Troubles en Bourgogne
après la mort de Blanche de Castille et pendant le séjour de Saint Louis en
Terre-Sainte. — Entrevue du duc de Bourgogne et du pape Innocent IV. —
Réclamations de Hugues IV pour obtenir les indemnités allouées pour les frais
de la croisade ; le pape lui assigne les revenus à prélever sur les
ecclésiastiques du diocèse de Sens, puis retire cette autorisation. — Refus
de Guillaume de Pontoise, abbé de Cluny, de participer aux subsides promis
par le clergé au roi et aux barons ; intervention du pape en sa faveur ;
réprobation générale dont il est l'objet. — Mécontentement de la noblesse. —
Saisie, au nom du roi, par le bailli de Màcon, du château de Lourdon sur les
religieux de Cluny. — Terribles représailles exercées par Hugues IV et par
ses officiers dans les domaines de cette abbaye ; ravages à Givry, Vergy,
Beaune, Monthelie, Charolles, Paray, Toulon-sur -Arroux, etc. — Doléances des
religieux de Cluny. — Brigandages commis par Anséric de Montréal dans
l'Avallonnais ; persécutions contre les clercs et les laïcs ; mandements
divers de Saint Louis. — Anséric comparait à la cour royale, est confondu par
les plaintes de ses accusateurs ; le roi donne ordre au duc de Bourgogne de
se saisir de sa personne et de ses biens ; confiscation de ses domaines par
Hugues IV qui assigne au coupable le château de Chatel-Gérard comme retraite
temporaire ; mort d'Anséric. — Méfaits de Guillaume, seigneur de Montagu et
de Malain. — Déprédations exercées par Jean, seigneur de Choiseul, contre les
religieux de l'abbaye de Molème. — Thibaud, comte de Champagne, associé par
les religieux aux droits sur Vicq et Coiffy. — Jean de Choiseul s'empare à
main armée du prieuré de Varennes. — Dégâts commis à Chézeaux, Rançonnières,
Laverney. — Affaires litigieuses soumises à la cour royale. — Discussions
entra Girard de Beauvoir, évêque d'Autun, et Nicolas, abbé de Flavigny, au
sujet de la suzeraineté du château de Flavigny. — Discussions entre les
religieux de l'abbaye de Tournus et les bourgeois de cette ville.
La mort
de Blanche de Castille et le séjour prolongé de Saint Louis en Terre-Sainte
furent des événements dont la coïncidence était des plus fâcheuses, et dont
le contre-coup n'allait pas tarder à se faire sentir dans les provinces. En
l'absence de la haute autorité qu'avait su conquérir le roi par la dignité de
son caractère et par l'impartialité de sa justice, les grands feudataires
allaient se donner libre carrière et se gouverner suivant leur bon plaisir.
On a déjà signalé les commotions qui se produisaient souvent pendant les
minorités ou les vacances du trône, alors que l'absence d'une main puissante
laissait aux vassaux la liberté de se rendre justice eux-mêmes, et de faire
des incursions sur les terres du voisin sans crainte de représailles. Laissons
de côté les troubles qui s'élèvent pendant le même temps en Flandre et en
Picardie, dans l'Ile-de-France, l'Orléanais et la Touraine, le Languedoc et
le Béarn. En
Bourgogne, l'agitation a pour motif, croyons-nous, la résistance du clergé à
satisfaire aux engagements contractés pour le paiement des subsides concédés
par le Saint-Siège. Les documents qui sont arrivés jusqu'à nous ne peuvent
permettre aucune incertitude à cet égard. On se
rappelle qu'avant la croisade le pape Innocent IV avait accordé à Hugues IV,
duc de Bourgogne, deux mille marcs d'argent à Archambaud de Bourbon et à
Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, son gendre, trois mille marcs, pour les
aider à supporter les charges de cette expédition mais, au moment de leur
départ, ces seigneurs n'avaient touché que la moindre partie des sommes qui
leur avaient été allouées[1]. Fort
obéré en quittant la Palestine et en regagnant ses Etats, Hugues IV s'était
tout d'abord rendu vers le pape, en compagnie des comtes de Poitiers et de
Toulouse. On peut croire que le roi les avait chargés de lettres pour le
Saint-Siège, ou qu'il leur avait fait des recommandations verbales pour
représenter au pontife le triste état des fidèles en Orient, et en obtenir
les prompts secours qu'exigeait impérieusement la situation. Suivant Mathieu
de Paris[2], l'entrevue entre les princes
et Innocent IV se serait terminée par des paroles fort dures, à la suite
desquelles le pape aurait été sommé par eux de faire la paix avec Frédéric
II, et menacé, en cas de refus, de se voir expulsé de Lyon. Il faut se mettre
en garde contre les allégations parfois exagérées du chroniqueur anglais. Il
est probable que le duc de Bourgogne, personnellement préoccupé des embarras
pécuniaires de sa situation, employa plus de ménagements, et que, sans
négliger les intérêts et la mission du roi, il s'efforça d'obtenir les
subsides qu'on lui avait promis, et dont il avait un urgent besoin. Par une
bulle du 15 mars 1251[3], Innocent IV en joignit aux
abbés Cisterciens de Fontenay, des Escharlis et de Maizières de réunir dans
leurs divers diocèses les legs affectés à la Terre-Sainte, les rachats des
vœux des croisés, les donations provenant d'œuvres pieuses, les biens restitués
par des usuriers ou détenteurs illégitimes, et de prendre sur cette somme
jusqu'à concurrence de cinq mille marcs d'argent, qui devaient être livrés au
duc de Bourgogne et à Eudes, son fils. Mais les mandataires du Saint-Siège,
peu désireux d'assurer la réussite d'une perception qui n'était pas sans
difficultés, trouvèrent plus commode de laisser les bénéficiaires s'acquitter
de cette besogne. On vit bientôt les officiers du duc Hugues IV et de son
fils parcourir la province de Sens, exiger un droit de procuration des
églises, s'arroger la connaissance et la juridiction des affaires, et s'y
comporter comme eu pays conquis. Gille Cornut, archevêque de Sens, ému des
plaintes qui lui arrivaient de toutes parts et des empiétements exercés dans
sa justice diocésaine, en référa au pape, qui fut dans l'obligation de
revenir sur sa première décision et de révoquer l'autorisation primitive.
Dans une bulle du 9 janvier 1253[4], adressée à l'archidiacre de
Troyes, au doyen de Saint-Etienne de cette ville et à un chanoine de la
cathédrale, Innocent IV ordonnait de ne plus laisser imposer la province de
Sens au-delà de sa part, et de ne point souffrir de nouvelles procurations et
de nouvelles servitudes dans les églises. A l'époque de cette révocation, le
duc de Bourgogne n'avait assurément point encore recouvré toutes les sommes
auxquelles il avait droit ses réclamations ultérieures en sont la preuve. Guillaume
de Pontoise, abbé de Cluny, ne tenait pas mieux ses engagements envers le
roi, et se refusait à payer le dixième que le clergé du royaume avait accordé
à Saint Louis pour trois années. Il se prévalait des immunités dont les
Clunisiens avaient bénéficié, pour se soustraire à l'obligation purement
pécuniaire qu'on réclamait. Cette fin de non-recevoir, dans la situation
précaire où se trouvaient le roi et les croisés, peut paraître au moins
étrange. Et l'on peut être étonné à bon droit de voir le pape y prêter les
mains, quand, le 28 mars 1252[5], il écrivait à Saint Louis en
faveur de l'abbé de Cluny, son ami, prétendant que ce dernier n'était point
tenu de rien payer pour les décimes, car il n'était soumis à d'autre autorité
qu'à celle du Saint-Siège, en vertu des privilèges concédés à cette abbaye,
non par les rois, mais par les papes. Ces
sentiments d'âpreté et d'égoïsme de la part de Guillaume de Pontoise
contrastaient trop avec le noble désintéressement de Saint Louis pour ne pas
exciter une réprobation générale. La noblesse féodale, ruinée par les
croisades, obérée par de lourdes rançons, décimée sur les champs de bataille,
n'avait-elle pas payé assez cher l'honneur de défendre la chrétienté ? De
quel droit l'abbé de Cluny, dont la richesse était proverbiale, et dont les
coffres regorgeaient de trésors, se serait-il exonéré d'un impôt qui pesait
sur tous les fidèles, et désintéressé d'une cause qui était la sienne ? Sa
résistance obstinée avait causé une vive indignation parmi les chevaliers, et
dans l'entourage du duc de Bourgogne. Le récit donné par Mathieu de Paris, au
sujet de l'entrevue un peu vive avec le pape, n'était sans doute que l'écho
de la rumeur publique. Guillaume
de Pontoise ne pouvait ignorer les hostilités dont il était l'objet, car déjà
en 1250, on avait pillé ses écuries et enlevé ses chevaux. Sur sa demande,
Innocent IV, s'adressant à l'archidiacre d'Etampes, recommandait de faire
observer la sentence d'excommunication lancée contre certains chevaliers,
qui, violant les immunités de l'église de Cluny, avaient mis la main sur les
palefrois de l'abbé (13 septembre 1250)[6]. Vainement
le bailli de Mâcon réclamait au nom du roi les subsides promis et accordés
par le clergé pour une période de trois années. Guillaume de Pontoise
continuait à faire la sourde oreille, et, soit pour mettre fin à ces
obsessions, soit pour un autre motif, il partit pour l'Angleterre[7]. Les mandataires de l'abbé
absent ne firent point droit aux injonctions du bailli de Màcon, qui, pour se
couvrir des sommes dues à son souverain, s'empara du château de Lourdon
appartenant aux moines de Cluny. Innocent IV écrivit alors à la reine Blanche
de Castille[8] et à Saint Louis[9], afin d'obtenir la restitution
de ce château ; pour plus de sûreté, il chargea dans le même moment
l'archevêque de Bourges de lancer l'excommunication contre les ravisseurs, en
exceptant toutefois les membres de la famille royale[10]. Ce fut seulement au prix de
lourds sacrifices que les Clunisiens purent rentrer en possession de leur
domaine. A la
tête des seigneurs les plus hostiles et les plus acharnés contre l'abbaye,
nous sommes sûrs de trouver Hugues IV, que l'on a vu jadis chef des
confédérés lors de la ligue contre les abus ecclésiastiques. Dans cette
circonstance, prenait-il en main les intérêts du roi ? Travaillait-il pour
son propre compte, et voulait-il se faire rembourser des sommes qui lui
avaient été allouées, et qu'il n'avait pu encore recouvrer ? C'est ce qu'il
n'est pas facile de préciser. Guillaume de Pontoise avait assurément donné
prise à des représailles par l'âpreté de sa résistance intéressée, et par son
refus obstiné de participer aux subsides de la croisade, mais ces torts
graves ne sauraient justifier les violences qui s'ensuivirent. L'abbé
et les religieux, s'adressant à Louis, fils aîné du roi de France, le
vendredi 6 juin 1253, racontaient les méfaits dont le duc de Bourgogne
s'était rendu coupable, et déclaraient qu'au milieu des angoisses et des
tribulations dont les moines étaient assaillis, ils ne pouvaient compter que
sur son appui et son intervention. Pour commettre tous ces brigandages,
Hugues IV n'avait pas craint de s'allier à des voleurs, à des pillards, à des
incendiaires, moines défroqués, qui devaient à une inconduite notoire et à
des crimes qualifiés leur expulsion des couvents où ils avaient été reçus.
Les Clunisiens se plaignaient de ne pouvoir rien posséder en Bourgogne, de ne
pouvoir y séjourner ou y circuler, sans se voir exposés aux brutalités de ces
brigands excommuniés, qui se couvraient de la protection du duc pour
commettre les plus inqualifiables forfaits. Au nombre de ces bandits on
citait Philippe, autrefois doyen de Cluny ; Haudouin, dit de Brancion,
sous-prieur de Vergy ; Etienne Esponfar, Philippe dit Caïn, Hugues de Gigny,
Guillaume de Saint-Marcel, ancien religieux cistercien ; Gautier, jadis
prieur de Cluny ; Jacques, ancien prieur de Marcigny, et autres moines
chassés de leurs couvents. Cette horde de gens mal famés avait réussi, avec
l'aide du duc, à s'emparer du prieur de Vergy, qui avait été expulsé de son
monastère et ne pouvait y rentrer. Elle avait également mis la main sur le
prieur de Montmirail se rendant à Cluny pour les affaires de sa communauté,
et l'avait dépouillé, lui et sa famille, de tout ce qu'il possédait. Toujours
de connivence avec le duc, ces malfaiteurs avaient envahi le domaine de
Givry, enlevé et ravagé ce qu'ils y avaient trouvé, comme feraient des
ennemis en cas de guerre. Le village, les celliers de Vosne, les maisons de
Beaune et de Monthelie, ainsi que leurs dépendances, avaient été semblablement
pillées et souillées. Le prieuré et l'église de Charolles, dans lesquels ils
s'étaient introduits avec une foule de gens armés, avaient été incendiés, les
calices et les ornements enlevés le duc ayant pris la garde de ces terres en
avait conservé la possession entière. Ce n'est pas tout, Philippe, ancien
doyen de Cluny, après avoir falsifié le sceau de l'abbaye, avait fabriqué de
fausses lettres afin d'en retirer quelque argent la fraude fut heureusement découverte
à temps, et le porteur de ces lettres, à la suite d'aveux complets, fut
retenu prisonnier dans les cachots de l'abbaye. Continuant
le cours de leurs excès, ces scélérats envahirent pendant la nuit le village
et l'église de Paray, mais n'ayant pu s'y maintenir à cause de la résistance
qu'ils rencontrèrent, ils prirent la direction de Toulon dans l'Autunois. Ils
y trouvèrent un chevalier et quelques écuyers qui étaient venus pour entendre
la messe ; ils y tuèrent deux hommes, et s'emparèrent de l'église, du
cimetière et du château. Leur
insuccès pour s'emparer de Toulon, causé par l'insuffisance des forces dont
ils disposaient, nécessita un mouvement offensif sur cette place ; ils firent
appel à une intervention nouvelle. Jean de Maumont[11], qui se disait mandataire du
duc de Bourgogne, vint à leur secours, et c'est avec l'appui de l'armée
ducale que le siège de Toulon fut entrepris et que l'on parvint à s'emparer
de cette forteresse. Mis par cette violence en possession du domaine, Hugues
IV s'appropria les biens appartenant aux religieux, et extorqua ce qu'il put
aux habitants du pays. Malgré les requêtes qui furent adressées à diverses
reprises, il ne voulut consentir à rendre ce qu'il avait pris et à faire
amende honorable. Deux fois le comte de Poitiers lui écrivit à ce sujet, et
l'invita à faire droit aux réclamations des Clunisiens Louis, fils aîné du
roi, lui écrivit également et lui expédia même un de ses officiers Mathieu de
Compens ; ni les uns ni les autres n'en purent rien obtenir. Mandé à
la cour à Paris, le duc promit cependant à l'abbé, en présence de nombreux
témoins, qu'il restitue rait les biens qu'on lui réclamait. Il donna
également assurance que si le prieur et les religieux lui en faisaient la
demande expresse, il n'hésiterait pas à faire droit à leurs prières. Ces
vaines promesses ne furent jamais suivies d'effet, et cachaient un mauvais
vouloir évident, car Hugues IV fit répandre publiquement à Chalon-sur-Saône
le bruit que si l'abbé osait se présenter à Saint-Marcel ou dans toute autre
localité du duché, l'entrée lui en serait interdite. Non seulement les
bourgeois de Cluny ne pouvaient se risquer sur les terres du domaine ducal,
mais encore les marchands et les étrangers hésitaient à franchir la
frontière, dans la crainte d'être dévalisés. Les privilèges concédés par les
comtes de Chalon avaient été partout violés les chartes relatant ces
immunités avaient cependant reçu l'approbation du roi de France elles avaient
été ratifiées par le duc de Bourgogne lui-même lorsqu'il avait pris
possession du comté. Comment ce dernier permettait-il une semblable violation
du droit des gens, et tolérait-il de tels scandales dans le duché ? « C'est
pourquoi nous vous supplions très humblement de nous faire rendre nos hommes
et nos biens de Toulon, et de faire cesser une si inqualifiable persécution.
Nous vous supplions de forcer Philippe et ses complices, que nous avons
excommuniés, et qui ne se sont révoltés qu'à l'instigation du duc, à
restituer les prieurés de Vergy et de Vosne avec leurs dépendances, Givry,
Santhenai, Troandre, le prieuré de Charolles, ainsi que les localités dont
ils ont indument pris possession. Nous vous supplions de les contraindre à
faire amende honorable et à réparer les dommages qu'ils ont causés, soit à
l'égard du prieur de Montmirail qu'ils ont entièrement dépouillé, soit à
l'égard des autres victimes. Quant à nous, nous sommes prêts à comparaître à
la cour royale, et à répondre au duc de Bourgogne par devant les juges
ecclésiastiques ou civils qu'on voudra bien nommer[12]. » On ne
connaît que les longues doléances de l'abbé, qui sont peut-être exagérées
dans le détail, mais exactes dans l'ensemble nous ne savons rien de la
contrepartie. L'excommunication dont fut ensuite frappé le duc, et dont il
sera question plus loin, était cette fois suffisamment motivée. S'il y a
cependant des circonstances atténuantes dans la conduite de ce dernier, nous
les trouverions dans la persistance qu'il mit à réclamer les subsides qui lui
avaient été promis, et dans l'inanité de ces réclamations. Croirait-on que
huit ans plus tard, alors que le pape Innocent IV était décédé et Alexandre
IV assis sur le trône pontifical depuis six ans, le duc de Bourgogne faisait
encore parvenir ses doléances au Saint-Siège, et le 6 juillet 1260, le pape,
par une bulle datée d'Anagni, ordonnait aux abbés de Fontenay, des Escharlis,
de Maizières et de Cîteaux, de vouloir bien faire droit à sa requête, les
indemnités qu'il avait reçues de ce chef n'étant pas suffisantes[13]. Quand
le duc donnait l'exemple d'un tel scandale, on doit penser que les seigneurs
ne gardaient pas plus de ménagements, tant il 'est vrai que les mœurs de
cette époque n'avaient encore rien perdu de leur sauvagerie. Anséric
de Montréal, son cousin[14], petit-fils du sénéchal de
Bourgogne du même nom et de Sibille de Bourgogne, faisait pis encore dans ses
domaines. C'était ce même seigneur qui s'était signalé quelques années
auparavant par la dureté de ses procédés envers sa mère Agnès de Thil,
réfugiée après son veuvage dans le château de L'Isle-sur-Serein[15], qui lui avait été assigné en
douaire. Anséric était entré en armes à L'Isle et avait mis le feu à la
forteresse, menaçant de brûler tous ceux qui la défendaient. Il fallut
l'intervention personnelle de Thibaud, comte de Champagne, pour rétablir la
paix entre le fils et la mère, et mettre fin à une collision dont les
populations voisines avaient surtout à souffrir[16]. Peu après, le seigneur de
Montréal avait commis des méfaits qui nécessitèrent les réclamations de
l'autorité ecclésiastique et la répression du Saint-Siège il était entré en
guerre avec Dreux de Mello, seigneur d'Epoisses, et la lutte n'avait pris fin
qu'à la suite d'un traité et d'une promesse de mariage entre les enfants des
belligérants[17]. Anséric
eut bientôt une affaire plus sérieuse qui lui attira de graves désagréments.
L'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre possédait une partie de la terre de Coutarnoux[18], dont les habitants, comme ceux
de l'Isle, possédaient des droits d'usage dans la forêt d'Hervaux le seigneur
de Montréal voulut les en priver, et, pensant avoir facilement raison de la
résistance des tenanciers de l'abbé, vint les attaquer à main armée, les fit
sortir violemment de leur retraite, se saisit du prieur Girard, et le fit
accabler de mauvais traitements. Renaud de Joceval, alors abbé de
Saint-Germain, implora la protection de Thibaud, roi de Navarre et comte de
Champagne. Ce prince cita Anséric à comparaître à sa cour, et, sur son refus,
marcha contre lui avec des troupes, s'empara de son château de l'Isle, le
contraignit à restituer ce qu'il avait enlevé ; et exigea une amende
honorable pour les dommages causés à ce sujet[19]. Après
le départ du comte de Champagne, Anséric recommença ses vexations contre les
vassaux du monastère. Cette fois l'abbé de Saint-Germain d'Auxerre porta ses
plaintes au roi. On put aisément prouver les forfaits dont le sire de
Montréal s'était rendu coupable envers les clercs, les ecclésiastiques et les
séculiers dont il avait rempli ses prisons ; on lui reprochait d'avoir fait
arracher les dents aux uns, d'avoir fait manger un prêtre par des mouches, et
eciam quemdam presbiterum muscis comedi fecerat, genre de supplice qu'il
ne nous est pas facile d'expliquer, et autres crimes dignes des plus sévères
châtiments. Mandé
devant la cour royale, Anséric ne s'y rendit point. Saint Louis adressa au
duc de Bourgogne un ordre qui est rappelé 'dans une seconde lettre du
dimanche 27 décembre 1254, datée de Paris[20]. Le roi chargeait Hugues IV de
mettre fin à ces désordres il l'engageait à faire justice d'une manière ou
d'une autre, à saisir une portion de l'héritage d'Anséric en expiation de ses
fautes, et à prendre des mesures pour empêcher le retour de semblables excès. Si le
duc de Bourgogne exécuta les ordres du roi, il faut admettre qu'il apporta
quelque réserve à sévir contre un membre de sa famille, ou que le seigneur de
Montréal ne tint aucun compte de ses avertissements car, sur ces entrefaites,
les parents du coupable intervinrent auprès de Saint Louis, ainsi que
l'apprend un arrêt du Parlement rapporté dans les Olim[21], et le supplièrent de suspendre
l'exécution de sa justice. Ces parents étaient Gui de Mello, évêque
d'Auxerre, et Jean de Thourotte, châtelain de Noyon, dont Anséric avait
épousé la nièce[22], et qui craignaient de voir
leurs petits neveux déshérités par suite de la saisie des terres relevant de
Montréal. Ils s'engagèrent à aller trouver le coupable, et à prendre des
mesures pour le ramener à de meilleurs sentiments. Touché par leurs prières,
Saint Louis y consentit, quorum precibus acquievit dominus rex. Les
remontrances du prélat ne purent avoir d'action sur le caractère obstiné de
ce terrible chevalier. Loin de s'amender, il commit encore de nouveaux
forfaits et fit saisir et incarcérer des clercs. Sommé de comparaître devant
Saint Louis et confronté avec ses accusateurs, il fut confondu par les
clameurs et les plaintes déposées contre lui par les témoins cependant il
refusa de donner au roi une réparation satisfaisante. De nouveaux ordres
furent envoyés au duc de Bourgogne, qui ne furent pas mieux exécutés que les
premiers. Une
telle situation ne pouvait se prolonger. De Senlis où il était le 4 mai 1255,
Saint Louis envoya deux de ses officiers Dreux de Montigny et Jean de
Cambray, porteurs d'une lettre[23] impérative cette fois,
enjoignant au duc de Bourgogne de faire garder à vue le seigneur de Montréal
dans son propre château, et en cas de résistance de se saisir de sa personne
et de confisquer ses biens, afin de mettre un terme à un scandale qui pouvait
devenir contagieux pour les autres seigneurs. Les deux messagers avaient
mission de rapporter une réponse formelle, et de faire savoir les moyens
qu'Hugues IV comptait employer pour réduire et mâter ce dangereux malfaiteur. Pendant
les trois mois qui suivent, et qui furent sans doute utilisés par des
négociations, on n'a pas de documents sur les agissements du duc le caractère
altier et indomptable du seigneur de Montréal permet de supposer qu'il ne put
se laisser garder à vue dans le château, que sur cette résistance le duc de
Bourgogne, leva des troupes contre le vassal rebelle ; et qu'en présence des
forces dirigées contre lui, Anséric fut obligé de se rendre, sans nul si,
dans l'impossibilité où il était de se défendre. Tel est
le sens que nous croyons devoir attribuer ; à cette formule relatée dans, une
curieuse charte écrite : à la hâte sur une petite bande de parchemin, et dont
le laconisme est inusité[24]. « Je
Anseriz, sire de Montreaul, fait savoir à tous ces, qui verrunt ces lettres
que je ai rendu a Hugun, duc de Burgoinen, mun chastel de Monreaul en sa
velunté, senznul si. En tésmôignagé de ceste chose, je en a données mes
lettres scelées de mun seel. Ce fu fait l'an de grâce mil CC cinquante et
cinc ou mois de setembre. » Toutefois
pour adoucir la rigueur de cette exécution, Hugues IV consentit à prêter à
Anséric le château de Châtel-Gérard, relevant de Montréal, pour lui servir de
refuge et y mettre son mobilier à l'abri. Ce dernier en donna le même jour
une reconnaissance[25] : « et se il avenoit que
sa velunté fust que il le vosist ravoir, il me suffreroit getier moi et les
moies choses de celu Chastel-Girar, et conduroit sauvement moi et les moies
choses dues jornées ou trois. Et je suis tenuz de yssir et de délivrer celu
Chastel-Girart dedens le mois que il le m'auroit fait savoir... » C'est
donc en 1255 que l'importante seigneurie de Montréal, dominant une partie de
la riche vallée d'Époisses, fut rattachée au domaine ducal, ainsi que la
terre de Chatel-Gérard qui devint aussi le centre d'une châtellenie. Privé
de ses domaines, Anséric eut la faculté de conserver son titre de seigneur de
Montréal, et le droit de chasser dans les forêts qui dépendaient de son
ancien domaine. Il semble que son humiliation ne l'avait pas rendu d'humeur
plus accommodante avec ses voisins, auxquels il suscitait des contestations
de chasse. En novembre 1260[26], ses parents Henri, comte de
Grandpré, Erard de Trainel, sire de Foissy, et Guillaume de Mello furent les
médiateurs d'un arrangement entre lui et Mile de Noyers, et convenaient que
si Mile ou ses veneurs poursuivaient une bête hors de leurs bois, ils la
pourraient chasser et prendre sur les terres du sire de Montréal, à condition
que ce dernier aurait la liberté d'user des mêmes droits de poursuite. Anséric,
délaissé de tous, mourut en 1269, après avoir perdu sa fille unique et son
gendre Dreux de Mello, seigneur d'Epoisses, qui ne laissèrent eux-mêmes
aucune postérité. Il fut enterré dans l'église du prieuré de Vausse, fondé
par ses ancêtres, et où plusieurs d'entre eux avaient leur sépulture. On y
voit encore un fragment de sa tombe qui servait jadis de marche d'escalier,
et sur laquelle sont gravés seulement une épée et un écu semé de billettes[27]. Un
autre proche parent du duc de Bourgogne, Guillaume, seigneur de Montagu et de
Malain, avait également des démêlés avec la justice royale. Il s'était saisi
de la personne d'un chevalier dont le nom ne nous est pas connu, avait brûlé
sa maison, et s'était emparé de tous ses biens. Comme ce chevalier relevait
du comté de Mâcon appartenant au roi, le bailli de cette ville fit des
réclamations au sire de Montagu, qui refusa de livrer son prisonnier, et fut
par suite invité à comparaître au Parlement. Les excuses fournies par ce
dernier pour ne pas se rendre à l'assignation ne parurent point sérieuses, et
ne furent point acceptées on donna ordre au bailli de Mâcon d'instruire
l'affaire, et d'obtenir une amende honorable pour cet abus d'autorité[28]. A la
même époque, les religieux de l'abbaye de Molème avaient fort à faire contre
les entreprises de Jean, seigneur de Choiseul, dont les ancêtres avaient
fondé à Varennes l'un des plus importants prieurés relevant du monastère. Les
donations primitives avaient été si considérables que les possesseurs de ces
fiefs n'avaient cessé de créer des embarras aux religieux par des
revendications fréquentes. L'acte de fondation, en 1084[29], portait que les moines de
Molème et leurs hommes devaient avoir à Varennes la même liberté que le
seigneur de Choiseul et sa famille, que les habitants seraient exempts de
toute servitude, que l'abbaye aurait droit de bâtir, droit de corvée, droit
d'acquisition, droit de pâturage, et enfin droit de chasse, à L'exception du
sanglier, du cerf et du faon. Peu après les fondateurs avaient encore
abandonné aux moines des privilèges seigneuriaux sur les communes voisines de
Coiffy, Vicq, Champigny[30]. Ces largesses donnèrent lieu
dans la suite à des altercations graves qui n'ont pas été rapportées à leur
date. En 1194, l'abbé de Molème portait plainte à l'évêque de Langres contre
Renard de Choiseul qui maltraitait les vassaux du prieuré, et s'était
installé avec sa femme et ses enfants dans les bâtiments conventuels, en y
commettant des voies de fait. Renard fut excommunié avec toute sa famille, et
défense fut faite aux prêtres de célébrer l'office divin dans les localités
qu'il occuperait. C'est en 1208 seulement que fut levée la sentence
d'excommunication prononcée contre lui, alors qu'il fit sa soumission, et
qu'il fut condamné à subvenir aux frais de l'entretien d'une lampe qui devait
brûler nuit et jour devant le tombeau de saint Gengoul. Les
actes que l'on reprochait en ce moment à Jean, seigneur de Choiseul,
petit-fils de Renard, étaient plus sérieux encore. Les religieux de Molème,
pour se soustraire à ses persécutions, avaient associé Thibaud, comte de
Champagne et roi de Navarre, à leurs droits sur Vicq et Coiffy[31] ; Jean de Choiseul y mit
opposition. Un accord passé cinq ans plus tard, en juillet 1255[32], par l'intervention de Gui de
Rochefort, évêque de Langres, et de Jean, comte de Bourgogne et sire de
Salins, paraît n'avoir apporté qu'une courte trêve à la lutte. Le sire de
Choiseul s'empara du prieuré de Varennes à main armée, se saisit des bœufs, des
vaches, des brebis, des porcs, des harnais, des meubles le prieur Pierre fut
lait prisonnier et obligé de payer une rançon pour le rachat de sa personne.
Les autres domaines relevant du prieuré, Chézeaux, Rançonnières, Laverney[33], furent également ravagés et
pillés. A Rançonnières seulement on constata la prise de cent quarante bœufs
et d'un nombre assez considérable d'autres animaux. L'affaire fut portée
devant la cour du Parlement de Paris, et une curieuse enquête de 1258, relatée
dans les Olim[34], donne une énumération
détaillée de ces déprédations. Toutefois un arrêt fut rendu le 12 mai de la
même année, et Jean de Choiseul se vit condamné à restituer aux religieux de
Molème le montant des dommages causés à Varennes et ailleurs[35]. Cette
multiplicité de questions litigieuses, dont le nombre allait toujours
croissant, permet de constater quelle confiance inspirait la justice de Saint
Louis ; c'est à la cour royale que s'adressaient en dernier ressort aussi
bien les ecclésiastiques que les laïcs. Après
la mort de Gui de Vergy, évêque d'Autun, Girard de Beauvoir[36], son parent, fut nommé à sa
place en 1253. Nicolas, abbé de Flavigny, qui n'était pas de ses partisans et
n'avait probablement point contribué à son élection, refusa de lui rendre foi
et hommage, et lui contesta le droit de suzeraineté sur le château de
Flavigny. Le conflit dura plusieurs années, jusqu'au jour où l'évêque et
l'abbé, n'ayant pu trouver une base de conciliation, convinrent de s'en
rapporter à la décision de la cour royale. Saint Louis expédia sur place deux
de ses officiers, Amauri de Meudon, chevalier, et l'un de ses clercs pour
faire une enquête à ce sujet. Les arbitres établirent que trente-quatre ans
auparavant l'abbé alors en exercice avait rendu ses devoirs féodaux à
l'évêque d'Autun, auquel le château était jurable et rendable. Ils prouvèrent
en outre, qu'à la suite d'une contestation antérieure entre l'évêque et les
bourgeois de Flavigny, ces derniers avaient été obligés de livrer les clefs
du château et les principales tours de la forteresse. En conséquence, un
arrêt du Parlement, rendu à la Saint-Martin de l'année 1257[37], décida que l'évêque devait
être investi de ce fief et de ses dépendances. Quand il fallut accomplir les
devoirs de vassalité auxquels il était tenu, l'abbé fit de nouvelles
difficultés. Gui de Beauvoir prétendait que l'hommage devait lui être rendu
avec une certaine solennité, et qu'il fallait choisir un jour de montre, dies
ostensionis. Nicolas répliqua qu'un simple hommage ne pouvait donner lieu
à une telle cérémonie. Il fallut comparaître une seconde fois devant le
Parlement, où un arrêt de 1260 décida qu'à la suite des démêlés, dans
lesquels les droits de l'évêque avaient été mis en contestation et méconnus,
il devait y avoir un jour de montre. C'est aussi à la cour royale que s'adressèrent les bourgeois de Tournus, en 1256, lorsqu'en représailles des mauvais traitements infligés par les religieux de l'abbaye, qui avaient tué l'un des leurs, ils firent appel à la justice de Saint Louis. Les moines de Tournus avaient commis de tels excès qu'une répression sévère s'imposait. Les domaines qui leur appartenaient furent saisis et mis dans la main du roi, ainsi que l'administration temporelle du monastère les châteaux et forteresses relevant de l'abbaye furent également confisqués et momentanément confiés à un gérant nommé par Saint Louis, qui laissa seulement aux religieux les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins les plus urgents et à leur nourriture quotidienne. |
[1]
V. notre tome IV.
[2]
Mathieu de Paris, édition de sir Luart, t. V, p. 175 et 188.
[3]
Arch. nat., J. 442, croisades, n° 11, copie ; Delaborde, Layettes du Trésor
des chartes, t. III, p. 576, n° 3923 bis ; Elie Berger, Registres
d'Innocent IV, n° 6307, 6661.
[4]
Elie Berger, Registres d’Innocent IV, n° 6207.
[5]
Raynaldi, an. 12152, art. 35 ; Elie Berger, Registres d’Innocent IV, n°
5597.
[6]
Bullarium ord. Cluniacens., p. 462, coll. 1.
[7]
La bulle du pape, du 28 mars 1252, dit seulement que l'abbé se rendit en
Angleterre pour les affaires de l'abbaye.
[8]
E. Berger, Registres d’Innocent IV, n° 5598.
[9]
E. Berger, Registres d’Innocent IV, n° 5597.
[10]
E. Berger, Registres d’Innocent IV, n° 5599.
[11]
Ce n'est point Jean de Miramont, comme le porte le texte de Delaborde,
Layettes, t. III, p. 185, mais Jean de Maumont qui figure souvent dans nos
documents, voir notamment notre catalogue n° 2399, 2908. Giraud de Maumont, qui
était sans doute de cette famille, joua un grand rôle à la cour du roi Philippe
le Hardi, V. Langlois, Règne de Philippe le Hardi, p. 42.
[12]
Datum Cluniaci, die veneris proxima ante Panthecosten, Arch. nat., J.
259, Cluny 1 ; Delaborde, Layettes, t. III, p. 184-186.
[13]
Arch. nat., J. 442, croisades, I, n° 11, copie ; édition Delaborde, Layettes
du Trésor des chartes, t. III, n° 4619.
[14]
Anséric, seigneur de Montréal, était doublement parent du duc Hugues IV,
puisqu'il était petit-fils de Sibille de Bourgogne, nièce du duc Eudes III, et
petit-fils de Nicolette de Vergi, sœur de la duchesse Alix de Vergi.
[15]
L'Isle-sur-Serein, chef-lieu de canton, arrondissement d'Avallon (Yonne).
[16]
Ces événements avaient lieu de 1235 à 1238. Voir d'Arbois de Jubainville, Comtes
de Champagne, catalogue, n° 2381, 2412, 2467, 2469, 2488.
[17]
Ceci se passait en 1245. Voir notre tome IV, p. 114-115, et notre catalogue, n°
2528 ; E. Berger, Registres d’Innocent IV, n° 1633.
[18]
Coutarnoux, commune du canton de l'Isle, arrondissement d'Avallon (Yonne). La
forêt d'Hervaux s'étend sur une partie de cette commune.
[19]
Arch. de l'Yonne, titres de Saint-Germain-d'Auxerre, liasses Coutarnout.
[20]
Arch. de la Côte-d'Or, B. 4266, Vidimus, notre catalogue, n° 2806 ; éd.
Dom Plancher, t. II, pr. L.
[21]
Documents inédits, Olim, t. I, p. 438. Cet arrêt, daté de 4254, doit
être du commencement de l'année 1255, c'est-à-dire de 1255 avant Pâques.
[22]
Marie de Garlande, femme d'Anséric de Montréal, était veuve d'un seigneur de
Thourotte, et la fille d'Anséric était mariée à Dreux de Mello, seigneur
d'Epoisses, neveu de l'évêque d'Auxerre.
[23]
Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 1266 ; catalogue, n° 2820.
[24]
Orig. Arch. de la Côte d'Or, Chambre des Comptes, B. 1266.
[25]
Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 983 ; voir notre catalogue, n°
2839-2840. Chatel-Gérard, canton de Noyers, arrondissement de Tonnerre (Yonne).
[26]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, voir notre catalogue, n° 3208.
[27]
J'ai fait relever contre un mur du cloître ce qui reste de ce triste monument.
On peut également visiter à côté de la forteresse de Chatel-Girard, rebâtie par
les ducs de Bourgogne au XIVe siècle, les ruines informes de l'ancien manoir
qui fut la dernière retraite de ce singulier personnage.
[28]
Documents inédits, Olim, t. I, p. 427, année 1254.
[29]
Voir notre tome I, catalogue, n° 70.
[30]
Charte de 1101, Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Molème.
[31]
Charte de juillet 1250, Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 323.
[32]
Arch. de la Haute-Marne, Cartulaire du chapitre de Langres, fol. 62 v° ;
Orig. Arch. nat., J. 201, Champagne, IX, n° 43, trois sceaux pendant à
double queue Delaborde, Layettes, t. III, n° 4189.
[33]
Ces trois communes sont du canton de Varennes (Haute-Marne).
[34]
Documents inédits, Olim, t. I, p. 42.
[35]
Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. I, n° 265 voir aussi quatre
pièces à ce sujet aux Arch. nat. J. 201, n° 39 à 42, originaux scellés, et
Delaborde, Layettes du Trésor des chartes, n° 4189 à 4191.
[36]
Beauvoir-sur-Serein, château en ruines, près Sauvigny-le-Beuréal, canton de
Guillon, arrondissement d'Avallon (Yonne). Girard était de la maison de
Montréal, dont les Beauvoir étaient une branche.
[37]
Documents inédits, Olim, t. I, p. 43.