Mort de l'empereur
Guillaume de Hollande. — Alphonse X, roi de Castille et de Léon, et Richard
de Cornouailles, nommés simultanément empereurs. — Joie du duc Hugues IV de
la nomination d'Alphonse X, son parent ; mort de sa première femme Iolande de
Dreux pendant la croisade ; projet d'alliance avec Béatrice, fille de
Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne ; obstacles qui s'opposent à la
réalisation immédiate de cette alliance. — Hugues IV excommunié pendant plus
de cinq années ; interdit général lancé sur ses domaines, à la suite des
ravages commis sur les terres de l'abbaye de Cluny. — Sentence exécutée dans
le Dijonnais, l'Auxerrois et la Champagne méridionale relevant du duché. —
Inefficacité de l'interdiction pesant sur les populations et n'atteignent pas
suffisamment le coupable. — Plaintes des évêques au roi à ce sujet réponse de
Saint Louis. — Retard apporté dans les projets matrimoniaux du duc Hugues IV
; son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ; sa réception à Ségovie en
compagnie de son gendre Gui, vicomte de Limoges ; accueil du roi de Castille
et de Léon. — Le duc de Bourgogne vassal d'Alphonse X pour un fief valant de
rente dix mille marabotins, monnaie d'Espagne, ou quatre mille marcs d'argent
au poinçon de Troyes. — Rentrée d'Hugues IV en Bourgogne son mariage avec
Béatrice de Navarre détail de la dot. — Le duc de Bourgogne obtient de
l'empereur le vicariat ou le protectorat sur le Comté son rôle dans cette
province. — Luttes de l'archevêque de Besançon contre les habitants de cette ville
et les barons ligués ; intervention de Hugues IV ; l'abbé de Cîteaux chargé
par Saint Louis de terminer les débats par des arrangements pacifiques. —
Funestes résultats de la politique de Jean de Chalon ; son mariage en
troisièmes noces avec Laure de Commercy. — Les habitants de Besançon
reconnaissent le duc de Bourgogne comme avoué et gardien de leurs franchises.
— Acquisitions considérables faites par Hugues IV ; extension du duché par
suite de bonne administration et de sage économie ; fiefs nombreux annexés. —
Ses deux sceaux, avant et après sa promotion dans l'ordre de chevalerie.
Le duc
de Bourgogne surveillait attentivement les événements qui se passaient
au-delà de la Saône, et ne pouvait compter que sur des circonstances
imprévues pour réaliser ses projets d'annexion. La mort
de l'empereur Guillaume de Hollande, tué dans une embuscade le 18 janvier
1256, avait mis le comble aux agitations de l'Allemagne. Les états impériaux
divisés, et résolus à n'élire qu'un étranger, portèrent leurs voix sur deux
personnages de nationalités différentes. Alphonse X, dit le Sage, roi de
Castille et de Léon, fut nommé en même temps que Richard de Cornouailles,
frère d'Henri III, roi d'Angleterre, et avec leur gouvernement simultané
commence la période que les historiens ont appelée le grand interrègne. Hugues
IV n'avait point appris sans satisfaction la nomination d'Alphonse X, avec
lequel le rattachaient des liens de parenté, dont la tradition ne s'était
point perdue dans la famille ducale de Bourgogne[1]. Alphonse descendait d'une
branche cadette des comtes de Bourgogne et de Constance, fille du duc Robert Ier,
mariée avec Alphonse Ier, roi de Léon. L'empereur pouvait disposer du Comté,
comme avait fait son prédécesseur Guillaume en faveur des burgraves de
Nuremberg, et peut-être Hugues IV entrevoyait-il la possibilité de certaines
concessions, malgré la possession effective des sires de Chalon. Les
documents ne nous apprennent pas si le duc fut un des négociateurs du mariage
projeté entre Bérangère, fille aînée d'Alphonse X, et de Louis, fils aîné du
roi de France. Nous ne savons pas davantage s'il assistait à Melun, le 6
avril 1255, à la cérémonie nuptiale qui unissait Thibaud V, roi de Navarre et
comte de Champagne, avec Isabelle de France, fille ainée de Saint Louis. Hugues
IV était alors veuf depuis plusieurs années. Sa femme Iolande de Dreux était
décédée, non en 1255, comme le dit l'Art de vérifier les dates, mais
bien antérieurement, et pendant son séjour en Terre-Sainte, le mardi 30
octobre 1248, suivant la date certaine fournie par l'obituaire de Cîteaux[2]. L'année
même de son propre mariage, en 1255, Thibaud V avait marié Marguerite, une de
ses sœurs, avec Ferri, duc de Lorraine, qui, par la mort de Mathieu II, était
entré en possession des états de son père. Il
restait à Thibaud V une autre sœur, nommé Béatrice, fille comme lui de
Thibaud IV de Champagne et de Marguerite de Bourbon que le duc de Bourgogne
avait intention de demander en mariage en 1257, malgré la disproportion d'âge[3]. Des raisons politiques surtout
le poussaient à une alliance qui le rapprochait encore de la famille royale,
et le faisaient entrer plus étroitement dans la parenté du duc de Lorraine,
dont sa grand'mère Alix était issue. Malheureusement
des obstacles d'un ordre particulier paraissaient s'opposer pour le moment à
la réalisation d'un semblable projet. A la suite de ses démêlés avec l'abbé
de Cluny, et du refus de réparer les dommages causés à l'abbaye, Hugues IV
avait été excommunié et l'interdit général avait été lancé contre tous ses
domaines. Cette pénalité, dont on avait si souvent abusé, était cette fois
justifiée par la gravité des méfaits. Mais depuis quelle époque et à quelle
date avait-on prononcé la sentence ? On l'ignore, car les actes de cette
nature, toujours humiliants pour celui qui en est l'objet, ont depuis
longtemps disparu des archives ducales. A
défaut de la bulle d'excommunication dont le texte ne nous est pas connu, on
est assuré par des actes des comtes de Champagne, de Saint Louis, de l'abbaye
de Saint-Germain d'Auxerre, du chapitre de Saint-Marien de la même ville, et
de Saint-Bénigne de Dijon, que l'interdit fut appliqué avec une certaine
rigueur dans tous les pays soumis, de près ou de loin, à la domination du duc
de Bourgogne. Jusqu'à
preuve du contraire, nous croyons que la sentence fut promulguée par Innocent
IV, bien que les actes de son pontificat n'en fassent point mention[4] mais la condescendance de ce
pape pour l'abbé de Cluny, l'empressement avec lequel il donnait satisfaction
à ses désirs et protégeait les intérêts de son abbaye, autorisent cette
supposition. Les foudres canoniques furent sans doute lancées à la fin de 1253,
à la suite des doléances et des réclamations réitérées de l'abbé. Mais
peut-être rencontrèrent-elles au début quelque opposition de la part de
divers prélats, désireux de conserver les bonnes grâces du duc, et intéressés
à en retarder la promulgation dans leurs diocèses respectifs. La même
résistance s'était déjà produite, en 1200, lors de l'interdiction générale
qui frappa le royaume. Sous le
pontificat d'Alexandre IV, successeur d'Innocent, qui, d'après le récit de
Nicolas de Curbio, son confesseur, fut élu pape le 12 décembre 1254, la
sentence était appliquée dans l'Auxerrois, le Dijonnais et dans la Champagne
méridionale relevant du duché. Les religieux de Saint-Germain d'Auxerre, fort
contrariés d'être frappés d'une pénalité aussi grave pour une cause qu'ils
pouvaient ignorer, adressèrent les premiers une réclamation au pape, afin
d'obtenir quelque atténuation à la rigueur de l'interdit. Le 23 juillet 1255,
Alexandre IV autorisa les moines de Saint-Germain à donner la sépulture à
ceux qui en feraient la demande expresse, et cela tout le temps que
l'interdit général pèserait sur le pays, cum terre generale fuerit
interdictum[5]. La même faveur fut accordée
aux Frères-Mineurs le 30 juillet de cette année[6]. L'abbé et le chapitre de
Saint-Marien d'Auxerre, ayant adressé une requête de leur côté, obtinrent, en
novembre, l'autorisation de pouvoir célébrer la messe, les portes fermées,
pendant la durée de l'interdit[7]. Le roi
Saint Louis avait des principes religieux trop arrêtés et trop sincères pour
ne pas se prémunir contre les conséquences de cette situation, au moment où
il devait aller chez son gendre, en Champagne, où il se rendit en effet[8]. Aussi avait-il reçu, le 10
septembre, un sauf-conduit, et le droit d'entendre la messe, les portes
closes et à voix basse, dans les localités frappées d'interdiction. Thibaud,
comte de Champagne, et sa femme obtinrent à plusieurs reprises un semblable
privilège, et notamment le 13 octobre 1257[9], ainsi que l'année suivante. Il est
certain qu'à la fin de 1257 et au commencement de 1258, Hugues IV était
toujours sous le poids de l'excommunication. Les religieux de Saint-Bénigne
de Dijon, gênés par ce mode de répression inique et singulière qui pesait sur
toute une province pour la faute d'un seul, avaient adressé une requête au
pape pour bénéficier d'une autorisation qui n'était peut-être pas la
première. Alexandre IV répondait, le 30 janvier 1258[10] : « Nous avons reçu
votre requête, et nous faisons droit à vos instantes prières, c'est-à-dire
que tant que l'interdit général pèsera sur vos domaines, il vous soit permis
de célébrer l'office divin, les portes closes, à voix basse et sans tintement
de cloches, à l'exclusion toutefois des excommuniés, alors que vous n'aurez
pas vous-même été cause de l'interdiction, et que la sentence ne vous
touchera en rien personnellement. » Il
ressort de ces documents que le duché fut frappé d'excommunication pendant
cinq ans au moins, sans qu'il soit permis de préciser les limites extrêmes de
la période comprenant la promulgation de la sentence et la levée de
l'interdit. Le duc
de Bourgogne devait être peu sensible pour sa part à la pénalité dont il
était atteint, les actes antérieurs de sa conduite le prouvent
surabondamment. Lorsqu'il avait été choisi chef de la ligue contre les abus
ecclésiastiques, il était convenu entre les confédérés que si l'un d'eux
venait à être frappé d'excommunication, il ne céderait point à la sentence,
suivant la décision qui serait prise d'un commun accord, et que tous les
autres ligués lui prêteraient main-forte pour la résistance. L'inefficacité
d'une répression qui n'atteignait pas le destinataire, mais qui frappait
surtout les populations qui lui étaient soumises, était un fâcheux symptôme.
Les foudres canoniques devenaient alors des armes dangereuses et prêtes à
blesser ceux qui s'en servaient. Ces mesures violentes, loin de servir les
intérêts de l'Eglise, jetaient le trouble et l'inquiétude parmi les fidèles,
en les éloignant de pratiques religieuses, dont il eût été imprudent de les
déshabituer[11]. Le cas du duc de Bourgogne
n'était pas isolé, car d'autres grands barons, comme le duc de Bretagne,
étaient restés sept ans sous le poids de l'excommunication sans s'en
préoccuper davantage. Gui de Vignory, seigneur de la Ferté-sur-Amance, en
lutte avec les religieux de Vaux-la-Douce, était resté huit ans sous le coup
de l'interdiction[12]. La
résistance des principaux feudataires pouvait devenir contagieuse pour les
vassaux. Les hauts dignitaires de l'Eglise, les archevêques et les évêques le
sentaient bien et s'en émurent. Ils résolurent d'adresser leurs plaintes à
Saint Louis et se rendirent au palais. Cet épisode, dont l'historien
Joinville nous a laissé une page curieuse et saisissante, est le témoignage
le plus probant en faveur de l'énergie du souverain pénétré de ses devoirs,
qui, malgré la ferveur d'une foi profonde, ne voulait rien céder des
prérogatives delà couronne et des droits attachés à la dignité royale, en
présence des revendications parfois injustes de l'épiscopat et de l'Eglise. Guide
Mello, évêque d'Auxerre, l'un des plus atteints par l'interdit, et pour
lequel Saint Louis avait un profond respect, fut chargé de prendre la parole
dans cette assemblée : « Sire, fit-il, ces archevêques et ces
évêques qui sont ici m'ont chargé de vous dire que la chrétienté déchoit et
se perd entre vos mains, et qu'elle décherra encore plus si vous n'y avisez.
» Le roi se signa et reprit : « Or dites-moi comment ce est »
— « Sire, continua l'évêque, on ne tient plus compte des
excommunications, et on préférerait mourir plutôt que de se faire absoudre.
Nous vous requérons donc de commander à vos baillis, prévôts et autres
officiers, de contraindre un excommunié, qui serait resté un mois et un jour
sous le coup de la sentence, à faire amende honorable, ou à voir ses biens
confisqués. » Le roi répondit seul, sans conseil, qu'il agirait
volontiers ainsi qu'on le requérait, pourvu qu'on lui donnât connaissance de
l'allaire, afin de savoir si elle était juste ou non. Après avoir consulté
ses collègues, Gui de Mello objecta qu'il n'appartenait point aux laïcs de
juger les causes ecclésiastiques. Saint Louis reprit à son tour qu'il ne leur
donnerait pas la connaissance de ce qui lui afférait, et qu'on ne pouvait
contraindre à se faire absoudre ceux qui avaient été lésés par les clercs
sans avoir auparavant entendu leur dire, car, en le faisant, il agirait
contre Dieu et contre le droit. Il cita l'exemple du duc de Bretagne, qui,
bien qu'excommunié pendant près de sept années, avait plaidé contre les
prélats de sa province, et si bien défendu son affaire que le pape s'était vu
dans la nécessité de donner tort aux évêques et de lui rendre justice, « et
si je l'eusse contraint dès la première année, je l'eusse contraint à tort[13] ». Les
prélats se retirèrent assez confus et l'on n'entendit plus parler de leurs
réclamations. Quoi
qu'il en soit, la situation dans laquelle se trouvait le duc de Bourgogne
paraît avoir retardé la réalisation de ses projets matrimoniaux. L'église ne
s'y fût pas prêtée, et n'eût pas consenti à bénir l'union d'un excommunié. Le
comte de Champagne, en bonnes relations avec le Saint-Siège, était assez
scrupuleux pour y regarder à deux fois. Il est donc permis de supposer,
malgré l'absence de tout document écrit, que le duc fut dans la nécessité de
faire amende honorable à l'abbé de Cluny, et que le pèlerinage de
Saint-Jacques de Compostelle, auquel il se rendit peu après, lui fut imposé
pour donner satisfaction à l'Eglise. Les
pèlerinages étaient assez généralement imposés au XIIIe siècle en pénitence
de fautes sérieuses, et la distance de ces pèlerinages était proportionnée à
la gravité des forfaits ; la pénalité était appliquée aussi bien par les
puissances laïques que par les autorités ecclésiastiques. On en a un curieux
exemple dans un arrêt du Parlement de Paris, rendu en 1296[14], en faveur du chambellan de
Tancarville contre le sire d'Harcourt et ses complices, convaincus de
guet-apens contre ce chambellan. Le seigneur d'Harcourt était envoyé à
Notre-Dame de Boulogne, à Notre-Dame du Puy et à Saint-Thibaud en Auxois, ce
qui montre le crédit dont jouissait déjà l'un des sanctuaires vénérés de
notre région. Un autre conjuré, qui avait donné le premier coup et crevé un
œil au sire de Tancarville, fut condamné à aller en Chypre ; un troisième,
ayant frappé la victime aux jambes, dut aller à Saint-Nicolas de Bar, et
Foucaud de Mello, reconnu comme le moins coupable, dut seulement se rendre à
Notre-Dame de Chartres. Le 8
juin 1258, le duc de Bourgogne était à Vincennes avec Eudes, comte de Nevers
et seigneur de Bourbon, son fils ; il ratifiait le projet de mariage arrêté
entre Iolande de Nevers, sa petite-fille, avec Jean de France, surnommé
Tristan, fils de Saint Louis. Le fiancé avait huit ans, la fiancée était plus
jeune encore, puisque sa mère Mathilde de Bourbon n’avait que vingt-trois ans[15]. Le comte.de Nevers donnait
huit mille livres de rente à sa fille, et promettait de la remettre au roi,
quand il la réclamerait, et qu'elle aurait atteint l'âge voulu. Saint Louis,
de son côté, promettait de donner deux mille livres à Iolande pour son douaire. C'est à
Vincennes qu'Hugues IV reçut, dans le même moment, l'hommage du comte de
Champagne ; il revint ensuite en Bourgogne, et, en passant à Lagny, Thibaud
lui délivra une attestation de cet hommage, en déclarant que la cérémonie
ayant eu lieu du consentement de chacun d'eux, aurait dû se faire comme
d'habitude au ru d'Augustines[16]. Au mois
d'août, le duc avait quitté la Bourgogne : « le duc Hugues IV,
traversant l'Espagne pour aller à Compostelle, parut à Alphonse un seigneur
tout à fait propre pour faciliter son passage en Italie », dit un mémoire
assez étudié et assez rare du XVIIe siècle[17]. Le 21
septembre en effet, Hugues IV, en compagnie de Gui, vicomte de Limoges, son
gendre[18], était à Ségovie à la cour du
roi des Romains, de Castille et de Léon, qui l'accueillait comme un de ses
fidèles, lui donnait en fief une rente de dix mille marabotins, monnaie
d'Espagne, assise sur les revenus de la Castille et de l'Empire. Le roi Alphonse
X investit solennellement son nouveau vassal au moyen d'un bâton qu'il
portait à la main. Le duc promit, en retour d'aider Alphonse X et ses
successeurs comme un allié, à condition de n'être point appelé en armes au-delà
de Roncevaux, de le servir fidèlement, en réservant les droits féodaux qu'il
devait au roi et à la reine de France, aux évêques de Langres, d'Autun et de
Chalon[19]. Par un autre acte passé le
même jour, le roi donnait à Hugues IV acquit de son hommage, promettait de
lui verser à Paris, à la Nativité de la Vierge, en septembre, quatre mille
marcs d'argent au poinçon de Troyes, représentant la somme de dix mille marabotins
d'Espagne, indépendamment de l'annuité qui lui fut délivrée comptant pour
l'hommage du fief rendu cette présente année[20]. Six
semaines après, le duc de Bourgogne était de retour dans ses états, qu'il ne
fit que traverser, pour aller en toute hâte conclure son mariage avec
Béatrice de Navarre à la cour de Champagne, où il était arrivé en novembre. Les
préliminaires du contrat laissent assez entendre que des négociations
antérieures avaient eu lieu, et que certaines objections sérieuses en avaient
retardé la conclusion, car Hugues IV déclare, « que con paroles fuissent de
mariage entre nous et de Beatrix, la soror à noble baron Thibaut, par la
grace de Dieu, roi de Navarre, conte de Champaigne et de Brie, palatin ; à la
porfin nos sommes accordé en tel manière que li devantdiz Thibaut nous donne
la devantdiz Beatrix à femme[21] ». La future apportait en dot
la terre de l'Isle-sous-Montréal[22], dont le possesseur devait
toujours rendre hommage au comte de Champagne, et une somme d'argent de vingt
mille livres tournois, renonçant à toutes les autres réclamations qu'elle
pourrait faire sur la succession de ses père et mère. Hugues IV assurait à Béatrice
un domaine de quatre mille livres, assis sur les revenus de Châtillon-sur-Seine,
Villaines-en-Duesmois, Vitteaux, etc., suivant la prisée qui serait faite par
deux chevaliers nommés de part et d'autre comme arbitres[23]. Ce
chiffre de quatre mille livres données en douaire à la future correspond à la
somme d'argent au poinçon de Troyes, allouée au duc de Bourgogne par
le roi de Castille et de Léon. La coïncidence peut paraître singulière, et
tendrait à faire croire, qu'indépendamment des satisfactions morales, on
avait sans doute exigé d'Hugues IV un apport pécuniaire, que la situation de
ses finances ne lui permettait pas de donner sur-le-champ. Du reste, il y
avait une disproportion d'âge très considérable entre les conjoints ; le duc
avait un âge triple de celui de sa femme, qui avait à peine atteint sa
quinzième année[24]. C'était une belle-mère bien
jeune qu'il donnait à ses fils, une belle-mère plus jeune que ses brus. On peut
admettre qu'à cette époque le duc était réconcilié avec l'Eglise et avait
donné satisfaction à l'abbé de Cluny, malgré le texte d'une nouvelle bulle
d'Alexandre IV, datée d'Anagni le 5 février 1259, autorisant les chapelains
de Thibaud de Champagne à célébrer la messe à voix basse pendant l'interdit
général[25]. Mais le comte de Champagne,
par excès de prudence, avait pu faire renouveler les faveurs précédemment
accordées, au moment du mariage de sa fille en novembre précédent, et la
réponse avait pu se faire attendre deux ou trois mois, alors que cette autorisation
devenait inutile. Les
discordes civiles qui avaient agité le Comté, les luttes entre Jean de Chalon
et son fils, la guerre entre ces derniers et Thibaud, roi de Navarre, les
révolutions communales qui s'opéraient à Besançon, avaient quelque peu
diminué l'autorité et la puissance des comtes de Bourgogne. Le duc
Hugues IV avait sans doute entretenu Alphonse X de sa situation difficile et
des commotions qui agitaient cette province éloignée des autres états de
l'Empire. Il en avait obtenu, ainsi que cela ressort des documents
ultérieurs, le vicariat qui lui assurait une sorte de protectorat sur les
villes de cette région, et c'est en cette qualité qu'on lui voit jouer un
rôle dans les événements qui suivent. Nous
n'avons pas à raconter les démêlés et les luttes de l'archevêque de Besançon
contre les habitants de la ville et la noblesse du pays. Jean de Chalon et le
comte palatin, auteurs secrets de ces conflits, avaient organisé le mouvement
et excité les esprits contre le prélat. L'excommunication lancée par ce
dernier contre les complices nommément désignés n'était pas faite pour
ramener le calme. L'archevêque, poursuivi par l'animosité du peuple révolté,
menacé par la ligue des barons qui le tenaient emprisonné dans un cercle de
forteresses entourant la ville, se vit sur le point d'abandonner son église.
Par une bulle du 29 janvier 1259, Alexandre IV, désireux de sortir de ces
embarras, s'adressait aux évêques d'Auxerre et d'Autun, ordonnait une enquête
sur les agissements de la commune de Besançon, sur la fabrication du sceau de
cette commune, sur l'établissement des taxes, les chargeant d'inviter les
citoyens à donner satisfaction à l'archevêque, et d'invoquer le secours du
roi de France, du roi de Navarre et du duc de Bourgogne[26]. En
obéissant à cette invitation, Hugues IV n'eut garde de commettre des
imprudences en opposition avec ses propres intérêts, et qui auraient pu le
mettre en mauvaise intelligence avec les habitants de Besançon. Il fit bonne
mine à l'archevêque, se rendit avec lui à l'abbaye de Cîteaux (en février
1259), où Jean de
Chalon fut également convoqué[27], et se fit notifier par le
prélat, dans un but évident de s'en servir, les clauses du contrat par lequel
Othe de Méranie lui avait jadis confié la garde du Comté, contrat dont les
conventions étaient depuis longtemps expirées[28]. L'honneur
de la pacification revient seulement à Saint Louis qui, deux fois en quatre
ans, avait ramené le calme dans le comté de Bourgogne. L'abbé de Cîteaux,
chargé par lui de négocier les arrangements, vint trouver Jean de Chalon et
le comte palatin qui consentirent à détruire les forteresses qu'ils avaient
édifiées, et à mettre bas les armes[29]. A dater
de cette époque, les habitants de la commune de Besançon purent jouir en paix
de leurs privilèges ; leurs représentants eurent la faculté de traiter
directement et de correspondre en leur nom avec les chefs de l'Empire. Le 18
octobre 1259, Alphonse, roi des Romains, de Castille et de Léon, leur mande
qu'il vient d'écrire au duc de Bourgogne, pour le charger de veiller sur
leurs intérêts et de défendre leurs privilèges[30]. Jean de
Chalon, qui avait tant travaillé pour gagner les bonnes grâces des habitants
de Besançon, et qui avait tout mis en œuvre pour obtenir jadis de l'empereur
Guillaume le protectorat de cette ville, se voyait dépossédé par son neveu le
duc de Bourgogne. Aucune de ses entreprises ne réussissait depuis la guerre funeste
qu'il avait déclarée à son fils il était assailli de déboires et de remords,
dont une charte, dans des termes non déguisés, laisse échapper l'amertume :
« en recompensation et emendes de griuves et de domaiges que fait avons
à dit Hugon, nostre filz, de quoi aviens malvaise conscience, et pour nous
delivrer de ceste debte et oster de peschiez. etc.[31] » Ces guerres successives
avaient occasionné d'autres difficultés à ses enfants. Etienne, son fils,
marié à Jeanne, la dernière héritière des seigneurs de Vignory, avait,
pendant les démêlés pour la guerre de Luxeuil, soutenue contre Thibaud de
Champagne, livré son château de Vignory au comte palatin de Bourgogne, et se
voyait alors menacé d'excommunication par Gui de Rochefort, évêque de
Langres, si, dans les quarante jours après sommation, il ne restituait pas à
Thibaud le domaine de Vignory soumis à sa suzeraineté[32]. Le
troisième mariage contracté en 1258 par Jean de Chalon avec Laure de Commercy
après la mort d'Isabelle de Courtenay, vint encore augmenter le nombre de ses
héritiers, mais ne contribua pas à rétablir la paix dans la famille. C'est
vainement qu'il chercha un terrain de conciliation, en élaborant le partage
de ses biens, et en préparant des arrangements conçus avec sagesse et
maturité. Les seize enfants que nous lui connaissons, nés de trois lits[33], ne vécurent jamais en bonne
intelligence. Le duc
de Bourgogne se rendit en 1261 à Paris, à l'époque des fêtes de la Pentecôte
qui tombait le i% juin, pour assister aux séances du Parlement, et n'était
pas encore rentré au commencement de juillet[34]. C'est en qualité de
représentant d'Alphonse X, et en vertu de l'autorité que ce monarque lui
avait conférée sur le Comté, qu'Hugues IV pacifia le différend qui s'était
élevé entre les habitants de Besançon et Girard, seigneur d'Arguel[35]. C'est lui que la commune
reconnut comme avoué et comme garde de ses franchises, en 1264, pour une
durée de quinze ans. Cette charge lui créait de nombreuses obligations, mais
lui donnait le droit d'entrer dans la cité, d'y séjourner lui et ses gens quand
bon lui semblait et lorsque les intérêts de la ville nécessitaient sa
présence. Une des clauses assez curieuse porte que les habitants seront tenus
chaque année de lui procurer un autour en récompense de ses services[36]. En
parcourant le catalogue des actes relatifs à Hugues IV, on est étonné du
nombre considérable d'acquisitions faites par ce prince, et de
l'accroissement singulier qu'il donna au domaine ducal, soit par achat, soit
par des pariages contractés avec des maisons religieuses ou des seigneurs.
Les droits utiles dont il se rendit possesseur, et dont il poursuivit la
conquête pendant toute la durée de son règne, ne servent qu'à constater la
pénurie des ressources dont ses prédécesseurs pouvaient disposer, et le peu
d'importance des revenus attachés à leurs fiefs. Il n'est pas douteux qu'en
prenant possession de la Bourgogne les premiers ducs, mal accueillis par les
féodaux de la province, n'aient trouvé les anciens domaines du fisc
notablement appauvris et diminués par la rapacité des seigneurs du voisinage. Les
titulaires du duché, fort gênés au XIe siècle, n'avaient pas fait grande
figure parmi les grands vassaux de la couronne ; plus tard les embarras
financiers d'Hugues III, justifiés par un gaspillage et des dépenses
inconsidérées, avaient pesé sur Eudes III, qui avait été obéré toute sa vie,
et était décédé sans pouvoir liquider les dettes et la situation difficile
léguée par son père. Il
avait fallu dix ans de bonne administration et de sage économie pour
permettre à la duchesse Alix de Vergy de faire face aux exigences, et mettre
les finances dans un état de prospérité jusque-là inconnue. Animé du même
esprit, Hugues IV avait continué l'œuvre de sa mère, et annexé au duché un
nombre considérable de fiefs, de châteaux et de domaines, qui constituaient
la véritable puissance seigneuriale au moyen âge. On a
déjà parlé de l'acquisition du comté de Chalon-sur-Saône (juin 1237), de celui du Charollais (juin 1239) il faudrait citer tous les
fiefs du duché dont il se rendit maître ou qu'il étendit par des achats
successifs depuis son retour de la croisade seulement, le nombre de ces fiefs
est considérable[37]. Après
la mort d'Anséric, seigneur de Montréal, dont les domaines avaient été
confisqués par Hugues IV sur l'ordre de Saint Louis, Jean de Montréal, son
frère, prétendait rentrer en possession de l'héritage de sa famille. Il
revendiquait non seulement les fiefs relevant de Montréal, mais les terres
qui dépendaient du château de Châtel-Gérard. Leduc avait fait de grands frais
pour indemniser les monastères lésés par les méfaits d'Anséric, on ne fit pas
droit à toutes les revendications, et Gui de Genève, évêque de Langres, pris
pour arbitre, rendit sa décision en ce sens à Châtillon-sur-Seine (1269)[38]. Il fit adjuger comme indemnité
aux héritiers dépossédés le château d'Athie, près Montréal, une somme
d'argent comptant, et des biens produisant un revenu de six cent soixante-dix
livres viennoises, indépendamment des droits qu'ils comptaient faire valoir
plus tard sur la terre de l'Isle-sous-Montréal. Jean de Montréal, sa femme
Marguerite et leurs cinq enfants souscrivirent à ces conventions. Les
domaines de Montréal et de Châtel-Gérard avec toutes leurs dépendances
étaient annexés au duché. Les
principales constructions du duc furent faites à son château de Talant,
lorsque la duchesse Iolande, sa première femme, eut acheté, en mai 1246, les
bâtiments voisins du palais ducal, granges, maisons, celliers, appartenant à
Pierre, fils de feu Girart le Roux, chevalier[39]. Ces acquisitions nécessitèrent
des remaniements, et permirent de faire des agrandissements, les bâtiments du
palais étant alors insuffisants pour les besoins du service. Hugues IV eut deux sceaux parfaitement distincts, dont on possède plusieurs exemplaires aux Archives nationales, aux Archives de la Chambre des Comptes de Dijon, aux Archives municipales de cette ville et aux Archives de la Haute-Marne. Sur le premier sceau, dont il usa jusqu'en 1231, il était représenté tête nue, vêtu d'un haubert, tenant son épée dans la main droite, et montant un cheval au galop sans éperons. A cette époque, il n'était pas encore promu dans l'ordre de la chevalerie. Le second sceau que nous avons reproduit, ainsi que le contre-sceau[40], nous dispense d'en donner la description, mais il faut remarquer que dans les deux sceaux la légende est la même : SIGILLUM HUGONIS DUCIS BURGUNDIE. |
[1]
Les religieux de Cîteaux avaient été surtout les intermédiaires des relations
entre nos ducs, les rois de Castille et ceux de Portugal. On peut encore voir
dans notre t. IV, p. 482, n° 3031, une donation d'Alphonse VIII, roi de
Castille et de Léon, aïeul d'Alphonse X, en faveur de l'abbaye de Cîteaux, dont
le nécrologe indique l'obit de ces princes.
[2]
C'est le seul document qui nous donne l'époque exacte de la mort de la duchesse
Iolande III kalendas novembris, anno Domini M°CC°XL°VIII°, obiit domina
Hyolandis, ducissa Burgundie. (Bibl. de Dijon, Obit. de Cîteaux, 378, fol.
432 r°). Nous avons à la vérité publié une charte de cette princesse, datée de
juillet 4249 (notre t. IV, p. 379, n° 2653), mais après nouvel examen de la
pièce par l'archiviste Garnier, dont l'obligeance est toujours au service de
ses amis, il est certain que le document n'émane pas de la duchesse elle-même,
mais qu'elle est rédigée au nom de Lambert de Rouvre, son mandataire, qui se
porte garant de la donation. La charte prouve au contraire que la mort
d'Iolande est antérieure à sa rédaction. Dom Plancher, Moreri, l'Art de vérifier
les dates, et autres ont fixé le décès de la duchesse d'après une épitaphe de
Cîteaux, et d'après un travail publié en 1736 dans les Mémoires de l'Acad.
des Inscript., p. 195 sur les épitaphes de ce monastère. Les indications
contenues dans ce travail ne sont pas toujours exactes, et les inscriptions
citées méritent discussion. La chapelle de Saint-Georges contenant les
dépouilles mortelles de nos ducs était située en dehors et derrière le chœur de
l'église de Cîteaux. Pendant les guerres de la ligue, et principalement en
1589, cette chapelle fut en partie démolie par les troupes du comte de Tavanes
; plusieurs des mausolées furent brisés et beaucoup d'inscriptions subirent des
mutilations regrettables. On répara plus tard ces monuments tant bien que mal,
mais les inscriptions mutilées donnèrent lieu à plus d'une méprise. L'obituaire
de Beaune, relatant une donation de la duchesse Iolande en 1253, marque son
décès au IV Id. novemb., mais cette mention ne fut sans doute faite
qu'après le retour du duc de la croisade, et alors qu'il ratifia la donation.
[3]
Hugues IV, né le 9 mars 1213, avait 44 ans en 1257. Béatrice était la dernière
des sept enfants de Thibaud IV, lequel avait été marié le 22 septembre 1232
avec Marguerite de Bourbon elle avait pu naitre vers 1243, et ne devait pas
avoir plus de quatorze ans en 1257. Dans l'ordre de naissance des enfants de
Thibaud IV, M. d'Arbois de Jubainville (Hist. des comtes de Champagne,
t. IV, p. 341) place la naissance de Marguerite vers 1245 et celle de Béatrice,
vers 1246 ; il faut reculer ces deux dates, croyons-nous. J'en donnerai une
raison pour Béatrice tirée du catalogue des actes et des preuves de cet
excellent livre Comtes de Champagne, n° 3062 ; le 25 mai 1254 Innocent IV
autorise Béatrice, fille de Marguerite, à se confesser à son chapelain ou à tel
prêtre régulier qu'elle voudra, ce qui ne se comprendrait pas si Béatrice avait
été tout, à fait dans l'enfance. Il faut admettre qu'en 1254, cette princesse
était au moins dans sa douzième année.
[4]
M. Elie Berger, qui a bien voulu consulter les registres pontificaux d'Innocent
IV, non encore publiés, n'a point trouvé trace de la sentence.
[5]
L'abbé Lebeuf, Histoire d'Auxerre, nouv. éd., t. III, p. 107, n° 186 ;
Potthast, Reg. pontif., n° 15944.
[6]
Potthast, Reg. pontif., n° 15961.
[7]
Ce document sans date, publié par Quantin, Cartulaire de l'Yonne, III,
p. 261 n° 551 est indiqué par lui aux années 1257-1259, et porte seulement 11
Kal. decemb. Nous croyons qu'il faut le rapprocher des deux pièces qui
précèdent, et adopter la date probable de 1255.
[8]
Voir Lenain de Tillemont, Vie de Saint Louis, t. IV, p. 70-71.
[9]
Bibl. nat., Liber pontificum, lat. 5993 A, fol. 54 v°, Potthast, Reg.
pontif., n° 17031 ; d'Arbois de Jubainville, Comtes de Champagne, t.
V, n° 3117.
[10]
Pérard, p. 493-494.
[11]
Nous ne faisons que traduire un sentiment exprimé dans le Gesta pontif.
Autissiod. à propos des interdictions : « les cœurs des hommes
deviennent endurcis et moins sensibles aux choses spirituelles ». V. Lebeuf, Histoire
d'Auxerre, Il, 429.
[12]
Gui de Vignory avait été deux fois excommunié ; d'abord en 1224 la
sentence fut levée après sa soumission. Frappé de nouveau des foudres de
l'Eglise, en 1234, il ne fut absous qu'en 1242 après avoir fait la paix avec
les religieux, sur les conseils de son frère le sire de Vignory et de son
beau-frère Simon de Sexfontaine (V. Arch. de la Haute-Marne, Cartulaire de
Vaux-la-Douce).
[13]
V. Wallon, Saint Louis, p. 266-267, Joinville, éd. Didot, p. 36-37.
[14]
Boutaric, Arrêts du Parlement de Paris, t. I, n° 2924.
[15]
Voir notre tome IV, pour le mariage d'Eudes, comte de Nevers, avec Mahaut de
Bourbon.
[16]
Pérard, p. 492.
[17]
Factum pour Philippe Aubery, seigneur de Montbar. Paris, Le Gentil,
M. DC. LXXVII,
in-f° de 180 p.
[18]
Nous ne savons si c'est à ce moment que Marguerite de Bourgogne, veuve de
Guillaume de Mont-Saint-Jean, épousa Gui, vicomte de Limoges. Le fait parait
probable.
[19]
Pérard, p. 491 ; Factum de Philippe Aubery (id.).
[20]
Pérard, p. 492 ; Factum de Philippe Aubery (id.).
[21]
Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 283-284.
[22]
A l'exception d'un fief qui en dépendait et que possédait le seigneur de
Noyers.
[23]
Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 283.
[24]
Voir plus haut ce que nous disons au sujet de l'âge probable de Béatrice de
Champagne.
[25]
Bibl. nat., lat. 5993, A, Liber pontificum, fol. 56 r°.
[26]
Cette bulle donnée à Anagni a été traduite et rapportée en entier par Ed.
Clerc, Essai sur l'histoire de Franche-Comté, t. I, p. 452.
[27]
Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Cîteaux, t. II, fol. 53 v°.
[28]
Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. LXXII, fol. 46. Les conventions étaient
expirées depuis la Toussaint de l'année 1248.
[29]
Manusc. Chifflet, Histoire du comté de Bourgogne, t. II, p. 150 ; Voir
Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 454.
[30]
Arch. de la ville de Besançon V. Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté,
t. I, p. 455.
[31]
Charte du 25 mars 1263, notre catalogue, n° 3303-3304.
[32]
Arch. nat. J. 493, n° 42 ; charte de mars 1263 ; notre catalogue, n° 3301.
[33]
Indépendamment des enfants naturels, comme un Robin filius comitis
Cabilonensis, qui était chanoine de Mâcon, et que l'on rencontre dès 1253
dans les titres du chapitre de cette ville.
[34]
Voir une charte de Pérard, p. 501-502.
[35]
A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 74.
[36]
Pérard, p. 501.
[37]
Acquisitions faites en 1251 à Grignon, Semur, Buxières, Argilly, Beaune,
Volnay, Saint-Seine-sur-Vingeanne, Villy — en 1252, à Daix, Changey,
Villaines-en-Duesmois — en 1253, à Autun, Pommard, Villedieu-sous-Montcenis, Le
Creusot, Fauverney — en 1254, Fontaines, Saint-Martin-les-Dijon, Savigny, La
Perrière, Pâques, Montréal, Verrières — en 1255, à Aignay, Foucherans, Choisey,
Sanvigne, Villeberny — en 1256, à Athie, Montbard, Sivry,
Beaunotte-sous-Créancey, Salives, Villeberny, Maisey — en 1257, à Mémont, Marcenay-en-Montagne,
Courcelles-au-Mont, Montmoyen — en 1258, à Saint-Germain-du-Bois, près Rouvray,
Santenay, Villiers-le-Duc, Mélecey, Etalante — en 1259, à La Vèvre près
Montcenis, Beaumont, Fauverney, Changey, Brancion, Uxelles, Brazey-en-Plaine,
Fangy. Chenôve — en 1260, à Marcheseuil, l'Epervière-la-Colonne, Pouilly,
Bonant-sur-Loire — en 1261, à Villars, Vanvey, Savouges, Argilly, Lanthenay,
Beaunotte, Cône, Bussy — en 1262, Monjallin, Pasilly, Buncey, Savigny,
Chanlecy, Saint-Romain, Aignay, Mont-Saint-Vincent, Argilly, Meursault — en
1263, à Rouvres, Baigneux-les-Juifs, Couchey — en 1264, à Vandenesse, Viry,
Marisy, Aiserey, Corpeau, Chagny — en 1265, à Sambanges, Saint- Usage,
Villaines-les-Prévotes, Lamponne, Aisey, Savigny-sous-Mémont, Neublans, Amanzé,
Marisy, Montmirey, Chaumont près Saulieu — en 1266, Vosne,
Collonges-sous-Mont-Saint-Vincent, Saint-Didier, La Comelle, Etevaux, Seurre,
Foucherans, Auxonne, Trisy, Essertenne, Izeure — en 1267, à Sagy, L'Abergement
du Bois, Rouvray-les-Joursanvault, Balon, Saint-Martin-sur-Guye, Echannay,
Saisy, Serville — en 1268, à Lantilly, les Granges, Saint-Léger, Combertaut,
Saint-Aubin, Montmoyen — en 1269, à Verrières-sous- Glaines,
l'Isle-sous-Montréal, Saint-André-le-Désert, Chevannes, Mailly, Neuilly,
Sainte-Colombe (nos 3639, 3651, 3656, 3659, 3661, 3669, 3670, 3672, 3674, 3679,
3680, 3688) ; en 1270, à Maisey, Vanvey, Manlay, Saint-Thibaud, Menesserre,
Avallon, Chalon, La Chapelle, Sarmoise — en 1271, à Montigny-sur Serein,
Semur-en-Brionnais, Plombières — en 1272, à Marisy, Bretenières.
[38]
Dom Plancher, t. II, pr. LXXIV.
[39]
Dom Plancher, t. II, pr. XL.
[40]
Voir notre tome IV.