guère probable. On lit cependant dans la vie de saint
Maur qu'une basilique du monastère de Glannafolium, laquelle était
dédiée à saint Michel, avait la forme d'une tour carrée[208], et nombre d'églises et
d'abbayes possédaient des cloches (signa), probablement de très-faibles
dimensions[209]. Près de
la plupart des églises importantes s'élevait un petit édifice, dans lequel on
administrait le baptême, et qui, pour cette raison, portait le nom de
baptistère. Il est parlé de celui de Mayence dans les vers de Fortunat[210] ; le même poète félicite saint.
Agericus d'avoir restauré le baptistère de Verdun[211], et on voit encore aujourd'hui
celui de Poitiers, dont la construction remonte au VIe siècle[212]. Il paraît toutefois que de
grandes églises manquaient de cet édifice accessoire, et que l'on
administrait le baptême dans une de leurs nefs. D'après Grégoire de Tours[213], il y avait dans la basilique
de Saint-Martin un puits, duquel on devait tirer l'eau destinée à
l'administration du sacrement. II y avait aussi un puits, dont l'eau servait
au même usage, dans la nef méridionale de l'ancienne cathédrale de Strasbourg[214], et il y en a encore un dans
l'église Saint-Eloy, à Rouen. On a
remarqué, il y a déjà longtemps, que Grégoire de Tours emploie ordinairement
le mot ecclesia pour désigner la cathédrale, et l'expression basilica
lorsqu'il parle des autres églises du diocèse ; mais il ne nous semble pas
que cette distinction soit toujours bien nettement établie, et, d'ailleurs,
elle ne se retrouve ni chez les historiens, ni chez les agio-graphes de la
même époque. Une
autre particularité sur laquelle il importe d'appeler l'attention est la
situation habituelle des basiliques. On sait que les Grecs et les Romains
plaçaient fréquemment leurs temples près des murailles des villes, en sorte
que ceux-ci constituaient une espèce de ceinture qui protégeait les
habitations. Les Chrétiens imitèrent cet usage, et dans plusieurs villes
austrasiennes les églises et les monastères formaient une véritable ceinture
autour des remparts. A Metz, la plupart des basiliques, rangées en ligne dans
la plaine du Sablon, établissaient comme un rideau près des murailles, qui
étaient faibles de ce côté-là tandis que les autres faces de l'enceinte
étaient protégées par le lit de la Moselle et par le cours de la Seille. A
Trèves, la cathédrale était au milieu de la ville ; mais les quatre
basiliques de Saint-Euchaire (aujourd'hui Saint-Mathias), de Saint-Maximin,
de Saint-Paulin et de Saint-Martin protégeaient les murs sur tous les points
où ils n'étaient pas baignés par les eaux de la Moselle. Aussi, Grégoire de
Tours emploie-t-il le mot circuire, en parlant de la visite que saint
Nicetius faisait aux églises de sa ville épiscopale ; et, d'après une
tradition rapportée par le même historien, les prières du saint évêque ayant
obtenu la cessation d'une maladie contagieuse qui avait fait de grands ravages
à Trèves, on entendit, au milieu de la nuit, un démon s'écrier : « Ô mes
compagnons, que ferons-nous ici ? L'évêque Euchaire garde une des portes ;
Maximin veille sur l'autre ; Nicetius lui-même défend le centre de la ville ;
nous n'y pouvons plus rien, retirons-nous devant ses défenseurs ![215] » A Reims, les basiliques
étaient à côté des portes : Saint-Victor à la porte de Soissons, Saint-Martin
à la porte Collatitia, Saint-Hilaire à celle de Mars, Saint-Crépin et
Saint-Crépinien à celle de Trèves. La procession des Rogations visitait
autrefois ces diverses églises, en faisant le tour de la ville, et, après que
cet usage fut tombé en désuétude, on continua jusqu'au siècle dernier à
invoquer dans les litanies les saints qui avaient donné leurs noms aux quatre
basiliques[216]. Ajoutons que le métropolitain
saint Rigobert construisit un oratoire sur la muraille de Reims, près de la
porte nommée porta Patens[217]. La disposition des églises
était la même à Toul, où la cathédrale, les monastères de Saint-Mansuy et de
Saint-Epvre et diverses églises paroissiales avoisinaient les murs, soit
en-dedans, soit en-dehors. Elle était aussi la même à Strasbourg : la cathédrale
était au centre de la cité ; mais les églises Saint-Pierre-le-Vieux,
Saint-Pierre-le-Jeune, Saint-Etienne et plusieurs autres touchaient aux
fortifications et formaient, en quelque sorte, un cordon tout autour de la
ville. Si ces exemples, tous tirés de l'Austrasie, ne suffisent pas, on peut
encore citer Tours, où la basilique de Saint-Martin était adjacente au
rempart[218] ; Saintes, dont les églises
étaient rangées en cercle[219], et Clermont, qui était
littéralement entouré d'édifices religieux[220]. L'abbé le Beuf avait déjà
remarqué, il y a plus d'un siècle, que les monastères dédiés à saint Martin
sont ordinairement hors des murs des villes, et que les églises consacrées
sous le vocable de Saint-André sont voisines des portes ; et cette double observation,
qui est très-exacte, vient à l'appui de ce que nous venons de dire
relativement à l'existence d'une coutume qui survécut au moyen-âge lui-même ;
car si au XIIIe siècle et au XIVe on construisait encore des chapelles sur
les remparts des cités, on a conservé jusqu'au XVIIe le pieux usage de placer
sur les portes des villes les images de la Vierge et des saints. Il nous
resterait, pour compléter ces notions sur l'architecture des VIe et VIIe
siècles, à parler des constructions civiles et militaires ; mais les
renseignements nous manquent presqu'absolument. On sait toutefois que
Chilpéric Ier prescrivit aux ducs et aux comtes de réparer (componere) les murs des villes[221] ; et cette circonstance nous
porte à croire que plusieurs portions de murailles réputées gallo-romaines ne
datent que de la période mérovingienne. On ne peut douter, en effet, que les
rois Francs n'aient fait reconstruire les fortifications détruites par les
Barbares. Metz, qui avait tant souffert lors de l'invasion des Huns, vit
relever ses remparts, et on est certain que ceux de Trèves furent également
refaits, puisque Fortunat ne craignait pas d'écrire : Perducor
Trevirum, qua mœnia celse patescunt[222]. Nous
avons déjà décrit la forteresse bâtie par ordre de saint Nicetius[223], ainsi que les grands travaux
exécutés par saint Desiderius, évêque de Cahors ; et nous rappellerons encore
que saint Rigobert, métropolitain de Reims, fit construire un aqueduc,
destiné à alimenter les bains des ecclésiastiques attachés à son église[224]. Il ne
faut pas s'imaginer, comme plusieurs antiquaires, que tous ces travaux furent
exécutés ou, pour mieux dire, conduits par des moines et des ecclésiastiques.
Quelques-uns d'entr'eux avaient, à la vérité, des connaissances en
architecture. Tel fut un clerc, nommé Langisus, qui était le principal
architecte de Théodebert Ier, roi d'Austrasie, et que le comte Florus
conduisit à Glannafolium, pour diriger la construction de ce monastère[225]. Tel fut aussi un
ecclésiastique messin, dont le nom est inconnu, et qui fut souvent employé
par Pierre évêque de Metz et par les rois d'Austrasie eux-mêmes[226]. Tel fut peut-être aussi le
moine Claudius, lequel parait avoir achevé une basilique commencée par saint
Desiderias, évêque de Cahors[227]. Mais, dans toutes les autres
circonstances, on voit la profession d'architecte exercée par des laïques,
comme de nos jours, et quelquefois même ces laïques étaient d'origine
barbare, ainsi que le prouvent ces deux vers de Fortunat[228] : Quod
nullus veniens Romana gente fabrivit, Hoc
vir barbaries prole peregit opus. Lorsqu'il
s'agit de bâtir le monastère de Glannafolium, le roi Théodebert, non
content de prêter à Florus son propre architecte, autorisa celui-là à mettre
en réquisition tous les architectes dont il aurait besoin, et Florus profita
de, cette permission pour en réunir un certain nombre[229]. Grégoire de Tours parle d'un
architecte qui introduisit les soldats de Gondebaud, roi des Bourguignons,
dans la cité de Vienne, en les faisant passer par un aqueduc, à la
construction ou à la réparation duquel il avait probablement travaillé[230]. Dans le siècle suivant, saint
Eligius (Eloy), évêque de Noyon, se promenant,
un jour, devant sa cathédrale, observa que le fronton menaçait ruine et fit
appeler immédiatement un architecte pour le consolider[231]. Parfois, on faisait venir des
architectes étrangers, que l'on regardait probablement comme plus habiles que
ceux de la Gaule. Nicetius en envoya chercher quelques-uns en Italie,
lorsqu'il voulut mettre .la main aux grands travaux qu'il projetait d'exécuter,
et ils exigèrent, avant de se mettre en route, qu'on leur fit serment de
veiller à leur sûreté[232]. Les architectes gallo-romains
n'étaient pas cependant des gens sans mérite. La description de divers
édifices dont parle Grégoire de Tours prouve que ces artistes pouvaient
exécuter des ouvrages très-difficiles[233], et lorsque, dans la seconde
moitié du VIIe siècle, saint Wilfridus, métropolitain d'Yorck, et saint
Benoît Biscop résolurent de construire des églises, ils appelèrent des
architectes gallo-romains[234], quoiqu'il y en eût dans l'île
de Bretagne. Les
autres arts n'avaient pas cessé non plus d'être cultivés dans la Gaule
pendant le VIe siècle. L'orfèvrerie surtout continuait à produire des
ouvrages, dont plusieurs sont venus jusqu'à nous. Ils laissent à désirer,
certainement, sous le rapport de la correction et du fini du travail ; mais
l'ensemble est harmonieux et élégant. Leur caractère est romain[235], si l'on peut employer une
pareille expression, et c'est en vain que divers antiquaires ont prétendu
nous démontrer que l'on y reconnaissait une influence Franque. Les Francs
n'ont apporté avec eux que leur barbarie, et ceux qui ont voulu cultiver les
arts ont été obligés de travailler dans les ateliers des artistes gaulois[236]. Les armes de luxe employées
par les Mérovingiens et les leudes Francs ont elles-mêmes un aspect tout
romain, et quant aux boucles, aux broches, aux fibules que l'on exhume,
chaque jour, des cimetières de la période Franque, elles offrent la
ressemblance la plus frappante avec les objets de même nature que l'on a
découverts dans les tombeaux byzantins de la Crimée[237] ; ce qui prouve que les
procédés des arts étaient les mêmes dans tout l'Empire. L'Austrasie
n'était pas une des provinces où ils jetaient le moins d'éclat. Grégoire de
Tours rapporte que, à l'époque où Brunehaut résidait dans ce royaume, elle
fit fabriquer, pour les envoyer au roi des Wisigoths, un bouclier d'une
grandeur étonnante et deux bassins, tous en or et couverts de pierres
précieuses[238]. L'église de Metz conservait
dans son trésor un plat d'argent, de très-fortes dimensions et d'un beau
travail, qui avait, sans doute, été exécuté dans la même ville[239], et l'on a trouvé récemment à
Vergaville, dans la civitas de Metz, une plaque d'or dont l'élégance
égale le fini[240]. Si les procédés de l'art
n'avaient pas changé, les motifs de l'ornementation n'avaient guère varié
davantage, et on voit figurer dans la liste des objets précieux donnés à la
cathédrale d'Auxerre et à l'abbaye de Saint-Germain par l'évêque Desiderius, qui
siégeait à la fin du VIe siècle et au commencement du VIIe, un missorium
ou plat d'argent, exécuté par l'orfèvre Thorsomodus[241], et représentant l'histoire
d'Enée, avec une, légende grecque, et un aquamanile ou bassin, dans le
fond duquel on avait gravé Neptune, armé de son trident[242]. Ajoutons que, si l'on compare
les sous et tiers de sou frappés en Austrasie, pendant le VIe siècle, avec
les monnaies qui sortaient à la même époque de divers ateliers situés dans le
partage d'Orient, on ne remarque chez ces dernières aucune espèce de supériorité
dans le travail. La
Gaule avait aussi des mosaïstes très-habiles. Grégoire de Tours parle
plusieurs fois de mosaïques exécutées pour divers prélats, et Fortunat décrit
celle qui ornait la table (mensa) de Villicus évêque de Metz, et qui
représentait des oiseaux (probablement des colombes) jouant dans des pampres et
becquetant des raisins, c'est-à-dire la grappe symbole de l'eucharistie[243]. Les
lettres n'avaient pas plus souffert que les beaux-arts de l'établissement des
Francs et des Bourguignons, et, comme l'écrivait récemment un des meilleurs
critiques contemporains, « il ne faut pas croire que les invasions
germaniques aient tellement corrompu la tradition latine et l'héritage de la
civilisation gréco-romaine, que jamais la barbarie et les ténèbres aient
régné sur l'Italie, la Gaule et l'Espagne[244]. » Ne prenons donc pas à
la lettre les expressions de Grégoire de Tours, qui frappé des progrès d'une
décadence, laquelle avait commencé dès le IVe siècle, s'écriait : Vœ
diebus nostris, quia periit studium litterarum a nobis ! Le nombre des
écrivains fut, au contraire, fort considérable pendant le VIe siècle. Il nous
reste encore quelques débris des instructions que les évêques gallo-romains
de ce temps composèrent pour prémunir les fidèles contre la séduction des
hérésies orientales ; et on peut voir dans toutes, et notamment dans les
écrits de saint Avitus, métropolitain de Vienne, avec quelle exactitude
théologique et quelle vigueur les prélats combattaient les erreurs d'Arius,
de Nestorius et d'Eutychès. Saint Nicetius, métropolitain de Trèves, dont le
nom est déjà revenu si fréquemment dans notre récit, nous a laissé, outre ses
deux lettres à l'empereur Justinien et à Chlodoswinda reine des Lombards, un
traité De vigiliis servorum Dei et un petit ouvrage intitulé De
psalmodiœ bono, dont le style est à-la-fois simple et correct. Saint Remi
lui-même avait joui, sans y avoir prétendu, d'une grande renommée littéraire.
Ses declamationes étaient recherchées avidement. Un habitant de la civitas
des Arverni, que ses affaires avaient appelé à Reims, trouva le moyen
d'obtenir d'un notarius ou du bibliothécaire du prélat une copie de
ses pièces d'éloquence, et, de retour dans son pays, il les communiqua
sur-le-champ à Sidoine Apollinaire, qui s'empressa d'en faire tirer copie :
exemple que tous ses amis imitèrent, en disant qu'il était presqu'impossible
de découvrir des productions aussi parfaites[245]. C'est
ce zèle des prélats pour les bonnes études qui faisait dire au poêle Arator : Sunt
quia pontifices in relligione magistri, Gallia
quos multos dat studiosa bonos[246]. Le même
goût se rencontrait chez une foule de laïques, et Grégoire de Tours dit que
le moine Domnolus refusa l'évêché d'Avignon, parce qu'il craignait de voir sa
simplicité (simplicitas) déplacée inter senatores sophisticos ac judices philosophicos[247]. L'hagiographie
était peut-être le genre de littérature le plus cultivé à cette époque, et
divers saints trouvèrent même chacun une multitude de biographes. Grégoire de
Tours assure[248] que la vie du saint reclus
Hospitius avait été écrite par plusieurs (a multis). Il dit ailleurs[249] que la vie de saint Martin
avait été composée nombre de fois, soit en prose, soit en vers — Multi
sunt qui virtutes sancti Martini, vel stante versu, vel stylo prosaïco,
conscripserunt. Il cite lui-même, dans ses ouvrages, une foule de vies de
saints écrites de son temps ou avant lui, et dont beaucoup ne sont pas venues
jusqu'à nous. Nous rappellerons seulement ici les biographies de saint Remi[250] ; de saint Nicetius,
métropolitain de Lyon[251] ; de saint Patroclus, dont nous
avons déjà parlé[252] ; de sainte Pusinna, dont
l'auteur a dû vivre dans les environs de Troyes[253] ; de saint Aper (Epvre), évêque de Toul, par Autmundus
ou Antimundus, un de ses successeurs[254] ; de saint Vedastus, prêtre de
Toul, puis évêque d'Arras[255] ; de saint Fidolus ou saint
Phal ; de sainte Consortia ; de saint Germerius, évêque de Toulouse, et
quantité d'autres. Les biographies anciennes se reconnaissent à la noble
simplicité de leur style et de leur composition, ainsi qu'à l'absence de ces
amas de prodiges dont on a enflé les rédactions postérieures des mêmes
biographies. Cependant, quelques-unes de ces dernières, notamment celle de
saint Fidolus, sont moins des vies proprement dites que des panégyriques,
destinés à être lus dans les églises le jour de la fête du saint, et
probablement même pendant l'office, et la connaissance de cet usage explique
la singularité de la rédaction[256]. Les
ouvrages historiques sont beaucoup moins communs que les vies de saints. Nous
avons perdu le livre dans lequel les invasions des Barbares avaient été
racontées en détail par un écrivain nommé Roterius, qui est qualifié d'historiographus
insignis dans la vie de saint Severus, abbé d'Agde[257]. Marius évêque d'Aventicum
a été plus heureux que Roterius ; sa chronique nous est parvenue tout entière
; néanmoins ; pour parler avec justesse, le VIe siècle ne nous a légué qu'un
seul ouvrage important : l'Historia ecclesiastica Francorum de
Grégoire de Tours. Mais aussi quel trésor ! Quelle mine abondante pour celui
qui recueille les éléments d'une histoire du VIe siècle ! Quelle vérité et
quelle grandeur dans les récits ! On a fait remarquer que Grégoire de Tours
est très-inférieur à Tite-Live et à Tacite sous le rapport de la pureté du
style et de l'agencement général des matières. Nous en convenons volontiers,
en ajoutant que d'autres temps exigeaient un autre narrateur, et que,
d'ailleurs, la méthode de Grégoire n'est pas aussi éloignée qu'on le suppose
de celle qu'avaient adoptée les historiens romains. Il les avait lus ; il a
même essayé parfois de les imiter, autant que le permettait l'originalité de
son génie ; mais les emprunts qu'il a faits à leur manière ne sont pas
toujours heureux ; et, par exemple, on ne voit pas ce que le livre a gagné au
soin que l'auteur a pris de consigner minutieusement, comme Tite-Live, tous
les prodiges précurseurs et messagers des grands évènements. Le
temps n'a pas plus respecté les écrits des poètes que ceux des théologiens et
des annalistes. Nonobstant les calamités inséparables de tant de révolutions,
le goût des Romains pour la poésie n'avait rien perdu de sa force. A la fin
du VIe siècle, on lisait solennellement Virgile dans le forum de Trajan ; les
poètes y déclamaient leurs vers, et le sénat décernait au vainqueur une
récompense magnifique[258]. Les Barbares eux-mêmes
partageaient cette passion pour la poésie latine. Théodoric-le-Grand, roi des
Ostrogoths, favorisait les versificateurs ; Théodoric II, roi des Wisigoths,
faisait ses délices de la lecture de Virgile[259], et tout le monde connaît les
goûts poétiques de Chilpéric Ier. Saint Remi n'avait pas dédaigné de composer
des vers, dont quelques-uns seulement sont venus jusqu'à nous. Enfin, nous
rappellerons encore l'espèce d'enthousiasme avec lequel Fortunat fut accueilli
dans le royaume d'Austrasie par le prince, par les évêques et même par les
seigneurs Francs. Malgré
l'établissement définitif et la prépondérance du christianisme, les poètes,
comme les artistes, continuaient à emprunter au paganisme une partie de leurs
fictions et de leurs images ; et, pour s'en convaincre, il suffit de
parcourir l'épithalame tout païen composé par Fortunat à l'occasion du
mariage de Sigisbert II et de Brunehaut[260]. Si les
idées avaient peu changé, la langue littéraire n'avait pas subi non plus de
modifications très-profondes. Grégoire de Tours s'excuse, à la vérité, en
deux endroits différents, de n'avoir pas toujours appliqué les règles de la
grammaire et d'ignorer les finesses de la rhétorique[261]. Mais ces précautions oratoires
elles-mêmes prouvent qu'il y avait encore, de ce temps, bien des hommes qui
connaissaient à fond le latin classique et se trouvaient en mesure
d'apprécier le mérite d'un livre. Si la barbarie avait été complète,
l'historien des Francs ne s'en serait pas aperçu, ou du moins n'aurait rien
dit. Le moine Gordien, auteur de la vie de saint Placidus, fait une
observation qui prouve combien on attachait de prix aux grâces du style : Non
est autem ecclesiasticorum virorum molles et delicatas orationes appetere,
quœ mentes hominum ad prava et noxia guœgue illiciant, ut faciunt Comicorum
et Tragœdorum[262]. On tenait même beaucoup à une
prononciation correcte et élégante. Grégoire de Tours rapporte[263] qu'un prêtre, qu'il avait
chargé de célébrer la messe à sa place, prononça d'une manière tellement
fautive, que beaucoup de personnes se mirent à rire et à murmurer : « Il
aurait mieux fait de se taire que de parler ainsi ». Le
partage d'Occident produisit, pendant le VIe siècle, des écrivains que l'on
peut opposer à ceux du partage d'Orient. Les Grecs n'eurent pas, à cette
époque, de poètes comparables à Corippus, Arator et Fortunat ; Cassiodore,
saint Fulgence, saint Remi, saint Léandre, Denys-le-Petit et le pape saint
Grégoire sont bien supérieurs à saint Jean Climaque, à Jean-le-Scholastique,
à Jean-le-Jeûneur et aux autres théologiens byzantins du même temps ; et si
Grégoire de Tours et Jornandès n'ont pas le mérite de Procope et d'Agathias,
l'historien Franc l'emporte bien certainement sur les anciens biographes des
empereurs : Lampridius, Julius Capitolinus et Trebellius Pollio. Le goût
des classes élevées de la société gallo-romaine pour les idées et les
productions littéraires des siècles précédents suffirait, à défaut d'autres
indices, pour prouver qu'il existait alors des bibliothèques et, des écoles.
Il est évident que le haut prix du parchemin et du papyrus ne permettait pas
de multiplier à l'infini les copies des livres ; mais il ne faut pas croire
que ces matières fussent très-rares : nous démontrerons plus loin que l'on
continuait à importer de grandes quantités de papyrus dans le partage
d'Occident ; et, d'un autre côté, un passage de Grégoire de Tours[264] montre que quantité d'individus
connaissaient l'art de fabriquer le parchemin, et pouvaient, par conséquent,
préparer celui qui leur était nécessaire. L'historien des Francs avait à sa
disposition des bibliothèques considérables ; il cite Salluste et une
multitude d'auteurs anciens[265] ; et le soin qu'un soldat
austrasien eut de rapporter d'Italie la vie de saint Patroclus[266] fait voir quel prix on
attachait aux livres. Quant
aux écoles, les renseignements qui les concernent, sans être très-nombreux,
le sont assez pour prouver leur existence. On les désignait ordinairement
sous le nom de schola[267], bien que ce terme servit
aussi, comme nous en avons fait l'observation, à marquer la communauté de
prêtres qui assistaient' l'évêque dans l'administration des sacrements[268]. On ne peut douter que l'on ne
vit encore dans la Gaule des écoles tenues par des maîtres laïques.
Théodoric-le-Grand avait assigné des traitements sur le trésor public aux
professeurs de grammaire, de rhétorique et de jurisprudence. L'invasion des
Lombards dans le nord et le centre de l'Italie n'amena pas la fermeture des
écoles. A la fin du VIIe siècle, le grammairien Félix enseignait avec tant de
succès à Pavie, dans la capitale même des Lombards, que leur roi Cunibert lui
offrit un bâton enrichi d'or et d'argent ; et Félix eut pour successeur son
neveu Flavianus, de l'école duquel sortit Paul Warnfried. Si les choses se
passèrent de la sorte en Italie, malgré une invasion sanglante, et nonobstant
la guerre sans cesse renaissante entre les exarques de Ravenne et les
Barbares, on doit penser que l'établissement paisible et régulier des Francs
dans la Gaule fut moins funeste encore aux études. Les évêques avaient fondé
près de leurs cathédrales des écoles, dans lesquelles on admettait les
laïques, et qui finirent par éclipser toutes les autres. D'après des
historiens, à la vérité, assez récents, il y avait déjà des écoles de ce
genre à Metz, à Toul et à Verdun ; et celle de Verdun aurait, pendant quelque
temps, été dirigée par saint Agericus ou Airy, qui occupa plus tard le siège
épiscopal de cette ville. Il y avait aussi de petites écoles dans les vicia
Nous avons dit que saint Magnericus, visitant celle d'Epusum (Ivoy), y rencontra le jeune
Gaugericus, dont il distingua le mérite, et qui devint évêque de Cambray[269]. On lit dans la biographie de
saint Walaricus que, sa pauvreté ne lui permettant pas de fréquenter les
classes, il pria le prœceptor infantium de lui tracer sur un tableau
toutes les lettres de l'alphabet et de lui apprendre leurs noms et leur
valeur[270]. Il est parlé des écoles du vicus
d'Avallon (Avallo ou Aballo) dans la vie de saint Germain évêque de Paris[271], et de celle de Néris (vicus
Nereensis) dans
la biographie de saint Patroclus[272]. Les villes importantes
possédaient à plus forte raison des écoles semblables. Celles de Chartres
sont mentionnées dans la vie de saint Launomarus[273], et celles de Bourges dans
Grégoire de Tours[274]. Cet historien parle même du
soin que prenait saint Nicetius, métropolitain de Lyon, de procurer aux
jeunes esclaves l'instruction qui pouvait leur être nécessaire[275]. On voyait aussi des écoles
dans quelques monastères. Saint Basolus ou Basie, étant venu à Reims, sous
l'épiscopat d'/Egidius, se retira dans le monastère de Virixiacum ou
Verzy, qui était voisin de cette ville, et l'abbé Diomerus enjoignit au
scholastique ou professeur Komarcus d'enseigner la littérature à ce novice[276]. Il est
maintenant bien difficile de deviner quelles étaient les méthodes employées
au VIe siècle. Plusieurs savants ont cru qu'elles devaient être fort
différentes des méthodes actuelles, à cause du prix élevé et de la rareté des
matières propres à recevoir l'écriture, et par conséquent à cause de la
difficulté de multiplier les exercices. Mais, outre que le parchemin et le
papyrus n'étaient pas aussi rares ni aussi chers qu'on l'a pensé, on pouvait
les remplacer, jusqu'à un certain point, par des tablettes de cire, d'os ou
d'ivoire, sur lesquelles il était facile d'effacer l'écriture. Quoiqu'il
en soit, l'enseignement n'était pas stérile, et il sortit alors des écoles
une foule d'hommes instruits, dont plusieurs occupèrent des emplois
très-importants. Tels furent Secundinus et Asteriolus, deux des ministres de
Théodebert Ier[277]. Tel fut Andarchius, un des
hommes de confiance de Sigisbert II[278]. Tels furent tous ces illustres
prélats dont les noms sont déjà revenus plus d'une fois dans notre récit, et
notamment Betharius évêque de Chartres[279], Grégoire évêque de Langres[280], Desiderius évêque de Cahors[281], saint Nicetius métropolitain
de Lyon[282] et saint Nicetius métropolitain
de Trèves[283]. Un seul
d'entr'eux, Betharius évêque de Chartres, avait probablement étudié en Italie
; car il était italien, ainsi que Fortunat, et leur naissance en quelque
sorte étrangère ne les empêcha pas d'obtenir des sièges épiscopaux dans la
Gaule. L'Empire existant toujours, on ne connaissait pas encore cet esprit
étroit de nationalité qui repousse aveuglément les étrangers, malgré leur
mérite, et quelques prélats du vie siècle étaient nés dans des contrées bien
éloignées de celles où ils passèrent la plus grande partie de leur existence.
Saint Martin, évêque de Bracara-Augusta, en Espagne, était originaire
de la Pannonie[284], et saint Quintianus,
successivement évêque de Rhodez et de Clermont, était africain et petit-fils
de Faustus évêque de Prœsidium[285], ville de la Byzacène. Saint
Abraham, qui fonda un monastère dans la civitas des Arverni,
avait reçu le jour sur les rives de l'Euphrate[286] ; le solitaire Stephanus ou
Etienne, dont il est parlé dans la vie de saint Arnulfus, et qui demeurait
près de la villa de Layum ou Lay-Saint-Christophe, était né en
Italie[287], et il serait facile de
multiplier les exemples de ce genre. Nous en
avons dit assez néanmoins pour démontrer que les communications étaient
faciles et même rapides, non seulement entre les diverses provinces de la
Gaule, mais entre les deux partages d'Orient et d'Occident. Aussi,
dans la Gaule, on voit au VIe siècle, comme aujourd'hui, des individus
posséder des domaines fort éloignés de leur résidence habituelle : témoin
Innocentius, comte de la civitas des Gabali ou Gabalitani,
qui avait de vastes propriétés dans la civitas de Châlons-sur-Marne[288]. On se marie au loin ; on
correspond par lettres ; les personnes les plus faibles : les moines, les
esclaves, les femmes mêmes voyagent librement d'un bout à l'autre de la
Gaule, et nous trouvons raide preuves de la vérité de cette assertion dans
Grégoire de Tours et dans les hagiographes. On allait souvent, par pure
dévotion, d'une ville dans une autre ville très-éloignée pour assister à la
fête d'un saint, et l'historien des Francs mentionne deux processions qui se
rendirent, l'une de Metz, l'autre de la Germania Prima, dans la cité
de Reims afin d'implorer la protection de saint Remi[289]. Les
pèlerinages aux tombeaux des apôtres saint Pierre et saint Paul étaient alors
très-fréquents. Saint Martin de Vertou, entr'autres, visita, au VIe siècle,
la ville de Rome[290], et on sait combien de
relations le pape saint Grégoire-le-Grand entretint avec la Gaule. Les
voyages à Jérusalem ont laissé plus de traces encore dans l'histoire. Un
anonyme avait rédigé, dans la première moitié du IVe siècle, un itinéraire de
Bordeaux à Jérusalem, et ce livret dut servir de guide à tous les
gallo-romains qui entreprenaient un voyage aussi long. Le nombre n'en était
pas peu considérable, et Grégoire de Tours en rappelle plusieurs. Ici, il est
question du prêtre breton Winnoch, qui se préparait au pèlerinage de
Jérusalem[291] ; là il est parlé de saint
Martin, évêque de Bracara, qui l'exécuta[292] ; ailleurs, d'un gallo-romain,
qui fut guéri de la lèpre, en se baignant dans le Jourdain[293] ; ailleurs encore, d'une statue
de N. S. Jésus-Christ que l'on voyait à Panéas, en Judée, et que l'historien
décrit[294] d'après le rapport de nombreux
témoins oculaires — a plerisque qui eam contemplati fuerant. Enfin,
les prescriptions publiées par Justinien Ier, en 536, relativement à
l'aliénation des biens de l'église de Jérusalem prouvent combien était grande
l'affluence des pèlerins qui visitaient la Palestine[295]. Parfois,
ces longs voyages étaient entrepris dans le but de se procurer des reliques.
Grégoire de Tours cite 1° une femme de la ville de Maurienna, qui se
rendit en Palestine pour obtenir une relique de saint Jean-Baptiste[296] ; 2° un gallo-romain, lequel
lui avait rapporté de Jérusalem une pièce de soie (pallula
holoserica)
ayant servi d'enveloppe à la vraie croix[297], et 3° un prêtre de la même
nation qui avait visité l'île de Chio, probablement dans le but de chercher
des reliques ou en revenant de Jérusalem[298]. Un diacre de Tours, nommé
Agiulfus, parcourut l'Orient, pour y recueillir des objets ayant appartenu à
des martyrs[299]. Sainte Radegonde et Maroveus
ou Meroveus évêque de Poitiers envoyèrent à Constantinople une sorte
d'ambassade, chargée de demander à l'empereur un fragment de la vraie croix
et quelques reliques des apôtres et des martyrs[300]. Radegonde obtint ce qu'elle
désirait, et, encouragée par le succès, elle expédia de nouveaux messagers,
auxquels elle ordonna de visiter, dans le même but, Jérusalem et tout le
partage d'Orient[301]. Vers ce temps, on apporta à
Langres de Césarée de Cappadoce les reliques des saints Mammès, Speusippe,
Eleusippe et Méleusippe. On allait aussi en chercher à Rome[302], et ces pieuses courses ne se
terminaient même pas toujours aux rivages de la Mer Morte et du Jourdain.
Grégoire de Tours décrit la ville de Méliapour, située sur la côte orientale
de l'Indoustan, et où saint Thomas avait prêché l'Evangile, d'après les récits
d'un individu, nommé Theodorus, qui avait parcouru ces plages lointaines[303] ; et ce voyage n'a rien qui
doive nous surprendre, car les empereurs Théodose-le-Grand, Justinien Ier et
Héraclius reçurent des ambassades de l'Inde, et même de la Chine, et, dans le
IXe siècle, Sighelm évêque de Shireburn, en Angleterre, fut, à la suite d'un
vœu, envoyé à Méliapour par le roi anglo-saxon Alfred-le-Grand, qui le
chargea de distribuer des aumônes aux chrétiens indous[304]. Les
orientaux, de leur côté, parcouraient quelquefois le partage d'Occident, soit
pour s'y procurer des reliques, soit dans d'autres intentions. Grégoire de
Tours parle d'un vaisseau marchand qui transporta en Orient des reliques de
saint Julien de Brivas ou Brioude[305] ; le prêtre Lactantius alla de
Constantinople dans les Gaules pour visiter les lieux que la vénération des
peuples y rendait célèbres[306], et, en 594, on vit, dans cette
contrée, un évêque arménien, nommé Simon, qui était venu pour recueillir des
aumônes, à la suite des ravages que les Perses avaient commis dans son pays[307]. Grégoire
de Tours cite plusieurs faits desquels il résulte que la réputation de saint
Martin s'était répandue dans tout l'Empire[308], et nous avons déjà rappelé que
saint Siméon Stylite se faisait recommander aux prières de sainte Geneviève
par les négociants syriens, qui fréquentaient les marchés de la Gaule[309]. Le
commerce doit être, en effet, placé au nombre des causes qui établissaient
des relations continuelles entre les deux partages de l'Empire. Les Gaules
tiraient de l'Orient une foule de produits naturels ou fabriqués, notamment
les drogues médicinales[310], l'aloès[311], le papyrus[312], et les riches étoffes de soie,
dont on faisait alors un grand usage, soit pour envelopper les reliques des
saints[313], soit pour les vêtements des
rois, des prélats et des hommes opulents[314]. Le
commerce avec l'Orient se faisait principalement par la voie de mer, et les
vaisseaux de Marseille et des ports voisins allaient directement échanger les
produits de la Gaule contre ceux de l'Asie et de l'Égypte[315]. Quelquefois aussi, mais
rarement, les marchands gallo-romains gagnaient Constantinople par la Rhétie,
Ravenne et l'Illyrie, ou bien en suivant le cours du Danube. C'était
également la direction que prenaient les négociants qui allaient trafiquer
avec les Winides et les autres peuples slaves voisins des frontières
orientales de la Germanie[316]. La Gaule faisait aussi un
commerce, dont il est bien difficile aujourd'hui d'apprécier l'importance,
avec l'Espagne[317] et même avec l'île de Bretagne,
qui était alors le grand marché aux esclaves, et où les trafiquants gaulois
portèrent toutes ces monnaies impériales et mérovingiennes que l'on retrouvé
si souvent en Angleterre[318]. Les
différentes provinces de la Gaule avaient entr'elles de nombreuses relations.
Grégoire de Tours[319] et Fortunat[320] parlent des bateaux marchands
qui sillonnaient le cours de la Moselle. Les salines de la vallée de la
Seille approvisionnaient une partie de la Gaule[321], et l'on amenait en Austrasie
les vins des provinces méridionales[322], quoique ce royaume possédât
lui-même des vignobles assez estimés. Ainsi que nous en avons déjà fait la
remarque, il y avait, comme au moyen-âge, des foires dans certaines villes,
et on leur appliquait, sans doute, les règles contenues dans la législation
impériale[323]. Quelques-uns des négociants
gallo-romains acquéraient des richesses considérables ; l'opulence de ceux de
Verdun est bien connue[324], et le roi Childebert Ier ayant
fait restituer à des commerçants qui se rendaient en Espagne les marchandises
qu'on leur avait enlevées, ils lui offrirent, comme témoignage de leur
reconnaissance, un glaive et un baudrier de la plus grande beauté[325]. Il nous reste encore, avant d'abandonner ce sujet, à dire un mot d'une particularité qui se rattache aux relations commerciales de l'Occident avec l'Orient. Nous voulons parler de l'existence de chameaux sur le sol de la Gaule. On y amène, de temps en temps, à titre de curiosités, quelques-uns de ces animaux ; mais il parait qu'autrefois on en comptait un assez grand nombre. Lorsque les généraux de Gontran poursuivirent Gundovaldus au-delà de la Garonne, ils prirent les chameaux sur lesquels ce prince avait chargé une partie de ses bagages[326]. Quand Brunehaut tomba entre les mains de Clotaire II, celui-ci ordonna de l'attacher sur un chameau et de la promener dans tout son camp[327]. Plus tard, Genesius comte de la cité des Arverni fonda un monastère de femmes, près de Clermont, dans un lieu appelé Camelaria, nom qui signifie bien certainement demeure ou écurie des chameaux[328]. Au VIIIe siècle, c'est un de ces animaux qui transporta les reliques destinées à l'abbaye de Nidermünster, située sur la croupe du mont Sainte-Odile, dans le diocèse de Strasbourg[329] ; et, au Xe siècle, nous voyons encore trois chameaux apporter aux religieuses de Bouxières-aux-Dames les présents de la reine de France[330]. |
[1]
V. Du Bos, Histoire critique, t. IV, p. 34.
[2]
V. Gallia Christiana, t. III, col. 623-631 et 812-830, t. IX, col. 527
et 861-863, t. XIII, col. 377-388, 683-705, 959-966 et 1164-1171.
[3]
V. notamment Sismondi, Histoire des Français, t. I, p. 299 ; Raynouard, Histoire
du droit municipal en France, t. II, p. 82 et suiv.
[4]
V. notre tome I, chapitre II.
[5]
V. cette pièce, dans Du Chesne, t. I, p. 849 et 850.
[6]
Grégoire de Tours cite plusieurs exemples de cette coutume. V. Hist. Franc.,
lib. IV, c. 3, lib. VI, c. 7, 38 et 46, lib. VIII, c. 20, 21 et 22, lib. IX, c.
23, etc.
[7]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. VI, n° 3.
[8]
V. Vita sancti Gaugerici, Cameracensis episcopi, n° 6, dans les
Bollandistes, au 11 août.
[9]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IV, c. 15.
[10]
V. dans Pardessus, t. I, p. 195, l'article 4 de l'edictum promulgué en
615 par Clotaire II. Cet article n'a fait que sanctionner une disposition du Code
Théodosien. V. lib. XVI, tit. II, c. 47.
[11]
V. canon 7, dans Labbe, Concilia, t. IV, col. 1781.
[12]
V. canon 3, ibid., t. V, col. 296.
[13]
V. canon 10 et 11, ibid., col. 393.
[14]
V. canon 2, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 242.
[15]
V. canon 10, dans Labbe, ibid., t. V, col. 403.
[16]
V. canon 8, ibid., col. 817.
[17]
V. canon 1, ibid., col. 1650.
[18]
V. ibid., col. 846 ; Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IV, c.
26.
[19]
V. canon 25, dans Labbe, ibid., col. 1693.
[20]
V. canon 10, ibid., t. VI, col. 389.
[21]
V. Epistolœ, lib. IV, 50 et 53, lib. VII, 115 et 116, lib. IX, 54, 57,
64 et 106.
[22]
V. le prologue, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 241.
[23]
V. Epistolœ, lib. IV, 50, 52 et 53. V. aussi notre tome II, à la fin du
chapitre VI.
[24]
V. Epistolœ, lib. IX, 57 et 106.
[25]
V. les Novelles de Justinien, CXXXI, c. 1.
[26]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 41.
[27]
V. une lettre de l'empereur Maurice à Childebert Ier, dans Du Chesne, t. I, p.
872. V. aussi la note VII, à la fin de notre tome I.
[28]
V. Hist. Franc., lib. VI, c. 46.
[29]
V. notre tome I, chapitre XXI.
[30]
V. la lettre de Mappinius, dans Du Chesne, t. I, p. 858 et 859.
[31]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 296.
[32]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 14.
[33]
V. Code Justinien, lib. I, tit. IV ; Novelles, XV et CXLII.
[34]
V. Fortunat, Carmina, lib. III, 10.
[35]
V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 10, dans Bouquet, t.
III, p. 531.
[36]
V. cette lettre, dans Du Chesne, t. I, p. 880.
[37]
V. Vita sancti Austregisili, Bituricensis episcopi, dans les
Bollandistes, au 23 mai.
[38]
V. Vita sanctœ Tygriœ, virginis, dans Bouquet, t. III, p. 466.
[39]
V. Vitœ Patrum, c. VIII, n° 3.
[40]
V. Hist. Franc., lib. VII, c. 47.
[41]
V. Vita sancti Drausii, Suessionensis episcopi, dans les Bollandistes,
au 5 mars.
[42]
V. canon 26, dans Labbe, Concilia, t. V, col. 865.
[43]
V. canon 11, ibid., t. VI, col. 389 et 390.
[44]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. XVII, n° 4.
[45]
V. Carmina, lib. III, 15.
[46]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IX, c. 12 et 23.
[47]
V. idem, Miracula sancti Martini, lib. IV, c. 9.
[48]
V. idem, ibid., c. 10 ; Vita sancti Cœsarii, Arelatensis episcopi,
lib. I, n° 24, dans Mabillon, Acta ss., sæc. I ; Fortunat, Vita
sancti Germani, episcopi urbis Parisiacæ, ibid. ; Lettre de Gogo à Pierre
évêque de Metz, dans Du Chesne, t. I, p. 863 et 864.
[49]
V. Fortunat, ibid.
[50]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. VII, n° 2.
[51]
V. idem, ibid., c. XVII, n° 4 ; v. aussi Vita sancti Metensis
episcopi, n° 7, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[52]
V. Vita sancti Arnulfi, n° 14, dans Mabillon, ibid.
[53]
Et même de certaines dispositions légales. V. Lex Ripuariorum, tit. LVIII, art. 4.
[54]
V. Marlot, Metropolis Remensis Historia, t. I, p. 270. V. aussi la note
XXVI, à la fin du présent volume.
[55]
V. le continuateur de Bertaire, Historia episcoporum Virdunensium, dans
Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 199.
[56]
C'est ce qui résulte d'un diplôme (du 22 janvier 775) par lequel Charlemagne
prend sous sa protection tous les biens de l'église de Metz. V. Histoire de
Metz, par deux bénédictins, t. III, preuves, p. 15-17.
[57]
V. dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 245 et 246, la lettre
que les Pères du concile tenu à Clermont en 535 adressèrent au roi Théodebert
Ier.
[58]
V. Vita sancti Eligii, auctore Audano, lib. I, c. 15, dans D'Achéry, Spicilegium,
édit. in-f°, t. II, p. 83.
[59]
V. Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 11.
[60]
V. Formulœ, lib. I, n° 3.
[61]
V. Flodoard, ibid., lib. I, c. 14 ; Gallia Christiana, t. IX,
col. 508-510.
[62]
V. la note VII, à la fin du premier volume.
[63]
V. Hontheim, Prodromus Historiœ Trevirensis, t. I, p. 136 et 137 ;
Schœpflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 346 ; Grandidier, Histoire de
l'église de Strasbourg, t. I, p. 170 et 171.
[64]
V. Grégoire de Tours, De gloria Confessorum, c. 93 ; Vitœ Patrum,
c. IX, n° 1 ; Lettre de Gogo à Pierre évêque de Metz, dans Du Chesne, t. I, p.
863 et 864.
[65]
C'est le géographe Samson (Remarques sur la carte de l'ancienne Gaule,
in-4°, 1652, p. 10) qui a le premier prétendu que les pagi avaient formé la
base de la division des diocèses en archidiaconés. Cette opinion, adoptée par
Valois (Notitia Galliarum, prœf., p. XII) et par M. Guérard (Polyptique
d'Irminon, t. I, prolég., p. 42), a été récemment combattue, mais avec peu
de succès, au moins pour les temps les plus anciens.
[66]
V. lib. XVI, tit. II,
c. 41 et 42.
[67]
V. Code Justinien, lib. I, tit. III, c. 1.
[68]
V. Novelles, LXXIII,
c. 1.
[69]
V. ibid., CXXIII,
c. 21.
[70]
V. canon 10, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 386.
[71]
V. canon 4, ibid., p. 471.
[72]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. X, c. 26.
[73]
V. idem, ibid., lib. VIII, c. 21.
[74]
V. ibid., lib. IX, c. 12 et 23.
[75]
V. cette lettre, dans Du Chesne, t. I, p. 863 et 864.
[76]
V. ce testament, dans Pardessus, t. I, p. 82.
[77]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 5 ; De gloria Martyrum,
c. 54 et 90 ; Miracula sancti Juliani, c. 15 et 22 ; De gloria
Confessorum, c. 5 et 30 ; Vitœ Patrum, c. IX, n° 3.
[78]
V. le canon 15 du concile tenu à Clermont en 535, dans Sirmond, Concilia
antiqua Galliœ, t. I, p. 244.
[79]
V. Vita sancti Leobini, Carnotensis episcopi, n° 17, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[80]
V. De gloria Confessorum, c. 106.
[81]
V. Vita sanctœ Consortiœ, virginis, dans Mabillon, ibid.
[82]
V. Vita sancti Galli, abbatis, n° 17, ibid., sac. II.
[83]
V. Hist. Franc., lib. IX, c. 9.
[84]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. V, n° 1.
[85]
V. une lettre de Rufus évêque d'Octodurum à saint Nicetius, dans Du
Chesne, t. I, p. 863.
[86]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, n° 7 ; Vitœ Patrum, c. XV.
[87]
V. ibid.
[88]
V. Hist. Franc., lib. V, c. 12.
[89]
V. Code Théodosien, lib. IX, tit. XIV, lib. XII, tit. I, c. 50 et 63.
[90]
V. Lex Salica, tit. XXVI, art. 2 ; Marculf, Formulœ, lib. I, n° 19.
[91]
V. canon 4, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 179.
[92]
V. Marculf, ibid. On lit dans la formule in puletico, d'où vient
notre mot pouillé.
[93]
V. le canon 8 du concile d'Orléans (511), dans Sirmond, ibid., t. I, p.
180.
[94]
V. lib. V, 53, lib. IX, 11, lib. XI, 69.
[95]
V. Miracula sancti Martini, lib. III, c. 38.
[96]
V. Recherches historiques sur les Sorts appelés communément par les Payens
sortes Homericæ, sortes Virgilianæ, etc., et sur ceux qui parmi les
Chrétiens ont été connus sous le nom de sortes Sanctorum, par l'abbé du
Resnel, dans les Mém. de l'académie des inscriptions, 1re série, t. XIX,
p. 287-310.
[97]
V. Hist. Franc., lib. II, c. 57, lib. IV, c. 16, lib. V, c. 44. V. aussi
Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 10, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. III, part. I.
[98]
V. le canon 42 du concile d'Agde (506), dans Sirmond, Concilia antiqua
Galliœ, t. I, p. 169, et le canon 30 du concile d'Orléans (511), ibid.,
p. 183.
[99]
V. le 3e capitulaire de l'année 789, c. 4, dans Baluze, t. I, col. 243.
[100]
V. Gesta episcoporum Metensium, dans Calmet, Hist. de Lorr., 1re
édit., t. I, preuv., col. 55.
[101]
V. Fragmentum vitœ sancti Waningi, confessoris, n° 1, 5 et 6, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[102]
V. Vita et passio sancti Placidi, martyris, n° 12, ibid., sæc. I.
[103]
V. tit. XXX,
art. 2.
[104]
V. notamment Code Justinien, lib. I, tit. XII.
[105]
V. le canon 1, dans Sirmond, ibid., t. I, p. 178.
[106]
V. ibid. ; Marculf, Formulœ, lib. II, n° 16. Il est vrai que
Childebert Ier, roi d'Austrasie, enjoignit plus tard aux évêques de livrer les
ravisseurs qui se seraient réfugiés dans les églises. V. le decretum de
ce prince, art. 4, dans Pardessus, t. I, p. 172.
[107]
V. le canon 1 du concile d'Orléans cité plus haut. — Quod si sunt ecclesiœ,
lit-on dans une decretio déjà citée de Clotaire II, quibus stria
clausa non sunt, ab utrasque (sic) partibus parietum terrœ spacium
aripennis pro atrio observetur. V. l'art. 6 de cette decretio, dans
Pardessus, t. I, p. 170.
[108]
V. Hist. Franc., lib. IX, c. 8 et 12.
[109]
V. Gesta Dagoberti regis, n° 54, dans Du Chesne, t. I, p. 756.
[110]
V. Frédégaire, Chronic., c. 83.
[111]
V. le second testament de saint Remi, dans Pardessus, t. I, p. 85.
[112]
V. Annales Metenses, à l'année 716.
[113]
V. la note XXVII, à la fin du présent volume.
[114]
V. Vitœ Patrum, c. XVII, le 5.
[115]
V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Niviatensis, c. 5, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[116]
V. Vita et passio sancti Placidi, martyris, n° 10 et 12, ibid.,
sæc. I.
[117]
V. Procope, Guerre des Goths, liv. I, c. 25.
[118]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. VIII, c. 15.
[119]
V. De gloria Confessorum, c. 2.
[120]
V. Vita sancti Rigomeri, confessoris, et sanctœ Tenestinœ, virginis,
dans les Bollandistes, au 24 août.
[121]
V. Vita sancti Remacli, episcopi Trajecti-ad-Mosam, dans le même
recueil, au 3 septembre.
[122]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. VI, n° 2. V. aussi Vita sancti
Vedasti, Atrebatensis episcopi, dans les Bollandistes, au 6 février.
[123]
V. Vita sancti Lupi, Senonensis episcopi, c. 3, dans le même recueil, au
1er septembre.
[124]
V. Vita sancti Eligii, Noviontonsis episcopi, lib. II, c. 8, dans le Spicilegium
de D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 93 ; Vita sancti episcopi Morinorum,
dans Bouquet, t. III, p. 640.
[125]
V. Epistolœ, lib. V, 58, lib. VII, 5.
[126]
V. notamment ce dernier, lib. I, tit. XI.
[127]
V. cette constitutio, dans Pardessus, t. I, p. 112 et 113.
[128]
V. tit. XXXVI,
art. 5-9.
[129]
V. tit. XII, XIII, art. 1 et 2, XIV et XXI.
[130]
V. lib. I, c. IV, art. 1-5, VIII, IX et XI, lib. III, c. XIV, art. 1-3.
[131]
V. Hist. Franc., lib. V, c. 14, lib. VII, c. 44, lib. IX, c. 6 et ; Miracula
sancti Martini, lib. I, c. 26 et 27, lib. IV, c. 36.
[132]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 45.
[133]
V. Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 278 et 284-286.
[134]
V. Sirmond, ibid., p. 193 ; Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ,
lib. I, c. 16.
[135]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. I, prol.
[136]
V. Vita sancti Fridolini, abbatis, lib. I, n° 15, dans les Bollandistes,
au 6 mars.
[137]
V. la lettre de saint Nicetius, dans Du Chesne, t. I, p. 853-855.
[138]
V. Hist. Franc., lib. X, c. 13.
[139]
V. Vita sanctœ Salaborgœ, abbatissœ Laudunensis, n° 2 et 7, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. II. V. aussi les canons 16 et 17 d'un concile
d'Arles dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 105.
[140]
V. Epistolœ, lib. VII, 5.
[141]
V. Marlot, Metropolis Remensis Historia, t. I, p. 196.
[142]
V. Grégoire de Tours, Miracula sancti Juliani, c. 32 ; Flodoard, Historia
Remensis ecclesiœ, lib. I, c. 23.
[143]
V. dans Du Chesne, t. I, p. 882, 865 et 866, des lettres adressées à saint
Nicetius. V. aussi Fortunat, Carmina, lib. X, 9.
[144]
V. Vitœ Patrum, c. XVII. V. la note XXVIII, à la fin du volume.
[145]
V. Fortunat, Carmina, lib. III, 11.
[146]
V. Sidoine Apollinaire, Epistolœ, lib. II, 10. Il est vrai que
l'Hespérius auquel cette lettre est adressée était sur le point de prendre
femme ; mais il était très-jeune alors, et rien ne s'oppose à ce que l'évêque
de Metz ait été marié avant d'occuper le siège de cette ville, comme le furent
plusieurs prélats de la même époque. V. aussi Histoire de Metz, par deux
bénédictins, t. I, p. 253.
[147]
V. Carmina, lib, III, 12, 13, 14, 15 et 16 ; Hist. de Metz, t. I,
p. 301-303.
[148]
V. la note XXIX, à la fin du volume.
[149]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IX, c. 8 et 12.
[150]
V. Carmina, lib. III, 27 et 28.
[151]
V. ibid., lib. II, 12 et 13, lib. IX, 9.
[152]
V. ibid., lib. III, 17.
[153]
V. De gloria Martyrum, c. 64.
[154]
V. ibid., c. 63.
[155]
V. Vitœ Patrum, c. VIII, n° 10.
[156]
V. ibid., c. VI, n° 2.
[157]
V. sa lettre, rapportée par Héric, Gesta episcoporum Antissioslorensium,
part. I, c. 19, dans Labbe, Bibliotheca manuscriptorum, t. I, p. 420.
[158]
V. Fortunat, Carmina, lib. VI, 3.
[159]
V. ibid., lib. II, 15.
[160]
V. Vita sancti Mauri, abbatis, dans les Bollandistes, au 15 janvier.
[161]
V. ce testament, dans Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. I, c.
18, ou dans Pardessus, t. I, p. 84 et suiv.
[162]
V. le canon 5, dans Sirmond, Concilia antique Galliœ, t. I, p. 179.
[163]
V. Fortunat, Carmina, lib. III, 17.
[164]
Sancti Aurei. V. Grégoire de Tours, De gloria Martyrum, c. 62.
[165]
V. Fortunat, Carmina, lib. II, 13 et 15, lib. IX, 9.
[166]
V. idem, ibid., lib. III, 9.
[167]
V. la lettre de Gogo à Pierre évêque de Met, dans Du Chesne, t. p. 863 et 861.
[168]
V. Fortunat, ibid., lib. III, 12.
[169]
V. la lettre de Gogo citée plus haut.
[170]
V. Fortunat, ibid., lib. III, 27.
[171]
V. notamment Hist. Franc., lib. V, c. 46, lib. VII, c. 10 ; De gloria
Martyrum, c. C ; De gloria Confessorum, c. 60 et 84 ; Vitœ Patrum, c. n° 4.
[172]
V. De gloria Martyrum, c. 52.
[173]
V. De gloria Confessorum, c. 72.
[174]
V. lib. V, c. 2.
[175]
V. Cours d'antiquités monumentales, par M. de Caumont, t. IV, passim.
[176]
V. Marlot, Metropolis Remensis Historia, t. I, p. 69.
[177]
Cependant, l'hagiographe fait observer que ce n'était plus l'usage dans la
Gaule. V. Vita sancti Desiderii, Cadarcensis episcopi, c. 17, dans
Bouquet, t. III, p. 551.
[178]
V. Bède, Ecclesiastica Historia gentis Anglorum, lib. V, c. 21.
[179]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. VIII, c. 40.
[180]
Carmina, lib. III, 17.
[181]
V. Vita sancti Droctovei, abbatis, n° 10, dans Mabillon, Acta ss.,
sæc I ; Fortunat, Carmina, lib. II, 11.
[182]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c.
46 ; De gloria Martyrum, c. 65.
[183]
V. Hist. Franc., lib. VII, c. 10.
[184]
V. De gloria Martyrum, c. 13, 47 et 103 ; De gloria Confessorum,
c. 55 ; Vitœ Patrum, c. XII, n° 5.
[185]
V. Vita sancti Droctovei, n° 10, dans Mabillon, ibid.
[186]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IX, c. 12.
[187]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 158.
[188]
V. De gloria Confessorum, c. 60.
[189]
V. Vitœ Patrum, c. VII, n° 4.
[190]
V. Hist. Franc., lib. VII, c. 10.
[191]
V. Vita sancti Medardi, Noviomensis episcopi, auctore Radbodo, c. 5,
dans les Bollandistes, au 8 juin.
[192]
V. Vita sancti Droctovei, abbatis, n° 10, dans Mabillon, Acta ss.,
sæc. I.
[193]
V. Fortunat, Carmina, lib. III, 10.
[194]
V. Vita et passio sancti Placidi, martyris, n° 56, dans Mabillon, ibid.
[195]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 46.
[196]
V. Vita sancti Droctovei, n° 10.
[197]
V. Grégoire de Tours, ibid., et De gloria Martyrum, c. 62.
[198]
V. Vita sancti Droctovei, n° 10.
[199]
V. Hist. Franc., lib. VII, c. 22.
[200]
V. Grégoire de Tours, De gloria Martyrum, c. 22 et 23 ; Vitœ Patrum,
c. XII, n° 2.
[201]
V. Inscriptions chrétiennes de la Gaule, par M. le Blant, t. I, p. 487.
[202]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. VII, c. 29.
[203]
V. De gloria Martyrum, c. 59.
[204]
V. Journal de la société d'archéologie lorraine, année 1852, p. 30 et
31, planche III, n° 21.
[205]
V. Grégoire de Tours, ibid., c. 69 ; Miracula sancti Juliani, c.
47.
[206]
V. Cours d'antiquités monumentales, par M. de Caumont, t. IV, p. 53-55,
77 et suiv.
[207]
V. Vita sancti Droctovei, n° 10.
[208]
V. Vita sancti Mauri, abbatis, dans les Bollandistes, au 15 janvier.
[209]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. III, c. 15 ; Miracula sancti
Juliani, c. 27 ; Vita sancti Lupi, Senonensis episcopi, dans les
Bollandistes, au 1er septembre ; Vita sancti Ebrulfi, abbatis Uticensis,
n° 14, dans Mabillon, Acta ss., sæc. I ; Translationes et miracula
sancti Joannis, abbatis Reomaensis, n° 5, ibid.
[210]
V. Carmina, lib. II, 12.
[211]
V. ibid., lib. III, 27.
[212]
V. Cours d'antiquités monumentales, par M. de Caumont, t. IV, p. 64-73,
et planches XLIV bis et XLV. V. aussi Hist. de Metz, t. I, p. 350
et 351.
[213]
V. Miracula sancti Martini, lib. I, c. 2.
[214]
V. Grandidier, Hist. de l'église de Strasbourg, t. I, p. 158.
[215]
V. Vitœ Patrum, c. XVII, n° 4.
[216]
V. Marlot, Metropolis Remensis Historia, t. I, p. 130 et 143.
[217]
V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les Bollandistes, au 4
janvier ; Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. I, c. 12.
[218]
V. Grégoire de Tours, Miracula sancti Martini, lib. II, c. 23.
[219]
V. idem, De gloria Confessorum, c. 59.
[220]
V. idem, Vitœ Patrum, c. IV, n° 2.
[221]
V. idem, Hist. Franc., lib. VI, c. 41 ; v. aussi lib. V, c. 2.
[222]
V. Carmina, lib. X, 12.
[223]
V. ibid., lib. III, 10.
[224]
V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les Bollandistes, au 4
janvier. V. aussi Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. V, c. 46.
[225]
V. Vita sancti Mauri, abbatis, dans les Bollandistes, au 15 janvier.
[226]
V. la lettre de Gogo à Pierre évêque de Metz, dans Du Chesne, t. I, p. 863 et
864.
[227]
V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 11, dans Bouquet, t.
III, p. 531.
[228]
V. Carmina, lib. II, 9.
[229]
V. Vita sancti Mauri, dans les Bollandistes, au 15 janvier.
[230]
V. Hist. Franc., lib. II, c. 33.
[231]
V. Vita sancti Eligii, auctore Audoëno, lib. II, c. 33, dans le Spicilegium
de D'Achéry, édit, in-f°, t. II, p. 111.
[232]
V. une lettre de Rufus évêque d'Octodurum (Sion) à saint Nicetius, dans
Du Chesne, t. I, p. 863.
[233]
V. divers textes cités plus haut, et Vitœ Patrum, c. VII, n° 4. V. aussi
Vita sancti Eligii, lib. I, c. 16, dans D'Achéry, ibid., p. 83.
[234]
V. Cours d'antiquités monumentales, par M. de Caumont, t. IV, p. 99 et
100.
[235]
V., sur ce sujet, d'excellentes considérations de M. V. Simon, dans les Mém.
de l'académie de Metz, année 1850-51, p. 148.
[236]
V. Le tombeau de Childéric Ier, par M. l'abbé Cochet, p. 29, 66 et 216.
[237]
V. Mac-Pherson, Antiquities of Kertch and researches in the Cimmerian
Bosphorus, p. 89, et planche V.
[238]
V. Hist. Franc., lib. IX, c. 28.
[239]
V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 14, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[240]
Cette magnifique plaque est entrée dans la collection de M. Bretagne, directeur
des contributions directes à Nancy.
[241]
C'est-à-dire Thorismundus. V. Frédégaire, Chronic., c. 73.
[242]
V. Héric, Gesta episcoporum Autissiodorensium, part. I, c. 20, dans
Labbe, Bibliotheca manuscriptorum, t. I, p. 425.
[243]
V. Carmina, lib. III, 15.
[244]
V. Journal des savants, année 1858, p. 601.
[245]
V. Sidoine Apollinaire, Epistolœ, lib. IX, 7.
[246]
V. Epistola ad Parthenium, dans la Maxima bibliotheca veterum Patrum,
t. X, p. 142.
[247]
V. Hist. Franc., lib. VI, c. 9.
[248]
V. ibid., c. 6.
[249]
V. Miracula sancti Martini, lib. I, c. 1.
[250]
V. Hist. Franc., lib. II, c. 31.
[251]
V. Vitœ Patrum, c. VIII, n° 12.
[252]
V. De gloria Martyrum, c. 64.
[253]
V. cette vie, dans les Bollandistes, au 25 avril.
[254]
Antimundus composa aussi l'office de saint Epvre. V. Mabillon, Annales
Benedictini, lib. VI, n° 78.
[255]
V. cette vie, dans les Bollandistes, au 6 février.
[256]
V. Histoire littéraire de la France, t. III, p. 415.
[257]
V. Vita sancti Severi, abbatis Agathensis, n° 7, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[258]
V. Fortunat, Carmina, lib. III, 20, lib. VI, 8.
[259]
V. Sidoine Apollinaire, Panegyricus Avili Augusti, vers 495 et suiv.
[260]
V. Carmina, lib. VI, 2.
[261]
V. Hist. Franc., lib. I, prol. ; De gloria Confessorum, præf.
[262]
V. Vita et passio sancti Placidi, martyris, prol., dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[263]
V. Miracula sancti Martini, lib. II, c. 1.
[264]
V. Vitœ Patrum, c. XX, n° 2.
[265]
V. Hist. Franc., lib. VII, c. 1, et passim.
[266]
V. Grégoire de Tours, De gloria Martyrum, c. 64.
[267]
V. idem, ibid., c. 9 ; Miracula sancti Martini, lib. I, c. 7.
[268]
V. idem, Hist. Franc., lib, X, c. 26 ; lettre de saint Remi à l'évêque
Fulco, dans Du Chesne, t. I, p. 850.
[269]
V. Vita sancti Gaugerici, Cameracensis episcopi, c. 1, dans les
Bollandistes, au 11 août.
[270]
V. Vita sancti Walarici, abbatis Leuconaensis primi, n° 3, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[271]
V. Fortunat, Vita sancti Germani, episcopi urbis Parisiacœ, ibid., sæc.
I.
[272]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. IX, n° 2.
[273]
V. Vita sancti Launomari, abbatis Curbionensis, n° 3 et 4, ibid.
[274]
V. Vitœ Patrum, c. IX, n° 1.
[275]
V. ibid., c. VIII, n° 2.
[276]
V. Vita sancti Basoli, auctore Adsone Dervensi abbate, n° 15, dans
Mabillon, ibid., sæc. II.
[277]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. III, c. 33.
[278]
V. idem, ibid., lib. IV, c. 47.
[279]
V. Vita sancti Betharii, Carnotensis episcopi, n° 3, dans les
Bollandistes, au 2 août.
[280]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. VII, n° 1.
[281]
V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 1, dans Bouquet, t.
III, p. 527.
[282]
V. Grégoire de Tours, Vita Patrum, c. VIII, n° 1.
[283]
V. idem, ibid., c. XVII, n° 1.
[284]
V. idem, Hist. Franc., lib. V, c. 37.
[285]
V. idem, Vitœ Patrum, c. IV, n° 1.
[286]
V. idem, ibid., c. III, n° 1.
[287]
V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 2, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[288]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. VI, c. 37.
[289]
V. ibid., lib. VIII, c. 21 ; De gloria Confessorum, c. 79.
[290]
V. Miracula et translatio sancti Martini, abbatis Vertavensis, n° 2,
dans Mabillon, Acta ss., sæc. I.
[291]
V. Hist. Franc., lib. V, c. 22.
[292]
V. ibid., c. 37.
[293]
V. De gloria Martyrum, c. 19.
[294]
V. ibid., c. 21.
[295]
V. Novelles, XL.
[296]
V. De gloria Martyrum, c. 14.
[297]
V. ibid., c. 6.
[298]
V. ibid., c. 102.
[299]
V. Grégoire de Tours, Vitœ Patrum, c. VIII, n° 6.
[300]
V. idem., Hist. Franc., lib. IX, c. 40 ; De gloria Martyrum, c.
5.
[301]
V. idem, De gloria Martyrum, c. 5.
[302]
V. idem, Hist. Franc., lib. X, c. 1 ; De gloria Martyrum, c. 83.
[303]
V. De gloria Martyrum, c. 32.
[304]
V. Chronicon Saxonicum, à l'année 883 ; Guillaume de Malmesbury, De
gestis regum Anglorum, p. 44.
[305]
V. Miracula sancti Juliani, c. 33.
[306]
V. la lettre de saint Nicetius, métropolitain de Trèves, à l'empereur
Justinien, dans Du Chesne, t. I, p. 852 et 855.
[307]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. X, c. 24.
[308]
V. Miracula sancti Martini, lib. I, c. 13-16, lib. III, c. 8 et 21 ; Prosa
de sancto Martino, dans l'édition de Ruinart, col. 1140 et 1141.
[309]
V. Vita sanctœ Genovefœ, virginis, c. 6, dans les Bollandistes, au 3
janvier.
[310]
V. Grégoire de Tours, De gloria Martyrum, c. 78.
[311]
V. idem, Hist. Franc., lib. III, c. 36.
[312]
On conserve encore dans les archives et les bibliothèques nombre d'actes et de
diplômes écrits sur papyrus, pendant la période mérovingienne ; d'où il résulte
que l'on continuait à importer cette matière dans les diverses contrées de
l'Occident. V. Marini, I papiri diplomatici.
[313]
V. notamment Vita sancti Ebrulfi, abbatis Bellovacensis, n° 11, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. I.
[314]
Nous en avons donné plus d'une preuve dans le cours de cet ouvrage. V. aussi
Journal de la société d'archéologie lorraine, année 1884, p. 83 et suiv.
[315]
V. Grégoire de Tours, passim, et notamment De gloria Martyrum, c. 78.
[316]
V. Frédégaire, Chronicon., c. 48.
[317]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. X, c. 20.
[318]
V. Revue numismatique, année 1847, p. 18-21.
[319]
V. Miracula sancti Martini, lib. IV, c. 29.
[320]
V. Carmina, lib. III, 10.
[321]
V. Grégoire de Tours, ibid.
[322]
V. une lettre de saint Paul, évêque de Verdun, à saint Desiderius, évêque de
Cahors, dans Du Chesne, t. I, p. 885.
[323]
V. Pandectes, lib. L, tit. XI.
[324]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. III, c. 34.
[325]
V. idem, ibid., lib. X, c. 20.
[326]
V. idem, ibid., lib. VII, c. 35.
[327]
V. Frédégaire, Chronicon, c. 42.
[328]
V. Vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, n° 3, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[329]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 364.
[330]
V. la cinquième leçon de matines dans le livret intitulé : Officium sancti
Gauzelini, Tullensis episcopi ; Metz, P. Collignon, 1692.