HISTOIRE DES DUCS DE BOURGOGNE DE LA RACE CAPÉTIENNE

TOME CINQUIÈME

 

CHAPITRE XXXVI. — RÈGNE DE HUGUES IV (suite) - 1265-1270.

 

 

Intervention officielle du duc de Bourgogne dans les affaires du Comté. — Bruits répandus par les princes Allemands d'un testament d'Othe, duc de Méranie, en faveur de sa sœur Béatrice, comtesse d'Orlamunde ; témoignage de l'évêque de Bamberg. — Hugues IV se rend à Strasbourg achète de la comtesse d'Orlamunde ; ses droits sur le comté de Bourgogne moyennant vingt mille marcs d'argent ; retentissement donné à cet acte enregistrement par les évêques et les abbés de la province. — Irritation du comte palatin de Bourgogne. — Hugues IV, ayant promis de prendre la croix, reçoit de Baudouin, empereur de Constantinople, le royaume de Salonique pour lui et ses descendants ; Eudes, comte de Nevers, part en croisade à la place de son père. — Mariage d'Iolande, fille d'Eudes, avec Jean Tristan, fils de Saint Louis. — Mort d'Eudes, comte de Nevers, à Acre ; ses obsèques ; son testament ; ses legs. — Reprise de la guerre entre Thibaud de Champagne et le comte palatin de Bourgogne au sujet de Luxeuil ; testament et mort de ce dernier au château de Gray. — Partages de Jean de Chalon entre ses enfants. — Jean Tristan rend hommage à Hugues IV pour le comté de Nevers. — Coutumes singulières et localités ; diverses indiquées pour la prestation d'hommage. — Poursuites du projet d'annexion du Comté par le duc de Bourgogne, malgré la mort de son second fils Jean ; nombreux seigneurs qu'il met dans ses intérêts et dont il recherche l'alliance. — La comtesse palatine Alix de Méranie épouse Philippe de Savoie pour soutenir la lutte contre Hugues IV et contre Jean de Chalon-Rochefort que le duc avait marié avec sa petite-fille. Hugues IV envahit le Comté, et ravage le pays, sans pouvoir s'emparer des forteresses vigoureusement défendues par Philippe de Savoie. Les sires de Pagny, de Sainte-Croix, et les principaux barons interviennent pour rétablir la paix ; font racheter par la comtesse palatine les droits sur le Comté acquis par le duc de Bourgogne ; réconcilient Jean de Chalon-Rochefort avec sa famille. — Grande assemblée et pacification générale à Saint-Jean-de-Losne, où se rencontrent tous ces personnages, ainsi que Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne, partant pour la croisade ; itinéraire de ce dernier et ses adieux à la duchesse de Bourgogne, sa sœur. — Hugues IV seul bénéficie de ces traités de paix, en assujettissant à sa puissance les châteaux de Dôle, de Rochefort, de Neublans, etc.

 

L'intromission officielle du duc de Bourgogne dans la gérance des intérêts communaux de Besançon, et dans l'administration du Comté, était un premier pas franchi pour l'accomplissement des chimériques projets qui hantaient son esprit, et pour la réussite d'une entreprise dont il espérait le succès, grâce à la faveur des troubles qui agitaient le pays.

Après la mort d'Othe, duc de Méranie, et la donation du Comté dont Hugues de Chalon avait été investi par un acte authentique, les princes Allemands, beaux-frères du défunt, avaient fait répandre le bruit d'un testament qu'on n'avait point retrouvé, et dans lequel Béatrice, comtesse d'Orlamunde, sœur aînée d'Othe, était avantagée. A Béatrice seule, disait-on, devait revenir le comté de Bourgogne. Ces bruits persistants, partout répétés, étaient connus de tous, et il s'était trouvé des personnages considérables, et même des prélats, disposés à se faire l'écho de la rumeur publique. Pour donner plus de poids à ces allégations, on évoqua le témoignage d'un évêque, leur parent, de l'évêque de Bamberg, décédé depuis quelque temps déjà, et dont les propos, vaguement rapportés, étaient favorables à cette manière de voir[1].

Ces manœuvres, dirigées parle désappointement et le dépit des princes Allemands, étaient d'accord avec les visées ambitieuses du duc de Bourgogne, qui jugea le moment opportun de les utiliser à son profit.

Sur la fin de juillet 1265, Hugues IV quittait la Bourgogne pour se rendre à Strasbourg, et aller s'aboucher avec la comtesse d'Orlamunde, qui, en aliénant des droits dont elle ne jouissait pas, avait autant d'intérêt à les vendre que le duc en avait à les acheter.

Le 1er août, les évêques de Strasbourg et de Spire mirent leur sceau à une attestation qu'ils produisirent au duc, dans laquelle ils déclaraient que, d'après le bruit public, Othe, duc de Méranie et comte de Bourgogne, avait cédé tous ses droits héréditaires sur le Comté à sa sœur aînée Béatrice, comtesse d'Orlamunde, que l'évêque de Bamberg le leur avait assez donné à entendre, ainsi que d'autres personnes dignes de confiance, qui avaient, en leur présence, attesté le même fait sous la foi du serment[2].

Ce premier acte était indispensable pour donner de la valeur à la chose vendue et à des droits qui, depuis dix-sept ans, étaient demeurés sans emploi. Le même jour, les évêques de Strasbourg et de Spire notifièrent la cession du comté de Bourgogne faite à Hugues IV par la comtesse d'Orlamunde et son fils Othe, moyennant la somme de vingt mille marcs d'argent, dont elle se déclarait payée. Dans la rédaction du contrat, on prit soin d'intercaler la déclaration relatée dans la pièce précédente, et les propos attribués à l'évêque de Bamberg, qui pouvaient seuls justifier une telle aliénation[3].

Cinq jours après, le 5 août, Béatrice, comtesse d'Orlamunde, faisait au duc de Bourgogne et à ses héritiers une cession officielle et définitive du Comté, terres, châteaux, etc., et des droits quelconques qui pouvaient lui échoir, en présence de nombreux témoins, Jean de Blanot et Raoul (le Layer, chevaliers de la suite du duc, Henri Fauconnier, écuyer, Alard, chantre de Dijon, Barthélémy Estuvans, d'Auxonne, frère Bertold, de l'ordre de Cîteaux et autres[4].

Gautier, archidiacre de Metz, présent à ce contrat, en donna un texte séparé, mais dans des termes à peu près semblables[5]. Peut-être y eut-il d'autres attestations fournies par les dignitaires ecclésiastiques qui figuraient à cette réunion, le duc paraissant désireux de donner toute l'authenticité désirable à l'acquisition de ses nouveaux droits.

Après avoir quitté Strasbourg, Hugues IV fit, en rentrant en Bourgogne à la fin d'août, grand bruit de la cession qui lui était faite par Béatrice. Il produisit en tous lieux les actes qui lui conféraient la suzeraineté sur le Comté, et pour leur donner encore plus de retentissement, il les fit enregistrer par les principaux abbés et par les évêques de la province. Quatre au moins de ces documents, relatant la même cession et ratifiant les mêmes faits, sont arrivés jusqu'à nous ce sont les attestations d'Eudes, abbé de Moutier-Saint-Jean[6], de Guillaume, abbé de Flavigny[7], de Raoul, abbé de Fontenay[8], de Girard de Beauvoir, évêque d'Autun[9].

Justement irrité des procédés et du mauvais tour que lui jouait le duc son cosin et bon ami, comme il le nommait autrefois, le comte palatin ne tarda pas à lui en faire les plus sanglants reproches. C'était, à une échéance plus ou moins lointaine, la guerre déclarée entre Hugues IV et les sires de Chalon possesseurs du Comté. Le 14 septembre, c'est-à-dire moins d'un mois après la passation des traités, Thibaud, comte de Champagne et roi de Navarre, étant à Rouvres, était choisi comme arbitre par le duc son beau-frère dans les démêlés qui s'agitaient entre ce dernier et le comte palatin[10]. Toutefois, aucune action militaire ne suivit ces premiers pourparlers, on employa le temps en négociations.

Hugues IV, par des intelligences habilement combinées, avait trouvé des alliés qui pouvaient le servir utilement dans le Comté. Huguenin de Navilly mit à sa disposition son fief de Mont, au diocèse de Besançon, fief qu'il tenait auparavant en franc alleu[11] gagné par ses largesses et par sa courtoisie, Hugues, seigneur de Neublans, mit tous ses domaines à son service[12] Jean de Villon, seigneur d'Amanzé[13], Hugues de Pagny, seigneur de Sainte-Croix[14], lui rendirent également hommage pour leurs fiefs.

Quelque temps auparavant le duc de Bourgogne, obéissant à des préoccupations dont la cause nous échappe, avait promis de prendre la croix, « pour aller au service de Dieu au secours et au recouvrement de l'empire de Constantinople ». Touché d'une intervention si nécessaire à sa cause, l'empereur Baudouin s'engagea à lui verser dix mille livres tournois, dont sept mille devaient être payées à Lagny à l'époque de la Chandeleur et le reste à Provins, aux fêtes de la Pentecôte[15]. Il se faisait fort de lui remettre en outre dix autres mille livres prises sur les contributions qu'il comptait recevoir du pape. Cet acte fut passé à Paris en 1266.

Le même jour Baudouin, empereur de Constantinople, octroyait à Hugues IV le royaume de Salonique et ses dépendances, lui permettant de choisir celles des plus grandes baronnies de l'empire qu'il voudrait bien accepter, à condition de les tenir de lui en fief[16].

Il ne semble pas que ces beaux projets de croisade aient jamais eu de la part du duc un commencement d'exécution, mais il est probable que l'expédition d'Eudes, comte de Nevers, son fils, fut décidée pour acquitter cet engagement. 'Eudes, que nous rencontrons pour la dernière fois au château de Metz-le-Comte, en compagnie de ses frères, le 21 juillet 1265[17], partit de là avec une suite de cinquante chevaliers, d'un certain nombre d'écuyers et de servants. Parmi les chevaliers, on doit citer Hugues d'Augerant, Geofroi de Serginnes et son fils du même nom, Erard de Vallery, Gaucher de Merry, seigneur de Merry-sur-Yonne et de Bessy, fils de Geofroi de Merry, connétable de Romanie[18].

Aux fêtes de la Pentecôte, en mai 1266, Hugues IV revint à Paris et assista aux séances du Parlement, dans lesquelles plusieurs affaires importantes furent jugées[19]. Il était lui-même appelé dans une de ces affaires, à la suite d'un débat avec l'évêque de Chalon-sur-Saône, relativement au domaine de Saint-Loup, près Maizières, cause qui fut tranchée et réglée en présence du roi[20].

Mais la question la plus importante, et qui nécessitait plus particulièrement sa présence, était la conclusion du mariage arrêté depuis huit ans déjà, entre Iolande, sa petite-fille, avec Jean de France dit Tristan, fils de Saint Louis. Eudes, comte de Nevers, père de la fiancée, étant alors en Terre-Sainte, c'était au duc qu'incombait le soin de surveiller les intérêts des mineures Iolande, Marguerite, Alice et Jeanne.

Dès le mois de janvier, Saint Louis avait assigné au duc Hugues IV le douaire promis à Iolande sur Pierrefonds en Valois ; mais quelques objections avaient été soulevées par plusieurs conseillers du roi, désireux de retarder le mariage jusqu'à ce que Jean fût entré dans sa vingt et unième année[21] d'autres soutenaient qu'il était temps de laisser à Jean la tutelle, non seulement de sa femme, mais de ses trois autres sœurs. Le roi décida que les sœurs d'Iolande demeureraient au pouvoir de leur père, que le bien provenant de leur mère serait administré par Jean, chargé de tous les frais, que ce qui resterait appartiendrait par moitié à Eudes, comte de Nevers, ayant la garde de ses autres filles[22].

Au mois de mai[23], le duc de Bourgogne ratifia ces arrangements qui devaient donner lieu plus tard à quelques difficultés, mais dont l'opportunité fut bientôt démontrée par un événement imprévu. Quelques mois après, on apprenait la mort malheureuse d'Eudes, comte de Nevers, décédé à Acre, le mercredi 4 du mois d'août 1266, à l'âge de trente-six ans[24].

Hugues d'Augerant et les exécuteurs des dernières volontés du défunt, après avoir fait embaumer[25] et enterrer son corps au cimetière de Saint-Nicolas d'Acre[26], rapportaient son cœur dans un écrin pour le déposer à l'abbaye de Cîteaux[27]. Quelques tristes souvenirs étaient remis dans les mains de son père, divers anneaux précieux[28], et le reste d'une somme de cinq cents marcs d'estellins que le duc de Bourgogne lui avait fait expédier par l'intermédiaire des chevaliers du Temple[29].

Quatre rôles ou rouleaux, conservés aux Archives nationales[30], contiennent le détail des sommes léguées par le comte de Nevers à ses gens, chevaliers, écuyers, servants, et payées à chaque légataire la veille de la Saint-Laurent (9 août 1266) par Hugues d'Augerant et Geofroi de Serginnes, fondé de pouvoirs d'Erard de Vallery. On trouve dans ce précieux document des indications exactes sur les bagages et le matériel, dont se faisait suivre au XIIIe siècle un chevalier de cette importance partant pour une telle expédition.

Toute cette nomenclature est du plus haut intérêt pour l'histoire de l'ameublement, du costume, des armes de guerre, bijoux, argenterie, anneaux, saphirs, camées, courroies et chapeaux d'or ornés de perles, coupes d'argent à couvercle d'or, hanaps d'argent doré garnis de pierreries et d'émaux, aiguières d'or et d'argent, bassins, coupes, pots, -cuillers et écuelles d'argent, toiles et étoffes, entre autres dix pièces de toile de la duchesse de Bourgogne, mère du comte Eudes[31], draps, linge, nappes, serviettes, couvre-chefs, gants, chausses et houseaux, souliers, tapis, tiretaine, rayés de Provins, draps de Tartais, camelots, bougrans, armures, cuirasses, freins, mors de chevaux, éperons, cottes d'armes, bannières, couteaux, lances, jambières, coffres, bahuts, barils, bouteilles de cuir, âne pour porter l'eau, provisions de bouche, vins, grains, poules, moutons, viandes salées, ornements de chapelle, calices, bréviaires, chasubles, surplis. On trouve même des livres, le Roman de Loherain, celui d'Outremer et un Chansonnier, qu'Erard de Vallery ne voulut pas abandonner et qu'il racheta pour trente et un besants[32].

Pendant cette même année 1266, Thibaud, comte de Champagne et roi de Navarre, beau-frère du duc de Bourgogne, soutenait pour son propre compte la guerre contre Hugues de Chalon, comte palatin, avec lequel il n'avait pu se mettre d'accord au sujet des droits sur l'abbaye de Luxeuil, malgré les décisions relatées dans deux sentences arbitrales[33]. Thibaud étant alors retenu en Navarre par sa lutte contre le roi d'Angleterre, le comte palatin avait occupé militairement Luxeuil, et attiré dans son parti le prévôt du monastère, en lui faisant espérer le siège abbatial alors vacant. Eustache de Conflans, connétable de Champagne, chargé de défendre les intérêts de son maître absent, dirigea les troupes de ce côté, et parvint à reprendre la place, qui fut plusieurs fois prise et reprise par les Bourguignons[34]. Dans une lettre à Thibaud, les religieux font un triste tableau de la situation de l'abbaye dont les bâtiments sont brûlés, les fortifications abattues et les biens pillés[35].

Sur ces entrefaites, Hugues, comte palatin, étant tombé malade, fut dans la nécessité de demander des trêves, qui lui furent accordées par Eustache de Conflans dans l'été de 1266, puis renouvelées le samedi avant la Toussaint, et devaient être prorogées jusqu'à Pâques de l'année suivante[36]. Sentant sa fin prochaine, le comte palatin fit son testament au château de Gray, le 1er août, abandonnant la distribution de ses biens et la direction de sa famille à Alix de Méranie, sa femme, dont il fait le plus grand éloge, « comme celle qui toute la painne et cusencon a soustenu et souffert de touz nos affaires et de touz nos pourchas, et comme tous nos grands hennours et nos seignouries et autres grans biens nous soient advenus de par luy[37]. » Environ trois mois après cet acte de dernière volonté, vers la Toussaint 4266, le comte palatin succomba, laissant à sa veuve une double guerre à soutenir.

Son père, le vieux Jean de Chalon le Sage, n'avait point pris personnellement part aux dernières luttes ; il employait ses derniers jours à faire le partage de ses domaines entre ses enfants brouillés et mécontents il survécut à son fils jusqu'au mardi 30 août 1267[38], très préoccupé des discordes et des destinées de sa famille dont il prévoyait les malheurs.

Le 2 février 1267, Hugues IV était avec Saint Louis et son gendre Jean de France, à Montargis, l'un des domaines assignés par le roi en dot à son fils lors de son mariage avec Iolande de Bourgogne ou de Nevers. C'est à Montargis que Jean rendit hommage au duc pour le comté de Nevers et les biens qui provenaient de sa femme. Il fut spécifié que cet hommage devait, selon l'usage, être fait soit au Saulce d'Island, près d'Avallon, soit à Laignes, mais que cette dérogation ne pourrait à l'avenir porter préjudice aux droits des ducs ses successeurs[39]. La même année Jean Tristan avait rendu hommage à l'évêque de Chalon à Saint-Denis, pour sa terre des Ricey et le parcours de Saint- Vincent, en déclarant que cet acte devait se passer dans la maison épiscopale de Chalon[40].

Ces anciennes coutumes, dont le souvenir est oublié depuis bien des siècles, et depuis la réunion des provinces à la couronne, remontaient pour la plupart au XIe siècle et à l'époque de la conquête du duché par le roi Robert. Ces usages curieux donnaient lieu à des formalités qui se reproduisaient fréquemment. Nous avons déjà tenté de donner l'origine du Parcours de Saint-Vincent[41], pour lequel les comtes de Nevers et de Tonnerre devaient hommage à l'évêque de Chalon-sur-Saône, à Chalon même et dans la maison épiscopale. Les comtes de Troyes devaient rendre hommage aux ducs de Bourgogne au ru d'Augustines, situé près de Mussy-sur-Seine et qui servait de limite aux deux provinces. Les mêmes ducs recevaient l'hommage des comtes de Nevers au Saulce d'Island, près Avallon, et celui des comtes de Tonnerre à Laignes. Les devoirs féodaux dus aux comtes de Champagne par ceux de Tonnerre devaient être rendus au pont de Nazèles, à Avrolles, près de Saint-Florentin.

Tant que vécurent les deux chefs de la maison de Chalon, le duc de Bourgogne n'avait point soutenu à main armée les revendications des droits qui lui avaient été cédés par la comtesse d'Orlamunde. Il avait seulement poursuivi les négociations avec les principaux barons du pays, préparé des alliances qui lui frayaient un chemin dans le Comté, et lui permettaient d'arriver jusqu'au centre de la province, et même à Besançon, dont il avait officiellement la garde et la protection. La mort du comte de Nevers, suivie de près par celle du comte de Charolais, fils aînés d'Hugues IV, ne ralentit point l'ardeur de ses ambitieuses convoitises, malgré les douloureux sentiments que ces événements durent lui causer. En août 1266, il fait reconnaître par Renier de l'Etang, chevalier, sa suzeraineté sur les châteaux de Sanvignes et terres voisines[42]. Par un traité passé en novembre avec Hugues, comte de Vienne et seigneur de Pagny, il se fait livrer Seurre et une partie des rives de la Saône vers Navilly[43]. Il obtient des religieuses de Remiremont un acte de pariage pour divers domaines du Chalonnais[44]. Archambaud de Chanoy lui rend hommage pour les châteaux de Sagy, Salornay et autres fiefs du Mâconnais[45]. Il échange des domaines avec Hugues, comte de Vienne, pour en obtenir des droits à La Perrière-sur-Saône[46]. Nombre de documents attestent les efforts d'Hugues IV pour étendre sa domination de ce côté, et plusieurs de ces fiefs, ainsi conquis par des échanges ou à prix d'argent, deviendront plus tard le centre de châtellenies importantes de nos ducs.

En guerre avec le comte de Champagne, menacée par le duc de Bourgogne, brouillée avec les enfants de Jean de Chalon qui n'étaient pas du premier lit, Alix de Méranie, veuve et sans défense, chercha un appui qu'Othe, l'aîné de ses douze enfants, ne pouvait lui procurer. Moins de six mois après la mort du comte palatin, elle prit parti de choisir un protecteur plus sérieux, et se décida, à épouser Philippe de Savoie, qui avait porté pendant plus de vingt ans l'habit ecclésiastique, mais qui avait été désigné par son frère Pierre pour lui succéder dans le duché de Savoie. Leur union fut bénie à Lausanne, en juin 1267. Les termes du contrat indiquent assez qu'Alix, en faisant un tel acte, n'était pas guidée par une question de sentiments affectueux ; elle donnait à son mari trois mille livres de revenus à prendre sur le Comté, en réservant que cette allocation serait supprimée dans le cas où le divorce surviendrait entre eux, et si cette éventualité provenait de la faute de Philippe[47].

Le 25 avril, Alix avait eu soin de renouveler avec Thibaud de Champagne, ou son fondé de pouvoir, les trêves passées précédemment[48], et qu'elle fit encore proroger à Pontarlier quelques jours après son mariage, en compagnie de son nouvel époux (29 juin)[49]. Deux fois encore ces trêves furent prorogées jusqu'à nouvel ordre, avec condition que si Philippe de Savoie voulait reprendre les hostilités il préviendrait son adversaire un mois à l'avance[50]. Ces dispositions maintinrent provisoirement la paix, en laissant indécise la validité de l'association entre Thibaud et les religieux de Luxeuil.

Femme de tête et de résolution, la comtesse palatine avait fort à faire pour contrebalancer les manœuvres du duc Hugues IV, et parer aux hostilités du plus acharné de ses beaux-frères, Jean de Chalon-Rochefort. Elle était parvenue par ses bons procédés et par ses largesses à rallier les sympathies intéressées d'un certain nombre de hauts barons, comme les sires de Mirebel, de Vaudemont, de Montbéliard. En février 1267, Jean, seigneur de Til-Châtel, lui rendait hommage, et déclarait qu'il s'était engagé à ne point prêter service à Jean de Chalon-Rochefort, « ne à nul de ses frères qu'il a de par sa mère », tous manifestement ligués contre Alix[51].

De son côté, le duc de Bourgogne, voulant tirer parti de ces haines de famille, rattachait Jean de Chalon à sa cause, en le fiançant avec sa petite-fille Alix, l'une des filles d'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers. Cette alliance ouvrait à Hugues IV les portes des forteresses de Rochefort, Château-Chalon, Sonnans, Poupet, Chaussin, Montfort, Monnet, etc. Les conventions de ce mariage furent arrêtées à Dijon, et la cérémonie eut lieu dans l'église de Lanthenay le 1er novembre 1268[52]. Hugues IV avait encore pour allié dans la famille Hugues de Cuiseaux, seigneur de Bourdeau, la Chapelle, Sarmoise, frère de Jean de Cuiseaux. Ce dernier ayant épousé Jeanne de Chalon, était beau-frère de la comtesse palatine[53].

Sous prétexte de protéger ses terres, Henri de Pagny avait construit au-delà de la Saône, et sur les bords de cette rivière, près de Mâcon, une forteresse dont le voisinage était fort incommode pour les habitants de cette ville. Les chanoines de Mâcon, sur le fonds desquels elle avait été indûment bâtie, en firent des plaintes au Parlement de Paris. On prouva que cette maison forte était établie sur le domaine royal, qu'elle était entourée d'eau pendant les crues de la Saône, ce qui permettait à ses défenseurs de traverser la rivière en bateau avec armes et bagages, et d'envahir les localités voisines où ils avaient commis de grands dommages. Henri de Pagny s'était même arrogé des droits de justice jusqu'au pont de Mâcon, et avait fait couper une oreille à un homme relevant du roi, sans compter d'autres abus contre lesquels réclamaient les représentants de Saint Louis. Mandé au Parlement, Henri ne s'y rendit point, mais se fit représenter par un mandataire. Pour mettre fin à ces désordres, un arrêt de 1268 ordonna la destruction de cette forteresse[54].

Après avoir pris ses mesures pour assurer le succès de ses revendications, le duc de Bourgogne franchit la Saône, et s'avança en armes dans le Comté mais, malgré son âge, Philippe de Savoie accueillit son attaque avec vigueur, et n'était pas homme à céder sans combat. On ne connaît que « les despens et missions que icil messire Philippes a fait pour défendre la terre encontre ledit duc, liquel par raison des avant bittes querelles commença et fist guerre au conte de Bourgoigne[55]. » Nous ne savons rien du détail des opérations militaires ; on voit seulement qu'Hugues IV ravagea le pays, sans pouvoir se rendre maître d'une seule place forte.

Cette campagne sans profit, sans résultat et sans honneur, était antipathique aux barons de la province, qui n'avaient dans ces luttes aucun intérêt personnel, et dans lesquelles Jean de Chalon jouait le rôle le plus actif et le plus passionné, par suite du mécontentement des partages opérés par son père.

Hugues, comte de Vienne, seigneur de Pagny, et Henri, seigneur de Sainte-Croix, son frère, qui avaient un pied dans les divers camps ; s'entremirent à rétablir là paix entre les uns et les autres. Mais ce ne fut pas sans peine, et sans de nombreux pourparlers, qu'ils parvinrent à trouver un terrain commun de conciliation. Le 25 juillet 1269[56], ils déclarent que, pour mettre fin à ces divisions, Philippe, comte de Savoie, et la comtesse palatine Alix devront s'engager à donner au duc onze mille livres viennoises, à livrer leurs châteaux de Châtillon, de Dôle, de Rochefort et de Neublans, pour lesquels ils auront désormais à rendre hommage. A l'égard de la seigneurie de Salins, et de l'échange conclu trente ans auparavant, le duc ayant allégué dans la valeur des domaines échangés une lésion de moitié à son préjudice, le comte et la comtesse étaient de ce chef obligés de lui tenir compte d'une somme de mille livrées de terre en indemnité. Dans ce projet de pacification, sont nommément indiqués, parmi les alliés du duc, Jean de Chalon, le sénéchal de Lyon et le seigneur de Jay Simon de Joinville.

Ces conditions, assez léonines et assez dures de la part d'Hugues IV, n'eurent pas une sanction immédiate quelque temps se passe avant de voir le résultat de ces premières négociations. Deux mois plus tard[57], puis en décembre[58], Othenin, fils aîné d'Alix, s'obligea de rendre à Philippe de Savoie les onze mille livres promises au duc, engageant à cet effet les domaines de Bracon et de Salins, et même le Comté tout entier, tant que vivrait sa mère.

D'autre part, Henri d'Antigny, seigneur de Sainte-Croix, et Jean de Vergy, sénéchal de Bourgogne, seigneur de Fouvent, avaient réussi à calmer l'effervescence quelque peu brouillonne du jeune Jean de Chalon, leur neveu, et en avaient obtenu un rapprochement avec sa famille. La réconciliation eut lieu au château de Rochefort, près Dôle. Dans deux actes distincts, du 13 septembre 1269, Jean de Chalon, qui s'intitule comte d'Auxerre et sire de Rochefort, déclare que, par l'entremise de ces seigneurs, il a fait la paix avec Othenin, comte palatin de Bourgogne, au sujet de la Saunerie de Salins, et qu'il lui rend foi et hommage pour les terres et châteaux de La Chassagne, Vaudrey, Sonnans, Chaussin, Poupet, Les Clées, Montfort, Lamarche-en-Bresse, Lessart, Châtel-Belin[59].

Après les calamités occasionnées par cette longue suite de discordes, dans lesquelles le duc de Bourgogne n'avait pas eu la moindre part, il importait, pour la sécurité de chacun d'eux, et pour la tranquillité du pays, de donner une sanction à ces actes séparés de pacification. On convint d'une réunion générale et solennelle qui aurait lieu le dimanche des octaves de Pâques, 20 avril 1270, à Saint-Jean-de-Losne, localité située sur la frontière des deux états. Tous s'y rencontrèrent : Philippe, comte de Savoie, le duc de Bourgogne, le comte palatin, la comtesse Alix sa mère, les sires de Vienne, de Chalon, d'Antigny et de Sainte-Croix.

On avait tenu à faire coïncider cette réunion avec le passage de Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne, qui partait en Terre Sainte avec Saint Louis, et qui avait été trop mêlé à ces débats pour ne pas y assister. Il profita de cette occasion pour faire ses adieux à sa sœur Béatrice et à son beau-frère Hugues IV. Parti de Chaumont-en-Bassigny, il était le 18 à Til-Châtel et couchait le 19 au château de Rouvres. Le lendemain il quitta Saint-Jean-de-Losne pour aller à Nuits, où sa suite avait dû l'attendre, puis il gagna Chalon, et de là Marseille[60].

Les personnages réunis à Saint-Jean-de-Losne donnèrent une ratification définitive des engagements pris précédemment. Le duc de Bourgogne renonça à ses droits sur le Comté, toucha de Philippe de Savoie onze mille livres dont il donna quittance. La comtesse Alix, du consentement de son mari, à genoux et les mains dans celles du duc, rendit sans réserve l'hommage qui lui avait été imposé pour Dôle et les arrière-fiefs de Rochefort et de Neublans[61].

Nous croyons que le duc avait renoncé aux droits de garde qu'il avait auparavant sur la ville de Besançon, bien que cela ne soit pas particulièrement spécifié, car il résulte d'un acte peu antérieur, que les habitants de cette ville s'étaient engagés à recevoir dans leurs murs le comte palatin et ses gens, « jusques à deux cents hommes d'armes à fer de cheval, toutes les fois que en seroient requis et que mestier li sera »[62]. Ces traités mirent fin à une lutte qui avait trop longtemps agité nos contrées, et qui eut pour cause première les discordes de la maison de Chalon trahie par ses propres enfants. La ténacité ambitieuse d'Hugues IV avait fait le reste. Lui seul gagnait à ces nouveaux arrangements, en soumettant à sa suzeraineté ces grands fiefs longtemps convoités de Rochefort et de Neublans, et en assujettissant à sa puissance ce splendide château de Dôle, où l'empereur Frédéric Barberousse avait jadis réuni, en les effaçant, toutes les grandeurs de l'Allemagne. La question du Comté n'est toutefois que momentanément assoupie ; elle renaîtra plus tard sous une autre forme, et cette province sera pendant plus d'un demi-siècle encore un sujet de conflits et de guerres, et l'objectif des efforts obstinés des possesseurs du duché.

 

 

 



[1] Ce n'est point en 1248, comme le dit Edouard Clerc, c'est-à-dire au moment de la mort d'Othe, duc de Méranie, c'est seulement en 1265 que ces bruits sont utilisés.

[2] Arch. nat., J. 247, rouleau 37.

[3] Orig. Arch. du Doubs, B. 42 ; Arch. nat., J. 247, n° 37.

[4] Arch. nat., J. 247, n° 37. Jean de Blanot, chevalier, qui paraît ici, était le 21 juillet précédent au château de Metz-le-Comte, en Nivernais, avec Eudes, Jean et Robert, fils du duc de Bourgogne, et assistait au consentement donné par eux au partage des biens proposé par leur père.

[5] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 115.

[6] Arch. nat., J. 217 ; Arch. du Doubs, B. 42.

[7] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 114.

[8] Arch. nat., J. 247.

[9] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 116.

[10] Bibl. nat. Ve Colbert, n° 56, fol. 198-199 ; notre catalogue, n° 3438.

[11] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10475 ; charte de décembre 1263 ; notre catalogue, n° 3344.

[12] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10476 ; octobre 1265 ; catalogue, n° 3442.

[13] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10476 ; octobre 1265 ; catalogue, n° 3443.

[14] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 120 ; novembre 1265 ; catalogue, n° 3452.

[15] Pérard, p. 507 ; notre catalogue, n° 3468.

[16] Pérard, p. 508 ; notre catalogue, n° 3469.

[17] Dom Plancher, t. II, pr LXIX. Les trois frères donnent leur consentement au partage des biens de leur père Hugues IV.

[18] Ces noms sont cités dans le rouleau des Arch. nat. J. 821, n° 1, cité plus loin. Quant à Gaucher de Merry, nous en reparlerons dans la généalogie de la famille de Villehardouin, à laquelle il appartenait, car son grand-père Ascelin de Merry, issu des seigneurs de Châtel-Censoir, avait épousé Marie de Villehardouin, fille de l'historien. Les liens de parenté entre ces familles qui ont joué un rôle en Orient, et qui sont originaires de nos pays, sont utiles à connaître.

[19] Lenain de Tillemont, Saint Louis, t. IV, p. 390.

[20] Pérard, p. 508-509.

[21] Jean de France, dit Tristan, était né à Damiette en Palestine, en 1250.

[22] Lenain de Tillemont, Vie de Saint Louis, t. IV, p. 128-130.

[23] A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, pr. p. 85-88 ; Lenain de Tillemont, Vie de Saint Louis, t. IV. p. 128-130. La terre de Monjay, près Lagny, l'une des anciennes possessions de la maison de Châtillon, était au nombre des terres qu'Eudes, comte de Nevers, avait données en mariage à sa fille. Iolande apportait aussi à Jean de France le domaine d'Alluye, relevant de l'évêché de Chartres.

[24] L'obituaire de Cîteaux porte : NONAS AUGUSTI ANNO DOMINI M°CC°LX°VI° OBIIT ODO, QUONDAM COMES NIVERNENSIS. Ceci établit d'une manière indiscutable la date du décès d'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, qui n'avait pas encore été fixée, et que l'Art de vérifier les dates, Dom Plancher et autres indiquent soit en 1267, soit en 1269. La mort était assurément de quelques jours antérieure au 9 août 1266, puisque les legs du défunt furent distribués à cette dernière date (V. la pièce déjà citée, Arch. nat., J. 821 n° 1).

[25] Ceci ressort d'un passage du compte inséré dans le rouleau, Arch. nat., J. 821, n° 1.

[26] A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 87.

[27] Tel est le sens que nous croyons devoir donner à cet article « por escrin acheté por porter à Cytiaus IIIb demi. »

[28] « Messire Hugues d'Augerant emporta l'enel que li dux avoit doné le conte, et l'enel qui doit estre as hoirs de Nevers. »

[29] « Il fu aporté de Bourgoingne V° mars d'estellins que li dux de Bourgoingne envoia le conte par le Temple, au passaige d'aoust, qui valoient au jor de l'an, en Acre m. IIIc IIIIxx VIIlb Xs tornois. »

[30] Arch. nat. supplément, J. 821, n° 1 ; ces rôles ont été publiés par Chazaud, archiviste de l'Allier, dans le t. XXXII des Mémoires des antiquaires de France, p. 164 et suiv., et par Quantin, Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 306, n° 627.

[31] Iolande de Dreux, première femme d'Hugues IV, morte le 30 octobre 1248.

[32] Voir Chazaud, Mém. de la soc. des Antiq. de France, t. XXXII, p. 64.

[33] Deux pièces de septembre 1265, d'Arbois de Jubainville, Comtes de Champagne, catalogue, n° 3373, 3375.

[34] Sur cette guerre dans laquelle Luxeuil fut pris et repris, V. Dunod, t. II, p. 208.

[35] Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 403.

[36] Arch. du Doubs, Ch. des Comptes, B. 260. Cette pièce du samedi avant la Toussaint, par laquelle Eustache de Conflans proroge les trêves à Hugues, comte palatin, indique que des trêves avaient été antérieurement accordées.

[37] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 133.

[38] Obituaire de la Sainte-Chapelle de Dijon, n° 375 des mss. de la ville de Dijon. L'Art de vérifier les dates met cette mort au 30 septembre, c'est 30 août qu'il faut lire.

[39] Pérard, p. 516.

[40] Cet acte est daté du mardi après la purification 1267, Perry, Histoire de Chalon, p. 194 et pr. p. 731.

[41] Voir notre tome IV.

[42] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10477 ; notre n° 3510.

[43] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10477 ; notre n° 3520.

[44] Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, VIe série, t. IV, p. 459.

[45] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10477 ; catalogue, n° 3537.

[46] Orig. Arch. de la Côte-d’Or, B. 10477.

[47] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 141 ; catalogue, n° 3566.

[48] Bibl. nat., Ve Colbert, n° 58, fol. 224.

[49] Bibl. nat., Ve Colbert, n° 56, fol. 274.

[50] Actes des 1er novembre 1267 et du 10 février 1268, mêmes sources, fol. 275 et 278.

[51] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 139 ; catalogue, n° 3540.

[52] Le jour de la Toussaint 1er novembre 1268, Jean de Chalon déclare qu'avant d'épouser devant la porte de l'église de Lanthenay Alix de Bourgogne, fille d'Eudes, comte de Nevers, il a promis de lui constituer une rente de mille livres, assise sur un de ses châteaux ; catalogue, n° 3625. En septembre 1269, Jean de Chalon s'intitule déjà comte d'Auxerre dans un accord avec Othe, comte palatin de Bourgogne, accord passé par l'entremise de Jean de Vergy, seigneur de Fouvent, sénéchal de Bourgogne, et d'Henri d'Antigny, sire de Sainte-Croix (Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 158).

[53] Pour l'alliance de Jean de Cuiseaux et de Jeanne de Chalon, voir pièces du 1er juillet 1264 et de 1270, n° 3374 et 3743.

[54] Olim, t. I, p. 722.

[55] Accord de décembre 1269. Orig. Arch. du Doubs, B. 42 ; catalogue, n° 3677.

[56] Pérard, p. 518-519.

[57] En septembre 1269, Arch. do la Côte-d'Or catalogue, n° 3666.

[58] Orig. Arch. nat., J. 217 ; catalogue, n° 3677.

[59] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 152, 153, copie de Dom Aubrée ; catalogue, n° 3664 et 3665.

[60] Voir nos n° 3713-3715, 3717, 3720-3722.

[61] Trois pièces du 20 avril 1270 ; Orig. Arch. nat., J. 247 et 252 ; catalogue, n° 3717-3719.

[62] Mars 1270. Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 150 ; catalogue, n° 3696.