Bonnes relations
d'Eudes IV avec Charles le Bel. — Revendications du duc et du comte d'Evreux
dans l'héritage de Philippe le Long. — La duchesse accouche à l'âge de
quatorze ans ses premiers enfants couches malheureuses ; enfants enterrés au
Val-des-Choux. — Lutte avec l'Angleterre. — Chevauchée de La Réole campagne
suspendue par des trêves. — Testament de la duchesse douairière Agnès de
France ses legs sa mort. — Mariage de Robert de Bourgogne avec Jeanne de
Chalon, comtesse de Tonnerre ; alliance avec le comte de Savoie contre le
dauphin de Vienne ; ravages en Bresse et en Bugey. — Bataille et funeste
aventure de Varey. — Robert fait prisonnier avec le comte d'Auxerre et
Guichard de Beaujeu. — Dures conditions imposées par le dauphin de Vienne. —
Longues négociations pour payer les rançons et délivrer les prisonniers. —
Intervention de Philippe de Valois et de Mahaut d'Artois. — Démarches du duc
de Bourgogne pour la libération de son frère. — Chevauchée entreprise par
Eudes contre le dauphin ; réunion des troupes à Lyon pourparlers et trêves. —
Mise en liberté définitive des captifs. — Levée de subsides pour la reprise
des hostilités avec l'Angleterre. — Nombreux voyages et déplacements du duc ;
ses fréquents rapports avec le roi Charles le Bel. — Réunions à la Cour
pertes au jeu. — Séjour de la reine Jeanne de Bourgogne-Comté dans le duché.
— Cadeaux de Pâques achetés par le duc. — Présent de la comtesse Mahaut à
Philippe-Monsieur, son arrière-petit-fils. — La comtesse d'Artois dans le
comté de Bourgogne. — Eudes IV au sacre de Philippe de Valois, son
beau-frère. — Vœux pour la restauration de Louis de Nevers dans son comté de
Flandre. — Réunion des troupes au Mont Cassel, près Aire ; chevaliers qui s'y
trouvent. — Le duc blessé Henri de Bourgogne perd un œil d'un coup de lance.
— Enthousiasme après la victoire de Cassel ; messagers envoyés le soir de la
bataille. — Récompense donnée par le roi à Mile de Noyers, porte oriflamme de
France. — Témoignages de reconnaissance du comte de Flandre pour le duc de Bourgogne.
— Le dauphin de Vienne brouillé avec la famille de sa femme. — Mahaut
d'Artois teste en faveur de sa fille Jeanne, qui nomme le duc et la duchesse
héritiers de ses domaines.
La mort
de Philippe le Long ne parait pas avoir diminué l'influence du duc de
Bourgogne dans les affaires de l'État. Le nouveau souverain Charles IV,
attaché depuis longtemps avec Eudes par les liens d'une étroite amitié,
pouvait compter sur son appui et utiliser ses services. Ils étaient presque
du même âge, car l'oncle avait à peine deux ans de plus que le neveu. Tous
deux avaient énergiquement lutté pour défendre les droits de Jeanne de
France, leur nièce commune, mais au moment où la couronne devenait vacante,
ni l'un ni l'autre ne s'empressèrent d'accomplir l'acte de justice qui avait
suscité de si retentissants débats et pour lequel ils avaient si
chaleureusement combattu. A son avènement,
Charles le Bel eut plus d'une difficulté à vaincre pour conserver le trône et
l'héritage de Navarre el de Champagne, mais il faut reconnaître que la
distraction de ces grands fiefs eût été un préjudice grave et un véritable
démembrement du royaume. Le duc de Bourgogne revendiquait lui-même le comté
de Poitiers et six mille livres de terres en Champagne. Un arrêt du
Parlement, daté du 23 janvier 1323[1], avait rejeté cette demande.
Mais l'affaire n'avait point été abandonnée et se poursuivait en- octobre de
la même année[2] lorsqu'un ajournement fut
accordé à Eudes pour comparaître au bailliage de Sens au sujet de ces
prétentions. Mile, seigneur de Noyers, et Guillaume de Mello, seigneur
d'Époisses, reçurent ensuite[3] pleins pouvoirs pour donner
satisfaction au plaignant, mais les négociateurs ne purent probablement
trouver un terrain de conciliation, puisque peu après[4] le duc et la duchesse nommèrent
Gui et Guillaume de Sainte-Magnance comme procureurs, afin de faire valoir
leurs droits à la succession de Philippe le Long. Toutefois, ces débats, qui
occupèrent surtout les jurisconsultes, ne semblent point avoir altéré les
bons rapports entre le roi et son neveu et durent se terminer par des
concessions pécuniaires, si l'on s'en rapporte aux indications trop sommaires
qui nous restent sur un règne peu connu. Le
traité du 27 mars 1318, entre Eudes IV et Philippe la Long, avait stipulé que
si le roi mourait sans enfants mâles, le royaume de Navarre et le comté de
Champagne retourneraient à la princesse Jeanne, femme du comte d'Évreux, car
ces biens faisaient partie de son héritage. Le roi défunt ne laissait pas
d'enfant mâle et cependant Charles le Bel refusa de rendre ces apanages. Ne
pouvant opposer aucune résistance, Philippe, comte d'Évreux, fit une nouvelle
transaction dans le sens de la première, et ce fut seulement sous la régence de
Philippe de Valois qu'il put prendre possession de la Navarre. Après
avoir assisté au sacre de Charles le Bel (21 février 1322), le duc de Bourgogne séjourna
quelque temps à Paris et prenait part, le 30 mars, à un festin donné chez la
comtesse Mahaut d'Artois, en compagnie de Louis de Poitiers, évêque de
Langres, la comtesse de Clermont, Isabelle d'Autriche, duchesse de Lorraine,
Robert, comte d'Auvergne et de Boulogne, les comtes d'Évreux, de Forez,
Robert d'Artois, Edouard de Savoie, le sire de Coucy et autres personnages[5]. Mahaut n'oubliait pas sa
petite-fille la duchesse alors enceinte, qui n'avait pu quitter la Bourgogne,
et lui faisait expédier pendant le carême des provisions de morues et de pourpois[6]. Peu
après, au commencement de juin, la duchesse de Bourgogne accouchait, à l'âge
de quatorze ans un mois[7], d'un premier enfant dont nous
ne connaissons pas le sexe, mais qui ne vécut pas longtemps. Sa grand'mère
Mahaut lui offrit à l'occasion de ses relevailles une pièce d'étoffes
précieuses, dite marramas, sorte de drap d'or venant de l'Orient. Au
milieu de l'année 1323[8], la duchesse accoucha de
Philippe, plus tard comte de Boulogne, le seul de ses enfants qui survécut.
En juillet 1324, elle mit au monde un second fils, Jean, et expédia aussitôt
soi ; huissier de salle à sa grand' mère, qui fit donner 32 livres au porteur
de cette bonne nouvelle[9]. D'autres
couches malheureuses, que la destruction des comptes d'hôtel ne permet pas de
fixer, se produisirent les années suivantes. A la fin de 1330, elle envoyait
à Chartres son confesseur, frère Jean, porter des cierges, probablement à
l'occasion d'un de ses enfants malade et qu'elle perdit. La dernière
cérémonie de relevailles, dont nous trouvons l'indication, est de la fin de
1335[10]. Plusieurs de ces enfants
reçurent la sépulture au Val-des-Choux, monastère voisin des résidences
ducales ordinaires Aisey, Jugny, Villaines-en-Duesmois[11]. Les deux bénédictins qui ont
fait le Voyage littéraire donnent la représentation de deux mausolées,
sur l'un desquels figure une fille et sur l'autre trois enfants d'âges
différents. Les
difficultés étaient reprises avec l'Angleterre au sujet d'un simple château,
la bastide de Saint-Sardos, que l'on était en train de construire sur un
terrain dont la propriété était revendiquée par les deux nations. Les Anglais
s'en emparèrent, y mirent le feu et firent pendre le procureur du roi, à côté
du poteau sur lequel il avait érigé les panonceaux de France. Charles le Bel
écrivit au roi d'Angleterre pour se plaindre d'un outrage fait sans doute à
son insu par le sénéchal de Guyenne. Des ambassadeurs furent envoyés à Paris
pour faire des excuses, mais avec injonction de ne rien céder jusqu'à plus
ample information. La réparation d'un tel acte n'ayant pas paru suffisante,
Charles donna ordre d'assembler des troupes, dont le rendez-vous fut fixé le
17 mars à Lauzerte, en Quercy, près de l'Agenois, et l'on se mit en mesure de
s'emparer du château de Montpezat. Ces dispositions menaçantes firent
réfléchir le monarque anglais, Il nomma d'autres ambassadeurs qui se
présentèrent à Vincennes où on les reçut assez froidement, car, au lieu des
excuses que l'on était en droit d'exiger, ils n'apportèrent que des réponses
embarrassées et laissaient percer le désir de gagner du temps. L'intervention
du pape Jean XXII et de nouveaux pourparlers amenèrent une troisième
ambassade à Anet, auprès de Charles IV, le 5 juillet, le jour même où il
épousait Jeanne, fille du comte d'Évreux. Mais ces réunions, dans lesquelles
les envoyés d'Angleterre montraient peu de franchise et ne cherchaient qu'à
traîner les négociations en longueur, irritèrent le roi qui refusa tout
sauf-conduit aux plénipotentiaires[12]. Par un
premier mandement daté de Villers-Cotterêts, en juin 1324[13], le duc de Bourgogne avait reçu
mission de se rendre à Moissac à la quinzaine de la Saint-Jean, avec deux
cents hommes armés et montés, pour venger les rebellions en Aquitaine, mais
ce mandement avait été ajourné à la quinzaine de la fête de la Madeleine. Le
3 août, le comte de Valois, chargé de se saisir de la Guienne et du Ponthieu,
entrait dans l'Agenais, et, après quelques sommations, obtint la reddition de
la ville d'Agen. Le comte de Kent, représentant du roi d'Angleterre, et l'auteur
impuni de l'affaire de Saint-Sardos, s'était jeté dans la Réole avec toutes
les forces dont il disposait. Le comte de Valois fit investir la place, et en
commença le siège, pendant que ses officiers allaient réduire quelques places
fortes. Par un acte de septembre, on sait que le duc de Bourgogne se trouvait
ès tentes devant la Réole[14], avec plusieurs de ses
chevaliers, Robert, seigneur de Châtillon-en-Bazois, Guillaume de Mello, sire
d'Epoisses, Jean de Frolois, Jean de Chateauvillain, sire de Luzy, Etienne de
Grignon, sire des Laumes. Le 22
septembre, le comte de Kent, forcé de capituler, rendit la place de La Réole
et obtint une trêve de six mois. Puis, le pape s'entremit encore pour amener
la paix et réconcilier les deux souverains. Mais la mauvaise foi des
négociateurs anglais, loin de préparer l'apaisement, faillit déterminer une
nouvelle campagne. Charles le Bel lança des convocations à ses féodaux[15], et envoya au duc de Bourgogne
l'ordre de se trouver à Bergerac au printemps de l'année suivante avec trois
cents hommes. Pour
mettre fin à ces hostilités, on ne trouva d'autre expédient que de faire
intervenir personnellement Isabelle de France, sœur de Charles le Bel, femme
du roi d'Angleterre. Elle arriva le 21 mars à Poissy près du roi, et obtint
une prolongation de trêves pendant trois mois, sous condition qu'Edouard II
rendrait l'hommage dû pour la Guienne et le Ponthieu, hommage qu'il rendit le
30 août 1325. A cette
époque vivait encore la duchesse douairière Agnès de France, dernière
survivante des enfants de saint Louis, que l'Art de vérifier les dates
fait mourir huit ans trop tôt. Malgré son âge avancé, elle n'avait cessé de
s'occuper des affaires du duché, et son autorité ainsi que ses conseils
étaient accueillis avec une respectueuse soumission par son fils, en la
bonté de cui je me fie de tout, disait-elle. On a parlé de plusieurs
testaments faits à Beaune et à Rouvres après des cas de maladie, mais le texte
de ces actes n'est pas arrivé jusqu'à nous, et peut-être ont-ils été détruits
après des rédactions nouvelles. Le 12 mai 1323[16], elle dicta ses dernières
volontés, les renouvela en son château de Lantenay, en novembre 1325[17], et y ajouta un codicille le 15
décembre[18]. Elle
voulut être enterrée dans l'abbaye de Cîteaux à côté du duc Robert II, et
légua à cet effet deux cents livres dijonnaises, son char et ses chevaux,
sans oublier aucun des monastères relevant du duché dans lesquels son
anniversaire devait être célébré. Ces curieux documents nous indiquent les
églises alors en construction qui bénéficient de ses largesses. Des sommes
diverses sont affectées à l'œuvre de la Sainte-Chapelle de Dijon, aux églises
de Saint-Thibaut et de Notre-Dame de Semur, aux prieurés de Rouvre et de
Notre-Dame de Mussy. Des legs sont attribués à Jeanne de Vitrey, fille de sa
nourrice, religieuse à Longchamp, à ses confesseurs, à ses clercs, à ses
physiciens, à tous ses officiers et même aux gens de service, dont la liste
comprend plus de cent noms[19]. Eudes,
son fils, approuva toutes ces donations, et promit de faire exécuter les
dernières volontés de sa chière dame et mère à laquelle je doy toute
loyaittey garder. Trois
jours après le dernier codicille, la vieille duchesse s'éteignit le jeudi 19
décembre[20], au château de Lantenay, où
elle ordonnait l'érection d'une chapelle dédiée à saint Louis, en souvenir de
son père. Robert
de Bourgogne, dernier des enfants mâles de la duchesse Agnès, avait été
destiné, comme son frère Louis, à la cléricature, et sa mère avait même
obtenu ti jadis l'appui de Philippe le Bel pour lui taire obtenir de riches
bénéfices, malgré son jeune âge[21], mais la mort inopinée de
Louis, décédé à Venise, avait déterminé le duc à faire contracter une
alliance à Robert. Le 16 juin 1321, à l'âge de dix-sept ans, il fut marié
dans l'église de Chalon-sur-Saône avec Jeanne de Chalon[22], sœur du comte d'Auxerre, et
nièce du comte de Savoie, qui lui apportait en dot le comté de Tonnerre[23], en renonçant à toutes les
prétentions qu'elle pouvait avoir sur les autres domaines matrimoniaux[24]. Trois ans après, Edouard,
comte de Savoie, ayant eu des difficultés avec Hugues, baron de Faucigny, son
beau-frère, au sujet d'un château construit sur des domaines, dont la
possession était contestée, s'empara de cette forteresse et la détruisit de
fond en comble. Guigues, dauphin de Vienne, offrit ses services au baron de
Faucigny, et vint à son aide en personne avec d'autres troupes commandées par
Hugues de Genève, seigneur d'Authon, et plusieurs grands vassaux. Le comte de
Savoie, de son côté, fit appel à ses neveux Jean de Chalon, comte d'Auxerre,
et à Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre[25], auxquels se joignit Guichard,
sire de Beaujeu. Les
bords de l'Ain furent le théâtre de luttes désastreuses pour les populations de
la Bresse et du Bugey. Edouard de Savoie prit plusieurs forteresses, Saint-Germain,
Ambérieux[26], mais, après neuf jours (le
siège, n'ayant pu s'emparer du Fort-l'Écluse, près Léaz[27], il s'en rendit maître par la
trahison du commandant de la place, qui fut plus tard pendu pour sa félonie[28]. Il tenta ensuite de prendre le
château de Varey, près Saint-Jean-le-Vieux, appartenant à Hugues de Genève,
l'un des alliés du dauphin. Mais ce redoutable manoir, dont les ruines
imposantes dominent une vaste contrée, et d'où l'on peut admirer les
sinuosités de l'Ain et compter de nombreux bourgs et villages, Ambronay, Champollon,
Jujurieux, Chenaval, Neuville, Pont-d'Ain, etc., était en mesure de résister
longtemps. L'armée du dauphin, divisée en trois corps de troupes, dont le
comte de Valentinois dirigeait l'avant-garde et le comte de Genève l'aile
droite, s'avança du côté de Saint-Jean-le-Vieux dans la plaine couverte des
pavillons de Savoie, et livra sous les murs de Varey la bataille la plus
importante livrée au moyen âge dans cette région, et qui eut alors un immense
retentissement. Le
dauphin donna avec tant d'impétuosité dans les bataillons ennemis qu'il les
rompit, les renversa les uns sur les autres, et fit prisonnier les principaux
officiers qui échappèrent au massacre. Robert de Bourgogne, Jean de Chalon,
Guichard de Beaujeu étaient au nombre des prisonniers, et le comte de Savoie
ne fut sauvé que par miracle, et grâce au dévouement de ses chevaliers qui
parvinrent à l'arracher aux mains des vainqueurs. La
bataille de Varey eut lieu le 7 août 1325[29]. Les
durs traitements infligés aux captifs, la longue incarcération à laquelle ils
furent soumis, et la rançon exorbitante imposée à chacun d'eux, offrent un
singulier exemple de la brutalité des lois de la guerre à cette époque. Guichard
de Beaujeu ne recouvra la liberté que par un traité passé à Saint-Vallier, le
24 novembre 1327, mais il était contraint d'aliéner une partie de ses terres,
et de reconnaître la suzeraineté du dauphin sur Chalamont, Meximieux,
Miribel, Montelier, etc.[30] Jean de
Chalon, comte d'Auxerre, n'était pas encore délivré en février 1328, car le
roi Philippe de Valois mandait aux gens du Parlement d'ajourner les causes
pendantes à la cour parce qu'il était toujours prisonnier du dauphin[31]. Le 14 avril de cette année, il
obtint sa liberté provisoire, en s'engageant à payer une rançon de cinquante
mille livres, par un traité passé au Chatelier. A défaut du paiement de cette
somme, il devait à nouveau se constituer prisonnier, et subir la confiscation
de son comté d'Auxerre, de ses terres de Champagne, du Nivernais et du Berri.
Il livra en même temps procuration pour ses autres domaines[32], et souscrivit des obligations
pour désintéresser les chevaliers qui l'avaient accompagné. Il engagea son
château de Boutavant pour payer Jean de Toulouse, très maltraité dans cette
funeste expédition[33], et d'autres vassaux, comme
Pierre de Montagu, qui réclamaient des indemnités pour la perte des chevaux,
des sommiers et des harnais subie devant Varey[34]. Le
dauphin de Viennois se montra plus dur encore à l'égard de son cousin Robert de
Bourgogne, comte de Tonnerre, et sans considération ni pitié pour son jeune
âge, car il n'avait que vingt et un ans, il le retint dans une étroite
prison, ainsi que ses écuyers Jean, sire de Plancy, Geofroi de Blaisy, Jean
de Tenarre et Eudes de Grancey, seigneur de Meursault et de Gugney, fils de
Robert, sire de Larrey[35]. La
mésaventure de son frère jeta le duc de Bourgogne dans une violente colère.
Il fit aussitôt des démarches pour tirer Robert de ce mauvais pas, et se
servit de toutes les influences pour lui faire rendre la liberté. Le roi
Philippe de Valois, les comtes de Flandre, de Rouci, de Vendôme, de Dreux,
Anseau, sire de Joinville, Mathieu de Mello, Mahaut, comtesse d'Artois,
réunis en conseil, le 25 janvier 1326[36], se rendirent caution pour le
captif, et obtinrent son élargissement provisoire, à condition qu'il
retournerait en prison après la Saint-Remi à Romans en Viennois, si la rançon
n'était pas payée, et sous peine de 200.000 l. qua les cautions s'engageaient
à verser. Prévoyant
que la somme n'était pas facile à trouver dans un bref délai, et indigné des
exigences du dauphin, le duc de Bourgogne résolut d'obtenir par les armes une
solution plus avantageuse. Il mobilisa ses troupes et, par un mandement du 20
juillet 1326[37], convoqua à Tournus tous ses
vassaux pour marcher en Viennois. Dus blés, des farines, des provisions
diverses achetées à Beaune, Chalon, Dijon, Saint-Jean-de-Losne, furent
dirigées par eau sur Lyon[38], et annonçaient une sérieuse
chevauchée. Cette
démonstration belliqueuse produisit son effet, mais n'eut pas de suite, car
les gens d'armes convoqués ne dépassèrent pas Lyon. On a le rôle entier des
chevaliers qui s'y rendirent et qui reçurent leur solde dans cette ville afin
de rentrer chez eux[39]. C'est que le dauphin de
Vienne, intimidé par cet appareil menaçant et obéissant à de sages avis,
avait demandé une trêve. Le duc,
qui demandait seulement de meilleures conditions, envoya de Lyon à Vienne son
homme de confiance et ancien maître Jean Aubriot, ainsi que les gens de son
conseil[40], qui parvinrent à obtenir des
conditions plus avantageuses, et un nouvel élargissement de Robert, puisque
le 30 novembre 1326[41], le comte de Tonnerre, par un
accord passé à Montigny-sur-Serain, promettait à Jean de Plancy et à quatre
écuyers qui avaient partagé sa prison, et subi de grandes pertes le jour de
la bataille, une somme de 782 livres. La
réconciliation paraissait faite entre les uns et les autres, et la comtesse
Mahaut, qui avait pris une part active aux arrangements, les réunissait à sa
table en son hôtel d'Artois, le 21 mars 1327[42]. Mais les engagements n'ayant
pu être acquittés, et la rançon n'ayant pas été intégralement payée, Robert
reprit le chemin de sa prison, avec Géofroi de Blaisy, Eudes de Grancey et
Jean de Tenarre. Le duc chargea Jacques de Vergy, du diocèse d'Autun, d'une
nouvelle négociation, passée le 22 décembre 1327[43], fixant le chiffre de la rançon
à cinquante mille florins d'or de Florence, payables en trois termes. Cette
somme énorme n'ayant point été versée en temps voulu, le roi ratifia un autre
traité, le 17 octobre 1328, et bien que les personnages précités heussent
esté en la prison don Dalfin trois ans ou plus, ils durent encore
souscrire pour quarante mille livres de bons petits tournois faiz dou tems
Mgr Saint Loys, livrables en la ville de Vienne, sous la garantie
formelle du duc[44]. C'est
seulement à la fin de décembre 1328, lorsque Mahaut, comtesse d'Artois, eut
fait des démarches pressantes auprès du dauphin[45], que les captifs furent
définitivement libérés. A la
fin de septembre 1326, le duc Eudes, mandé par le roi, avait quitté la
Bourgogne pour se rendre à Meaux, où il prit part, les premiers jours du mois
suivant, aux délibérations de l'assemblée des notables qui y avaient été
convoqués. En conséquence de la décision prise de lever des subsides destinés
à soutenir la guerre contre l'Angleterre, Charles IV nomma l'évêque de
Chartres, le duc de Bourgogne et Gile Acelin, chevalier, comme commissaires
auprès des barons et habitants du Lyonnais, du Mâconnais et du duché[46]. De
Meaux, Eudes se rendit à Nogent-l'Artaut chez sa sœur Jeanne, dame de Valois,
et passa les journées du 9 et 10 octobre à Château-Thierry, en compagnie du
roi, avec lequel il joua et perdit une somme qui fut payée par Jean de
Cussigny, un de ses maîtres d'hôtel[47]. Il partit ensuite en Bourgogne
donner les ordres pour la levée des subsides dont il avait été chargé, et
était revenu, le 22 du même mois, à Essommes, près Château-Thierry, rendre
compte de ses négociations. Ni le duc, ni le roi Charles IV, ne paraissent
trop absorbés par les préoccupations des affaires de l'état, car chaque
rencontre de ces jeunes princes est signalée par des jeux, et cette fuis
Eudes, plus maltraité par la chance que dans son dernier voyage, perd encore
une somme de vingt-sept livres. En
novembre, le duc tint son parlement à Beaune, rendit visite à divers barons
de la province, et était de retour à Paris le 23 décembre, d'où il se rendit
à Pontoise pour y passer une semaine. Il y eut sans doute en ce moment des
fêtes à la cour, et probablement au sujet des relevailles de la reine Jeanne
d'Evreux, accouchée d'une fille six semaines auparavant[48], car nos comptes indiquent des
dépenses de ménestrels, et aussi de nouvelles pertes au jeu. Si
habitué que l'on soit aux fréquents déplacements de nos ducs, on est sans
cesse étonné de la multiplicité et de la rapidité de ces voyages. Le 1er
janvier 1327, Eudes était en route pour la Bourgogne, et avait rejoint la
duchesse quatre jours plus tard dans sa campagne de Jugny, près Chanceaux. On
annonçait l'arrivée de sa belle-mère, la reine Jeanne de Bourgogne-Comté,
veuve de Philippe le Long, qui avait été tenir son Parlement à
Baume-les-Dames[49], et devait être désireuse de
passer quelque temps avec ses enfants et petits-enfants[50]. On fit de grands apprêts pour
la recevoir, elle et ses gens les châteaux furent largement approvisionnés.
Le lundi 9 février, jour de l'octave de la chandeleur, la reine Jeanne fit
son entrée à Jugny, d'où elle fut conduite à Lantenay, Argilly et Talant. Le duc
séjourna près de deux mois, fort occupé par ses chasses, ses chiens et ses
faucons. Marie de Chateauvillain, récemment veuve de Guillaume de Mello, lui
envoyait de son château d'Epoisses des présents pour obtenir son appui et ses
bonnes grâces tantôt elle lui expédiait des chiens par son veneur Jean da
Quarré une autre fois, c'étaient des faucons pour lesquels le duc avait une
grande prédilection, car ayant perdu un de ses oiseaux favoris, il avait
envoyé à sa recherche, et donné une forte gratification au valet qui le lui
retrouva. Rappelé
à Paris par les mésaventures de son frère Robert après la funeste affaire de
Varey, Eudes y fit venir son chancelier Hugues de Corabœuf, doyen de Chalon,
l'un de ses plus intimes conseillers, sur la prudence duquel il comptait pour
obtenir un accord avantageux et l'élargissement de Robert. La réconciliation
momentanée qui s'ensuivit paraissait satisfaire les uns et les autres,
puisque la comtesse Mahaut les réunit tous dans son hôtel d'Artois[51]. D'autres assemblées se tinrent
à la Cour vers la même époque, et le duc de Bourgogne, qui s'obstinait à
jouer avec le roi, n'était jamais favorisé par la fortune le 15 mars il
perdait vingt florins, et le 25 jour de la Marzache, son dépensier
versait encore trente livres tournois pour même motif. Eudes, profitant de
son séjour à Paris, fit quelques réparations à son hôtel de Sainte-Geneviève
et présida à la réfection des verrières. L'approche
des fêtes de Pâques, époque à laquelle s'échangeaient des cadeaux, nécessita
l'achat de bijoux et joyaux un marchand livra six coupes d'argent pesant plus
de seize marcs Jean de Saily fournit huit coupes d'argent de moindre valeur ;
onze écuelles d'argent achetées chez divers orfèvres avaient leur destination
spéciale[52]. La comtesse Mahaut d'Artois
n'avait garde de manquer à cet usage, et faisait expédier un hanap à Philippe
de Bourgogne, son arrière-petit-fils[53]. Après
Pâques, le duc regagna le duché et Mahaut vint s'installer à Dôle, où elle se
trouvait le jour de l'Ascension (21 mai), lors de l'incendie qui détruisit plusieurs
maisons de cette ville, ce qui lui fournit l'occasion d'exercer sa charité et
de porter secours aux victimes de cet accident[54]. Cela n'empêcha pas la
célébration de fêtes et de festins, auxquels participèrent la reine Jeanne,
le duc et la duchesse, le comte et la comtesse de Flandre, la comtesse de
Ferrette, Raoul de Neufchâtel, le sire de Rougemont. Le jour de la Pentecôte,
on y donnait encore un repas qui fut agrémenté par Brisegan, ménestrel du
duc, Surbiat, aux gages d'Hugues de Bourgogne-Comté, et plusieurs ménestrels
de leurs confrères[55]. Le
désaccord qui s'était élevé entre Eudes et les religieux de Saint-Bénigne de
Dijon au sujet de la monnaie d'Auxonne, dont il sera parlé plus tard, donna
lieu à des débats aux grands jours de Beaune, et fut l'objet d'un traité pour
la frappe de cette monnaie[56]. L'excommunication lancée par
l'archevêque de Besançon, et dont Eudes obtenait si facilement du Saint-Siège
la suspension momentanée, au moyen de bulles d'absolution temporaire, ne
paraît pas l'avoir beaucoup préoccupé. Mandé à
Paris lors de la maladie et de la mort de Charles le Bel, décédé le 1er
février 1328, le duc de Bourgogne contribua de tout son pouvoir au succès de
son beau-frère Philippe de Valois, reconnu d'abord régent, puis roi de
France. Il fut témoin de son sacre à Reims, le 29 mai, et des projets de
restitution du comté de Flandre à Louis de Nevers, chassé de son domaine par
la révolte de ses sujets[57]. La
comtesse Mahaut faisait depuis longtemps des vœux pour la restauration de son
petit-fils en Flandre, et s'employa avec ardeur à la réussite de
l'entreprise. Au moment où son autre petit-fils Eudes allait prendre part à
cette expédition, elle mit à son service tous les vassaux dont elle pouvait
disposer, et voulut héberger dans ses châteaux les principaux personnages de
sa suite. Les baillis d'Amiens et d'Arras sont logés avec leur compagnie, et
rien n'est épargné pour leur faire bonne chère, poissons de mer, poissons
d'eau douce, darioles, pâtés, gâteaux au sucre rousset, gingembre confit[58]. Avant
de quitter Reims, le duc avait envoyé des mandements en Bourgogne pour faire
hâter les préparatifs de cette chevauchée et la levée des subsides dont
étaient chargés les baillis de Dijon et d'Auxois, ainsi qu'Alexandre de
Blaisy, et lui-même prit immédiatement route pour l'Artois, et était à
Hesdin, dans le milieu de juin, avec ses chevaliers et son chapelain Gui
d'Ostun[59]. Mahaut se préparait à lui
faire fête des courriers envoyés à Bruges et jusqu'en Hollande avaient ordre
de rapporter des esturgeons, et elle avait mandé pour sa venue les ménestrels
Hubert de Beauvais, Lucas, et autres[60]. Le duc
revint en Bourgogne au mois de juillet pour stimuler le zèle de quelques
bannerets en retard, car plusieurs n'avaient pas répondu à l'appel. Le
seigneur de La Motte Saint-Jean, n'ayant pas obtempéré au mandement, eut son
château confisqué par son suzerain Jean de Châteauvillain, sire de Luzy[61]. Les
convois et les bagages partirent pour la Flandre le lendemain de la
Madeleine, et le duc les suivit de Villiers-le-Duc, laissant en Bourgogne sa
femme et son fils, auxquels la reine Jeanne devait tenir compagnie en son
absence. Les
corps d'armée se trouvèrent réunis dans les environs d'Aire, près du
Mont-Cassel, où la comtesse Mahaut avait de son côté expédié les gens d'armes
de ses comtés d'Artois et de Bourgogne[62]. Les sires de Montbéliard, de
Vienne, de Montfaucon, de Senecey, Jean de Frolois, seigneur de Molinot, y
figuraient, et au premier rang le bouteiller Mile de Noyers, porte-oriflamme
de France, revenant d'un pèlerinage à Chartres, où il avait été prier pour
l'heureux résultat de cette expédition. Ce dernier fut l'un de ceux qui
contribuèrent le plus vaillamment au succès de la journée de Cassel, mais
tous les personnages précités y perdirent leur monture[63]. Henri de Bourgogne, renversé à
terre, le casque ouvert et traversé d'un coup de lance, avait un œil hors de
la tête[64]. Le duc fut lui-même blessé[65], et courut les plus grands
dangers, s'il faut croire que la fondation de la Chartreuse de Fontenay, près
Beaune[66], fut faite pour
l'accomplissement d'un vœu formulé sur le champ de bataille au moment du
péril. La
déconfiture des Flamands excita un enthousiasme indescriptible dans l'armée
royale, et le soir même de la bataille, le 23 août[67], le duc envoya en toute hâte un
messager à la comtesse Mahaut, qui attendait avec anxiété des nouvelles de
rengagement. Le 3
septembre, Philippe de Valois, par une pièce donnée ès tentes de lez
Berlines, mandait aux collecteurs du subside imposé pour la guerre de
Flandre, de laisser Eudes lever ce subside en son duché[68]. Le 15, on était à Arras, où
furent hébergés les gens d'armes venant de la chevauchée[69]. Les équipages et les bagages
de la suite du duc rentrèrent en Bourgogne, le 26 septembre, et lui-même
séjourna à Paris, et y était encore en octobre, lorsque le roi lui assigna une
rente de 3333 l. à cause de la dot de sa femme[70], et lorsque Mile de Noyers, en
considération de ses services et de sa conduite à Cassel, fut gratifié d'une
rente de quatre cents livres tournois[71]. La
reprise de la Flandre, restituée à Louis, comte de Nevers, resserra les liens
qui unissaient ce dernier au duc de Bourgogne, son beau-frère, auquel il
devait tant de reconnaissance, et, par grant volunté d'amour, il lui
promit solennellement de l'aider envers et contre tous, de l'accompagner et
de le servir en toute circonstance[72]. Cet appui n'était pas à dédaigner de la part d'Eudes, avec l'hostilité ouverte de Guigues, dauphin de Viennois, qui se proposait de revendiquer énergiquement les droits de sa femme Isabelle de France, assez mal partagée dans la succession de Philippe le Long. Le dauphin avait donné prise à des ressentiments qu'il était difficile d'oublier sa dureté à l'égard des victimes de Varey, la lourde rançon imposée à ses prisonniers et qui pesait encore sur les cautions, l'avaient brouillé avec la famille de sa femme. La comtesse Mahaut d'Artois, par son testament du 24 mars 1329[73], nommait sa fille Jeanne de Bourgogne-Comté unique héritière de ses domaines, et celle-ci déshéritait sa fille Isabelle, femme du dauphin, au profit de Jeanne de France et du duc de Bourgogne. La mort inattendue et prématurée de ces deux princesses allait permettre aux légataires de disposer bientôt de ce riche héritage[74]. |
[1]
Arch. du Pas-de Calais, comptes de l'Artois, A. 68.
[2]
1323, 15 octobre, Recueil de Peincedé, t. I, p. 344.
[3]
1335, 9 février, Dom Plancher, t. II, pr. CCXXXVI.
[4]
1328, 29 décembre, Dom Plancher, t. II, pr. CCXIV.
[5]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 403.
[6]
« A Guillaume Babile pour II morues qui furent portées en Bourgogne à la
duchesse avé I porpois qui vient d'Artois, XXX sols ; à Guillemuche pour les
despens de luy et d'un cheval qui porta ledit poisson, XXIIII s. » (Arch. du
Pas-de-Calais, A. 403).
[7]
On aurait peine à croire à une telle assertion si elle n'était appuyée par des
preuves certaines. Nous avons établi précédemment que la duchesse Jeanne de
France était née le 1er ou le 2 mai 1308. Son premier accouchement est attesté
par la mention suivante « à Lande Belun, le Lombart, pour V pièces de
marramaiz que furent données à la duchesse de Bourgogne pour ses relevailles,
LII l. » (14 juillet 1332, Arch. du Pas-de-Calais, A. 407). La note pouvait
être erronée, nous l'avons fait vérifier aux archives du Pas-de-Calais et je
dois à l'obligeance de l'ancien archiviste M. Richard, une autre mention
identique confirmative de la première (A. 1003, Invent. II, p. 234, 2e col.)
qui ne laisse place à aucune incertitude.
[8]
La date de naissance de Philippe ne peut être du mois de novembre 1323, comme
cela est dit dans les auteurs, mais de juillet ou d'août, seule date
conciliable avec l'accouchement de juillet 1322 et celui de juillet 1324.
[9]
Mandement à Jean de Salins « de donner XXXII l. p. à Jehan Pajot, huissier de
notre fille la duchesse de Bourgogne que nous a aporté novelles que elle a eu 1
filz » (Arch. du Pas-de-Calais, A. 433). Cet enfant nommé Jean, était décédé
avant 1328, époque à laquelle Philippe est seul cité dans les fragments de
comptes.
[10]
Voir le compte de Jean de Bans, trésorier de Vesoul, 1335-1336.
[11]
Voici encore des fragments de comptes d'hôtel de la duchesse. En 1326, elle
séjourne à Aisey, depuis le t avril, ensuite à Jugny, depuis le 18 novembre et
enfin à Villaines, au 10 avril 1327 (Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des
comptes, B. 383).
[12]
Voir Mémoire sur les différends entre la France et l'Angleterre sous le
règne de Charles le Bel, par Broquigny, Leber, Dissertations, t.
XVIII, 8e partie.
[13]
Orig., Arch. de la Côte-d’Or, B. 11875.
[14]
Recueil de Peincedé, t. IX. p. 38.
[15]
18 décembre 1 324, Peincedé, t. I, p. 734. — Voir l'ordonnance de Charles le
Bel pour aller en la guerre de Gascogne, et la levée de cinq mille hommes
d'armes à cheval et seize mille hommes de pied, Orig., Arch. de la
Côte-d'Or, B. 11.733.
[16]
Dom Plancher, t. II, pr. CCXXXIV.
[17]
Dom Plancher, t. II, pr. CCXLIII.
[18]
Dom Plancher, t. II, pr. XXCLIV.
[19]
Les exécuteurs testamentaires de la duchesse Agnès sont l'évêque de Chalon, les
abbés de Saint-Bénigne et de Maizières, le doyen de la Sainte-Chapelle de Dijon
et de la Chapelle-aux-Riches, Guillaume, abbé de Cîteaux, Richard, sire
d'Antigny, Eudes, sire de Grancey, Alexandre de Blaisy, Pierre de Semur,
archidiacre de Vertus, Hugues de Corabœuf, doyen de Chalon, Thibaut de Semur,
Jean de Chatillon et ses confesseurs.
[20]
L'Art de vérifier les dates fait mourir Agnès en 1317. L'obituaire de
Saint-Denis de Vergy, donne cette citation : Quarto decimo kal. januarii
anno Domini millesimo CCC°XX°V° obiit bone mamorie Agnes, filia beati Ludovici,
regis Francorum, ducissa Burgundie, que dedit huic ecclesie LX sol. quolibet
anno, pro anniversario suo faciendo inter présentes. Anima ejus requiescat in
pace. Amen.
L'obituaire de Cîteaux, porte : XIII kal.
januarii obiit domina Agnes, ducissa Burgundie, filia Ludovici, regis Francorum.
[21]
Acte du 31 décembre 1312, Regest. Clementis V papœ, n° 8952.
[22]
Jeanne de Chalon était fille de Guillaume de Chalon, comte d'Auxerre et de
Tonnerre, alors décédé, et d'Eléonore de Savoie.
[23]
Chifflet, Genus illustre, p 502 ; Dom Plancher, t. II, pr. CCXXXI. Les témoins et
parents qui assistent à ce mariage sont la duchesse Agnès, le duc Eudes, le
comte de Savoie, le comte de Sancerre, Edouard et Aimé de Savoie, Guichard,
sire de Beaujeu, Louis de Savoie, seigneur de Vaux.
[24]
Septembre 1321, Chifflet, Genus illustre, p. 502.
[25]
Robert de Bourgogne était à la fois beau-frère et neveu d'Edouard comte de
Savoie, qui avait épousé sa sœur Blanche de Bourgogne, et lui-même avait épousé
la fille d'Eléonore de Savoie, sœur d'Edouard. Robert tint d'abord garnison à
Saint-Trivier, et se trouvait avec l'évêque de Metz, quand on lui fournit dans
cette localité des approvisionnements pour ses gens d'armes. Arch. de la
Côte-d'Or, comptes de Saint-Trivier, B. 9948, rouleau des dépenses 1324-1329.
[26]
Duchesne, Ducs de Bourgogne, pr. des dauphins de Viennois, p. 16.
[27]
Voir Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, châtellenie de Billiat, B.
7054. Détails sur les garnisons mises au château de Léaz quand le comte était
assiégé au château de Varey. — Secours apporté au château de
Mirebel-en-Valbonne, attaqué par le dauphin de Vienne, etc.
[28]
Guigue, Topographie hist. de l'Ain, p. 135.
[29]
Voir Chorier, Histoire du Dauphiné, p. 243-251 ; Paradin, Chronique
de Savoie, liv. II, p. 211 ; Guichenon, Histoire de Bresse et du Bugey,
4e part., p. 64 ; Vingtrinier, Histoire dit Château de Varey, 1872.
[30]
Arch. nat., P. 1389², cote 287 ; Guichenon, Histoire de Bresse et du
Bugey, 4e part., p. 61 ; Duchesne, Ducs de Bourgogne, preuves des
dauphins, p. 44.
[31]
Arch. nat., Xia,
88⁴⁶, fol. 317 ; Jules Viard, Lettres d'état, n° 2.
[32]
Orig. Arch. du Doubs, B. 66.
[33]
Orig. Arch. du Doubs, B. 425.
[34]
Orig. Arch. du Doubs, B. 66.
[35]
Guillaume de Vergy, sire de Mirabeau, qui accompagnait Robert de B. dans cette
chevauchée (Orig. Arch. de la Côte d'Or, chambre des Comptes, B. 11783)
ne parait pas avoir été pris dans cette bagarre.
[36]
A Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 118-119.
[37]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 11.731.
[38]
Arch. de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes, B. 1314, registre, missions pour
l'ost de Viennois.
[39]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 11.733. Ce rôle a été publié en entier par de La
Chauvelays, dans les Mémoires de l'Acad. de Dijon, 1881. Les principaux
personnages qui y figurent sont les sires de Noyers, de Frolois, de
Villefrancon, de Bar, de Pommart, de Sombernon, Blaisy. Chateauvillain,
Montfaucon, Chacenay, Antigny, Epoisses, La Guiche, Mailly, Bauffremont,
Vantoux, etc.
[40]
« Pour les despens dou consoil Mgr fais à Viane, ou ils furent envoiez de par
Mgr pour palier au Dalphin baillé à maistre Jehan Aubriot pour ses despens fais
ou chemin de Lyon, et pour les despens dou restour fais dudit chemin en alant
et venant, V lb. VII d. t. » (Arch de la Côte-d'Or, B. 1314, registre.)
[41]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 11.884.
[42]
Arch. du Pas-de-Calais, Comptes d'Artois, A. 458.
[43]
U. Chevalier, Inventaire des archives des Dauphins de Viennois, Lyon,
1871, p. 23, n° 404.
[44]
Arch. nat., JJ. 63, fol. 461, n° 254 ; A. Duchesne, Ducs de Bourgogne ;
Dauphins, pr. p. 46.
[45]
« A messire Jehan de Salins, qui fut envoiiez le XIe jour de décembre dès La
Loye en Viennois devers le Dalphin pour la délivrance Mgr Robert de Bourgogne
et le conte d'Auceurre. » (Arch. du Pas-de-Calais, comptes de l'Artois, A.
470.)
[46]
Bibl. nat., collection de Brienne, t. XXXIV.
[47]
Les comptes publiés à la fin de ce chapitre fournissent les preuves de nos
mentions.
[48]
Mandement de la comtesse d'Artois, du 31 octobre 1326, « à Jehan de
Louiciaines, sergant d'armes que nos a aportez les novelles de madame la royne
qu'est accouchie d'une fille ». (Arch. du Pas-de-Calais, Comptes de l'Artois,
A. 454). Cette fille Jeanne, dont la date de naissance est fixée par cette
seule mention, ne vécut pas longtemps, et mourut en janvier 1327.
[49]
La reine Jeanne de Bourgogne-Comté tint son Parlement à Baume-les-Dames, le 2
décembre 1326 (Chevalier, Histoire de Poligny, p. 170).
[50]
Nous disons ses petits-enfants, car à ce moment Philippe, âgé de quatre ans,
devait avoir au moins une petite sœur encore vivante.
[51]
Le 21 mars 1327. Les personnages qui assistent au diner à l'hôtel d'Artois sont
le duc de Bourgogne, son frère le comte de Tonnerre, le Dauphin de Viennois,
Robert d'Artois et Jeanne de Valois, sa femme, les comtes de Namur, d'Aumale et
de Sancerre, la dame de Nesle, etc. (Arch. au Pas-de-Calais, Comptes d'Artois,
A. 438).
[52]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 314.
[53]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 458.
[54]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 464.
[55]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 461.
[56]
1327, 17 novembre (Plancher, H, pr. CCXLVI). Les Arch. de la Côte-d'Or
possèdent un rouleau dans lequel sont exposées les raisons qui déterminèrent le
duc à battre monnaie à Auxonne, sous l'autorisation des religieux de Saint
Bénigne, possesseurs par moitié de la monnaie de Dijon (Voir Peincedé, t. I, p.
647).
[57]
Nous ne pouvons donner tous les déplacements du duc, qui revint on Bourgogne le
10 février, assistait à Paris, le mardi 24 du même mois, à un festin en l'hôtel
d'Artois avec le comte et la comtesse de Foix, Alphonse d'Espagne, le maréchal
de Mirepoix, etc. (Arch. du Pas de-Calais, A. 474).
[58]
Arch. du Pas-de-Calais, A. 869¹.
[59]
15 et 16 juin 1328, Arch. du Pas-de-Calais, A. 479.
[60]
J.-M. Richard, Mahaut d'Artois, p. 109 et 137.
[61]
1328, 17 juillet, Arch. nat., P. 1377², coll. 297².
[62]
Paiements de l'ost de Flandre, Arch. du Pas-de-Calais, A. 478.
[63]
Arch. du Doubs, B. 17. — Pour les pertes faites par Guillaume, sire de Senecey,
voir Peincedé, t. XXIV, p. 683.
[64]
Récit d'un témoin, Arch. du Doubs, B. 17.
[65]
A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 117.
[66]
Janvier 1329, Arch. nat. JJ. 91, n° 64 ; 8 avril 1329, Arch. de la Côte-d’Or,
B. 11676.
[67]
« Le XXIII d'aoust au messagier le duc de Burgoigne qui apourta à Madame
les nouvelles de la bataille de Cassel, XL s. Ledit jour, à 1 vallet mons.
Robert d'Artoys qui apourta à madame novelle de ladite bataille, XXXII s.
(Arch. du Pas-de-Calais, A. 480). Cette mention n'est pas d'accord avec ce que
dit Luce, dans son Froissait, et d'après son auteur, t. I, p. CLIV et p. 301, pour
la date de la bataille de Cassel, qui aurait eu lieu le jour de la
Saint-Barthélemy, 24 août.
[68]
Dom Plancher, t. II, pr. CCXLVIII.
[69]
Arch. du Pas-de-Calais, Trésor d'Artois, A. 480.
[70]
1328, 2 octobre, Dom Plancher, t. II, pr. CCXLIX.
[71]
Arch. nat., JJ. 65 bis, n° 53.
[72]
Paris, 20 février 1329, n. st., Dom Plancher, t. II, pr. CCXLVII. Le duc était
en Bourgogne, en novembre 1328 pour la tenue des jouis généraux de Beaune,
séjourna en décembre à Aisey-le-Duc, Aignay, en janvier 1329 à
Villaines-en-Duesmois, en février à Paris, et passa une partie de mars, avril
et mai en Bourgogne.
[73]
Miræus et Foppens, Opera diplomatica, t. III, p. 267.
[74]
Le duc de Bourgogne assista à Amiens, le 6 juin 1329, à la prestation de foi et
hommage pour le duché de Guienne et la pairie de France par Edouard, roi
d'Angleterre (Rymer, Fœdera, t. II, part. III, p. 27 ; Luce, Froissart,
t. I, p. 93-95 et 306). Il revint en Bourgogne à la fin du mois, où sa présence
est signalée à Autun, Argilly, Val-des-Choux, et ne retourna à Paris qu'après
la mort de Mahaut d'Artois.