HISTOIRE DES DUCS DE BOURGOGNE DE LA RACE CAPÉTIENNE

TOME CINQUIÈME

 

CHAPITRE XXXV. — RÈGNE DE HUGUES IV (suite) - 1256-1264.

 

 

Mort de l'empereur Guillaume de Hollande. — Alphonse X, roi de Castille et de Léon, et Richard de Cornouailles, nommés simultanément empereurs. — Joie du duc Hugues IV de la nomination d'Alphonse X, son parent ; mort de sa première femme Iolande de Dreux pendant la croisade ; projet d'alliance avec Béatrice, fille de Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne ; obstacles qui s'opposent à la réalisation immédiate de cette alliance. — Hugues IV excommunié pendant plus de cinq années ; interdit général lancé sur ses domaines, à la suite des ravages commis sur les terres de l'abbaye de Cluny. — Sentence exécutée dans le Dijonnais, l'Auxerrois et la Champagne méridionale relevant du duché. — Inefficacité de l'interdiction pesant sur les populations et n'atteignent pas suffisamment le coupable. — Plaintes des évêques au roi à ce sujet réponse de Saint Louis. — Retard apporté dans les projets matrimoniaux du duc Hugues IV ; son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle ; sa réception à Ségovie en compagnie de son gendre Gui, vicomte de Limoges ; accueil du roi de Castille et de Léon. — Le duc de Bourgogne vassal d'Alphonse X pour un fief valant de rente dix mille marabotins, monnaie d'Espagne, ou quatre mille marcs d'argent au poinçon de Troyes. — Rentrée d'Hugues IV en Bourgogne son mariage avec Béatrice de Navarre détail de la dot. — Le duc de Bourgogne obtient de l'empereur le vicariat ou le protectorat sur le Comté son rôle dans cette province. — Luttes de l'archevêque de Besançon contre les habitants de cette ville et les barons ligués ; intervention de Hugues IV ; l'abbé de Cîteaux chargé par Saint Louis de terminer les débats par des arrangements pacifiques. — Funestes résultats de la politique de Jean de Chalon ; son mariage en troisièmes noces avec Laure de Commercy. — Les habitants de Besançon reconnaissent le duc de Bourgogne comme avoué et gardien de leurs franchises. — Acquisitions considérables faites par Hugues IV ; extension du duché par suite de bonne administration et de sage économie ; fiefs nombreux annexés. — Ses deux sceaux, avant et après sa promotion dans l'ordre de chevalerie.

 

Le duc de Bourgogne surveillait attentivement les événements qui se passaient au-delà de la Saône, et ne pouvait compter que sur des circonstances imprévues pour réaliser ses projets d'annexion.

La mort de l'empereur Guillaume de Hollande, tué dans une embuscade le 18 janvier 1256, avait mis le comble aux agitations de l'Allemagne. Les états impériaux divisés, et résolus à n'élire qu'un étranger, portèrent leurs voix sur deux personnages de nationalités différentes. Alphonse X, dit le Sage, roi de Castille et de Léon, fut nommé en même temps que Richard de Cornouailles, frère d'Henri III, roi d'Angleterre, et avec leur gouvernement simultané commence la période que les historiens ont appelée le grand interrègne.

Hugues IV n'avait point appris sans satisfaction la nomination d'Alphonse X, avec lequel le rattachaient des liens de parenté, dont la tradition ne s'était point perdue dans la famille ducale de Bourgogne[1]. Alphonse descendait d'une branche cadette des comtes de Bourgogne et de Constance, fille du duc Robert Ier, mariée avec Alphonse Ier, roi de Léon. L'empereur pouvait disposer du Comté, comme avait fait son prédécesseur Guillaume en faveur des burgraves de Nuremberg, et peut-être Hugues IV entrevoyait-il la possibilité de certaines concessions, malgré la possession effective des sires de Chalon.

Les documents ne nous apprennent pas si le duc fut un des négociateurs du mariage projeté entre Bérangère, fille aînée d'Alphonse X, et de Louis, fils aîné du roi de France. Nous ne savons pas davantage s'il assistait à Melun, le 6 avril 1255, à la cérémonie nuptiale qui unissait Thibaud V, roi de Navarre et comte de Champagne, avec Isabelle de France, fille ainée de Saint Louis.

Hugues IV était alors veuf depuis plusieurs années. Sa femme Iolande de Dreux était décédée, non en 1255, comme le dit l'Art de vérifier les dates, mais bien antérieurement, et pendant son séjour en Terre-Sainte, le mardi 30 octobre 1248, suivant la date certaine fournie par l'obituaire de Cîteaux[2].

L'année même de son propre mariage, en 1255, Thibaud V avait marié Marguerite, une de ses sœurs, avec Ferri, duc de Lorraine, qui, par la mort de Mathieu II, était entré en possession des états de son père.

Il restait à Thibaud V une autre sœur, nommé Béatrice, fille comme lui de Thibaud IV de Champagne et de Marguerite de Bourbon que le duc de Bourgogne avait intention de demander en mariage en 1257, malgré la disproportion d'âge[3]. Des raisons politiques surtout le poussaient à une alliance qui le rapprochait encore de la famille royale, et le faisaient entrer plus étroitement dans la parenté du duc de Lorraine, dont sa grand'mère Alix était issue.

Malheureusement des obstacles d'un ordre particulier paraissaient s'opposer pour le moment à la réalisation d'un semblable projet. A la suite de ses démêlés avec l'abbé de Cluny, et du refus de réparer les dommages causés à l'abbaye, Hugues IV avait été excommunié et l'interdit général avait été lancé contre tous ses domaines. Cette pénalité, dont on avait si souvent abusé, était cette fois justifiée par la gravité des méfaits. Mais depuis quelle époque et à quelle date avait-on prononcé la sentence ? On l'ignore, car les actes de cette nature, toujours humiliants pour celui qui en est l'objet, ont depuis longtemps disparu des archives ducales.

A défaut de la bulle d'excommunication dont le texte ne nous est pas connu, on est assuré par des actes des comtes de Champagne, de Saint Louis, de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, du chapitre de Saint-Marien de la même ville, et de Saint-Bénigne de Dijon, que l'interdit fut appliqué avec une certaine rigueur dans tous les pays soumis, de près ou de loin, à la domination du duc de Bourgogne.

Jusqu'à preuve du contraire, nous croyons que la sentence fut promulguée par Innocent IV, bien que les actes de son pontificat n'en fassent point mention[4] mais la condescendance de ce pape pour l'abbé de Cluny, l'empressement avec lequel il donnait satisfaction à ses désirs et protégeait les intérêts de son abbaye, autorisent cette supposition. Les foudres canoniques furent sans doute lancées à la fin de 1253, à la suite des doléances et des réclamations réitérées de l'abbé. Mais peut-être rencontrèrent-elles au début quelque opposition de la part de divers prélats, désireux de conserver les bonnes grâces du duc, et intéressés à en retarder la promulgation dans leurs diocèses respectifs. La même résistance s'était déjà produite, en 1200, lors de l'interdiction générale qui frappa le royaume.

Sous le pontificat d'Alexandre IV, successeur d'Innocent, qui, d'après le récit de Nicolas de Curbio, son confesseur, fut élu pape le 12 décembre 1254, la sentence était appliquée dans l'Auxerrois, le Dijonnais et dans la Champagne méridionale relevant du duché. Les religieux de Saint-Germain d'Auxerre, fort contrariés d'être frappés d'une pénalité aussi grave pour une cause qu'ils pouvaient ignorer, adressèrent les premiers une réclamation au pape, afin d'obtenir quelque atténuation à la rigueur de l'interdit. Le 23 juillet 1255, Alexandre IV autorisa les moines de Saint-Germain à donner la sépulture à ceux qui en feraient la demande expresse, et cela tout le temps que l'interdit général pèserait sur le pays, cum terre generale fuerit interdictum[5]. La même faveur fut accordée aux Frères-Mineurs le 30 juillet de cette année[6]. L'abbé et le chapitre de Saint-Marien d'Auxerre, ayant adressé une requête de leur côté, obtinrent, en novembre, l'autorisation de pouvoir célébrer la messe, les portes fermées, pendant la durée de l'interdit[7].

Le roi Saint Louis avait des principes religieux trop arrêtés et trop sincères pour ne pas se prémunir contre les conséquences de cette situation, au moment où il devait aller chez son gendre, en Champagne, où il se rendit en effet[8]. Aussi avait-il reçu, le 10 septembre, un sauf-conduit, et le droit d'entendre la messe, les portes closes et à voix basse, dans les localités frappées d'interdiction.

Thibaud, comte de Champagne, et sa femme obtinrent à plusieurs reprises un semblable privilège, et notamment le 13 octobre 1257[9], ainsi que l'année suivante.

Il est certain qu'à la fin de 1257 et au commencement de 1258, Hugues IV était toujours sous le poids de l'excommunication. Les religieux de Saint-Bénigne de Dijon, gênés par ce mode de répression inique et singulière qui pesait sur toute une province pour la faute d'un seul, avaient adressé une requête au pape pour bénéficier d'une autorisation qui n'était peut-être pas la première. Alexandre IV répondait, le 30 janvier 1258[10] : « Nous avons reçu votre requête, et nous faisons droit à vos instantes prières, c'est-à-dire que tant que l'interdit général pèsera sur vos domaines, il vous soit permis de célébrer l'office divin, les portes closes, à voix basse et sans tintement de cloches, à l'exclusion toutefois des excommuniés, alors que vous n'aurez pas vous-même été cause de l'interdiction, et que la sentence ne vous touchera en rien personnellement. »

Il ressort de ces documents que le duché fut frappé d'excommunication pendant cinq ans au moins, sans qu'il soit permis de préciser les limites extrêmes de la période comprenant la promulgation de la sentence et la levée de l'interdit.

Le duc de Bourgogne devait être peu sensible pour sa part à la pénalité dont il était atteint, les actes antérieurs de sa conduite le prouvent surabondamment. Lorsqu'il avait été choisi chef de la ligue contre les abus ecclésiastiques, il était convenu entre les confédérés que si l'un d'eux venait à être frappé d'excommunication, il ne céderait point à la sentence, suivant la décision qui serait prise d'un commun accord, et que tous les autres ligués lui prêteraient main-forte pour la résistance.

L'inefficacité d'une répression qui n'atteignait pas le destinataire, mais qui frappait surtout les populations qui lui étaient soumises, était un fâcheux symptôme. Les foudres canoniques devenaient alors des armes dangereuses et prêtes à blesser ceux qui s'en servaient. Ces mesures violentes, loin de servir les intérêts de l'Eglise, jetaient le trouble et l'inquiétude parmi les fidèles, en les éloignant de pratiques religieuses, dont il eût été imprudent de les déshabituer[11]. Le cas du duc de Bourgogne n'était pas isolé, car d'autres grands barons, comme le duc de Bretagne, étaient restés sept ans sous le poids de l'excommunication sans s'en préoccuper davantage. Gui de Vignory, seigneur de la Ferté-sur-Amance, en lutte avec les religieux de Vaux-la-Douce, était resté huit ans sous le coup de l'interdiction[12].

La résistance des principaux feudataires pouvait devenir contagieuse pour les vassaux. Les hauts dignitaires de l'Eglise, les archevêques et les évêques le sentaient bien et s'en émurent. Ils résolurent d'adresser leurs plaintes à Saint Louis et se rendirent au palais. Cet épisode, dont l'historien Joinville nous a laissé une page curieuse et saisissante, est le témoignage le plus probant en faveur de l'énergie du souverain pénétré de ses devoirs, qui, malgré la ferveur d'une foi profonde, ne voulait rien céder des prérogatives delà couronne et des droits attachés à la dignité royale, en présence des revendications parfois injustes de l'épiscopat et de l'Eglise.

Guide Mello, évêque d'Auxerre, l'un des plus atteints par l'interdit, et pour lequel Saint Louis avait un profond respect, fut chargé de prendre la parole dans cette assemblée : « Sire, fit-il, ces archevêques et ces évêques qui sont ici m'ont chargé de vous dire que la chrétienté déchoit et se perd entre vos mains, et qu'elle décherra encore plus si vous n'y avisez. » Le roi se signa et reprit : « Or dites-moi comment ce est » — « Sire, continua l'évêque, on ne tient plus compte des excommunications, et on préférerait mourir plutôt que de se faire absoudre. Nous vous requérons donc de commander à vos baillis, prévôts et autres officiers, de contraindre un excommunié, qui serait resté un mois et un jour sous le coup de la sentence, à faire amende honorable, ou à voir ses biens confisqués. » Le roi répondit seul, sans conseil, qu'il agirait volontiers ainsi qu'on le requérait, pourvu qu'on lui donnât connaissance de l'allaire, afin de savoir si elle était juste ou non. Après avoir consulté ses collègues, Gui de Mello objecta qu'il n'appartenait point aux laïcs de juger les causes ecclésiastiques. Saint Louis reprit à son tour qu'il ne leur donnerait pas la connaissance de ce qui lui afférait, et qu'on ne pouvait contraindre à se faire absoudre ceux qui avaient été lésés par les clercs sans avoir auparavant entendu leur dire, car, en le faisant, il agirait contre Dieu et contre le droit. Il cita l'exemple du duc de Bretagne, qui, bien qu'excommunié pendant près de sept années, avait plaidé contre les prélats de sa province, et si bien défendu son affaire que le pape s'était vu dans la nécessité de donner tort aux évêques et de lui rendre justice, « et si je l'eusse contraint dès la première année, je l'eusse contraint à tort[13] ».

Les prélats se retirèrent assez confus et l'on n'entendit plus parler de leurs réclamations.

Quoi qu'il en soit, la situation dans laquelle se trouvait le duc de Bourgogne paraît avoir retardé la réalisation de ses projets matrimoniaux. L'église ne s'y fût pas prêtée, et n'eût pas consenti à bénir l'union d'un excommunié. Le comte de Champagne, en bonnes relations avec le Saint-Siège, était assez scrupuleux pour y regarder à deux fois. Il est donc permis de supposer, malgré l'absence de tout document écrit, que le duc fut dans la nécessité de faire amende honorable à l'abbé de Cluny, et que le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, auquel il se rendit peu après, lui fut imposé pour donner satisfaction à l'Eglise.

Les pèlerinages étaient assez généralement imposés au XIIIe siècle en pénitence de fautes sérieuses, et la distance de ces pèlerinages était proportionnée à la gravité des forfaits ; la pénalité était appliquée aussi bien par les puissances laïques que par les autorités ecclésiastiques. On en a un curieux exemple dans un arrêt du Parlement de Paris, rendu en 1296[14], en faveur du chambellan de Tancarville contre le sire d'Harcourt et ses complices, convaincus de guet-apens contre ce chambellan. Le seigneur d'Harcourt était envoyé à Notre-Dame de Boulogne, à Notre-Dame du Puy et à Saint-Thibaud en Auxois, ce qui montre le crédit dont jouissait déjà l'un des sanctuaires vénérés de notre région. Un autre conjuré, qui avait donné le premier coup et crevé un œil au sire de Tancarville, fut condamné à aller en Chypre ; un troisième, ayant frappé la victime aux jambes, dut aller à Saint-Nicolas de Bar, et Foucaud de Mello, reconnu comme le moins coupable, dut seulement se rendre à Notre-Dame de Chartres.

Le 8 juin 1258, le duc de Bourgogne était à Vincennes avec Eudes, comte de Nevers et seigneur de Bourbon, son fils ; il ratifiait le projet de mariage arrêté entre Iolande de Nevers, sa petite-fille, avec Jean de France, surnommé Tristan, fils de Saint Louis. Le fiancé avait huit ans, la fiancée était plus jeune encore, puisque sa mère Mathilde de Bourbon n’avait que vingt-trois ans[15]. Le comte.de Nevers donnait huit mille livres de rente à sa fille, et promettait de la remettre au roi, quand il la réclamerait, et qu'elle aurait atteint l'âge voulu. Saint Louis, de son côté, promettait de donner deux mille livres à Iolande pour son douaire.

C'est à Vincennes qu'Hugues IV reçut, dans le même moment, l'hommage du comte de Champagne ; il revint ensuite en Bourgogne, et, en passant à Lagny, Thibaud lui délivra une attestation de cet hommage, en déclarant que la cérémonie ayant eu lieu du consentement de chacun d'eux, aurait dû se faire comme d'habitude au ru d'Augustines[16].

Au mois d'août, le duc avait quitté la Bourgogne : « le duc Hugues IV, traversant l'Espagne pour aller à Compostelle, parut à Alphonse un seigneur tout à fait propre pour faciliter son passage en Italie », dit un mémoire assez étudié et assez rare du XVIIe siècle[17].

Le 21 septembre en effet, Hugues IV, en compagnie de Gui, vicomte de Limoges, son gendre[18], était à Ségovie à la cour du roi des Romains, de Castille et de Léon, qui l'accueillait comme un de ses fidèles, lui donnait en fief une rente de dix mille marabotins, monnaie d'Espagne, assise sur les revenus de la Castille et de l'Empire. Le roi Alphonse X investit solennellement son nouveau vassal au moyen d'un bâton qu'il portait à la main. Le duc promit, en retour d'aider Alphonse X et ses successeurs comme un allié, à condition de n'être point appelé en armes au-delà de Roncevaux, de le servir fidèlement, en réservant les droits féodaux qu'il devait au roi et à la reine de France, aux évêques de Langres, d'Autun et de Chalon[19]. Par un autre acte passé le même jour, le roi donnait à Hugues IV acquit de son hommage, promettait de lui verser à Paris, à la Nativité de la Vierge, en septembre, quatre mille marcs d'argent au poinçon de Troyes, représentant la somme de dix mille marabotins d'Espagne, indépendamment de l'annuité qui lui fut délivrée comptant pour l'hommage du fief rendu cette présente année[20].

Six semaines après, le duc de Bourgogne était de retour dans ses états, qu'il ne fit que traverser, pour aller en toute hâte conclure son mariage avec Béatrice de Navarre à la cour de Champagne, où il était arrivé en novembre.

Les préliminaires du contrat laissent assez entendre que des négociations antérieures avaient eu lieu, et que certaines objections sérieuses en avaient retardé la conclusion, car Hugues IV déclare, « que con paroles fuissent de mariage entre nous et de Beatrix, la soror à noble baron Thibaut, par la grace de Dieu, roi de Navarre, conte de Champaigne et de Brie, palatin ; à la porfin nos sommes accordé en tel manière que li devantdiz Thibaut nous donne la devantdiz Beatrix à femme[21] ». La future apportait en dot la terre de l'Isle-sous-Montréal[22], dont le possesseur devait toujours rendre hommage au comte de Champagne, et une somme d'argent de vingt mille livres tournois, renonçant à toutes les autres réclamations qu'elle pourrait faire sur la succession de ses père et mère. Hugues IV assurait à Béatrice un domaine de quatre mille livres, assis sur les revenus de Châtillon-sur-Seine, Villaines-en-Duesmois, Vitteaux, etc., suivant la prisée qui serait faite par deux chevaliers nommés de part et d'autre comme arbitres[23].

Ce chiffre de quatre mille livres données en douaire à la future correspond à la somme d'argent au poinçon de Troyes, allouée au duc de Bourgogne par le roi de Castille et de Léon. La coïncidence peut paraître singulière, et tendrait à faire croire, qu'indépendamment des satisfactions morales, on avait sans doute exigé d'Hugues IV un apport pécuniaire, que la situation de ses finances ne lui permettait pas de donner sur-le-champ. Du reste, il y avait une disproportion d'âge très considérable entre les conjoints ; le duc avait un âge triple de celui de sa femme, qui avait à peine atteint sa quinzième année[24]. C'était une belle-mère bien jeune qu'il donnait à ses fils, une belle-mère plus jeune que ses brus.

On peut admettre qu'à cette époque le duc était réconcilié avec l'Eglise et avait donné satisfaction à l'abbé de Cluny, malgré le texte d'une nouvelle bulle d'Alexandre IV, datée d'Anagni le 5 février 1259, autorisant les chapelains de Thibaud de Champagne à célébrer la messe à voix basse pendant l'interdit général[25]. Mais le comte de Champagne, par excès de prudence, avait pu faire renouveler les faveurs précédemment accordées, au moment du mariage de sa fille en novembre précédent, et la réponse avait pu se faire attendre deux ou trois mois, alors que cette autorisation devenait inutile.

 

Les discordes civiles qui avaient agité le Comté, les luttes entre Jean de Chalon et son fils, la guerre entre ces derniers et Thibaud, roi de Navarre, les révolutions communales qui s'opéraient à Besançon, avaient quelque peu diminué l'autorité et la puissance des comtes de Bourgogne.

Le duc Hugues IV avait sans doute entretenu Alphonse X de sa situation difficile et des commotions qui agitaient cette province éloignée des autres états de l'Empire. Il en avait obtenu, ainsi que cela ressort des documents ultérieurs, le vicariat qui lui assurait une sorte de protectorat sur les villes de cette région, et c'est en cette qualité qu'on lui voit jouer un rôle dans les événements qui suivent.

Nous n'avons pas à raconter les démêlés et les luttes de l'archevêque de Besançon contre les habitants de la ville et la noblesse du pays. Jean de Chalon et le comte palatin, auteurs secrets de ces conflits, avaient organisé le mouvement et excité les esprits contre le prélat. L'excommunication lancée par ce dernier contre les complices nommément désignés n'était pas faite pour ramener le calme. L'archevêque, poursuivi par l'animosité du peuple révolté, menacé par la ligue des barons qui le tenaient emprisonné dans un cercle de forteresses entourant la ville, se vit sur le point d'abandonner son église. Par une bulle du 29 janvier 1259, Alexandre IV, désireux de sortir de ces embarras, s'adressait aux évêques d'Auxerre et d'Autun, ordonnait une enquête sur les agissements de la commune de Besançon, sur la fabrication du sceau de cette commune, sur l'établissement des taxes, les chargeant d'inviter les citoyens à donner satisfaction à l'archevêque, et d'invoquer le secours du roi de France, du roi de Navarre et du duc de Bourgogne[26].

En obéissant à cette invitation, Hugues IV n'eut garde de commettre des imprudences en opposition avec ses propres intérêts, et qui auraient pu le mettre en mauvaise intelligence avec les habitants de Besançon. Il fit bonne mine à l'archevêque, se rendit avec lui à l'abbaye de Cîteaux (en février 1259), où Jean de Chalon fut également convoqué[27], et se fit notifier par le prélat, dans un but évident de s'en servir, les clauses du contrat par lequel Othe de Méranie lui avait jadis confié la garde du Comté, contrat dont les conventions étaient depuis longtemps expirées[28].

L'honneur de la pacification revient seulement à Saint Louis qui, deux fois en quatre ans, avait ramené le calme dans le comté de Bourgogne. L'abbé de Cîteaux, chargé par lui de négocier les arrangements, vint trouver Jean de Chalon et le comte palatin qui consentirent à détruire les forteresses qu'ils avaient édifiées, et à mettre bas les armes[29].

A dater de cette époque, les habitants de la commune de Besançon purent jouir en paix de leurs privilèges ; leurs représentants eurent la faculté de traiter directement et de correspondre en leur nom avec les chefs de l'Empire. Le 18 octobre 1259, Alphonse, roi des Romains, de Castille et de Léon, leur mande qu'il vient d'écrire au duc de Bourgogne, pour le charger de veiller sur leurs intérêts et de défendre leurs privilèges[30].

Jean de Chalon, qui avait tant travaillé pour gagner les bonnes grâces des habitants de Besançon, et qui avait tout mis en œuvre pour obtenir jadis de l'empereur Guillaume le protectorat de cette ville, se voyait dépossédé par son neveu le duc de Bourgogne. Aucune de ses entreprises ne réussissait depuis la guerre funeste qu'il avait déclarée à son fils il était assailli de déboires et de remords, dont une charte, dans des termes non déguisés, laisse échapper l'amertume : « en recompensation et emendes de griuves et de domaiges que fait avons à dit Hugon, nostre filz, de quoi aviens malvaise conscience, et pour nous delivrer de ceste debte et oster de peschiez. etc.[31] » Ces guerres successives avaient occasionné d'autres difficultés à ses enfants. Etienne, son fils, marié à Jeanne, la dernière héritière des seigneurs de Vignory, avait, pendant les démêlés pour la guerre de Luxeuil, soutenue contre Thibaud de Champagne, livré son château de Vignory au comte palatin de Bourgogne, et se voyait alors menacé d'excommunication par Gui de Rochefort, évêque de Langres, si, dans les quarante jours après sommation, il ne restituait pas à Thibaud le domaine de Vignory soumis à sa suzeraineté[32].

Le troisième mariage contracté en 1258 par Jean de Chalon avec Laure de Commercy après la mort d'Isabelle de Courtenay, vint encore augmenter le nombre de ses héritiers, mais ne contribua pas à rétablir la paix dans la famille. C'est vainement qu'il chercha un terrain de conciliation, en élaborant le partage de ses biens, et en préparant des arrangements conçus avec sagesse et maturité. Les seize enfants que nous lui connaissons, nés de trois lits[33], ne vécurent jamais en bonne intelligence.

Le duc de Bourgogne se rendit en 1261 à Paris, à l'époque des fêtes de la Pentecôte qui tombait le i% juin, pour assister aux séances du Parlement, et n'était pas encore rentré au commencement de juillet[34]. C'est en qualité de représentant d'Alphonse X, et en vertu de l'autorité que ce monarque lui avait conférée sur le Comté, qu'Hugues IV pacifia le différend qui s'était élevé entre les habitants de Besançon et Girard, seigneur d'Arguel[35]. C'est lui que la commune reconnut comme avoué et comme garde de ses franchises, en 1264, pour une durée de quinze ans. Cette charge lui créait de nombreuses obligations, mais lui donnait le droit d'entrer dans la cité, d'y séjourner lui et ses gens quand bon lui semblait et lorsque les intérêts de la ville nécessitaient sa présence. Une des clauses assez curieuse porte que les habitants seront tenus chaque année de lui procurer un autour en récompense de ses services[36].

En parcourant le catalogue des actes relatifs à Hugues IV, on est étonné du nombre considérable d'acquisitions faites par ce prince, et de l'accroissement singulier qu'il donna au domaine ducal, soit par achat, soit par des pariages contractés avec des maisons religieuses ou des seigneurs. Les droits utiles dont il se rendit possesseur, et dont il poursuivit la conquête pendant toute la durée de son règne, ne servent qu'à constater la pénurie des ressources dont ses prédécesseurs pouvaient disposer, et le peu d'importance des revenus attachés à leurs fiefs. Il n'est pas douteux qu'en prenant possession de la Bourgogne les premiers ducs, mal accueillis par les féodaux de la province, n'aient trouvé les anciens domaines du fisc notablement appauvris et diminués par la rapacité des seigneurs du voisinage.

Les titulaires du duché, fort gênés au XIe siècle, n'avaient pas fait grande figure parmi les grands vassaux de la couronne ; plus tard les embarras financiers d'Hugues III, justifiés par un gaspillage et des dépenses inconsidérées, avaient pesé sur Eudes III, qui avait été obéré toute sa vie, et était décédé sans pouvoir liquider les dettes et la situation difficile léguée par son père.

Il avait fallu dix ans de bonne administration et de sage économie pour permettre à la duchesse Alix de Vergy de faire face aux exigences, et mettre les finances dans un état de prospérité jusque-là inconnue. Animé du même esprit, Hugues IV avait continué l'œuvre de sa mère, et annexé au duché un nombre considérable de fiefs, de châteaux et de domaines, qui constituaient la véritable puissance seigneuriale au moyen âge.

On a déjà parlé de l'acquisition du comté de Chalon-sur-Saône (juin 1237), de celui du Charollais (juin 1239) il faudrait citer tous les fiefs du duché dont il se rendit maître ou qu'il étendit par des achats successifs depuis son retour de la croisade seulement, le nombre de ces fiefs est considérable[37].

Après la mort d'Anséric, seigneur de Montréal, dont les domaines avaient été confisqués par Hugues IV sur l'ordre de Saint Louis, Jean de Montréal, son frère, prétendait rentrer en possession de l'héritage de sa famille. Il revendiquait non seulement les fiefs relevant de Montréal, mais les terres qui dépendaient du château de Châtel-Gérard. Leduc avait fait de grands frais pour indemniser les monastères lésés par les méfaits d'Anséric, on ne fit pas droit à toutes les revendications, et Gui de Genève, évêque de Langres, pris pour arbitre, rendit sa décision en ce sens à Châtillon-sur-Seine (1269)[38]. Il fit adjuger comme indemnité aux héritiers dépossédés le château d'Athie, près Montréal, une somme d'argent comptant, et des biens produisant un revenu de six cent soixante-dix livres viennoises, indépendamment des droits qu'ils comptaient faire valoir plus tard sur la terre de l'Isle-sous-Montréal. Jean de Montréal, sa femme Marguerite et leurs cinq enfants souscrivirent à ces conventions. Les domaines de Montréal et de Châtel-Gérard avec toutes leurs dépendances étaient annexés au duché.

Les principales constructions du duc furent faites à son château de Talant, lorsque la duchesse Iolande, sa première femme, eut acheté, en mai 1246, les bâtiments voisins du palais ducal, granges, maisons, celliers, appartenant à Pierre, fils de feu Girart le Roux, chevalier[39]. Ces acquisitions nécessitèrent des remaniements, et permirent de faire des agrandissements, les bâtiments du palais étant alors insuffisants pour les besoins du service.

Hugues IV eut deux sceaux parfaitement distincts, dont on possède plusieurs exemplaires aux Archives nationales, aux Archives de la Chambre des Comptes de Dijon, aux Archives municipales de cette ville et aux Archives de la Haute-Marne. Sur le premier sceau, dont il usa jusqu'en 1231, il était représenté tête nue, vêtu d'un haubert, tenant son épée dans la main droite, et montant un cheval au galop sans éperons. A cette époque, il n'était pas encore promu dans l'ordre de la chevalerie. Le second sceau que nous avons reproduit, ainsi que le contre-sceau[40], nous dispense d'en donner la description, mais il faut remarquer que dans les deux sceaux la légende est la même : SIGILLUM HUGONIS DUCIS BURGUNDIE.

 

 

 



[1] Les religieux de Cîteaux avaient été surtout les intermédiaires des relations entre nos ducs, les rois de Castille et ceux de Portugal. On peut encore voir dans notre t. IV, p. 482, n° 3031, une donation d'Alphonse VIII, roi de Castille et de Léon, aïeul d'Alphonse X, en faveur de l'abbaye de Cîteaux, dont le nécrologe indique l'obit de ces princes.

[2] C'est le seul document qui nous donne l'époque exacte de la mort de la duchesse Iolande III kalendas novembris, anno Domini M°CC°XL°VIII°, obiit domina Hyolandis, ducissa Burgundie. (Bibl. de Dijon, Obit. de Cîteaux, 378, fol. 432 r°). Nous avons à la vérité publié une charte de cette princesse, datée de juillet 4249 (notre t. IV, p. 379, n° 2653), mais après nouvel examen de la pièce par l'archiviste Garnier, dont l'obligeance est toujours au service de ses amis, il est certain que le document n'émane pas de la duchesse elle-même, mais qu'elle est rédigée au nom de Lambert de Rouvre, son mandataire, qui se porte garant de la donation. La charte prouve au contraire que la mort d'Iolande est antérieure à sa rédaction. Dom Plancher, Moreri, l'Art de vérifier les dates, et autres ont fixé le décès de la duchesse d'après une épitaphe de Cîteaux, et d'après un travail publié en 1736 dans les Mémoires de l'Acad. des Inscript., p. 195 sur les épitaphes de ce monastère. Les indications contenues dans ce travail ne sont pas toujours exactes, et les inscriptions citées méritent discussion. La chapelle de Saint-Georges contenant les dépouilles mortelles de nos ducs était située en dehors et derrière le chœur de l'église de Cîteaux. Pendant les guerres de la ligue, et principalement en 1589, cette chapelle fut en partie démolie par les troupes du comte de Tavanes ; plusieurs des mausolées furent brisés et beaucoup d'inscriptions subirent des mutilations regrettables. On répara plus tard ces monuments tant bien que mal, mais les inscriptions mutilées donnèrent lieu à plus d'une méprise. L'obituaire de Beaune, relatant une donation de la duchesse Iolande en 1253, marque son décès au IV Id. novemb., mais cette mention ne fut sans doute faite qu'après le retour du duc de la croisade, et alors qu'il ratifia la donation.

[3] Hugues IV, né le 9 mars 1213, avait 44 ans en 1257. Béatrice était la dernière des sept enfants de Thibaud IV, lequel avait été marié le 22 septembre 1232 avec Marguerite de Bourbon elle avait pu naitre vers 1243, et ne devait pas avoir plus de quatorze ans en 1257. Dans l'ordre de naissance des enfants de Thibaud IV, M. d'Arbois de Jubainville (Hist. des comtes de Champagne, t. IV, p. 341) place la naissance de Marguerite vers 1245 et celle de Béatrice, vers 1246 ; il faut reculer ces deux dates, croyons-nous. J'en donnerai une raison pour Béatrice tirée du catalogue des actes et des preuves de cet excellent livre Comtes de Champagne, n° 3062 ; le 25 mai 1254 Innocent IV autorise Béatrice, fille de Marguerite, à se confesser à son chapelain ou à tel prêtre régulier qu'elle voudra, ce qui ne se comprendrait pas si Béatrice avait été tout, à fait dans l'enfance. Il faut admettre qu'en 1254, cette princesse était au moins dans sa douzième année.

[4] M. Elie Berger, qui a bien voulu consulter les registres pontificaux d'Innocent IV, non encore publiés, n'a point trouvé trace de la sentence.

[5] L'abbé Lebeuf, Histoire d'Auxerre, nouv. éd., t. III, p. 107, n° 186 ; Potthast, Reg. pontif., n° 15944.

[6] Potthast, Reg. pontif., n° 15961.

[7] Ce document sans date, publié par Quantin, Cartulaire de l'Yonne, III, p. 261 n° 551 est indiqué par lui aux années 1257-1259, et porte seulement 11 Kal. decemb. Nous croyons qu'il faut le rapprocher des deux pièces qui précèdent, et adopter la date probable de 1255.

[8] Voir Lenain de Tillemont, Vie de Saint Louis, t. IV, p. 70-71.

[9] Bibl. nat., Liber pontificum, lat. 5993 A, fol. 54 v°, Potthast, Reg. pontif., n° 17031 ; d'Arbois de Jubainville, Comtes de Champagne, t. V, n° 3117.

[10] Pérard, p. 493-494.

[11] Nous ne faisons que traduire un sentiment exprimé dans le Gesta pontif. Autissiod. à propos des interdictions : « les cœurs des hommes deviennent endurcis et moins sensibles aux choses spirituelles ». V. Lebeuf, Histoire d'Auxerre, Il, 429.

[12] Gui de Vignory avait été deux fois excommunié ; d'abord en 1224 la sentence fut levée après sa soumission. Frappé de nouveau des foudres de l'Eglise, en 1234, il ne fut absous qu'en 1242 après avoir fait la paix avec les religieux, sur les conseils de son frère le sire de Vignory et de son beau-frère Simon de Sexfontaine (V. Arch. de la Haute-Marne, Cartulaire de Vaux-la-Douce).

[13] V. Wallon, Saint Louis, p. 266-267, Joinville, éd. Didot, p. 36-37.

[14] Boutaric, Arrêts du Parlement de Paris, t. I, n° 2924.

[15] Voir notre tome IV, pour le mariage d'Eudes, comte de Nevers, avec Mahaut de Bourbon.

[16] Pérard, p. 492.

[17] Factum pour Philippe Aubery, seigneur de Montbar. Paris, Le Gentil, M. DC. LXXVII, in-f° de 180 p.

[18] Nous ne savons si c'est à ce moment que Marguerite de Bourgogne, veuve de Guillaume de Mont-Saint-Jean, épousa Gui, vicomte de Limoges. Le fait parait probable.

[19] Pérard, p. 491 ; Factum de Philippe Aubery (id.).

[20] Pérard, p. 492 ; Factum de Philippe Aubery (id.).

[21] Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 283-284.

[22] A l'exception d'un fief qui en dépendait et que possédait le seigneur de Noyers.

[23] Cartulaire de l'Yonne, t. III, p. 283.

[24] Voir plus haut ce que nous disons au sujet de l'âge probable de Béatrice de Champagne.

[25] Bibl. nat., lat. 5993, A, Liber pontificum, fol. 56 r°.

[26] Cette bulle donnée à Anagni a été traduite et rapportée en entier par Ed. Clerc, Essai sur l'histoire de Franche-Comté, t. I, p. 452.

[27] Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Cîteaux, t. II, fol. 53 v°.

[28] Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. LXXII, fol. 46. Les conventions étaient expirées depuis la Toussaint de l'année 1248.

[29] Manusc. Chifflet, Histoire du comté de Bourgogne, t. II, p. 150 ; Voir Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 454.

[30] Arch. de la ville de Besançon V. Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 455.

[31] Charte du 25 mars 1263, notre catalogue, n° 3303-3304.

[32] Arch. nat. J. 493, n° 42 ; charte de mars 1263 ; notre catalogue, n° 3301.

[33] Indépendamment des enfants naturels, comme un Robin filius comitis Cabilonensis, qui était chanoine de Mâcon, et que l'on rencontre dès 1253 dans les titres du chapitre de cette ville.

[34] Voir une charte de Pérard, p. 501-502.

[35] A. Duchesne, Ducs de Bourgogne, p. 74.

[36] Pérard, p. 501.

[37] Acquisitions faites en 1251 à Grignon, Semur, Buxières, Argilly, Beaune, Volnay, Saint-Seine-sur-Vingeanne, Villy — en 1252, à Daix, Changey, Villaines-en-Duesmois — en 1253, à Autun, Pommard, Villedieu-sous-Montcenis, Le Creusot, Fauverney — en 1254, Fontaines, Saint-Martin-les-Dijon, Savigny, La Perrière, Pâques, Montréal, Verrières — en 1255, à Aignay, Foucherans, Choisey, Sanvigne, Villeberny — en 1256, à Athie, Montbard, Sivry, Beaunotte-sous-Créancey, Salives, Villeberny, Maisey — en 1257, à Mémont, Marcenay-en-Montagne, Courcelles-au-Mont, Montmoyen — en 1258, à Saint-Germain-du-Bois, près Rouvray, Santenay, Villiers-le-Duc, Mélecey, Etalante — en 1259, à La Vèvre près Montcenis, Beaumont, Fauverney, Changey, Brancion, Uxelles, Brazey-en-Plaine, Fangy. Chenôve — en 1260, à Marcheseuil, l'Epervière-la-Colonne, Pouilly, Bonant-sur-Loire — en 1261, à Villars, Vanvey, Savouges, Argilly, Lanthenay, Beaunotte, Cône, Bussy — en 1262, Monjallin, Pasilly, Buncey, Savigny, Chanlecy, Saint-Romain, Aignay, Mont-Saint-Vincent, Argilly, Meursault — en 1263, à Rouvres, Baigneux-les-Juifs, Couchey — en 1264, à Vandenesse, Viry, Marisy, Aiserey, Corpeau, Chagny — en 1265, à Sambanges, Saint- Usage, Villaines-les-Prévotes, Lamponne, Aisey, Savigny-sous-Mémont, Neublans, Amanzé, Marisy, Montmirey, Chaumont près Saulieu — en 1266, Vosne, Collonges-sous-Mont-Saint-Vincent, Saint-Didier, La Comelle, Etevaux, Seurre, Foucherans, Auxonne, Trisy, Essertenne, Izeure — en 1267, à Sagy, L'Abergement du Bois, Rouvray-les-Joursanvault, Balon, Saint-Martin-sur-Guye, Echannay, Saisy, Serville — en 1268, à Lantilly, les Granges, Saint-Léger, Combertaut, Saint-Aubin, Montmoyen — en 1269, à Verrières-sous- Glaines, l'Isle-sous-Montréal, Saint-André-le-Désert, Chevannes, Mailly, Neuilly, Sainte-Colombe (nos 3639, 3651, 3656, 3659, 3661, 3669, 3670, 3672, 3674, 3679, 3680, 3688) ; en 1270, à Maisey, Vanvey, Manlay, Saint-Thibaud, Menesserre, Avallon, Chalon, La Chapelle, Sarmoise — en 1271, à Montigny-sur Serein, Semur-en-Brionnais, Plombières — en 1272, à Marisy, Bretenières.

[38] Dom Plancher, t. II, pr. LXXIV.

[39] Dom Plancher, t. II, pr. XL.

[40] Voir notre tome IV.