LE TALMUD DE JÉRUSALEM

 

TOME PREMIER.

INTRODUCTION.

 

 

§ 2. — FORMATION DU TALMUD.

 

Un écrivain a fort bien résumé ce point d'histoire en ces termes[1] :

Lorsque, après deux cents ans d'une résistance énergique contre un empire qui devait tout dompter, le peuple hébreu vit s'évanouir sa nationalité politique, il sentit le besoin de resserrer, autant que possible, les liens de sa personnalité, afin de conserver moralement, par l'identité des croyances, l'unité que la dispersion allait matériellement briser. Le moyen qui se pressentait de lui-même, c'était de déterminer d'une manière invariable les principes des lois de Moïse, d'en développer le sens, d'en fixer l'interprétation. Mais alors, les lumières d'Israël s'étaient éclipsées ; des longtemps, la voix des prophètes ne laissait plus tomber sur les peuples la parole de Dieu, et l'inspiration divine semblait être remontée vers le ciel. D'ailleurs, l'organisation sociale n'existant plus, personne n'était en droit d'imposer son opinion aux autres hommes ; l'autorité s'était anéantie avec la puissance. Le seul parti rationnel dans cet état de choses était de réunir les Israélites, ou ceux qui seraient appelés à les représenter, et d'en former un synode souverain. C'est ce que tenta le rabbin Juda, Naci (prince) de la nation, qui vivait au IIe siècle de l'ère chrétienne[2]. Ce rabbin, plus particulièrement désigné sous le nom de notre saint maître, obtint, dit-on, de l'empereur Antonin[3], la permission de rassembler un concile compose des plus savants Israélites.

L'œuvre de ce concile consista à consigner par écrit ce qui, jusqu'alors, n'avait guère été livré qu'à la mémoire, savoir la jurisprudence hébraïque, les opinions des principaux docteurs sur l'interprétation de la Loi et les règles du devoir, c'est-à-dire ce que l'on nommait la loi orale[4]. Tel, peu de temps avant cette époque, Adrien avait donné force de loi, en les réunissant en un corps de doctrine, aux décisions des jurisconsultes, ou Réponses des prudents Romains, qui formaient avant lui une source du droit non écrit. Le livre qui fut dressé par Juda le Saint, à la suite des décisions du synode qu'il avait assemblé, reçut le nom de MISCHNA Répétition de la loi ; et fondés ainsi par l'adhésion de la majorité israélite, les principes qu'il contenait devinrent obligatoires pour tous[5].

Par degrés presque imperceptibles, les explications et les recherches, qui avaient pour but d'édifier et d'instruire sur un point spécial, firent naître une science qui prit aussitôt les proportions les plus vastes. Son nom technique est déjà contenu dans les chroniques[6] : c'est celui de MIDRASCH (de darasch, étudier, expliquer). Le fait est qu'il y avait des méthodes innombrables pour étudier l'Écriture[7]. D'après la manière bizarrement ingénieuse de l'époque, on retrouvait les quatre principales méthodes dans le mot persan paradis, appelé à la façon sémitique, sans voyelles, P, R, D, S. Chacune de ces lettres mystérieuses était prise mémoniquement pour l'initiale de quelque mot technique qui indiquait une de ces quatre méthodes. Celle qu'on appelait P (PESCHAT) visait à la simple intelligence des mots et des choses, d'accord avec la loi élémentaire de l'exégèse du Talmud, qu'aucun verset de l'Écriture n'admettait pratiquement d'autre sens que le sens littoral, bien que, dans un sens familier ou différent, on pût l'expliquer d'une foule d'autres manières.

La deuxième lettre R (REMEZ), signifie insinuation, c'est-à-dire la découverte des indications contenues dans certaines lettres et certains signes de l'écriture, superflus en apparence. On supposait que ces signes avaient rapport à des lois qui n'étaient pas expressément mentionnées, mais qui existaient dans la tradition, ou avaient été récemment promulguées. Cette méthode, appliquée d'une manière plus générale, donna naissance à une sorte de memoria technica, à une sténographie semblable au notarikon des Romains. On ajouta des points et des notes à la marge des manuscrits ; ainsi fut jetée la base de la Massorah ou de la conservation diplomatique du texte. — La troisième lettre D (DERUSCH), était l'application familière de ce qui avait été à ce qui était et à ce qui serait, de paroles prophétiques et historiques, à l'état actuel des choses. C'était une espèce particulière de sermon, ayant pour auxiliaires la dialectique, la poésie, la parabole, la sentence, le proverbe, la légende, etc., exactement comme cela se voit dans le Nouveau Testament.

La quatrième lettre S (SÔD), ou secret, mystère, impliquait la science mystérieuse, à laquelle bien peu étaient initiés. C'était la théosophie, la métaphysique, l'angélologie, une foule de visions fantasques et brillantes de choses surnaturelles. De faibles échos de celte science se retrouvent dans le néo-platonisme, dans le gnosticisme, dans la cabale, dans Hermès Trismégiste. Mais bien peu de personnes étaient initiées aux choses de la création et du chariot, comme on appelait cette science, par allusion à la vision d'Ezéchiel. L'attrait du vague et du mystérieux a été si puissant qu'à la longue, le mot paradis ne désigna que cette dernière branche, la science secrète, ésotérique. Plus tard, dans le gnosticisme, il en vint à signifier le Christ spirituel.

Cependant, les auteurs eux-mêmes posent en principe que leurs décisions n'ont rien d'absolu, ni d'immuable, et peuvent toujours être modifies par celle d'un pouvoir égal à celui dont ils étaient revêtus[8]. Ce qu'ils voulurent faire, ce fut uniquement de fixer le sens et les règles de la loi écrite ; car, ainsi que le dit Moïse de Coucy : si l'on n'eût ajouté à la loi écrite, l'interprétation de la loi orale, toute la loi eût été obscure et sans clarté, parce que l'écriture Sainte est pleine de passages qui semblent être en opposition et contradictoires[9].

Poursuivons le cours des évènements.

Quelques années après la rédaction définitive de la Mischna[10], un rabbin nommé Yohanan, et qui pendant quatre-vingts ans, à ce que dit la chronique, avait été chef d'académie à Jérusalem, entreprit, aidé seulement des disciples de Juda le Saint, d'augmenter la Mischna d'additions personnelles et de diverses discussions. Ces textes, à leur tour, furent discutés, développés, formant un complément, ou la Guemara. Celle-ci, unie à la Mischna, forme ensuite un livre entier nommé : Talmud[11]. Ce corps étendu de doctrines fut développé simultanément à l'Est et à l'Ouest. Chez les uns, il reçut le titre plus emphatique que réel de Talmud de Jérusalem, quoique rédigé à Tibériade. C'était le produit des écoles de la Palestine, écrit dans ce qu'on peut appeler l'araméen oriental, par opposition au dialecte de la seconde Guemara, ou Talmud babylonien, écrit par des Araméens occidentaux[12]. Aussi, le Talmud de Jérusalem, en parlant de ces écoles-là, les appelle l'Occident. Dans ce Talmud, le texte mischnique porte le nom de Halakha (règle), et ce titre a le sens de : paragraphe.

Comme le dit Mr. R. T. Herford dans le Christian Reformer (febr. 1886, p. 99), pourquoi le premier Talmud ou le plus ancien porte-t-il ce nom de Jérusalem ? On l'ignore ; c'est un point obscur, car on sait bien qu'il n'y avait plus d'école rabbinique à Jérusalem après la destruction du Temple en l'an 70 de l'ère vulgaire. Apres cet événement, le siège principal des Etudes a consisté un moment dans la fameuse école de R. Yohanan b. Zaccaï, établie à Yabneh (Iamnia). Mais, pendant la plus grande partie de la période d'élaboration de ce Talmud, le quartier-général du Rabbinisme (pour ainsi parler) a été fixé dans la ville de Tibériade. D'autres écoles, certes moins importantes, étaient à Césarée (Caesarea Philippi), ou d'autres à Séphoris (Cippori), sans compter des compagnies d'études classées ensemble sous la dénomination d'écoles du Sud (Darom), dont une seule ville, celle de Loud (Lydda), était désignée nominalement. C'est dans ces écoles que le Talmud palestinien (ou de l'Occident, Bné-Maarab) prit naissance et se développa. R. Yohanan bar Napha (le forgeron) passe d'ordinaire pour avoir été le principal compilateur, et c'est en effet le plus Eminent des rabbins de Tibériade. Mais, il n'est guère possible que cette hypothèse soit fondée (comme l'a démontre Z. Fraenkel dans son Mabo), car R. Yohanan a étudié sous la direction de R, Juda le compilateur de la Mischna, de sorte que la codification de l'exposition traditionnelle, ou le développement de cette dernière œuvre, n'a pu que difficilement avoir été faite de son temps. En tout cas, la compilation du Talmud palestinien n'a pu seulement être commencée par ce docteur, puisqu'il est mort l'an 260, et le Talmud surnommé jérusalémite n'a certainement pas été achevé avant la fin du IVe siècle. Il est donc probable que ce Talmud a été compile essentiellement par des adhérents de l'école de Tibériade, qui se sont entendus et mis d'accord sous le nom de ce R. Yohanan.

La Mischna, désormais immuable, devint le seul livre légal. Son style pur et clair en rendait l'étude facile à toutes les classes de la Société hébraïque. Mais comme tous les livres qui énoncent des principes législatifs, elle avait dû exprimer ses décisions sous une forme concise, et en quelque sorte axiomatique, dont tout le monde pouvait ne pas saisir le véritable sens. Un siècle à peine s'était écoulé que l'on sentait le besoin d'expliquer par des commentaires, soit le principe posé, soit l'intention précise de ceux qui l'avaient établi. Ce sont ces notes développées qui constituent le Talmud.

Maints savants et des plus modernes[13], affirment que depuis la clôture des livres bibliques jusqu'à la rédaction définitive de la Mischna, pas une page de littérature hébraïque n'avait été écrite. L'exagération d'une telle assertion la réfute ; et dans son article sur le Talmud (pp. 39-42), M. Strac a réuni les diverses preuves de la mise par écrit, soit des parties originales de la Haggada talmudique, soit de la Halakha.

Le document le plus remarquable sous ce rapport, cité par le Talmud lui-même, est la Meghillath Taanith (Livre, strictement Rouleau des jeûnes).

On sait combien les peuples de l'antiquité avaient à cœur de transmettre à la postérité le souvenir de leurs hauts faits. Ils avaient coutume d'assurer la stabilité à leurs victoires et à leurs triomphes par des monuments impérissables, qui devaient défier le temps. On avait recours dans ce but, soit à l'érection d'arcs de triomphe, soit à la gravure descriptions sur le marbre ou sur le bronze ; soit enfin aux témoignages oraux ou écrits ; les chansons de gestes du moyen-âge offrent l'exemple le plus mémorable de cette troisième sorte de monuments.

Cette dernière série d'attestations, — la seule contre laquelle les effets du temps sont nuls ou peu importants, — a été spécialement conserve par les petites peuplades qui ont longtemps combattu pour leurs foyers, leurs principes, leurs opinions, en un mot pour leur indépendance. Ce fut le sort d'Israël. Chaque fois qu'il a dû combattre ses ennemis, il n'avait pas seulement en face de lui les adversaires de sa nationalité, mais encore ceux de sa foi et de ses convictions religieuses. Lorsque Moise Peut affranchi de l'esclavage d'Égypte, lorsque Josué et ses successeurs luttèrent contre les Philistins, lorsque les tribus de Juda et de Benjamin se séparèrent du reste d'Israël après le règne brillant du sage Salomon, lorsque Nabuchodonozor se fut emparé une première fois de Jérusalem, lorsque les successeurs d'Alexandre, Séleucides et Lagides, la conquirent de nouveau, lorsqu'enfin les Romains eurent réduit pour la dernière fois la capitale de la Judée, il s'agit sans cesse d'une résistance au paganisme ; et le monothéisme, après tant de combats sanglants, l'emporta définitivement sur tous.

Quoi d'étonnant, dés lors, à ce que les moindres phases glorieuses de cette succession de luttes pénibles aient été soigneusement enregistrées comme autant de journées heureuses, dignes d'être conserves dans les Annales d'une nation, pour servir d'exemple illustre à ses descendants, aux héritiers de son nom et de son œuvre intellectuelle, morale, humanitaire. En tenant compte de ces considérations, on lira avec intérêt un document, succinct par la forme, mais embrassant un cadre étendu par le nombres des faits. C'est une série de jours de souvenirs heureux, écrite en l'honneur des circonstances les plus mémorables ou les plus joyeuses qui ont eu lieu depuis l'époque de Xerxès, ou au commencement du IVe siècle avant J.-C, jusqu'à l'empereur Antonin-le-Pieux en 138 de l'ère vulgaire. Ainsi, ce texte attribue à Dieu non seulement les triomphes et les victoires, mais toutes les conjonctures graves qui concernent le bien-être matériel de la nation, ou l'extension de son spiritualisme : il les considère comme des marques spéciales de sa puissance et de sa grâce. Aussi, cette chronique ne contient pas seulement des faits de guerre, mais bien d'autres détails intéressant l'histoire[14], depuis le retour d'Israël en Palestine sous Néhémie jusque bien après la destruction de sa nationalité politique.

Enfin, au point de vue littéraire, nous sommes en présence d'un texte qui, sans être aussi vieux que la Bible, la suit de bien près, il est l'intermédiaire entre celle-ci et les premières compositions talmudiques. C'est le premier texte, qui selon le rabbin français Raschi[15], ait été mis par écrit pour être préservé de l'oubli, à l'abri des variations auxquelles les traditions orales sont trop souvent sujettes. Tel est le texte capital en ce genre.

II fait prévoir, malgré sa concision, le développement futur des écoles talmudiques.

Afin que ses leçons ne restassent pas ensevelies dans l'oubli, Asché[16] fit ce qu'à toute époque ont fait tous les professeurs[17] ; il se mit à compiler (plutôt qu'à rédiger) le cours qu'il professait ; et déjà trente-cinq traités étaient transcrits, lorsqu'il mourut, en l'année 427. Mar, son fils, et Marimor, son disciple, lui succédèrent dans le professorat, et ils résolurent de continuer ce que leur père et leur maître avaient si péniblement entrepris. II leur fallut une grande patience et d'immenses investigations pour terminer ce grand travail. Soixante-treize ans furent employés pour mettre la dernière main à l'œuvre.

Telle fut l'origine de la formation du Talmud. Là encore, il eût été contraire à la loi de Moïse d'établir, sur un autre principe que l'adhésion libre des individus, des prescriptions législatives quelconques. La base de la loi mosaïque, c'est la liberté d'adopter, ou de rejeter. J'ai mis devant vous le bien et le mal, la mort et la vie, dit le prophète ; c'est a vous de choisir (Deutéronome, chap. XXX, 15 et 16). Ce principe se retrouve partout dans l'histoire du peuple hébreu. Ainsi, deux fois dans sa vie, Moise expose la Loi devant le peuple, lui en donne lecture pour qu il l'approuve, et le peuple s'écrie spontanément : Nous exécuterons toutes les paroles que l'Éternel a prononcées[18]. Et plus tard, Josué réunit à Sichem les tribus d'Israël, et leur montrant le livre, il leur dit : Et maintenant craignez l'Éternel, et servez-le avec vérité... ou bien, s'il déplaît à vos yeux de servir l'Éternel, choisissez-vous aujourd'hui celui que vous voulez servir... Le peuple répondit à Josué : C'est l'Éternel seul que nous voulons servir. Josué dit alors au peuple : Vous êtes témoins vous-mêmes que vous vous êtes choisi l'Éternel pour le servir. Et ils répondirent : Nous en sommes témoins[19].

Longtemps après, lorsque, à la suite de la captivité de Babylone, la nation Israélite se reconstitua, le principe du libre arbitre était aussi vivace que du temps de Moïse, et le pacte social et religieux fut de nouveau sanctionné volontairement, par le serment et la signature de tout le peuple, grands et petits, hommes, femmes et enfants (Néhémie, IX et X).

En présence d'une règle aussi constante, aussi irréfragable, il est évident que nul parmi le peuple hébreu n'avait le droit d'imposer aux autres son arbitraire volonté. La Mischna, quelle que lid d'ailleurs la vérité de ses principes, n'avait donc pu se fonder que sur le libre consentement des masses, ou tout au moins des majorités. C'était de là qu'elle devait tirer toute sa puissance. Là commence Interprétation, el avec elle la discussion par cet enchaînement de principes qui, depuis les hommes de la grande synagogue, fait remonter la loi entière jusqu'à la promulgation sinaïque[20]. De même, lorsque par son Mori Nebokhim (guide des égarés) Maimonide eut soulevé au XIIe siècle la grande question de la liberté d'examen contre le principe absolu de l'autorité, Abraham ben-Dior composa son livre de la Kabbale dans lequel il inséra le nom de tous les docteurs éminents qui avaient reçu la tradition. Plus tard, et dans un but sans doute analogue, Ghedalia fit paraître son Schal scheleth-Ha-Kabbala (chaîne de la Tradition), Abraham Zacouth son livre Youhas-sin (généalogie ou chronologie), et David Ganz son Cemach David, résumé d'histoire. On voit donc que cette question a été longuement méditée comme si elle constituait seule l'authenticité et l'autorité de la loi orale.

Il est donc démontré, l'histoire à la main, que la liberté de penser a présidé la formation du Talmud. On retrouvera le même principe dans l'analyse de sa doctrine. Rappelons seulement en ce qui concerne la partie agadique, que le Talmud lui-même[21] ne lui attribue ni autorité ni caractère légal ; et cette appréciation est confirmée par tous les rabbins postérieurs, tels que Maimonide, Juda Halévi, Ibn-Ezra, Scherira Gaon, Isaac Israeli, etc. C'est là un point de départ capital, pour passer de la synthèse à l'analyse.

 

 

 



[1] Archives Israélites, 1841, articles de M. J. Cohen sur l'Autorité du Talmud.

[2] Pour la biographie de ce rabbi, voir au recueil Hehalouç, Wissemchaftli che Abhandlungen für judische Geschichte, Literatur u. Alterlhumskunde, les art. de M. Krochmal, t. II, 1853, pp. 63-93 ; t. III, 1854, pp. 118-146.

[3] De l'un de ceux qui portaient ce nom.

[4] Cette dénomination est erronée désormais, dit M. Jos. Derenbourg dans son art. Talmud de l'Encyclopédie des sciences religieuses ; la rédaction écrite remonte à Rebina et Asché.

[5] C'est environ en l'an 219 de l'ère chrétienne, suivant la supputation de David Ganz, que la Mischna fut terminée. Selon d'autres, Juda le Saint aurait réuni seul les principes de cet ouvrage, et toute la nation l'aurait approuvé, par l'ordre de Gamaliel, son fils et son successeur dans la dignité de Naci, et de l'académie. Cela ne changerait rien à l'origine de la Mischna (voir l'ouvrage Cemah David, édit. princeps, Prague, 1592, f. 43 b).

[6] Livre II, XIII, 22 et XXIV, 27.

[7] M. Deutsch, l. c.

[8] Voir entr'autres Mischna, Ve partie, tr. Edouyôth, ch. I, §§ 5 et suiv.

[9] Semag (grand livre des préceptes), par cet auteur.

[10] Pour la disparition de versions anciennes, voir tr. Troumôth, IX, 3.

[11] Ce mot, dérivé de Lamad, apprendre, signifie : étude ; et de même Talmid signifie étudiant. Voir spécialement l'expose de M, Jos. Derenbourg en son article sur ce mot, dans l'Encyclopédie des sciences religieuses, au supplément.

[12] Voir entr'autres Neubauer, dans The Academy, mars 1870.

[13] Voir S. Bloch, Einblicke in die Geschichte der Entslehung der Talmudischen Literatur (Wien, 1884).

[14] Voir les journées 20, 24, 27, 32 et 33.

[15] Sur le talmud Babli, tr. Sabbat, I, 13 b ; Erubin, f. 62 b ; tr. Taanith, f. 15 a. Comparez aussi Schmilg, Uber die Entstehung und den historishen Werth der Meghillath Taanith, Leipzig, 1850, 8° (IV-52 p) ; Brann, dans Monatschrift de Graëtz, t. XXV, 1876, pp. 375-84, 410-8, et 445-60.

[16] Sans parler de Rebina (Rab Abina).

[17] V. Maïmonide, Préface au Talmud, en tête de la section Zeraïm. Le même auteur, dans son Moreh (Guide, Introduction, traduction S. Munk, t. I, p. 29), dit : Ainsi, on trouve continuellement que le Talmud dit : Le commencement du chapitre est en contradiction avec la fin, et l'on ajoute cette réponse : Le commencement émane de tel docteur, la fin de tel autre. On y trouvera de même ces mots : R. Juda le Saint approuve les paroles de tel docteur en tel cas et reproduit son opinion sans le nommer, et dans tel autre cas, il approuve les paroles de tel autre docteur. Souvent aussi, on y trouve cette formule : A qui appartient cette assertion anonyme ? Elle appartient à tel docteur. A qui appartient notre paragraphe de la Mischna ? A un tel.

[18] Exode, XXIV, 3-7 ; Deutéronome, XXIX, 9 et 13.

[19] Josué, XXIV, 14 à 16.

[20] Tr. Abôth, ou Maximes des pères, I, 1. V, Isid Lœb, la Chaîne de la tradition (1889).

[21] Talmud de Jérusalem, tr. Péa, II, 4 ; tr. Sabbat, XVI, 1.