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ESQUISSE GÉOGRAPHIQUE. On
s’est accoutumé depuis plus d’un demi-siècle à faire reposer toutes les
explications historiques sur les données de la géographie. La vie et la
physionomie d’un peuple sont en effet presque toujours conditionnées par la
nature du pays où il a vécu, où il s’est développé. Or nulle part plus qu’en
Corse la solidarité de ces deux sciences, presque toujours inséparables,
n’est plus étroite. Elle frappe tellement l’esprit que nous croirions bâtir
dans le vide, si nous entreprenions le récit des vicissitudes de la
civilisation corse avant d’esquisser, à grands traits, les particularités
géographiques de cette île. Il convient avant tout de signaler la
personnalité de la Corse. Placée au centre du bassin de la Méditerranée
occidentale, qui fut le théâtre des événements historiques depuis le Xe
siècle avant jusqu’au XVe siècle après Jésus-Christ, elle n’est pas, comme
pourrait le faire supposer le voisinage, une terre italienne. La carte
bathymétrique nous montre en effet qu'elle est séparée de la Ligurie par des abîmes
atteignant jusqu'à 3.000 mètres ; le fond de 200 mètres que les océanographes
indiquaient entre le cap Corse, l’île de Capraja et Livourne est simplement
une erreur. Pour les géologues elle n'a jamais fait partie du continent
italien actuel, dont la formation par plissement et charriage est
relativement récente ; à une époque antérieure, elle était rattachée à la
région provençale et alpine par un isthme étroit dont l’effondrement n'a pas
supprimé toute analogie entre l’Estérel et les Alpes d'une part, la Balagne
et le cap Corse de l'autre. Quant aux zoologistes et aux botanistes, ils nous
disent que la faune et la flore ont plus d’affinités avec celles des
Pyrénées, de la France et de l’Afrique du Nord qu’avec celles de la Toscane[1]. Nous nous garderons donc de
commettre une hérésie géographique en faisant de la Corse un morceau de
l’Italie. Bien au contraire notre île existait avant la péninsule voisine, et
celle-ci était encore partiellement recouverte par les flots, alors que la
patrie corse dressait fièrement ses hauts sommets sous le ciel méditerranéen. Regardez
maintenant avec attention une carte de la Corse, géologique, topographique ou
même hypsométrique. L’aspect en est curieux. Par sa forme extérieure, elle
fait songer à quelque récipient dont la large panse serait surmontée par un
long col rétréci qui serait le cap Corse : « flacon d’odeur, disait un
humoriste[2], dont le parfum cher à Napoléon
Ier serait distillé par le soleil avec les plantes du maquis. » Par sa
configuration interne, elle est la juxtaposition de deux régions distinctes,
l’une à l’est avec tout l’arrondissement de Bastia, le cap Corse et la bande
des marécages ; l’autre à l'ouest avec les régions de Calvi, d’Ajaccio et de
Sartène. La soudure entre les deux blocs est faite par une ligne de moindre
altitude que la teinte géologique révèle ; elle part du nord- ouest, à
l’embouchure de l'Ostriconi, et aboutit au sud-est à celle de la Solenzara,
en passant par Corte. Cette
apparence, pour une fois, n’est pas trompeuse. La Corse est bien double. Les
vallées de l’Ostriconi, du Golo, du Tavignano et de la Solenzara, qui se
suivent et se prolongent, représentent bien une zone de liaison entre deux
régions montagneuses ; à tel point que si le rivage de la Corse était
influencé par des mouvements positifs si fréquents en d’autres régions et
qu'il s’abaissât de 600 mètres, la mer séparerait deux terres, comme elle le
fit jadis au début des temps tertiaires[3]. De part et d’autre de cette
ligne se trouvent deux provinces dont le contraste est à première vue
frappant : elles n’ont ni même origine ni même constitution ; les côtes,
l’hydrographie, le climat, les habitants, la flore, tout diffère. Géologiquement,
on admet aujourd'hui que la partie sud-ouest, comme l’Estérel en France, est
un fragment très ancien et presque arasé du continent primaire qui occupa
l’emplacement de la Méditerranée : ce fut la Tyrrhénide. Le
plissement hercynien l’aurait accidentée de plis dirigés du nord-est au
sud-ouest et de cassures par lesquelles auraient jailli des éruptions de
nature visqueuse, dessinant un relief surimposé, telles que les trachytes et
les porphyres rhyolitiques. Le nord-est, au contraire, serait d’origine
marine, secondaire ou tertiaire, et de formation continentale beaucoup plus
récente ; les couches sédimentaires, plus friables, y ont subi un
métamorphisme qui a donné les schistes lustrés. Tous ces terrains plissés, de
constitution schisteuse, ont été par la suite, surtout dans le cap Corse,
traversés, par infiltration, de roches généralement vertes appelées gabbros ;
plus tard des nappes dites de charriage et contemporaines de l’Apennin se
seraient déposées sur les schistes lustrés pour en modifier et en rajeunir la
physionomie. La partie occidentale de l’île est donc un « horst » fracturé et
composé de schistes primaires, de granits et de porphyres, émergé depuis les
temps primaires : la partie orientale, c’est-à-dire le tiers de l’île
seulement, a subi l’influence de phénomènes tertiaires successifs,
infiltrations ou charriages, et elle a été recouverte, à différentes
reprises, sur ses bords par des dépôts tertiaires, éocènes et miocènes, qui
sont toujours visibles. Entre les deux, une région d'écrasement où les roches
primaires, comprimées, broyées, ont subi une transformation (métamorphisme) et sont devenues des
protogines. De
cette différence de structure et de constitution, on peut déduire celle du
relief. A gauche, se trouvent les puissants massifs cristallins, dressant
leurs pointes, leurs aiguilles, leurs arêtes, leurs dents à plus de 2.000
mètres, surtout quand les laves porphyriques et granitiques ont recouvert et
rajeuni le relief primaire, tels le Padro (2.393 mètres), la Paglia Orba (2.525 mètres), le Rotondo (2.625 mètres), le Cinto (2.710 mètres) ; ou bien les sommets arrondis
comme des dômes, usés comme les ballons des Vosges, tel le Renoso (2.357 mètres), au nom caractéristique. Il n'y
a pas, comme certaines cartes le feraient croire, d’arête dorsale de laquelle
se détacheraient les chaînes transversales qui s’éloignent vers le littoral ;
il n’y a que des points culminants, placés dans une position excentrique, qui
ont mieux résisté à l’érosion, grâce au capuchon de laves jaillies dans les
cassures. Celles-ci, orientées du sud-ouest au nord-est et creusées par les
rivières, ont accusé le relief hercynien ; elles constituent les vallées
sauvages du Kruzzini, du Fango, de San Quilico, entre lesquelles les cols
élevés, neigeux de Vizzavona, du Vergio, de Capronale sont difficilement
praticables. A
droite, au contraire, le relief est plus adouci, quoique plus récent. Les
chaînes se dirigent du nord au sud, avant de dévier vers le sud-est ; la plus
élevée, celle du San-Pétrone, n’atteint que 1.766 mètres, hauteur maxima.
L'érosion, qui a attaqué fortement les schistes luisants et tendres, en a
rabaissé l’altitude ; les pointes recouvertes de roches vertes épaisses,
comme dans le Cap, ont un peu résisté. Les éboulements sont fréquents, la
roche friable, les cols bas, larges, en forme de plateau, comme ceux de Prato
(974
mètres), de San
Stefano (339
mètres), de Teghime
(350
mètres). Ici, plus
de sables siliceux ou de blocs à la base des montagnes, mais des alluvions
argileuses et fertiles de la Castagniccia, ou magnésiennes et stériles du cap
Corse. Le relief est donc bien formé de la juxtaposition de deux Corses,
l’une montagneuse, sauvage, neigeuse au sud-ouest, l’autre d'altitude
moyenne, uniforme et plus habitable au nord-est. Comment
la côte et l’hydrographie ne subiraient-elles pas la conséquence de celte
dualité, puisque l’une et l’autre sont en grande partie le résultat de
l’érosion ? Considérons d’abord la ligne du rivage. Le contraste est
frappant. Partout où les granits et les gabbros affleurent, les promontoires
et les golfes, les caps et les baies abondent. Dans les régions, au
contraire, où les schistes contribuent à l’ossature du relief, le littoral
est plat, sablonneux, et, par suite des apports fluviaux, marécageux. Déchiqueté
à l’ouest, rectiligne à l’est, ce littoral est sans doute en rapport avec
l’effondrement de la Corse occidentale et au relèvement de la Corse
orientale, mais surtout avec la nature des terrains et la tectonique du
relief. Au contact des vallées S. W.-N. E. avec la mer, celle-ci a découpé
les golfes si beaux et si profonds de Porto, de Sagone, d’Ajaccio, de Valinco
; ils dessinent une dentelle de lobes, au fond desquels les meilleurs ports
trouveraient place, ainsi que dans les multiples « lias » qui leur succèdent.
Mais, à l’est, la direction longitudinale des plis et le mouvement négatif du
rivage ont occasionné l'alluvionnement tertiaire et quaternaire qui va
s'accentuant à mesure que l’érosion est rendue plus facile par le
déboisement. La côte est devenue malsaine, bordée de lagunes, de cordons
littoraux, après avoir attiré les navigateurs de l’antiquité. De sorte que,
de nos jours, à côté d’une Provence hospitalière à l’ouest, la Corse présente
un Languedoc hostile à l’est. Même
observation pour l'hydrographie, qui a dû s’adapter à deux domaines
différents. Si l'on fait exception pour la région du cap Corse où les cours
d’eau parallèles forment autant de vallées humaines, courtes, sans issue,
mais terminées par des marines fréquentées, il y a en Corse deux réseaux tout
à fait distincts. L’un aboutit à la Méditerranée occidentale ; il ne comprend
que des torrents enfermés dans des gorges pittoresques, aux parois abruptes
et de direction semblable, conduisant à des passages trop élevés pour être
bien praticables, avant que la science moderne des ingénieurs ait vaincu la
nature ; leurs eaux ravinent des sols granitiques, durs et productifs
d’arène, de manière que les plages littorales, du reste combattues par
l’affaissement probable du rivage, sont de faible importance. L’autre réseau,
au contraire, tributaire de la mer’ Tyrrhénienne, est plus abondant, plus
long, plus original. Ses principaux fleuves, Golo, Tavignano, Fiume-Orbo, ont
un cours plus compliqué, nous pourrions dire plus civilisateur. Au lieu
d’être confinés, en effet, dans une seule vallée, ils franchissent les plis,
passent de l’un à l'autre en réunissant des régions naturellement séparées.
Le Golo, descendu de la Corse granitique par une vallée supérieure S.W.-N.E.
qui continue celle de la Gravone ou du Liamone, en franchit le bord oriental
par les belles gorges de Santa Regina, puis s’oriente du sud au nord, depuis
Francardo jusqu’à Ponte-Leccia, parallèlement aux plis tertiaires ; un double
phénomène de capture lui donne alors l’Asco et le Tartagine qui le
renforcent, lui font traverser la chaîne de Tenda et, par les gorges de
Ponte-Novo, le conduisent à Casamozza. Trouée héroïque et surtout historique,
dont le sillon verra s’accomplir quelques-uns des événements décisifs pour la
nationalité corse. Le Golo, long de 90 kilomètres seulement, a cependant une
vallée faite de trois tronçons qui dessinent sur le sol de l'île la plus
belle voie de pénétration vers l’intérieur ; c’est l’une des rares jonctions
entre les deux Corses orientale et occidentale. L'observation serait la même
pour le Bevinco et le Fiume-Orbo, qui n’aboutissent à la mer qu’après un
coude brusque et la cluse pittoresque du Lancone ou de l’Inzecca. Quant au
Tavignano, il rappelle le Golo par la double direction que lui impose la
tectonique primaire et tertiaire ; seule la vallée moyenne de Francardo à
Ponte-Leccia ne se retrouve pas chez lui. Issu de la région cristalline qui
l'incline vers le nord-est, il arrive à Corte au milieu de la zone de jonction,
et il tourne brusquement au sud-est pour se diriger perpendiculairement à la
vallée supérieure et longer la direction orographique des plis à l’est. Golo
et Tavignano représentent donc, à travers le relief, les deux grandes lignes
de pénétration et de jonction des deux Corses juxtaposées dos à dos. Par
leurs vallées, on remonte jusqu’au centre de l’île, qui échapperait sans cela
à toute influence maritime. Pour l’histoire du peuple corse, ce sont
peut-être les traits les plus saillants, ceux qui expliquent l'importance
prise par la côte orientale. Mais
cette orientation des réseaux hydrographiques n’est pas la seule anomalie
qu’il faille signaler. Les rivières orientales ont un débit moyen plus élevé,
qui atteint 110 mètres cubes à la minute pour le Golo ; pour en être
convaincu, il suffit de comparer ce chiffre aux quelques mètres cubes de la
Gravone qui est réduite, en été, à un mince filet d'eau. Les fleuves de l’est
ont en outre constitué cette bande alluviale qui complète la Corse tertiaire
; l’origine, sans doute, en est liée à la friabilité des schistes luisants,
mais aussi au climat plus humide. Sans nier l’existence des trois climats
qu’y détermine l’altitude, il faut ce- pendant remarquer que des différences
climatologiques notables existent entre les arrondissements de Bastia et
d’Ajaccio. Cela ne doit pas nous étonner, puisque nous savons que les deux
mers Tyrrhénienne et Méditerranée n’ont ni la même étendue, ni la même
profondeur, ni les mêmes pressions barométriques. Les observations régulières
et annuelles auxquelles se sont livrés les services de la marine dans les
deux villes corses montrent que généralement la quantité annuelle de pluie
est supérieure à la moyenne pluviométrique de la France : 770 millimètres ;
mais elle est plus grande à Bastia, où elle atteint 855 millimètres, que dans
les environs d’Ajaccio, où 737 millimètres seulement de pluie arrosent le
sol. La différence est encore plus marquée si l’on s’en tient à la
répartition des précipitations ; il pleut pendant 94 jours de l’année dans le
sud-ouest, et pendant 78 seulement dans le nord-est. Les écarts sont
semblables entre le cap Corse et la pointe de Bonifacio. On doit donc en
conclure que le climat est plus humide, les ondées plus fortes sur la bande
orientale que sur la bande occidentale. Cette
différence tient naturellement à ce fait que les plus fréquents vents de
l’est frappent perpendiculairement les plis montagneux dirigés du nord au
sud, tandis que les courants aériens de l’ouest ne rencontrent d’obstacles
qu’après s’être enfoncés profondément dans les vallées transversales et
jusqu’à la rencontre des hauts sommets où le ruissellement sur les flancs
fait jaillir le Golo et le Tavignano. A Vizzavona, à Calacuccia, la chute
d’eau atmosphérique dépasse 1 mètre (1m,382 exactement) ; à Corte, elle s’en rapproche.
C’est là une conséquence du régime des vents qui apportent avec eux la pluie
et la déposent par condensation sur les versants des hautes montagnes ; cela
est si vrai que deux cartes hypsométrique et pluviométrique coïncideraient presque
exactement. Sur la côte orientale, les vents dominants sont ceux du nord-est,
qui provoque la pluie (77 jours par an), et du sud-est (sirocco), humide et tiède ; sur la côte occidentale,
ce sont les vents secs du sud-ouest qui l'emportent par leur fréquence. Il y
a donc dans l’ensemble du climat méditerranéen, qui est celui de la Corse
plus encore que celui de la Provence, deux climats locaux, l'un relativement
pluvieux et de température moyenne plus élevée, à cause du sirocco ; l’autre
plus sec, plus égal et plus chaud en apparence. Un tel
contraste doit se faire sentir assez fortement sur la flore des deux contrées
et en particulier sur les productions agricoles. Les plantes, qui ont besoin
d’éléments organiques puisés dans le sol, d’humidité pour grandir, de soleil
pour mûrir leurs fruits, de moyennes de température variables avec chaque
espèce pour résister, se trouvent dans des conditions de vie dissemblables à
l’est et à l’ouest. Dans la Corse schisteuse et sédimentaire, les pluies ont
désagrégé la roche molle, riche en silicate d’alumine, c’est-à-dire
productive d’argile ou de marne ; de là viennent ces terres meubles et
fertiles qui remplissent les vallées ou que les fleuves trans- portent
jusqu’à la côte. L’agriculture, favorisée par un climat doux, y a prospéré ;
l’eau, la terre, le soleil ajoutent leurs bienfaits pour séduire les hommes
dont la concentration est d’autant plus facile que les voies de communication
s’y montrent plus nombreuses et plus commodes : cultures au-dessous de 600
mètres, forêts et bois de 600 à 1.200 mètres, pâturages au-dessus, telles
sont les trois grandes ressources des Corses orientaux. Dans la Corse
occidentale, si toutes ces conditions se rencontrent quelquefois, plus
souvent elles sont rares ; le froid sur les hauteurs est plus rigoureux, la
sécheresse plus accentuée, l’irrigation moins possible, les vallées trop
encaissées et peu ensoleillées, les sables, résultant de la désagrégation du
granit, stériles fréquemment. En dehors de quelques compartiments
privilégiés, tels que les plages de la Gravone, du Liamone ou le calcaire de
Bonifacio, la Corse primaire n’a donc qu’une population clairsemée vivant de
l'élevage en été, des cultures de la plage en hiver, habituée à la
transhumance et au déplacement. Les vignobles, les céréales, les arbres
fruitiers, sur les plaines et les coteaux tertiaires, les châtaigniers
jusqu’à 800 mètres, les oliviers jusqu'à 600, c'est-à-dire les arbres
nourriciers sur les hauteurs ; puis les forêts de pins Laricios, Valdoniello,
Aïtone, Vizzavona, Marmano, sur les peu tes des montagnes qui regardent
l’Italie ; enfin les pâturages. Des régions telles que la Castagniccia ou le
Nebbio sont de véritables oasis de verdure où s’enfouissent les villages
denses et populeux. Sur les
sols primaires des châtaigniers, à Bocognano ou à Bastelica, des oliviers en Balagne
couvrent encore les cantons les plus favorisés, mais ce sont en plus grande
abondance les chênes-lièges qui conviennent à des terrains soit pauvres, soit
granitiques, les agrumes ou les palmiers que l’égalité du climat favorise,
les plantes à feuilles cirées, visqueuses, charnues, pointues, qui se sont
adaptées à la sécheresse et lui présentent le maximum de résistance, comme le
figuier de Barbarie ; enfin et surtout le maquis, cette lèpre embaumée qui
couvre des milliers d’hectares, maquis cher à Napoléon, dont Bergerat[4] a dit le parfum et les poètes
le charme, mais qui contraste par son dénuement avec la richesse de l’autre Corse.
Le désert de Filosorma au nord-ouest, la solitude des environs de
Porto-Vecchio au sud-est en sont bien la conséquence. Comment
pourrait-on maintenant ne pas supposer que ces deux régions, qui semblent se
bouder, malgré l’effort de jonction opéré par le plissement et qui sont
sollicitées par deux mers différentes, ont dû être habitées par deux peuples
différents, ont pu connaître une civilisation différente et conserver leur individualité
du commencement jusqu'à la fin de leur histoire. La Corse cristalline fait
face à l'Espagne, à l'Afrique, se rattache à la Sardaigne dont elle n’est
séparée que par quelques kilomètres, de là à la Sicile jusqu’à la Tunisie.
Par cette voie naturelle devaient venir des peuples du sud ou de l’ouest,
Berbères ou Ibères, qui se sont répandus à travers la Corse, depuis Bonifacio
jusqu’au nord d’Ajaccio et ont été arrêtés par la ligne des hauts sommets
neigeux. Ils se sont logés dans ce domaine, se sont adaptés au sol, à ses
produits, à son climat ; ils ont été pasteurs et le sont longtemps restés.
Mais la Corse tertiaire fait face à l’Italie ; elle tend son promontoire au
nord vers la Ligurie et par les îles d’Elbe, de Capraja, de Monte-Cristo,
elle attirait sur ses bords les peuples anciens, Ligures ou autres, qui
trouvaient dans ces contrées un sol très accueillant, des ressources variées,
un climat vivifiant ; les hommes y sont donc restés, s’y sont enrichis,
affinés, n’ont pas perdu contact avec leur pays d’origine : ils sont demeurés
des Européens. Ces
deux races sont-elles encore visibles de nos jours ? Certains
anthropologistes l’affirment et appuient leurs démonstrations sur la
conformation craniologique ou indice céphalique. Ils disent que les hommes du
Sud-Ouest ont le crâne allongé, sont dolichocéphales, que ceux du Nord-Est se
rapprochent de la brachycéphalie, c’est-à-dire ont le crâne plus large que
long. Malheureusement ces résultats, controuvés par certains, ne sont pas
rigoureusement vrais, et il est difficile d’en faire état. Le mélange des
deux races, leur fusion avec les peuples venus de la mer sont trop grands
pour que l’historien puisse dire catégoriquement : dolichocéphale au sud-
ouest, brachycéphale au nord-est, la race corse est double, comme son
habitat. Néanmoins on peut distinguer deux types ; l’un petit de taille, brun
de peau, noir de poil ; l’autre châtain clair, à nuances rousses et aux yeux
gris. Cette constatation a une valeur historique dont il faut tenir compte et
sur laquelle nous reviendrons[5]. Retenons
pour le moment qu’il y a, en Corse, géographiquement, deux régions, ou pour
mieux dire trois, qui sont le résultat d’une formation géologique distincte[6]. L’une, la troisième, est en
quelque sorte excentrique par rapport aux deux autres ; elle est appelée le
Cap Corse ; elle constitue l'apophyse étroite de la Corse sédimentaire, avec
des vallées fluviales, séparées, médiocres et parallèles, dans lesquelles les
habitants ont pris le goût du particularisme et de l'émigration. Des deux
autres, la Corse occidentale est mal peuplée, faite de roches éruptives, au
littoral abrupt et découpé, au relief très élevé et en partie glaciaire.
Quant à la troisième enfin, celle de l’est, elle est d’importance moindre
comme étendue et comme élévation, de nature schisteuse et soumise à une
érosion répétée, aux côtes plates et alluviales, mais beaucoup plus fertile
et habitée. De sorte que, biogéographiquement, c’est à la nature géologique
du terrain qu’il faudrait attacher le plus d’importance. Cette
dualité de la Corse nous apparaît comme voulue par la nature. L’homme en a
accepté les conséquences et nous les retrouverons à travers toute l’histoire.
Nous verrons les événements se juxtaposer souvent, plus souvent encore une
moitié de file vouloir subjuguer l’autre. Les anciens insulaires, frappés
eux-mêmes par leurs dissemblances ethnique et géographique, créeront ces deux
mots, qu’on retrouve à chaque pas et que l’usage a conservés, de Banda di
Fuori et Banda di Dentro, ou pour parler plus clair de l’Au-Delà des Monts (Ajaccio) et de l’En-Deçà des Monts (Bastia). Le génie centralisateur de
Napoléon Ier ne pourra pas résister à la puissance de ces deux noms,
puisqu’il laissera sa pairie conserver, comme avant, sa double division
insulaire, le département du Golo et celui du Liamone. Au
début du XIXe siècle, les deux Corses subsistaient donc. Si dans toute
l’histoire que nous allons conter les Corses ont lutté les uns contre les
autres pour ne jamais s’entendre et faire le jeu d’un maître, si
l’indépendance souvent rêvée, parfois conquise, ne se maintint jamais, si les
plus populaires d’entre les héros corses, Sambucuccio, Sampiero, Paoli, ne
réussirent pas à faire l’unité définitive de leur indomptable patrie, c’est à
la géographie qu’ils le durent ou plutôt à la nature. L’histoire nous le dira
; elle triomphera en faisant de la Corse, baignée par la mer, un pays de vie
rurale et pastorale, une terre où l’habitant a gardé son individualité, sa
fierté, son indépendance, disons le mot, son originalité, malgré toutes les
dominations, malgré tous les massacres. RÉSUMÉ Personnalité
de la Corse. —
La géographie explique en grande partie l’histoire de la Corse. La Corse
n’est pas une île italienne. Il n'y a aucune raison d'en faire une dépendance
de la péninsule voisine : ni la géologie, ni la faune, ni la flore. Elle a sa
personnalité distincte. Sa
dualité. — Sa
structure intime révèle deux régions séparées par une zone de dépression qui
s’étend depuis l'Ostriconi jusqu’à la Solenzara. Au sud-ouest, un sol
primaire formé de terrains granitiques et rajeuni par des éruptions
volcaniques anciennes ; au nord-est, une Corse tertiaire, schisteuse et
alluvionnaire, moins haute, moins sauvage. Particularités
géographiques.
— Cette distinction se retrouve dans la forme des rivages, plat et sablonneux
à l’est, escarpé et rocheux à l’ouest, dans le climat plus humide et plus
variable à droite, plus sec et plus doux à gauche, dans l’hydrographie, dans
la flore même. Le
peuplement est double.
— À chacune de ces deux régions a été réservée sans doute une population
différente ; au sud-ouest elle doit être venue de Sardaigne et d’Afrique, au
nord-est de Ligurie et d’Europe. Quelques anthropologistes distinguent deux
types indigènes. De sorte que la géographie a créé deux régions historiques :
l'En-Deçà des Monts et l’Au-Delà des Monts, dont l’unité n’a jamais pu être
faite. La Corse a donc un caractère de dualité bien marqué. LECTURES 1° LE MAQUIS
Le
maquis, c’est la végétation naturelle de la terre inculte, son vêtement
souple et parfumé. Napoléon, qu’il faut toujours citer quand on parle de la
Corse, disait à Sainte-Hélène : « Tout y est meilleur. Il n’est pas jusqu’à
l’odeur du sol même : elle m’eût suffi pour le deviner, les yeux fermés ; je
ne l’ai retrouvée nulle part. » La phrase exprime une vérité, comme tant
d’autres phrases de poète. Rappelez-vous le parfum des buis et des romarins
coupés, qui flotte autour du parvis des églises, le dimanche des Rameaux.
Là-bas, il emplit les vallées, il se lève tout le jour, toute la nuit et
foule l’année sur les pentes des montagnes. Quand il est jeune, c’est-à-dire
d’une sève ou de deux, le maquis ressemble à la lande. Il a, comme elle, des
clairières par milliers, et de l'herbe, et de l'air entre ses touffes. Le
vieux maquis ne ressemble qu’à lui-même. Il est fait de deux éléments et de
deux étages, d’arbustes faiseurs d’ombres et de fleurs protégées. La
plupart des arbustes ne perdent pas leurs feuilles, et n’ont peur ni du vent,
ni du chaud. Ils vivent enchevêtrés, serrés, luttant pour amener chacun, à la
lumière, son balai, sa gerbe, ou sa tête ronde. Ils se nomment : olivier
sauvage, myrte, chêne vert, arbousier, lentisque, bruyère, genévrier, romarin
et laurier. En dessous fleurissent, selon les saisons, la jacinthe et les
campanules, la sauge, le thym, le cyclamen rose, la lavande, les orchidées,
d’innombrables crucifères, qui mêlent le goût de leur miel au parfum résineux
et constant des grands végétaux surchauffés. Tout a des griffes dans le
maquis. On peut s'y glisser en se courbant, mais s’en aller debout, la
poitrine tendue, comme dans nos bois, faisant plier les branches, il n’y faut
pas songer. Des montagnes entières sont vêtues de maquis ; il couvrirait la
moitié de l’ile, et les forêts couvriraient l’autre, si les bergers
incendiaires ne le détruisaient, pour que, de sa cendre, il naisse un peu
d’herbe. Vu de haut, et par larges nappes, il est doux pour les yeux, plus
égal que le taillis, presque autant qu’une moisson d’avoine ou de seigle, et
sa verdure foncée, durable et nuancée, se plie jusqu'à l'horizon à tout
caprice du sol. Sur les lisières, c’est, en tout temps, une folie de fleurs maîtresses
de l’espace. EL quand on entre ! Je suis entré plus d’une fois dans le maquis
pour surprendre son silence et sa vie. Il est dix heures du matin. Le vent
siffle aux pointes des épines et des roches. Il n'y a pas une maison en vue,
pas un passant. Je grimpe sur la pente très raide, et difficilement plié en
deux, je passe entre deux arbousiers, puis au milieu d'une gerbe de
laurier-thym ; j’évite les chênes-verts, écrasés contre la montagne et dont
les racines retiennent vingt pierres d’éboulis, et quand j’ai fait une
trentaine de mètres en rampant, je découvre une caverne verte, un tout petit
pré incliné, de quoi s’étendre, au-dessus duquel les branches se rejoignent.
C’est un enchantement. Une fraîcheur coule sous la voûte du maquis ; une
brume fine gonfle les mousses et mouille les racines des arbustes, dont
toutes les pointes sont chaudes de soleil ; il ne tombe sur l'herbe que de
menues étoiles de jour ; le silence est prodigieux ; je n'entends ni la mer,
ni le vent, et les hommes sont loin. Aucun repos n'est comparable à celui-là.
On est dans la vague d’encens que le vent n’a pas encore touchée et qu’on
respire le premier. Les insectes ne chantent pas. J'aperçois un merle noir
qui, de perchoir en perchoir, le cou tendu, coule dans l'épaisseur du maquis.
Je reste jusqu’à ce que tout mon sang ait bu celte fraîcheur et ce calme. Et
je pense qu’au dehors, à deux mètres au-dessus de moi, c’est la lumière
ardente, la vie, que le vent charrie toujours, même dans les solitudes, une
de ces matinées limpides que les bergers de Corse, parfois, appellent d'un si
beau nom qui eût ravi Racine, una mattinata latina. Quelle
que soit la saison, allez voir le maquis ; celui qui aura rêvé une heure dans
le maquis aimera la Corse à tout jamais. René Bazin. [Les Quatre Beautés de la Corse.] 2° LE CHARME DE LA CORSE
La
Corse est une île à laquelle on distribue des épithètes et des places. Ni les
unes ni les autres ne peuvent la faire vivre. Et ce sont peut-être les places
qui lui profitent le moins, car la provende divise les hommes ; elle diminue
leur fierté, elle les dissémine à travers le continent. Les non-pourvus, ceux
qui n'ont pu être ni douaniers, ni gendarmes, ni buralistes, ni gardiens de
prison, ceux encore qui n’ont rien demandé, — il y en a, — habitent quelques
petites villes et beaucoup de petits villages. La campagne est à peu près
inculte ; la moisson ne compte pas : de quoi vivent-ils ? C’est leur secret.
Je les ai vus cueillir l'olive et la châtaigne, ils restent maigres ; ils
dépensent en politique un beau goût d’aventure, en querelles locales un courage
ombrageux ; ils n'aiment au fond que la Corse, que la très pauvre Corse. Je veux
les Jouer au moins pour leur amour. Il n’y a pas que la vie intense ; il y a
les belles îles. J’ai parcouru la Corse presque tout entière et en tout sens,
et j'ai éprouvé vingt fois le sentiment que connaissent bien ceux qui ont
voyagé ; je me suis dit : « Si j'étais né ici sur cette terre que je foule,
comme je l’aimerais ! Comme je la préférerais ardemment ! Comme je voudrais y
revenir ! » J'y suis revenu, moi qui n'ai pas vu ses montagnes et sa mer avec
des yeux d’enfant, à l'heure jeune où le paysage qu'on aperçoit de la porte
et celui qu’on découvre par la lucarne du toit font partie de notre âme et
deviennent comme un frère et comme une sœur. Et j’ai cherché depuis la raison
de cet attrait puissant, de ce pouvoir de regret qu'elle exerce sur nous... La
beauté de la Corse est faite d'éléments plus communs, elle est presque
partout présente... La Corse est belle, d’une beauté noble et durable, par
son maquis, par ses forêts et principalement par celles du centre et du sud,
par les deux extrémités de la Tortue, le cap Corse et la pointe de Bonifacio,
et par la qualité de la lumière où toute File est baignée. René Bazin. [Les Quatre Beautés de la Corse (supplément de l’Illustration,
1911).] 3° VARIÉTÉ DE LA CORSE
La
Corse est la dernière province française qui se garde encore de la vulgarité,
la seule qui soit restée fidèle à ses traditions, la seule qui ait échappé
jusqu’à ce jour aux atteintes des afficheurs, architectes, ingénieurs,
truqueurs et autres vandales autorisés. Elle est aujourd’hui ce qu'elle était
hier, ce qu’elle sera, souhaitons-le, demain. Paoli la reconnaîtrait à
l'indomptable fierté de ses enfants, comme Napoléon la reconnaissait à
l’odeur de son maquis. La Corse, département français, île méditerranéenne,
est un miracle de beauté libre, extravagante et fine. Elle est un
enchantement, un parfum, La Corse est réellement divine. Elle est divine,
parce qu’elle a conservé, en dépit des hommes, son visage d’autrefois, sa
parure éblouissante, sa jeune grâce, parce que sa prodigieuse variété
d’aspect se confond dans cette harmonie sublime qui apparaît à notre
entendement borné comme la splendeur même de l’au-delà. Étonnamment multiple,
la Corse est une. Si elle pouvait rappeler d'autres paysages, ce serait à la
Grèce qu'il conviendrait d’apparenter cette île méditerranéenne, dont la
Providence a fait pour notre joie un département français. Mais à la Grèce
avec les Pyrénées, l’Algérie, la Provence. Car la Corse est tout cela et
quelque chose encore. Henry Spont. [La Corse (Figaro
illustré de 1911).] BIBLIOGRAPHIE SOURCES
STRABON. — PLINE L’ANCIEN. — DIODORE DE SICILE. — PTOLÉMÉE. Carte
ancienne de la Corse, dressée en 1764, avec les pièves, sous le généralat de
Paoli. Carte
du service géographique de l’état-major de l’armée au 1/80.000 et 1/50.000.
Carte du service vicinal en couleurs au 1/100.000. Cartes
en couleurs du Dépôt des fortifications au 1/500.000, feuille XV (2
planches). Carte
géologique de l'État-Major au 1/320.000, feuille 33. OUVRAGES PARTICULIERS
HOLLANDE. — Géologie de la Corse (Bulletin de
l’École des Hautes Études, 1877). Dr FORSYTH MAJOR. — Die Tyrrhenis, dans
le Kosmos (Stuttgart, 1883). NENTIEN.
— Étude sur la constitution géologique de la Corse (1897). — Carte géologique de la
Corse au 1/320.000 (édition du ministère des Travaux publics, 1896). N***. —
Résumé des travaux sur la géologie de la Corse (Bulletin de
la Société des Sciences corses, 1901). BARRÉ. — Architecture du sol de la
France ; ch. VIII : la Corse (Colin, 1903). ARDOUIN-DUMAZET. — Voyage en
France ; 14e
série : la Corse
(Berger-Levrault,
1903). Dr BATTESTI. — Les Climats de la Corse
(Bulletin
de la S. des Sciences Corses, 1905). DEPRAT. — Le Relief de la Corse
(étude
analytique, Revue de Géographie, Delagrave, 1908). TERMIER. — Les problèmes de la
géographie tectonique dans la Méditerranée occidentale (Revue des
Sciences, 1911). RAVEL. — La Corse, ressources de
son sol et de son climat (Amat, 1911). E. MAURY. — Notes diverses dans le Bulletin de la carte géologique de France (1910-1913). |
[1]
Le Dr Forsyth Major, qui fut le premier à parler du continent Tyrrhénide,
disait déjà en 1882 dans un de ses écrits : « L’Espagne et l'Afrique
septentrionale sont une seule province zoo-géographique, avec laquelle la Corse
et la Sardaigne ont des relations beaucoup plus étroites qu’avec le continent
italien. » Citant le botaniste Engler, il écrivait : « Les montagnes de Corse
ont beaucoup de plantes communes aux Pyrénées, aux Alpes occidentales et une
flore glaciaire qu’on retrouve dans la Sierra Nevada. » La compétence du D r
Major est indiscutable. Sans doute son affirmation a été modifiée par lui-même
depuis lors ; il n’en reste pas moins que, dans l’état actuel de la science,
les affinités de la Corse et de la Sardaigne avec la France méridionale, l’Espagne
et l'Afrique septentrionale paraissent au moins aussi grandes et plus anciennes
qu’avec la Toscane et la partie la plus rapprochée de l’Italie. (Cf. Dr F.
Major, L’origina della fauna delle nostre isole, dans le Bulletin de
la Société toscane des Sciences naturelles, 1882, et Kosmos, 1883,
2e cahier, p. 13.)
[2]
BERGERAT, La Chasse au mouflon (Delagrave, 1893).
[3]
Cf. NENTIEN, Essai
sur la constitution géologique de la Corse.
[4]
« De même que la soupe aux quatre-z-herbes a quatre herbes, le maquis, forêt
vierge de poche, se compose de huit plantes : le ciste, le lentisque,
l’arbousier, le myrte, la bruyère, le romarin, le genévrier et l'olivier
sauvage. Et c’est tout, car le bandit ne compte pas, il a son parfum propre.
Ces huit plantes, lorsque le divin soleil commence à en remuer les sèves,
combinent leurs exhalaisons particulières en une sorte d’élixir terrible, à peu
près assimilable à celui d’une résine poivrée, qui est le musc de l’ile. »
(Emile BERGERAT,
la Chasse au Mouflon ou Voyage philosophique en Corse, p. 20. Delagrave,
1893.)
[5]
L. JAUBERT, Étude
médicale et anthropologique sur la Corse (Ollagnier, Bastia, 1896).
[6]
Cf. Le relief de la Corse, d'après Deprat, par A. AMBROSI, dans le Bulletin
de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse (1911).