HISTOIRE DES DUCS DE BOURGOGNE DE LA RACE CAPÉTIENNE

TOME CINQUIÈME

 

CHAPITRE XXXVIII. — DESCENDANCE DU DUC HUGUES IV.

 

 

ENFANTS D'HUGUES IV ET D'IOLANDE DE DREUX, SA PREMIÈRE FEMME.

1° Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, marié à Mahaut de Bourbon, dont (a) Iolande, comtesse de Nevers, mariée à Jean de France dit Tristan (b) Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, mariée à Charles d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile ; notice biographique sur cette princesse charitable ; (c) Alix, comtesse d'Auxerre, mariée à Jean de Chalon-Rochefort (d) Jeanne, morte en bas-âge,
2° Jean de Bourgogne, comte de Charollais, marié à Agnès de Bourbon, dont Béatrice, femme de Robert de France, comte de Clermont.
3° Robert II, duc de Bourgogne.
4° Alix, mariée à Henri III, duc de Brabant et de Lorraine. 5° Marguerite, mariée à Guillaume de Mont-Saint-Jean, puis à Gui VI, vicomte de Limoges.

ENFANTS D'HUGUES IV ET DE BÉATRICE DE CHAMPAGNE.

1° Huguenin de Bourgogne, seigneur de Montréal, marié à Marguerite de Chalon, dont Béatrice, morte en bas-âge notice biographique sur Huguenin de Bourgogne fin de cette branche de la maison ducale.
2° Isabelle, mariée à Rodolphe de Halsbourg, roi des Romains, puis à Pierre de Chambly, seigneur de Neaufle.
3° Béatrice, mariée à Hugues XIII de Lusignan, comte de La Marche et d'Angoulême.
4° Marguerite, mariée à Jean de Chalon, seigneur d'Arlay.
5° Jeanne, probablement religieuse et morte en bas-âge.

 

Malgré les tracas et les ennuis qui avaient assailli ses derniers jours, Hugues IV pouvait s'endormir tranquille sur les destinées de sa famille. Ses enfants et ses petits-enfants allaient devenir par des alliances les tiges de plusieurs maisons appelées à jouer un grand rôle dans notre histoire nationale les rois de Jérusalem et de Sicile[1], les comtes de Flandre et de Nevers[2], les comtes de Chalon-Auxerre[3], la maison royale de Bourbon[4], les ducs de Brabant[5] et de Bretagne[6], les comtes de La Marche et d'Angoulême[7], les vicomtes de Limoges[8], les Chalon-Arlay[9]. Une de ses filles allait épouser Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains ; son fils aîné était fiancé avec la sœur du roi de France, et sa petite-fille la reine Marie de Brabant[10], par l'autorité de son esprit et de sa beauté, devait apporter à la cour de France une action qui ne fut pas sans influence sur le règne de Philippe le Hardi.

Hugues IV avait eu dix enfants de ses deux alliances, trois fils et deux filles d'Iolande de Dreux, un fils et quatre filles de Béatrice de Champagne.

Pour éviter les confusions que font naître les mêmes noms qui se reproduisent dans une famille aussi nombreuse, il importe de donner une nomenclature chronologique exacte des personnages de cette descendance, avec une notice plus étendue pour ceux qui ne reparaîtront plus dans les volumes suivants.

 

ENFANTS D'HUGUES IV ET D'IOLANDE DE DREUX.

1° EUDES DE BOURGOGNE.

Eudes de Bourgogne, né en 1230, marié en février 1248 avec Mahaut de Bourbon, fille d'Archambaud et d'Iolande de Châtillon, devint par cette alliance comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, sire de Donzi et du Perche-Gouet, co-seigneur de Bourbon. Sa femme Mahaut mourut en 1262, quatre années avant lui. La plupart des faits qui concernent Eudes sont cités, soit dans notre exposition, soit aux pièces justificatives. Il mourut le 4 août 1266, d'après la mention certaine de l'Obituaire de Cîteaux qui est en contradiction avec l'assertion de l'Art de vérifier les dates, et laissa quatre filles : Iolande, Marguerite, Alix et Jeanne.

a – Iolande de Bourgogne, fille aînée d'Eudes de Bourgogne et de Mahaut de Bourbon, comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, avait reçu en dot le comté de Nevers, les baronnies de Donzi et des Ricey, lors de son mariage avec Jean de France, dit Tristan, fils de Saint Louis, en juin 1265. Ce dernier rendit hommage, en 1268, à l'évêque de Chalon-sur-Saône pour les terres des Ricey et du Parcours de Saint-Vincent. Après la mort d'Eudes de Bourgogne, son beau-père, il prétendait hériter également des comtés d'Auxerre et de Tonnerre, au nom du droit d'aînesse de sa femme, mais ces prétentions préjudiciables aux sœurs furent discutées en Parlement ; une enquête fut ordonnée pour savoir si les trois domaines faisaient partie du même comté. La preuve contraire ayant été établie, Iolande garda le comté de Nevers ; Marguerite, reine de Sicile, eut celui de Tonnerre, et Auxerre fut adjugé à Alix femme de Jean de Chalon, par arrêt de 1273[11]. Iolande ayant perdu Jean Tristan, mort devant Tunis le 3 août 1270, épousa en secondes noces, en 1272, Robert de Dampierre, depuis comte de Flandre, qui rendit hommage au comte de Champagne pour son comté de Nevers. Louis de Flandre, leur fils aîné, continua la dynastie de ces comtes. Iolande mourut en 1280, et son mausolée se voyait jadis aux Cordeliers de Nevers avec une épitaphe recueillie par Coquille.

b – Marguerite de Bourgogne, seconde fille d'Eudes, née en 1249 ou 1250, fut mariée en 1268 avec Charles d'Anjou, roi de Naples et de Sicile, frère de Saint Louis. Geofroi de Beaumont, chancelier de Bayeux, nommé procureur pour s'occuper des formalités de ce mariage, avait été chargé de constituer sa dot par pleins pouvoirs datés de Viterbe, 1er mai 1268. Saint Louis y donna son approbation le 8 juin, et ratifia l'apport de quatre mille livres de douaire assis sur le château de Saumur, avec faculté de transporter cette rente sur les terres de Baugé ou du Mans[12].

Marguerite fut mise en possession du comté de Tonnerre par arrêt du Parlement de Paris, de la Toussaint 1273. Le 7 juillet suivant, le pape Grégoire X, étant au concile de Lyon, donna au roi et à la reine de Naples un rescrit dans lequel il autorise l'évêque de Langres, leur suzerain féodal, à recevoir par procureur l'hommage dû pour ce comté, parce que la reine ne pouvait revenir seule en France[13]. Le duc Hugues IV dans son testament avait assigné aux enfants d'Eudes, et par suite à Marguerite, ce qu'il possédait à Autun, Arnay-le-Duc, Pouilly, Aiserey, Brasey, Chaux, Corgoloin, Comblanchien.

Au commencement de 1272, la reine Marguerite de Bourgogne paraît avoir été dans un état de grossesse assez avancé, d'après une lettre[14] que Charles, son mari, absent momentanément, lui écrivait ; mais on ignore comment se termina cette grossesse, et s'il naquit un héritier dont le nom n'est cité nulle part, et qui dans tous les cas serait décédé peu après sa naissance. Cette lettre laisse croire que la reine n'était pas sans crainte, et qu'elle voulait faire son testament que le roi l'autorise à dicter, en lui donnant la faculté de distribuer quinze cents livres à prendre sur ses trésors et ses joyaux, vingt livres au monastère de Cîteaux, où reposaient les restes de ses ancêtres, dix livres à l'abbaye de Pontigny, et pareille somme aux religieuses du Lieu-Dieu, près Vergi.

A ses titres de roi de Naples et de Sicile, Charles d'Anjou ajouta, en 1276, celui de roi de Jérusalem, par la cession que lui fit Marie d'Antioche, fille et héritière du prince qui, le dernier de sa race, avait porté cette vaine dénomination. Il était en Toscane avec la reine, en 1282, au moment des Vêpres Siciliennes et de cette terrible insurrection où périrent huit mille Français, et à la suite de laquelle la Sicile lui fut enlevée. Le 24 février 1284, on les trouve tous deux à Paris, où ils étaient venus réclamer du secours pour reconquérir ce royaume. C'est de là et le jour même qu'ils confirmèrent aux habitants de Tonnerre les privilèges relatés dans leur charte d'affranchissement[15].

Charles d'Anjou mourut au château de Foygia, le 7 janvier 1285 et un mausolée lui fut élevé dans la ville de Naples. Sa seconde alliance ne lui laissa pas de postérité, mais il avait cinq enfants de sa première femme Béatrice de Provence.

Sa veuve Marguerite de Bourgogne, après avoir réglé ses affaires et remis l'administration des états de ses beaux-fils à Robert d'Artois, repartit pour la France, remplissant la pieuse et douloureuse mission de porter elle-même à Paris le cœur de son époux qu'elle lit déposer dans l'église des Jacobins, où Clémence de Hongrie, seconde femme de Louis X, lui fit plus tard graver une inscription (1316). A Rome où elle s'arrêta, la reine fut relevée par le pape d'un vœu qu'elle avait fait d'aller à Jérusalem visiter les lieux saints, vœu qu'elle n'avait pu réaliser. Pour la relever de cet engagement, Martin IV lui imposa une amende de cinq cents livres au profit de la Terre Sainte.

Marguerite de Bourgogne était installée à Ligny-le-Châtel, en mai 1285, et fut forcée d'aller à Paris en janvier de l'année, suivante pour les affaires de succession de son grand-père Hugues IV. Elle passa les fêtes de Pâques 1287 à Montmirail, et réglâtes questions d'intérêt qu'elle avait avec Robert, duc de Bourgogne, son oncle, par des chartes qui seront rapportées en leur temps[16]. Laissée veuve à trente-six ans, et jusqu'alors peu soucieuse de ses affaires particulières, elle s'occupa sérieusement de l'administration de ses domaines, secondée par Robert de Luzarches, son chapelain, homme d'intelligence, d'action et de dévouement. On la trouve partout où il y a justice à rendre, assistance à donner, bonnes œuvres à accomplir[17].

Nicole Gille[18], secrétaire de Louis XII, a parlé longuement de cette princesse, de sa charité pour les pauvres qu'elle soignait de ses mains, des travaux, des ornements faits par elle et dont l'hôpital de Tonnerre fut enrichi. Là, son train de maison était assez considérable et les officiers qui faisaient partie de son personnel étaient nombreux, Jean Dicy, confesseur, frère Michel, compaignon, un pannetier, un bouteiller, un écuyer, des gens de cuisine, d'office et de garde-robe, Huguette, son ouvrière en soie, etc.

Dès le 2 janvier 1293, Marguerite de Bourgogne fit le partage de ses biens, pour ne plus avoir de préoccupations. Louis et Robert de Flandre, ses neveux, fils d'Iolande, eurent d'elle divers domaines qui ne faisaient pas partie du comté de Tonnerre, comme les terres de Montmirail et du Perche, à charge d'une rente annuelle et viagère de deux mille livres. Elle assigna à Guillaume de Chalon, son autre neveu, fils d'Alix, le comté de Tonnerre, les fiefs de Monjai, de Saint-Aignan, Selles et Valençay en Berri, moyennant une pension de seize cents livres et une somme de quatre mille livres une fois payée. La charte de cet abandon est datée du château de Maune, 4 mai 1293, et le roi Philippe le Bel y donna son approbation. Jean de Chalon prit possession officielle du comté, et en rendit hommage à l'évêque de Langres[19].

Le nom de Marguerite de Bourgogne est recommandable surtout par les bienfaits et les célèbres établissements de charité qu'elle a fondés dans le Tonnerrois, et dont les habitants n'ont jamais perdu le souvenir. Le 9 avril 1293, elle fonda l’hôpital de Tonnerre pour soulager et soigner les pauvres, les infirmes, les malades, les vieillards et les voyageurs sans ressources. La charte rédigée avec la participation probable de Robert de Luzarches, chapelain de la reine, est un modèle du genre[20]. Le pape Boniface VIII et le roi de France donnèrent leur approbation à ces règlements, que Guillaume de Chalon s'engagea par serment à maintenir dans leur intégrité. Malheureusement, ce dernier ne survécut pas longtemps et fut tué à la bataille de Mons-en-Puelle, en 1304.

Les constructions de l'hôpital furent immédiatement commencées et, en trois années, de 1293 à 4295, le travail était à peu près terminé. Cette magnifique salle, de cent vingt-trois mètres de long, que l'on admire encore, et qui est remarquable par la beauté des charpentes merveilleusement conservées, était destinée à recevoir les malades. Le 12 avril 1296, la consécration en fut faite par le cardinal de Preneste, légat du pape, assisté d'un cardinal et de plusieurs prélats une inscription disparue, mais dont on a le texte, était destinée à en consacrer le souvenir. Deux autres localités du comté furent également pourvues d'hospices et d'établissements charitables, Ligni et Laignes. Chacune de ces maisons reçut, comme la première, des dotations importantes, qui permirent de faire face à tous les besoins du service, et à l'entretien d'un nombreux personnel. Deux illustres princesses, amies de la reine, vinrent partager son existence, et l'assister dans ses œuvres de charité et de dévouement. C'est d'abord Catherine de Courtenay, fille unique de Philippe, empereur de Constantinople, qui ne quitta Tonnerre que lorsqu'elle reçut ordre d'épouser, le 28 février 1301, le frère de Philippe le Bel, Charles de France, comte de Valois, tige des rois de la branche des Valois. Puis, c'est Marguerite de Beaumont, petite-fille de Jean de Brienne, empereur de Constantinople et roi de Jérusalem, veuve de Boëmond VII, prince d'Antioche et comte de Tripoli, qui, longtemps après le décès de la reine, continua ses bonnes œuvres, et ne mourut que le 28 avril 1328. Ces princesses, qu'une pensée commune de bienfaisance et de hautes convenances avaient réunies, vivaient dans la plus étroite intimité, et eurent également droit de la part des populations à une reconnaissance qui ne leur a jamais fait défaut. Selon les traditions recueillies par le chanoine Cerveau, auteur de mémoires inédits sur Tonnerre au XVIIe siècle[21], « la reine avec ces deux princesses s'occupait successivement de la prière, du travail et des œuvres de miséricorde. Sa table était frugale, afin qu'une épargne plus considérable fournît plus abondamment aux besoins des pauvres. Elle-même leur rompait le pain, et allait dans les lieux les plus abandonnés leur porter le secours de la charité. Nos pères, ajoute-t-il, vivaient heureux sous le gouvernement de la reine qui n'écoutait que la justice, établissait la paix et la concorde, et, par ses largesses, faisait régner l'abondance dans le pays Tonnerrois ».

La révolution a conservé intactes les fondations pieuses affectées à l'hôpital, et les anciens statuts n'ont été que très peu modifiés.

Le vieux château de Tonnerre, situé au faîte de la montagne, que Marguerite de Bourgogne habitait d'abord, se trouvait trop éloigné de ses malades. La reine fit construire un logis contigu à la grande salle, et une fois installée dans cette nouvelle résidence, elle ne la quitta plus, sauf pour parcourir les localités de son comté qui nécessitaient sa présence, et faire des séjours passagers dans ses châteaux de Ligny et de Maune. Elle ne quitta que deux ou trois fois ses états, lorsque le roi Philippe le Bel la choisit comme marraine de l'un de ses enfants, et lorsqu'elle se rendit à Saint-Cloud, en février 1301, au mariage de Catherine de Courtenay, sa fille d'adoption, avec Charles de Valois.

Son testament, daté du 8 mai 1305, mériterait d'être lu dans son entier[22]. Les exécuteurs testamentaires étaient sa cousine Marie de Brabant, reine douairière de France son oncle Robert, duc de Bourgogne Marguerite de Beaumont, princesse d'Antioche ; Hugues de Chalon, chevalier, son héritier Bernard du Mex, son procureur ; Robert de Luzarches, son chapelain ; Jacques de Survanne, chanoine de Tonnerre ; Pierre de Mornay, évêque d'Auxerre ; Guichard, évêque de Troyes, etc. Trois codicilles ne modifièrent les premières dispositions que pour ajouter de nouveaux legs et de nouveaux bienfaits à ceux qu'elle avait déjà précédemment accordés. Elle mourut le 4 septembre 1308, pridie nonas septembris, dit le Nécrologe de l'Hôpital[23], à l'âge de cinquante-huit ans. Son corps, déposé dans un cercueil de pierre, fut inhumé dans l'Hôpital qu'elle avait fondé, et au milieu des pauvres dont elle avait allégé les misères. Le mausolée placé dans le chœur de l'église était surmonté de l'effigie en bronze de la reine, et portait en lettres onciales une inscription gravée sur le pourtour du sarcophage.

La vénération qui entourait les restes de cette bienfaisante princesse protégea son tombeau, en 1792, mais ne put le sauver contre la prescription de la loi, en 1793, quand les bronzes furent fondus pour faire des canons. En 1826, cet acte de destruction barbare a été réparé, et on érigea un nouveau mausolée dû au ciseau de Bridan, qui, malgré sa bonne exécution, n'a pu faire oublier la perte du premier[24].

c - Alix, troisième fille d'Eudes de Bourgogne, fut mariée le jour de la Toussaint 1268, en l'église de Lanthenay, avec Jean de Chalon, seigneur de Rochefort, tige de la branche des Chalon, comtes d'Auxerre et de Tonnerre[25]. Ce seigneur eut d'assez graves contestations avec Erard de Villehardouin, seigneur de Lézinnes et évêque d'Auxerre, qui lança l'excommunication contre lui, et fit peser l'interdiction sur toutes ses terres de l'Auxerrois. Jean en appela à Rome, où le prélat dut se transporter pour soutenir les droits de son église, mais sa mort mit fin à ces querelles. Les cartulaires de Saint-Marien d'Auxerre, de Reigni, des Isles, de Marcilli-les-Nonnains, de Moutier-Saint-Jean relatent un certain nombre de libéralités de Jean de Chalon et d'Alix de Bourgogne ; Cette dernière mourut en 1279 et son mari en octobre 1309.

Ils ne laissèrent qu'un fils Guillaume, surnommé le Grand, qui eut du chef de sa mère le comté d'Auxerre par cession faite par son père en 1283, mais qui toutefois en demeura baillistre[26]. Marguerite, reine de Jérusalem et de Sicile, lui fit donation du comté de Tonnerre (2 janvier1293), et des seigneuries de Montjai, Saint-Aignan, Selles, Valençay-en-Beni. Il épousa en 1291, Eléonore de Savoie, fille d'Amédée, comte de Savoie, et en secondes noces Marguerite de Beaujeu. Il fut tué à la bataille de Mons-en-Puelle, le 18 août 1304.

d - Jeanne, dernière fille d'Eudes de Bourgogne, dont l'Art de vérifier les dates ne parle pas, est citée avec ses sœurs en 1266[27], mais elle dut mourir en bas âge et avant 1271, à moins qu'elle n'ait pris le voile.

2° JEAN DE BOURGOGNE, COMTE DE CHAROLLAIS.

Jean, second fils du duc Hugues IV, né vers 1231, fut fiancé, en février 1248, avec Agnès de Bourbon, fille d'Archambaud IX, sire de Bourbon. Il assista aux séances du Parlement aux fêtes de la Chandeleur de l'an 1266, fut promu chevalier le 5 juin 1267, mais ne survécut guère. Il mourut, non à la mi-janvier 1268, comme le dit l'Art de vérifier les dates, mais le 17 septembre 1267[28]. Agnès de Bourbon, sa veuve, se remaria, en 1277, à Robert II, comte d'Artois, dont elle n'eut point d'enfants. Elle mourut en 1283, après le mois d'août.

Béatrice de Bourgogne, fille unique de Jean de Bourgogne et d'Agnès de Bourbon, épousa Robert de France, comte de Clermont-en-Beauvoisis, dernier fils de Saint Louis et tige de la maison de Bourbon. Béatrice succéda à sa mère dans la seigneurie de Bourbon, et eut en partage de son grand-père le duc Hugues IV les seigneuries de Charolles, de Sauvement et du Mont-Saint-Vincent, ce qui fut confirmé en août 1279 par Robert II, duc de Bourgogne, son oncle. Elle mourut le 1er octobre 1310 et son mari Robert de Clermont le 7 février 1318. Des sept enfants sortis de cette alliance, Louis, l'aîné, continue la lignée des sires de Bourbon.

3° ROBERT II, DUC DE BOURGOGNE.

Robert, troisième fils du duc Hugues IV, sera l'objet de l'étude du volume suivant. Il fut fiancé, le 25 septembre 1272, avec Agnès de France, fille de Saint Louis, à laquelle Hugues IV assigna en douaire les châtellenies de Vergy, de Montcenis, de Beaumont, de Colonnesur-Saône, Bussi, Beaune, Nuits et Chalon-sur-Saône, pour lui constituer un revenu de six mille livres. Le mariage fut accompli en 1279. Robert mourut à Vernon-sur-Seine, en mars 1306, et sa veuve lui survécut jusqu'à une date, variable suivant les divers obituaires, et que nous aurons à discuter.

4° ALIX DE BOURGOGNE.

Alix, fille aînée du duc Hugues IV, fut mariée à Henri III, duc de Brabant et de Lorraine. Ce dernier mourut, le dernier février 1261[29], à Louvain, et fut enterré aux Dominicains de cette ville. Alix lui survécut jusqu'au 23 octobre 1273. Ils eurent quatre enfants :

1° Henri, reçu chanoine de Saint-Etienne de Dijon, le 1er octobre 1269. L'Art de vérifier les dates dit que les intrigues de sa mère le forcèrent de céder ses droits à son frère cadet, mais il paraît prouvé qu'Henri était dans un état d'esprit qui le rendait incapable, non seulement de gouverner ses états, mais de s'occuper de toute affaire[30].

2° Jean de Brabant, né en 1251, marié, 1° en 1269, à Marguerite, fille de Saint Louis, qui lui apporta dix mille livres en dot, et mourut en couches, l'année 1271 2° Marguerite, fille de Gui de Flandre, décédée le 3 juillet 1385, dont il laissa un fils Jean.

3° Godefroi de Brabant, sire d'Arschot, tué à la bataille de Courtrai, le 1er juillet 1302.

4° Marie de Brabant, reine de France, femme de Philippe le Hardi, alors veuf d'Isabelle d'Aragon.

5° MARGUERITE DE BOURGOGNE.

Marguerite, seconde fille d'Hugues IV et d'Iolande de Dreux, fut fiancée, le 4 juin 1239, avec Guillaume de Mont-Saint-Jean, fils aîné de Guillaume, seigneur de Mont-Saint-Jean, de Salmaise, de Vergi en partie, et de Marie des Barres. Ce mariage purement politique avait été conclu pour mettre fin aux débats qui depuis longtemps déjà s'agitaient entre le duc de Bourgogne et les sires de Vergi. Hugues IV donnait en dot à sa fille la terre de Molinot ; le seigneur de Mont-Saint-Jean abandonnait ses droits sur Vergi, qui devait rester en possession du duc et de ses héritiers. Marguerite n'eut pas d'enfants de Guillaume qui mourut en 1256. Elle se remaria en 1259 avec Gui VI, vicomte de Limoges, qui décéda le 13 août 1263, et auquel elle survécut jusqu'au 25 ou 26 août 1277.

Marie, fille unique de Marguerite de Bourgogne et du vicomte de Limoges, n'avait que trois ans à la mort de son père dont elle hérita. Elle avait d'abord été fiancée, en 1268, avec Robert de France, fils de Saint Louis, mais le projet n'eut pas de suite, et chacun d'eux prit une autre alliance. Marie épousa, en 1275, Artus, comte de Richemont, plus tard duc de Bretagne.

 

ENFANTS D'HUGUES IV ET DE BÉATRICE DE CHAMPAGNE.

1° HUGUENIN DE BOURGOGNE, SEIGNEUR DE MONTRÉAL.

Hugues ou Huguenin, seul fils né de l'alliance du duc Hugues IV avec Béatrix de Champagne, a dû naître vers 1260, et n'avait que douze ans à la mort de son père. L'apanage considérable qui lui fut alloué, in feodo et in dominio, dans son lot de partage, n'était pas fait pour calmer le ressentiment de son frère Robert, car ces immenses propriétés, Montréal, Montbard, Avallon, Grignon, Vitteaux, Villaines-en-Duesmois, Aignay, Lanthenay, Etalante, Salmaise, Volnay, Pommard, etc., n'étaient pas le moindre fleuron que l'on détachait du domaine de la couronne ducale. Sans la sauvegarde que la duchesse sa mère avait obtenue pour protéger Huguenin, dont elle avait la tutelle ainsi que celle de ses sœurs, il est probable que Robert eût passé outre et mis la main sur la plus grande partie de ces châtellenies. Les débats qu'il porta au Parlement, et qui pendant treize ou quatorze ans se reproduisirent sous des formes différentes, témoignent de son extrême mécontentement au sujet du démembrement du duché qu'il prétendait contraire aux coutumes de France.

Béatrice de Champagne se hâta de marier Huguenin qui avait à peine atteint sa majorité et n'était encore qu'écuyer[31]. Elle lui fit contracter alliance à vingt ans avec Marguerite de Chalon, l'une des dernières filles de Jean de Chalon l'Antique et de Laure de Commercy. Le mariage était consommé en octobre 1280, car à cette date les conjoints font accord avec Mile, seigneur de Noyers, et Marie de Crécy, sa femme, et se donnent droit de chasse réciproque dans leurs forêts[32].

A la suite de quelques démêlés dont nous ne connaissons pas l'origine, Huguenin avait eu guerre avec Othe de Bierres, chevalier, et Jean de Salon, et avait réussi à s'emparer de ses ennemis. Il avait détenu le premier pendant trois semaines dans les cachots du château de Montréal, et emmené Jean de Salon sur les terres de l'Empire. Depuis longtemps Saint Louis avait enlevé aux vassaux le droit de faire la guerre entre eux, et l'administration de Philippe le Hardi n'était pas moins vigilante pour maintenir cette prohibition, et enlever aux petits seigneurs la faculté de se rendre justice par les armes. Sur les plaintes qui furent faites à cet effet, Huguenin fut condamné par arrêt de 1280 à une indemnité de six cents livres de dommages et intérêts envers le roi. Il fut en outre obligé de fournir assurément à ses victimes, c'est-à-dire qu'il jura de leur tenir bonne paix, et de ne forfaire ni à eux ni à leurs tenanciers. Il en excepta le comte de Bourgogne et Roger, son frère, le comte de Vienne et ses frères, Henri de Pagny, le sire de Vergi et ses frères, le seigneur de Longvi et ses enfants ; Guillaume de Mello, seigneur d'Epoisses et son frère, Jean de Chalon, Thibaut, sire de Beauvoir et ses enfants[33]. D'autre part, le duc Robert l'avait de nouveau assigné au Parlement relativement à la garde des monastères compris dans ses domaines, et la cour avait conclu à une enquête[34].

Huguenin n'était cependant point d'humeur querelleuse, tous ses actes le représentent comme un homme fort accommodant en toutes choses et d'une grande libéralité[35]. En 1284, les revendications du duc Robert, tant à l'égard des domaines d'Huguenin qu'au sujet du douaire de la duchesse, suivaient toujours leur cours. Il réclamait l'éloignement du sergent royal, nommé par Philippe le Hardi pour protéger Béatrice contre toute violence, et obtenait une nouvelle enquête pour la prisée des terres comprises dans l'apanage de son frère[36] ; les événements qui suivirent arrêtèrent ces poursuites.

C'était le moment où le cardinal Cholet, légat du pape Martin IV, faisait prêcher dans tout le royaume une croisade contre Pierre d'Aragon, excommunié à cause de ses entreprises contre Charles d'Anjou, roi de Sicile. Huguenin de Bourgogne avait des liens de parenté trop rapprochés avec ce dernier pour ne pas se faire un devoir d'aller servir sa cause en cette circonstance. C'était aussi une occasion de témoigner sa reconnaissance à Philippe le Hardi qui avait si longtemps sauvegardé ses intérêts, et qui était son neveu, puisque le roi avait épousé Marie de Brabant, fille d'Alix de Bourgogne et petite-fille d'Hugues IV. Il fit beaucoup de préparatifs pour cette expédition, leva les hommes de ses domaines, et dépensa de grandes sommes qui le forcèrent à contracter divers emprunts. Sa mère Béatrice lui avança quatre mille livres, et sa sœur Isabelle, veuve du roi des Romains, pareille somme, dont il donna quittance à chacune d'elles le dimanche de Quasimodo 1er avril 1285[37].

Le lendemain lundi 2 avril, Huguenin, préoccupé des divers événements et périls qui peuvent arriver chaque jour, avait mandé ses exécuteurs testamentaires Eudes, religieux de Saint-Germain d'Auxerre, prieur de Coutarnoux, Guillaume Aumez, prieur de Vausse, Jean de Marmeaux, seigneur de Ravières et Jean de Moutier-Saint-Jean, chanoine. Il leur dicta ses dernières volontés, en présence de Laurent, grand prieur du Val-des-Choux, Eudes, prieur de Thisy, Hugues, prieur de Saint-Georges de l'Isle, Humbert de Chevannes, de l'ordre des Frères Prêcheurs de Dijon, Etienne de Troyes, de l'ordre des Frères Mineurs de Vézelay. L'absence du duc Robert, frère du testateur, montre suffisamment l'état d'hostilité qui régnait entre eux. Tous ces témoins apposèrent leur sceau à cet acte curieux qui n'a jamais figuré aux Archives de la Côte-d'Or[38].

Huguenin instituait pour héritiers sa fille Béatrice encore enfant, ainsi que celui, celle où ceux qui pouvaient naître de sa femme Marguerite de Chalon alors enceinte, et qui devaient partager ses biens par portions égales. Dans le cas où viendrait un fils, il aurait droit de prélever ce que la coutume de Bourgogne permet de prendre. Si par malheur ses enfants décédaient, son bien serait également partagé entre ses sœurs Isabelle, reine des Romains, Béatrice, comtesse de la Marche, et Marguerite, femme de Jean de Chalon, seigneur d'Arlay.

Les legs, en petit nombre, sont à l'adresse des monastères voisins de Montréal où il faisait résidence et qui était son plus important domaine ; une rente de quarante sols à l'église de Vermanton ; vingt sols à celle de Montréal, autant à la Madeleine de Vézelay, à Saint-Lazare d'Avallon, au prieuré de Saint-Georges de l'Isle, aux religieuses de Rougemont et au prieuré de Saint-Denis de Vergi[39].

Charles d'Anjou était décédé le 7 janvier 1285, mais la disparition de celui qui avait été cause de l'expédition d'Aragon, et l'inspirateur de la politique française, n'empêcha point les événements de suivre leur cours. Le roi était déjà à Limoges à la fin de mars. Il fallait se hâter pour regagner en l'ost le gros de l'armée que les auteurs contemporains disent très considérable. Huguenin de Bourgogne partit aussitôt, franchit non sans difficultés les montagnes des Pyrénées, et se trouvait en Catalogne aux mois de mai et de juin, où les maîtres des garnisons, chargés de l'approvisionnement des troupes, lui fournirent les vivres nécessaires. Les hommes qu'il avait sous ses ordres étaient sans doute nombreux, à en juger par les fournitures livrées, d'après les fragments de compte de Jehan d'Ays[40].

Il est probable qu'Huguenin partagea les dangers de son neveu Robert de Dampierre, comte de Nevers, et subit le sort de ses malheureux compagnons d'armes, brisés par la fatigue et décimés par l'épidémie. Le roi succomba le 5 octobre, victime de cette expédition, l'une des plus inutiles et des plus désastreuses du xiii0 siècle, et dans laquelle périrent cent mille hommes. Huguenin ne regagna qu'à grand peine son château de Montréal, atteint soit par des blessures, soit par des infirmités contractées à la suite de fièvres pestilentielles. Il traîna depuis une vie languissante, et mourut au commencement de 1288.

La dernière charte qu'on possède de lui est datée de janvier 1287 (1288 n. st.). Il donnait une confirmation des privilèges et des biens concédés aux religieux de Vausse, et apposait son sceau à cet acte avec celui de Marguerite de Chalon, sa femme[41].

C'est dans ce prieuré fondé par les sires de Montréal qu'il reçut sa sépulture, et de son tombeau depuis longtemps détruit il ne reste qu'un fragment enchâssé dans le mur d'une ancienne construction ; les quelques lettres qui subsistent de l'inscription ne permettent pas d'en rien tirer.

Marguerite de Chalon était enceinte lors du départ d'Huguenin pour l'Aragon, mais, ou ses couches ne réussirent pas, ou l'enfant mourut en bas âge. Béatrice, la seule fille qui restait, pouvait avoir une dizaine d'années quand elle mourut en 1291. Les débats pour la succession de cette branche cadette de la maison de Bourgogne occupèrent pendant longtemps les séances du Parlement, et le duc Robert fit de lourds sacrifices d'argent pour désintéresser les nombreux compétiteurs qui en revendiquaient leur quote-part.

2° ISABELLE DE BOURGOGNE.

Isabelle de Bourgogne avait reçu par testament du duc Hugues IV quatorze mille livres en faveur de son mariage arrêté avec Charles de Flandre, fils aîné de Robert de Dampierre, comte de Nevers. La mort du fiancé mit ce projet à néant. Peu après, Isabelle épousa Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains, mort en 1291, et en secondes noces Pierre de Chambly, seigneur de Neaufle, fils de Pierre de Chambly, conseiller et chambellan du roi. Elle demeura veuve de ce dernier, et avait en 1219 la tutelle et la garde de Louis et Jean, ses enfants[42].

Isabelle mourut en 1223, et fut enterrée aux Augustins de Paris, où l'on voyait son épitaphe à côté du grand autel[43].

3° BÉATRICE DE BOURGOGNE.

Béatrice fut mariée en 1276 à Paris avec Hugues XIII de Lusignan, comte de La Marche et d'Angoulême. Ce dernier mourut en novembre 1303 à l'âge de quarante-huit ans, et sa femme lui survécut jusqu'en 1328, sans laisser de postérité de cette alliance.

4° MARGUERITE DE BOURGOGNE.

Marguerite était déjà fiancée, en 1272, avec Jean de Chalon, seigneur d'Arlay, fils de Jean de Chalon l'Antique et de Laure de Commercy, puisque le duc Hugues IV lui légua dix mille livres dans son testament pour parfaire sa dot. Le duc Robert, son frère, lui céda, ainsi qu'à son mari, en 1294, et par l'entremise de la reine de Sicile, comtesse de Tonnerre, la Terre de Vitteaux, comme part de la succession d'Huguenin de Montréal[44]. Après la mort de Marguerite de Bourgogne, Jean de Chalon épousa Alix de Clermont, fille de Raoul de Clermont, seigneur de Nesles, et décéda en 1315.

Jean de Chalon-Arlay et Marguerite de Bourgogne sont les auteurs de la branche des Chalon-Arlay, princes d'Orange. Ils eurent trois enfants : Hugues de Chalon Arlay, décédé en 1332, marié à Béatrice de La Tour du Pin, dauphine de Viennois Jean de Chalon, seigneur de Vitteaux et de l'Isle-sur-Serein, évêque de Bâle, puis de Langres, décédé le 22 juin 1336 Isabelle de Chalon, mariée à Louis de Savoie, seigneur de Vaud, mort en 1354.

5° JEANNE DE BOURGOGNE.

Jeanne était destinée au cloître. Hugues IV lui laissa dans son testament mille livres tournois que son frère Huguenin fut chargé de lui verser ; ce dernier devait également lui fournir tout ce qui était nécessaire pour subvenir à ses besoins. Peut-être était-elle décédée avant 1285 ; son frère n'en parle pas dans son testament.

 

FIN DU CINQUIÈME VOLUME

 

 

 



[1] Charles d'Anjou, petit gendre d'Hugues IV, marié à Marguerite, fille d'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers.

[2] Robert de Dampierre, comte de Flandre, petit gendre d'Hugues IV, marié à Iolande, fille d'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers.

[3] Jean de Chalon, comte d'Auxerre et de Tonnerre, petit gendre d'Hugues IV, marié à Alix, fille d'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers.

[4] Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon, fille unique de Jean de Bourgogne, comte du Charollais, et petite-fille d'Hugues IV, qui épousa Robert de France, dernier fils de Saint Louis, souche de la maison de Bourbon.

[5] Jean de Brabant, fils d'Alix de Bourgogne et petit-fils d'Hugues IV.

[6] Marie, petite-fille d'Hugues IV, héritière de la vicomté de Limoges, mariée à Artus, comte de Richemont, duc de Bretagne.

[7] Béatrice, fille d'Hugues IV, mariée à Hugues XIII de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême.

[8] Marguerite, fille d'Hugues IV, mariée à Gui VI, vicomte de Limoges.

[9] Jean de Chalon-Arlay, marié à Marguerite, fille d'Hugues IV, tige des Chalon-Arlay.

[10] Marie de Brabant, fille d'Alix de Bourgogne et d'Henri III, duc de Brabant, petite-fille d'Hugues IV.

[11] A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, pr. LXXXVIII.

[12] Dom Plancher, t. II, pr. LXXI.

[13] Orig. Arch. de la Haute-Marne, G. 443.

[14] Lettre du IV jan, indict. IV. Papon, Histoire de Provence, t. II, pr. p. XVI.

[15] Orig. Arch. de la ville de Tonnerre.

[16] Trois pièces de 1287 ; Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 304.

[17] Dès les premiers temps de son séjour à Tonnerre, en novembre 1291, elle affranchit les habitants de Laignes du droit de main-morte et leur accorda des droits d'usage (Ordonnances des rois de France, t. V, p. 514).

[18] Nicole Gilles, Très véridiques et copieuses annales de très pieux et très chrétien modérateur des belliqueuses Gaules, Paris, 1525. Voir encore pour Marguerite de Bourgogne : La princesse charitable et aulmonière, la reine Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, par Robert Luyt, conseiller, prédicateur et aumônier ordinaire du roi, trésorier du chapitre, et curé de Tonnerre, Troyes, Edme Nicot, 1653, in-4°. — Notes historiques sur l'Hôpital de Tonnerre, par Camille Dormois, Auxerre, Perriquet, 1853, in-8°. — Marguerite de Bourgogne, reine de Naples, de Jérusalem et de Sicile, comtesse de Tonnerre, par L. Le Maistre, br. de 58 p. in-8°. — Sceaux de Marguerite de Bourgogne, par L. Le Maistre (Recueil de la Soc. de Sphragistique, 1853). — Le comté de Tonnerre, par Challe, extr. du Bull, de la soc. des sc. de l'Yonne, 1875. — Marguerite de Bourgogne, par Jacquillat-Despreaux, Annuaire de l'Yonne, 1839.

[19] Orig. Arch. de la Haute-Marne, G. 443.

[20] Les chartes originales faites au nom de Marguerite, reine de Jérusalem et de Sicile, sont des merveilles de calligraphie. Nous recommandons aux curieux les pièces conservées à l'Hôpital de Tonnerre et dans les fonds des abbayes de Fontenay et de Molème aux Archives de la Côte-d'Or. Nous avons réuni toutes les pièces relatives à cette princesse, et la plupart d'entre elles trouveront place à leur date dans le catalogue des actes.

[21] Manuscrit de la bibliothèque de la ville de Tonnerre.

[22] Ce testament est publié dans les Notes sur l'Hôpital de Tonnerre, par Camille Dormois, ancien économe, p. 215-227.

[23] Arch. de l'Hôpital de Tonnerre, dont le chartrier comprend de nombreux documents de toute nature remontant à l'origine de cet établissement.

[24] La reine Marguerite eut deux sceaux différents très bien frappés. Son sceau de veuve porte cette légende : S. MARGARETE. DEI. GRATIA. IERVSALEM. ET SICILIE. REGINE. TORNODORI. COMITISSE. CENOMANI. MONTISMIRI. ET. ALODIE DOMINE. — Le contre-sceau, aux armes de Bourgogne et d'Anjou, ne porte que le titre de reine de Sicile : † SECRETVM. MARGARETE. DEI. GRA. REGINE. SICILIE. — Avant la mort de Charles d'Anjou, elle ne mentionnait que le royaume de Sicile et la principauté d'Achaïe (Société de Sphragistique, t. II, p. 141).

Les monnaies, frappées à Tonnerre par la reine Marguerite, sont rares. On en a de l'époque de son veuvage portant : M. D. REG.SICLIE (Margareta derelicta regina Sicilie), et au revers COM. TORNODOI. (comitissa Tornodori). On en possède aussi de Charles d'Anjou, frappées également à Tonnerre, avec ces mots K. REX. SICILIE., et au revers : COM. TORNODOR., avec une croix pattée dont les branches se terminaient par une fleur de lys.

[25] V. Lebeuf, Histoire d'Auxerre, t. III, p. 192.

[26] Olim, t. II, 229.

[27] Lebeuf, Histoire d'Auxerre, III, 489 ; Dom Plancher, t. II, p. 42.

[28] D'après l'Obituaire de Cîteaux.

[29] V. l'Obituaire de Cîteaux, pridie Kal. Martii.

[30] V. Fyot, Histoire de Saint-Étienne de Dijon.

[31] Huguenin de Bourgogne est porté comme écuyer, en juillet 1279, dans la charte d'affranchissement qu'il donne avec sa mère aux habitants de L'Isle-sur-Serein (Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 356., n° 702).

[32] Dom Plancher, t. II, p. 48.

[33] Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. I, n° 2281 et 2291.

[34] Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. I, n° 2271.

[35] En juillet 1279, Huguenin, de concert avec sa mère, affranchit les habitants de L'Isle-sur-Serein (Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 357359). On a des raisons de croire que les habitants de Châtel-Girard leur durent une semblable faveur et les mêmes privilèges, car ceux-ci étaient déjà affranchis lorsque la châtellenie de Châtel-Gérard fut constituée par les ducs, ainsi que cela ressort des comptes de la châtellenie de la première moitié du XIVe s. (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5400 et suiv.) Il concéda aux habitants de Marmeaux des droits d'usage dans la forêt de Vausse, en 1279 (Arch. de l'Yonne, B. 1391, fol. 168-169), fit cession à Étienne, seigneur de Mont-Saint-Jean, d'un fief que Guillaume de Verrey occupait à Villotte et Verrey, 1281 (Arch. de la Côte-d'Or, Recueil de Peincedé, t. VIII, p. 12). C'est de lui qu'Hugues, seigneur de Bierri, obtint des droits d'usage dans la forêt de Vausse pour ses châteaux de Bierri et de Pasilli, 1281 (Arch. du baron d'Anstrude). C'est avec son concours et sa protection que les religieux du prieuré de Vausse purent augmenter leurs revenus et étendre leurs possessions (Arch. de Vausse) les frères du prieuré de Saint-Bernard de Montréal en reçurent une ratification pour les biens antérieurement accordés par les précédents seigneurs, 1282 avril (Arch. de l'Yonne, B. 139, fol. 271). Il se rendit garant, en 1284, pour un de ses vassaux Hugues de Seigny, chevalier, qui avait contracté de grosses dettes et se trouvait redevable de quatre cent quatre-vingts livres envers des créanciers de Flavigny qui le poursuivaient (Orig. Scellé du sceau du sire de Seigny, Bibl. nat. lat. 9072, fol. 28). Il avait avancé cette somme, et la remit à Jean de Montigny, bailli de Sens (Recueil des historiens de France, t. XXII, p. 654).

[36] Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. I, n° 545, 560, 2511.

[37] Dom Plancher, t. II, pr. n° 107 et 108.

[38] Cet acte se trouve dans le Cartulaire de Chalon, publié par Bernard Prost, et aussi dans le Codex Germaniæ diplomaticus, par Job. Christ. Liënig, Francfort et Leipzig, 1732-1733, 2 vol. in-f°. Bibl, nat. F. M. 276. Gui, official de la cour de Jean, archidiacre d'Avallon, donna séance tenante notification du testament, et y apposa également son sceau.

[39] Huguenin avait fait précédemment d'assez grandes largesses au prieuré de Vausse. Le prieur Guillaume Aumez, un de ses exécuteurs testamentaires, et les religieux de Vausse, lui avaient, en reconnaissance, cédé trois magnies d'hommes qu'ils possédaient à Santiguy, avec tous les droits qu'ils pouvaient avoir dans ce village (Deux pièces originales de février 1282, scellées, l'une du prieur de Vausse, l'autre du grand prieur du Val-des-Choux, Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 983).

[40] Recueil des Historiens de France, t. XXII, p. 683 H-K.

[41] Arch. de Vausse. On a aussi une charte du 3 novembre 1287, par laquelle Huguenin de Bourgogne donne à son clerc Robert de Santigny droit d'usage dans la forêt de Vausse, Arch. de l'Yonne, B. 439, fol. 466.

[42] A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 24 et pr. p. 144 ; Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. II, n° 6426. L'Art de vérifier les dates semble croire qu'Isabelle, femme de Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains, et Isabeau, femme de Pierre de Chambly, sont deux filles différentes du duc Hugues IV.

[43] « Cy gist madame Ysabeau de Bourgongne, dame de Neaufle, femme de Monseigneur Pierre de Chambly le jeune, seigneur de Neaufle, laquelle trespassa l'an M. CCC. XXIII » (A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, pr. p. 114.)

[44] Huguenin de Bourgogne et Jean de Chalon-Arlay étaient doublement beaux-frères, chacun d'eux ayant épousé la sœur de l'autre.