Rôle de Robert pendant
la guerre de Philippe le Bel en Flandre. — Chevauchée de 1297. — Le duc
assiste à la bataille de Furne ; prend part aux conventions d'Ingelmunster,
aux trêves passées à Tournai ; envoyé comme ambassadeur du roi de France
auprès du pape à Rome ; fait avant son départ ses dispositions testamentaires
et nomme Liébaud de Bauffremont pour le remplacer dans le gouvernement du
Comté. — Résultat de son voyage auprès de Boniface VIII. — Ses négociations
pour la paix avec le roi d'Angleterre, à Montreuil-sur-Mer ; conduit en
Angleterre Marguerite de France à Edouard ; promet sa seconde fille à Louis,
fils aîné du roi. — Chevauchée de 1302 ; convocation des seigneurs
bourguignons ; Robert à Arras, premier et second codicilles ; pourparlers de
paix ; retraite inopinée des troupes françaises. — Démêlés du roi avec
Boniface VIII ; excommunication de Philippe le Bel. — Graves débats entre le
duc de Bourgogne et l'évêque de Langres pour la possession du château de
Saulx ; excommunication du duc et de la duchesse ; levée de l'interdit par
l'archevêque de Lyon. — Projets de mariage pour les enfants de Robert avec
ceux de Charles de Valois. — Campagne de 1303 ; Bourguignons convoqués ;
retraite de l'armée. — Le conseil royal à Château-Thierry. — Préparatifs de
la chevauchée de 1304 ; convocations des seigneurs bourguignons. — Lettre du
roi au duc ; participation et secours du roi d'Angleterre. — Robert à Arras,
et à Rome ; troisième codicille à son testament. — Bataille de Mons-en-Pévèle
; rôle du duc dans cette journée ; le sang-froid du roi décide de la victoire
; morts et blessés ; pertes de la noblesse bourguignonne. — Siège et
reddition de la ville de Lille. — Négociation pour un armistice ; Robert est
un des représentants du roi ; signe le traité de paix définitif avec les
Flamands à Athis-sur-Orge ; ses démarches pour faire nommer le pape Clément
V. — Le duc marie sa fille Marguerite avec Louis le Hutin, plus tard roi de
France ; tombe malade à Vernon-sur-Seine à la cour de Louis d'Evreux : son
quatrième et dernier codicille. — Sa mort, son enterrement à l'abbaye de
Cîteaux. — Liste chronologique de ses dix enfants connus.
Il
n'entre pas dans le plan de ce travail de raconter les démêlés et les luttes
de Philippe le Bel avec le comte de Flandre, qui furent l'origine et la cause
de la guerre de Cent ans. Un ouvrage récent, qui sera souvent cité[1], vient de traiter cette
importante question avec un luxe de faits et de détails dont l'ordre
chronologique est parfaitement établi. Nous aurons seulement à suivre les
mouvements du duc de Bourgogne, et à mettre en relief la haute personnalité
de cet influent conseiller de la couronne, auquel les historiens ne font
jouer qu'un rôle effacé, mais dont l'importance sera mieux connue par
l'addition de documents nouveaux. Au
moment où s'ouvrait la guerre contre Gui de Dampierre, comte de Flandre,
allié à l'Angleterre, le roi était fort embarrassé de l'attitude de la
noblesse franc-comtoise ardemment hostile à la France. Par suite des services
qu'il pouvait rendre à la cause royale, le duc eut une situation
particulièrement favorisée, fut l'objet de la sollicitude et des prévenances
intéressées du monarque, et prit un rang prépondérant parmi les personnages
composant l'entourage de Philippe le Bel. Les nombreux privilèges et les
avantages pécuniaires qui lui furent octroyés en sont la preuve[2]. Robert
partit avec ses féodaux pour la campagne de 1297, et était au camp de Lille,
le 27 juillet, lorsqu'il obtint du roi l'ordre de faire lever les subsides
pour les monnaies dans les diocèses de Lyon, Langres, Autun et Chalon[3]. Il prit part à la bataille et
à la victoire de Furne, le 20 août, séjourna ensuite à Ingelmunster, où nous
le trouvons, le 27 du mois suivant, dans l'ost royal, recevant de Philippe
une garantie pour les pertes qu'il pourrait éprouver, en se rendant caution
d'Hugues de Bourgogne pour les dépenses effectuées dans la Franche-Comté[4]. La participation active du duc
dans le résultat de cette glorieuse journée, et les démarches qu'il fit lors
des conventions d'Ingelmunster lui valurent une pension de mille livres, dont
l'acte lui fut délivré, en octobre, à Courtrai[5], où était établi le quartier
général des Français. Il est donc certain que, pendant cette période, Robert
ne quitta point le roi, et ne rentra en Bourgogne que pour s'occuper des
affaires de Franche-Comté, dont le gouvernement lui avait été confié[6]. Il avait assisté, comme
plénipotentiaire de Philippe, en compagnie de Pierre de Mornay, évêque
d'Auxerre, Gui de Saint-Pol, Pierre Flote et autres, aux trêves qui furent
arrêtées dans l'abbaye de Saint-Martin de Tournai, le 28 mai 1298[7]. Le pape Boniface VIII, ayant
offert sa médiation pour un traité de paix définitif entre les rois de France
et d'Angleterre, et sa proposition ayant été acceptée, les mêmes personnages
furent délégués en cour romaine comme procureurs de Philippe le Bel, par
lettres du 4 mars 1298. Robert
fit aussitôt ses préparatifs de départ, nomma, pour le remplacer dans le
gouvernement de la Franche-Comté, Liébaud de Bauffremont, maréchal de
Bourgogne, son cousin, et arrêta ses dernières volontés par un testament daté
de Brasey, le 25 mars. Il déclare que, por la volunté Philipe, por la
grâce de Dieu roy de France, son très chier seignour, volans aler à cour de
Rome por le profit commun, il établit son fils Hugues comme son
successeur au duché, en lui assurant la possession de tous les fiefs et arrière-fiefs.
Eudes, son second fils, aura une rente de quatre mille livres dijonnaises
assises sur Grignon, Lucenay et Villaines-en-Duesmois, après la mort de la
duchesse, terres dont le duc doit toujours garder la suzeraineté. Louis, son
troisième fils, sera clerc, avec une rente viagère de mille livres sur le
château de Gyé. Si la duchesse Agnès de France, alors enceinte, accouche d'un
fils, il sera clerc, et n'aura que ce que le titulaire du duché voudra bien
raisonnablement lui accorder ; si c'est une fille, elle aura dix mille livres
tournois. Blanche, sa fille aînée, aura en mariage vingt mille livres ;
Marguerite, la seconde, quinze mille, et la dernière, Jeanne, dix mille. Dans
le cas où l'héritier présomptif viendrait à décéder sans postérité, Eudes
prendrait sa place et ses droits, et à son défaut, Louis, le troisième fils.
En un mot, le duché est assuré sans partage à l'aîné des survivants, appelé à
recueillir l'héritage des filles qui viendraient à décéder. La duchesse Agnès
devra garder, en dehors de son douaire, moitié des acquisitions et la maison
de Jugny. Robert veut avoir sa sépulture près de son père, à Cîteaux, s'il
meurt en deçà de la mer, ou à Saint-Nicolas d'Acre, près de son frère Eudes,
s'il meurt au-delà ; en tous cas son cœur devra être rapporté à Cîteaux à
côté de celui du comte de Nevers. On devra payer les legs du duc Hugues IV
qui n'ont pas encore été acquittés. Une somme de quinze mille livres,
réservée pour une expédition d'Outre-mer, s'il n'en exécute lui-même le vœu,
devra être employée, soit par Jean de Choiseul, soit par Liébaud de
Bauffremont, soit par tout autre chevalier du duché qui consentirait à se
rendre en Terre Sainte, lors du premier passage général. Pour
dédommager ses sujets des pertes qu'il a pu causer, les exécuteurs
testamentaires s'occuperont de la fondation d'un hôpital qui sera construit à
Beaune avec une dotation de trois cents livres de rente, et une
administration dont la marche et les emplois sont soigneusement fixés
d'avance. Quatre cents filles du duché seront dotées lors de leur mariage
d'une somme de vingt livres, à cause des dommages causés par Robert et son
père. Suit une série de donations diverses à tous les monastères de notre région,
et à l'œuvre de quelques églises alors en construction, comme Saint-Bénigne,
la Sainte-Chapelle, Saint-Thibaud-en-Auxois, Notre-Dame de Semur[8]. La duchesse aura la garde et
le gouvernement du duc jusqu'à sa majorité, ainsi que la direction des autres
enfants, avec le conseil de l'évêque d'Autun, de Jean de Vergy, du sire de
Bauffremont et d'Hugues de Château, qui prendraient eux-mêmes la direction
des affaires, si la duchesse se remariait. Dans le cas où l'un des quatre
seigneurs précités viendrait à disparaître, il serait remplacé dans l'ordre
suivant par Guillaume, sire de Montagu, et par Eudes de Frolois, seigneur de
Molinot. Gui de Beire, chevalier, sera précepteur et gouverneur du jeune duc
héritier, et Jobelez, son maître d'hôtel. Eudes de Menans et Eudes
d'Hautvilliers conserveront les fonctions de receveurs pour établir les
comptes de recettes et de dépenses. Aux noms des exécuteurs testamentaires il
faut ajouter ceux des abbés de Cîteaux, de Saint-Bénigne, de frère Laurent,
prieur du Val des Ecoliers, son confesseur, et de Jean de Semur, son clerc. Robert
partit les premiers jours d'avril 1298 pour remplir sa mission, passa le 11 à
Lyon, et était arrivé en juin à Rome, où Boniface VIII, par devant les
ambassadeurs et les procureurs des rois de France et d'Angleterre, rendit sa
décision, le 27 de ce mois[9], dans l'arbitrage dont il
s'était chargé. Le pape proclamait le rétablissement de la paix entre les
deux nations, paix cimentée par la promesse d'un double mariage, entre
Edouard Ier avec Marguerite, sœur de Philippe le Bel, et entre Edouard, fils
du roi d'Angleterre, avec Isabelle, fille du roi de France. A la grande
douleur des représentants de la Flandre, Gui de Dampierre n'était pas compris
dans cet acte de pacification, et son nom n'y était même pas prononcé. Le duc
Robert fut un de ceux auxquels Boniface VIII recommanda de veiller à la
protection des terres dont il avait la garde. Les
plénipotentiaires de ces négociations furent très largement indemnisés de
leurs démarches, et le duc de Bourgogne en retira de fructueux résultats, si
l'on en juge par les journaux du Trésor[10], et surtout par les quittances
originales mentionnant les sommes reçues[11]. Pour se
conformer aux volontés du pape, les rois de France et d'Angleterre passèrent
un traité de paix, dont les clauses furent arrêtées à Montreuil-sur-Mer, le
19 juin 1299, et ratifiées à Cantorbéry le mois suivant[12]. Les négociations en furent
conduites par les mêmes ambassadeurs précédemment accrédités auprès du pape,
Pierre de Mornay, évêque d'Auxerre, le duc de Bourgogne, le comte de
Saint-Pol, Pierre Flote. Ces conventions, dont ce dernier rapporta le texte,
furent confirmées à Cîteaux, le 3 août, par Charles, comte de Valois et
Louis, comte d'Evreux. Vers cette époque, l'évêque d'Auxerre s'acquitta de
diverses missions diplomatiques sur les frontières d'Allemagne et à
Châteauneuf en Lorraine, alors que les fiançailles du roi d'Angleterre et de
son fils étaient annoncées solennellement avec la sœur et la fille de
Philippe le Bel. Le duc de Bourgogne, chargé de conduire Marguerite de France
en Angleterre, s'y rendit à la tête d'une nombreuse escorte, et y fut reçu
avec les plus grands égards[13]. Les riches présents qu'il
reçut d'Edouard Ier, joints aux sommes considérables qui lui furent allouées
par Philippe pour figurer honorablement dans ces cérémonies, lui procurèrent
des ressources avec lesquelles il put multiplier les acquisitions de domaines
dont fourmillent les actes de cette époque[14]. Robert
était alors au comble de la faveur et de la puissance, et obtenait tous les
privilèges qu'il pouvait désirer. Le traité qu'il passa dans l'abbaye de
Longchamp avec le roi, le 28 février 1300, pour arrêter les projets de
mariage entre leurs enfants, resserra encore les liens d'intimité qui le
rattachaient à la cour. Sa seconde fille Marguerite était fiancée avec Louis,
fils aîné de Philippe le Bel, et le mariage devait avoir lieu lorsque les
futurs seraient en âge, et que les dispenses canoniques pour cause de parenté
auraient été obtenues du Saint-Siège. Par devant Pierre Flote, l'un des
témoins de ces conventions, une dot de cent mille livres était assurée au
fiancé, et un douaire de douze mille livres était réservé à Marguerite, si
elle devenait reine de France. La
soumission de la Flandre à la couronne, le voyage du roi et de la reine pour
la prise de possession de cette province, ne purent empêcher les agitations
communales et le guet-apens des matines de Bruges, qui nécessitèrent une
nouvelle campagne terminée par la bataille de Courtrai, le 11 juillet 1302,
dont l'issue fatale eut un si grand retentissement en Europe, et porta une si
vive atteinte à la puissance de Philippe le Bel. Le duc de Bourgogne n'y prit
point part, ayant alors pour mission de réorganiser le gouvernement de
Franche-Comté, après la dissolution de la confédération, et la réduction des
chefs de la noblesse franc-comtoise, dont il avait habilement su se faire des
alliés. Les
seigneurs du duché et de la Bourgogne champenoise n'assistaient pas davantage
à cette fatale journée, car c'est à la même époque qu'ils furent convoqués à
se trouver en armes à Ouchie pour le 10 août, et la veille même de la
bataille les sires de Grancey, de Châteauvillain, de Planci, de Joinville et
autres reçurent ordre de se trouver à Arras le 15 du même mois. Mais aussitôt
après l'arrivée des nouvelles annonçant la défaite, il y eut une convocation
générale du ban et de l'arrière-ban. Le duc de Bourgogne se rendit en toute
hâte dans l'ost royal avec ses féodaux, était arrivé à Arras le 3 septembre
et se disposait à quitter cette ville le 5 pour marcher à l'ennemi. Sous
l'impression terrifiante du désastre de Courtrai et des soulèvements
populaires qui se produisaient en Flandre, il crut prudent d'ajouter à ces
dates deux codicilles à son testament. Ces mesures préventives trahissent
l'état des esprits et les inquiétudes sur la situation. Le 6, Robert était à
Reux, et faisait délivrer mille livres tournois à Eudes, sire de Grancey. Les
troupes ennemies étaient en présence, mais n'osaient s'attaquer, quand les
Flamands offrirent d'entamer des négociations pour la paix. Cette démarche
inattendue de la part de ceux qui avaient remporté la victoire, faisait
craindre une trahison et de nouvelles matines brugeoises. Toutefois on
ne put refuser une telle proposition, et le connétable Gaucher de Châtillon
fut chargé avec Jean de Chalon, sire d'Arlay, de représenter les Français
dans ces pourparlers. On peut s'étonner de voir Jean de Chalon-Arlay, le chef
de la confédération franc-comtoise, investi d'une telle mission de confiance,
mais il avait fait franchement la paix avec le roi par l'entremise du duc de
Bourgogne, en avait reçu deux mille livres tournois[15], et devenait l'un des
principaux auxiliaires de Philippe le Bel, dont il défendit énergiquement les
droits devant l'arrogance des envoyés flamands : « Rien ne vous servira, leur
répondit-il, le roi perdra sa couronne, ou il tirera vengeance du crime commis,
choisissez[16]. » Les négociations furent
rompues. Le roi
n'était pas plus rassuré que ses barons. Il craignait aussi de nouvelles
trahisons et en entretint son conseil : « Seigneurs, face chacun ce qu'il
peut, mais je m'en retournerai en France plus brief que je ne cuidoye. »
Quant les princes et barons eurent ouy le roy ainsi parler, il se prindrent à
regarder l'un l'aultre, mais ilz n'oserent dire leur intention, fors le duc
de Bourgoingne qui dist : « Sire, si vous ne «voulez deffendre vostre terre,
quy la deffendra ? — Ce ne feray-je pas. » — « Adont, dit le
roy, duc de Bourgoingne, assez sera qui sans vous la deffendra[17]. » Le récit de cet entretien
n'est probablement pas tout à fait exact, mais il est certain que le désarroi
fut grand, et que la retraite précipitée de l'armée causa en France une
surprise et un mécontentement général[18]. Cependant on laissa sur les
frontières de bonnes garnisons dans les places fortes sous les ordres des
maréchaux Mile de Noyers et Foulque de Merle. Otte, comte palatin de
Bourgogne, s'y signala par plusieurs glorieux faits d'armes et devait trouver
la mort dans une de ces chevauchées, près de Cassel, le 27 mars 1303. Le 25
novembre 1302, les ducs de Bourgogne et de Bretagne, Pierre de Chambli,
Pierre de Belleperche, clerc du roi, et l'archevêque de Narbonne,
ambassadeurs de Philippe le Bel, réunis à Amiens pour traiter de la paix avec
les plénipotentiaires du roi d'Angleterre, firent défense à tous les sujets
du royaume de faire aucune guerre jusqu'à Pâques de l'année suivante[19]. C'était
le moment où les démêlés avec Boniface VIII étaient entrés dans la période la
plus aiguë. Vainement divers cardinaux avaient fait appel à la prudence et à
la sagesse du duc de Bourgogne, l'engageant à user de son influence auprès du
roi, afin de l'amener à plus de déférence à l'égard du pontife. Il est
probable que Robert partageait la manière de voir et les sentiments de son
souverain dans ses rapports avec le Saint-Siège ; aussi, malgré les belles
protestations d'amitié des cardinaux, Boniface VIII envoya en France son
légat chargé des bulles qui frappaient Philippe le Bel d'excommunication, le
13 avril 1303. Le duc ayant été frappé d'un semblable anathème vers la même
époque, on pourrait croire que l'interdiction avait aussi été lancée contre
lui par le pape, mais les deux documents relatifs à cette affaire, indiquent
l'évêque de Langres comme seul auteur de la sentence, il faut donc chercher
une autre cause. Boniface
VIII avait convoqué un concile à Rome, à la Toussaint de 1302 ; les évêques
d'Autun, de Chalon, Màcon et Auxerre avaient répondu à cet appel, malgré les
défenses du roi qui avait ordonné la saisie de leur temporel[20]. Le pape enjoignit aux prélats
qui n'y avaient pas assisté de se rendre sous trois mois près du Saint-Siège[21], mais Philippe leur interdit de
nouveau de sortir du royaume, et fit garder les passages qui donnaient accès
en Allemagne et en Italie. Dans un concile tenu secrètement en France, les
griefs de la cour de Rome furent de nouveau énumérés ; le roi y répondit
d'une manière plus conciliante et plus modérée, conjurant le pape de ne pas
le troubler dans l'exercice de ses droits, et offrant de s'en rapporter à la
décision du duc de Bourgogne ou du duc de Bretagne, qui lui étaient
particulièrement agréables[22]. Boniface se plaignit à
l'évêque d'Auxerre et à Charles de Valois, frère du roi, de cette réponse
qu'il regardait comme insuffisante. Au mois de juin, plusieurs réunions
eurent lieu à Paris, dans lesquelles on donna lecture des chefs d'accusation
contre la cour de Rome, et on publia l'appel fait par le roi à un concile.
Les agents de Philippe recueillirent des adhésions, employèrent même la
violence et l'intimidation pour les obtenir, et obligèrent Jean de Pontoise,
abbé de Cîteaux, à résigner ses fonctions, pour ne pas exposer son ordre à la
colère du roi. Nous ne
savons quel rôle joua dans ces circonstances Jean de Rochefort, évêque de
Langres, qui eut alors une grave altercation avec le duc, relativement à la
possession du château de Saulx que Robert avait obtenu de la faveur de
Philippe le fiel. Le prélat prétendait avec raison que la châtellenie de
Saulx appartenait à son église, malgré la concession royale, et se plaignait
des actes de violence commis par les agents du roi, qui avaient chassé ses
propres officiers du château (5699). Après divers pourparlers sans résultat,
on ne put parvenir à un accord, et l'évêque lança l'interdit contre le duc et
contre la duchesse. Robert en appela au métropolitain, à l'archevêque de
Lyon, qui ordonna la levée de la sentence d'excommunication, et délivra en
même temps aux condamnés l'absolution de cette peine, 18 septembre 1303. Dans
une brillante réunion tenue à Sens, le 15 avril 1303, le duc avait passé les
traités de mariages de sa fille Jeanne et de son fils Hugues, avec Philippe
et Catherine, enfants de Charles de Valois, dans le cas où les dispenses
canoniques seraient obtenues pour ces projets d'alliances que la proche
parenté des conjoints rendait nécessaires. Un seul de ces projets devait se
réaliser. A la date du 20 mai, le duc Robert et les autres mandataires de
Philippe le Bel arrêtèrent à Paris les bases d'une paix définitive avec le
monarque anglais, et mirent leur sceau au contrat de mariage autorisé par le
pape entre Isabelle de France et Edouard, fils du roi d'Angleterre. Bien
d'autres événements se passaient sur les frontières de Flandre où
s'accumulaient des forces considérables. Toute la noblesse de Bourgogne,
convoquée à diverses reprises, chevauchait de ce côté. Dès le 29 mars 1303,
les sires de Vergy, de Vignory, etc., étaient invités à se trouver à Arras le
15 juin, « pour venger à l'aide du Seigneur les grandes trahisons et
notables domages causés dans le royaume », mais la date de la semonce avait
été renvoyée au 8 juillet, puis au 10 août, et enfin au 15 du même mois ;
d'autres ne furent mandés qu'à une date ultérieure. Simon de Châteauvillain,
Hugues de Vienne, Gaucher de Méry, Jean de Choiseul, Patrice et Pierre de
Chaource, Erard d'Arcis, les sires de Joinville, de Grancey, de la Fauche,
Mello, Chalon, Bauffremont, Anglure, etc., s'étaient mis en mesure de
répondre au pressant appel du roi, et venaient grossir les troupes massées
sur les frontières. La levée du siège de Tournai, les propositions pacifiques
des échevinages de Flandre, aboutirent aux trêves du 20 septembre passées
entre l'Ecluse et Douai. Les ducs de Bourgogne et de Bretagne, chargés des
négociations, proclamèrent une suspension d'armes jusqu'aux fêtes de la
Pentecôte de l'année suivante. Puis, l'armée royale fit une retraite non
moins singulière qu'en 1302, et la garde des places fortes fut abandonnée au
grand maître des arbalétriers. Il
fallait toutefois préparer les éléments de succès pour une campagne
prochaine. Au commencement d'octobre, les principaux personnages du conseil
du roi furent réunis à Château-Thierry pour arrêter les mesures à prendre ;
le duc de Bourgogne, Jean de Chalon, sire d'Arlay, le comte de La Marche, le
connétable Gaucher de Châtillon, le bouteiller Gui de Saint-Pol, Pierre de
Mornay, évêque d'Auxerre, y comparurent. Dans son mandement adressé au duc
Robert[23], Philippe le Bel exposait que,
voulant mettre fin à la guerre et touché de compassion pour les maux qui
accablaient ses sujets, de l'avis des prélats et des barons assemblés en son
conseil, on n'avait pas trouvé de moyen moins onéreux pour subvenir à la
défense de l'état, que de faire contribuer les ecclésiastiques et les nobles
pour une somme de cinq cents livres, chacun devant fournir des hommes d'armes
et des arbalétriers bien montés. Il s'engageait à ramener le taux des
monnaies au cours qu'elles avaient du temps de Saint Louis. Des instructions
semblables étaient adressées dans toutes les directions, et les officiers
royaux avaient ordre de mettre la plus grande discrétion et la plus extrême
prudence dans l'exécution de ces ordonnances[24]. A la
suite des traités d'alliance passés avec le roi d'Angleterre, dont le duc de
Bourgogne avait été l'un des négociateurs, Edouard avait fait des préparatifs
pour l'expédition de Flandre, et au printemps de 1304 fit gréer vingt navires
afin de porter secours à son très cher cousin le roi Philippe. Les seigneurs
bourguignons, convoqués à la même époque, mobilisèrent leurs vassaux ; en
outre de ceux précédemment désignés citons les sires de Mont-Saint-Jean,
Rougemont, Faucogney, Neublans, Montagu, Noyers, Plancy, Erart Trouillart de
Lézinnes, Jean de Charni, Foulques de Rigny, Hugues de Vaugrenant, Etienne
d'Oiselet, Richard d'Antigny, Henri de Vergy[25]. L'armée
royale campait aux environs d'Arras dans la seconde quinzaine de juillet,
franchit Fampoux, Douai, Condé-sur-l'Escaut, pendant que les ducs de
Bourgogne et de Bretagne, avec d'autres corps de troupes commandés par le
grand maître des arbalétriers Thibaut de Chepoix, se dirigeaient vers la
gauche pour éviter l'encombrement, et permettre à leurs gens de se
ravitailler dans un pays déjà dévasté et sillonné par l'ennemi. La branche
des royaux lignages cite fréquemment le duc Robert : A
Arras vieaent li Piquart Desireus
d'estre en la besoingne, Ausi
fait li dus de Bourgoingne Qui
très grant planté de gent mainne...[26] et plus
loin : La
vint maint homme renommé De
par le roy, au jour nommé, Dont
chascun son ennui resoingne, Ileuc
fu li dus de Bourgoingne, Qui
nul faus trais faire ne daingne, Et
li gentes dux de Bretaingne...[27] L'armée
royale qui s'était portée trop à droite fut forcée de revenir sur la gauche
quand les éclaireurs donnèrent avis de la marche des Flamands se dirigeant en
sens contraire à Pont-à-Marcq, menaçant de couper les communications avec la
France. Le 13 août, le duc de Bourgogne était à Rume, assez éloigné du
principal corps d'armée quand il se trouva brusquement en présence de
l'ennemi. La bataille paraissant imminente, son premier soin fut d'ajouter à
la hâte à son testament un troisième codicille que son clerc Pierre de Semur
fut chargé de rédiger sur-le-champ, et auquel il eut ordre d'apposer le sceau
ducal. A ce moment suprême, Robert pensait à la duchesse Agnès, alors
enceinte, et voulait assurer le sort de l'enfant dont elle devait accoucher. Cependant
les hostilités n'eurent pas lieu immédiatement. Les Flamands étaient placés
dans une situation tellement avantageuse qu'on fut obligé de reculer ; mais
la nouvelle du désastre naval de Zierikzée[28], arrivé quelques jours avant,
les rendit plus accommodants. Ils entrèrent les 15 et 16 en négociations avec
les ducs de Bourgogne, de Bretagne et le comte de Savoie, mandataires de
Philippe le Bel. Leurs propositions n'ayant pu être acceptées, les pourparlers
furent rompus, et on se prépara au combat. Deux
jours après, le mardi 18 août, la rencontre eut lieu à Mons-en-Pévèle,
aujourd'hui commune du canton de Pont-à-Marcq, arrondissement de Lille, où
les ennemis occupaient une légère éminence dominant les plaines voisines ;
leurs lignes de derrière étaient défendues par un marais bourbeux, et leur
front protégé par un amas de chars et de véhicules entassés sur une grande
étendue. « Si
chevaucha la bataille monseigneur Thiebaut de Chepoi et la bataille le duc de
Bourgongne au desseure de la vile, pour aler au derriere d'aus, et li
connestables et li mareschal au dessous à main senestre, et li quens de
Saint-Pol aussi à che lès au dessous d'un bosket, et plusieurs batailles
estoient au devant d'aus, etfaisoit li roys l'arriéré garde. Et avoit-on mené
.V. engiens qui getoient pierres et espringales pour traire as Flamens, et li
quens de Boulongne estoit derrière ches engiens pour warder. Et adont avint
que quant li roys et ses gens furent sur le point de l'assauter as Flamens,
et que li engiens commanchierent à geter, sachiès que li piéton s'en alerent
à ches tentes et à la vitalle que li Flamens avoient laissiet, et rouberent
tout, et n'estoient encore les gens le roy de rien assauté, ne n'i avoit
encore riens fait d'armes et entrues que chil piéton estoient au waaing. Li
dus de Bourgongne et messires Thiebaut de Chepoi, li connestables etli
mareschal et leur gens couroient sus les Flamens, mais rien ne se
desroutoient, et toudis getoient li engien le roy et les espringales
traioient, et aussi traioient li Flamens à nos gens, et mout se deffendoient
li Flamens à tous chiaus qui sus leur couroient[29]. » Tout à
coup au milieu de l'action, sous une poussée vigoureuse, une partie de la
chevalerie française perdit pied et se débanda, entraînant un grand désordre
dans les rangs. La tente du roi fut forcée, et Philippe le Bel eut la douleur
de voir massacrer à ses côtés plusieurs de ses fidèles serviteurs. Assailli
lui-même de toutes parts, il avait peine à se défendre, un de ses chevaux
avait été tué sous lui ; l'oriflamme de France était foulée aux pieds, et
Anseau dé Chevreuse qui la portait était mort en la défendant ; le maréchal
Mile de Noyers s'en empara et la releva bravement[30]. Le roi
fit preuve dans cette situation critique d'un merveilleux sang-froid et d'une
admirable prudence. Remontant sur un autre destrier, il abattit à coups de
hache tous les ennemis qui tentaient de l'approcher, rallia ses troupes et
fondit sur les flamands, suivi et secondé par plusieurs de ses grands vassaux
: Li
courageus Lois de France Outre
les chars ausi se boute. Li
dux de Bretaingne et sa route Les
suit, si con l'escrit tesmoingne ; Et
puis li bons dux de Bourgoingne Qui
très bele gent remenoit...[31] » Les
ennemis se retirèrent en désordre dans la direction de Lille, abandonnant le
champ de bataille dont le roi prit possession, et sur lequel il fit aussitôt
chanter un Te Deum pour une victoire qui était sienne. Mais cette victoire
avait coûté cher. Ces luttes montraient assez ce que ces bataillons de
bourgeois et d'artisans étaient capables de faire contre les milices féodales
braves mais indisciplinées. D'après la chronique artésienne, la noblesse
bourguignonne avait été particulièrement éprouvée ; Guillaume de Chalon,
comte d'Auxerre et de Tonnerre, Jean de Joux, Pierre de la Serrée, Guillaume
de Galafin, Pierre de Saint-Laurent y perdirent la vie. D'autres furent
seulement blessés ou eurent leurs chevaux tués dans la mêlée, comme Guillaume
de Sombernon, Etienne de Montagu[32], Guillaume de Pressigny,
chevalier[33], Aimonin de Boncourt, écuyer[34], Eudes de Nantelme, chevalier[35], qui furent tous indemnisés de
leurs pertes par Jean de Courcelles, maréchal de Bourgogne, sur l'ordre du
duc Robert. L'armée
royale, après avoir quitté Mons-en-Pévèle, arriva sous les murs de Lille,
dont un cordon de troupes fit l'investissement ; puis, des négociations
furent entamées pour la reddition de la ville. Des trêves réclamées par le
duc de Brabant qui vint en personne au camp furent immédiatement accordées.
Le 24 septembre, Philippe le Bel donna pouvoir à Louis d'Evreux, aux ducs de
Bourgogne et de Bretagne et à Amédée, comte de Savoie, de conclure
l'armistice avec les représentants de la Flandre[36]. Les plénipotentiaires
entrèrent en discussion pour l'accord devant servir de base à un traité de
paix. Le lendemain Lille capitulait, et comme une partie des habitants était
en fuite, le duc Robert et ses collègues firent publier, au nom du roi, une
proclamation accordant paix et sûreté à tous ceux qui y reviendraient dans la
quinzaine après la reddition de la ville[37]. Quand
les milices féodales furent rentrées dans leurs foyers, les négociateurs
désignés pour les préliminaires d'un accord furent confirmés dans leur
pouvoir, lors de la conclusion du traité définitif. On leur adjoignit
l'archevêque de Narbonne et Pierre de Mornay, évêque d'Auxerre, hommes
habiles et rompus aux finesses du droit[38]. Tous ces personnages
s'abouchèrent sans retard avec les envoyés du comte de Flandre, et leurs
promirent d'entrer en pourparlers aussitôt que les otages auraient été
fournis par ces derniers[39]. Ces
formalités accomplies, les divers plénipotentiaires furent invités à se
réunir en juin 1305, afin de régler les points en litige et sur lesquels on
n'avait encore pu s'entendre. Ce n'est point sans raison qu'Athis-sur-Orge
fut choisi pour recevoir une telle assemblée. C'était une des résidences
d'été de Philippe le Bel[40], et cette année la chaleur fut
extrême[41]. De plus, le duc de Bourgogne,
l'un des principaux représentants du roi, possédait à deux pas de là le
domaine de Fromont-sur-Seine, qui lui avait été cédé à vie par Geofroi de
Vichier, commandeur de la chevalerie du Temple en France et en Angleterre. La
publication de l'important traité d'Athis-sur-Orge, qui vengeait le forfait
des matines de Bruges, et resserrait les liens qui rattachaient le comté de
Flandre à la couronne, fut solennellement faite le 23 juin, en présence du
roi et de la plupart des grands vassaux. Philippe
le Bel n'eut pas moins de succès pour la nomination du successeur de Benoit
XI, et était parvenu, avec la participation du duc de Bourgogne, à gagner les
suffrages de plusieurs cardinaux, et à faire nommer son candidat Bertrand de
Goth comme pape, sous le nom de Clément V[42]. Aux
fêtes de la Saint-Denis de cette année devait avoir lieu la cérémonie des
fiançailles de Louis le Hutin, plus tard roi de France, avec Marguerite,
fille du duc Robert, à la mémoire de laquelle se rattache une si triste
célébrité. Les conventions arrêtées en février reçurent leur exécution le 23
septembre, après les dispenses canoniques obtenues de la cour de Rome[43]. On
ignore à la suite de quelles circonstances Robert tomba malade à
Vernon-sur-Seine à la cour de son neveu Louis de France, comte d'Evreux.
C'est là qu'il fit son quatrième codicille, en mars 1306, « sein de pensée,
dit-il, jaçoit que je soye moul hastiez de corps ». Il confirmait les
dispositions matrimoniales arrêtées pour ses filles Jeanne et Marie, et
destinait son dernier-né Robert à la cléricature, avec une pension de mille
livres de terre et la maison forte de Montigny-sur-Serain. Hugues, son successeur
au duché, était maintenu sous la tutelle de la duchesse, avec les conseils du
comte d'Evreux et de Jean de Chalon-Arlay. Marguerite de Bourgogne, reine de
Sicile, était ajoutée aux exécuteurs testamentaires précédemment nommés, et
parmi ceux qui devaient mettre leur sceau à cet acte suprême, il désignait la
reine Marie de Brabant, sa nièce, Pierre de Semur, son clerc, Jean de
Corbigny et Jacques, curé de Montbard, ses chapelains, et Humbert de
Marcilly, son médecin, personnages qui l'assistèrent dans ses derniers
moments. Robert
mourut à Vernon âgé de plus dé soixante ans, à une date diversement donnée
par les obituaires, mais pour laquelle on peut adopter le lundi 21 mars 1306,
d'après l'indication la plus précise fournie par le nécrologe de l'église
d'Autun. Son corps fut, selon son désir, rapporté à l'abbaye de Cîteaux et
inhumé auprès des ducs, ses prédécesseurs, où lui fut érigé un mausolée dans
la chapelle ducale de Saint-Georges, monument qui fut détruit par l'armée du
général Galas, en 1636. Voici
l'ordre chronologique des dix enfants connus qu'il eut d'Agnès de France,
cinq fils et cinq filles. 1°
Jean, fiancé avec Alice, fille d'Otte, comte palatin de Bourgogne, mais
décédé sans alliance vers 1283, cité pour la dernière fois en 1282. 2°
Hugues V, mineur en 1306, successeur de Robert II. 3°
Eudes IV, successeur d'Hugues V. 4°
Louis, roi de Thessalonique, prince d'Achaïe et de Morée, marié le 6 avril
1312 à Mathilde de Hainaut, fille de Florent de Hainaut et d'Isabelle de
Villehardouin, décédé le 2 août 1316 sans postérité. 5°
Robert, comte de Tonnerre, filleul de sa tante Isabeau, reine des Romains, né
en 1304, marié le 8 juin 1321 à Jeanne de Chalon, fille de Guillaume de
Chalon, comte d'Auxerre et de Tonnerre et d'Eléonore de Savoie, décédé le 13
octobre 1334. 6°
Marguerite, morte jeune, mais née avant les frères qui précèdent. 7°
Blanche, mariée le 27 septembre 1307, à Edouard comte de Savoie, décédée le
18 juillet 1348. 8°
Marguerite, née vraisemblablement après la mort de sa sœur du même nom,
mariée le 23 septembre 1305, à Louis le Hutin, roi de Navarre, puis roi de
France, répudiée 1315, morte en août 1315. C'est celle-là que le duc Robert
voulait fiancer en 1282 à Jean, dauphin du Viennois. 9°
Jeanne, mariée en juillet 1315 à Philippe de Valois, plus tard roi de France,
morte le 12 décembre 1348. 10° Marie, née en 1298, mariée à Edouard, comte de Bar, fils d'Henri, comte de Bar, et d'Eléonore d'Angleterre. |
[1]
Frantz Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, 1896, in-8°.
[2]
On peut parcourir le catalogue de nos actes depuis 1297.
[3]
Arch. delà Côte-d'Or, B. 287 et B. 11203. Guillaume de Chalon, comte d'Auxerre,
damoiseau, emprunta au chapitre d'Auxerre un certain nombre de vases d'or et
d'argent pour assister à cette chevauchée (Arch. de l'Yonne, G. 1846).
[4]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 301.
[5]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 287.
[6]
12 février 1298, charte datée de l'abbaye de Chaalis.
[7]
Voir Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, p. 270 et suiv.
[8]
La donation à la Sainte-Chapelle est intéressante. Le duc concède la chapele
que l'on porte avec moi sur le somier quand je chevauche, et la grant crois, en
tel maniéré que mes heirs la puisse rehavoir por Ve. l. t.
[9]
Voir Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, 292 et suiv.
[10]
Bibl. nat., lat. 9783, fol. 91.
[11]
Bibl. nat., collect. Clairambault, XVIII, 12 ; — 28 février 1299, cédule de
1450 l. 19 sols ; — 16 février 1299, cédule de 20.437 florins d'or pour le duc
et le comte de Saint-Pol ; — id., XVIII, 21.
[12]
Voir Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, 326 et suiv.
[13]
Jean de Saint-Victor, Recueil des historiens de France, t. XXI, 636 A.
[14]
Le 31 mai 1299, le roi fit délivrer au duc Robert 3000 l. Orig., Bibl.
nat., collect. Clairambault, XVIII, 22. — Par une charte datée de l'abbaye de
Lys, près Melun, le 29 juin 1299, Philippe IV ordonna aux trésoriers royaux de
payer à Robert 2000 I. t. (Orig., Bibl. nat., collect. Clairambault,
XVIII, 22). Nous n'avons assurément pas l'indication de toutes les sommes
versées pour ces diverses missions.
[15]
Saint-Germain-en-Laye, août 1302, Philippe le Bel, Orig., Arch. nat., J.
254, B, n° 55.
[16]
Soc. Emul. de Bruges, 1881-1882, p. 126-128, traduct. de Velthem, par l'abbé
Duclos ; voir Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, p. 134-135.
[17]
Ancienne chronique de Flandre, Recueil des historiens de France, t.
XXII, p. 384 g. h.
[18]
Jean de Saint-Victor, Recueil des historiens de France, XXI, 639, p. 9.
— Cont. Nangis, id., t. XX, 386.
[19]
Arch. nat., J.J. 36, n° XXXIV.
[20]
Arch. nat., J.J. XXVI, n" 61, et XXXVI, n° 34.
[21]
Dupuy, Preuves du différend, p. 89.
[22]
Dupuy, Preuves du différend, p. 91.
[23]
Château-Thierry, 7 octobre 1303 ; Orig., Arch de la Côte-d'Or, B. 11715.
[24]
Voir Funck-Brentano, Philippe le Bel, p. 459-463.
[25]
Arch. nat., JJ. 36, n° 134. — Trouillart de Lézinnes est nommé par erreur
Trouillart de Graville. — Voir aussi la convocation du 1er juillet 1304 dans le
Recueil des historiens de France, t. XXIII, 805 B. D. où plusieurs noms
sont altérés, comme le fameux Foulque de Rigny qui est appelé Ragny.
[26]
Recueil des historiens de France, XXII, p. 281, e.
[27]
Recueil des historiens de France, XXII, p. 286, e.
[28]
Voir Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, p. 469-471.
[29]
Bibl. de Bruxelles, mss. 561, fol. 205 et suiv., Chronique artésienne ;
éditée (assez mal) sous le titre : Chronique anonyme de la guerre entre
Philippe le Bel et Gui de Dampierre, par De Smet, dans le Corpus
chronicorum Flandriæ, t IV, Bruxelles, 1865. — Voir aussi pour cette
bataille de Mons-en-Pévèle, Funck-Brentano, Annales Gandenses, 1896, p.
67-82, et du même auteur, les sources citées dans son livre sur Philippe le
Bel, p. 475.
[30]
Ancienne chronique de Flandre, Recueil des historiens de France, XXI, p.
194.
[31]
Guiart, Recueil des historiens de France, t. XXII, 292 h.
[32]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 358.
[33]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 358.
[34]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 358.
[35]
Orig., Arch. de la Côte-d'Or, B. 358. Le nom de ce personnage nous
paraît mal écrit ou mal lu.
[36]
Arch. du Nord, Cartulaire de Flandre, n° 8, pièce 172.
[37]
Orig., Arch. du Nord, B. 465.
[38]
1305, 14 février, Paris, lettre de Philippe le Bel, Bibl. nat., Collect.
Bourgogne, 346, n° 50. Voir aussi Funck-Brentano, Philippe le Bel, p.
192 et suiv.
[39]
Orig., Arch. du Nord, B. 466.
[40]
V. Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, art. Athis.
[41]
Continuatio chr. G. de Nangiaco, D. Bouquet, XX, 592 d.
[42]
5 juin 1305, Ancienne chronique de Flandre, dans D. Bouquet, XXII, 39 h.
f.
[43]
En ce temps, le roi Philippe avoit traittié ung mariage de Loys, roy de
Navarre, son aisné filz, et de mademoiselle Jehenne de Bourgoingne, l'aisnée
fille de la comtesse Mahault d'Artois. Mais lorsque le duc Robert de
Bourgoingne fut revenu de la cité de Lyon sur le Rhone, il fist tant envers le
roy que ce mariage fut annichillé, et fut la damoiselle donnée à son aultre
fils le conte Philippe de Poitiers, et la fille du duc de Bourgoingne eust le
roy de Navarre » (23 septembre 1305). Ancienne chronique de Flandre, Recueil
des historiens de France, XXII, 39 6 h.