Lettres de la reine
Éléonore au pape, au sujet de la captivité de son fils. — Alliance entre Jean
Sans-Terre et Philippe-Auguste. — Invasion de la Normandie par le roi de
France. — Massacre d'Évreux. — Richard devant la diète germanique. — Sa
rançon réglée. — Propositions de Philippe-Auguste et de Jean Sans-Terre à ce
sujet. — Délivrance de Richard. — Son retour en Angleterre.
(1193-1194)
Le
souvenir de la captivité de Richard se présente dans l'histoire avec tout un
cortége de haines sans grandeur, de basses vengeances, d'avidités misérables,
d'ignominieux calculs. Ces potentats, spéculant sur le malheur, n'osant pas
attaquer à ciel ouvert, la lance au poing, ce lion des combats dont le monde
publie les exploits, le retenant dans les fers comme s'ils l'avaient fait
prisonnier sur un champ de bataille, riant de ses longues souffrances,
envahissant ses domaines alors qu'il n'est pas là pour les défendre, offrent
véritablement un spectacle bien indigne, et qui contraste étrangement avec
les mœurs de la chevalerie. Mais
ces révoltantes iniquités ont été énergiquement flétries par une femme, par
une mère. Écoutons Éléonore d'Aquitaine dans ses lettres au pape Célestin
III, lui demandant de faire rendre à son fils la liberté, et de lancer les
foudres de l'Église contre ses geôliers couronnés. «
J'avais résolu de garder le silence, disait la reine mère au souverain
pontife, de peur que dans l'abondance du cœur et au fort de ma douleur, il ne
m'échappât contre le successeur de Pierre quelque expression qui me fît
accuser d'insolence et de présomption ; car la douleur, lorsqu'elle se laisse
aller à son impétuosité, ne diffère pas beaucoup du délire. Mais il faut
parler ; et qu'on ne s'étonne pas si la violence de mon affliction me rend
moins retenue dans mes paroles ; car je déplore un malheur public. Les
nations troublées, les peuples déchirés, les provinces désolées, l'Église
d'Occident dans les larmes vous supplient, ô très-saint Père, de mettre un
terme il nos désastres. « Notre
roi est en prison. Le tyran qui l'y retient forge sans cesse des armes
d'iniquité contre lui. Il l'a fait prisonnier pendant le saint pèlerinage,
quand il était sous la protection du Dieu du ciel, lorsqu'il défendait
l'Eglise. Ce monstre tue mon fils chargé de chaînes ; il couve sa proie. « Si
l'Eglise garde le silence, que Dieu s'élève alors et qu'il juge notre cause !
Où est le zèle d'Élie contre Achab, de Jean contre Hérode, de Basile contre
Valens ? Au milieu de tant de plaintes, de tant de larmes, vous n'avez pas
envoyé un seul nonce à ces princes coupables ; cependant pour des causes peu
importantes vos cardinaux sont envoyés avec de grands pouvoirs dans des
contrées barbares. » Seconde lettre d'Eléonore au Pape. « La
distance qui me sépare de vous, très saint Père, m'empêche de vous parler en
personne. Cependant il faut que j’épanche ma douleur. Je suis desséchée par
le chagrin. Mes années s'écoulent dans le gémissement. Mes entrailles sont
arrachées. J’ai perdu le soutien, l'ami de ma vieillesse, la lumière de mes
yeux, j'ai perdu mon fils, et je vous le demande ! Ô mon fils, qui
m'accordera de mourir pour toi ! Mère de miséricorde, Vierge sainte, regardez
la douleur d'une mère !... « Le
roi Richard est dans les fers. Son frère Jean ravage son royaume.... Je
flotte incertaine : si je pars, si j'abandonne le royaume de mon fils, ce
royaume sera privé de mes conseils et de mes consolations ; si je reste, je
ne verrai point la face de mon fils. Ô tyrans impies et cruels, qui n'avez
pas craint de porter des mains sacrilèges sur l'oint du Seigneur, personne ne
se lèvera donc pour vous punir ! Mais le prince des Apôtres règne et commande
encore sur le siège apostolique. Saint Père ! tirez donc le glaive de Pierre
contre les méchants ! La croix du Christ est supérieure aux aigles de César,
le glaive de Pierre à l'épée de Constantin, le siège apostolique au trône
impérial. Votre puissance vient de Dieu, non des hommes. » Troisième lettre de la mère de Richard. « Je
vous ai souvent écrit, très-saint Père. J'ai offert le sacrifice de mon cœur
avec un esprit contrit et humilié. Puisque j'ai commencé, je parlerai encore
à mon Seigneur, quoique je ne sois que cendre et poussière. «
Personne ne m'a dit encore : Ton fils Joseph vit ! Il a été tiré de la
citerne ! Une bête cruelle ne l'a point dévoré ! Ô bête méchante, plus
cruelle que les tigres, tu as vendu à l'empereur le soldat du Christ, l'oint
du Seigneur, le pèlerin de Jésus crucifié ! Un ennemi plus implacable encore
lui a été donné. De la prison de Léopold il est tombé dans le labyrinthe d’Henri
! Depuis Judas Iscariote il ne s'est point trouvé d'homme semblable, qui
violât ainsi la loi du Très-Haut, qui livrât le juste avec autant de malice. « La
justice, l'équité, la crainte de Dieu, la foi, la religion, l'honneur ont
donc disparu de la terre ? Alors levez-vous, Seigneur ! Pontife, si la
douleur d’une malheureuse mère, d'une pécheresse ne vous touche pas, soyez au
moins sensible aux cris des pauvres, aux gémissements des prisonniers, au
sang des victimes, à la spoliation des églises, à l'oppression générale des
saints. Protégez mon fils du bouclier de votre bonne volonté.... Trois fois
vous avez promis d'envoyer des légats, et ils n'ont pas été envoyés. Ah ! je
suis forcée de le dire, si mon fils avait été dans la prospérité, ils se
seraient hâtés de courir au simple appel qui leur aurait été fait, parce
qu'ils auraient espéré de sa munificence de larges récompenses. Et pourtant
quelle récompense pourrait être plus glorieuse que celle de rendre la liberté
à un roi captif, la paix aux peuples, le repos aux hommes religieux, la joie
à tous ! « Les
rois et les princes de la terre se sont ligués contre mon fils, contre l'oint
du Seigneur : l'un le retient dans les fers, l'autre dévaste ses domaines ;
l'un lui tient le pied, l'autre l'écorche. Le pontife voit cela, et garde le
glaive de Pierre dans le « fourreau !...[1] » L'indignation
et la douleur de la reine Éléonore furent vivement senties et partagées par
les peuples de l'Europe, au milieu desquels la nouvelle de cet événement
produisit une immense et profonde émotion. Seuls les princes et les rois,
dont Cœur-de-Lion était la terreur, s'en réjouirent et en profitèrent. Touché
enfin des plaintes réitérées d'Éléonore et de ses chagrins, Célestin III
réclama, mais en vain, la liberté de Richard ; il lança les foudres du
Vatican contre Léopold et contre Henri VI, qui les bravèrent. Lorsque
Jean Sans-Terre apprit la détention de son frère, il se hâta de partir pour
Paris, où il fut bien accueilli par Philippe-Auguste. Il fit au roi de France
l'abandon de quelques portions de la Normandie, et se reconnut son homme lige
pour le reste de cette belle province, appartenant à la couronne
d'Angleterre. Jean
retourna ensuite dans la Grande-Bretagne, et à la tête d'une armée de
mercenaires il se proclama roi d'Angleterre. Il trouva une énergique et noble
résistance parmi les prélats et les hauts barons ; ils déployèrent l'étendard
royal, et refoulèrent les bandits payés par le comte de Mortagne. Celui-ci
consentit à un armistice, afin de pouvoir former de nouveaux plans et
d'observer le cours des événements. Considérant
Richard comme déchu du trône, Philippe-Auguste, qui dans cette, affaire joua
un rôle peu digne d'un grand prince, envoya au monarque captif un messager
chargé de lui remettre son hommage comme ancien vassal du roi de France
; infidèle au serment prêté à Nonancourt, renouvelé à Vézelay[2], Philippe-Auguste entra ensuite
en Normandie, en conquérant, avec une nombreuse armée ; il prit Vernon,
Passy-sur-Eure, Gisors, tout le Vexin, et soumit à son autorité le comté
d'Aumale jusqu'à Dieppe et Vaudreuil. Philippe
vient assiéger Rouen, défendue par le vaillant comte d'Essex, récemment
revenu de la Palestine. Dans un chaleureux discours du comte aux habitants de
la capitale de la Normandie, il montre à leur indignation la perfidie de
l'homme qui avait tourné le dos devant les Sarrasins[3] ; il exalte leur patriotisme
par le tableau de la désolation qui les entoure ; et tous jurent de vaincre
ou de mourir. Les femmes elles-mêmes volent aux armes ; du haut des murs de
la ville elles versent de la poix bouillante sur la tête des assaillants ;
les machines de guerre de Philippe sont brûlées. Dans un moment d'héroïque
désespoir, la garnison normande ouvre les portes de Rouen, et invite le roi
de France à entrer dans la place s'il l'ose. Il juge prudent de se retirer,
vient s'emparer de la ville d'Évreux, qu'il donne en garde à Jean SansTerre,
son allié, et marche sur Verneuil, qu'il assiège. Dans un
caprice plus digne de Néron que d'un prince chrétien, le comte de Mortagne
réunit à sa table, dans une salle du château d'Évreux, trois cents des
principaux habitants de cette ville ; au milieu du festin, les soldats
anglais, conduits par Jean Sans-Terre, massacrent tous les convives et
exposent leurs tètes sanglantes sur les murailles de la ville. Philippe,
en apprenant cette hideuse boucherie, lève le siège de Verneuil, accourt à
Évreux, prend la ville mal défendue par les Anglais, et y met le feu,
espérant y brûler Jean lui-même ; mais le prince assassin s'était enfui après
son crime[4] (1193). Pendant
que ces scènes se passaient en Normandie, le ministre tombé, Guillaume
Longchamp, le Blondel véritable du roi Richard, errait en Allemagne,
cherchant partout la prison où languissait le héros ; Guillaume la découvrit.
Bientôt des députés envoyés par le conseil de régence le suivirent. Admis en
la présence de Richard, ils tombèrent à ses genoux, qu'ils embrassèrent en
pleurant. « Ah ! dit le roi ému de ces touchantes démonstrations, je ne suis
donc pas entièrement abandonné sur cette terre. Amis, que Dieu vous rende
tout le bien que vous apportez à l'âme en deuil du prisonnier ! » Et il serra
contre son cœur tous ces serviteurs fidèles qui de si loin étaient venus le
plaindre, le consoler et lui dire que la vieille Angleterre saurait bien
trouver de l'argent pour racheter son roi. Longchamp
alla se jeter aux pieds de Henri VI, et le supplia de rendre la liberté à son
maître, dont le royaume était livré aux horreurs de la guerre civile.
L'empereur décida que Richard serait jugé par la diète germanique, réunie à
Haguenau, aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département du
Bas-Rhin. Le roi
d'Angleterre consentit à comparaître devant ce tribunal incompétent, présidé
par Henri VI en personne (avril 1193). Il écouta avec calme les chefs d'accusation
portés contre lui. Ils étaient au nombre de six : 1° appui donné au bâtard
Tancrède dans son usurpation du trône de Sicile ; 2° divers manquements au
roi de France, suzerain de Richard ; 3° le prince de Chypre injustement
détrôné y et cette île donnée à un étranger (Lusignan) ; 4° insulte faite à la nation
allemande, à Léopold, en faisant jeter dans un égout la bannière de
l'Autriche ; 5° le meurtre de Conrad de Montferrat, ordonné et soldé par
Richard[5] ; 6° connivence entre Saladin
et Richard pour ne pas enlever Jérusalem aux infidèles, et présents du sultan
acceptés par le roi d'Angleterre. Richard,
debout, les mains chargées de chaînes, répondit en ces termes à tous les
chefs d'accusation : « Je
suis né dans un rang à ne rendre compte de mes actions qu'à Dieu seul ; mais
elles sont d'une nature telle, qu'elles ne craignent pas même le jugement des
hommes, et particulièrement, seigneur, d'un prince (Henri VI) aussi juste que vous. « Mes
liaisons avec le roi de Sicile n'ont rien qui vous ait dû fâcher ; j'ai pu
ménager un homme dont j'avais besoin, sans offenser un prince dont j'étais
l'ami. Pour le roi de France, je ne sache rien qui m'ait dû attirer son
chagrin, que d'avoir été plus heureux que lui. Soit l'occasion, soit la
fortune, j'ai fait des choses qu'il eût voulu avoir faites : voilà tout mon
crime à son égard. Quant au tyran de Chypre, chacun sait que je n'ai fait que
venger les injures que j'avais reçues le premier. En me vengeant de lui, j'ai
affranchi ses sujets du joug sous lequel il les accablait. J'ai disposé de ma
conquête, c'était mon droit ; et si quelqu'un avait dû y trouver à redire,
c'était l'empereur de Constantinople, avec lequel ni vous ni moi n'avons pas
de grande mesure à garder. « Le
duc d'Autriche s'est trop vengé de l'injure dont il se plaint, pour la
compter encore parmi mes crimes. Il avait manqué le premier, en faisant
arborer son drapeau dans un lieu où nous commandions, le roi de France et
moi, en personne : je l'ai puni trop sévèrement ; il a eu sa revanche au
double ; il ne doit plus rien avoir sur le cœur, si ce n'est le scrupule
d'une vengeance que le christianisme ne permet pas. « L'assassinat
du marquis de Montferrat est aussi éloigné de mes mœurs, que mes
intelligences prétendues avec Saladin sont peu vraisemblables. Je n'ai pas
jusqu'ici montré assez de crainte de mes ennemis, pour qu'on me croie capable
d'attaquer leur vie autrement que l'épée à la main, et j'ai fait assez de mal
à Saladin, pour donner à penser que, si je ne l'ai pas trahi, je n'ai pas été
son ami. « Mes
actions parlent pour moi, et me justifient mieux que mes paroles. Acre pris,
deux batailles gagnées, des partis défaits, des convois enlevés, avec tant de
riches dépouilles dont toute la terre est témoin que je ne me suis pas
enrichi, marquent assez, sans que je le dise, que je n'ai pas épargné
Saladin. J'en ai reçu des présents, que ce Sarrasin, non moins recommandable
par sa courtoisie et sa générosité que par sa valeur et sa conduite, m'a de temps en
temps envoyés. Le roi de France en a reçu comme moi ; ce sont là des
honnêtetés que les braves gens dans la guerre se font les uns aux autres sans
conséquence. « On
dit que je n'ai pas pris Jérusalem : je l'aurais prise si l'on m'en avait
donné le temps. C'est la faute de mes ennemis, non la mienne, et je ne crois
pas qu'aucun homme équitable me puisse blâmer d'avoir différé une entreprise
qu'on peut toujours faire, pour apporter à mes peuples un secours qu'ils ne
peuvent plus longtemps attendre. Voilà, seigneur, quels sont mes crimes. Juste
et généreux comme vous êtes, vous reconnaissez sans doute mon innocence ;
et si je ne me trompe, je m'aperçois que vous êtes touché de mon malheur[6]. » On
assure, en effet, que les paroles de Richard, sa noble attitude, son calme
plein de majesté, émurent vivement Henri VI ; il ordonna sur-le-champ de
rompre les chaînes qui meurtrissaient ses royales mains. La diète, dont il
s'était attiré la sympathie, déclara que la liberté devait être rendue à
l'auguste prisonnier. Mais l'empereur le retint encore dans les fers ; il
consentit seulement, et c'est là qu'il voulait en venir, à traiter de la
rançon du roi. Il
avait acheté Richard à Léopold pour soixante mille livres d'argent ; il
exigea le double de cette somme. Le roi d'Angleterre promit de la payer. On
dit que Richard se reconnut vassal de Henri VI, lequel lui donna en retour,
par acte authentique, le Viennois, le Lyonnais, Marseille, Arles, provinces
et villes sur lesquelles l'empereur d'Allemagne n'avait que des droits
incertains et contestés. Il fut convenu aussi que Richard rendrait à Isaac,
le dernier prince de Chypre, la liberté, mais non ses domaines, et que la
captive du roi d'Angleterre, la fille d'Isaac, serait remise aux soins de son
oncle, le duc d'Autriche. Lorsque
Philippe-Auguste et Jean Sans-Terre connurent les conditions de la délivrance
de Richard, ils promirent à l'empereur de lui assurer une somme d'argent plus
forte que celle qui avait été fixée pour la rançon du roi, s'il voulait
retenir Cœur-de-Lion dans les fers, ou de lui payer vingt mille livres pour
chaque année d'emprisonnement. Henri VI, que les Normands d'Italie appelaient
le Cyclope, ne put résister à d'aussi séduisantes propositions ; il
allait y souscrire, lorsque les prélats et les barons d'Allemagne qui
s'étaient portés garants de la délivrance du monarque anglais, reprochèrent à
leur empereur sa cupidité et le déterminèrent à lâcher sa proie. L'Angleterre,
que Richard avait ruinée en partant pour la croisade, s'épuisa pour racheter
son roi ; elle vendit jusqu'à ses vases sacrés. Plus de soixante-dix mille
livres d'argent furent payées comptant au Cyclope ; Richard donna des
otages pour le paiement du reste. Plantagenet
respira enfin l'air de la liberté, après quatorze mois (décembre 1192
à février 1194)
passés dans les prisons de Henri. En apprenant par ses espions la délivrance
de Richard, Philippe-Auguste adressa à Jean Sans-Terre une lettre dans
laquelle on ne lisait que ces mots : Prenez garde, le lion, est déchaîné. Accompagné
de quelques serviteurs fidèles, le roi d'Angleterre descendit le Rhin jusqu'à
Cologne. L'archevêque de cette ville le conduisit au port d'Anvers, où
Richard trouva sa flotte qui l'attendait. Il s'y embarqua au milieu des cris
de joie des matelots, et aborda à Sandwich, où le peuple l'accueillit par les
plus vives acclamations. Son entrée à Londres fut triomphale. Les nobles et les vilains[7] étaient venus à sa rencontre. Le peuple anglais adorait Richard, malgré ses défauts ; il ne parlait que de sa vaillance, de ses exploits, de sa générosité, de ses malheurs, et remerciait Dieu de lui avoir rendu un prince qu'il n'espérait plus six mois auparavant. |
[1]
Ces lettres d'Éléonore, dont nous n'avons donné ici que des extraits, car elles
sont très-étendues, se trouvent dans les Actes de Rymer.
[2]
Voyez le chapitre V de cet ouvrage.
[3]
Le futur vainqueur de Bouvines n'était pas homme à tourner le dos devant
l'ennemi ; mais comme tout était calcul ou combinaison dans sa politique,
il quitta la Terre Sainte dans la persuasion que les intérêts de sa couronne
réclamaient sa présence en France.
[4]
Actes de Rymer, tome I.
[5]
On fit circuler alors en Europe une lettre du Vieux de la Montagne, par
laquelle le prince des assassins attestait que Richard n'avait pris
aucune part au meurtre de Conrad. Cette lettre, à laquelle aucun historien n'a
ajouté foi, se trouve dans la chronique de Matthieu Paris.
[6]
Révolution d'Angleterre, par le P. d'Orléans.
[7]
Matthieu Pâris.