Nouveaux projets de
campagne des confédérés francs-comtois. Reprise des hostilités. Appel de Jean
de Chalon à l'intervention étrangère et au roi d'Angleterre. — Traité
d'alliance par devant le comte d'Herefort et d'Essex. — Médiation de
l'archevêque de Besançon, qui se rend auprès du roi avec Robert de
Châtillon-en-Bazois. — Litige laissé à la discrétion et à l'arbitrage de
Philippe de Valois. Jugement du conseil royal. — Jean de Chalon-Arlay et le
sire de Montfaucon condamnés à tenir prison. — Jean de Chalon au
Louvre-lès-Paris et à Montréal-en-Auxois la terre de Vitteaux lui est
délivrée ; vente de domaines pour payer ses dettes. — Embarras financiers du
duc de Bourgogne nombreux emprunts pour la guerre du comté ; le crédit du roi
mis à contribution ; emprunt de quarante mille livres et engagement du comté
d'Artois. — Mauvaise gestion des seigneurs au moyen âge. — Le duc en Artois.
— Approbation donnée par le roi aux projets de mariage entre
Philippe-Monsieur et Jeanne, comtesse de Boulogne et d'Auvergne. — Règlement
des dettes de feu Guillaume, comte de Boulogne, et du douaire de sa veuve.
Jean de Chalon et ses alliés produisent une autre agitation dans le comté. —
Le duc et son fils en Artois. — Préparatifs d'une guerre sans résultat contre
l'Angleterre. — Contrat du mariage de Philippe-Monsieur. — Caractère de la
reine Jeanne de Bourgogne, liens d'amitié qui la rattachent au duc, son frère
; influence de ce dernier et faveurs dont il tire profit ; le roi cède à
Eudes la terre de Fontenay, près Vincennes, le fief de l'Isle-sous-Montréal,
des droits de haute justice à Chanteloup. — Arrivée en Bourgogne de la
fiancée de Philippe-Monsieur. — Nouveaux troubles en Franche-Comté après le
mariage de Jean de Faucogney avec la dauphine de Viennois. — Chevauchée en Flandre
; les armées en présence à Buironfosse se retirent sans combat ; rôle du duc
et des Bourguignons. — Gautier de Vienne, sire de Mirebel, gardien du comté
en l'absence de Robert de Châtillon-en-Bazois. — Alliance des Faucogney avec
les Allemands qui ne tiennent pas parole. — Hostilités et ravages dans le
comté.
Après
la calamiteuse période que l'on venait de traverser, la classe populaire du
comté de Bourgogne espérait voir la paix renaître, pour panser ses blessures,
et réparer ses pertes dans les sillons de son sol inépuisable. Mais les
trêves que l'on venait de signer n'étaient qu'un entr'acte, pendant lequel
les belligérants cherchaient de nouvelles alliances afin de poursuivre la
lutte avec plus d'acharnement. Malgré
les revers de son parti, malgré les réclamations des populations, et
principalement des Bisontins, qui se plaignaient d'avoir à héberger un nombre
de gens d'armes trop considérable, Jean de Chalon-Arlay, l'âme de la ligue,
stimulait le zèle des membres de la confédération. Il avait cependant perdu
plusieurs alliés victimes de cette guerre. Charles de France, comte
d'Etampes, était décédé par suite de ses blessures en attaquant le château de
Pimorin[1]. Thibaut de Neufchâtel mourut
un peu plus tard, et le sire d'Arlay transmettait à son fils du même nom
l'ardeur de vengeance dont il était lui-même animé. Le duc,
de son côté, avait vu disparaître son plus actif et son plus vaillant
défenseur, Gui de Saint-Seine, seigneur de Villefrancon[2], dont nous reproduisons la
tombe. Eudes de Cromari, qui le remplaça comme bailli de Poligny, fit preuve
d'une grande activité dans les préparatifs d'une nouvelle campagne. D'accord
avec le connétable Robert de Châtillon-en-Bazois, Jean de Corcondray, doyen
de Besançon, Renaud de Baissey, Eudes de Montmartin, Guillaume de Grenant et
Gui de Ville, on fit visiter et mettre en état de défense toutes les
forteresses du comté, qui furent réparées sous la direction de Jean Moingis,
maître des œuvres. C'est sous ses ordres que furent entrepris des travaux à
Poligny, Vesoul, Gray, Clerval, Jussey, Dôle, Montboson, Baumes, Montmirey, Châtillon,
Etobon, Montjustin, et les populations de ces diverses localités concoururent
à ces travaux exécutés pendant la durée des trêves. Au commencement de
l'année 1337 les hostilités étaient reprises, et les baillis, tous à leur
poste, ne se bornaient plus à la défensive. Plusieurs châteaux appartenant à
Thibaut de Cusance, à ses fils Jean et Vautier, vassaux des Neufchâtel,
furent pris et incendiés. Les confédérés par représailles commirent ailleurs
des dégâts considérables, et réussirent à s'emparer de diverses places fortes
ducales. A la fin de mars, les garnisons de Poligny refluaient vers Bracon,
où Jean de Chalon, disait-on, faisait passer ses gens d'armes et ses engins
de guerre. On
venait d'apprendre en effet que, le 22 de ce même mois, le sire d'Arlay,
après avoir obtenu une promesse de secours du roi d'Angleterre, avait
contracté une nouvelle alliance avec Henri, comte de Montbéliard et le jeune
Thibaut de Neufchâtel. Les confédérés s'étaient engagés, sous peine d'une
amende de deux mille marcs d'argent, à se prêter réciproquement aide et
appui, à ne faire ni paix ni accord avec le duc de Bourgogne, à défendre en
commun les forteresses qui seraient attaquées, et à refuser tout hommage à
Eudes[3]. Jean de Bohun, comte
d'Herefort et d'Essex, cousin d'Edouard II, attestait, par sa présence à la
rédaction de l'acte, l'intérêt que le roi d'Angleterre portait à cette
association. Cet
appel à l'intervention étrangère, qui devait avoir plus tard pour nos pays
une si fatale et si désastreuse répercussion, était une faute politique
considérable, dont l'inconscient baron d'Arlay, aveuglé par l'ardeur de sa
haineuse passion, n'avait pas mesuré la gravité. L'alliance d'un vassal avec
un ennemi du royaume était, à l'égard du souverain, un acte de forfaiture et
de félonie que punissaient sévèrement les lois féodales alors en vigueur.
Henri de Vienne, archevêque de Besançon, le comprit, et lui, qui s'était déjà
employé pour obtenir un dénouement pacifique et qui comptait des amis et des
parents dans les deux camps, fit des tentatives et de nouvelles démarches non
seulement auprès du duc de Bourgogne mais auprès du roi. Les
conventions passées entre les confédérés et les négociations entreprises avec
le roi d'Angleterre n'avaient point été tenues assez secrètes pour que
Philippe da Valois n'en fût promptement informé. L'archevêque Hugues de
Vienne usa d'une extrême habileté pour éviter à ses alliés les embarras d'une
situation difficile. Il se fit remettre par eux des pleins pouvoirs pour
traiter en leur nom, et d'accord avec Robert de Châtillon-en-Bazois,
connétable et gardien du comté, il se rendit en sa compagnie à Paris à la fin
de mai[4]. Dans l'entrevue qu'ils
obtinrent du roi, ils prièrent ce dernier de vouloir prendre l'arbitrage du
litige entre le duc et Jean de Chalon. Philippe de Valois ne pouvait que
déférer la cause à ses conseillers, et chargea une commission[5], à laquelle présidait son
chancelier Gui Baudet, évêque de Langres, de prononcer en cette affaire le
jugement dont les conclusions furent insérées dans une charte royale donnée à
Vincennes, le 13juin 1337[6]. La
châtellenie de Chaussin et le fief de Thesy étaient attribués au duc, à
charge de payer au sire d'Arlay cinq mille livres qu'il devait aux juifs et
aux Lombards. Jean de Chalon reprendrait la terre d'Arguel, et des rentes
étaient assignées à Henri de Montfaucon sur les domaines d'Etobon et de
Groson. Ces deux seigneurs, ainsi que Raoul et Thibaut de Neufchâtel et les
habitants de Besançon, devaient s'adresser à la cour ducale, dans le cas où
ils auraient d'autres réclamations à faire valoir, et des preuves à fournir
au sujet de la violation des coutumes du comté dont ils se plaignaient. Le
libellé du jugement, très modéré dans la forme, grâce à l'intervention
probable de l'archevêque Hugues de Vienne, ne s'étend pas sur le grief
principal de l'appel à l'intervention anglaise, et dit seulement « derechief
lesd. Jehan de Chalon et li sires de Monfacon nous serviront en nos guerres
là ou il nous plaira, especialement contre le roy d'Angleterre, se guerre y a
; c'est assavoir li sires de Montfacon pour une saison, et led. Jehan de
Chalon, tant comme tenuz y est es gaiges et retors de chevaux de nos
accostumez. » Les
deux barons coupables de forfaiture envers le roi et même envers le duc, pour
avoir pactisé avec l'ennemi de leurs suzerains, devaient se rendre à leur
merci « derechief, lidis Jehan de Chalon et li sires de Montfacon vainront en
nostre présence au Louvre les Paris, et y demourront tout comme il nous
plaira. Derechief il yront avec ce en la presence dud. duc au lieu et le jour
que nous ordonerons, et y demourront jusques à nostre volontey. » La
durée du temps de prison n'était pas fixée, mais par une seconde lettre,
Philippe de Valois décida que les deux coupables garderaient prison au Louvre
pendant un mois seulement, avec l'autorisation de recevoir les visites de
leurs parents et amis, et qu'ils seraient ensuite retenus quatre jours dans
un des châteaux qu'il plairait au duc de Bourgogne de leur assigner. Les
sires d'Arlay et de Montfaucon furent touchés en juillet par la sentence qui
les frappait, et à laquelle ils se soumirent sans restriction, avec serment
d'en observer les clauses, ainsi que l'archevêque Hugues de Vienne s'y était
engagé en leur nom[7]. Il
était moins pénible pour Jean de Chalon d'être retenu pendant un mois au
Louvre, près Paris, que de rester quatre jours dans les mains de son
adversaire. Toutefois, il fit contre fortune bon cœur, et consentit à tenir
prison[8] dans le château de
Montréal-en-Auxois, voisin du fief qu'il possédait à l'Isle. On a une lettre
du duc à cette occasion[9], mandant à son bailli d'Auxois
et au châtelain de Vitteaux de délivrer au prisonnier le château de Vitteaux
lorsqu'il sortirait de captivité. Le 6
septembre, Jean de Chalon prit possession de ce domaine, mais il fut
contraint de l'engager bientôt, ainsi que les fiefs de l'Isle-sous-Montréal,
Montricher, Montmahou, pour satisfaire aux exigences de ses créanciers, et
les revenus qui provenaient de ces châtellenies étaient loin de suffire à
payer ses dettes, car les habitants de Besançon réclamaient, pour leur part
seulement, la somme de soixante mille florins. Les
dépenses nécessitées par cette guerre avaient mis le duc de Bourgogne dans
une situation non moins embarrassée. Ses officiers envoyés de tous côtés pour
recueillir des emprunts de peu d'importance, lors du passage du roi, avaient
eu beaucoup plus de démarche ; à faire pour trouver l'argent nécessaire aux
frais des chevauchées et au paiement des gens d'armes. Les baillis,
châtelains et prévôts avaient recueilli ce qu'ils avaient pu dans les
abbayes, dans les villes et chez les particuliers[10]. Les juifs, Lombards et
Cahorsins de la province mis à contribution étaient créanciers pour de fortes
sommes[11]. Les villes d'Artois avaient
généreusement concouru à ces emprunts ta ville de Calais seule avait fourni
de grosses sommes à plusieurs fois, et en dernier lieu huit cents livres[12]. Mais
comme tout cela ne pouvait suffire, Eudes s'était vu forcé de recourir au
crédit du roi, son beau-frère, qui, sur sa demande, avait emprunté dix-huit
mille livres, pour lesquelles son comté d'Artois était engagé. Les prêteurs
étaient le grand prieur de l'hôpital de France, la compagnie des Bardes, la
compagnie des Archioles, la compagnie des Bonnecorps, la compagnie des
Lucays, la ville de Reims, Géofroi de Fleurey[13], etc. Ces
dix-huit mille livres, ne représentant qu'une partie des quarante mille
livres empruntées pour frais de guerre[14], lui furent libéralement
abandonnées par Philippe de Valois, auquel il en donna quittance[15], et qui retira sa main du comté
d'Artois[16]. Ce
déplorable système d'administration est toujours le même sous nos ducs. Le
chiffre de leur dépense ne cesse pas d'être supérieur à celui des recettes,
ce qui lie les empêche pas d'acquérir des domaines dont la vente est ouverte,
et ne modifie en rien leur train de vie et leurs frais d'hôtel. Les receveurs
et comptables, régulièrement en avance avec eux, sont de véritables banquiers
qui reçoivent des joyaux en nantissement quand l'excédent des avances est
trop considérable. Les
ducs de la seconde race n'eurent pas dans la suite une meilleure gestion. A
quelques exceptions près, il semble que ce manque de prévoyance, cette
absence de toute préoccupation, et ce peu de souci en matière économique, fut
une règle générale parmi les grands seigneurs du moyen âge. Longtemps
retenu en Bourgogne par la lutte contre les confédérés francs-comtois, le duc
n'avait pu visiter son comté d'Artois il s'y rendit au commencement de
l'année 1338, et séjourna quatre mois dans diverses résidences, Arras,
Hesdin, Eperleques, Saint-Omer, Béthune, Gosnay. Eudes
profita de ce voyage pour arrêter d'une manière définitive, avec l'agrément
du roi, les projets du mariage déjà ébauché entre son fils Philippe-Monsieur
et Jeanne, fille unique de Guillaume XII, comte de Boulogne et d'Auvergne et
de Marguerite d'Evreux[17]. La mort de Guillaume assurait
à l'orpheline la possession immédiate de deux comtés importants, et cette
considération paraît avoir été la cause déterminante de cette alliance. Jeanne
de France, reine de Navarre, fille du roi Louis Le Hutin, tante de la
fiancée, favorisait ces projets, à en juger par l'accueil qui lui avait été
fait en Bourgogne peu de temps auparavant, et surtout par les présents et
joyaux qui lui furent distribués ainsi qu'aux gens de son entourage[18]. Les conventions du mariage
étaient fixées bien avant le 18 mai, alors que Philippe de Valois arrêta le
règlement du compte des dettes dont était grevée la succession de Guillaume
de Boulogne[19], car sa veuve et sa fille se
voyaient poursuivies par des créanciers exigeants qu'elles n'étaient pas en
mesure de satisfaire. Le duc
fut brusquement rappelé en Bourgogne, en mai et juin 1338[20], par une agitation qui se
produisait dans le comté, et par une invasion dont le duché était menacé,
disait-on. Jean de Chalon avait fait à Ougney un mandement de troupes, et
devait avec ceux de Besançon venir courre outre-Saône. Le jugement
rendu par le roi contre les confédérés, relativement à leur alliance avec
l'Angleterre, leur laissait toute liberté d'action vis-à-vis d'Eudes IV, et
rien n'avait été réglé au sujet du maintien de l'indépendance féodale. Nous ne
savons si le duc avait lui-même donné des motifs d'inquiétude au sire
d'Arlay, en faisant un mandement à Colonne, près Poligny, où il était en
personne au mois de décembre de l'année précédente. Mais malgré leur échec,
les alliés montraient comme auparavant des dispositions hostiles et
belliqueuses. Le seigneur de Beauvoir avait fait battre et vilener les
sergents de la châtellenie de Clerval. On annonçait que les sires d'Oiselet
et de Villersexel voulaient s'emparer de Montjustin, que les Allemands et
Henri de Montfaucon préparaient une entreprise, que Jean de Chalon et les
Bisontins menaçaient Gray, Apremont et Baumes. Robert
de Châtillon-en-Bazois, gardien du comté, avait fort à faire pour répartir
les forces dont il disposait dans les diverses places fortes et réprimer les
actes de violence. Il exerça des représailles sur les terres du sire de
Beauvoir et fit aussi des courses sur Ornans, mais ces chevauchées
n'arrêtèrent pas le désordre et le pillage. Le duc
de Bourgogne fut obligé de faire encore deux voyages à Paris et en Artois,
pour venir en aide à son beau-frère le comte de Flandre, dépouillé d'une
partie de ses états, qui réclamait toujours sa part de la sui cession de la
reine Jeanne et avec lequel il fit un nouvel arrangement à Paris, le 9
juillet[21]. La
révolte des Flamands, l'alliance d'Edouard, roi d'Angleterre, avec les ducs
de Gueldre et de Brabant, le marquis de Juliers et Jean de Hainaut, qui se
proposaient de faire la guerre au roi de France, nécessitèrent des
préparatifs belliqueux et des levées de troupes. Philippe-Monsieur, en
attendant l'arrivée de son père, manda aux baillis de Lens, de Béthune,
d'Hesdin et de Gosnay, de prévenir tous les féodaux de l'Artois de se trouver
en armes à Saint-Orner, le dimanche après la Notre-Dame d'août (16 août 1338). En même temps, le connétable
Raoul d'Eu faisait détruire les ponts et les passages qui pouvaient laisser
entrer l'ennemi[22]. Le duc arriva sur la fin
d'août à Arras et séjourna dans les environs jusqu'au 18 septembre[23]. Mais il ne semble pas que
cette chevauchée, dont les détails nous font défaut, ait donné lieu à quelque
action de guerre. Les alliés d'Édouard, ayant déclaré qu'ils n'entreraient
point en lutte avec la France tant que l'empereur d'Allemagne et que Louis de
Bavière ne se seraient pas prononcés contre Philippe de Valois, durent se
retirer sans avoir tenté de pénétrer dans le royaume et sans avoir fait acte
d'hostilité. Huit
jours après, le 26 septembre[24], le duc de Bourgogne, profitant
de son séjour, arrêtait les dernières formalités du mariage de son fils avec
l'héritière des comtés de Boulogne et d'Auvergne. Il fut décidé que la
comtesse douairière Marguerite d'Évreux serait déchargée des obligations et
des dettes laissées par son mari, qu'elle aurait le bail des domaines et le
gouvernement de sa fille jusqu'au lendemain de l'Apparition prochaine (6 janvier
1339), époque à
laquelle Jeanne aurait atteint l'âge voulu. On régla les revenus de son
douaire et, dans des articles ajoutés après coup, on assigna en dot à
Philippe le comté de Bourgogne, dont il ne prendrait possession qu'après la
mort de la comtesse et un douaire de six mille livres dont la future serait
avantagée et qui seraient prélevées sur les châtellenies qu'il plairait au
roi de désigner. D'après
les conseils du roi de Navarre, de Jean lu Bon, duc de Normandie, du comte
d'Alençon et du duc de Bourbon, leurs parents et amis, les fiancé-,
demandèrent à Philippe de Valois de vouloir bien les émanciper, et cette
grâce leur fut accordée dans ta ratification du contrat scellé à Vincennes,
en novembre suivant[25]. Le duc
passa le mois d'octobre en Bourgogne el revint en novembre à Paris et à
Vincennes, où la cour royale était installée et dans laquelle il trouvait des
distractions que son entourage ne pouvait lui procurer dans le duché. On a pu
voir déjà les liens d'affection qui rattachaient Eudes à la reine Jeanne, sa
sœur, que le médisant Froissart appelle la male reine boitouse[26], mais que des courtisans plus
avisés et même des poètes, traitent avec plus d'égards. L'auteur du roman de
Girard de Roussillon ne lui épargne pas les éloges ; Reyne
très excellens, la plus noble du munde, Jehanne de Bourgoigne, en cui tous biens habunde. Cette
princesse, qui parait avoir hérité des qualités et des défauts de sa mère
Agnès, fille de saint Louis, en reçut un caractère dominant, difficile
peut-être, mais on ne peut lui refuser une intelligence que son amour pour
les lettres ne rend pas contestable. Le grand empire qu'elle avait sur le roi
fut mis à profit par le duc et lui donnait toute autorité et toute influence
sur les affaires de l'État. L'intimité de ce dernier avec Jean le Bon lui
assignait le premier rang parmi les pairs de France, et nul plus que lui ne
fut à même de profiter des faveurs souveraines. Cette situation
exceptionnelle valut à un grand nombre de seigneurs bourguignons l'avantage
d'occuper des fonctions à la Cour, et plus d'un cadet de famille, autant
favorisé par les circonstances que par ses services, eut la bonne fortune
d'acquérir une certaine notoriété[27]. Philippe
de Valois qui tenait à garder le plus souvent le duc, son beau-frère, dans
son voisinage, lui céda à Fontenay, dans le bois de Vincennes, la maison
ordinairement occupée par le grand maître de l'hôtel et par le confesseur du
roi et de la reine. Cette cession était faite pour une somme de deux gents
livres parisis, qui devait être employée à construire une autre habitation
pour le grand maître de l'hôtel[28]. La tenue du Parlement de
Beaune, qui se réunissait le dimanche après la Saint-André, rappela le duc en
Bourgogne dans les premiers jours de décembre, mais son séjour y fut de
courte durée. Le roi
d'Angleterre étant sur le point de faire une descente pour venir meffaire
au royaume de France, Philippe de Valois lança un mandement à tous les
féodaux, leur enjoignant de se trouver en armes à Péronne sous le
commandement de son fils Jean, duc de Normandie, le vendredi avant la
Nativité (13
décentre). Mile de
Noyers, bouteiller de France, était parti de Joigny pour cette chevauchée, le
6 du même mois, et avait amené avec lui nombre de chevaliers de la région[29]. Le duc, ayant fait diriger ses
grands chevaux de bataille en Artois, s'y rendit quelques jours plus tard,
avec son connétable Robert de Châtillon-en-Bazois et son sénéchal Henri de
Vergy. Mais, comme il était sans ressources pécuniaires, suivant son
habitude, il emprunta, en passant à Troyes, le 15, diverses sommes à son
bailli et au receveur général de Champagne. Il rejoignit le roi à Etrepigny,
près Meaux, et son premier soin fut d'en obtenir une faveur, et la cession
gratuite de la suzeraineté du fief de l'Isle-sous-Montréal[30], appartenant à son ennemi Jean
de Chalon-Arlay, qui devenait son vassal pour ce fief, et était tenu de lui
rendre un hommage pour lequel il se montrait si récalcitrant dans le comté[31]. Le roi
d'Angleterre, ayant pris la mer et gagné Anvers, était toujours en
pourparlers avec les Flamands pour faire une descente en France, mais la
défection de certains alliés sur lesquels on comptait fit ajourner
l'entreprise après la Saint-Jean de l'année suivante. Pour la seconde fois,
les vassaux arrivés au mandement de Philippe de Valois furent contremandés,
et regagnèrent leur province sans avoir guerroyé. L'époque
à laquelle Jeanne, comtesse de Boulogne et d'Auvergne, devait être confiée à
la cour de Bourgogne s'approchant, la duchesse ordonna des préparatifs pour
lui faire fête. La jeune princesse arriva les premiers jours de janvier 1339
au château de Villaines-en-Duesmois, et fut ensuite promenée dans les
diverses résidences ducales, où les comptables ne manquent pas de signaler la
venue de la femme de Philippe-Monsieur. Au mois
de mars, le duc de Bourgogne revint à la cour de France, et y séjourna
jusqu'au commencement d'avril, alors que le roi lui attribua le droit de
haute justice en sa terre de Chanteloup, près Corbeil[32], qui lui venait de la reine
Jeanne, sa belle-mère. Ce domaine, dans lequel des travaux avaient été faits
du temps de Mahaut d'Artois, fut entretenu par Eudes, qui y fit ensuite de
fréquents séjours. Dans le
comté, Jean de Chalon n'abandonnait pas ses projets de vengeance, et furieux
de la cession faite par le roi du fief de l'Isle, qui resserrait encore de ce
côté les liens de vassalité qui l'attachaient au duc, il cherchait de
nouveaux alliés. C'est à ce moment, croyons-nous, que fut résolu et accompli
le mariage d'Isabelle de France, veuve du dauphin Guigues, avec Jean III,
sire de Faucogney[33], auquel cette alliance donnait une
haute situation, et une légitime autorité pour revendiquer l'exécution des
conventions jadis arrêtées par le dauphin, et qui ne semblent pas avoir été
entièrement remplies par le duc. Jean de Faucogney et les membres de sa
famille devenaient pour les confédérés d'importants auxiliaires. Préoccupé
des embarras que pouvait lui susciter ta coalition, le duc avait fait
précédemment un traité avec Thibaut de Neufchâtel, avait reçu l'hommage de
ses terres, et s'était réconcilié avec lui. Le 18 juin 1339[34], il traitait également à
Poligny avec Jeanne de Basseyrans, veuve de Jacques d'Arguel, dont ses
troupes avaient incendié le château, lui abandonnait le domaine d'Ornans et
des rentes sur Colonne. Le lendemain, Eudes étant à Montmoret[35], donnait ses instructions à
Eudes de Cromari, qui était venu au-devant de lui avec une escorte, et revint
à Beaune[36] les premiers jours de juillet[37], afin de prendre ses dernières
dispositions pour la guerre contre l'Angleterre. Depuis longtemps Philippe de
Valois avait convoqué le ban et l'arrière-ban, et avait donné rendez-vous à
Compiègne aux fêtes de la Madeleine[38]. Les féodaux bourguignons
étaient arrivés bien avant le duc, qui pressé d'argent, négociait encore, le 1er
août, à Conflans, un emprunt avec Hugues de Pommard, chanoine de Paris, à la
bourse duquel il faisait souvent appel. Cette fois la somme était un peu
forte, car il s'agissait de deux mille livres, pour lesquelles le prêteur
reçut en nantissement une assignation de rente sur la terre de Savigny-les-Beaune,
confisquée sur Jean de Reulée et sur son fils du même nom[39]. L'armée
royale comptait parmi les principaux seigneurs de nos provinces Mile de
Noyers, qui servit en l'ost, du 13 août au 27 octobre[40], ses fils Jean, comte de Joigny
et Gautier de Noyers, seigneur d'Eclaron ; vidame d'Amiens[41] ; Jean de Chaton, comte
d'Auxerre ; Gautier, duc d'Athènes[42] ; Philippe de Bourgogne,
comte de Boulogne[43] Gaucher et Étienne de Seignelay[44], Gautier, seigneur de Choiseul[45]. Le duc,
que nous trouvons à Lens, Arras, Béthune, Hesdin, de septembre à novembre,
était aux côtés du roi à Buironfosse avec dix-neuf bannières « environ heure
de tierche, vint li dus Oedes de Bourgoigne, à plus de cinq cens lanches et
se mit d'un lez seur les camps et avoit dix neuf banerez, tous de Bourgoigne
et de la comté de Bourgoigne[46]. » Sauf
quelques escarmouches sans importance et des ravages dans les campagnes de
Flandre, on n'a point à parler d'une chevauchée qui se termina sans actio de
guerre, malgré le défi porté par le roi d'Angleterre malgré l'attitude
menaçante des deux armées en présence et qui se retirèrent sans combat.
C'était dans même année 1339, le troisième déplacement sans résultat des
féodaux de Philippe de Valois. Le
service du roi n'avait pas fait cesser l’agitation dans le comté de
Bourgogne, où des agents d'Édouard roi d'Angleterre, parcourant la région,
avaient depuis longtemps cherché à entretenir ce foyer de discorde[47]. Mais l'antagonisme qui
existait entre les deux provinces n'avait pas besoin d'être excité. Pendant
que Rober de Châtillon-en-Bazois était retenu avec le duc en l'ost de
Buironfosse, Gautier de Vienne, seigneur de Mirebel, qui le remplaçait comme
gardien du comté, eut beaucoup à faire pour surveiller le mouvement de
garnisons. Pendant l'année suivante, 1340, et tout le temps que dura la
chevauchée de Flandre que non aurons à raconter, les hostilités ne cessèrent
point. C'était
Jean de Faucogney, le mari de la dauphine qui cette fois tenait la campagne.
Il avait passé un traité avec le duc d'Autriche et avec les Allemands, dont
il espérait de grands secours, mais leur participation qui aurait pu devenir
redoutable ne se produisit que dans une très faible mesure. Heureusement pour
le duché, ces étranges alliés ne tinrent pas mieux leur parole au sire de
Faucogney qu'au roi d'Angleterre, auquel ils avaient fait manquer une
expédition l'année précédente. Gautier
de Vienne, se servant des relations qu'il avait dans les deux camps, avait
été informé de ces menées et de ces alliances par le fauconnier de son oncle
l'archevêque de Besançon, qu'il avait pris comme espion et qu'il avait envoyé
en Allemagne (16 juin). Renaud
d'Abbans et d'autres gentilshommes s'étaient mis en tête de s'emparer de
Chaussin, dont la prise par le duc avait nécessité un long siège quatre ans
auparavant mais Gautier de Vienne, Eudes de Cromari et Guillaume de Vienne,
qui commandaient une forte garnison à Vesoul, vinrent protéger la place, le
18 avril 1340, puis, se rendirent à Dôle pour prendre l'avis du conseil ducal
sur la marche à suivre contre les gens ̃lu sire de Faucogney[48]. A la
fin de mai, les Francs-Comtois préparaient un coup de main sur Vesoul, que
l'on croyait dégarni de troupes, et sur le château de Montjustin Thibaut de
Traves, Hugues d'Arguel, Thibaut da Maisières et Cromari firent échouer ces
beaux projets[49]. Après de vaines tentatives
dans le bailliage d'Amont, les gens de Faucogney se rejetèrent sur le
bailliage d'Aval, ma le gouverneur du comté faisait bonne garde et disposa de
deux ou trois cents gentilshommes, Renaud d'Andelot, Aimé de la Serrée,
Richard de Montsaugeon, h- sire de Vaugrenant et de divers baillis qui avaient
été convoqués à Gendrey, du 2 au 5 juillet[50]. Partout o. leur donna la
chasse et l'on parvint à saisir dans di verses rencontres des prisonniers et
des espions, qui renfermés d'abord à Bracon, furent ensuite amenés Dôle et
remis à Jean, seigneur de Thil et de Marigny[51]. Gautier
de Vienne, seul responsable du gouvernement du comté, était en constants
rapports avec les autorités ducales et faisait de fréquents voyages pour les
informer de ce qui se passait. Le 6 août, il se rendu à Auxonne et de là à
Montbard où la duchesse l'avait mandé, puis à Dijon. Il reçut apparemment des
renforts et les ordres de mener énergiquement la campagne, car le 24 octobre,
ayant réuni des gens d'armes à Sainte-Marie-en-Chaux, il alla assiéger
Baudoucourt occupé par les Faucogney, s'empara de la forteresse, la fit
abattre et incendia le village, Puis, il alla de Vesoul défendre le château
de Montjustin menacé par l'ennemi[52]. Le retour du duc de Bourgogne, que nous allons suivre dans la chevauchée de Flandre, amena quelque répit à des hostilités dont les habitants des campagnes étaient surtout victimes. |
[1]
Art de vérifier les dates, t. II, p. 450. Charles, comte d'Etampes,
mourut le 5 septembre 1336, et fut enterré aux Cordeliers de Paris.
[2]
Gui de Villefrancon, bailli de Poligny, mourut le lundi après la Sainte-Luce,
16 décembre 1336 ; Eudes de Cromari prit possession de son office les premiers
jours de janvier 1337.
[3]
Ed. Clerc, Essai sur l'histoire de la Franche-Comté, t. II, p. 59 ;
d'après la collection diplomatique de M. Duvernoy.
[4]
Robert de Châtillon-en-Bazois n'était pas plus en fonds que le duc, sort
maitre, car, à l'occasion de ce voyage, il fit un emprunt de 40 l. à un lombard
de Poligny.
[5]
Les autres personnages chargés de statuer en cette affaire sont le duc de
Bourbon, Mile, sire de Noyers, le vicomte de Melun, Anseau, sire de Joinville,
Guillaume Flote, sire de Revel, l'archevêque de Besançon, Eudes de Choyé,
chanoine de cette ville, et Guillaume le Galois, chevalier.
[6]
Orig., Arch. du Doubs, B. 339, Dom Plancher, t. II, p. CCLXI.
[7]
Dom Plancher, t. II, pr. CCLXII.
[8]
Jean de Chalon dut entrer en prison à Montréal le 2 septembre 1337.
[9]
La lettre du duc, datée du 26 août 1337, a été publiée par Clerc, Histoire
de Franche-Comté, t. II, p. 62, mais cet auteur, trompé par le mot de Montreaul,
croit à tort qu'il s'agit de Montereau-fault-Yonne. Il trouve de plus que le
roi semblait punir plutôt que juger. Mais le roi avait parfaitement
raison après les démarches faites auprès d'Edouard Il on verra bientôt les
tristes conséquences de cet appel à l'intervention anglaise. Le roi Louis le
Jeune avait été autrement sévère, en 1166, à l'égard de Guillaume, comte de
Chalon, allié à l'empereur Frédéric Barberousse (V. notre t. II).
[10]
On fut même dans l'obligation d'aliéner certains droits pour faire de l'argent.
Le dernier avril 1337, Eudes céda aux religieux de Saint-Bénigne, moyennant 600
l. parisis, des droits de séjour et de gîte. (Arch. de la Côte-d'Or, fonds
Saint-Bénigne, H. 2.)
[11]
Deux Lombards de Seurre étaient créanciers de 1.510 livres. (Arch. de la
Côte-d'Or, B. 340².)
[12]
Orig., Bibl. nat., Collection Colbert, 189,
Comptes de la ville de Calais.
[13]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 77. Ces diverses compagnies
tiraient leur nom de leur principal prêteur. V. J. Viard, Les journaux du trésor ; les Bonnecorps ou Bonnacours
sont représentés par un nommé François auquel on restitue une somme de 480 l.
18 s. 10 d. ob. t.
[14]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 399.
[15]
Paris, 24 février 1338 ; Arch. de la Côte-d'Or, B. 399.
[16]
4 octobre 1337, Arch. du Pas-de-Calais, A. 77.
[17]
Jeanne de Boulogne devait être née le jour de l'Apparition 6 janvier 1327,
puisque c'est à pareil jour 1339 qu'elle devait être livrée à la Cour de
Bourgogne, en atteignant sa douzième année. Guillaume, comte de Boulogne et
d'Auvergne, était décédé le 6 août 1332.
[18]
Mention du 11 avril, Arch. du Pas-de-Calais, A. 572.
[19]
Dom Plancher, t. II, pr. CCLXIV.
Le roi décida que l'on prendrait tous les ans 2000 livres sur les revenus des
comtés d'Auvergne et de Boulogne, jusqu'au complet désintéressement des
créanciers.
[20]
Le 30 mai et le 6 juin 1338, le duc était au château d'Argilly.
[21]
Orig., Arch. du Doubs, B. 340.
[22]
Arch. du Pas-de-Calais, A. 874. — Arch. du Pas-de-Calais, A. 573.
[23]
Quittance du duc pour la fourniture des avoines provenant d'Arras et délivrées
à Jean de Coublanc, maitre de l'écurie du duc de Bourgogne, pour ses chevaux et
ceux de ses gens d'armes, « que nous avons eu aveuc nous à Arras en ceste
présente guerre du roy pendant un mois finissant le 18 septembre ». (Arch. du
Pas-de-Calais, A. 574).
[24]
Orig., Arch. nat., J. 258, n° 8 ; pièce scellée des sceaux du duc et de
la duchesse.
[25]
Dom Plancher, t. II, pr. CLXV.
[26]
Nous accusons Froissart d'avoir irrévérencieusement parlé de la reine Jeanne de
Bourgogne, femme du roi Philippe de Valois, qu'il nommait, disions-nous, « la
male reine boitouse » ; l'expression n'est pas de lui, il faut la rendre à
l'auteur de la Chronique des quatre premiers Valois, p. 17 de l'édit. de
la Soc. de l'hist. de Fr. Mais Froissart n'est pas plus indulgent pour
la reine, et ne dissimule pas, dans plusieurs endroits de sa chronique, son peu
de sympathie pour elle. Le manuscrit d'Amiens, éd. Luce, t. I, p. 303, lui
donne la qualification de « femme périlleuse », qui avait un sens plus
méprisant.
[27]
Nous avons publié ailleurs Les Bourguignons à la cour de Philippe de Valois.
[28]
Vincennes, 12 novembre 1338 ; Arch. nat., JJ. 68, n° XXXVI.
[29]
On a le curieux compte de ce voyage du 6 décembre au 25 décembre 1338 (Arch. de
la Côte-d'Or, B. 1274 bis). Nous l'avons publié en entier Les sires de
Noyers et le maréchal de Noyers, p. 259-278. Les dépenses mentionnent les
passages à Cérisiers-en-Othe ; Sainte-Colombe, près Sens ; Moret (Hôtel de la
Festue) ; Melun (Hôtel de l'Echiquier) ; La Grange-aux-Merciers ; Saint-Denis
(Hôtel de l'Epée) ; Pont Sainte-Maxence, où le roi se trouvait le 16 ;
Compiègne (Hôtel de Chepoy) ; Senlis, où le roi se trouvait.
[30]
Décembre 1338, Plancher, t. II, pr. CCLXVI.
[31]
Jean de Chalon ne se pressa pas de remplir ses devoirs de vassalité pour la
terre de L'Isle-sous-Montréal, car par une lettre du 28 avril 1339, le roi lui
enjoignit de rendre foi et hommage pour ce fief (Arch. de la Côte-d'Or,
Peincedé, t. IX, p. 5).
[32]
Arch. nat, JJ. 73, n° VIxxVIII.
[33]
C'est aussi l'avis de M. Jules Finot (Les Sires de Faucogney, p. 134)
qui assigne à ce mariage la date de 1338-1340. D'après les événements et les
hostilités qui suivent, il y a apparence que cet acte eut lieu dans la seconde
moitié de l'année 1339, et que Jean de Chalon-Arlay en fut le négociateur.
[34]
Orig., Arch. du Doubs. B. 416.
[35]
Montmoret, samedi 19 juin 1339 ; Arch. du Doubs, B. 67.
[36]
Arch. du Doubs, B. 67.
[37]
Beaune, 2 juillet 1339 ; Juénin, Nouvelle histoire de Tournans, t. II,
pr. p. 244.
[38]
Bibl. nat., lat. 9192, fol.22 v° ; Varin, Arch. administ. de Reims, t.
II, 2e partie, p. 816 et 818.
[39]
Conflans-lès-Paris, 4 août 1339, Peincedé, t. II, p. 10.
[40]
Bibl. nat., portefeuille Decamps, 83.
[41]
Bibl. nat., collection Clairambault, t. 81, n° 6385 ; Gautier ou Gaucher de
Noyers mourut pendant cette chevauchée.
[42]
Luce, Froissart, t. I, p. 180.
[43]
Arch. du Pas-de-Calais, A. 584, pièce scellée.
[44]
Bibl. nat., collection Clairambault, t. 100, p. 42-44.
[45]
Bibl. nat., collection Clairambault, t. 32, n° 2363.
[46]
Luce, Froissart, t. I, p. 473, d'après le mss. d'Amiens.
[47]
Voir Rymer, Fœdera, t. III, p. 176 et suiv.
[48]
Arch. du Doubs, comptes de Vesoul, B. 150.
[49]
Arch. du Doubs, B. 150.
[50]
Mandement fait à Gendrey le dimanche après Saint-Pol et jours suivants, en
attendant certaines novelles de certain messaige, à savoir « se li Alemant
venoient aval, li quel ne vienrent point » (Arch. du Doubs, B. 150).
[51]
7 juillet, Arch. du Doubs, B. 130.
[52]
Arch. du Doubs, B. 150.