LE RÉGIME FÉODAL EN BOURGOGNE JUSQU’EN 1360

 

CONCLUSION.

 

 

Trois régimes. — Pendant les siècles qui s’écoulent de l’antiquité aux temps modernes, la Bourgogne a passé par trois régimes : régime impérial romain, régime féodal, régime monarchique. Elle ne les a pas créés, elle les a subis. Tous lui venaient du dehors et s’imposaient en même temps à toutes les provinces de France.

Trois classes d'hommes. — Chacun a formé à son image une classe d’hommes qui lui a survécu. Du régime despotique romain sont issus les vilains et les prêtres des campagnes, classes inférieures, méprisées, asservies, où chaque homme isolé, dans une condition précaire, sans force et sans droits, reste à la merci d’un maître qui l’exploite.

Le régime de l’indépendance féodale a transformé les propriétaires des campagnes, laïques ou clercs, et leurs hommes d’armes en une aristocratie puissante et libre ; chaque membre suffit à s’entretenir et se défendre lui-même, il se choisit donc ses chefs et ne leur obéit qu'autant qu’il lui plaît. — Les artisans des villes, d’abord opprimés comme les paysans, forment, en s’unissant, des corps semblables à des nobles et comme eux indépendants. Eux-mêmes s’élèvent parla dans une condition moyenne entre les deux classes.

Enfin le régime monarchique tire des classes féodales, nobles et gens de commune, des hommes qui, en se groupant autour d’un seigneur revêtu d’un titre souverain, forment une classe nouvelle. Leur caractère est confus, car chacun d’eux est libre dans la société comme un féodal, et pourtant soumis au maître comme un serviteur romain, privé de toute autorité personnelle et investi par le maître d’un pouvoir souverain.

Ces trois classes se déposent sur le sol dans l’ordre où elles sont formées et s’étagent l’une sur l’autre. Chacune vit sous la suivante et la nourrit à ses dépens. Les vilains vivent de la terre, les féodaux vivent des vilains, les gens du duc vivent des uns et des autres.

Trois systèmes de divisions territoriales. — Chacune laisse sur la province son empreinte sous forme d’un système de divisions territoriales, groupées autour du centre qui répondait à ses besoins.

Autour des bâtiments habités par les vilains naît la ville et son finage, autour de l’église desservie par le prêtre naît la paroisse.

Le château du seigneur laïque, la maison forte du propriétaire d’Eglise, l’enceinte de la ville de commune deviennent les centres de la châtellenie, de la pôté, de la prévôté.

Le pays soumis au duc forme le duché, les pays gouvernés par un même bailli forment le bailliage.

Et de même que les trois classes se sont superposées, les trois systèmes de cadres vont s’emboîtant l’un dans l’autre, les villes et les paroisses dans la châtellenie, les châtellenies et les prévôtés dans le bailliage.

Trois systèmes d'institutions. — Chacune subit ou se crée un système propre d’institutions.

Les vilains restent soumis à l’exploitation domaniale romaine, les nobles organisent entre eux le gouvernement du contrat ; tandis que, dans le sein du noble collectif formé par la commune, se reforme le gouvernement municipal. Le duc et ses gens établissent au-dessus de tous une administration monarchique. Chaque système a son but et ses procédés propres qui naissent de la condition et des mœurs des hommes qu’il régit.

But et procédés de chaque régime. — Le but de l’exploitation est l’intérêt du maître. Les vilains sont un objet de propriété, ils n’ont aucun droit. Le seigneur est leur propriétaire, il n’a aucun devoir. Tout pour lui, rien pour eux. Il ne les regarde pas comme des hommes, mais comme un bétail ; il les laisse donc régir arbitrairement et sans contrôle par son intendant.

Le gouvernement du contrat féodal se propose l’intérêt des gouvernés. S’ils se sont associés, ce n’est pas pour l’avantage du gouvernement. Le chef qu’ils se donnent doit les diriger pour leur bien et comme ils n’abdiquent pas entre ses mains, ils sont toujours prêts à le surveiller et à contrôler ses actes. Ils l’empêchent donc détourner à son profit les forces qu’ils lui prêtent.

Le gouvernement du contrat municipal de même est fondé sur l’intérêt des gouvernés et procède par le contrôle sur les chefs. Mais les gouvernés sont trop faibles, les chefs trop puissants, et souvent le principe plie sous la tyrannie des échevins. — Du régime d’exploitation dont les gens de commune se sont affranchis il leur reste des devoirs envers l’ancien maître, mais des devoirs réglés et convertis en charges pécuniaires.

L’administration monarchique se compose d’abord d’un service d’exploitation sur les vilains du duc et d’un service de gouvernement féodal sur ses vassaux. Les deux régimes se mélangent peu à peu et sont altérés par l'infiltration des principes du gouvernement impérial romain. Vilains et vassaux sont regardés alors- comme des sujets du duc. Le but avoué du régime est l’intérêt commun des gouvernants et des gouvernés : Le maître doit gouverner ses sujets pour leur plus grand bien. Mais, s’il se reconnaît des devoirs envers eux, il ne leur reconnaît aucun droit. Il est délégué de Dieu pour les régir, ils n’ont qu’à se soumettre, lui n’admet aucun contrôle[1]. L’administration monarchique est arbitraire dans ses procédés et, avec un principe opposé, dans la pratique elle va, tout comme le régime domanial, aboutir à l’exploitation au profit du maître.

Ainsi l’exploitation s’opère dans l’intérêt d’un maître et par des procédés arbitraires[2] ; le gouvernement du contrat agit dans l’intérêt des gouvernés et sous leur contrôle ; l’administration monarchique prétend travailler pour les sujets, mais elle rejette le contrôle et ne travaille en effet que pour le maître.

Services de défense, justice et finances dans chaque régime. — Chaque système, pour satisfaire à ses besoins, se crée des services de défense, de justice et de contributions, conformes à son but et à ses procédés ; ce sont — pour la défense le guet des vilains, la bande féodale, la milice communale, l’armée ducale ; — pour la justice le tribunal de l’intendant, la cour de justice, la cour des échevins, le tribunal souverain ; — pour les contributions les redevances, l’aide féodale, les taxes communales, les aides ducales.

Tous les services de l’exploitation domaniale sont faits pour le propriétaire et organisés arbitrairement par son régisseur : le guet sert à défendre son château, les redevances à remplir ses coffres, la justice à maintenir l’ordre sur ses terres en lui fournissant de l’argent.

Dans le gouvernement féodal, les services sont organisés pour les gouvernés et contrôlés par eux. La bande de nobles défend la seigneurie, la cour de justice redresse les torts faits à ses membres. Les aides servent au chef mais ne sont levées que du consentement de ceux qui les paient.

Dans le gouvernement municipal de même, la milice est faite pour défendre les habitants, le tribunal des élus pour juger leurs procès, la taxe pour défrayer les entreprises d’intérêt commun.

Dans l’administration monarchique, l’armée ducale défend la province, les cours ducales maintiennent l’ordre dans le pays. Mais armée et tribunaux sont dans la main d’un souverain qui les emploie comme il lui plaît, d’ordinaire à son profit. Los finances ducales sont un mélange de redevances domaniales et d’aides féodales ; les unes sont perçues souverainement, les autres doivent être consenties.

Quand les divers régimes se sont brouillés. — Ces trois systèmes, distincts pendant tout le moyen-âge comme les classes pour lesquelles ils s’étaient formés, ont fini entre les mains des agents monarchiques par se brouiller ; leurs principes et leurs procédés, en se mélangeant, se sont altérés. Il s’est créé une armée, une justice, des finances qui participent à la fois des trois régimes et où la confusion est telle qu’on n’y peut plus démêler ni principes ni procédés. A ce mélange on n’a pu trouver aucun nom précis, on l’a appelé l'ancien régime.

Caractère de ces régimes. — Quelle est la place de tous ces systèmes dans l’histoire des institutions et pourquoi aucun n’a-t-il pu se maintenir ?

L’exploitation domaniale est un débris des sociétés à esclaves. Elle avait été nécessaire en un temps où la machine du gouvernement était encore si grossière et si dure à manier qu’elle réclamait toute l’attention des hommes libres. Il leur fallait au-dessous d'eux pour les nourrir, des hommes à l’état de troupeaux qu’ils n’eussent pas l’embarras de gouverner. Ce régime, transporté partout par les Romains, se conserva dans les couches inférieures, toujours stagnantes, de la société. Mais il s’affaiblit toujours davantage : les droits du maître se réduisirent, les procédés se réglèrent et lentement les exploités de la condition d’objets entrèrent dans celle d’hommes libres.

Le gouvernement municipal des communes reposait sur la souveraineté du groupe déléguée à des magistrats responsables. Le régime de la cité, réservé jadis aux propriétaires, s’étendait aux artisans ; le progrès était grand. Mais la cité est impuissante à devenir le gouvernement de tout un peuple : son cadre est trop étroit pour contenir un grand pays, trop rigide pour s’élargir. Le régime municipal reste enfermé dans la banlieue d’une ville ; s’il en sort, ce n’est que par la conquête et l’asservissement. Les villes où il s’établit prospèrent ou végètent ; mais toujours elles demeurent isolées jusqu’au moment où, de gré ou de force, elles entrent dans un régime plus large.

L’administration monarchique se forme au nom de principes supérieurs, elle apporte une théorie du rôle de l’Etat et des devoirs du prince, mélange de philosophie antique et de morale chrétienne : elle prétend faire le bonheur des sujets, fût-ce contre leur gré. Mais elle conserve les traditions de l’Empire et l’Empire se ressent de son origine, qui est la conquête. Le gouvernement romain n’est que l’exploitation du monde par le peuple romain et par César son représentant[3] ; sa morale ne va guère au-delà de la maxime : « Le bon berger tond ses brebis et ne les écorche pas. » Son but est le profit des gouvernants, ses procédés sont despotiques. Les philosophes et les chrétiens ont imaginé un autre but, le bien des gouvernés ; mais ils n’ont pas changé les procédés. Les rois barbares sont venus à la place de l’Empereur ; l’Eglise leur a parlé beaucoup de leurs devoirs, jamais des droits de leurs sujets. Au IXe siècle, ils ont cessé de pouvoir se faire obéir, mais leurs prétentions sont restées intactes. Depuis le XIIIe siècle les légistes les rappellent à leurs héritiers et ne leur parlent plus que de leurs droits souverains. La théorie persiste ; le souverain ne confondrait pas ses sujets avec ses vilains et ne dirait pas qu’ils sont là pour servir à ses besoins ; c’est lui qui doit les protéger et les gouverner. Mais il entend agir sans leur contrôle et son procédé est l’arbitraire. Le procédé domine le principe ; et ses agents retournent au régime romain impérial. — C’est que l’intérêt des gouvernés ne peut être garanti contre les passions des gouvernants que par un contrôle direct. Là où le contrôle manque, le principe reste vain ; on retombe dans l’exploitation, régime barbare, mais commode pour ceux qui l’appliquent. L’administration monarchique n’a perfectionné que des théories ; ses mœurs sont du Bas-Empire, elle regarde vers l’antiquité, non vers les temps modernes.

De tous ces régimes un seul pouvait faire que l’intérêt des gouvernés, reconnu en principe comme le but des gouvernants, fût assuré contre leurs caprices par des procédés pratiques : c’était le gouvernement féodal du contrat. Il fixait à la fois les devoirs du gouvernant et les droits du gouverné ; et empêchait le chef de la société de devenir son maître en le faisant contrôler parles membres.

Pourquoi le régime féodal a péri en Bourgogne. — En Bourgogne pourtant ce régime a été ruiné et a disparu sans laisser de regrets. C’est qu’il n’était pas originaire du pays et avait été transplanté dans un mauvais terrain. Plusieurs conditions ont concouru à le faire périr.

1° Petit nombre des féodaux. — D’abord les nobles qui avaient apporté l’habitude du contrat d’hommage étaient une bande plutôt qu’une population. Au-dessous d’eux les vilains conservaient la tradition de l’obéissance au maître, au-dessus se formait l’armée des serviteurs du duc hostile au gouvernement libre. Quand la colonie des nobles a été épuisée par les guerres du XIVe siècle, elle n’a pu se recruter que d’hommes pliés à l’exploitation. L’administration monarchique s’est emparée d’eux à mesure qu’ils montaient et les débris de la colonie féodale indépendante ont été écrasés entre les deux couches des hommes formés à l’obéissance.

2° Vices du contrat de fief. — Puis le contrat d'hommage, souple et élastique, qui pouvait s’agrandir à la mesure d’une grande société, s’est rétréci en Bourgogne en se liant au contrat de fief. Le contrat d'hommage qui lie des hommes peut, suivant les besoins, se dénouer, lier des hommes nouveaux, leur conférer des droits, ou leur imposer des devoirs nouveaux ; il se modifie de lui-même à mesure que les hommes changent et se trouve toujours à leur taille. Le contrat de fief qui lie des terres est de sa nature raide et immuable comme la terre. Il ne devait pourvoir qu’aux besoins passagers de la défense ; mais, conclu à perpétuité, il est devenu en se conservant et en s’adaptant aux besoins de la propriété pour lesquels il n’était point fait, une source d’embarras.

Le contrat de fief n’était pas né dans le même pays ni au même temps[4] que le contrat d’hommage. Les colons barbares, devenus grands propriétaires en terre romaine, qui avaient imaginé le premier, en le rendant inséparable du second, ont ruiné d’avance leurs institutions. Le lien d’homme à homme qui, seul, en créant des rapports personnels, rappelle aux gouvernants que les gouvernés sont des hommes et les empêche de les traiter comme une matière à exploiter, a été remplacé par le lien entre des terres qui n’aboutit qu’à des formalités stériles.

Les nobles n’ont eu de rapport entre eux qu’autant qu’ils possédaient des terres dépendant du même château, et la société féodale est restée enfermée dans les limites de la châtellenie. — Leurs institutions qui avaient besoin, pour se créer, d’hommes d’armes campagnards forts et indépendants, auraient pu s’adapter peu à peu à une société pacifique et urbaine. Le contrat de fief, en ne laissant entrer dans la société active que des possesseurs de fiefs, les a arrêtées dans leur forme d’origine et ne leur a pas permis de satisfaire aux besoins de la nouvelle société civilisée.

Ainsi le gouvernement est devenu fragile, étroit et raide, il n’a pu que se fixer, puis se briser ; non se perfectionner et s’élargir. Et si étrange que paraisse la contradiction dans les termes, le régime féodal, loin d’être né du contrat de fiel, a péri par lui.

3° Complication des droits sur la terre. — Enfin, par respect pour la coutume, on s’est habitué à rendre indestructibles les droits de chaque homme sur la terre qu’il occupe en fixant sa condition sur la terre ; ce qui la rend immobile en l’état où l’a trouvée le régime. Chaque détenteur garde donc ses droits. Mais le propriétaire reste libre de donner à un autre homme des droits nouveaux sur la même terre. Ainsi s’élève, sur chaque parcelle du sol, une hiérarchie de possesseurs. Sur le finage d’une même ville on en trouve d’ordinaire jusqu’à cinq étages : au bas le tenancier vilain qui cultive moyennant redevance, sur sa tête le chasé qui l’exploite, sur le chasé le seigneur jadis propriétaire d’alleu qui tire le service féodal du chasé, sur le seigneur un suzerain auquel il doit le service, soumis lui-même comme vassal au duc. — Sans parler du prévôt héréditaire qui a sur la ville les droits d’un régisseur. La coutume seule règle les droits de tous ces hommes ; c’est la confusion et le conflit à demeure. Et la tentation est forte d’en sortir en démolissant tout l’échafaudage et avec lui le régime.

Dans les pays du Nord de l’Europe, Angleterre, Hollande, Norvège, où le terrain était meilleur, où l’habitude du contrat était celle d’un peuple non d’une colonie, et où la noblesse pouvait se recruter de paysans libres et guerriers ; où le contrat de fief était moins étroit et moins habituel, où les terres étaient moins surchargées de possesseurs, le gouvernement féodal du contrat s’est élargi à la mesure d’une nation et s’est transformé en régime représentatif. En Bourgogne il a été broyé entre l’exploitation domaniale et le despotisme monarchique ; de ce régime, si fortement établi pendant trois siècles, il n’est resté qu’un débris, les Etats de la province, et un nom. Encore ce nom a- t-il été appliqué à faux ; on l’a donné aux deux régimes qui l’ont précédé et suivi et par lesquels il a été ruiné.

Erreur commise, au XVIIIe siècle sur le régime féodal. — Les hommes qui, en 1789, ont supprimé à la fois le servage, la main morte[5], les justices de seigneurs et le pouvoir despotique du roi, croyaient abolir le régime féodal et rétablir la liberté antique. Ils ne détruisaient que les restes de l’exploitation des maîtres romains et l’administration tyrannique issue de l'Empire ; ce qu’ils instituaient, sous forme de régime représentatif, c’était le gouvernement féodal dont le principe est l’indépendance des gouvernés garantie par le contrôle sur les gouvernants. Mais on ne connaissait alors des anciens que l’aristocratie républicaine de leurs cités ; tout ce qui existait au-dessous, tout ce qui s’était formé depuis était réputé l’œuvre de la féodalité.

Dans quelle mesure la Bourgogne peut servir d'exemple. — La société et les institutions que les documents montrent établies en Bourgogne au moyen âge étaient-elles propres à cette province ? ou se retrouvaient-elles sur toute la France ? Puisque tout le pays a, comme la Bourgogne, passé par les trois régimes, romain, féodal et monarchique, il semble que partout on doive trouver des traces des trois couches de la société et des trois systèmes d’institutions. Mais ces régimes n’ont pas pesé le même temps ni avec la même force sur toutes les provinces. Dans beaucoup, la grande propriété romaine n’a pas été si générale et le servage si répandu ; ou la colonie d’hommes d’armes féodaux si nombreuse, les dignitaires du clergé si indépendants, et les villes aussi faibles au XIIe siècle ; ou le régime monarchique si lent à se former et si encombré de débris féodaux. Suivant que les trois couches de la société auront été plus ou moins compacts, les trois systèmes d’institutions et de cadres territoriaux seront plus ou moins complets. On trouvera donc partout des analogies, mais le plus souvent des différences profondes.

Peut-être le sort de la Bourgogne a-t-il été celui des provinces de l’Est, Franche-Comté, Champagne, Lorraine, Picardie. Mais les pays de l’Ouest et du Sud ont eu d'autres destinées, et on n’a pas le droit de conclure des uns aux autres.

Chaque province, ou du moins chaque région, réclame une étude à part.

 

FIN DE L’OUVRAGE

 

 

 



[1] Sauf en matière de subsides.

[2] Ce qui reste d’exploitation sur les gens de commune se fait dans l’intérêt du maître, mais sous le contrôle des exploités, c’est un régime mixte.

[3] L’Empire diffère de la République parce qu’il est l’exploitation en coupe réglée au profit d’un seul, au lieu du pillage déréglé au profit de plusieurs. Il est très préférable en pratique, mais son principe est le même.

[4] Ce n'est pas le contrat de fief qu’il faudrait chercher en Germanie au VIe siècle ; il est né en France et au IXe siècle. Mais c’est là qu’on trouvera l’origine du contrat d’hommage.

[5] Les droits féodaux, comme on les appelait par une confusion inexcusable.