ADMINISTRATION FINANCIÈRE. — Simplicité du mécanisme
financier.
MONNAIES. — Alard, le changeur, dirige la monnaie
avec sa femme Bonne. — Guillaume de Tours, essayeur. — Premières mutations
des monnaies. — Pierre Vidal, maître de la monnaie. — La livre dijonnaise
perd un tiers sur la livre tournois. — Emeute à Dijon, disparition de
Guillaume de Tours et de Pierre Vidal. — Le duo s'engage solennellement à
fabriquer une monnaie de valeur et de poids immuables. — Traité avec Jean de
Bernier, de Vézelay. — Accord avec l'évêque de Langres au sujet des monnaies.
— Levée des décimes. — Difficultés de la situation. — Le duc cède au roi pour
trois ans la fabrication de sa monnaie. — L'or en billon du duché porté aux
ateliers du roi. — Débats pour rentrer en possession de ce prêt. — Contrat
pour une nouvelle fabrication. — Rôle pour la levée de la décime dans le
Beaunois.
ADMINISTRATION FINANCIÈRE. — Receveurs généraux, Aubert Bragefort, ses
comptes, Eudes de Menans et Eudes d'Auvillars. — Recette des sceaux, Jean de
Lyon. — Baillis de Dijon, leurs comptes, baillis d'Auxois. — Receveurs de
Rouvre, Beaune, Montcenis, Nuits, Aisey, Talant, Villiers-le-Duc, etc., leurs
comptes. — Prévôtés affermées et leurs revenus. — Produits des foires de
Chalon et autres. — Vignes. — Forêts. — Comptes de l'hôtel ducal. — Recettes
et dépenses.
GRANDS OFFICIERS. — Sénéchaux, connétables,
maréchaux, bouteillers, chambellans, clers, chapelains et aumôniers,
médecins.
CONSTRUCTIONS SOUS ROBERT II. — Autun, Beaune,
Chalon-sur-Saône, Clairvaux, Corberon, Dijon, Grancey, Laignes, La
Roche-en-Brenil, Layer, Lezinnes, Ligny, Marcenay, Maulne, Merlo, Montrogier,
Moutier-Saint-Jean, Pagny, Rougemont-sur-Armançon, Rouvray, Rouvres,
Semur-en-Auxois, Vergy, Saint-Thibaud-en-Auxois, Tonnerre, Varenne, Argilly,
Lucenay, Magny, Coublanc, Montcenis, Montbard, Pontailler.
ACQUISITIONS. — Extension du domaine ducal.
ADMINISTRATION FINANCIÈRE. — On se ferait une idée fort
erronée du mécanisme financier en vigueur sous nos premiers dues jusqu'au
commencement du XIVe siècle, si l'on songeait à la merveilleuse organisation
adoptée cinquante ans plus tard par le duc Philippe le Hardi sur le modèle de
la cour de France. Nous n'avons aucun compte antérieurement à Robert II, mais
le seul qui nous ait été conservé de son règne est assez curieux, pour nous
fixer sur son système de comptabilité des plus simples et des plus primitifs,
et qui ne comprend malheureusement que les dix premières années de son
administration[1]. Le duc
vivait de ses revenus comme un simple seigneur, et se promenait dans ses
divers châteaux, faisant lui-même ses comptes avec ses baillis, prévôts,
receveurs et autres, aidé par deux ou trois clercs, qui écrivaient très
sommairement le résultat de l'opération résumé en quelques lignes. Ajoutons
que Robert ne paraît pas un excellent comptable, pas plus d'ailleurs que ses
clercs, dont les hésitations de plume trahissent des préoccupations de
calculs pour la transformation des livres tournois, parisis ou viennoises en
livres de digenois, sans compter les difficultés qui surgissent à chaque
mutation de la monnaie, et ces mutations ne furent que trop fréquentes. Ce
livre de comptes est en partie écrit par le clerc Raoul, chanoine de Beaune
et aumônier du duc, qui assistait à tous les conseils, et inscrivait les
résumés de chaque comptable sur des petits cahiers, maintenant réunis dans un
volume, mais qui ne sont pas en bon ordre. MONNAIES. — Le duc Hugues IV, lié par
les engagements de ses prédécesseurs, avait cherché à s'affranchir vis-à-vis
de Saint-Bénigne des privilèges qui gênaient ses mouvements dans
l'administration de sa monnaie. Il avait reconnu, en 1244, le droit de cette
abbaye sur moitié de la monnaie de Dijon, l'obligation dans laquelle il était
de n'avoir pas d'autre atelier que celui de cette ville, et de ne pouvoir
l'augmenter ni la diminuer qu'avec l'assentiment de l'abbé. Plus tard, Hugues
IV s'étant rendu amodiateur de la part de Saint-Bénigne, se trouva libre
d'agir à sa guise, et de créer de nouveaux ateliers. En
prenant possession du duché, Robert confirma les privilèges de l'abbaye, mais
obtint, en octobre 1273, les mêmes droits que ses prédécesseurs sur la moitié
de la monnaie pour sa vie durant, moyennant une rente de 75 livres, ce qui
lui laissait toute liberté d'action. L'ordonnance du roi promulguée deux ans
après, et réglant la police des monnaies royales et seigneuriales dans le
royaume, ne changea rien à l'ancien état de choses. Pendant les premières
années de son règne, il conserva Alard, changeur de Dijon, déjà chargé du
monnayage du vivant de son père, avec lequel il réglait ses comptes chaque
année. On voit par un règlement de septembre 1276, passé à Argilly, en
présence de Guillaume de Grancey, d'Eudes de Menans et du clerc Raoul, que le
duc était redevable à Alard et à sa femme Bonne, et qu'il fallait 1333 l. 6
s. 8 den. de dijonnais pour valoir mille livres tournois, c'est-à-dire que la
livre tournois équivalait à 1,33 de dijonnais. L'influence d'Alard était
grande à Dijon, car il brigua la même année les fonctions municipales et
mourut le 1er mai 1277, avec la qualité de maire. Peu après, le duc compta à
Dijon[2] avec dame Bonne, sa veuve, qui
paraît avoir été une femme fort entendue, et qui eut seule pendant quelque
temps la direction de la monnaie. Toutefois Robert, libre de prendre les
dispositions les plus avantageuses pour ses intérêts, crut utile de lui adjoindre
un ouvrier venant des ateliers de Tours, nommé Guillaume, qualifié d'essayeur
de la monnaie, que l'on voit fonctionner de 1278 à 1281, et qui travailla
pendant ce même intervalle de temps avec un compagnon du nom d'Etienne ou
Estevenot. A ce
moment déjà, le duc Robert avait altéré ses monnaies, comme les articles de
comptes ne permettent pas d'en douter, mais il ne devait pas s'arrêter dans
cette voie, et par ces documents on peut affirmer qu'il fut le précurseur de
Philippe le Bel, et qu'il ne fut pas sans influence sur les transformations
des monnaies royales. Les séances, dans lesquelles étaient décidées les
modifications à apporter étaient secrètes, et n'avaient lieu qu'entre le duc
et les personnes peu nombreuses occupées à l'atelier, engagées par serment à
ne jamais rien divulguer de leurs procédés. Par un hasard singulier, on nous
a conservé le résumé d'une séance tenue entre ces personnages, en 1278, alors
qu'ayant quarante-quatre marcs préparés pour la fonte, il fallait en tirer le
meilleur parti. L'avis de l'essayeur Guillaume de Tours fut que sur ces
quarante-quatre marcs, il en fallait frapper trente-quatre à raison de 350
livres au marc, et les dix derniers marcs à raison de 150 l. au marc, pour la
monnaie divisionnaire sans doute. Le tout donnerait 13.400 livres de
dijonnais. Etienne trouva que l'on en pourrait faire 13.700 l., et enfin dame
Bonne estima qu'on n'en devait tirer que 13.200, parce que son matériel était
prêt pour cette frappe. Son avis prévalut. L'atelier
de Dijon n'avait pas un personnel assez nombreux. Guillaume et Etienne
n'offrant pas les garanties et le savoir suffisant pour faire les
transformations diverses, on fit venir un maître de la monnaie, Pierre Vidal,
qui s'installa cette même année 1278, et se chargea des opérations[3]. L'ouvrage ne dut pas lui manquer,
car il paraît avoir fait trois mutations dans l'espace de deux ans. Il serait
assez difficile de donner à chacune de ces époques le rapport exact des
mutations. Il ressort cependant ceci de nos calculs, c'est qu'en novembre
1279, la livre tournois valait 1,28 de viennoise. Puis, d'un compte de
l'hôtel, rendu par Jean de Nochères, en 1281, et qui est donné plus loin, on
peut établir que la livre parisis vaut 1,25 de livre tournois, et qu'enfin
pour représenter une livre tournois, il faut 1,50 délivré dijonnaise,
c'est-à-dire que deux livres tournois valent trois livres dijonnaises,
chiffre le plus bas auquel soit tombée cette dernière monnaie. L'opinion
publique, vivement surexcitée déjà par les précédentes mutations qui avaient
jeté un si grand trouble dans le commerce et dans les affaires, protesta
énergiquement contre un abaissement de taux aussi insolite. Il y eut un
soulèvement populaire à Dijon, une véritable émeute, dont Pierre Vidal et
Guillaume de Tours[4], qui ne figurent plus nulle
part après ces événements, paraissent avoir été victimes. Cédant aux
récriminations menaçantes de ses vassaux, le duc fut obligé de passer avec
eux un accord dont les clauses ne nous sont connues que par une bulle de
Martin IV, du 1er juin 1282. Il s'était engagé à fabriquer une monnaie d'une
valeur et d'un poids immuables, sous la caution du pape et du roi, moyennant
une décime semblable à celle de la Terre Sainte, levée sur les
ecclésiastiques, les nobles et les hommes libres, et une taille de cinq sols
sur les mainmortables du duché. Ces conventions étaient ratifiées par le roi
le mois suivant, et, en octobre, le duc donnait des garanties à l'évêque de
Langres pour la circulation de la monnaie dans son diocèse. C'est
pour mettre à exécution les clauses de cet accord que Jean de Bernier, de
Vézelay, bourgeois de Beaune, s'engage à fabriquer la monnaie ducale jusqu'à
la somme de quinze milliers gros, à raison de 1250 livres par millier, en
payant cinquante livres par millier pour droit de monnayage, octobre 1282.
Quelques mois plus tard, Hugues, abbé de Saint-Bénigne, ratifiait les traités
passés par le duc avec les ecclésiastiques et séculiers pour l'immutabilité
de la monnaie, moyennant une somme de deux mille livres destinée à des
acquisitions de fonds de terre, février 1283. Dans une lettre du 16 juin
1283, Martin IV, s'adressant au roi, relate les conventions énoncées dans sa
bulle précédente, en y joignant une restriction qui n'était peut-être pas
inutile dans la circonstance. Le pape annonce au roi qu'il a délégué les
évêques de Nevers et d'Auxerre pour faire exécuter le traité, mais comme il
craint que la levée de la décime au profit du duc n'entrave la levée de la
décime générale pour la croisade d'Aragon, il charge Philippe III de prendre
des précautions et de s'entendre verbalement à cet effet avec Alexandre de
Loise, porteur de la missive. Cette lettre est indépendante d'une bulle
confirmative et de diverses autres ratifications. Gui de
Genève, évêque de Langres, préoccupé des perturbations que pouvait causer la
levée de la décime, eut soin de se prémunir contre toute éventualité, et
rappela que le duc s'était formellement engagé à ne rien exiger des personnes
de son diocèse, au-delà des limites fixées pour la circulation de la monnaie
de Bourgogne par des arbitres nommés à cet effet, Girard, abbé de
Saint-Etienne, et Guillaume, sire de Grancey. Pendant
assez longtemps les choses marchèrent régulièrement, et la fabrication
adoptée ne paraît pas avoir suscité de difficultés. Une seule fois, en mars
1289, Philippe écrivit au duc pour se plaindre du préjudice que lui causait
la circulation de monnaies qui n'étaient ni celles du duc, ni celles du roi,
et pour lui adresser l'injonction de faire punir ceux qui mettaient ces
pièces en circulation. La perception des impôts et la levée de la décime se
faisaient avec une régularité beaucoup plus fructueuse pour le duc que pour
les populations, car celles-ci, gênées par le mouvement des pièces
étrangères, ne retiraient pas le bénéfice que le contrat d'immutabilité
aurait dû leur assurer. On voit même que le duc ne dédaignait pas d'utiliser
l'autorité royale pour agir sur les contribuables retardataires. Lorsque
Robert guerroyait dans le Nord, en 1297, Philippe IV écrivit du camp de Lille
aux baillis de Sens, de Mâcon, et aux collecteurs des subsides des monnaies,
leur ordonnant de lever cet impôt dans leurs circonscriptions respectives,
suivant la volonté du duc de Bourgogne. On a une quittance de Guillaume,
évêque de Chalon-sur-Saône, déclarant avoir reçu de Jean, seigneur de Dracy,
trente livres viennoises pour sa part de décime. Gilles, archevêque de Sens, écrivit
de son château de Nailly à l'évêque d'Auxerre, et lui envoya un de ses
officiers, chargé d'aller à Beaune recevoir caution des autres évêques au
sujet de l'immutabilité de la monnaie et approuvant tout ce qui serait fait
par lui, 9 juin 1295. Vainement
Robert obtint du roi l'interdiction de laisser passer les pièces étrangères
dans le duché, 6 mars 1299, l'invasion sans cesse croissante de ces pièces de
toutes provenances jetait une perturbation non moins funeste que la
mutabilité, et dont le duc était lui-même victime. C'était aussi le résultat
de la dépréciation de la monnaie dijonnaise, on ne voulait pas plus de la
bonne que de la mauvaise, dans la crainte de voir reparaître les anciens
errements. La situation était assez humiliante pour le duc, qui, pour y
remédier céda au roi pour trois années la fabrication de sa monnaie, en
déclarant qu'on n'userait en Bourgogne et dans le Chalonnais que de la
monnaie royale fabriquée à Tours, à l'exclusion de celle fabriquée à Dijon,
21 avril 1300. C'était pendant ce temps la fermeture de l'atelier dijonnais,
ainsi que l'a justement fait observer M. de Barthélémy. On en a la preuve,
puisqu'après cet accord, l'or en billon, qui n'avait pas été utilisé en
Bourgogne, fut transporté en France, pour servir à fabriquer la monnaie
amenuisée et de mauvais aloi de Philippe IV. Et quand arriva l'expiration du
terme convenu, quand le duc eut passé un marché pour recommencer la
fabrication à son compte, il lui fallut beaucoup de démarches pour rentrer
dans son bien, dont les détenteurs ne voulaient plus se dessaisir ; il
n'obtint gain de cause que par un arrêt du Parlement ordonnant aux officiers
du roi de restituer à ceux de Robert l'or en billon provenant du duché, 1er
février 1305. A cette
date, il y avait plus de vingt mois que Baldefin et Quinquenet Conrat, de
Florence, au nom de nobles messire Biche et de messire Mouchet, chevaliers,
avaient pris, pour une année, l'entreprise de la fabrication, et s'étaient
obligés à frapper soixante gros milliers de Dijonnais, en rendant 4500 l. au
duc, chaque millier devant produire 1250 l., cinq dijonnais valant quatre
petits tournois, mai 1303. C'est probablement pour occuper ces entrepreneurs,
qui n'avaient pas tout le métal nécessaire, puisque l'or en billon
était alors dans les coffres royaux, que Robert obtint, en 1304, des
habitants d'Auxonne, d'être payé en monnoies de estevenans des rentes
qu'ils lui devaient, et qui avaient cours dans l'archevêché de Besançon. Nous
avons un rôle de Martin Chauvin, chargé de lever la décime pour la monnaie
dans une partie du bailliage de Beaune. Cette pièce curieuse indique une
partie de la population de cette région, mais ne comprend pas la totalité des
feux, car la ville de Beaune elle-même n'y figure pas, et le rôle ne parle
que des feux imposables. En comptant six personnes par feu pour les 3.232
feux énoncés, on arrive au chiffre de 20.000 individus, et l'on peut
remarquer que la plupart des hameaux, dont plusieurs ont disparu, étaient
beaucoup plus peuplés qu'aujourd'hui. ADMINISTRATION FINANCIÈRE. — Le duc Robert, ami du faste
et de la représentation dans les cérémonies royales et en présence des grands
vassaux de la couronne, vivait avec ses familiers sur le pied d'une grande
simplicité ; on le voit par exemple dîner sans façon à Beaune chez son clerc
Raoul, après avoir fait ses comptes avec lui. La situation financière léguée
par son père, les obligations de satisfaire aux charges assez lourdes de son
testament, les apanages livrés à la duchesse douairière et à son fils Huguenin,
en le privant d'une partie des revenus du duché le mirent pendant longtemps
dans un grand embarras. Le chiffre de ses dépenses était toujours supérieur à
celui de ses recettes, ce qui ne l'empêchait pas d'acquérir tous les domaines
dont la vente était ouverte. Sans cesse aux expédients pour se procurer de
l'argent, il empruntait aux juifs et aux changeurs, aux Lombards et aux
Cahorsins, au trésorier du Temple, à Paris, aux communautés religieuses, à
des particuliers, et principalement à ses officiers, baillis, prévôts et
clercs, qui étaient le plus souvent en avance avec lui, et constituaient de
véritables banquiers. Quand la somme due était trop forte, on déposait en
garantie des hanaps, vases, croix d'or et autres joyaux, gages indéfiniment
négociables que les créanciers se transmettaient de mains en mains. Les
fragments de comptes, dont nous donnons des extraits, comprennent les
articles qui paraissent les plus intéressants. Aubert
Brachefort, le
principal receveur, remplissait à peu près les fonctions occupées plus tard
par le receveur général. Il percevait les revenus des prévôtés affermées à
des particuliers, les produits des divers bailliages, les rentes des foires
de Chalon, des juifs, la taille des communes, etc. Il payait une partie des
grosses dépenses, et fournissait des fonds au maître d'hôtel dont le service
était le plus chargé. Très souvent le receveur général était en avance avec
le duc, et les sommes dépassaient parfois trois mille francs, pour lesquelles
on laissait en gage de la vaisselle d'argent et des joyaux. Eudes de Menans,
chambellan du duc, et Eudes d'Hauvillers ou d'Auvillars furent aussi
receveurs généraux de Robert. Jean
de Lyon
touchait la recette provenant des produits du sceau ducal, et des tabellionnages,
et l'ensemble de cette collecte produisait une somme qui n'était pas négligeable.
On peut presque se rendre compte de l'importance de chaque localité par la
proportionnalité du chiffre apporté au trésor par chacune d'elles. Le
receveur général ne touchait pas toujours la recette des baillis ; souvent le
duc comptait aussi avec ces derniers. On a quelques comptes faits par lui
avec les baillis de Dijon, Jacques de Pommard et Richard de Montmoret, avec
Pierre d'Ostun, bailli d'Auxois, Martin Chauvin, receveur de Beaune, Jean de
Brasey, receveur de Rouvre, Girard de Sautrone, receveur de Montcenis,
Martin, prévôt de Pouilly, Pierre de Chaource, Gui Jomer, maire de Beaune,
Gautherot, receveur de Nuits, Blanchard de Bellenod, receveur d'Aisey, Viard,
puis Jehannot, receveur de Villiers, Broquart, receveur de Talant. Voici
l'ordre chronologique des baillis de Dijon sous Robert II : Jacques de
Pommard ; Jean d'Arcy, 1278 ; Richard de Montmoret, 1278-1297 ; Hugues de
Varigny, 1300 ; Jean des Granges, 1304. Les
prévôtés affermées à des prix variables, dont on a des listes incomplètes,
peuvent donner un aperçu de la valeur relative de chacune d'elles. Ces
comptes ne se font pas toujours dans la localité où réside le receveur ; mais
le duc mande ses comptables dans le lieu momentané de sa résidence, Argilly,
Talant, Beaune, Rouvre, Aisey, Val-des-Choux, Villiers, Montcenis. La recette
des prévôtés ne comprend pas les redevances en nature, froment, seigle, cire,
gelines, etc. Les
foires de Chalon donnaient un produit assez net, mais variable chaque année.
Le principal revenu était fourni par les grandes loges, espèces de
hangars couverts de tuiles et destinés à loger les marchands et les
marchandises. Des entrepreneurs spéciaux et à l'année étaient chargés de
tenir ces bâtiments en bon état ; un marché de 1276, que nous avons sous les
yeux, fixe les conditions de location cédées par le duc pour les foires de la
Saint-Barthélemy et de Carême entrant, avec le droit de pêcher dans les
fossés qui entourent ces loges. Les
vignes figurent plutôt dans les articles de dépenses que dans les recettes,
car les vins étaient distribués dans les divers châteaux ou consommés sur
place, à la réserve de certains crus exceptionnels offerts en cadeau ; en
tous cas la main-d'œuvre n'étant pas coûteuse, la dépense occasionnée par les
façons était peu importante. Le duc possédait des vignes dans les bons crus
de Bourgogne ; en 1275, il acheta moitié des dîmes de vin des finages de
Nuits et de Vosne, et l'année suivante l'autre moitié, puis pour augmenter sa
récolte de Nuits, il fit acquérir diverses pièces de Hugues Li Vers,
chevalier, et d'Isabeau de Premeaux, femme de Guillaume de Rigny. A Volnay
seulement, il acheta, en 1295, douze pièces de vignes, avec une maison et le
droit d'établir un viguier, le tout pour le prix de trois cents livres
viennoises. L'hôtel de Savigny-les-Beaune, qui lui fut vendu par Girard de
Beauvoir, évêque d'Autun, était destiné à recevoir les vins récoltés dans
cette localité. Le clos de Chenôve, dont les produits étaient déjà servis sur
la table d'Hugues IV, fut beaucoup augmenté, ainsi que les vignes ducales
sises à Dijon. Le châtelain d'Avallon, chargé de s'occuper du vignoble
d'Annay-la-Côte, avait pour mission d'en accroître l'étendue, et y adjoignit
en effet d'importantes pièces. En 1300, le duc céda à Guillaume de Bellevesvre,
évêque de Chalon, toutes les vignes de Rully, près Chagny, ainsi que la
maison et le pressoir qu'il y possédait. Ses vignobles de Beaune et de
Comblanchien étaient aussi fort importants. Les
forêts du domaine étaient l'une des branches les moins productives de
revenus. Les forestiers d'Argilly, de Bragny, de Jailly et autres forêts
ducales contribuaient surtout aux plaisirs de la chasse dont le duc était
grand amateur, et dont il se réservait partout le droit exclusif, dans les
bois de Boucheroye en Autunois, dans ceux de Cîteaux, de Jailly, près
Montbard, etc. Dans toutes les circonstances, Robert prit soin de racheter
ces droits aux particuliers et aux communautés religieuses. La chasse au
faucon paraît surtout avoir été en honneur ; on élevait ces oiseaux dans
diverses localités de Bourgogne, et notamment à Fontenay, près Beaune, dont
la maison fut reconstruite après l'incendie de Beaune, en 1273. Vers le même moment,
il fit venir le fauconnier du duc de Lorraine, pour dresser ces oiseaux et
donner d'utiles instructions à Thomassin, l'un de ses fauconniers. Les
revenus des forêts consistaient dans la vente des coupes, dans les cessions
de pâturages, et dans les amendes encourues pour contraventions aux usages. Pendant
la première partie du règne de Robert, le maître d'hôtel fut Jean de
Nochères, dont nous donnons un compte de 1282, qui n'est sans doute que le
compte d'une partie de l'année, et par lequel on peut voir les sommes reçues
et dépensées pour la branche de ce service, qui n'était pas un des moins
importants de l'administration ducale. Les
recettes régulières et constantes étaient indépendantes de certains subsides
extraordinaires, que, dans plusieurs circonstances, le duc était en droit
d'exiger pour la défense du domaine ou pour des cas de guerre spéciaux.
Parfois même le subside pouvait être exigé par le roi, comme en 1295, lorsque
Philippe le Bel déclara que, du consentement de Robert, il faisait lever dans
le duché de Bourgogne, pour subvenir aux frais de la défense du royaume, une
somme équivalente au centième de tous les biens appartenant aux ecclésiastiques
et aux personnes de toutes conditions. Les
dépenses comprenaient les dépenses de l'hôtel, celles des bailliages et
prévôtés, des officiers du duc, pensions et missions. Les fragments que nous
en donnons ne permettent pas d'établir nettement le budget annuel, qui parait
sans cesse en déficit, par suite des emprunts que le duc fait chaque année
pour le combler. GRANDS OFFICIERS. — Sénéchaux. — Jean de
Vergy, seigneur de Fouvent, de Champlitte, de Mirebeau, fils d'Henri de Vergy
et d'Elisabeth de Chalon, fut sénéchal de Bourgogne pendant toute la durée du
règne de Robert II, et mourut en 1310. Il avait épousé Marguerite de Noyers,
fille de Mile VIII, sire de Noyers et d'Alixant des Barres. Connétables. — Pendant le même règne, Jean,
seigneur de Choiseul, occupa seul la connétablie depuis sa nomination en
1272. Il mourut fort âgé, en mars 1308, et fut enterré à l'abbaye de
Morimond. Jean était fils de Renard de Choiseul et de sa seconde femme Alix
de Dreux, dame de Salins, par laquelle il était parent du duc. Il avait
épousé Berthemette, dite Alix, dame d'Aigremont, décédée avant 1302, dont il
eut cinq enfants : 1° Jean, sire de Choiseul, mort entre 1335 et 1337, marié
à Alix de Grancey, décédée avant 1320 ; 2° Renier, sire d'Aigremont ; 3°
Renaud, seigneur de Bourbonne ; 4° Alix, mariée d'abord à Gui de La
Ferté-sur-Amance (1260-1290), puis à Étienne d'Oiselet (1291-1308) ; 5°
Jeannette, mariée à Pierre, seigneur de Bourlemont. Maréchaux. — Jean, sire de Til-Châtel,
qualifié de maréchal de Bourgogne en mai 1274, mourut en janvier de l'année
suivante, le jour de Saint-Vincent. Ce personnage jouissait d'une haute
autorité puisque, pendant la croisade de 1270, Thibaut V, comte de Champagne,
partant en Terre-Sainte, lui confia le gouvernement de cette province. Liébaud
de Bauffremont lui succéda, bien que sa qualité ne soit indiquée que
longtemps plus tard. Liébaud était fils de Pierre, sire de Bauffremont et
d'Agnès de Vergy, remariée à Ulric, comte de Ferrette, par laquelle il avait
une proche parenté avec nos ducs. Il avait épousé Adeline, dame de Ruppes,
veuve de Géofroi de Rosières, fille du chansonnier Gautier d'Épinal, et
figure dans nombre d'actes depuis 1253. Fait prisonnier à la bataille de
Moresperch, en 1287, il se racheta par une lourde rançon. Nous l'avons cité
plus d'une fois, comme lieutenant du duc dans le gouvernement de la
Franche-Comté, et comme l'un de ses exécuteurs testamentaires. Liébaud de
Bauffremont mourut dans une chevauchée en Flandre, vers le mois d'octobre
1302, et en janvier suivant ses enfants firent le partage de ses biens. Jean de
Courcelles lui succéda et occupa le maréchalat pendant la campagne de
Flandre, en 1304, puis sous le duc Hugues V. Bouteillers. — La bouteillerie de Bourgogne
était possédée par la maison de Noyers. Jean, sire de Maisy, fils puîné de
Mile IX de Noyers, la conserva jusqu'en 1296, et en fit cession, moyennant
finance, à son frère aîné Mile X, plus tard maréchal de France, qui ne mourut
qu'en 1350. Un
Guillaume de Gênes est aussi qualifié de bouteiller, en 1304, mais ce
personnage, qui paraît en Bourgogne, dès 1280, n'était peut-être qu'un
officier de second ordre. L'organisation
de la maison ducale est loin d'être aussi complète qu'à l'époque des
puissants ducs de la seconde race ; elle prit plus d'importance lorsque
Robert, enrichi par la faveur du roi, son beau-frère, fut à même de faire
meilleure figure. Parmi les personnages les plus importants de son entourage,
citons encore les chambellans, ses clercs et ses médecins. Chambellans. — Odot ou Eudes de Menans,
l'homme de confiance et pendant longtemps chambellan du duc, était receveur
général en 1297. Guillaume Pélerin occupa aussi celte charge en 1185 et
Guillaume de Musigny, en 1304. Les
clercs sont le plus souvent chapelains et aumôniers du duc ; Raoul de Beaune,
clerc et aumônier, Nicolas, Jean Boillier, chanoine d'Autun, Gui, Pierre de
Semur, frère Laurent, prieur du Val des Écoliers, confesseur, Joceran de
Grigny, chanoine d'Autun, Gui de Corbigny, Jacques, curé de Montbard, Renaud
de Semur, décédé en 1309, Jean de Semur, archidiacre de Flavigny, décédé
chancelier de Bourgogne, 1309. On
connaît plusieurs médecins, Henri l'Allemand, demeurant à Beaune, Jean
de Vézelay, chirurgien du duc, 1300, Demoinge de Saint-Julien, physicien,
1303, Humbert de Marcilly, clerc du diocèse d'Autun, auquel Robert fit
obtenir du pape plusieurs bénéfices ecclésiastiques, malgré sa bâtardise, qui
l'assista à ses derniers moments, à Vernon, et mit son sceau au dernier
codicille de son testament. CONSTRUCTIONS SOUS ROBERT II. — Nous n'avons que quelques
dates de dédicaces du XIIe siècle relatives aux églises de notre région.
Après le grand entraînement des croisades et les donations aux monastères,
les travaux se multiplient, et les documents nous fournissent des indications
certaines qu'il est utile de ne pas négliger. Sans
sortir du Dijonnais, on peut citer plusieurs églises, dont certaines parties
sont assurément de la seconde moitié du XIIIe siècle, mais les chartes
contemporaines n'en font pas mention : les églises d'Orgeux, Barges,
Saint-Seine, Cessey-sur-Tille, Fénay, Saint-Philibert-sous-Gevrey, Fixey,
Marcilly-sur-Tille, Cussy-les-Forges, Mirebeau, Bézouotte, Villey-sur-Tille,
Jancigny, Boussenois. Oisilly, Chazeuil, Sacquenay, Véronnes-les-Grandes et
Véronnes-les-Petites. Pour
d'autres localités au contraire, nous avons des indications qui permettent de
fixer quelques dates de constructions, sans qu'il soit possible de donner les
noms des artistes qui y travaillèrent. C'est à peine si trois ou quatre noms
d'architectes peuvent être tirés de l'oubli, et encore serait-on fort
embarrassé pour donner le moindre détail sur la nature de leurs travaux.
Etienne Tondu (1239-1244)
construisit l'église de Saint-Vincent de Màcon ; il parait avoir servi le duc
de Bourgogne et Mathilde, comtesse de Nevers. Cet artiste, auquel on fait les
plus grands éloges, mourut[5] le 3 des ides de septembre
d'une année inconnue. Le même
document nous révèle l'existence de Ponce qui construisit l'église de
Saint-Julien de La Roche[6]. On sait par un fragment de
compte que Pâris fit construire une maison à Chalon-sur-Saône pour le compte
du duc Robert II, en 1277[7]. Jacques de Beuvron,
lathomus, sa femme Marie, et ses enfants paraissent en 1278, dans un acte
de vente au curé de Saint-Martin de Langres[8]. Henri, lathomus, de
Saulx, figure dans un dénombrement fourni à l'évêque de Langres par
Guillaume, seigneur de Saulx, en 1281[9], et peut-être doit-on lui
attribuer la chapelle érigée dans l'abbaye de Clairvaux, en l'honneur de
saint Pierre, par Renaud de Grancey, sire de Larrey[10]. Autun. — En 1263, Jean, seigneur de
La Roche-en-Brenil, donne par testament dix livres pour l'œuvre de l'église
Saint-Nazaire d'Autun. En 1288, l'évêque Hugues d'Arcy obtint, de Robert II,
le droit de tirer de la pierre dans les seigneuries ducales pour les travaux
de son église. Peu après, le pape Nicolas IV autorise ce même évêque à
prélever la première année de tous les bénéfices vacants dans son diocèse,
pour en appliquer les fruits à la construction de la cathédrale qui tombait
de vétusté, et que son prédécesseur avait commencé à relever par de somptueux
travaux. Par une bulle de même date, le pape autorisait Hugues d'Arcy à
prélever pendant trois ans les revenus des abbayes de Sainte-Marguerite et de
Saint-Symphorien pour les appliquer à cette reconstruction. En 1299, le
testament de Guillaume, seigneur de Montagu, assure cent sols viennois à la
cathédrale, et soixante sols à l'œuvre de l'église des religieuses de
Saint-Julien d'Autun. Eguilly. — La dame de Villy donne par
testament, en 1249, dix livres à l'œuvre de cette église. Beaune. — La même dame déclare qu'elle
veut être enterrée dans la maison des Hospitaliers de cette ville, et lègue
vingt sols à l'œuvre de Notre-Dame ; et dix sols à l'œuvre de la Magdeleine. Chalon-sur-Saône. — L'église Saint-Pierre reçoit
des donations diverses pour sa construction de 1248 à 1299[11]. L'église et le cloître de
Saint-Vincent sont l'objet de nombreux legs depuis 1185 jusqu'en 1261[12], Saint-Marcel de Chalon reçoit
pour même objet des donations, en 1248 et en 1251[13]. Les églises suburbaines de
Sainte-Marie et de Saint-André étaient aussi en construction de 1248 à 1263[14]. Clairvaux. — Renaud de Grancey, seigneur
de Larrey, fait une fondation dans cette abbaye, en 1265, au moment de
l'érection de la chapelle de Saint-Pierre qu'il fit édifier dans ce monastère[15]. Corberon. — La dame de Villy donne par
testament à l'œuvre de celte église, en 1249. Dijon. — On sait qu'Hugues d'Arc,
abbé de Saint-Bénigne, fit à son église de grands travaux, ainsi que
l'indique son épitaphe ; ces travaux n'étaient point terminés en 1297,
puisque le duc Robert, dans son premier testament, donne cent livres à
l'œuvre de cette église. — Au milieu du XIIIe siècle, les chanoines, désirant
augmenter l'étendue de la Sainte-Chapelle ducale de Dijon, s'adressèrent au
pape Innocent IV qui, par une bulle datée de Lyon, en 1244, concéda des
indulgences à tous ceux qui contribueraient à la construction de l'édifice.
L'architecte et maître des œuvres se nommait Hugues[16], et doit être ajouté à ceux que
nous avons déjà cités. En 1302, Jean de Rochefort, évêque de Langres,
sollicita également la générosité des fidèles en faveur de ce monument, pour
lequel on n'avait encore pu réunir des ressources suffisantes[17], malgré les efforts des papes
et les nouvelles indulgences accordées par Nicolas IV. Longtemps encore la
Sainte-Chapelle recevra des aumônes, de la duchesse Agnès, en 1323, de Pierre
de Rochefort, en 1327, d'Eudes IV, en 1348, sans parvenir à son entier
achèvement. — Le couvent des Frères-Prêcheurs fut construit, en 1237, par la
duchesse Alix de Vergy, qui mit à la tête frère Guérin, religieux de cet
ordre. — Le cloître des Cordeliers de Dijon fut construit entre 1290 et 1300,
par les libéralités de Laure, fille de Bertrand Pèlerin, chambellan du duc,
qui avait été maire de Dijon. — Le pape Honorius IV manda, en 1285, à
l'évêque de Langres d'autoriser les frères de l'Hôpital du Saint-Esprit à
élever un oratoire dans leur maison. Nicolas IV accorda des indulgences aux
pénitents qui pendant huit jours fréquenteront l'Hôpital de Sainte-Marie, et
enfin, en 1298, Boniface VIII, s'adressant à Robert, duc de Bourgogne, lui
cède la faculté de bâtir un Hôpital et un oratoire de lié à saint
Jean-Baptiste, à saint Nicolas et à sainte Catherine, dans le fonds de son
duché qui lui conviendrait. Grancey. — Le pape Nicolas IV,
s'adressant à l'évêque de Langres, lui mande d'autoriser Guillaume, sire de
Grancey, et sa femme, Isabelle de Til-Châtel, à fonder un Hôpital à Grancey,
pour l'usage des pauvres infirmes et d'y établir une chapelle et un
cimetière, en 1290. Laignes. — Un Hôpital fut fondé et
construit dans cette localité aux frais de Marguerite de Bourgogne, comtesse
de Tonnerre. La
Roche-en-Brenil.
— Jean, seigneur de la Roche-en-Brenil, et Jean de La Roche, seigneur de
Vernon, donnèrent par testament des sommes pour l'œuvre de l'église de
Saint-Aubin de la Roche-en-Brenil, en 1263. Leurs largesses s'étendirent à la
Maison-Dieu qui existait alors dans cette paroisse. Layer. — L'église de la Magdeleine de
Layer fut fondée et construite par Raoul de Layer, dit Chaissot,
officier de Robert II, qui y fut enterré en mai 1292. Lézinnes. — Les religieuses de la
Charité-lès-Lézinnes reçurent par testament d'Elisabeth de Mont-Saint-Jean,
veuve d'Hugues de Charny, vingt livres pour la construction de leur
monastère, en 1257. Ligny-le-Châtel. — Le pape Boniface VIII
autorisa Marguerite de Bourgogne, reine de Jérusalem et de Sicile, comtesse
de Tonnerre, à fonder et élever une chapelle dans son château de Ligny, en
1297. Cette princesse avait aussi fondé un Hôpital dans cette localité. Marcenay. — Guillaume de Marcenay,
chevalier, marié à Agnès de Cisery, lègue par testament vingt sols pour la
réfection de l'autel de l'église, en 1282. Maulne. — Nicolas IV autorise
Marguerite de Bourgogne à construire trois chapelles dans son château de
Maulne, en 1292. Merlo. — L'église était en
construction les années 1251 et 1253[18]. Montrogier. — La dame de Villy lègue par
testament cinq sols pour l'œuvre de l'église de Montrogier, en 1249. Moutier-Saint-Jean. — L'église de cette importante
abbaye, qui avait été sans doute plusieurs fois rebâtie depuis la fondation
du monastère, fut réédifiée au milieu du XIIIe s. Hugues de Quincy, vicomte
de Tonnerre, donne par testament cent sols pour la construction, en 1257.
Vers le même temps, Hugues de Serrigny, moine, léguait trente livres pour
refaire les cuisines[19]. Pagny. — Philippe de Vienne, seigneur
de Pagny, fonda une chapelle dans son château de Pagny, en 1297, et en faveur
de cette fondation, le pape Nicolas IV accorda des indulgences aux pèlerins
qui pendant huit jours assisteraient aux offices de cette chapelle. Rougemont-sur-Armançon. — L'église des religieuses de
l'abbaye de Rougemont est un des spécimens curieux qui nous restent du milieu
du XIIIe siècle. Ce monument, autrefois très important, n'est qu'en partie
conservé ; on en a supprimé le chœur ; le porche est délabré et en mauvais
état ; les têtes et les ornements remarquables des fenêtres mériteraient
d'être reproduits. Nous avons quatre documents qui nous signalent la
construction de l'église de 1257 à 1263[20]. Rouvray. — Gui de la Roche-en-Brenil,
seigneur de Vernon, donne dix sols tournois pour la construction de l'église
de ce bourg, en 1263. Rouvres. — Le duc Robert dans son
testament lègue dix sols à l'œuvre de l'église, en 1297. Semur-en-Auxois. — L'église de Notre-Dame était
en construction de 1257 à 1299, par suite des legs qui lui sont attribués à
diverses époques entre ces deux dates, et peut-être que l'achèvement n'était
pas encore complet au commencement du XIVe siècle[21]. Vergy. — Le prieuré de Saint-Denis de
Vergy, dont la duchesse Alix avait posé la première pierre, ne fut terminé
que dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Auparavant, Mathilde, duchesse de
Brabant, avait contribué par ses largesses à la construction du monastère. Saint-Thibaud-en-Auxois. — Ce village, nommé
primitivement Fontaines, était dans l'origine un fief de la seigneurie de
Saint-Beuri, appartenant à la puissante maison de Thil-en-Auxois, et relevant
de la baronnie de Mont-Saint-Jean. Le touriste qui s'arrête dans ce modeste
village est fort étonné de trouver une église aussi intéressante, dont il ne
reste que le chœur, œuvre remarquable du XIIIe siècle, et un portail dont les
statues ont été mutilées. L'ensemble de l'édifice est dans un état de
délabrement regrettable. C'est à tort que tous les auteurs attribuent la
fondation de l'église à Robert II, qui lui fit en effet un legs ; mais le
monument était depuis bien longtemps déjà en construction, et l'on trouve des
donations qui se succèdent sans interruption de 1257 à 1299[22]. Saint-Thibaud était un des
pèlerinages renommés de notre contrée, et l'on s'y rendait des régions les
plus lointaines. En 1296, le Parlement de Paris condamne le sire d'Harcourt,
qui s'était rendu coupable d'un guet-apens contre le chambellan de
Tancarville, à faire un pèlerinage à Saint-Thibaud-en-Auxois[23]. Louis, comte de Nevers, y
faisait ses dévotions, en 1300, lorsque Barthélemi, évêque d'Autun, reçut son
hommage pour les fiefs relevant de son évêché[24]. Une immense châsse en bois
peint du XIVe s. est conservée dans la chapelle de Saint-Gilles, contiguë au
chœur ; elle porte les marques des pèlerins qui ont coupé avec leur couteau
un fragment de cette châsse pour s'en faire des reliques. Tonnerre. — Thomas, de Tonnerre, clerc,
donne par testament, en 1245, dix sols pour les œuvres de Saint-Agnan, de
Saint-Nicolas et du Reclus, de Tonnerre[25]. Saint-Agnan, l'église
primitive de cette ville, et devenue ensuite l'église du prieuré que les
religieux de Molème y établirent, tombait alors en ruines. Du grand Hôpital
de Tonnerre, construit aux frais de Marguerite de Bourgogne, par son
chapelain Robert de Luzarches, encore un nom à ajouter aux architectes du
temps, il ne reste plus que l'église. Robert de Luzarches mourut peu après la
princesse, le 9 août 1309[26]. L'Hôpital et l'église étaient
entièrement achevés en 1295, quand le pape Boniface VIII accorda quarante
jours d'indulgence aux pénitents qui assisteraient aux offices pendant huit
jours. Le même pontife autorisa l'année suivante Marguerite de Bourgogne à y
annexer des chapelles et des oratoires, et concéda de nombreux privilèges que
méritaient les efforts et les largesses de cette vertueuse princesse. On peut
encore admirer l'œuvre de cette bienfaitrice qui y reçut la sépulture le 4
septembre 1308. L'église, primitivement salle des malades, est remarquable
par une magnifique charpente formant un immense dôme à plein cintre
lambrissé, qui se voit de l'intérieur. On conserve encore des fragments des
verrières du temps portant au milieu l'effigie en buste de la reine et de
Charles d'Anjou, son mari. Varennes, près Cisery (Yonne). — Ce hameau maintenant détruit
possédait une église qui servait au prieuré de cette localité, église qui fut
construite par Agnès, dame de Cisery, avant 1292, date de sa mort et de sa
sépulture dans ce monastère, ainsi que l'indique son épitaphe. Monuments
civils. — Ponts.
— Les documents ne sont pas aussi abondants pour ce qui regards les monuments
civils, mais on trouve encore diverses indications précieuses. Nous pouvons
citer huit ponts qui furent édifiés pendant la période qui nous occupe : le
pont de Grosne (1257-1261)[27] auquel était contiguë une
Maison-Dieu pour les voyageurs infirmes[28] ; le pont de Lézinnes 1211-1257[29], qui existait encore il y a une
quarantaine d'années ; le pont de Saint-Remy, près Montbard 1261-1263[30] ; le pont de Senailly, 1257[31], les ponts de Tonnerre, 1241[32] ; le pont sur la Cure à
Vermenton, 1238[33] ; le pont de la Verrière, près
Igornay, 1299[34], et le pont de Vieux-Château,
1263[35]. Monuments
militaires. —
Un certain nombre de nos châteaux de l'époque féodale furent agrandis ou
reçurent des modifications importantes au XIIIe siècle. Il y a trente ans,
plusieurs d'entre eux comme Thil-en-Auxois, Mont-Saint-Jean, Charny, Antigny,
etc., présentaient encore des vestiges et des ruines intéressantes qui
tendent de jour en jour à disparaître. Peut-être
faut-il regarder comme remontant à cette date le curieux château de Montfort,
près Montbard, qui appartint à la maison de Savoisy, avant de passer à celle
de Charny, et dont les fameux Géofroi de Charny furent successivement
possesseurs. Argilly. —Cette châtellenie était
entièrement organisée sous Hugues IV, et le château servit souvent de
résidence à Robert II, qui, d'après l'abbé Courtépée, aurait été reconstruit
par lui et fortifié de 14 tours, assertion que nous ne sommes pas à même de
contrôler. Diverses acquisitions furent faites pour agrandir ce domaine,
auquel fut adjoint par échange le fief de Bagnot. Beaune. — En 1273, la ville de Beaune
ayant été incendiée, le duc fit reconstruire la maison destinée à élever des
faucons ; puis, il commença par faire des acquisitions, se rendit possesseur
des terrains sis près des halles. Ensuite, il acheta des maisons et masures
qui gênaient les abords de son château, et se trouvaient, soit au dedans,
soit au dehors de la forteresse. Les modifications qu'il fit subir à cette
résidence lui permirent d'y faire de fréquents séjours. Lucenay-Lévêque. — Hugues d'Arcy, évêque d'Autun
de 1286 à 1298, fit construire les châteaux de Lucenay, de
Saint-Denis-de-Vaux, et une grande partie de la maison épiscopale, pour la
défense de laquelle il fit élever deux tours, qui furent plus tard détruites
par les évêques de la Roquette et d'Allencourt[36]. Magny,
près Villiers-la-Faye.
— Pétronille de Barchères, veuve d'Aimon de Reulée, voulant construire une
maison à Magny-sous-Villiers-La-Faye, fit amasser les matériaux sur une
motte, appelée le château de Magny, dont les édifices étaient en
ruine, et déclara que son nouvel hôtel, sis sur un terrain de franc-alleu,
relèverait en fief du duc de Bourgogne, 1295. Coublanc. — Jean, damoiseau, seigneur de
Coublanc (de
Conflento), ayant
fait élever son donjon de Coublanc muni de tours et protégé par des fossés,
en rendit hommage à l'évêque de Langres, en 1297. Montcenis. — Robert II faisait de
fréquents séjours dans cette localité. Il y était le jour de Saint-Laurent, 10
août 1275[37]. Il y faisait ses comptes avec
Girard de Sautrône, receveur de cette châtellenie, le 5 septembre 1279[38]. Par un acte passé au même
lieu, le 16 septembre 1280, et au moment où il allait s'absenter pour le
service du roi, il confia la garde du duché à Otte, comte palatin de
Bourgogne. Outre divers travaux exécutés au château vers cette époque, il fit
construire une chapelle, et consacra des fonds pour sa dotation. L'évêque
d'Autun donna, en 1293, une déclaration établissant que la nomination de
cette chapelle était à la collation et à la nomination du duc. Montbard. — Cette châtellenie faisait
partie de l'apanage d'Huguenin de Montréal, fils d'Hugues IV, et après sa
mort des débats eurent lieu au Parlement entre le duc Robert, l'évêque de
Langres, le duc de Brabant, Marguerite de Bourgogne, reine de Sicile, Jean de
Chalon, comte d'Auxerre, le comte de Clermont, etc., relativement à ce
domaine, dont l'évêque revendiquait la mouvance, et dont les autres
compétiteurs réclamaient leur part. Le duc seul fut maintenu en possession de
cette terre, et y fit quelque séjour en 1291. L'année suivante, Pierre
d'Ostun, bailli d'Auxois, y tenait ses assises. Ce fut l'origine des
agrandissements projetés au château, et des acquisitions déjà commencées par
Hugues IV pour faciliter les constructions. En 1296, Robert achetait
d'Huguenin de Lignières, écuyer, une maison sise au château, près de l'hôtel
ducal. Il faisait acquérir de divers particuliers des terres, granges,
vergers, vignes, et notamment la maison de Tecelin de Montbard, en la rue
du Couhart, sous le château. Les acquisitions au Couhart et au
donjon se poursuivent sans interruption jusqu'en 1303 ; et ce qui prouve
mieux les intentions du duc sur ses projets d'installation, c'est l'achat de
la forêt du Jailly qui lui fut vendue par les religieux de Fontenay, pour lui
permettre de n'être pas limité par des droits de chasse. Afin de donner plus
d'importance au domaine, Robert s'était fait vendre par Gautier de Rochefort,
sire du Puiset, vicomte de Chartres, et par Marguerite de Tanlay, sa femme,
la seigneurie de Nogent-les-Montbard, moyennant mille livres ; par la fille
de Robert de Torcy, la justice de Marmagne ; par Simon d'Arran et ses
enfants, le manoir d'Arran et ses dépendances, le tout pour onze cents livres
; mais le duc ne vécut pas assez longtemps pour achever les travaux projetés
au château. Pontailler. — Les sires de Pontailler,
descendants de la maison de Champagne, étaient depuis longtemps obérés
lorsque Guillaume IV échangea au duc la vicomté de Dijon, en 1276. Les fils
de ce dernier, non moins chargés de dettes, cédèrent à Robert, par des
aliénations successives, partie de leur domaine patrimonial de Pontailler.
Guillaume IV et son oncle Guyot, sire de Talmay, se dessaisirent, en 1292, de
terres, de bois et de droits importants. Plus tard Guillaume IV et Marguerite
de Rans, sa mère, lui vendirent encore les fiefs de Foucherans et de
Flamerans, auxquels il fit d'autres adjonctions. Puis, le duc acheta
Perrigny, Maxilly, un autre quart de Pontailler ; les droits que Jean de
Vergy, seigneur de Fouvent, son sénéchal, pouvait prétendre dans ce domaine ;
la part d'héritage de Simon de Pontailler, chanoine d'Autun ; les droits de
Jean de Congey, sénéchal du Comté. — Enfin, le roi Philippe IV abandonna au
duc tout ce qu'il possédait dans la seigneurie, 7 octobre 1302 et peu après,
Hugues de Sauvement, bailli de Dijon, et Pierre de Beaune, mandataires de
Robert, y apposèrent les panonceaux du duché. L'ensemble des acquisitions
avait coûté de fortes sommes, mais la réunion de ces seigneuries allait
constituer l'une des grandes châtellenies de la province, dans laquelle le
duc entreprit sans retard des constructions considérables et proportionnées à
l'importance du domaine. Toutefois, craignant que le comte Otte n'élevât
quelque prétention sur la suzeraineté, Robert fit céder la terre au roi et en
obtint la rétrocession par une charte de 1303. Sûr désormais de n'être plus
arrêté dans ses entreprises, il lit activer les travaux, et comme on n'avait
pas sous la main les matériaux en quantité suffisante, il acheta aux
religieux de l'abbaye de Bèze l'autorisation d'extraire de la pierre à
volonté dans leurs carrières, afin de faire et parfaire le chasteau de
Pontailler, en tours, maisons, édifices, jusqu'à la perfection dudit chasteau. ACQUISITIONS, EXTENSION DU DOMAINE DUCAL. — Nous avions préparé un
travail sur l'état des châtellenies et sur l'extension du domaine ducal,
pendant le règne de Robert II, mais les proportions trop considérables des
matières que contient ce volume nous contraignent de supprimer une partie de
ce que l'on voulait y joindre. Pour
les acquisitions, on se contentera d’en donner les noms : Autun, Aisey,
Argilly, Arnay, Auxonne, Authume, Autricourt, Beaune, Bretenières, Bremur,
Brétigny, Buncey, Bussy, Chanceaux, Chamesson, Chenôve, Couches, Daix, Dijon,
Duesme, Faverney, Glennes, Germolles, Grignon, Grosbois, Gyé-sur-Seine,
Is-sur-Tille, Lanthenay, Longecourt, Lucenay, Maisey, Magny-sur-Tille,
Mâlain, Montigny-sur-Sarain, Nuits, Pâques, Paleau, Pontailler, Quémigny,
Rouvres, Sagy, Saint-Hélier près Dôle, Saint-Marc, Cosne, Saint-Romain,
Savigny-les-Beaune, Saulx-le-Duc, Tart, Val-Saint-Julien, Villaines,
Villiers-le-Duc, Volnay, Vosnes. FIN DU SIXIÈME VOLUME
|
[1]
Ce registre ou livre de comptes est un petit in-4°, papier, de 158 fol.,
conservé aux Archives de la Côte-d'Or, B. 312. La reliure en vélin qui le
recouvre n'est pas antérieure au XVIe s. C'est ce manuscrit dont nous donnons
des extraits dans ce chapitre, et nous le disons une fois pour toutes, sans
avoir besoin de le citer à chaque page.
[2]
Aisey, 1277, mardi 19 octobre.
[3]
Argilly, 1278 1er octobre. — Villiers, 30 novembre 1279.
[4]
Voici l'une des dernières mentions relatives à Guillaume de Tours 1281 (1280 25
mars). — « En l'an M.CC.LXXX, la semoigne devant Notre-Dame de Mars fu accordé
entre monseign. et Guillaume de Torz, que pour salaire, por ses peignes et por
son loier et despens il hauroit L lib. tourn. chacun an et 11 paires de robes.
Guillaume commencera à la saint Benoist M.CC.LXXX. »
[5]
Obituaire de Saint-Vincent de Mâcon, p. 34. — 19 juin 1239, Itinera et
dona, D. Bouquet, t. XXII, p. 594 A. — Voir dans Pérard, p. 455, une charte de
1214 dans laquelle figure Etienne Tondu, sergent de Mathilde, comtesse de
Nevers, lorsqu'elle fonda l'abbaye de la Consolation Sainte-Marie, dont Etienne
Tondu fut peut-être le constructeur.
[6]
Obituaire de Saint-Vincent de Chalon, p. 56.
[7]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 312.
[8]
Bibl. nat., collection Champagne, t. 152, fol. 8.
[9]
Bibl. nat., lat. 17099, Cartulaire de l'évêché de Langres, p. 40-45.
[10]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, f. Clairvaux, H. 556.
[11]
1248 ; 1254, testament d'Hugues de la Mâconnière ; 1257, testament de Jacques
de Varennes ; 1261, testament de Robert Boguerel ; 1299, testament de
Guillaume, seigneur de Montagu.
[12]
1189, testament de Guillaume, doyen de Chalon (Bibl. nat., lat. 47.090, Cartulaire
de Saint-Vincent de Chalon, p. 112-114) ; 1248, testament de Guinebaud,
clerc, de Chalon ; 1250, testament de Guillaume de Brancion ; 1251, testament
d'Anséric de Cissey ; 1254, testament d'Hugues de la Mâconnière ; 1257,
testament de Jacques de Varennes ; 1239 ; 1261, testament de Guillemette de
Sennecey.
[13]
Testament d'Anséric de Cissey.
[14]
1248, testament de Guinebaud, clerc ; 1254, testament d'Hugues de la Mâconnière
; 1263, testament d'Anséric, chanoine de Chalon, Bibl. nat, lat. 17090,
cartulaire de Saint-Vincent, p. 431.
[15]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, f. Clairvaux, H. 556.
[16]
Nécrologe de la Sainte-Chapelle, fol. 53.
[17]
D'Arbaumont, Essai historique sur la Sainte-Chapelle de Dijon. Citons
divers legs, de Ponce et de sa sœur Mathiaus (1253-1256) in opere Capellœ
ducis ; en 1283, Jean de Montréal, sire de Tart, donne par testament operi
ecclesiœ Capellæ ducis Dyvionensis vigenti solidos. Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire
de Saint-Etienne de Dijon, t. II, fol. 65, et Robert II lui lègue cent
livres, en 1297.
[18]
1251, testament d'Anséric de Cisey ; 1233, testament de Robert de Mellecey,
chanoine de Mâcon.
[19]
Voir l'Obituaire de Moutier-Saint-Jean.
[20]
1257, testament d'Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre ; 1261, testament de
Damerons, dame de Buffon ; 1263, testament de Jean de La Roche-en-Brenil.
[21]
1257, testament d'Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre ; 1263, testament de
Jean, sire de La Roche-en-Brenil ; Guillaume, seigneur de Montagu, lègue par
testament quarante sols viennois à l'œuvre de N.-D. de Semur, en 1299.
[22]
1257, testament d'Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre ; 1261, testament de
Jean, sire de La Roche ; 1263, testament de Gui, sire de Vernon ; 1297, le duc
Robert lègue quarante livres à l'œuvre de l'église ; 1299, Guillaume, sire de
Montagu donne quarante sols viennois pour même objet.
[23]
Boutaric, Arrêts du Parlement de Paris, t. I, n° 2921.
[24]
De Marolles, Inventaire des titres de Nevers, p. 593.
[25]
Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 215.
[26]
Camille Dormois, Notes historiques sur l'Hôpital de Tonnerre, p. 46.
[27]
1264, testament de Robert Boguereau ; 1257, testament de Jacques de Varennes.
[28]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 312.
[29]
1241, testament de Thomas, clerc, de Tonnerre, Cartulaire de l'Yonne, t.
III, p. 215.
[30]
1261, testament de Damerons, dame de Buffon ; 1263, testament de Jean, sire de
la Roche.
[31]
Testament d'Elisabeth de Mont-Saint-Jean, veuve d'Hugues de Charny.
[32]
Testament de Thomas, clerc, de Tonnerre, Cartulaire de l'Yonne, t. III,
p. 215.
[33]
En septembre 1238, Gui, comte de Nevers et de Forez, déclare que les religieux
de l'abbaye de Reigny ont permis aux habitants de Vermanton de construire un
pont sur la partie de la rivière de Cure appartenant à ce monastère, Cartulaire
de l'Yonne, t. III, p. 388.
[34]
En 1299, Eudes de Roussillon, chevalier, donne vingt livres pour la
construction de ce pont, Bibl. nat., collection Bourgogne, t. 94, fol. 430.
[35]
Gui de La Roche, seigneur de Vernon, donne par testament, operi pontis
Veteri Castro XL sol. tur.
[36]
Gagniare, Histoire de l'église d'Autun, p. 137.
[37]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 312.
[38]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 312.