RAPPORTS DU DUC ROBERT II AVEC LES COMMUNES.
Conséquences à Dijon
de la charte de la liberté des marcs. — Agitations municipales. — Intrigues
pour les élections. — Achat de la vicomté de Dijon ; mécontentement des
habitants ; le maire fait saisir et incarcérer le prévôt du duc ;
condamnation de Robert en Parlement. — Compétitions électorales ; partisans
ou adversaires du duc. — Mort du maire Alard le Changeur. — Défaut de
paiement des tailles ; le maire Eudes de Salmaise cassé, remplacé par Pierre
d'Antignv ; Robert revient sur sa détermination. — Elections agitées de 1279
; mort et blessés ; les chartes et le sceau de la commune mis sous la main du
roi. — Rétablissement d'Eudes de Salmaise comme maire ; il tire des prisons
ducales un bourgeois accusé d'avoir fait tort aux monnaies du duc. — Cession de
la vicomté aux habitants. — Le maire délivre un justiciable arrêté par le
bailli de Dijon. — L'évêque de Langres jette l'interdiction sur Dijon ; soins
de Robert et de la Duchesse pour s'en prémunir. — Colloque entre le maire
Girard Bonotte, le procureur du duc et le sergent royal ; coup de poing
asséné au maire par le procureur ; menaces de mort contre ce dernier. —
Intervention de la justice royale ; violences de Gillet d'Auxois. —
Sommations au maire Guillaume le Vertueux ; son refus. — Condamnation de la
ville par le Parlement, amende au profit du roi et du duc. — Agitations
municipales ; candidatures agréables au duc. — Liste des maires de Dijon sous
Robert II. — Commune de Beaune. — Rares chartes de franchises nouvelles, la
nomination du maire toujours réservée ; Semur, Labergement, Seurre, Chagny. —
Service des milices communales. — Difficultés des seigneurs avec les
communes. — Mile de Noyers, bouteiller de Bourgogne, fait incarcérer sept
bourgeois de Noyers. — Appel au roi ; assises de Dixmont ; sept gentilshommes
offrent gage de bataille contre les sept bourgeois plaignants. — Difficultés
des communes avec les abbayes ; les bourgeois de Bèze se désavouent de l'abbé
; le duc les prend sous sa sauvegarde. — Les hommes de l'abbaye de
Saint-Michel de Tonnerre et le gîte de Crusy.
Les
rapports entre Robert et les communes, mais principalement avec la
municipalité dijonnaise, ne fournissent pas les épisodes les moins curieux de
son histoire. On a vu
sous les règnes précédents les bénéfices que nos ducs avaient su retirer de
la plus-value de la prestation des marcs. La répartition de cet impôt était
établie sur des bases telles, que le rendement était de beaucoup supérieur à
la valeur officiellement énoncée. Nous avons dit que la transformation subie
dans l'assiette de cet impôt avait été fixée par la Charte de la liberté des
marcs, dénomination au moins étrange, mais dont le singulier euphémisme a
toujours l'avantage de se faire agréer favorablement par les populations,
même par celles qui en sont victimes. Toutefois
la hausse constante des tailles avait produit un mécontentement assez vif
sous Hugues IV, et servait de prétexte aux reproches réciproques que se
lançaient les partis qui briguaient pour un des leurs les fonctions de la
magistrature municipale. Les candidats évincés et les partisans vaincus
avaient soin de rejeter sur leurs adversaires la responsabilité de cet état
de choses. A chaque élection, des compétitions et des luttes violentes surexcitaient
les populations, sans alléger les charges toujours croissantes des
contribuables. Cette
agitation n'était pas faite pour déplaire au duc Robert, très jaloux de son
autorité, peu pénétré de tendresse pour les libertés communales, et peu
scrupuleux sur les moyens de limiter les pouvoirs de cette oligarchie
bourgeoise avec laquelle il était obligé de compter. Il
était d'accord en cela avec les représentants de l'autorité royale et les
officiers du Parlement, qui ne laissaient échapper aucune occasion
d'intervenir dans l'administration intérieure des cités, même dans les
domaines des grands feudataires. Les uns et les autres poursuivaient avec un
acharnement non dissimulé les désordres qui éclataient dans les municipalités
; celles-ci payaient des amendes en perdant quelque peu de leur prestige et
de leurs privilèges ; le fisc royal en bénéficiait, et chaque crise nouvelle
était un nouveau pas qui favorisait les tendances de la centralisation
monarchique. Ce
n'était pas pour être utile à la commune de Dijon que le duc fit acheter, en
1276, par Guillaume de Grancey, son lieutenant en Bourgogne, la vicomté de
cette ville[1]. Cette acquisition conférait au
titulaire des droits et des privilèges que la municipalité avait tout intérêt
à ne pas laisser à d'autres. Guillaume de Pontailler, qui occupait la
vicomté, reçut en échange des domaines beaucoup plus considérables, la seigneurie
de Magny-sur-Tille, l'hôtel de la Vicomté, trois fiefs dans l'intérieur de
Dijon, indépendamment de ceux qu'il possédait dans la banlieue. Les bourgeois
de la ville élevèrent des protestations au sujet de cette acquisition, car
Robert, ayant nommé Girard Bonnotte comme prévôt de la vicomté, celui-ci
s'entremit de faire son office en empiétant sur les droits de la commune. Le
maire le fit saisir, ainsi que son sergent, et les incarcéra tous deux les
mains liées derrière le dos. Il s'ensuivit entre le duc et la municipalité un
conflit, sur lequel le parlement de Paris eut à se prononcer : « et fu
raporté par arrêt que li maires ne li commune n'avoient riens meffait, et
n'estoient en point de coolpe par la vertu de leurs privilaiges — Por ce
que si praingne une autre fois garde[2]. » Cette
dernière admonestation quelque peu irrévérencieuse et inconvenante, accusant
un sentiment marqué d'hostilité, est à l'adresse du duc, qui du reste ne fit
aucune difficulté de consentir à un accord, rédigé sous la médiation et le
sceau du roi Philippe le Hardi, son beau-frère, en 1282. Il offrait
d'abandonner la vicomté aux habitants, moyennant une rente perpétuelle de
cinq cents livres, et une autre de même valeur payable pendant sa vie et
celle de la duchesse ; il réservait en outre une somme de cinq mille livres
payable en cinq ans. La nouvelle imposition serait réunie à celle des marcs,
et l'ensemble des cotes individuelles serait remanié sur d'autres bases. Ces
offres peu séduisantes et ces conditions onéreuses soulevèrent d'unanimes
protestations, et les négociations de cette affaire furent momentanément
suspendues. D'ailleurs le duc n'insista pas, car il y aurait eu inconvénient
à mécontenter la population, qui, pour se soustraire à des charges toujours
croissantes, eût abandonné la ville au grand détriment du trésor ducal. Les
habitants de Dijon étaient fort en retard pour payer les reliquats
d'impositions dont le chiffre allait en s'augmentant d'année en année. Le duc
eut le tort de vouloir se faire justice lui-même, au lieu de faire appel à
l'autorité royale qui avait qualité pour faire exécuter les contrats entre
les feudataires et les vassaux. Le roi ayant mis son sceau aux chartes
d'affranchissement n'était-il pas tuteur et protecteur légal des communes ? Quand
les maires étaient nommés suivant le désir du duc et parmi ses amis, on ne
pressait pas trop les habitants de s'exécuter. Alard le Changeur, dont la
candidature était agréable à Robert, ayant obtenu les honneurs de la mairie
aux élections de 1276, les débiteurs eurent quelque répit. Mais Alard étant
décédé le 1er mai de l'année suivante[3], et ayant été remplacé par
Eudes de Salmaise, nommé par le parti opposé, on pressa les échevins de
satisfaire à leurs obligations pécuniaires. Le duc, voyant qu'il ne pouvait
rien obtenir, s'empara de la commune, cassa le maire et les officiers de la
municipalité, puis installa Pierre d'Antigny, pour régir et gouverner les
affaires de la ville. Ces
événements eurent lieu en 1277, et produisirent un soulèvement dans la
population. Il est probable que non seulement les seigneurs de la cour
ducale, mais le roi lui-même, firent quelques objections au sujet d'un
procédé qui n'avait point été prévu dans la rédaction des chartes primitives.
Obligé de se conformer à de sages avis, le duc dut éprouver quelque
mortification de revenir sur un acte de violence, et de rétablir les choses
dans l'état pour ne pas prolonger des troubles regrettables (janvier 1278). Ces
troubles n'étaient que le prélude de désordres beaucoup plus graves qui se
produisirent deux ans plus tard, et dans lesquels les officiers du duc
intervinrent, sans doute à l'instigation de leur maître, assez désireux de
tirer vengeance de l'humiliation qu'il venait de subir. La
veille de la Saint-Jean 1279, les membres de la commune, convoqués à cor et à
cri, se réunirent comme d'habitude au cimetière de Saint-Bénigne, pour
procéder à l'élection de leurs magistrats. La séance fut des plus
tumultueuses. Deux maires furent nommés simultanément par l'assemblée divisée
en deux camps à peu près égaux. Les factions rivales, résolues à maintenir en
place chacun de leurs élus, échangèrent des propos injurieux ; des paroles on
en vint aux coups. Il y eut du sang répandu ; un bourgeois de la ville fut
tué sur place et d'autres furent blessés. Une affaire de cette gravité ne
pouvait être portée que devant le Parlement. Un arrêt de la cour, rendu à la
Toussaint de cette même année, mit les chartes et le sceau de la commune dans
la main du roi, chargé de préposer une personne capable pour administrer les
affaires de la ville, jusqu'à décision au sujet des débats nécessités par
l'élection simultanée des deux maires. On renvoya au duc la connaissance du
meurtre commis par les habitants, en réservant ses droits de justice qui
restaient entiers pour l'avenir. Bientôt
Eudes de Salmaise fut réinstallé dans son office de maire, malgré les efforts
de Simon, fils d'Alard le Changeur, qui ne devait réussir que plus tard à
occuper les fonctions municipales. Dame Bonne, mère de Simon, défendait
naturellement le parti de son fils et les intérêts du duc. Elle vint faire
des plaintes à Richard de Montmorot, bailli de Dijon, contre un de ses
adversaires, bourgeois de la ville, qui frottait, disait-elle, les pièces de digenois
pour faire décrier la monnaie ducale. Cette accusation, au moment où Robert
faisait de fréquentes mutations de monnaies, était grave, car les pénalités
pour les contraventions de cette nature étaient des plus sévères. On se
saisit de l'accusé et ses biens furent confisqués, mais cette fois encore le
maire Eudes de Salmaise intervint en faveur de son justiciable dont il
revendiqua la possession, et lui fit restituer sa liberté et ses biens[4]. Sous
une municipalité moins hostile, le duc put terminer avec les habitants de
Dijon les arrangements interrompus pour la fixation des marcs dus par la
commune, et pour la cession de la vicomté qu'il fit ratifier par le roi
Philippe III, en décembre 1284. Les frais nécessités par la guerre du
Dauphiné le rendaient plus conciliant, et il avait besoin de toutes ses
ressources pour sortir des embarras de sa situation pécuniaire. La vicomté
fut cédée purement et simplement à la commune. La prestation des marcs fut
remplacée par une taille fixe, dont la cote la plus élevée ne devait pas
dépasser deux marcs et la plus faible descendre à moins de douze deniers ;
les échevins eurent le droit d'imposer les habitants et de se faire
représenter par un des leurs. Parmi
les receveurs chargés de percevoir les impositions on voit que Girard
Bonotte, prêtre de Dijon, donna quittance, en 1286, au cellérier de
Saint-Etienne, au nom du duc, d'une somme de quatre-vingt-dix-sept livres
viennoises pour la taille des hommes d'Ahuy, Asnières, Etaules, Quetigny,
Chaignet, Grimolois[5]. Les
frais occasionnés par la coûteuse expédition du Dauphiné avaient entraîné
Robert à des dépenses considérables et avaient nécessité de nombreux
emprunts. Il avait engagé des pierres précieuses aux religieux de
Saint-Bénigne, et en avait reçu neuf cents livres, qu'il fit rembourser en
1288 sur la perception des marcs de Dijon, par Eudes, sire d'Auvillars,
Renaudot Larche-lier et autres bourgeois de la ville chargés de la collecte
de l'impôt. Quelques
années se passent dans un calme relatif. Les magistrats municipaux, liés par
des serments à la garde des privilèges, et responsables de toute atteinte qui
aurait pu entamer les droits et les libertés de la commune, veillaient avec
un soin jaloux sur le dépôt qui leur était confié. Un bourgeois de Dijon
s'étant livré à des voies de fait en poursuivant, le couteau à la main, un
tabellion de cette ville, avait été ajourné par le bailli Richard de
Montmoret. La population s'en émut, prit fait et cause pour le coupable, que
le maire s'empressa de réclamer comme son justiciable. Cette fois encore le
duc de Bourgogne fut obligé de céder, et de faire droit à la réclamation du
maire et de l'échevinage par une lettre datée de Beaune, le 6 mai 1297. Il
était impossible que ces incessantes tracasseries entre la municipalité et
l'administration ducale n'amenassent de plus graves collisions au sujet de
ces discussions quotidiennes. L'attribution de certains délits, le ressort de
la juridiction, la condition des personnes, tout offrait matière à des débats
contradictoires. Le petit nombre des documents arrivés jusqu'à nous ne
donnent pas d'indications suffisantes sur ces épisodes ; quelques
renseignements épars sont fournis par des arrêts très peu explicites émanant
du Parlement ; les chartes assez rares qui nous restent ne sont pas plus
instructives, et ne trahissent en rien les sentiments de ceux qui les ont
dictées. Au
milieu de cette pénurie de documents, voici le résumé d'un récit contemporain
fort intéressant[6]. En
1298, Jean de Rochefort, évêque de Langres, avait jeté l'interdiction sur la
ville de Dijon. Était-ce à l'occasion des élections tumultueuses de la
Saint-Jean, qui avaient pu occasionner quelques dégâts dans le cimetière où
se tenaient les assemblées générales ? S'agissait-il de questions d'intérêt,
de prélèvement d'impôts ou de subsides ecclésiastiques, on l'ignore. On sait
seulement, par trois bulles du pape Boniface VIII, du 26 juin 1298[7], que le duc de Bourgogne,
voulant se mettre à l'abri du rayonnement de cette sentence
d'excommunication, avait obtenu du pontife que son domaine ou partie du duché
ne devait pas être frappé d'interdiction pour des excès que ses officiers
auraient pu commettre ; il se faisait autoriser en outre à célébrer la messe
avant jour. La duchesse Agnès elle-même recevait une sauvegarde contre toute
excommunication qui n'émanerait pas directement du Saint-Siège. Les
habitants de Dijon, fort mécontents d'une condamnation dont les conséquences,
déjà moins redoutées à la fin du XIIIe siècle, jetaient cependant un grand
trouble dans la population, dans le commerce et dans les affaires,
adressèrent leurs doléances au duc de Bourgogne, qui les fit tenir à Philippe
le Bel, alors en Flandre. Sur un
mandement du roi adressé au bailli de Sens, afin de prendre les mesures
nécessaires pour la levée de l'interdit, ce bailli envoya Guillaume de
Raquemont, un de ses sergents, qui se fit accompagner par Gilet d'Auxois,
procureur du duc, et tous deux se rendirent près de Girard Bonotte, maire de
Dijon. Après avoir exposé le motif de leur voyage, les envoyés enjoignirent à
Girard Bonotte, au nom du roi, d'avoir à fournir comme caution des gens
d'armes pour mettre fin à l'interdiction qui pesait sur la ville. Girard
Bonotte leur donna un rendez-vous pour le lendemain, objectant qu'il fallait
réunir le conseil des échevins, car une telle affaire ne pouvait se traiter
sans eux et sous sa seule responsabilité. Le
lendemain, le sergent et le procureur comparurent au rendez-vous, mais ne
trouvèrent qu'un petit nombre d'échevins. Gilet d'Auxois, ayant pris la
parole, dit au maire : « Il ne semble pas que vous vouliez obéir au roi ni au
duc, et que vous ayez hâte de faire lever l'interdit, et cependant vous avez
plus que nous intérêt à le faire cesser. » Girard Bonotte répondit que Gilet
était plus tenu que lui-même à garder obéissance à monseigneur le duc. Puis
s'ensuivirent des propos fort aigres ; les interlocuteurs très en colère se
levèrent l'un contre l'autre, et le colloque se termina par une argumentation
à laquelle le maire ne pouvait s'attendre, et par un coup de poing qui lui
fut vigoureusement appliqué sur l'oreille. La
population, prévenue de la querelle, n'avait pas tardé à s'ameuter ; on fit
sortir violemment du parleour du maire le fougueux agresseur, dont la
robe et les habits furent mis en pièces. Gilet reçut de nombreux horions, et
se vit menacé de mort, mais il parvint cependant à se cacher en se réfugiant
chez un particulier. Là, Girard Bonotte le fit saisir et jeter en prison, où
il ne resta que jusqu'au lendemain, car il était facile à un procureur du duc
de trouver des otages qui pouvaient répondre pour lui. Les
magistrats municipaux, craignant de se trouver dans un mauvais cas pour avoir
employé la force contre un officier du duc, malgré la violence dont il avait
le premier donné l'exemple, avec cette circonstance aggravante qu'il était en
compagnie d'un sergent royal, s'adressèrent à Robert, et le prièrent de fixer
lui-même l'amende encourue par cette contravention. Par une charte de
septembre 1298, le duc leur donna une reconnaissance de cette soumission, en
déclarant que le droit momentané qui lui était concédé ne pourrait, dans
l'avenir, porter préjudice aux privilèges de la commune. Pendant
ce temps, Gilet d'Auxois et Guillaume de Raquemont étaient allés porter
plainte au roi sur les mauvais traitements qu'on leur avait fait subir, et
peut-être avaient-ils exposé l'affaire sous des couleurs un peu sombres, et
raconté les faits d'une manière peu exacte. Philippe le Bel, qui n'était pas
plus disposé que le duc à tolérer les actes d'autorité des communes, ordonna
une enquête, et délégua le bailli de Troyes pour venir à Dijon prendre des
informations sur ce qui s'était passé. Gilet
d'Auxois, se sentant appuyé par l'autorité royale et n'étant pas désavoué par
le duc, revint, sur ces entrefaites, tirer vengeance de ceux qui l'avaient
maltraité après son altercation avec le maire. Il frappa de plusieurs coups
d'épée Monin le Sourdoz, lui fit une profonde entaille dans le bras,
sans compter d'autres blessures. Trois jours après, il reparut à Dijon avec
un certain nombre de gens d'armes, s'empara sur les terreaux de la ville de
plusieurs bourgeois, et notamment de Girard Redoulon, corroyeur, qu'il emmena
à Châteauneuf, les mains liées derrière le dos et la corde au cou. A un autre
voyage, il blessa un nommé Villavert, qui faisait sa moisson près de Dijon,
et s'attaqua à des marchands de la ville se rendant à la foire de Sombernon,
s'empara de leur bétail, et les mit en prison après leur avoir fait subir de
durs traitements. Ces
actes de violence témoignent assez que celui qui les commettait se sentait
sûr de l'impunité, et qu'il se savait soutenu, sinon excité, par une plus
haute autorité. Et cependant l'enquête ordonnée par le roi devait suivre son
cours, mais il fallait compter avec les lenteurs de la justice, et la justice
royale n'était pas plus expéditive que les autres. En 1299, le maire, les
échevins et le procureur de la ville avaient été assignés à comparaître à
Châtillon par devant les baillis de Sens et de Troyes. Le maire, qui était
alors Guillaume le Vertueux, se rendit à cette sommation, accompagné de
maître Jean, échevin, de Hugues du Potet, de l'official de Chalon, d'Euvrard lou
Racheit, de maître Bonami de Sacquenay, échevin du bourg, et de plusieurs
autres bourgeois de la ville. Après
une enquête, des interrogations et des réponses que les lacunes du manuscrit
ne permettent pas de saisir, le procureur Pierre de Bèze somma trois fois par
serment le maire d'aller exposer au roi les griefs articulés sur la conduite
de Gilet d'Auxois. Le maire répondit qu'il n'iroit mie. Assignation
fut lancée contre Guillaume le Vertueux et les échevins pour se rendre à
Paris donner de nouvelles explications, défendre les droits de la ville, et
se laver de l'accusation de désobéissance au roi. Ceux-ci ne s'étant pas
conformés à cette invitation, et n'ayant pas apporté la diligence nécessaire,
les habitants de Dijon furent condamnés à une amende de mille livres envers
le roi, et de six cents livres au profit du duc. A une
réunion suivante au cimetière de Saint-Bénigne, où se trouvaient les
magistrats municipaux et les membres de la commune, il y eut un beau tapage.
Pierre de Bèze accusa publiquement Guillaume le Vertueux de n'avoir pas tenu
les serments que sa charge lui imposait, de n'avoir pas su défendre les
intérêts de ses commettants, et d'avoir, par sa négligence, fait subir à la
ville une condamnation infamante, qui sans cela eût été indubitablement
appliquée à Gilet d'Auxois. Dans le
courant de l'année 1300, Pierre de Blanot et le prieur de Couches, ayant été
nommés par le duc de Bourgogne pour faire des recherches sur les revenus du
domaine, firent ajourner le maire qui était toujours Guillaume le Vertueux.
Celui-ci objecta qu'il n'estoit tenuz à repondre fuer que ès eschevinz et
por point de chartre... Là
s'arrête la rédaction du manuscrit qui paraît inachevé, mais qui semble dicté
par un compétiteur de la mairie, et peut-être par Pierre de Bèze lui-même qui
avait occupé, en 1203[8], les honneurs enviés de cette
magistrature, après Jean d'Auxonne, et qui était parent de Jean de Bèze, cité
comme maire à deux reprises. On
connaît un arrêt du Parlement de Paris, du 3 janvier 1302, condamnant le
maire, les échevins et la commune de Dijon à mille livres d'amende pour
injures faites à Guillaume de Raquemont, sergent du roi au bailliage de Sens[9]. Il s'agit sans doute de la
même affaire, ou de débats nouveaux provoqués par un appel de la commune.
Cette dernière amende, au profit du roi, fit en tous cas retour au duc de
Bourgogne. Par un diplôme du 30 janvier 1304, Philippe le Bel lui fit donation
de ces mille livres, pour en utiliser l'emploi aux frais de la chevauchée de
Gascogne[10]. Il
résulte manifestement de tout ceci que si le duc ne paraissait pas dans les
élections municipales, il n'était pas fâché de voir certains de ses officiers
en briguer les fonctions, et que plusieurs d'entre eux réussirent, grâce à
leur popularité et à la haute influence dont ils disposaient. On avait vu
sous Hugues IV son chambellan Bertrand Pélerin, investi de cette charge.
Alard le Changeur avait été directeur de la monnaie ; Girard Bonotte et
Pierre de Bèze avaient été procureurs du duc. Jean d'Auxonne et Jean d'Ostun,
qui figurent comme gouverneurs de la mairie, l'un en 1293, l'autre en 1304,
avaient peut-être été nommés d'office à la suite de circonstances qui ne nous
sont pas connues. Jean d'Ostun était fils de Pierre d'Ostun, qui occupa
pendant de longues années les fonctions de bailli d'Auxois et de la Montagne[11]. On est étonné de revoir les
mêmes noms reparaître périodiquement, et prouvant que la magistrature était
devenue l'apanage de familles qui s'en transmettaient les fonctions comme un
patrimoine héréditaire. La
commune de Beaune remplaça également, en décembre 1283, la prestation des
marcs par une taille annuelle, et les officiers municipaux furent autorisés à
lever des impôts pour les nécessités de la ville. Les rapports du duc avec
les habitants de cette ville, moins fréquents qu'avec ceux de Dijon, ne
paraissent pas avoir donné lieu à tant de démêlés, et l'on trouve Robert en
bons termes avec les maires et notamment avec Gui Jomer, qui venait faire ses
comptes à Rouvre[12]. Il eut toutefois quelques
difficultés avec les habitants de Montbard, auxquels il avait imposé un maire
de son choix, mais il décida, par un article du premier codicille de son
testament, que la municipalité rentrerait dans ses droits et élirait son maire. Les
rares affranchissements que l'on pourra signaler désormais ne seront
déterminés que par les besoins urgents des concessionnaires, et
personnellement le duc se promit bien de ne plus jamais accorder la
nomination du maire aux habitants. Il ne prend aucun détour lorsqu'il donne à
Semur-en-Auxois une charte de franchise conforme à celle de Dijon, et réserve
formellement la nomination du maire. C'est à cette concession tardive que la
principale ville de l'Auxois dut cette restriction qui la mettait dans une
situation d'infériorité vis-à-vis des autres villes du duché (1276). L'affranchissement
de Labergement-le-Duc, fait par Robert, moyennant finance, vers 1285,
interdit aux habitants le droit de s'administrer par des magistrats élus. Pour
satisfaire des créanciers exigeants, Philippe de Vienne, sire de Pagny et de
Seurre, du consentement d'Agnès de Bourgogne, sa femme, et de sa mère Alix,
vend la franchise, et accorde une charte de commune aux habitants de Seurre,
moyennant quatre mille livres de monnaie viennoise, dont il donne quittance,
1278. Ces
affranchissements, et même de simples ratifications de ces actes, étaient
pour le trésor ducal une source de revenus sérieux. Le duc ne donne son
approbation aux franchises de Seurre qu'en exigeant de Philippe de Vienne le
fief de Villey-sur-Saône ; la confirmation des privilèges de Chagny lui valut
six cent cinquante livres tournois[13]. La
plupart des communes fournissaient en cas de guerre leurs milices communales,
et leur présence a déjà été constatée à la bataille de Bouvines ; mais la
durée du service était limitée et variait suivant les localités[14]. De plus, on n'était pas
astreint à s'éloigner au-delà d'un certain rayon. Quand Robert convoqua, en
1300, les milices de Beaune et d'Auxonne pour marcher au siège d'Authume (Jura), il fut obligé de donner acte
de ce service, qui ne devait pas porter préjudice à leurs privilèges, et de
fixer le prix des gages qui était pour un homme à cheval, trois sols, pour
l'arbalétrier et le sergent à arc, quatorze deniers, pour celui à lance,
douze deniers, le tout de la monnaie ayant cours dans le pays parcouru. On supprimait
les gages dans le cas où hommes et chevaux étaient hébergés. Les
troubles dont la commune de Dijon était le théâtre ne constituent pas un
exemple isolé. Les mêmes désordres se reproduisent dans toutes les villes du
royaume dont l'émancipation n'était pas de fraîche date. A Laon, Amiens,
Beauvais, Abbeville, Rouen, Toulouse, Noyon, Reims, Albi, Provins, Châlons,
etc., des collisions graves, produites par des motifs divers, avaient
sérieusement porté atteinte à l’exercice de l'autonomie communale, et fait
perdre aux municipalités quelques-uns des privilèges dont l'autorité royale,
pour prix de son intervention, ne comptait plus se dessaisir[15]. Dans
les localités de moindre importance, le fonctionnement de l'administration
communale était souvent mis en échec par le seigneur féodal, gêné lui-même
dans ses mouvements par une population indépendante qui avait des droits
imprescriptibles, et qui les défendait ardemment. Plus d'un baron regrettait
les concessions de privilèges accordées par ses ancêtres à des sujets vivant
à l'ombre de son château, et limitant l'action de son autorité souveraine.
Ces tendances et ces divergences d'intérêts amenaient entre le seigneur et
ses vassaux une sourde hostilité, qui se terminait par des collisions, sur
lesquelles le pouvoir royal avait à se prononcer en dernier ressort ; et dans
les jugements, les vassaux n'étaient pas généralement les mieux favorisés. Les
habitants de Noyers jouissaient depuis 1231 d'une charte d'affranchissement
qu'ils devaient à Mile VIII, bouteiller de Bourgogne, et qui leur permettait
de s'administrer eux-mêmes, moyennant une taille annuelle. Vers
1280, les redevances n'ayant pas été entièrement payées, malgré les instances
du collecteur des tailles, Mile IX, seigneur de Noyers et bouteiller de
Bourgogne, comme son père, après des pourparlers assez vifs avec les membres
de l'édilité nucérienne, fit saisir sept bourgeois de la ville et les
incarcéra dans les prisons de son château. Ces sept notables, fort estimés de
leurs concitoyens, furent réclamés par la population ameutée et indignée de
cette violation de leurs privilèges. Appel ayant été fait au roi, les parties
furent invitées à comparaître aux assises de Dixmont, par devant Guillaume du
Chesnoi, bailli de Sens. Les sept bourgeois vinrent plaider en personne ; le
sire de Noyers s'y rendit également avec un appareil de force armée qui ne devait
pas être sans influence sur la décision des juges. Il était accompagné d'un
grand nombre de seigneurs du voisinage, ses parents ou ses amis : Guillaume
de Joinville, sire de Jully-sur-Sarce, le comte de Joigny, les sires de
Broyes et de Chappes, Guillaume Pioche, seigneur de Moulins, Itier de La
Brosse, Hugues de Bierry, Humbert de Courgis, l'abbé de Saint-Michel de
Tonnerre, le maître de la Commanderie des Hospitaliers de Marsoif, Erard,
seigneur de Lézinnes, Guillaume Grenouille, Adam de Poilly, Michel de
Venouse, Jacques de Percey et autres chevaliers et écuyers. A
l'assise de Dixmont, les sept bourgeois exposèrent que leur seigneur les
avoit prins et tenus en prison en son chatel de Noiers contre le point de
leur chartre qu'il avoit jurée, et qu'on avait refusé de reconnaître
leurs droits ; ils prièrent le bailli Guillaume du Chesnoi de s'informer de
la justice et de la vérité de leur allégation, dont ils s'offraient de faire
la preuve, et, en ce cas, demandaient à être affranchis de l'obéissance due à
leur seigneur, indépendamment des dommages et intérêts réclamés comme
indemnité pour l'outrage dont ils étaient victimes. A ces
accusations formelles, le sire de Noyers ne put opposer que de vagues
dénégations, et après quelques explications sans valeur, il produisit un
argument destiné à remplacer de meilleures raisons. Il tendit au bailli un
gage de bataille, et simultanément, sept gentilshommes livrèrent aussi un
gage de bataille, chacun d'eux s'offrant de combattre isolément contre chacun
des sept bourgeois. Cet
argument inattendu ne fut pas sans causer une certaine surprise aux
plaignants, moins rompus que les chevaliers au maniement des armes ; ils ne
se laissèrent pas démonter cependant, et se faisant plus humbles, ils
répondirent qu'ils n'estoient pas tenuz à monstrer par gaiqe contre le
seignor de Noiers, quar il estoit un grant home, et qu'alors il ne serait
jamais permis au pauvre monde de faire appel en dernier ressort à une
autorité supérieure. Mile de Noyers y répliqua par des paroles qui ne
justifiaient en rien sa conduite, en mettant en ayant l'honneur de son nom,
l'honneur de son château, etc. L'assemblée se sépara, en ajournant la
décision de savoir si l'on devait accepter ou non le gage de bataille jeté
par les gentilshommes[16]. Bien
que tous les documents relatifs à cette affaire n'aient point été conservés,
il ne semble pas que la preuve par gagé de bataille ait été admise pour cette
fois. Des démarches pour rétablir, la paix entre le seigneur de Noyers et les
habitants furent tentées à diverses reprises, mais on ne put y réussir.
Convoquées ensuite par trois fois, et notamment devant Jean de Joinville,
sénéchal de Champagne, les parties se séparèrent sans avoir pu se mettre
d'accord. Enfin, le 29 mars 1283, elles comparurent de nouveau par devant
Oudard de la Neuville, bailli de Sens, qui les somma de s'en référer à
l'arbitrage du sénéchal de Champagne et de Henry de Saint-Benoît, chevalier,
sous peine de deux cents marcs d'argent applicables au roi[17]. Les
franchises dont jouissaient certaines localités étaient très gênantes pour
les monastères qui n'étaient pas partisans de ces libertés préjudiciables à
leurs intérêts, et qui voyaient avec peine diminuer le nombre de leurs
vassaux. Les
bourgeois de Bèze, peu satisfaits des conditions qui leur étaient faites par
les religieux de cette abbaye et à la suite de vexations sans nombre avaient
émigré dans d'autres pays, en se désavouant de l'abbé. Le duc de Bourgogne
n'eut garde de manquer cette occasion d'intervenir dans une affaire qui lui
permettait d'user de son autorité dans un domaine situé à la limite de ses
états ; malgré son peu de tendresse pour les franchises communales, il les
prit sous sa protection, trouvant bon de protéger chez les autres des
institutions qu'il regrettait chez lui. Le sire de Til-Châtel donna son
consentement à ce que Robert pût recevoir à Lux et à Spoy les hommes de Bèze
qui voudraient s'y retirer. — Cela ne pouvait convenir aux religieux qui
firent appel à l'autorité diocésaine. Gui, évêque de Langres, n'arriva pas
sans difficulté à rétablir la paix, au prix de quelques sacrifices et de
diverses immunités dont les moines de Bèze firent les frais (1281). Parfois aussi la situation des mainmortables s'aggravait. Les hommes de l'abbaye de Saint-Michel de Tonnerre, ne jouissant d'aucuns privilèges, avaient pour ressource le gîte de Crusy, et pouvaient ainsi s'avouer bourgeois du comte de Tonnerre. Suivant cette singulière coutume du gîte de Crusy, qui remontait à une époque éloignée, le garçon et la fille serfs, qui le jour de leur mariage, venaient à Crusy d'une autre localité du comté, pour y passer la nuit, étaient par ce seul fait affranchis du droit de mainmorte. Ils devenaient bourgeois du comte, et n'étaient soumis à d'autre juridiction qu'à celle du prévôt. Ce droit accordé aux populations était un moyen efficace d'arrêter les excès des seigneurs du voisinage, intéressés à la conservation de leurs hommes, et désireux de les maintenir sous leur pouvoir, en les retenant par de bons traitements. Ces privilèges ne faisaient pas l'affaire des religieux de Saint-Michel de Tonnerre, qui constataient d'année en année la diminution de leurs vassaux. Ils s'en plaignirent à Marguerite de Bourgogne, reine de Sicile, et par un accord passé entre eux en 1292, les hommes furent exemptés, remarquez l'euphémisme, de la coutume de Crusy qui les eût affranchis. |
[1]
La vicomté de Dijon, relevant jadis de l'évêché de Langres, avait fait retour à
la suzeraineté des ducs, quand ceux-ci devinrent propriétaires du comté de
Dijon. « Ce fief comprenait l'enceinte du castrum (paroisse Saint-Médard),
l'hôtel et la chapelle de la Vicomté, qui devint plus tard la commanderie de la
Magdeleine, tous les meix, maisons et pourpris desservis aujourd'hui par la
place des Cordeliers et la rue Saint-Pierre, sur lesquels le vicomte exerçait
des droits semblables à ceux du duc sur les autres parties de la ville, avant
l'érection de la commune. » (Garnier, Chartes de communes, t. I, p. 46,
note.)
[2]
Bibl. nat., lat. 4654, fol. 33 et dernier. Cartulaire de la ville de Dijon du
XIIIe s., provenant de la collection de la Mare.
[3]
Obituaire de Beaune, n° 648, kal. maii.
[4]
« L'an corrant M. CC. LXX. IX, dame Bone fait plaintise au baillif Richard
de Montmorot, de Bertioz Aucerroise, et disoit que lidiz Berthioz frotoit les
digenois mon seignour, por ce que li monnoye fuit diffamée, li quelx bailliz
parvint et vout prendre, et print de mains et de boiche lidit Berthiot et ses
biens. Sires Huedes de Saumoise, adonc maires, li restouhit ledit Berthiot et
ses biens et en heut la jouissance » (Bibl. nat., lat. 4654, fol. 33, Cartulaire
de la ville de Dijon).
[5]
Pérard, 429-430.
[6]
Bibl. nat., lat. 4654, fol. 33. Cartulaire de la ville de Dijon. Le
commencement de la pièce seulement se trouve sur le dernier folio du manuscrit,
d'une écriture de l'époque, mais qui n'est pas de la même main que le reste de
l'ouvrage. Un texte plus étendu, mais encore incomplet, copié par dom Aubrée,
se trouve dans la collection Bourgogne, t. 94, p. 436.
[7]
Registres de Boniface VIII, n° 2722, 2723, 2725.
[8]
Bibl. nat., Collection Moreau, t. 923, p. 1-2.
[9]
Boutaric, Actes du Parlement de Paris, I. II, n° 3139.
[10]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 11469.
[11]
Voici la liste des maires de Dijon que nous rencontrons pendant la période du
règne de Robert II :
1271-1272 — Guillaume de Courcelles.
1272-1273 — Jean de Bèze.
1274-1275 — Pierre Vailioz.
1275-1276 — Eudes de Salmaise.
1276-1277 — Alard le Changeur.
1277-1278 — Eudes de Salmaise. — Pierre d'Antigny. —
Eudes de Salmaise.
1278-1279 — X.
1279-1280 — Eudes de Salmaise.
1281-1282 — Simon, fils d'Alard le Changeur.
1283-1284 — X.
1284-1285 — Guillaume de Pelvy.
1286-1287 — Simonoz.
1287-1288 — Girard Bonotte.
1288-1289 — Belot de Brazey.
1290-1291 — Jacques Pautin.
1293-1294 — Jean d'Auxonne, gouverneur. — Pierre de
Bèze.
1295-1296 — X.
1297-1298 — Girard Bonotte.
1299-1300 — Guillaume le Vertueux.
1301-1302 — X.
1302-1303 — Gautier Pautins.
1303-1304 — Gautier Pautins.
1304 — Jean d'Ostun, gouverneur de la mairie.
1304-1305 — Gautier Pautins.
1305-1306 — Nicolas de Marcigney.
[12]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 312.
[13]
Garnier, Chartes de communes, t. II, p. 95 et 225.
[14]
Dijon, Montbard, Beaune, devaient quarante jours de service, et la plupart des
autres communes, quinze jours.
[15]
Voir Langlois, Philippe le Hardi, p. 248-262 ; Boutaric, la France
sous Philippe le Bel, p. 147-156.
[16]
Cette curieuse pièce française est en original aux Arch. de la Côte-d'Or, n°
4586.
[17]
Dans la même séance, le bailli notifia également les conventions passées entre
ces bourgeois de Noyers et Guillaume Pioche, stipulant la nomination d'autres
arbitres pour le règlement d'une créance de sept cents livres tournois réclamée
par ce dernier.