
DIJON - DARANTIERE - 1905
INTRODUCTION.
CHAPITRE LVI. —
RÉGENCE DE JEANNE, COMTESSE DE BOULOGNE ET D'AUVERGNE,
PUIS REINE DE FRANCE (3 avril 1349-5 juin 1353).
Embarras crées par la
tutelle de Philippe de Rouvre et l'administration de ses domaines. —
Hostilité de la noblesse et des populations franc-comtoises. — Prise de
possession du comté. — Concessions de Jeanne de Boulogne. — Désordres en
l'absence d'une direction virile et énergique. — Réunion du Parlement de
Beaune. — Mort de la reine Jeanne de Bourgogne, femme du duc Philippe VI ; de
Bonne de Luxembourg, femme du duc de Normandie. — Mariage de Jean le Bon avec
la régente Jeanne de Boulogne. — Fixation du douaire. — Hommage rendu au roi
pour les fiefs du duché, du comté, de l'Artois, Boulogne et Auvergne. —
Hommages des vassaux bourguignons rendus à Jean le Bon et à Jeanne. — Séjours
à Dijon, Dôle, Gray, Cîteaux, Argilly, Beaune. — Concessions et courtoisies
du duc de Normandie pour les seigneurs de Bourgogne. — Mort de Philippe VI de
Valois. — Jean le Bon sacré à Reims. — Philippe de Rouvre, conduit par Jean
de Chateauvillain, armé chevalier à l'âge de quatre ans. — Ce que l'on sait
des enfants de Jean le Bon et de la reine Jeanne de Boulogne ; deux ou trois
enfants, morts en bas âge, dont deux filles, Blanche et Catherine. — Guerres
privées dans le comté de Bourgogne. — Désordres dans le duché. — Nombreuses
lettres de rémission pour méfaits et actes de guerres privées. — Actes de la
reine régente et embarras administratifs. — Dimanche de Vitel, de Troyes,
nommé receveur général. — Mort du pape Clément VI ; sa succession au trône de
saint Pierre ambitionnée par le roi pour son oncle le cardinal de Boulogne. —
Pénurie du trésor royal. — Subsides demandés, mais non votés par les députés
des Trois Etats. — Mécontentement de la noblesse et des communautés. —
Députés envoyés aux commissaires du roi. — Troubles dans le Langrois ; Jean
d'Igny, Girard de Marey, Jean et Thibaud de Chauffour. — Alerté à Langres. —
Girard de Thurey, maréchal de Bourgogne, vient châtier les rebelles. —
Abandon par la reine Jeanne de Boulogne du bail et du gouvernement de la
province dans les mains du roi.
CHAPITRE LVII. —
RÉGENCE DU ROI JEAN (5 juin 1353-juillet 1356).
Prise de possession du
bail et gouvernement de Bourgogne par Jean le Bon. — Olivier de Laye,
gouverneur du duché. — Pierre d'Orgemont réorganise les services et installe
les fonctionnaires. — Précautions dans le comté de Bourgogne. — Concessions,
largesses et courtoisies intéressées de Jean le Bon faites à l'aristocratie
franc-comtoise. — Incessantes mutations des monnaies ; abus invraisemblables.
— Mécontentement et murmures des populations contre un tel régime. — Longue
série de répressions et de condamnations pour manque de respect à l'autorité.
— Bases d'un projet de mariage entre Philippe de Rouvre et Marguerite de
Flandre. — Négociations du cardinal Gui de Boulogne, grand-oncle du duc,
séjour en Bourgogne. — Rupture du mariage projeté entre Amédée, comte de
Savoie et Jeanne de Bourgogne, sœur du duc. — Renonciation du comte de Savoie
à ce projet moyennant une indemnité pécuniaire. — Restitution de Jeanne de
Bourgogne, ramenée de Chambéry à Mâcon, et confiée à Gautier de Châtillon,
grand maître d'hôtel de la reine. — Reprise des hostilités avec l'Angleterre.
— Féodaux mandés et contremandés ; montres à Châtillon-sur-Seine. —
Opposition des députés des Trois-Etats à l'impôt de la gabelle et aux
nouveaux subsides. — Irritation de Jean le Bon. — Disgrâce du gouverneur
Olivier de Laye, remplacé par Jean de Noyers, comte de Joigny. — Convocation
des membres des Trois-Etats, après leur nomination dans les bailliages ;
réunions de Paris, Sens, Beaune, Dijon. — Insuccès de ces convocations. —
Députation envoyée au roi pour demander l'abandon du projet d'imposition de
douze deniers pour livre, — Ordre de faire armer les hommes de dix-huit à
soixante ans. — Insubordination constante des Francs-Comtois. — Tentative de
Jean de Faucogney pour s'emparer du jeune duc au château de Rouvre. —
Transformation, ordonnée par Jean le Bon, des condamnations pour faits
criminels en amendes civiles. — Conséquences de cette mesure lucrative pour
le fisc. — Sommes énormes de certaines amendes pécuniaires pour les moindres
délits ; nombreux exemples. — Mentions diverses relatées dans les comptes
relativement aux mœurs et aux usages singuliers. — Constructions et
réparations urgentes dans les résidences ducales.
CHAPITRE LVIII. —
LA BATAILLE DE POITIERS ET SES CONSÉQUENCES (juillet
1356-décembre 1357).
Convocation des
féodaux et des milices provinciales, — Bataille de Poitiers ; nombreux
Bourguignons morts, blessés ou prisonniers. — Affranchissements de communes
pour payer les rançons. — Epouvante en Bourgogne à la nouvelle du désastre. —
Le gouverneur du duché soigné de ses blessures à Troyes. — Jacques de Vienne,
sire de Longvy, nommé capitaine général. — Tremblement de terre, démolitions
et désastres causés par cet événement, à Bâle, Besançon, Dijon, Avallon,
Montbard, Montréal, etc., commotions atmosphériques pendant et après le
tremblement de terre. — Reprise des hostilités par les confédérés
francs-comtois ; alliance avec l'Angleterre. — Mécontentement des populations
contre les seigneurs ; rigueur des condamnations pour des paroles
malsonnantes à l'égard de l'autorité. — Réunion des députés des Trois-Etats à
Dijon. — Prestations d'hommages dans le comté ; le duc à Gray, Montmirey,
Dôle, Salins, Poligny, etc. — Thibaud de Neufchâtel, gardien du comté. —
Réunion des Trois-Etats à Beaune, puis à Dijon. — Les députés délèguent leurs
pouvoirs aux présidents siégeant en permanence. — Contrat du mariage projeté
entre le duc Philippe de Rouvre et Marguerite de Flandre. — Apport des
futurs. — Emprunts pour les fêtes et cérémonies du mariage virtuel. — La reine
et le duc en Artois ; arrivée et réception à Arras ; cadeaux à cette
occasion. — Bruits alarmants en Bourgogne et préparatifs menaçants du comte
de Savoie contre Cuisery. — Retour du duc de Bourgogne. — Séjour de la reine
à Meaux. — Précautions et ordres pour armer et protéger les forteresses. —
Arrivée de là reine à Jully-sur-Sarce. — Reconnaissance des droits du duc sur
la garde de la ville de Besançon ; le duc et la reine à Besançon. — Menées de
Thibaut de Chauffeur dans le Langrois. — Prise du château de Grattedos. —
Expédition de Guillaume d'Antully, bailli d'Amont. — Réduction et reprise de
Grattedos. — Félicitations et lettres de la reine à Guillaume d'Antully. —
Réunion du Parlement à Beaune. — Mesures pour résister aux menaces
d'invasion. — Projets de réunion des Trois-Etats à Dijon.
CHAPITRE LIX. —
EMBARRAS FINANCIERS ET MAUVAISE ADMINISTRATION DE LA
REINE. – ARRIVÉE DES GRANDES COMPAGNIES (année 1358 entière).
Réunion des députés
des Trois-Etats à Dijon pour subvenir aux frais de la guerre. — Pénurie de
ressources pour faire face à toutes les dépenses. — Prodigalités
inopportunes. — Gaspillages des officiers de l'hôtel de la reine. — Démarches
afin de trouver des fonds pour les dépenses les plus minimes. — Déplorable
système d'administration financière de la cour et des seigneurs. — Gêne
incessante qui ne modifie en rien le train de l'hôtel. — Cadeaux au jour de
l'an et à chaque occasion. — Jeanne, reine de Navarre, et sa sœur Marie de
France, à la cour de Bourgogne, hébergées et entretenues aux frais de la
reine. — Fêtes et réceptions. — Grand dîner offert par Dimanche de Vitel,
receveur général, et laissé pour compte. — Petits camarades de Philippe de
Rouvre, mis en pension chez Renaud de Grand-Failli, recteur des écoles de
Dijon. — Le cousin germain et ami intime du duc, Amé de Genève, fils du comte
de Genève, reçoit en don trois châteaux pour tenir les frais de sa maison. —
Difficultés de payer à Jean de Bourgogne-Comté ce qui était dû à son frère
Henri. — Séditions de Paris et confédérations rurales contre les nobles. —
Révoltes contre le vieux monde féodal. — Confédération des nobles ; Eudes de
Grancey et autres font la guerre aux révoltés. — Alliances du duc avec Jean
de France, duc de Berry et avec le comte de Savoie — Première entrée du duc à
Chalon au retour de Cuisery. — Dons de joyeuse entrée. — Arrivée des bandés
anglo-navarraises en Orléanais, Gâtinais et Nivernais. — Places occupées par
l'ennemi. — Robert Knolles. — Prise et occupation de Malicorne, dont Arnaud
de Cervole, l'Archiprêtre, refuse de tenter l'assaut. — Pillages à
Saint-Martin-sur-Ouanne, Champignelles. — Prise de Régennes, près Auxerre. —
Frontières bourguignonnes envahies par les compagnies, Ligny-le-Châtel,
Champlost, Aix-en-Othe, la Motte de-Champlay, Gyé-sur-Seine. — Contributions
et pillages à Chitry, Chablis, Sacy, Coulanges-la-Vineuse, Cravan, Vermanton,
Saint-Florentin, etc. — Mutuel appui que se prêtent les compagnies, et prise
des forteresses mal gardées appartenant à des femmes ou à des prélats. —
Occupation du château de Montsaugeon par Jean de Neufchâtel-sur-le-Lac,
attiré par Thibaud et Jean de Chauffour. — Ravages dans le Langrois et dans
le domaine épiscopal. — Rôle de l'évêque Guillaume de Poitiers. — Opposition
des officiers du prélat à la levée sur ses terres des subsides votés par les
trois états du duché. — Révolte contre l'autorité ducale à
Châtillon-sur-Seine. — Interdit jeté sur la ville. Guerre privée entre Philippe
de Bourgogne-Comté et Girard de Marey. — Ravages à Brion-sur-Ource.
CHAPITRE LX. — RAVAGES COMMIS PAR LES COMPAGNIES DE NATIONALITÉS DIVERSES
(l'année 1359 entière).
Situation des
compagnies sur la frontière septentrionale et au nord de la Bourgogne. —
Tentative sur Auxerre repoussée. — Déroute des garnisons anglaises
d'Aix-en-Othe et de Champlost à Troyes ; leur retraite à Régennes. —
Dispositions de Jacques de Vienne, capitaine des guerres, pour la défense des
places fortes. — Nombreuses revues. — Insécurité des routes ; le cardinal de
Talleyrand-Périgord volé en chemin par la garnison de Gyé. — Prise d'Auxerre
par Robert Knolles, Nicole Tamworth et autres. — Inquiétude dans le duché ;
forteresses mises en état de défense. — Embarras pour payer les gens d'armes
; démission de Jacques de Vienne comme capitaine général. — Difficulté de
toucher les tailles et impositions. — Sédition populaire à Dijon, incendie de
l'église des Jacobins, meurtre de Jean Rosier ; conseiller de la reine et du
duc. — Jean de Montagu, sire de Sombernon, met les rebelles à la raison,
condamnation et exécution des principaux coupables, Laurent le peintre,
Adeline la chapelière, etc. — Départ de Robert Knolles de l'Auxerrois ; train
princier de sa femme Constance. — Régennes occupé par d'autres compagnies. —
Pillages dans les vallées de l'Yonne et de la Cure. — Tentative avortée sur
la forteresse de Voutenay. — Garnisons françaises de Maligny, Seignelay,
Merry-sur-Yonne ne se conduisant pas mieux que les compagnies. — Sauf-conduit
du roi d'Angleterre accordé à Jean de Noyers, comte de Joigny ; sa chevauchée
contre Eustache d'Auberchicourt, à Pont-sur-Seine. — Défaite des Anglais. —
Résultat des guerres privées dans le Langrois. — Agnès et Marguerite, femmes
de Girard et Guillaume de Marey, livrent Brion-sur-Ource aux Anglo-Navarrais.
— Levée de troupes pour reprendre cette place ; attaque prématurée et défaite
des Bourguignons ; Mile, sire de Noyers, Eudes de Chaudenay et autres faits
prisonniers. — Emotion à la cour ducale après le combat de Brion. — Arrivée
de nouvelles troupes bourguignonnes et de recrues de Lorraine et d'Allemagne.
— Nicole Tamworth employé par le duc comme parlementaire. — Traité de la
Chassagne et évacuation de Brion. — Les compagnies en Maçonnais et en
Beaujolais. — Représailles contre les traîtres qui ont livré Brion. — Renvoi
en France de Jeanne, reine de Navarre, et de Marie, sa sœur. — Garnisons
bourguignonnes mal payées ; pillages et méfaits pour se ravitailler. —
Progrès de l'invasion du côté de la Champagne ; prise des Ricey, de
Bragelogne. — Jacques Wyn, le poursuivant d'amour, à Beaufort. — Broquard de
Fénétrange à Chaumont, Bar-sur-Seine. — Pillages dans le Nivernais. —
Ravages dans l'Avallonnais. — Episodes et mésaventures de divers personnages,
Bouchard, prêtre de Molème, Jean d'Ancy-le-Franc, Jacques de Serin, Jean et
Gui de Frolois, etc.
CHAPITRE LXI. —
L'INVASION DE L'ARMÉE D'ÉDOUARD III, ROI D'ANGLETERRE ET
DES GRANDES COMPAGNIES (janvier 1360 à septembre 1360).
Arrivée d'Edouard III,
roi d'Angleterre et de son armée conduite en Bourgogne par Jean de
Neuchâtel-sur-le-lac et Guillaume de Granson. — Prise de Flavigny par Jean de
Harleston. — Passage de l'armée anglaise à Saint-Florentin, Pontigny,
Tonnerre, Noyers, et l'Isle-sur-Serain. — Installation à Guillon. — Jacques
de Vienne et Othe de Granson à Montréal. — Ravages et pillages des Anglais à
Vieux-Château, Courcelles-Frémoy, Arnay. — Incendie de Saulieu. — Roger de
Mortimer, comte de la March, maréchal du roi d'Angleterre, tué à Rouvray. —
Séjour prolongé des Anglaisa Guillon. — Négociations du conseil ducal. —
Traité de Guillon, rançon de deux-cent mille moutons d'or. — Engagements de
la noblesse bourguignonne, évêques, abbés et communes. — Levée du camp de Guillon
et départ d'Edouard III, son passage à Asquins-sous-Vézelay, à Asnois, chez
Jean de Saint-Verain, à Donzi-le-Pré et Montargis. — Méfaits des traînards de
l'armée. — Prise de Clamecy par Jacques Wyn le « poursuivant d'amour ». —
Sept mille écus demandés aux Nivernais pour la restitution de Clamecy. —
Emotion à la cour de Bourgogne. — Richard de Bouembert envoyé comme
parlementaire. — Subterfuge employé par Nicole Tamworth et Guillaume de
Granson pour éviter toute restitution de la part du poursuivant d'amour. —
Réunion des députés des Trois- Etats. — Difficultés pour le paiement des
termes de la rançon de Guillon. — Difficultés pour payer les gens d'armes. —
Révolte de la garnison de Chevigny. — Pillages commis par les gens d'armes
bourguignons. — Compagnies dans toutes les directions malgré les traités de
paix. — Nécessité d'employer les compères Nicole Tamworth, Guillaume de
Granson, Richard de Bouambert et autres pour parlementer avec les ennemis. —
La grande compagnie à Latrecey, à Vesoul, en Mâconnais, Beaujolais et
Nivernais, dans le comté, etc. — Traités avec diverses compagnies à Heuilley,
à Jully-sur-Sarce, et promesses d'indemnités pécuniaires pour les faire
partir. — Inanité de ces conventions. — Convocation des féodaux. — Les
lieutenants du duc chargés de protéger le comté et le nord du duché. — Marche
de Philippe de Rouvre en personne et préparatifs pour reprendre Lormes et
Pierre- Perthuis. — Cette dernière place occupée par les Anglais, reprise par
les habitants de Vézelay, puis surprise par un stratagème des compagnies. —
Réunion des féodaux et des recrues étrangères. — Bertrand Garch, d'Alexandrie
et ses brigands, Pierre d'Arembert et ses Allemands. — Immenses préparatifs
pour la chevauchée de Pierre Perthuis. — Funeste intervention de Nicole
Tamworth et capitulation de la place moyennant une somme de cinq mille
florins. — Vente de domaines pour payer les étranges négociateurs de cette
capitulation. — Evénements arrivés simultanément au nord du duché. — Jacques
de Vienne et le maréchal de Bourgogne faits prisonniers et rançonnés à
l'assaut du château de Chariez, près Vesoul ; leur rançon payée à Régennes. —
Saisie de Girard de Marey, Jacques de Baudoncourt, Bernicon Barlé. —
Exécution des traîtres au château de Semur. — Confiscation du domaine de
Beire. Philippe de Rouvre à Montbard au retour de Pierre-Perthuis. — Retour
des féodaux de l'Avallonnais pour défendre Dôle, Auxonne, Montsaugeon. —
Secours porté à Jacques de Vienne et Othe de Granson. — Le duc en l'ost de
Montsaugeon, avec Jean de Boulogne, comte de Montfort et autres. — Plusieurs
Anglais tués dans un engagement. — Vigoureuse résistance arrêtant la marche
des envahisseurs et promesse d'une indemnité pour les faire partir. — Autres
menaces d'invasion du côté du Bourbonnais.
CHAPITRE LXII. —
AFFREUSE ÉPIDÉMIE. – TRISTE FIN DE LA DYNASTIE DES DUCS
DE LA RACE CAPÉTIENNE (septembre 1360 au 21 novembre 1361).
Mort de Jeanne de
Boulogne, reine de France, à Vadans. — Circulation arrêtée par la mortalité
et les compagnies. — Les Anglais à Villaines, Salive, Aignay, Rouvray,
Saulieu, Grignon, Semur, Aisey, etc. — Ordre du roi d'Angleterre pour la
restitution des places fortes. — Inanité de ces ordonnances. — Stratagème et
malhonnêteté de Nicole Tamworth, conseiller d'Edouard III, pour ne pas rendre
Régennes. — Reddition de diverses places fortes. — Menaces des compagnies
pour obtenir les indemnités promises. — Intervention constante de Nicole
Tamworth et de Guillaume de Granson ; profit exorbitant qu'ils en retirent. —
Difficulté de payer les gens d'armes. — Dépenses de la cour ducale, dons et
cadeaux, joutes et tournois. — Lettres de bénéfice d'âge accordées par le roi
Jean à Philippe de Rouvre. — Préparatifs pour recevoir en Bourgogne
Marguerite de Flandre virtuellement mariée au duc. — Nombreuse escorte et
coûteux voyage en Artois. — Jean de Rye, seigneur de Balançon, maréchal du
duché, chargé des affaires en l'absence du duc. — Révolte des capitaines et
des garnisons dont les gages ne sont pas payés. — Remplacement des capitaines
révoltés. — Philippe de Rouvre en Artois. — Emprunts multiples. — Fêtes et
divertissements. — Compagnies menaçantes en Auvergne. — Convocations et
levées d'hommes. — Retour du duc et arrivée de la jeune duchesse en
Bourgogne. — Provisions et préparatifs faits par les maîtres d'hôtel. —
Jeanne de Bourgogne au-devant de son frère à Jully-sur-Sarce. — Notes sur
cette princesse et sur son train de vie à Lantenay, sa résidence ordinaire ;
soins nécessités par sa mauvaise santé ; son testament. — Fêtes et
divertissements interrompus par la violence de l'épidémie ; effrayants
ravages du fléau. — Mort de Jeanne de Bourgogne à Larrey en Montagne. —
Principaux officiers du duché victimes de l'épidémie aussi terrible que la
peste de 1349. — Diminution de la population et désertion des villages. —
Difficulté de faire face aux dépenses et de payer les sommes dues au roi
d'Angleterre. — Démarches infructueuses pour contracter des emprunts en
Lorraine, en Hainaut et ailleurs. — Seigneurs bourguignons livrés en otage au
roi d'Angleterre, à Londres. — Convocation des députés des Trois-Etats à
Aignay, puis à Chanceaux, puis à Rouvre ; empêchements apportés à la réussite
de ces réunions par suite de la mortalité. — Vote de subsides ; les
populations épuisées par les compagnies et par l'épidémie ne peuvent les
payer. — Préparatifs pour les fêtes de réception de la duchesse à Rouvre. —
Recrudescence de la maladie. — Mort des officiers de la cour ducale. —
Philippe de Rouvre atteint par le fléau ; son testament, sa mort. — Retard
apporté dans l'annonce de cette fatale nouvelle. — Cérémonie des obsèques du
dernier représentant des ducs de la race capétienne.
CHAPITRE LXIII. —
LA BOURGOGNE PENDANT SON ANNEXION À LA COURONNE SOUS
JEAN LE BON (novembre 1361 à juin 1362).
Inquiétude des
populations après la mort de Philippe de Rouvre. — Hostilité des seigneurs
pour la prise de possession du duché annexé par le roi à la couronne de
France. — Compétitions de Jean de Bourgogne-Comté et du roi de Navarre. —
Personnages dévoués qui défendent en Bourgogne les intérêts de Jean le Bon :
Jean de Boulogne, comte de Montfort, Jean de Melun, comte de Tancarville,
Henri de Bar, sire de Pierrefort. — Réintégration des principaux officiers au
nom du roi. — Tentatives avortées de Jean de Bourgogne-Comté. — Arrivée du
roi en Bourgogne, prise de possession du duché. — Hommages rendus par les
féodaux. — Concessions du roi, affranchissements, exemptions, rémissions,
anoblissements, donations. — Sympathies acquises au roi par son affabilité et
ses courtoisies. — Réunion des Trois Etats de la province à l'abbaye de
Saint-Bénigne, vote d'un subside pour subvenir au paiement du roi
d'Angleterre. — Arrangements passés à Cîteaux entre Jean le Bon et les
cohéritiers du dernier duc. — Menaces d'invasion des compagnies du côté du
Lyonnais et du Beaujolais. — Tenue du parlement. — Mandement pour faire
prendre les armes et marcher à l'ennemi. — Le comte de Tancarville nommé
lieutenant général pour le recrutement des gens d'armes et l'organisation
d'un corps d'armée. — Réunion des députés des Trois Etats, difficulté de
trouver des subsides. — Tancarville fait une avance de dix mille florins pour
mener la chevauchée. — Départ des troupes pour le Lyonnais, leur jonction
avec celles de Jacques de Bourbon. — Rencontre et attaque inopportune des
compagnies par les troupes royales, et avant l'arrivée du maréchal
d'Audrehem. — Bataille de Brignais, déroute et désastre de l'armée royale,
échec de la cause de l'ordre. — Mort de Jacques et Pierre de Bourbon, de Jean
de Noyers, comte de Joigny. — Prisonniers relâchés sur parole après promesse
de grosses rançons, le lieutenant général de Tancarville, Arnaud de Cervole,
Girard de Thurey, Jacques de Granson, Simon d'Angoulevent, Henri de Longvy,
sire de Rahon, Hugues, sire de Rigny, Jean de Villars, Gautier et Guillaume
de Beaujeu, Gui de Frolois, Guillaume de Choiseul, sire d'Aigremont, etc.,
etc. — Arrivée du maréchal d'Audrehem après la capitulation de Saugues, son
influence pour obtenir un traité et des trêves. — Les capitaines des
compagnies s'engagent à quitter le pays. — Inanité de ces engagements. —
Emotion dans le duché après l'affaire de Brignais, garnisons dans les
châteaux. — Bandes de routiers ravageant le Mâconnais, le Chalonnais,
l'Auxois, le Châtillonnais. — Appel sans résultat aux féodaux assez occupés à
défendre leurs domaines.
CHAPITRE LXIV. —
LA BOURGOGNE PENDANT SON ANNEXION À LA COURONNE SOUS
JEAN LE BON (suite) (juin 1362 à juillet 1363).
Désordre et désarroi
dans le duché après le désastre de Brignais. — Difficulté de trouver des
ressources pécuniaires. — Refus des communautés de payer les avances faites
par Tancarville. — Projets d'impositions formés par Jean le Bon pour
acquitter les charges. Convocation des députés des Trois-Etats par devant les
commissaires du roi — Première réunion ajournée par suite de l'absence d'une
partie des membres ; deuxième réunion et vote d'une taxe de douze deniers par
livre sur les denrées pendant quatre ans. — Le roi envoie le connétable
Robert de Fienne pour venir en aide à Tancarville. — Mort du pape Innocent
VI. — Motifs qui déterminent Jean le Bon à partir immédiatement pour Avignon
; son désir de voir son oncle le cardinal de Boulogne monter sur le trône de
Saint-Pierre. — Passage du roi en Bourgogne ; sa réception en Bresse au
château de Pont-de-Veyle chez le comte de Savoie. — Le roi et le comte
descendent par bateaux à Avignon. — Jean le Bon apprend la nomination du pape
Urbain V ; son dépit de cette nomination calmé par une lettre affectueuse du
souverain pontife. — Visite au pape et promesse de ne point autoriser le
mariage de Marguerite de Flandre avec le duo de Cambridge. — Projets d'une
Croisade afin d'obtenir des subsides ecclésiastiques ; les chrétiens de
France ont assez à faire chez eux sans aller défendre les chrétiens d'Orient.
— Désordres et ravages commis par les compagnies. — Renouvellement des
hostilités des Francs-Comtois et démarches du gouverneur Henri de Bar pour
lutter contre eux. — Guerre entre l'Archiprêtre et les Chalon-Arlay ;
Vitteaux ravagé. — Jean le Bon obtient pour son fils Philippe le Hardi, qui
l'avait rejoint à Avignon, la suzeraineté du comté de Bourgogne cédée par
l'empereur Charles IV. — Bandes de routiers à Bussy-la-Pèle, Arnay-sous
Vitteaux, Nuits-sous-Beaune, Fontaine près Chagny, Saint-Jean-de-Losne,
Auxonne, Montot en Beaunois. — Lettres missives à ce sujet et pour la garde
des forteresses, de Jacques de Vienne, site de Longvy, Jean Chalemart, Louis
Quinart, lieutenant du gouverneur. — Mandement aux féodaux pour se réunira
Gevrey, près Dijon. — Gascons et Bretons des bandes de l'Archiprêtre
installés à Arcy-sur-Cure, Dammarie-en-Puisaye, Vesigneux-en-Morvan. — Prise
et pillage de Montréal-en-Auxois par le capitaine Gille Troussevache. —
Emotion causée par cette nouvelle. — Jean le Bon et Philippe le Hardi partent
d'Avignon ; leur retour en bateaux jusqu'à Chalon ; escorte commandée par
Hugues Aubriot pour protéger leur marche jusqu'à Dijon et Talant. —
Anoblissements et concessions diverses de Jean le Bon. — Entente avec
l'Archiprêtre pour faire évacuer les forteresses par les routiers. —
Convocation adressée par Tancarville aux députés des Trois-Etats par-devant
le roi ; son discrédit et son impopularité font échouer ce projet. — Dépit du
roi et nomination de Philippe le Hardi comme lieutenant général à la place de
Tancarville. — Lettre missive de Geofroi David, évêque d'Autun, au sujet de
Talebardon et autres qui quittent les faubourgs d'Autun se dirigeant dans le
Chalonnais et le Mâconnais pour prendre des places fortes. — Jean le Bon
quitte la Bourgogne pour regagner Paris après dix mois d'absence. Le duc de
Touraine réunit les Trois Etats, en obtient des subsides, fait ses adieux à
son père à Troyes, revient à Dijon prendre en main le gouvernement du duché.
— Le règne de Philippe le Hardi commence.
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