Mort d'Othe III,
dernier duc de Méranie et comte de Bourgogne. — Le Comté de Bourgogne donné à
Hugues de Chalon, marié à Alix de Méranie mécontentement des barons
allemands, ses beaux-frères. — Prise de possession du Comté par Hugues de
Chalon favorablement accueillie par les populations. — Sentiments douloureux
qu'éprouve à son retour de croisade le duc Hugues IV, auparavant gardien et
baillistre de cette province. — Jean de Chalon, le Sage, perd sa première
femme, Mathilde de Bourgogne, épouse Isabelle de Courtenay ; conséquences de
ce mariage ; dissentiments entre Isabelle et son beau-fils, le comte palatin
de Bourgogne. — Le pape Innocent IV, dans une imposante solennité tenue à
Lyon, confirme à l'empereur Guillaume de Hollande ; le titre de roi des Romains
; Jean de Chalon y assiste, héberge l'empereur à Salins, en reçoit de grands
privilèges, projette de racheter les droits sur le Comté en faveur de son
fils Jean. — Colère du comte palatin Hugues qui lève l'étendard de la révolte
contre son père. — Le duc de Bourgogne use de dissimulation, multiplie les
causes de conflit entre l'un et l'autre, passe un traité secret avec le comte
palatin, deux traités avec Jean de Chalon évite de délivrer aucune de ces
conventions sous la garantie de son sceau, pour ne pas laisser de trace
compromettante. — Guerres et trêves successives entre Jean de Chalon et le
comte palatin, son fils principaux alliés des belligérants. — Jean de Chalon
négocie à Strasbourg avec le burgrave de Nuremberg, en obtient la cession du
comté de Bourgogne, en fiançant son fils Jean avec Alix, fille du burgrave. —
Irritation du comte palatin guerre sauvage qu'il fait à son père. —
Intervention de Saint Louis ; négociations pour rompre les premiers
engagements le nom d'Hugues, comte palatin, substitué à celui de son père
dans l'acte d'achat du Comté. — Rupture du projet d'alliance de Jean de
Chalon-Rochefort avec Alix de Méranie son mariage avec Elisabeth de Lorraine,
veuve de Guillaume, comte de Vienne ; autres projets de mariages pour deux des
enfants du comte palatin. — Toute cette campagne terminée par des alliances
dans lesquelles le duc de Bourgogne est contraint de faire bonne figure. —
Les religieux de Luxeuil maltraités par la guerre se mettent sous la
protection du comte de Champagne luttes de ce dernier contre les comtes de
Chalon. — Nouvelle intervention de Saint Louis et solution pacifique.
Pendant
la croisade et le séjour prolongé du duc Hugues IV en Terre-Sainte, de grands
événements avaient modifié la situation du comté de Bourgogne. Le 19
juin 1248 Othe III, dernier descendant mâle des ducs de Méranie, possesseurs
du comté, venait de mourir à la fleur de l'âge, ayant à peine atteint sa
trentième année. Les particularités de sa mort, que les uns attribuent à un
assassinat, d'autres à un empoisonnement, peuvent donner lieu à des
interprétations diverses. La disparition de son testament, qui a certainement
été fait, mais dont le texte original n'a pu se retrouver, laisse place à des
soupçons qui doivent atteindre ceux qui avaient intérêt à anéantir ce
document et à bénéficier de sa perte. Othe ne
laissant point d'enfants, sa succession principale aurait dû, conformément à
la loi féodale, passer à l'aînée de ses cinq sœurs, à Béatrix, mariée au
comte d'Orlamunde. Quatre des sœurs d'Othe étaient, comme nous l'avons dit[1], alliées à des princes
allemands résidant loin de la Bourgogne, où leur nom était peu connu et leur
administration peu populaire. Alix de Méranie, la dernière des cinq sœurs
d'Othe, avait été mariée, en 1236[2], avec Hugues de Chalon, fils de
Jean de Chalon et de Mathilde de Bourgogne, sœur du duc Hugues IV. Les sires
de Chalon, dont la noblesse féodale du comté avait servi la cause contre les
Méraniens, pouvaient compter sur le même concours, aidés en cela par les
populations qui leur devaient leurs libertés communales, et par les
monastères qu'ils avaient enrichis de leurs bienfaits. Moins
d'un mois avant le décès du duc de Méranie, le 23 mai 1248, Hugues de Chalon
en avait obtenu la succession du Comté, dont sa femme Alix était, déclarée
héritière, attendu que ses autres sœurs, demeurant en Allemagne, ne
connaissaient pas la langue bourguignonne, que linguam Burgundionem
ignorant[3]. Celles-ci devaient se partager
les autres possessions en Germanie. C'est donc à hon droit qu'Hugues de
Chalon prit dès cette époque le titre de comte palatin de Bourgogne, que l'on
rencontre dans quelques chartes[4], titre qui pour le moment n'est
contesté par personne. N'y aurait-il pas lieu de supposer que l'attentat
commis sur la personne d'Othe de Méranie, frappé par un chevalier de sa suite
et de sa propre maison, n'ait été le résultat du mécontentement des barons
allemands fort courroucés de se voir évincés et dépossédés par un étranger.
Et si le testament du défunt n'a pu se retrouver, n'étaient-ils pas les
premiers intéressés à le voir disparaître ? La mort
du duc de Méranie n'était pas encore connue en Bourgogne, quand Hugues IV
prit route pour la croisade à la fin de juin en quelques jours il était
impossible d'être informé d'un fait accompli en Allemagne[5], et le duc s'embarqua sans
connaître un événement qui était pour lui de si grande importance. Quoi
qu'il en soit, la nouvelle dignité d'Hugues de Chalon fut favorablement
accueillie par le vœu général du peuple et des barons. Les guerres qui
survinrent en Allemagne, pour la succession des domaines possédés par le
dernier des Méraniens, servirent à souhait les desseins des princes de
Chalon, en retenant sur le sol de la Germanie tous les candidats qui auraient
pu prétendre au comté de Bourgogne. Jean de Chalon et son fils Hugues
profitèrent de ces troubles pour y faire asseoir leur domination et leur
autorité d'une manière solide dans toute l'étendue de ces états. L'absence du
duc de Bourgogne était encore une circonstance favorable, et leur laissait le
champ libre pour la réalisation de leurs projets. Aussi refusèrent-ils de
prendre part à la croisade, malgré les offres avantageuses qui leur furent
faites, et la promesse d'une cession du vingtième sur les revenus
ecclésiastiques levés dans leurs domaines[6]. La
prise de possession du Comté par les sires de Chalon était donc un fait
accompli quand le duc Hugues IV revint de Terre-Sainte, mais ce n'était point
sans éprouver un sentiment pénible et douloureux qu'il avait vu s'évanouir le
projet longtemps rêvé de réunir les deux provinces, projet que son père Eudes
III n'avait pu réaliser malgré l'habileté de sa politique, et pour lequel il
avait lui-même fait tant de démarches infructueuses. A ce moment, les
contrats passés avec Othe de Méranie, qui, en 1242, puis en juillet 1244[7], lui avait abandonné pour
quatre années la garde du Comté, étaient expirés. Les féodaux de Poligny, de
Vesoul, de Baume et de Châtillon, qui devaient lui rendre hommage et lui
ouvrir leurs châteaux, étaient déliés de cette obligation[8], et Hugues IV ne pouvait
opposer de raison sérieuse à la donation dont son cousin Hugues de Chalon
était bénéficiaire. Ce n'était que partie remise. Il est
intéressant de suivre toutes les luttes entreprises pour la réalisation d'une
idée, et de voir combien de générations d'une même dynastie se sont employées
pour la réunion sous la même autorité de deux provinces distinctes, qui sont
considérées depuis plusieurs siècles comme ne formant qu'un seul état.
Longtemps encore le Comté sera l'objectif des convoitises du duc de
Bourgogne, une cause de conflits et de guerres ; toute la politique
d'Hugues IV serait incomprise si l'on n'étudiait attentivement les événements
qui se passent au-delà de la Saône. Jean de
Chalon, dit le Sage, père du comte palatin, avait perdu, en 1238, sa première
femme Mahaut de Bourgogne, tante du duc, et s'était remarié trois ans après
avec Isabelle de Courtenay[9], arrière-petite-fille de Louis
le Gros et déjà veuve de Renaud de Montfaucon[10]. L'affection qu'il portait à
cette femme et aux enfants du second lit ne tarda pas à faire naître des
dissentiments entre le père et le fils : « Le comte palatin avait-il
trop peu dissimulé le déplaisir que lui causait cette seconde alliance ?
Isabelle avait-elle conçu contre ce fils d'une autre épouse l'antipathie trop
commune aux belles-mères ? Cousine du roi de France, cette princesse s'indignait-elle
à la pensée que son propre fils — celui qui s'appellera plus tard Jean de
Rochefort — serait un jour hiérarchiquement soumis à un prince au-dessous de
lui par la naissance ? Toutes ces conjectures sont probables[11]. » A ces
motifs déjà suffisants pour justifier l'animosité du comte palatin, vint se
joindre bientôt une cause plus sérieuse. L'Allemagne était toujours partagée
entre deux empereurs Frédéric II et Guillaume de Hollande. Ce dernier, après
s'être rendu maître d'Aix-la-Chapelle, et s'être fait couronner empereur,
avait, le 21 février 1249, créé comte de Bourgogne Frédéric, burgrave de
Nuremberg, mari d'Elisabeth, une des sœurs du duc de Méranie, récemment
décédé. Le burgrave de Nuremberg ne paraît pas avoir trop usé des droits qui
venaient de lui être conférés, mais la reconnaissance de ces droits était un
grave préjudice à ceux du comte palatin Hugues, et une atteinte au titre
qu'il se croyait légitimement autorisé à porter. On
pouvait objecter qu'Othe de Méranie, ayant successivement servi les empereurs
rivaux, et ayant été pour cette félonie mis au ban de l'empire, n'avait pu
disposer de ses domaines confisqués. En l'absence d'héritiers directs,
l'empereur avait qualité pour les distribuer selon sa volonté. Jean de
Chalon, plus que tout autre, devait se trouver touché par une mesure si
préjudiciable aux intérêts de son fils, et ne pouvait en tout cas se montrer
courtisan dévoué d'un souverain qui servait si peu la fortune de sa famille. Après
la mort de Frédéric II, le pape Innocent IV avait envoyé une ambassade à
Guillaume de Hollande, son protégé, pour le prier de venir à Lyon, où son
titre de roi des Romains devait être confirmé dans une imposante cérémonie.
La solennité eut lieu quelques jours avant Pâques, le 13 avril 1251, et la
foule de ceux qui étaient venus à Lyon pour y assister, voir le souverain
pontife, et recevoir la bénédiction apostolique, était telle que l'on fut
obligé de tenir l'assemblée en plein champ et hors de la ville[12]. On y comptait un très grand
nombre de prélats, d'abbés, de cardinaux et de barons, et parmi les plus
notables l'archevêque de Lyon, l'évêque élu de Spire et l'archevêque de
Trêves, qui avait à lui seul une suite de soixante chevaux. Après avoir de
nouveau lancé l'excommunication contre le fils de Frédéric II, Conrad IV et
ses partisans, le pape confirma la dignité de roi des Romains à Guillaume de
Hollande qui lui avait tenu l'étrier, et prononça un discours qui fut traduit
aux seigneurs Allemands[13]. Il nous
parait certain, malgré le silence des chroniqueurs qui ont négligé de citer
les personnages de second ordre, que Jean de Chalon, sire de Salins, était au
nombre des barons qui, dans cette circonstance, grossirent l'entourage du
nouvel élu et vinrent lui faire la cour. En tous cas, le mercredi 19 avril,
Innocent IV quitta Lyon pour regagner l'Italie, en même temps que l'empereur
Guillaume de Hollande reprenait le chemin de ses états[14], en passant par Salins, où il
séjourna les 22, 23 et 24 du même mois[15]. On n'a point conservé trace de
la réception somptueuse que Jean de Chalon fit au souverain, mais les
concessions faites par ce dernier sont une preuve assurée de la bonne
intelligence et de la courtoisie qui régnaient entre le vassal et le
suzerain. L'empereur fit un traité d'alliance avec Jean de Chalon, érigea
Salins en fief d'empire, donna à son allié le droit d'y battre monnaie, et
jusqu'à remboursement d'un subside promis de dix mille francs, lui engagea
les revenus et les droits de l'empire dans les villes de Lausanne et de
Besançon[16]. En se
ralliant à la cause de Guillaume de Hollande appuyée par les plus hautes
autorités, Jean de Chalon pensait faire de la bonne politique, et était
persuadé qu'il valait mieux avoir un tel prince pour allié que pour
adversaire. Aux largesses qui lui avaient déjà été octroyées, il espérait
joindre de nouveaux bienfaits, et peut-être avait-il projet, comme il le fit
peu après, de racheter pour son fils aîné, né d'Isabelle de Courtenay, les
droits du burgrave de Nuremberg au comté de Bourgogne. Cette
dernière pensée souleva au plus haut point l'indignation du comte palatin son
fils, qui, regardant cet acte comme la négation de ses propres droits, leva
aussitôt l'étendard de la révolte, et se mit en hostilité avec son père. Tel
était l'état des choses quand le duc de Bourgogne revint dans ses états au
retour de la Croisade. Il était trop douloureusement affecté de la prise de
possession du comté par les Chalon pour ne pas tirer parti des éventualités
qui pouvaient lui permettre quelques lueurs d'espérance, mais il était assez
dissimulé pour n'en rien laisser voir aussi, loin de calmer le mécontentement
du comte palatin son cousin, il ne fit qu'exciter son ressentiment et
multiplier les causes de conflits entre le père et le fils. C'était
à la fin d'avril que Jean de Chalon avait reçu l'empereur Guillaume à Salins,
deux mois après, son fils et le duc de Bourgogne, dans une entrevue à Saint-Jean-de-Losne,
signaient secrètement un traité d'alliance offensive et défensive. Voici le
texte de l'engagement du comte, le seul qui soit arrivé jusqu'à nous : « Nos
Hugues, cuens palatin de Borgoigne, et nos Aliz, sa femme, contesse palatine
de Borgoigne, facons scavoir à tous cex qui verront ces presentes letres que
nos nos suemes aliyé au noble baron Hugom, duc de Borgoigne, nostre cosin, en
tel meniere, que nos li avons promis por nostre foy donée corporelmant come à
nostre cosin et à nostre bon ami, que nos li aiderons à droit de tot nostre
pooir à sa vie contre totes jent qui tort li feront, qui adj acier ne li
vaudront, sauve la fealté l'emparor d'Alemaigne qui doit estre nostre sires.
Ce fu fait à Loone, en l'an de l'Incarnation Nostre Seignor Jesus Christ, mil
CC et cinquante et I, près de la fin ou mois de joignat[17]. » On ne
connaît pas le détail de la guerre qui suivit entre Jean de Chalon et son
fils il ne semble pas que le duc de Bourgogne y ait pris une part active,
malgré le traité passé avec le comte palatin, qui n'avait sans doute pour but
que d'obtenir sa neutralité. Tout en
gardant une attitude expectante, Hugues IV parait n'avoir rien négligé pour
maintenir son oncle et son cousin en état d'hostilités. Ce n'est pas un rôle
agréable d'avoir à faire la critique et le procès d'un personnage dont on
écrit l'histoire, et dont on est toujours tenté d'exalter les mérites, mais
les chartes s'expliquent suffisamment, malgré leur laconisme, et les faits
qui en résultent trahissent le mobile et la pensée de ceux qui les ont
dictées. On peut affirmer qu'Hugues IV, au lieu de garder la mesure prudente
qui eût été dans son rôle entre les belligérants, mit tout en œuvre pour les
diviser et envenimer la querelle. Il usa des procédés qui lui avaient si peu
réussi dans une question relative au Comté, en 1235, lorsqu'il refusa de
servir Thibaud de Champagne, son allié, malgré ses engagements, procédés qui
lui avaient valu de Saint Louis une condamnation à cinq mille marcs d'argent[18]. En
avril 1252, Hugues IV passa avec Jean de Chalon un traité semblable à celui
qu'il venait de conclure avec le comte palatin. Dans cet acte, Jean de
Chalon, qui s'intitule comte de Bourgogne et sire de Salins, déclare qu'il
tiendra en fief du duc de Bourgogne les domaines de Château-Chalon, Souvans,
Chaussin, Poupet, les Clées, Montfort, tout ce que possédait Guillaume de
Chaix à Mâcon, Lamarche-en-Bresse, etc. Il y joignait les fiefs de
Saint-Agnan et de Rigny, occupés par le sire de Rans, la forteresse de
Châtel-Belin au-dessus de Salins. Pour tous ces biens, Jean de Chalon, sa
femme Isabeau, fille du seigneur de Courtenay, et Jean, leur fils, de lor
propre voluniez sunt entrés en l'omaige le duc ligemant,et en Vomaige Odo,
son fil. Par réciprocité Hugues IV leur promit à tous trois de les
garder et maintenir contre totes gens, leaumant et à bonne foy... por
nos sairemanz donez sus sens Evangiles[19]. Trois
mois après, au mois d'août, de nouvelles conventions étaient signées entre
les mêmes personnages, et c'est à tort qu'elles ne figurent point au
catalogue de nos actes l'identité des deux pièces pouvait faire croire qu'il
s'agissait de la même convention, mais dans la seconde rédaction une phrase
diffère de la première, et prouve qu'Eudes de Bourgogne, comte de Nevers,
pour lequel son père s'était d'abord engagé, n'assistait pas à la réunion du
mois d'avril, tandis qu'il assiste personnellement aux négociations du mois
d'août « et ansiment li Dux et Odoz, ses fils, nos ont promis por lor
sairemens donnez sus sains Evangiles, garder et tenir lesdittes convenances »[20]. Il est
à remarquer qu'aucun des traités qui précèdent, pas plus celui passé avec le
comte palatin que ceux passés avec son père ne sont délivrés sous les sceaux
du duc de Bourgogne, et nous ne connaissons ses engagements que par les actes
dictés par ses alliés. Hugues IV avait appris, par expérience et à ses
dépens, combien de semblables écrits sont compromettants, quand on n'était
pas décidé à y faire droit, et quand on avait pour suzerain un monarque aussi
scrupuleux et aussi intègre que Saint Louis. Le roi de France comprenait
l'honneur autrement que plusieurs de ses barons ! Des
hostilités dont on ne connaît pas le détail eurent ensuite lieu entre Jean de
Chalon et le comte palatin, mais avec des alternatives diverses. Elles
étaient suspendues, en juillet 1253, quand le père et le fils passèrent un
acte de partage[21], et quand ce dernier fut
associé au vicariat d'empire sur les villes de Lausanne et de Besançon[22]. La
bonne intelligence dura peu. En 1254, l'irritation de Jean de Chalon se
ranima dans toute sa violence. Il arma de nouveau ses vassaux, Jean, seigneur
de Til-Châtel, qu'il avait entraîné dans son parti moyennant une rente de
soixante livres estevenans[23], le seigneur d'Oiselet,
Mathieu, sire de Longvy, Amauri, sire de Joux, etc. En mai, autre
rapprochement entre les combattants, puisque Jean de Chalon et Hugues
d'Antigny sont les négociateurs d'un accord passé entre le comte palatin et
Mathieu, seigneur de Longvy[24]. Le 8
juillet, dans une réunion tenue à Dôle, le comte palatin se soumit à la
volonté de son père haut et bas : « Tel accord est venu entre nous par le
conseil de prodomes de l'une et de l'autre partie, que le devant dit Hugues,
cuens palatin, et sa femme se sont mis sur moy pour faire ma volonté haut et
bas... ils ont mis pleige en ma main de mille marcs d'argent[25]... » Ces
trêves duraient encore quand le roi de France revint de croisade et débarqua
à Hyères, où l'abbé de Cluny était venu le trouver dans un but intéressé. Le
sénéchal de Champagne se sépara de Saint Louis à Beaucaire pour regagner son
domaine, et traversa nos provinces au mois d'août : « Quant li rois
vint à Beaukaire, et je le vis en sa terre et en son pooir, je pris congié de
li, et m'en ving par la daufine de Viennois ma nice, et par te conte de
Chalon mon oncle, et par le conte de Bourgoingne son fils. Et quant j'oi une
piesce demoureià Joinville et je oy faites mes besoignes, je me muz vers le
roy, lequel je trouvai à Soissous, et me fist si grant joie que tuit cil qui
li estoient s'en merveillierent[26]. » Il est
certain qu'en ce moment le sire de Joinville fit part à Saint Louis des
discordes qui régnaient dans sa famille, et de la reprise des hostilités qui
paraissait imminente. Le père et le fils multipliaient en effet leurs efforts
pour s'enlever des partisans. Le comte palatin faisait des avances aux
seigneurs ses parents qui avaient quelque intérêt à défendre la cause de son
père il s'assura le concours d'Henri de Vergy, sénéchal de Bourgogne, son
beau-frère[27], de Guichard de Beaujeu, son
autre beau-frère, mari de sa sœur Blanche, de Philippe de Montagu et- de sa
femme Flore d'Antigny[28]. Exaspéré
de ces procédés et de la résistance à ses volontés, Jean de Chalon résolut de
porter le dernier coup à l'autorité de son fils. Il partit à Strasbourg et
passa, le dimanche 4 juillet 1255, avec Conrad et Frédéric, burgraves de
Nuremberg, trois traités qui furent signés le même jour. Par le
premier acte, les burgraves cédaient à Jean de Chalon et à ses héritiers,
issus d'Isabelle de Courtenay, tous les droits qu'ils avaient ou pouvaient
avoir sur le comté de Bourgogne, soit par droit héréditaire, soit par suite
de la donation qui leur avait été faite par l'empereur Guillaume de Hollande,
à l'exception de l'avouerie de Besançon. Cette cession était faite moyennant
la somme de sept mille marcs d'argent dont les vendeurs se déclarent payés[29]. La
seconde convention était une promesse solennelle de mariage entre Jean, fils
aîné de Jean de Chalon et d'Isabelle de Courtenay, et Alix, fille de
Frédéric, burgrave de Nuremberg, et d'Elisabeth, sœur du dernier duc de
Méranie, à laquelle ses parents donnaient en dot tous les droits dont ils
étaient possesseurs sur le comté de Bourgogne[30]. Enfin, par une dernière
disposition, la fiancée était remise aux soins de plusieurs seigneurs
allemands, qui devaient la garder jusqu'à ce que les parties contractantes
eussent satisfait à un engagement pécuniaire[31]. Les
clauses de cette triple convention furent ratifiées par un diplôme du roi des
Romains le 21 juillet 1255[32]. Quand
Hugues, comte palatin, eût connaissance des singulières négociations de son
père, dont la réussite eût entraîné la nullité de ses propres droits, son
irritation fut à son comble, et une guerre sauvage s'ensuivit, dans laquelle
chacun des adversaires enlevait à prix d'argent les souteneurs du camp
opposé. Ce sont les mêmes procédés que nous avons vus appliqués entre les
belligérants lors de la guerre de Champagne. Le
comte palatin avait fiancé une de ses filles avec Hugues d'Antigny, seigneur
de Pagny[33] ; Jean de Chalon se fit un
allié d'Henri de Pagny, sire de Sainte-Croix, frère d'Hugues, qui déclarait,
par un acte du mois d'août 1255, avoir reçu mille livres estevenans du sire
de Salins et d'Isabelle de Courtenay, s'engageant pour ce fait à les servir
ainsi que leurs héritiers contre le comte Hugues et la comtesse Alix. Il
réservait toutefois les devoirs féodaux qu'il devait au roi d'Angleterre, au
duc de Bourgogne, au comte de Vienne et à son frère aîné[34]. Jean de
Til-Châtel était attaché à la cause de Jean de Chalon le comte palatin attira
dans ses intérêts Etienne de Til-Châtel, damoiseau, et son frère Guillaume,
pour une rente de quarante livres estévenans[35]. Cette guerre avait pour
conséquence désastreuse de mettre en état de défense toutes les localités et
tous les seigneurs de la région à quelque parti qu'ils appartinssent chacun
d'eux était obligé de se déclarer pour l'une ou pour l'autre bannière, de
sorte que dans les familles divisées, pères et fils, oncles et neveux, frères
ou beaux-frères étaient dans la nécessité de guerroyer les uns contre les
autres, sans motifs personnels d'animosité. Il
était temps de mettre un terme à cette guerre civile, et c'est à ce moment
que Saint Louis envoya plusieurs personnages de son conseil pour s'aboucher
avec les belligérants et opérer un rapprochement. Les envoyés du roi purent
convaincre Jean de Chalon de la gravité de ses torts, par suite des
engagements contractés avec les burgraves de Nuremberg, et dans un but de
vengeance qui dépassait les limites permises des hostilités ordinaires. « [Le
roy] fu li om dou monde qui plus se travailla de paiz entre ses sousgis,
etespecialement entre les riches homes voisins et les princes dou royaume, si
comme entre le conte de Chalon, oncle au seigneur de Joinville, et son fils
le conte de Bourgoingne, qui avoient grant guerre quant nous revenîmes
d'Outremer. Et pour la paix dou pere et dou fil, il envoia de son consoil en
Bourgoingne et à ses despens et par son pourchaz fu faite la paiz dou pere et
dou fils[36]. » Des
négociations furent entamées pour rompre les engagements pris si légèrement
par Jean de Chalon dans un moment de colère, et obtenir des burgraves de
Nuremberg un nouvel arrangement. Ces derniers consentirent, le 23 mai 1256, pour
mettre fin à de grands périls et à des haines capitales[37], à substituer le nom d'Hugues,
comte palatin, à celui de son père, en qualité d'acheteur du comté de
Bourgogne. La cession de cette province à un autre destinataire entraînait
l'annulation des clauses du mariage du fils de Jean de Chalon avec Alix de
Nuremberg. Aussi les négociateurs, pour éviter le retour d'une collision
ultérieure, s'employèrent-ils activement au mariage de l'aîné des fils né
d'Isabelle de Courtenay. L'intervention de l'historien Joinville nous paraît
probable, sinon certaine, dans cette circonstance un mois après avoir été
dégagé de sa parole, en juin 1256, Jean de Chalon-Rochefort, fils du sire de
Salins, épousait Elisabeth de Lorraine, veuve de Guillaume, comte de Vienne[38]. On
négociait en même temps des projets d'alliance pour deux des enfants du comte
palatin Hugues. Othe son fils aîné, était fiancé avec Philippine, fille de
Thibaud, comte de Bar-le-Duc[39], et sa fille aînée Alix devait
épouser le comte de Kibourg[40]. Le duc de Bourgogne fut
personnellement caution des conventions matrimoniales arrêtées avec le comte
de Bar-le-Duc, et s'engagea pour cinq mille marcs d'argent[41] ; Jean, seigneur de Choiseul,
et Robert de Choiseul, son frère, cautionnèrent le même Thibaud de Bar, leur
cousin, de mille marcs[42]. A son
très grand regret, le duc Hugues IV voyait cette campagne menaçante se
terminer par des mariages et des alliances dans lesquels il était obligé de
faire bonne figure ; ses visées secrètes était déjouées, mais il allait
prochainement jeter le masque et travailler ouvertement pour son propre
compte. Pendant
ces discussions, les populations avaient eu beaucoup à souffrir de la guerre,
et les monastères placés sous la garde des comtes de Bourgogne, au lieu
d'être protégés par eux, avaient été sans cesse pillés et ravagés par les
troupes de l'un et de l'autre parti. Les religieux de Luxeuil avaient eu
particulièrement à se plaindre de l'abandon dans lequel ils avaient été
laissés ; ne pouvant plus compter sur leurs avoués légitimes, ils furent
contraints de rechercher l'appui du comte de Champagne, en lui offrant, le 26
juillet 1258[43], la cession de moitié de leurs
revenus, à condition qu'il prendrait, envers et contre tous, la défense de
leurs personnes et de leurs intérêts. Cet acte de pariage offrait de grands
avantages et Thibaud n'eut garde de les refuser ; mais son intervention ne
plut pas au comte de Bourgogne qui vit dans cette ingérence la violation des
droits que ses prédécesseurs avaient de tout temps exercés sur l'abbaye de
Luxeuil. C'était
une déclaration de guerre, dans laquelle Hugues, comte palatin, était soutenu
par son père Jean de Chalon, maintenant son allié, par Thibaud, comte de Bar-le-Duc,
et par Jean, seigneur de Choiseul. Ce dernier, par un traité du 20 août 1258[44], s'engageait à servir le comte
et la comtesse, à les aider « dans ceste guerre qu'ils ont emprise envers le
roy de Navarre, comte de Champagne, pour la raison de ce que il est entrez en
Luxeu », de mettre ses châteaux de Choiseul et d'Aigremont, ses arrière-fiefs
de Sexfontaine, de Veuxhaules, etc., au service de ses alliés. On comprend l'animosité
particulière de Jean de Choiseul contre le comte de Champagne, car d'après ce
qui a été dit dans le chapitre précédent, Thibaud avait accepté des religieux
de Molème, dans de semblables circonstances, une association pour les
domaines de Vicq et de Coiffy qui relevaient auparavant des sires de
Choiseul. L'affaire avait été portée au Parlement de Paris, mais Jean de
Choiseul n'avait pu obtenir gain de cause, et avait encore sur le cœur
l'arrêt récent du 12 mai 1258, le condamnant à restituer à l'abbaye de Molème
les dommages causés aux religieux[45]. Nous ne
connaissons pas le détail des opérations militaires qui eurent lieu de part
et d'autre. On sait seulement que les Bourguignons assiégèrent Luxeuil, dont
ils s'emparèrent et où ils s'établirent, et que le comte de Champagne, ayant
dirigé ses efforts sur Gray, fut battu sous les murs de cette ville[46]. La
médiation de Saint Louis, que l'on trouvait toujours prêt à faire le bien et
à mettre la paix, suspendit les hostilités. Le roi envoya vers les parties
belligérantes son maître queux, Gervais d'Escraines, qui choisit des arbitres
pour faire des enquêtes et juger l'affaire. En l'absence du duc de Bourgogne,
alors en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, Eudes, comte de Nevers,
son fils, fut nommé l'un des arbitres, car c'est à ce dernier que furent
adressées, en décembre 1258, les enquêtes faites par l'abbé de Saint-Paul de
Besançon, et les prieurs de Lanthenans et de Courfontaines, attestant que la
garde de l'abbaye de Luxeuil avait toujours appartenu aux comtes de Bourgogne[47]. Guillaume, seigneur de Pesme,
et Jean, seigneur de Choiseul, également chargés de faire une enquête, firent
à la même date une déposition analogue[48]. Ceci justifie le passage du texte de Joinville qui dit en parlant de Saint Louis « semblablement par son pourchaz la paix fût faite entre le second roy Thibault de Navarre et le comte de Chalons et de Bourgoigne, qui avaient dure guerre ensemblement les uns contre les autres et y envoia pareillement des gens de son consoil, qui en firent l'accord et les appaiserent[49]. » Le roi obtint à la vérité la cessation des hostilités, et la rupture de la ligue formée contre le roi de Navarre, mais la trêve ne fut que passagère, et plus tard éclata une nouvelle guerre que le comte de Bourgogne, comme on le verra bientôt, légua à sa veuve et à ses successeurs. |
[1]
Voir notre tome IV.
[2]
L'Art de vérifier les dates, art. Comtes de Bourgogne, dit que le
mariage d'Alix de Méranie et d'Hugues de Chalon eut lieu en 1230. Peut-être
étaient-ils fiancés à cette date, mais le mariage ne fut consommé que deux ans
après la mort du père d'Alix, c'est-à-dire en 1236.
[3]
Orig. Arch. nat., J. 250, Mâcon ; sceau équestre en cire blanche bien
conservé d'Othe, duc de Méranie, avec contre-sceau. Edité, de Laborde, Layettes,
t. III, n° 3661. Cette pièce capitale dont Ed. Clerc n'a pas eu connaissance
dans son Essai historique sur la Franche-Comté, donne la clef des
épisodes relatifs à la succession du comté de Bourgogne.
[4]
V. Ed. Clerc, Essai historique sur la Franche-Comté, t. I, p. 440.
[5]
Othe de Méranie était mort le 19 juin 1248 et le duc était parti avant la fin
de ce même mois, puisqu'il était déjà en Savoie les premiers jours de juillet
(V. notre tome IV).
[6]
E. Berger, Registres d'Innocent IV, n° 2733 notre catalogue, n° 2566,
charte du 20 mai 1247.
[7]
Pour les traités passés entre le duc de Méranie et le duc de Bourgogne, en
1242, voir notre tome IV, et pour le traité de juillet 1244, voir notre
catalogue, n° 2487.
[8]
Le délai du bail du comté de Bourgogne cédé à Hugues IV par le duc de Méranie
expirait à la Toussaint 1248.
[9]
V. du Bouchet, Généalogie de la maison de Courtenay.
[10]
A. Duchesne, Généalogie de la maison de Dreux.
[11]
Ed. Clerc, Essai historique sur la Franche-Comté, t. I, p. 444.
[12]
Gesta Treverorum (Monum. German. histor., Scriptores, t. XXIV, p.
412). — Nicolas de Curbio, chap. XXX. Chron. August., apud Freher, ad
annum 1251, p, 576. — Hermanni Altahensis annales (Monum. German.
histor., scriptores, t. XVII, p. 395.
[13]
Mathieu de Paris, édit. de Luart, t. V, p. 248. — Hermanni Altahensis
annales (Monum. Germ. hist., scriptores, t. XVII, p. 395).
[14]
Hugues de Saint-Cher, cardinal prêtre de Sainte-Sabine et légat apostolique,
accompagnait l'empereur Guillaume au départ de Lyon. Voir Mathieu de Paris, t.
V, p. 248 ; Nicolas de Curbio, ch. XXX.
[15]
Voir Ed. Clerc, Essai historique sur la Franche-Comté, t. I, p. 443.
[16]
Arch. nat., J. 247, Bourgogne I, n° 37 ; de Laborde, Layettes, t. III,
n° 3934 notre catalogue, n° 2693.
[17]
Biblioth. nat., f. fr. 4628, fol. 416 r° ; Dom Plancher, t. II, pr. XLVIII.
[18]
V. notre tome IV.
[19]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 10473 ; édité
Pérard, p. 473 ; Dom Plancher, t. II, pr. XLVI.
[20]
Cette seconde pièce omise dans notre catalogue, au mois d'août 1252, est dans
Pérard, p. 473, à la suite de celle du mois d'avril.
[21]
Arch. nat., J. 247, Bourgogne I, n° 37 de Laborde, Layettes, t. III, n°
4068.
[22]
Arch. nat. J. 247, Bourgogne I, n° 37, copie ancienne de Laborde, Layettes,
t. III, n° 4069.
[23]
Voir notre catalogue, n° 2730.
[24]
Bibl. nat., Cartulaire de Franche-Comté, coll. Moreau, copies de Droz,
t. XVI, fol. 109-120 (pièce française).
[25]
Arch. du Doubs, Cartulaire du comté de Bourgogne, fol. 54.
[26]
Joinville, par de Wailly, éd. Didot, p. 364.
[27]
Henri de Vergy, sénéchal de Bourgogne, avait épousé, en 1240, Elisabeth de
Chalon, fille de Jean de Chalon et de Mahaut de Bourgogne, et non Elisabeth de
Ray, comme l'a supposé A. Duchesne (Maison de Vergy, p. 141). Cette
erreur, reproduite par tous les auteurs, a été rectifiée par A. Rousset, Diction.
géograp., histor. des communes de Franche-Comté, t. VI, p. 29 et p. 104).
Elisabeth de Chalon était d'abord veuve d'Henri, fils de Guillaume, comte de
Vienne, décédé en 1233 elle se remaria après sa mort avec Ulric, comte de
Ferrette ; mais cette alliance ne fut pas heureuse, un divorce s'en suivit.
Ulric de Ferrette épousa Agnès de Vergy, et Elisabeth de Chalon se remaria avec
Henri de Vergy, frère d'Agnès et fils de Guillaume de Vergy et de Clémence de
Fouvent (Notes fournies par le prince Eugène de Bauffremont, duc d'Atrisco,
d'après des documents certains). C'est ainsi que les terres de Vadans et de
Souvans données en dot à sa fille par Jean de Chalon passèrent aux enfants et
aux héritiers d'Henri de Vergy, sénéchal de Bourgogne.
[28]
Orig. Arch. du Doubs, B. 394, B. 431 et B. 1, fol. 90.
[29]
Bibl. nat., Armoires Baluze, vol. 143, n° 5 ; Arch. du Doubs, B. 1, fol. 83.
[30]
Bibl. nat., Armoires Baluze, vol. 143, n° 5.
[31]
Bibl. nat., Cartulaire de Franche-Comté, copies de Droz, t. XVI, fol.
131 r° et v°.
[32]
Bibl. nat., Armoires Baluze, vol. 143, n° 5.
[33]
Charte française d'avril 1219 Bibl. nat., collect. Bourgogne, t. 102, fol. 45,
copie de Dom Aubrée.
[34]
Chifflet, Lettre touchant Béatrix, p. 57.
[35]
Charte française de février 1238 (n. st.) Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t.
105, fol. 66, copie de Dom Aubrée.
[36]
Joinville, par de Wailly, éd. Didot, p. 376.
[37]
Bibl. nat., Armoires de Baluze, t. 143, n° 8 ; Coll. Bourgogne, t. CI,
fol. 1-2, copie de Dom Aubrée.
[38]
Bibl. nat., Armoires de Baluze, t. 143, n° 8 ; Coll. Bourgogne, t. CI,
fol. 1-2, copie de Dom Aubrée.
[39]
Orig. Arch. du Doubs, B. 21. Le mariage arrêté dès 1257 entre Othe III
de Bourgogne et Philippine de Bar-le-Duc, ne fut consommé qu'en 1272.
[40]
Charte de 1258, du comte de Kibourg relatant les conventions antérieures Bibl.
nat., Cartulaire de Franche-Comté, copie de Droz, t. XVI, fol. 159 v°.
[41]
Orig., Arch. du Doubs, B. 21.
[42]
Bibl. nat., f. fr. 18718, fol. 936 r° et v°.
[43]
Arch. nat., J. 200, pièces cotées Luxeuil, n° 1 à 4.
[44]
Traité entre Jean, seigneur de Choiseul et Thibaud, comte de Bar-le-Duc, V. Dom
Calmet, Hist. de Lorraine, 4e édit., t. II, pr. p. 482-483 ; Traité du 20
août 1258 entre Jean de Choiseul et Hugues, comte palatin de Bourgogne, voir
notre catalogue, n° 3065.
[45]
Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. I, n° 265.
[46]
Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 457.
[47]
Pièce française, Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 77, copie
de Dom Aubrée.
[48]
Pièce française, Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. CII, fol. 76, copie
de Dom Aubrée.
[49]
Joinville, p. 419.