LA FRANCE DE LA GUERRE

TOME TROISIÈME. — SEPTEMBRE 1917 - JUILLET 1919

 

ARMAND ALBERT-PETIT

PARIS - BOSSARD - 1919

 

 

AVANT-PROPOS

 

CHAPITRE PREMIER. — LE PREMIER MINISTÈRE PAINLEVÉ

Un ministère sans socialistes. - La défaillance russe et les intrigues allemandes. - Le scandale Bolo. - L'affaire Daudet-Malvy. - M. Ribot quitte le ministère

CHAPITRE II. — LA FIN DU MINISTÈRE PAINLEVÉ

Situation précaire du ministère. - L'affaire de l'Action française

CHAPITRE III. — LA FORMATION DU MINISTÈRE CLÉMENCEAU

Vaines tentatives d'exclusive. - Une belle majorité. - M. Malvy et la Haute-Cour. - Les poursuites contre M. Caillaux

CHAPITRE IV. — LA DÉFECTION RUSSE

La seconde révolution russe. - La paix des bolcheviks. - L'attitude des Alliés. - Les difficultés économiques et la carte de pain. - Opposition persistante des socialistes

CHAPITRE V. — LE DEBUT DE L'ANNÉE 1918

L'arrestation de M. Caillaux. - Les socialistes français et le ministère. - Les socialistes interalliés et la paix

CHAPITRE VI. — PENDANT LA GRANDE OFFENSIVE ALLEMANDE

Raids d'avions et canon géant. - Restrictions et sanctions. - L'anniversaire de la protestation des députés d'Alsace-Lorraine. - La lettre de l'empereur d'Autriche

CHAPITRE VII. — DE L'OFFENSIVE DE LA SOMME À CELLE DE L'AISNE

Le centenaire de Karl Marx. - Les travaillistes américains. - L'épilogue de l'affaire du Bonnet Rouge. - Révélations allemandes sur les causes de la guerre. - La politique intérieure et l'étatisme.

CHAPITRE VIII. — LA MENACE SUR PARIS

L'attitude du pays. - L'attitude des socialistes français et alliés. - Les fêtes nationales américaine et française. - L'assassinat du comte de Mirbach et du tsar Nicolas II. - Changement de majorité chez les socialistes français. - Le procès Malvy

CHAPITRE IX. — LE REVIREMENT

Nos succès militaires. - Congrès et manifestations socialistes. - Changement de majorité chez les socialistes français

CHAPITRE X. — LA VICTOIRE FINALE

Capitulation de la Bulgarie. - La reconquête des régions envahies. - Décisives ouvertures de paix. - Capitulation de la Turquie. - Capitulation de l'Autriche-Hongrie. - Armistice avec l'Allemagne. - La fuite et l'abdication du kaiser

CHAPITRE XI. — PENDANT L'ARMISTICE

Attitude boudeuse des socialistes. - Les fêtes à Paris et en Alsace-Lorraine. - Les régions libérées et le ravitaillement. - Les visites de chefs d'Etat

CHAPITRE XII. — LA PAIX

La Conférence de la Paix. - Essais d'une nouvelle Internationale. - Attentat contre M. Clemenceau. - L'acquittement de l'assassin de Jaurès et les protestations socialistes. - Le 1er mai. - Epidémie de grèves. - La signature des Préliminaires de Versailles

 

 

AVANT-PROPOS

 

Ce troisième et dernier volume correspond à la période la plus dramatique de l'histoire de la guerre. C'est l'étape finale, celle de la victoire, mais jusqu'au dernier moment la victoire a été chèrement disputée et l'écroulement final des empires centraux n'a été obtenu qu'au prix d'efforts et de concours sans cesse croissants. Il a fallu l'unité de commandement et l'afflux des Américains pour briser la résistance militaire de l'Allemagne ; il a fallu en France la volonté farouche du dernier président de la Défense nationale pour enrayer les intrigues de l'ennemi et rallier « jusqu'au bout » toutes les forces saines de la nation.

Le refus de collaboration du parti socialiste à cette phase suprême de la lutte est le grand fait nouveau de ces deux dernières années : les extrémistes du parti prennent le pas sur les hommes de bonne volonté qui avaient jusque-là uni leur action à celle de tous leurs concitoyens. Ces minoritaires de la veille, devenus les dirigeants, se sont rapprochés de jour en jour des bolchevistes et des « camarades » Allemands, surtout à partir de la conclusion de l'armistice qui leur parut rendre moins étroite, ou en tout cas moins impérieuse, l'obligation de l'union nationale. On a vu le lien sacré se desserrer, les interpellations se multiplier, les grèves s'engendrer les unes les autres, et le gouvernement, bien que la majorité des Chambres lui soit restée fidèle, risquer constamment la classique glissade sur la « pelure d'orange ».

Les lenteurs de la Conférence de la Paix, la gêne de la vie chère, l'indécision qui préside à la restauration des pays envahis, les retards de la démobilisation, la situation financière, sont exploités sans merci par les opposants. Les effets trop escomptés de la victoire se font attendre, tandis que les résultats de l'épuisement général se font sentir sans délai. C'est dans ces circonstances ingrates que la paix avec l'Allemagne est enfin signée, huit mois après l'armistice. Nous avons su vaincre, saurons-nous tirer le fruit légitime de la victoire, la paix durable et réparatrice due à nos sacrifices ? C'est la question que semble se poser anxieusement le pays. Tous ces événements, tous ces mouvements d'opinion, sont ici retracés en un récit continu, y compris les principaux documents, et avec les commentaires qu'ils ont suggérés au jour le jour[1], sans autre préoccupation que celle de la vérité et du bien public.

 

 

 



[1] Les articles ici reproduits ont paru dans le Journal des Débats, à la date du numéro indiqué, qui est antidaté, comme c'est, le cas pour les journaux du soir.