HISTOIRE DES DUCS DE BOURGOGNE DE LA RACE CAPÉTIENNE

TOME NEUVIÈME ET DERNIER

 

CHAPITRE LXIII. — LA BOURGOGNE PENDANT SON ANNEXION À LA COURONNE SOUS JEAN LE BON - novembre 1361 à juin 1362.

 

 

Inquiétude des populations après la mort de Philippe de Rouvre. — Hostilité des seigneurs pour la prise de possession du duché annexé par le roi à la couronne de France. — Compétitions de Jean de Bourgogne-Comté et du roi de Navarre. — Personnages dévoués qui défendent en Bourgogne les intérêts de Jean le Bon : Jean de Boulogne, comte de Montfort, Jean de Melun, comte de Tancarville, Henri de Bar, sire de Pierrefort. — Réintégration des principaux officiers au nom du roi. — Tentatives avortées de Jean de Bourgogne-Comté. — Arrivée du roi en Bourgogne, prise de possession du duché. — Hommages rendus par les féodaux. — Concessions du roi, affranchissements, exemptions, rémissions, anoblissements, donations. — Sympathies acquises au roi par son affabilité et ses courtoisies. — Réunion des trois Etats de la province à l'abbaye de Saint-Bénigne, vote d'un subside pour subvenir au paiement du roi d'Angleterre. — Arrangements passés, à Cîteaux entre Jean le Bon et les cohéritiers du dernier duc. — Menaces d'invasion des compagnies du côté du Lyonnais et du Beaujolais. — Tenue du parlement de Beaune en présence du roi, décisions et jugements du parlement. — Mandement pour faire prendre les armes et marcher à l'ennemi. — Le comte do Tancarville nommé lieutenant général pour le recrutement des gens d'armes et l'organisation d'un corps d'armée. — Réunion des députés des trois Etats, difficulté de trouver des subsides. — Tancarville fait une avance de dix mille florins pour mener la chevauchée. — Départ des troupes pour le Lyonnais, leur jonction avec celles de Jacques de Bourbon. — Rencontre et attaque inopportune des compagnies par les troupes royales, et avant l'arrivée du maréchal d'Audrehem. — Bataille de Brignais, déroute et désastre do l'armée royale, échec de la cause de l'ordre. — Mort de Jacques et Pierre de Bourbon, de Jean de Noyers, comte de Joigny. — Prisonniers relâchés sur parole après promesse de grosses rançons, le lieutenant général de Tancarville, Arnaud de Gervole, Girard de Thurey, Jacques de Granson, Simon d'Angoulevent, Henri de Longvy, sire de Rahon, Hugues, sire de Rigny, Jean de Villars, Gautier et Guillaume de Beaujeu, Gui de Frolois, Guillaume de Choiseul, sire d'Aigremont, etc., etc. — Arrivée du maréchal d'Audrehem après la capitulation de Saugues, son influence pour obtenir un traité et des trêves. — Les capitaines des compagnies s'engagent à quitter le pays. — Inanité de ces engagements. — Emotion dans le duché après l'affaire de Brignais, garnisons dans les châteaux. — Bandes de routiers ravageant le Mâconnais, le Chalonnais, l'Auxois, le Châtillonnais. — Appel sans résultat aux féodaux assez occupés à défendre leurs domaines.

 

Toutes les précautions prises par les gens du conseil à la mort de Philippe de Rouvre indiquent suffisamment quel était l'état des esprits. On ignorait en quelles mains allait tomber sa succession, et la série de calamités que l'on traversait ne faisait rien augurer de bon pour l'avenir. Le désarroi de l'administration était extrême ; les officiers ne savaient si leurs fonctions leur seraient conservées, les comptables craignaient de perdre leur emploi, les barons renfermés dans leurs forteresses surveillaient les mouvements des compagnies, et les malheureuses populations rurales, qui n'avaient plus rien à espérer ou à perdre en ce monde, ne redoutaient que les ravages de l'épidémie qui les eût délivrés de tant de maux.

Un certain nombre de seigneurs étaient hostiles à la prise de possession du duché par Jean le Bon ; il fallait « obvier à la male volonté d'aucuns borgoignons qui s'étoient ventés que il ne soffreroient pas que notre dit seigneur [le roi] succédast audit duchié, et que en ce cas il ne luy obéiroient pas »[1]. D'autre part, un sérieux compétiteur, dernier héritier mâle de la branche aînée des Chalons, Jean de Bourgogne, revendiquait la possession du comté. Ailleurs, l'attitude menaçante du roi de Navarre et de ses partisans laissait assez voir qu'il avait personnellement des droits à réclamer. Il importait de couper court à des compétitions multiples par une action immédiate et énergique.

Jean le Bon avait heureusement en Bourgogne un agent fidèle et depuis longtemps dévoué, comme lui intéressé à la succession, et comme lui désireux de la répartition équitable des grands fiefs qui en dépendaient, Jean de Boulogne, comte de Montfort, grand-oncle du défunt, auquel devait revenir sans contestation le comté dont il portait le nom en même temps que le comté d'Auvergne[2]. Trois jours après le décès de Philippe de Rouvre, le comte de Boulogne, au nom du conseil ducal qu'il présidait, avait envoyé des courriers à tous les baillis et aux habitants des villes, pour donner ordre de ne laisser entrer personne, et de n'obéir qu'au roi ou à ses mandataires porteurs de lettres patentes[3]. Lui seul avait pris en main, avec l'approbation du conseil[4], les affaires du duché et la responsabilité de l'administration. Tout d'abord, il avait expédié plusieurs messages au roi pour le prévenir de la mort inopinée du duc, et les dispositions prises sans retard par Jean le Bon laissent supposer qu'il y avait eu accord préalable entre les prétendants.

Dans une charte datée du château de Louvre, près Paris, au mois de novembre c'est-à-dire quelques jours après le décès du duc, Jean le Bon déclarait réunis à la couronne le duché de Bourgogne, ainsi que les comtés de Champagne et de Toulouse. L'acte rédigé en peu de lignes ne discute rien ; le roi met la main sur le duché à titre de plus proche héritier et non par droit de retour à la couronne[5].

Jean de Melun, comte de Tancarville, grand chambellan de France, grand maître des eaux et forêts et souverain maître de l'hôtel, confident le plus intime du roi dont il avait partagé la captivité en Angleterre, fut envoyé en Bourgogne, le 29 novembre, pour exécuter ses ordres, et préparer la prise de possession officielle. En même temps, Arnaud de Cervole reçut mission de réunir des troupes à Corbigny, en Nivernais, afin de tenir en respect ceux qui auraient voulu mettre obstacle à ces projets[6]. Puis, deux conseillers dévoués aux intérêts de la couronne Gui de Saint-Sépulcre, doyen de Troyes, et Nicolas Braque vinrent apporter leur concours au comte de Montfort pour l'administration de la province et l'installation des officiers, au nom du roi[7]. Ils étaient suivis de deux agents actifs et non moins dévoués, Jean Chalemart, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel, et le secrétaire Jean Blanchet, dont le nom ligure si souvent sur les registres de l'époque[8].

Le conseil ducal renouvela les ordres précédemment adressés aux baillis, châtelains et capitaines de ne laisser entrer personne dans les villes et forteresses, à l'exception des gens du roi[9]. On prescrivit à tous les féodaux du duché de se trouver à Dijon le dimanche avant Noël pour la prestation d'hommage, mais dans l'impossibilité où fut le roi de se trouver au jour indiqué, la convocation fut ajournée et retardée de quelques jours[10].

Jean de Bourgogne, profitant de l'absence des compétiteurs et mieux placé pour faire valoir ses prétentions sur le comté, avait réussi, aussitôt après le décès du duc, à soulever les populations. Il s'était emparé du château d'Apremont, et était entré à Gray, où sa présence avait été bien accueillie. Poligny lui eût également ouvert les portes ; une sédition s'y déclara en sa faveur, mais elle fut vite réprimée par l'énergique résistance du bailli d'Aval, Olivier de Jussey. L'hostilité de l'aristocratie franc-comtoise envers un prétendant qui avait jadis lutté contre leur confédération, et qu'ils regardaient comme un usurpateur, fit avorter ce mouvement insurrectionnel ; les hauts barons, désireux d'échapper à la domination d'un seigneur qu'ils considéraient comme leur inférieur, préféraient de beaucoup le gouvernement d'une femme, et Marguerite, comtesse de Flandre, fille de Philippe le Long, soutenue par eux, put sans difficulté recevoir l'hommage de ses nouveaux sujets.

L'ajournement du départ du roi pour la Bourgogne n'avait donc pas été sans motif. En raison de l'hostilité de certains seigneurs et des incidences qui venaient de se produire, il y avait opportunité à donner à la cérémonie de la prise de possession tout l'éclat désirable. Jean le Bon se mit en mesure pour faire son entrée avec une escorte respectable ; ses chambellans, Charles, comte de Dammartin, et Jean, comte de Sancerre, étaient du voyage avec une suite nombreuse d'officiers, de comptables, d'huissiers de salle, veneurs, queux, valets[11]. La meute des chiens courants et les lévriers étaient envoyés en avant. Charles, duc de Normandie, devait lui-même accompagner le roi, et, pour plus de : solennité, on avait fait venir du dauphiné Raoul de Loupi, gouverneur de cette province.

« Et se parti le roy de Paris pour aler prendre la possession dudit duchié, le dimenche cinquiesme jour de décembre, et ala ou bois de Vincienne au giste[12]. » On constate ensuite son passage à Moret, Montereau-fault-Yonne, Sens, Villeneuve-le-Roi, Saint-Florentin[13]. De fréquents messages expédiés de Dijon le tenaient au courant de ce qui se passait et de l'agitation produite dans le comté par les démarches de Jean de Bourgogne[14].

Nous ne savons si le roi passa à Dixmont, où Jean Germain, natif de ce bourg, devait être retiré. Jean Germain, membre de son conseil privé, l'un des personnages dévoués qui avaient partagé sa captivité en Angleterre, avait été confesseur de la reine Jeanne de Boulogne, élevé au siège, épiscopal de Chalon, puis promu à l'évêché d'Auxerre. Jean le Bon ayant diné au château de Régennes, le vendredi 17, fit son entrée le lendemain à Auxerre, et procéda le même jour à l'installation du prélat. Il entendit ensuite les requêtes des habitants et fit droit à leurs réclamations. Le détail des cérémonies a été longuement rapporté par l'abbé Lebeuf[15]. Le roi alla ensuite dîner à Saint-Bris, en compagnie de Jean Germain, et se rendit à Tonnerre[16], où il devait être le 19. Il fut touché en route par un message qui lui avait été « hastivement » adressé par le comte de Montfort[17], et qui le mettait au courant des agissements de Jean de Bourgogne, et des localités atteintes par l'épidémie, dont la traversée devait être évitée.

Le jeudi 23 décembre eut lieu la « joyeuse entrée » de Jean le Bon à Dijon, qui jura sur l'autel de Saint-Bénigne de « tenir et garder fermement les libertés, franchises, immunités et privilèges de la ville ». Le maire, les échevins et les habitants s'engagèrent aussi par un serment d'être « loyaux subjetz » et de protéger les droits du roi envers et contre tous[18]. De semblables cérémonies eurent lieu les jours suivants, en présence des membres du parlement, des députés des Trois Etats, etc.[19]. Avec les uns et les autres, le roi, aussi habile diplomate que médiocre chef d'armée, se montra d'une extrême bienveillance et d'une séduisante affabilité. En peu de temps il parvint à transformer en sympathie les sentiments d'hostilité qui avaient pu se manifester au premier moment.

Les cent vingt chartes environ qu'il a été possible de recueillir, parmi celles qu'il délivra pendant son séjour de six semaines en Bourgogne, s'adressent à toutes les classes de la population, dont il eut l'art de gagner la confiance et l'affection, depuis les personnages les plus considérables qui par leur influence pouvaient servir sa politique, jusqu'aux prisonniers rendus à la liberté par suite du droit de joyeux avènement ; confirmations de chartes antérieurement accordées par les ducs, ratifications de privilèges[20], amortissements[21], affranchissements[22], concessions[23], autorisations[24], exemptions de tailles[25] ; nombreuses lettres de rémission pour crimes et excès divers concédées aux seigneurs comme aux vilains, à Guillaume de Prétain, de Vézelay, Nicolas de Marcellaye, Pierre de Savigney, Geofroi d'Isômes, Thomas de Reims, Jean et Philippe de Merry-sur-Yonne, Hugues de Pommard, chevaliers, Silvestre de Nogent, Rigaud de Jully, écuyers, Jean de Saint-Basile, Othe d'Eguilly, Simon d'Aignay, chevalier, Dreux de Chappes, seigneur de Dracy, près Vitteaux, etc.[26]. Citons les lettres de noblesse concédées pour services rendus, et sur la demande de l'évêque de Clermont, à Laurent Boudouart de Semur, qui pourra être promu à la chevalerie sans payer finance[27] ; l'anoblissement de Guillaume de Marcilly et de toute sa postérité, « bien que de lignée non noble », pour avoir fait à ses risques et périls plusieurs voyages à Calais et en Angleterre pour les affaires du duché[28].

Les dons en argent et les pensions ne se comptent pas, malgré la pénurie des finances, mais ces rentes étaient assises sur les revenus des terres du duché, et il faut reconnaître que ces libéralités, destinées à stimuler le zèle et la fidélité des serviteurs, ne coûtaient guère au souverain qui les prodiguait.

La famille de Vienne occupait un trop haut rang dans la hiérarchie féodale pour ne pas participer à ces largesses. Jacques de Vienne, seigneur de Longvy, ancien capitaine général des guerres, reçut une pension viagère de cinq cents livres tournois, à prélever sur les recettes de Saint-Jean-de-Losne, pour laquelle il rendit foi et hommage au roi, et fut retenu conseiller de son conseil étroit[29]. Girard de Thurey, frère de l'archevêque de Lyon, avait trop d'influence pour que son appui fût négligé. Cet ancien chambellan de Philippe de Rouvre, longtemps maréchal du duché, fut avantagé d'une rente annuelle de deux cents livres à prendre sur les foires de Chalon, et prit rang parmi les conseillers du roi[30]. Antérieurement à ces donations, le brave Thomas de Voudenay, ancien lieutenant des maréchaux de France, avait été gratifié d'une pension de quatre cents florins, qui lui fut confirmée pour les services que ce prisonnier de Poitiers avait rendus à la couronne et aux ducs de Bourgogne[31]. Catherine de Vienne, dame de Meursault, femme de Robert de Grancey, dame d'honneur de la jeune duchesse Marguerite de Flandre, qui avait assisté jusqu'à sa dernière heure la malheureuse Jeanne de Bourgogne expirante, en fut récompensée par une rente assise sur la terre de Maisey[32].

Nous n'entrerons pas dans le détail des donations attribuées à tant de personnes dont on voulait stimuler le zèle et s'assurer le concours, comme le chambellan Charles, comte de Dammartin ; Anchaise, chevalier sauvage de Charles, duc de Normandie ; Josset de Bruxelles, armurier du feu duc ; Joceran de Lugny, chevalier, Philibert de Tenarre, écuyer, Pierre Maigret, huissier de salle, etc.[33].

De si généreuses distributions avaient favorablement disposé les esprits, et le roi put sans encombre réorganiser l'administration du duché, conserver dans leurs fonctions la plupart des officiers, baillis, châtelains et capitaines, et mettre à leur tête des hommes d'une fidélité éprouvée, comme Jean de Melun, comte de Tancarville, son lieutenant, et Henri de Bar, sire de Pierrefort, gouverneur. Les conseillers Jean Chalemart, maître des requêtes de l'hôtel, et Jean Blanchet durent s'occuper plus spécialement de l'administration financière. Une charge de monnayeur royal fut créée en faveur de Gui de Champdivers, clerc et secrétaire du duc de Normandie[34], et un office d'ouvrier monnayeur fut attribué à Henri Vertuosi[35]. Quatre clercs et conseillers, honorés de la confiance de Philippe de Rouvre, furent conservés dans leurs fonctions, Philibert Paillart et Bertaud d'Uncey, qui devinrent plus tard chanceliers de Bourgogne, Pierre Guret et Gille de Montagu.

L'attitude du roi à la séance du 28 décembre 1361, première réunion des Etats généraux de la province à l'abbaye de Saint-Bénigne[36], lui avait valu toutes les sympathies. Il avait fait droit aux requêtes, il avait accordé que la justice serait rendue aux jours généraux, que les franchises seraient respectées, qu'il y aurait comme auparavant un gouverneur dont on ne paierait pas le droit de sceau, qu'il y aurait une chambre des comptes, que le maréchal seul ferait les levées d'hommes et recevrait les « montres », que les circonscriptions des anciens bailliages seraient conservées, que le roi ou ses gens ne pourraient rien prendre ni exiger sans paiement, etc., etc. Dans les séances suivantes les commissaires du roi profitèrent de ces bonnes dispositions pour demander les secours pécuniaires dont la province avait un urgent besoin. Les députés des Trois Etats, après de longues discussions, accordèrent la levée d'un gros par feu et par semaine, à condition que le roi se chargerait de payer ce qui restait dû au roi d'Angleterre pour la rançon exigée par le traité de Guillon. Le subside devait être payé aussi bien par les nobles que par les gens d'église, bourgeois et habitants. Poinçart Bourgeoise fut institué, le 5 janvier, receveur général de ces subsides extraordinaires[37]. Les recettes du duché devaient toutes être versées au trésor royal dans les mains des trésoriers, sans qu'il fût permis d'en distraire la moindre partie[38].

Les trois cohéritiers de Philippe de Rouvre avaient pris rendez-vous à l'abbaye de Cîteaux, le 16 janvier, non pour la répartition des domaines, qui était depuis longtemps arrêtée, mais pour procéder au partage des biens meubles. Jean le Bon et le comte de Montfort s'y rendirent ; la comtesse Marguerite s'y fit représenter par Guillaume de Poitiers, évêque de Langres, auquel sa procuration avait été envoyée. Tous les meubles étant au duché furent attribués au roi, à charge de payer les dettes contractées pour la province, ainsi que les frais des obsèques du feu duc, montant à environ six mille florins, chiffre assurément exagéré, d'après ce qui en a été dit précédemment (3). Lecomte de Boulogne et Marguerite devaient recueillir ce qui se trouverait dans les châteaux du Boulonnais, de l'Auvergne, des comtés de Bourgogne et d'Artois, et acquitter moitié des legs en argent inscrits au testament du duc, c'est-à-dire environ quatre mille cinq cents florins. Les mandataires de la comtesse de Flandre, craignant qu'on ne l'obligeât à participer au paiement des vingt mille moutons d'or empruntés au pays d'Artois pour faire face aux dettes du duché, stipulèrent que cet emprunt serait à la charge du roi seulement[39].

Ces arrangements pris et scellés, Jean le Bon se rendit de Cîteaux au parlement de Beaune, où devait le rejoindre l'évêque de Clermont pour le règlement de diverses affaires.

« L'an mil CCCLXI, le diemoinge après les vint jours de Nouel, commença li parlement de Beaune pour le roy Jehan nostre sire, et dura le lundi, le mardi, mercredi, jeudi et vanredi ensuigant, et il fut le roy en sa personne, combien que il ne fut point au jugement. Et audit parlement fut présidant maistre Jehan Chalemart, et furent les causes conseilliez par le dit présidant, mons. Roubert de Lugny, chancelier de Bourgoigne, l'abbé de Saint-Martin, d'Ostun, le priour de Sainl-Simphorien, maistre Estienne de Vandenesse, dien de Vergier, messire Anxeal de Duesme, maistre Estienne de Sainte-Crois, messire Jehan deTirceleu, maistre Berteal d'Uncey, maistre Phelibert Paillart, maistre Guillaume de Gluney, bailli d'Auxois et maistre Jehan Paillart, Doudry d'Ostun. Et le dit diemonge, le lundi en suigant furent présentations, le mardi et mecredi furent plaidoeries, elle jeudi suigant XIXe jour de janvier furent donnez les arrez par le dit présidant, et valoit lours à Beaune florins de Florence XII s. VIII d. et gros XVI d. »[40].

La session de ce parlement qui dura cinq jours fut quelque peu troublée par les ravages de l'épidémie et par les nouvelles inquiétantes des compagnies. La présence du roi et des nombreux chevaliers qui l'escortaient avait tenu en respect ces bandes peu disciplinées, mais elles n'avaient pas tardé à refluer dans la direction du duché, et à envahir partie du Lyonnais, du Beaujolais et du Forey.

La tentative faite sur la ville de Charlieu avait été repoussée, mais Marcigny-les-Nonnains était occupé par l'ennemi ; une troupe de pillards s'était même avancée jusqu'à Chalon. Le Petit Meschin avait pris le prieuré d'Estivareille, et peu après, le château de Brignais, non loin de Lyon, tombait au pouvoir des routiers[41]. Les régions de l'Ain et du Jura étaient ravagées par les compagnies de Thibaud de Chauffour et de Jacques Huet, qui occupaient le château de Pymont, appartenant à la maison de Vienne, et le fort d'Oliferne, domaine des Chalon ; leurs chevauchées et leurs méfaits aux environs de Lons-le-Saulnier et de Clerval avaient un funeste retentissement[42].

Comme don de joyeux avènement, Jean le Bon ne pouvait en offrir de plus agréable à ses nouveaux sujets que d'assurer leur tranquillité, en prenant des mesures efficaces contre les compagnies errantes qui menaçaient perpétuellement le duché. Un mandement daté de Beaune, le 20 janvier, donnait avis des alarmantes nouvelles, enjoignait aux baillis de faire prendre les armes à la noblesse, et de publier dans chaque localité « que toutes manières de gens du plat paiis retraissent corps et biens ez forz les plus prouchains, et que tous capitains, chastellains et gardes des diz forz les recehussent gracieusement »[43]. Pour compléter l'organisation de la défense, Jean le Bon lança cinq jours plus tard une autre ordonnance établissant un grand commandement militaire, qui comprenait le duché de Bourgogne, les comtés de Champagne, de Brie et de Forez, les bailliages de Sens, Mâcon, Lyon et Saint-Pierre-le-Moutier, les baronnies de Donzy et de Beaujeu, dont le comte de Tancarville, lieutenant du roi, devait prendre la direction[44]. Les gens d'armes qui avaient ordre de l'accompagner étaient convoqués à la date du 13 février, et, pour les payer, on devait prélever pendant trois mois sur chaque feu des villes franches et des localités ayant foire et marché « un gros tournois d'argent viez »[45]. Pierre Paris de la Jaisse, bailli de la Montagne, fut chargé de conduire les nobles et les hommes de sa circonscription à Saint-Gengoux, pour les mettre à la disposition de Tancarville, « afin de combattre à l'ayde de Dieu les gens de la grant compaigne »[46].

Ces dispositions prises, Jean le Bon mit quelque empressement à quitter la Bourgogne, et à regagner l'Ile-de-France ; peut-être voulait-il échapper à l'épidémie qui avait atteint quelques personnes de son entourage. Il était encore à Beaune, le 25 janvier[47], quitta cette ville le soir ou le lendemain ; on le signale le 28 à Dijon[48], le 30 à Chanceaux[49], le 2 février à Aignay-le-Duc et à Busseau[50], le 3 à Châtillon-sur-Seine[51], puis à Troyes[52] et à Saint-Lyé, et le 11 il était de retour à Paris.

Resté seul maître des destinées de la Bourgogne, le comte de Tancarville déploya la plus grande activité pour s'acquitter de la mission qui lui avait été confiée. Il fit appel à la noblesse des provinces soumises à son gouvernement et aux hommes capables de porter les armes, qui y répondirent avec entrain et se préparèrent à le suivre ; les membres les plus considérables de l'aristocratie franc-comtoise, si ennemis de toute contrainte étrangère, n'hésitèrent pas à reconnaître son autorité et à se ranger sous sa bannière. Les convocations lancées du mois de janvier au mois de mars permirent de grouper des forces imposantes[53].

Pour payer ces troupes il fallait avoir recours aux Trois-Etats, et les députés nommés dans les différents bailliages se réunirent à Dijon, le 6 février[54]. Mais cette assemblée, usant de ses droits et craignant d'imposer de trop lourds sacrifices à la province après les subsides antérieurement accordés, ne donna pas tout ce que les commissaires du roi en attendaient, et en tous cas la perception des aides précédents se faisait avec une lenteur qui ne répondait ni aux exigences de la situation, ni à l'imminence du péril ; car on n'avait pas seulement à payer les féodaux et les gens d'armes du pays ; mais, ce qui pressait davantage et né souffrait aucun retard, c'était la solde des soudoyers et des chevaliers d'aventure recrutés un peu partout. Il fallait payer les blés, les farines, les avoines, les pois, les victuailles achetés dans chacune des châtellenies[55], et suppléer à l'organisation d'une intendance qui n'existait pas. Le comte de Tancarville, désireux de mener vigoureusement la campagne, fit une avance de dix mille florins, qu'il espérait toucher plus tard sur les aides des villes et communautés.

La conduite et le zèle du lieutenant du roi méritent les plus grands éloges, car s'il ouvrit sa bourse pour faciliter la réussite d'une entreprise qui devait aboutir à un désastre, il n'épargna ni ses démarches, ni ses peines afin d'arriver à un bon résultat. On le vit chaque jour parcourir la province, tantôt dans le duché, tantôt dans la Franche-Comté, à Dijon, Beaune, Autun, Rouvre, Dôle, Gray, Auxonne, stimulant l'activité des baillis et des capitaines, entrant en relation avec les membres les plus hostiles de l'ancienne confédération, et les amenant à prendre part à une action commune où l'honneur et la sécurité du pays étaient en jeu.

Le comte de Tancarville se mit en marche vers le milieu de mars ; parti de l'Autunois, il traversa le Maconnais, le Beaujolais, et arriva sur la fin du mois à Lyon, où l'attendaient les contingents que Jacques de Bourbon ramenait du Languedoc, et où devaient également les rejoindre les troupes disponibles du maréchal d'Audrehem, alors occupées au siège de Saugues dont on précipita la capitulation. Toutes ces forces devaient se réunir sous le commandement général du lieutenant du roi, qui ne se dissimulait ni les difficultés de sa mission ni la longue durée de cette chevauchée, car il avait fait venir de Rouvre toutes les tentes qui s'y trouvaient, pour faire camper son armée, et avait même fait conduire à Lyon la chapelle portative du duc défunt[56]. Il se préparait à faire le siège de Brignais, non à y livrer une bataille.

Le voisinage des compagnies précipita les événements et rendit la lutte imminente. Jacques de Bourbon, malgré les sages avis d'Arnaud de Cervole, juge plus compétent en pareille matière, et qui connaissait mieux les chefs que l'on avait à combattre, résolut l'attaque immédiate, sans attendre le ralliement entier de l'armée. Sa rencontre eut lieu le 6 avril 1362, à Brignais, où les routiers bien avisés, et campés dans une position avantageuse, avaient dissimulé des forces bien supérieures à celles qui voulaient les déloger. Dans ce rapide exposé, nous n'avons pas à entrer dans le détail de cette bataille qui a donné lieu à des études sérieuses[57], nous n'avons à en relater que les conséquences et les faits nouveaux.

Les corps de troupes qui guerroyaient au nom du roi se heurtèrent à Brignais, non à quelques compagnies, mais à une véritable armée de dix à quinze mille hommes, qui comptaient pour chefs des capitaines de routiers fort expérimentés, comme Garciot du Chastel, dont on connaît les exploits dans le Nivernais, Jean Aimery, Arnaud dit Tallebardon, le Petit Meschin, le Bour de Breteuil, Bérard d'Albret, Espiote, Guiot du Pin, Bertuquin et autres, qui tous s'étaient fait par le pillage et par leurs exactions une triste célébrité et une haute fortune.

La victoire des compagnies à Brignais est l'un des épisodes les plus néfastes de cette malheureuse époque, car-si les pertes de l'armée royale étaient immenses, la cause de l'ordre subissait un échec dont la noblesse était rendue responsable, et qui portait une grave atteinte à son autorité. Les barons et les chevaliers furent cependant les seuls à supporter le poids d'une action imprudemment engagée, car si nombre d'entre eux succombèrent dans le combat, la plupart des autres furent faits prisonniers, et perdirent leurs chevaux, leurs bagages et leurs approvisionnements.

Parmi les victimes de cette sanglante journée figuraient Jacques de Bourbon et son fils Pierre, Jean de Noyers, comte de Joigny, ancien gouverneur de Bourgogne, qui ne survécurent que quelques jours à leurs blessures.

Le nombre des prisonniers était si considérable que la plupart furent relâchés sur parole, et, au premier rang, le comte de Tancarville, lieutenant du roi, qui put recouvrer promptement sa liberté moyennant rançon. Arnaud de Cervole, prisonnier du bâtard de Monsac, un de ses compatriotes, fut relâché sur la promesse d'une somme dont le maréchal d'Audrehem se rendit caution[58], et qui fut en partie payée par le trésor royal[59] ; Girard de Thurey, ancien maréchal de Bourgogne, se rendit à Jean Doublet, qui lui accorda la liberté sans aucune condition, parce que, sur les conseils de son captif, il prit la détermination d'abandonner les compagnies et de rentrer sous l'obéissance et au service du roi. Jacques Humbert de Granson, écuyer, fut gratifié par Tancarville de deux cents florins d'or pour le dédommager de sa prison et de ses pertes en la bataille[60]. Simon d'Angoulevent, écuyer, gravement blessé, perdit ses chevaux, ses équipages, et paya une grosse rançon pour se racheter[61]. Indemnité de deux cents livres tournois à Gui du Trembloy pour sa libération[62] ; indemnité à Henri de Longvy, sire de Rahon, et aux gens d'armes qui l'avaient accompagné[63] ; indemnité au châtelain et à la garnison du château de Jasseron qui avaient marché à l'ennemi[64] ; indemnité de trois cents florins de florence à Simon de « Joy » pour l'aider à payer sa rançon[65] droits d'amortissement accordés à Jean de Villars, écuyer, pour même motif[66] ; concession d'une maison sise à Beaune, dite maison de Vienne, à Hugues, sire de Rigny et de Frolois, prisonnier à Brignais avec toutes ses gens, savoir : Henri de Louaise, chevalier, Jean de Montureux, Gautier de Beaujeu, Guillaume, son frère, Henri de Scey, Jean de Pontailler, Jean de Sainte-Marie, Ferry de Fontenay, etc.[67] ; don de mille florins de florence à Gui de Frolois pour payer sa rançon[68] ; don de quatre cents florins à Guillaume de Choiseul, seigneur d'Aigremont pour ses pertes et dommages[69] ; don de cent florins d'or à Guillaume de Martin ville, capitaine de Rouvre, pour même cause[70] ; indemnités au bailli de Mâcon et même à des religieux de Chalon pour leur conduite à Brignais[71]. Jean de Neufchâtel-sur-le-Lac, qui s'était cependant toujours signalé par son hostilité constante contre le duché, avait pris part à l'action dans les rangs des Bourguignons, et était tombé dans les mains d'un aventurier, Beraut de Bartan[72]. La liste des victimes de cette fatale journée est longue, car toute la noblesse de la province était là, comme les sires de Grancey, trois membres de l'illustre maison de Vienne, Jacques, Jean et Hugues, Louis et Hugues, fils de Jean de Chalon-Arlay, Anseau de Salins, les sires de Montagu, de Mâlain et beaucoup d'autres[73].

La victoire des compagnies était une véritable surprise ; toutes les troupes de l'armée royale n'étaient pas encore réunies le jour de la bataille, et l'arrivée du maréchal d'Audrehem, accouru peu après la capitulation de Saugues, eût changé la face des choses[74]. Il est certain que la présence du maréchal ne tarda pas à modifier le plan de conduite des routiers, car après avoir tiré de grosses rançons de leurs prisonniers, ils crurent qu'il était de leur intérêt de ne pas abuser de leur triomphe, et jugèrent prudent de consentir à un traité. Le 13 avril, le comte de Tancarville écrivait à Girard de Longchamp, bailli de Chalon, pour l'informer qu'il était hors de prison, mais qu'il ne serait entièrement libre qu'après le paiement de sa rançon. Il annonçait que, d'accord avec le maréchal d'Audrehem, il venait de passer un traité avec les compagnies afin de les faire sortir du royaume, et qu'elles avaient consenti à des trêves qui devaient se prolonger jusqu'aux fêtes de l'Ascension, c'est-à-dire jusqu'au 26 mai. De semblables lettres étaient adressées aux baillis d'Autun, de la Montagne et de Saint-Pierre-le-Moutier, ainsi que la copie du traité, dont le texte n'est point arrivé jusqu'à nous, et l'ordre d'en faire la publication dans chacune des circonscriptions[75].

Le désastre de Brignais avait jeté l'effroi dans les populations du duché déjà si éprouvées. Le gouverneur Henri de Bar, ayant le commandement suprême en l'absence du lieutenant du roi, était venu en toute hâte à Chalon pour parer aux dangers d'une attaque probable. Le 14 avril, il prescrivit aux officiers « de faire retraire tout le plat paiis ès forteresses, et abattre fours et molins, et toutes forteresses qui ne se pouvoient garder[76] ». La nouvelle des trêves vint adoucir l'amertume de l'événement, et ajourner les craintes d'une invasion immédiate. Le retour de Tancarville, qui se prodigua en tous lieux et qui visita les différents bailliages, contribua aussi à calmer les esprits.

Il n'y avait malheureusement pas à compter sur les engagements pris par les compagnies, et les chefs qui les conduisaient n'avaient pas tous donné leur adhésion au traité ; plusieurs d'entre eux s'étaient séparés de leurs compagnons d'armes, et se proposaient de tenir campagne pour leur propre compte, si personne ne voulait les prendre à gages. C'est pendant quinze ans, la même histoire de bandes et de chefs que l'on est étonné de trouver tantôt dans un camp, tantôt dans un autre, mais en réalité au service de celui qui les paie. Philibert de Lespinasse, en pourparlers l'année suivante avec divers capitaines de routiers, a résumé la profession de foi de ces aventuriers dans une fort curieuse lettré missive que nous reproduirons ailleurs : « ils dient comment est leur entente de eulx en aler en Bourgoine, et que si mgr a mestiers de eulx, que il le serviront voluntiers, et si n'a mestiers, ils seront avec celluy qui les mettra en besoigne ».

D'autres bandes d'origines diverses erraient dans le Maçonnais, le Chalonnais, le Beaujolais, et menaçaient le centre du duché. Les trêves n'étaient pas expirées que l'une d'elles venait s'installer à l'abbaye de la Ferté-sur-Grône, où Guillaume d'Aigremont fut envoyé pour la sommer, le 26 avril, d'évacuer le duché[77]. Trois jours après, des troupes de Bretons occupaient la Borde de Reulée et Fontaine, près de Chalon, et le chevalier Jean de Chardogne, co-seigneur de Ravières, leur fut dépêché par Henri de Bar pour les faire partir[78]. Le 11 mai, il fallut traiter avec Lyon du Val, un chef de routiers que l'on trouve tantôt au service du roi, tantôt dans les rangs des compagnies, et qui avait cependant réussi à se faire nommer huissier d'armes du régent[79] ; on fut obligé de lui donner une forte somme pour le déterminer à sortir de Bourgogne[80]. Une indemnité pécuniaire fut également accordée pour faire partir un capitaine d'aventures Henri Spic ; on avait voulu utiliser ses services en le nommant capitaine de Pontailler, mais les habitants refusèrent le concours d'un si étrange protecteur (13 juin).

Pendant ce même mois Saint-Jean-de-Losne est occupé par des compagnies qui mettent le feu à plusieurs maisons. La vallée d'Epoisse est envahie par des bandes qui ravagent Guillon, Montréal, Vieux château et rendent dans cette région la circulation impossible[81]. La situation n'est pas meilleure dans le Châtillonnais que dans l'Auxois. Vainement le gouverneur mande, le 2 juin, à Pâris de la Jaisse, bailli de la Montagne, de visiter les châteaux de son ressort ; il en reçoit réponse qu'il est impossible d'exécuter les ordres, « pour cause des ennemis qui estoient au pais, et qu'on ne peut finer de chevaliers[82] ». Les appels faits aux féodaux, à Jean de Bourgogne-Comté, Géofroi de Blaisy, Hugues de Rigny, Jean de Jours, Eudes de Savoisy, Olivier de Jussey, aux sires de Grancey et de Larrey, à l'évêque de Langres, à Charles de Poitiers, son frère, restent sans résultat[83] ; les barons ont assez à faire pour protéger leurs domaines sans s'occuper de protéger ceux des autres.

 

 

 



[1] Arch. nat., JJ. 97, n° 327, fol. 88. Il est dit ailleurs dans le compte de Girard de Thurey, châtelain de Cuisery, qu'on ignorait « à qui la seigneurie du pays pouvoit estre » (Arch. de la Côte-d'Or, B. 4393, fol. 8 r°).

[2] Jean de Boulogne avait déjà été nommé dix ans auparavant lieutenant du roi en Picardie et sur les frontières de Flandre (juillet 1351, Arch. nat., JJ. 82, f. 276). Il avait favorisé la politique de jean le Bon, même dans ce qu'elle avait de blâmable, et assisté à l'exécution sans jugement du comte d'Eu, connétable de France (Grandes Chroniques, t. VI, p. 3).

[3] 24 novembre 1361, Arch. de la ville de Chalon, EE.1.

[4] Les membres du conseil ducal qui paraissent le plus souvent en novembre et décembre 1361 avec le comte de Montfort sont le chancelier Robert de Lugny, Robert de Grancey et Joceran de Lugny.

[5] Dom Plancher, t. II, pr. 312. Nous n'entrerons pas dans la discussion des droits des cohéritiers. Nous renvoyons au livre de mon regrettable ami Cherest, qui a largement étudié la question au point de vue juridique (l'Archiprêtre, p. 139-143).

[6] Il faut dire que les gens d'armes d'Arnaud de Cervole se signalaient dans le Nivernais, en l'absence du chef, par « des roberies, pilleries, autres maulx, crimes et maléfices » ; ils brûlèrent une maison près de Moraches (Arch, nat., JJ. 97, n° 327, fol. 88).

[7] Les deux conseillers étaient arrivés à Dijon, le 11 décembre (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 35 r°). Gui de Saint-Sépulcre était déjà conseiller du roi et du duc de Normandie, en 1361. Nicolas Braque, fils d'un riche changeur de Paris, anobli en 1339, avait d'abord fait partie de l'administration des monnaies à la chambre des comptes, puis devint conseiller du roi, en juin 1383. (Voir Noël Valois, Le Conseil du roi, nouv. rech., p. 14-15). Quant à Jean, comte de Montfort, il n'était pas venu de Paris avec eux, comme le dit Cherest, il avait sans interruption dirigé les affaires du duché pendant les derniers temps du règne de Philippe de Rouvre. Pour Nicolas Braque, voir Bernard Prost, Inventaires mobiliers des ducs de Bourgogne, t. I, p. 49, note 1.

[8] Chalemart et Blanchet partirent de Paris, le 9 décembre (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 56 v°). Pour Jean Blanchet voir Bernard Prost, Inventaires mobiliers des ducs de Bourgogne, t. I, p. 51, note 6.

[9] Mandement du lundi 13 décembre (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 35 r°).

[10] Convocation des 12 et 16 décembre 1361 ; Comptes de Vitel, B. 1412, fol 35.

[11] Pierre de Landes, changeur du trésor et son lieutenant Huet Hanon (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 56) ; Guillaume de Martinville, chevalier (B. 5747, fol. 6) ; Jean le Coq, maître de la chambre aux deniers (id., fol. 6 et B. 1412, fol. 56) ; Pierre d'Arnay, huissier de salle (id., fol. 58) ; Jean de Paris, queux du roi (B. 6556, fol. 33 r°) ; Jean de Sancerre, chambellan (B. 2151, fol. 28) ; Charles, comte de Dammartin (B. 1412, fol. 56 v°) ; dépense des chiens et lévriers du roi et de M. de Tancarville (B. 5747, fol. 16) ; les veneurs avaient déjà fait chasse avant Noël, et on porte de « Villaines à Dijon un cerf en la maison dou roy pour la despense de son hostel à la feste de Noël... et reçuit le dit cerf Jehan de Paris, queu dou roy... » (Comptes de Villaines-en-Duesmois, B. 6556, fol. 17).

[12] Grandes Chroniques, t. VI, p. 225.

[13] Jean le Bon est à Moret (Arch. nat., JJ. 91, n° 30) ; à Sens JJ. 91, n° 31) ; à Villeneuve-le-Roi (JJ. 91, n° 415) ; à Saint-Florentin (JJ. 91, n° 100).

[14] C'est pour arrêter les entreprises de Jean de Bourgogne que le roi et le duc de Normandie lui écrivirent le mercredi 15 décembre (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 35) ; mais ces lettres furent sans effet.

[15] L'abbé Lebeuf, Histoire d'Auxerre, nouv. éd.

[16] Lettre de rémission pour Guillaume Prétain, de Vézelay, Tonnerre, décembre 1364 (Arch. nat., JJ. 91, n° 33).

[17] Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 36.

[18] Arch. nat., JJ. 91, n° 44 ; Palliot, le Parlement de Bourgogne, p. 21. C'est assurément par inadvertance que Luce, Froissart, sommaire, p. 37, fixe la première entrée de Jean le Bon à Dijon au 10 décembre.

[19] Voir Dom Plancher, t. II, p. 242-243 ; séances des 27 et 28 décembre.

[20] Ratifications de privilèges concédés aux Etats de la province, aux abbés de Tournus, de Clairvaux, de Fontenay, à la Sainte-Chapelle de Dijon, etc. (Arch. nat., JJ. 91, n° 104, 117, 106, 110).

[21] Amortissements accordés aux chanoines de Rouvre, aux chanoines d'Autun, aux habitants de Talant, à l'abbaye de Reigny, à Philibert Paillart, Etienne de Buteau, Jean de Lignières, Poinçart Bourgeoise, etc. (Arch. nat., JJ. 91, n° 97, 107, 504, 48, 45, 93, 35, 105).

[22] Affranchissements ratifiés pour Auxonne, Rouvre, Chagny, Beaune, Châtillon, Mont-Saint-Jean, et même des affranchissements de particuliers, comme celui de Guienot Varangier, à Beaune (Arch. nat., JJ. 91, n° 79, 80, 91, 103, 85 ; manuscrit de notre cabinet et Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol. 145).

[23] Concessions de droits d'achat aux religieux de Beaune, à Hugues Aubriot, bailli de Dijon (Arch. de la Côte-d'Or, Recueil de Peincedé, t. II, p. 511 et Arch. nat., JJ. 91 n° 88).

[24] Autorisation de trafiquer accordée aux marchands d'Asti, demeurant à Saint-Jean-de-Losne ; autorisation d'échanges entre divers seigneurs, Robert Joceran, Guillaume de Lugny ; autorisation de vente délivrée aux habitants de Saint-florentin (Orig., Arch. nat., J. 255, n° 109 ; et idem, JJ. 91, n° 100 et 101).

[25] Exemption de tailles, comme celles accordées aux habitants de Busseau, dans le Châtillonnais, parce qu'ils voulaient abandonner le pays, ne pouvant payer les tailles ; par suite de la mortalité, le village composé de soixante feux n'en comptait plus que dix (Arch. nat., JJ. 91, n° 74).

[26] Arch. nat., JJ. 91, n° 33, 40, 50, 54, 62, 69, 71, 481, 67, 53, 51, 92, et Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. XXIII, fol. 2.

[27] Château de Talant, 2 janvier 1362 ; Arch. nat., JJ. 91, n° 46.

[28] Arch. nat., JJ. 95, n° 7.

[29] Beaune, 25 janvier 1362, Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 30 r°.

[30] Rouvre, 12 janvier 1362, Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 30 v°.

[31] Confirmation du roi Jean ; Rouvre, 8 janvier 1362 ; Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. XXVI, fol. 164.

[32] Dijon, 30 décembre 1361 ; Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. XXVI, fol. 167.

[33] Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 56 v° ; Comptes de Rouvre, B. 5747, fol. 14 et 16 ; Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. XXV, p. 53 ; t. XXVI, p. 200 ; Arch. nat., JJ, 91, n° 89 et 94.

[34] Comptes de Dimanche de Vitel, B. 1412, fol. 47.

[35] Château de Talant, 2 janvier 1362 ; Arch. nat., JJ. 91, n° 50 et 57.

[36] Recueil des édits concernant la Bourgogne, Dijon, Defay, 1784, t. I, p. 39-42.

[37] Dijon, 5 janvier 1362, Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. XXVI, p. 323 et t. 52, p. 85, in ext.

[38] Arch. de la Côte-d'Or, Recueil de Peincedé, t. II, p. 518.

[39] Dom Plancher, t. II, pr. 306.

[40] Arch. nat., registre orig. du parlement de Beaune, JJ. 319, fol. 10-13. « C'est le registre des présentations et plaidoiries des causes du dit parlement... » [Une trentaine d'affaires seulement. — Perrin le Ragonnet contre Perrenot le Cornu de Goyon, écuyer. — Jean le maire de Perrigny-sur-l'Ognon, procureur des habitants contre Othe, seigneur de Granson et autres. — Guillaume Cendeal, procureur du roi au bailliage d'Auxois contre Nicolas Chifflot, procureur des habitants de Montbard. — Oudot de Senailly contre Gautherin d'Etaules. — Frère Aimé Rabutin, moine, chambrier et procureur de l'abbaye de Moutier-Saint-Jean, contre la commune de Semur. — Les habitants de Minot contre Foulque de Minot et Jeannette, sa sœur. — Eudes de Chaudenay contre damoiselle Margot de Morteau. — Gui Quantin, prieur de Notre-Dame de Semur, contre Eudes de Mussy, chevalier, appelant. — Georges Asinier, lombard de Seurre, contre Jacques de Granson, seigneur de Pesmes. — Le procureur de Catherine de Crux, veuve de Jean de Musigny, chevalier, tutrice de son fils Jean, contre les habitants d'Antilly, appelants. — Bertaud d'Uncey, contre Guillemette, femme de feu maître André de Poiseux. — Jean Aubriot, de la Perrière, demeurant à Brasey, contre Poinçart Bourgeoise, de Dijon, et contre Marie, femme de Jean d'Ouges, tous héritiers de Poinçart, etc.] « Ce sont les arrest donnés au dit parlement le jeudi après l'uitane des vint jours, XIXe jour de janvier l'an dessus dit, et furent pronunciés les dits arrest par maistre Jehan Chalemart, président audit parlement. » Suivent huit arrêts seulement. — Les habitants de Minot réclamaient à Foulques de Minot et à sa sœur un droit d'usage dans les bois et faisaient appel d'un jugement du bailli de la Montagne qui ne leur avait pas donné raison ; ils furent déboutés à nouveau et condamnés aux dépens. — Jacques de Granson, seigneur de Pesmes, est condamné à payer 932 florins, somme pour laquelle les Asinier, lombards de Seurre, avaient un engagement du père et de la mère de Jacques. — Gautherin d'Etaules, écuyer, et Oudot de Senailly se disputaient la possession de la maison-forte d'Etaules et dépendances, un premier débat avait eu lieu par devant le bailli d'Avallon ; Oudot est débouté et condamné aux dépens, la jouissance du domaine appartiendra à Gautherin d'Etaules.— « Entre les habitans de Flameranz appelans, d'une part, et les habitans de Pontaillier, appelez, d'autre part, fut cause mehue devant les auditours de l'audience du bailli de Dijon, et pour ce firent appeler les diz appelanz les diz appelez à certain jour, auquel li diz appelanz ne se comparurent point, furs tant seulement Jacot l'Escoyé qui se disoit leur procureur, lequelx ne se pust fonder de procuration soffisante. Si furent mis en deffaut par les diz auditours, duquel il appellèrent à ce parlement. Si sera dit par arrest de parlement le dit deffaut estre bien donné par les diz auditours, et condampnés les appellans aux despans desdiz appellés ».

[41] Arch. de la Côte-d'Or, Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 36-37 ; comptes de Chalon, B. 3565 ; Luce, Froissart, t. VI, sommaire, p. xxv, note 3, d'après Arch. nat., JJ. 108, n° 370 et JJ. 114, n° 180 ; idem, p. XXIX, note 2, d'après JJ. 91, n° 313.

[42] Voir Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. II, p. 122-123, et surtout Dr Bertin, Histoire généalogique de la maison de Beaujeu-sur-Saône, 1re partie, p. 125 et suiv.

[43] Arch. de la Côte-d'Or, Comptes de l'Auxois, B. 2749 ; Peincedé, t. 28, p. 19 et Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 72, fol. 93, in ext.

[44] Beaune, 25 janvier ; Arch. nat., JJ. 93, n° 301.

[45] Arch. de la Côte-d'Or, B. 289 ; Arch. du Pas-de-Calais, A. 91 ; Bullet. hist. et philol., 1895, p. 541 ; édité, Vernier, le Duché de Bourgogne et les compagnies, pr. n° 1.

[46] Comptes du Châtillonnais, copie de Pérard, Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 107, fol. 185.

[47] Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol.145.

[48] Orig., Arch. nat., J. 255, n° 133.

[49] Arch. nat, JJ. 91, n° 66. Pour certaines localités la date du jour n'est pas toujours indiquée, mais les dates s'imposent en suivant l'itinéraire du roi et en se servant des séjours connus.

[50] Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol. 2 ; Arch. nat., JJ. 91, n° 69, 70, 71, 74, 82, 83, 84. Il s'agit d'Aignay-Le-Duc et non d'Arnay-le-Duc, comme le dit Luce, Froissart, t. VI, sommaire, p. XXXVIII.

[51] Arch. nat., J.J. 91, n° 31 et 68.

[52] Orig., Arch. de la Haute-Marne, G. 4 ; Roserot, Catalogue des actes royaux de la Haute-Marne, n° 118 ; Arch. nat., JJ. 91, n° 83 et 85.

[53] 29 janvier, ordre du comte de Tancarville aux baillis de faire lever dans leurs bailliages les impositions pour le paiement des gens d'armes mandés pour le 13 février (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 36. — 23 février, autres mandements convoquant le ban et l'arrière-ban, parce que les compagnies étaient considérablement accrues, et se préparaient à entrer en Bourgogne (Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 37 et Recueil de Peincedé, t. 22, p. 35). — 24 février, « mgr de Tancarville mande au bailli, le XXIV février CCCLXI (anc. st.) qu'il assemble tous les gens d'armes et de pié dudit bailliage de la Montagne, et les mene à Ostun devant ledit mgr le lieutenant, au VI mars, lequel bailli mena avec lui Guillaume et Robert de Grancey, enfans du seigneur de Larrey, Jehan de Balaon, escuier, faisant douze chevaux. Outre ce, ledit bailli avoit avec lui son clerc armé, son vallet de male, son vallet à porter son glaive, Jaquin Paris et Guillaume de la Jaisse, hommes d'armes faisant unze chevaux. Et partirent le vanredi avant reminiscere de Chastoillon avec plusieurs autres gens de pied, comme archers, arbalestriers et autres gens d'armes, et allèrent à Villames en Duesmois au giste, le lendemain à Pouillenay en Auxois, à Saint-Thibault, et le dimanche de reminiscere à Mont-Saint-Jean, et coucher à Marchisieu, et le lendemain audit Ostun, ou le dit bailli présenta ses gens à mgr Estienne de Musigney, lieutenant du gouverneur de Bourgoigne. Et fut commandé audit bailli de laisser là ses gens et de s'en retourner en son bailliage pour adviser les chastellains du domaine et bonnes villes du roy » (Comptes du Châtillonnais, copie de Perard, Bibl. nat., collection B., t. 107, fol. 185). — 2 mars « pour pourter lettres de mandement de M. de Tancarville, lieutenant du roi, aux seigneurs de Noyers, d'Espoisses et d'Arsy... du IIe jour de mars... IX gros » — idem, au seigneur de Saint-Bris (Comptes de l'Auxois, B. 2749).

[54] Comptes de l'Auxois, B. 2749.

[55] Lettres de Tancarville (Comptes de Dimanche de Vitel, B. 1412, fol. 38 v°).

[56] Les tentes, les pavillons et la chapelle ducale portative partirent de Rouvre le 25 mars et furent conduites par eau de Saint-Jean-de-Losne à Lyon (Comptes de Monnot Lescot, châtelain de Rouvre, B. 5747, fol. 11).

[57] Voir Paul Allut, Les Routiers au XIVe siècle, les Tard-Venus et la bataille de Brignais, Lyon, 1859 ; A. Cherest, L'Archiprêtre, p, 156 et suiv. ; Luce, Froissart, t. VI, sommaire, p. xxvi et suiv. Je ne parle pas de Dom Plancher, t. II, p. 245, car, en dépit des documents qu'il avait sous la main, et par la plus inexplicable confusion, il fait battre à Brignais les compagnies par les Bourguignons.

[58] Le maréchal d'Audrehem fut caution de quatre mille livres pour l'Archiprêtre (Voir E. Molinier, Etude sur la vie d'Arnoult d'Audrehem, p. 402).

[59] Luce, Froissart, t. VI, sommaire, p. XXXVI, note 3.

[60] Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol. 72 v°.

[61] Rémission du roi Jean, Lyon, novembre 1362 (Arch. nat., JJ. 93, n° 30).

[62] Gui du Trembloy fut pris à Brignais avec Tancarville. Lettre de ce dernier, Auxonne, 15 avril 1363 (Bibl. nat., Collection Bourg., t. 23, p. 137).

[63] Arch. de la Côte-d'Or. B. 11735 ; quittance du 26 juin 1362.

[64] Arch. de la Côte-d'Or, Comptes de la châtellenie de Jasseron, B. 8075, rouleau.

[65] Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol. 76.

[66] Lettre du roi Jean, Beaune, juin 4363 (Arch. nat., JJ. 93, n° 290).

[67] Lettre du roi Jean, Dijon, 21 juin 1363 (Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 23, fol. 119), et quittance d'Hugues de Rigny, 15 juillet 1363 (Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 97, p. 570). Voir aussi : Dr Berlin, Hist. généalogique de la Maison de Beaujeu-sur-Saône, 2e partie, p. 28, 65 et 298.

[68] Dijon, 28 septembre 1363 (Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 26, fol. 318).

[69] 26 décembre 1363 (Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 24, fol. 38 r°).

[70] Lettre du roi Jean, Mâcon, 27 octobre 1362 (Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 26, p. 200).

[71] Comptes du Chalonnais, Arch. de la Côte-d'Or, B. 3564.

[72] Gollut., édition de 1846, coll. 769 et 775.

[73] Voir Froissart, de Luce, t. VI, p. 260.

[74] La capitulation de Saugues eut lieu le 25 mars (Thalamus parvus, p. 52). Arnoult d'Audrehem pouvait en quinze jours venir des environs du Puy à Lyon. Il n'assista pas à la bataille de Brignais, mais il rejoignit peu de jours après les troupes de Tancarville, malgré le silence de son historien, et c'est après le traité cité plus loin, traité antérieur au 13 avril, qu'il regagna le Languedoc (Voir E. Molinier, Etude sur la vie à Arnoult d'Audrehem, p. 102 et suiv.).

[75] Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. 21, fol. 4 v°, et Arch. de la Côte-d'Or, Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 62 r°.

[76] Comptes de Dimanche de Vitel, B. 1412, fol. 40 r°.

[77] Comptes de Dimanche de Vitel, B. 1412, fol. 40 r°.

[78] Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 53 v°.

[79] Arch. nat., JJ. 90, n° 240 ; voir Luce, du Guesclin, p. 339 et 504.

[80] Comptes de Vitel, B. 1412, fol. 53 v°.

[81] Arch. de la Côte-d'Or, B. 5616, fol. 22 r° et B. 5404.

[82] Comptes du Châtillonnais, copie de Pérard ; Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. CVII, fol. 185.

[83] Comptes du Châtillonnais, copie de Pérard ; Bibl. nat., Collection Bourgogne, t. CVII, fol. 185.