CROISADE DE 1248.
Le chroniqueur
Salimbene, et son séjour au couvent des Frères-Mineurs d'Auxerre. — Intérêt
de sa chronique ses récits humoristiques. — Les vins de l'Auxerrois. — Omnes
gule sunt sorores. — Détails sur le départ pour la croisade. —
Saint Louis à Sens ; réception qui lui est faite son portrait ; cadeau qui
lui est offert ; harangues ; curieux menu d'un dîner maigre. — Le roi à
Pontigny, Chablis, Noyers, Vézelay. — Préparatifs de Hugues IV, duc de
Bourgogne, pour la croisade. — Chevaliers bourguignons qui l'accompagnent. —
Le duc passe dans les états du dauphin de Viennois et par la Savoie. —
Rendez-vous général à l'Ile de Chypre. — Le roi y passe l'hiver et le duc de
Bourgogne se rend en Morée chez Guillaume de Villehardouin, prince d'Achaïe
et de Morée. — Mort d'Archambaud, seigneur de Bourbon. — Erard de Chacenay
fait marché pour sa traversée en mer. — Départ de Chypre ; et débarquement en
face de Damiette. — Le sire de Joinville et Erard de Brienne, Geofroi de
Serginnes, Jean et Erard de Vallery, Joceran et Henri de Brancion. — Mort
d'Hervé, seigneur de Saffres, de Jacques, seigneur de Saulx, d'Eudes de
Chaux. — La garde du camp est confiée au duc de Bourgogne. — Pierre d'Avallon
et Eudes, seigneur du Vault de Lugny, Pierre de Courtenay et Jean de
Seignelay. — Bataille et combats de La Massoure. — Mort d'Hugues de
Til-Châtel, seigneur de Coublanc, de Guillaume, seigneur de Mont-Saint-Jean
et de Salmaise, de Jean de Châtillon, de Joceran le Gros de Brancion, de
Dreux de Mello, seigneur d'Epoisses et de Château-Chinon. — Tristes résultats
de cette campagne. — Le duc de Bourgogne revient dans ses états. — Mort de la
duchesse Alix de Vergy.
Il y
avait en ce temps-là dans le couvent des Frères-Mineurs d'Auxerre un
religieux italien, qui était venu momentanément s'y fixer, après avoir été
forcé de s'expatrier par suite des malheurs de la guerre et du siège de
Parme, sa ville natale, alors envahie par l'empereur Frédéric. Ce religieux a
laissé sur les événements contemporains une chronique restée- pendant six
siècles inconnue et inédite dans les riches archives de la bibliothèque du
Vatican[1]. Quoique
mutilé et incomplet, le manuscrit qui contient cette chronique, et que l'on
considère avec vraisemblance comme un autographe de l'auteur, excita la
curiosité, et un savant étranger crut devoir.la publier à Parme, en 1857[2]. Ce n'est qu'à partir de ce
moment que le nom de Salimbene[3] fut connu des érudits, et que
sa chronique put être utilisée par les travailleurs. Outre
les lacunes du manuscrit, l'éditeur a malheureusement fait subir au texte des
mutilations regrettables, qui n'excluent pas certaines fautes de lecture. L. Clédat, dans une thèse latine : De Fratre Salimbene[4], en a relevé quelques-unes, et
rétabli plusieurs des passages supprimés. On
attend une édition sérieuse et complète de cet important monument du moyen
âge, dont un érudit français a fait espérer la publication. Pour le moment,
le texte de l'éditeur parmesan est le seul dont nous puissions disposer, mais
il est suffisant pour fournir sur certains épisodes, sur divers personnages
de l'époque, sur les mœurs de nos contrées, des détails d'un singulier
intérêt, et que l'on chercherait vainement ailleurs. On
n'est pas habitué à rencontrer dans les récits du XIIIe siècle des pages
entières, qui retracent les usages et la manière de vivre des contemporains
de saint Louis ; et tout cela est raconté avec une bonhomie et une simplicité amusantes, qui mettent à jour la véracité
de l'auteur, et font contraste avec les chroniques parfois confuses et
souvent ennuyeuses du même temps. Salimbene
a le tempérament d'un moine du xv siècle, égaré dans notre société du XIIIe.
Il n'avait que vingt-sept ans lorsqu'il vint séjourner deux ans dans nos pays
; mais les souvenirs de ce séjour firent une grande impression sur son
esprit, puisqu'il put les relater avec une telle précision dans une narrât'
>n écrite trente-cinq années plus tard. A la
fin de 1247, Salimbene vint en France, et alla trouver à Lyon le pape
Innocent IV, avec lequel il eut dans sa chambre un entretien particulier[5] ; il passa par l'abbaye de
Cluny pour aller habiter la Brie Champenoise, et séjourna quinze jours à
Troyes pendant la tenue de ces fameuses foires qui duraient deux mois. Il fit
également résidence à Provins depuis la fête de Saint Luc jusqu'à la
Purification, et eut pendant une semaine entière le loisir d'admirer à Paris
une foule de merveilles auxquelles il prit grand plaisir. C'est après ce
voyage qu'il vint s'installer à Sens, où son humeur joviale lui valut un bon
accueil des Frères-Mineurs[6]. Pendant l'hiver de cette
année, le froid fut si intense qu'il fut forcé de se réfugier à l'infirmerie
pour y soigner des douleurs. En
quittant la ville de Sens, Salimbene fut plus particulièrement attaché au
couvent des Franciscains d'Auxerre. « C'est de cette ville, raconte-t-il,
qu'est originaire le moine Guillaume, qui a fait la somme et une autre somme
sur les bénéfices ecclésiastiques, dans la maison duquel je suis souvent allé
». Au dire des religieux de l'Auxerrois qui l'avaient connu, maître Guillaume
avait une grande puissance de dialectique, personne à Paris ni ailleurs ne
discutait mieux que lui, car il était à la fois grand logicien et profond
théologien ; mais quand il se mêlait de prêcher, « il ne savait ce qu'il
disait[7]. » Passant
d'un sujet à un autre, l'auteur parle des ouvrages qu'il a composés, mais
qu'il avait été obligé d'interrompre, parce qu'il n'était pas assez riche
pour 'r se procurer tout le parchemin nécessaire. « Plusieurs de ces
chroniques étaient très bonnes, selon mon opinion, dit-il naïvement, mais j'y
faisais sans cesse des additions ou des retranchements pour les passages que
je trouvais inutiles ou erronés[8]. » « Je me
rappelle que quand j'étais au couvent de Crémone, alors que la ville de Parme
se souleva contre l'autorité de l'empereur Frédéric, Gabriel de Crémone,
grand lecteur et homme d'une sainte vie, nous assura qu'à Auxerre il y avait
plus de vignes et qu'on y récoltait plus de vin qu'à Crémone, Parme, Reggio
et Modène. Je me récriai sur l'étrangeté de cette assertion, et je lui
répliquai que cela était incroyable. Mais quand je restai à Auxerre, j'ai
bien reconnu moi-même l'exactitude de ce fait, parce qu'il y a toute une
contrée et un immense territoire dans lesquels montagnes, plaines, collines,
sont toutes occupées par des vignes, comme j'ai pu m'en assurer par mes
propres yeux. Les habitants ne récoltent rien, ne serrent rien dans leurs
granges ; ils s'occupent exclusivement de leurs vignes, dont la récolte est
expédiée par rivière sur Paris, où on la vend parfaitement c'est la seule
industrie qui leur permette de se nourrir et de se vêtir[9]. » Le
souvenir de certains repas auxquels assista le joyeux Franciscain paraît lui
avoir laissé des sensations qu'il se plait à rapporter dans ses
réminiscences. Il se souvient avec plaisir d'un dîner auquel il assista lors
de ses tournées dans l'évêché d'Auxerre, chez une certaine comtesse, qui ne
peut être qu'Iolande de Châtillon, petite fille de Mahaut de Courtenay et d'Hervé
de Donzy, alors mariée avec Archambaud de Bourbon. A ce dîner, on offrit au
moine, et à tous les personnages composant l'entourage de la comtesse, douze
services ou variétés de mets. « Et encore, le comte son mari était absent, le
nombre des mets eût sans doute été plus considérable s'il avait été présent. » Salimbene
parle longuement des vins de l'Auxerrois ; qui ne valent pas ; dit-il, les
vins d'Italie et sont moins renommés. Les vins blancs leur sont bien
supérieurs il veut sans doute parler des crus de Chablis, qui sont dorés,
pleins de bouquet, réconfortants et d'un goût très agréable[10]. Suivent de nombreuses strophes
de vers latins et italiens, composées en l'honneur des vins, par maître
Morand, professeur à l'université de Padoue, et des renseignements sur la
coutume que les habitants de nos pays ont d'offrir à leurs hôtes le cru de
leurs récoltes, en leur disant : Je bois à vous, c'est-à-dire
vous boirez autant que je boirai, et ce serait une grande incivilité de faire
autrement que le maître de la maison, et de ne pas répondre à son invitation[11]. Aussi Salimbene trouve très
mauvais que les prélats se délectent de vins délicieux, en présence des
moines qui n'en ont jamais que d'une qualité inférieure. Il blâme ces mêmes
prélats de n'en pas offrir à leurs subordonnés, qui prendraient autant de
plaisir qu'eux à les boire et à les savourer, cum omnes
gule sint sorores ![12] Cette
merveilleuse et réjouissante réflexion suffira pour donner une idée de la
tournure d'esprit de l'auteur mais à côté de ces détails humoristiques, on
trouve sur les faits de l'époque, sur le départ pour la croisade et l'arrivée
du roi en Bourgogne, des épisodes du plus haut intérêt. Saint
Louis avait commencé son grand voyage le vendredi veille de la Pentecôte, 12
juin 1248[13]. Le légat du pape, Eudes de
Châteauroux, lui avait remis à Saint-Denis la panetière et le bourdon, ainsi
qu'à la reine Marguerite de Provence et aux membres de la famille royale qui
se préparaient à accompagner le souverain. Après les dévotions faites à
Notre-Dame de Paris, on passa au couvent de Saint-Antoine, puis à Corbeil, où
la régence du royaume fut confiée à Branche de Castille, et ensuite à Melun,
d'où le roi s'achemina sur la Bourgogne. Convoqué
par le chapitre provincial des Frères-Mineurs de Sens, Salimbene y était venu
d'Auxerre, très désireux de voir la réception qui devait être faite au prince
et à sa suite. Tous les Franciscains étaient sortis de la ville de Sens avec
les habitants, et s'étaient échelonnés sur la route pour voir passer le
cortège royal. Les dames, non moins curieuses, étaient- également accourues,
mais leur mauvaise tenue n'inspire au que des réflexions peu favorables,
lorsqu'il les compare aux italiennes, qui n'auraient pas manqué de faire plus
d'honneur au roi de France, s'il avait jamais daigné
s'arrêter à Bologne ou à Pise. Mais, ajoute-t-il, les bourgeois seuls
habitent les villes en France, les chevaliers et les nobles dames séjournent
dans leurs terres et dans leurs châteaux. Au
moment de l'arrivée de saint Louis, Eudes Rigault, archevêque de Rouen,
n'était pas accouru des premiers il s'était trop attardé à revêtir ses habits
pontificaux il fendait la foule en criant Où est le roi ? « Et je le suivais,
car il marchait seul, éperdu, mitre en tête et bâton pastoral en main ». « Le
roi était frêle et mince, assez maigre et grand, avec un visage d'ange et une
figure avenante. Il s'avançait sans apparat princier, en habit de pèlerin,
portant au cou son bourdon et sa panetière, qui ornaient à merveille ses
épaules royales. Il ne venait pas à cheval, mais à pied. Ses frères, qui tous
trois étaient comtes, le suivaient humblement et comme lui modestes dans leur
attitude et dans leur costume l'aîné se nommait Robert, et le troisième
Charles, celui-là même qui depuis s'est acquis une grande renommée par ses
glorieuses actions. Le roi ne s'occupait guère de la suite de sa noblesse,
mais paraissait surtout désireux de mériter les suffrages et les prières des
pauvres. On aurait dit plutôt un moine qu'un chevalier en armes qui part pour
la guerre. Après être entré dans l'église des Frères-Mineurs, il fit
dévotement une génuflexion devant l'autel et il se mit en oraison ; je me
trouvais à côté de lui au moment où il sortit, et alors qu'il était encore
sur le seuil de la porte. On vint lui offrir de la part du trésorier de
l'église de Sens un énorme poisson[14] encore vivant, qu'on lui
présenta dans une conque de bois de sapin, assez semblable à une petite
baignoire dans laquelle on baigne et on lave les enfants, quand ils sont
encore au berceau. Le porteur du présent fut vivement remercié. » Louis
IX, ayant ensuite pénétré dans la salle du chapitre, se recommanda aux
assistants, ainsi que ses frères et la reine sa mère les religieux touchés de
sa dévotion fondaient en larmes. Après une courte allocution prononcée par le
cardinal légat Eudes de Châteauroux, le ministre général des Franciscains,
frère Jean de Parme, prit la parole, et fit ressortir les nobles sentiments
de ce roi qui ne demandait aux fidèles ni or ni argent, mais seulement leur
appui moral et leurs prières. N'était-il pas digne de mener à bien la
croisade qu'il entreprenait ? L'orateur conclut en exigeant de tous les
prêtres de son ordre, et qui relevaient de lui, quatre messes pour Louis IX
et ceux qui l'accompagnaient, sauf à faire davantage, s'il venait à succomber
dans son voyage[15]. Le roi fut si satisfait de ces
paroles qu'il voulut avoir immédiatement des lettres de fondation de ces
messes, revêtues du sceau du ministre général. Ainsi fut fait. Ce mème
jour, le roi mangea au réfectoire avec les Frères-Mineurs, et fit la dépense.
Ses trois frères, le cardinal Eudes de Châteauroux, Eudes Rigault, archevêque
de Rouen, les chefs des communautés, tout le corps du chapitre et les
Hospitaliers furent admis au dîner. Le
ministre général Jean de Parme, voyant une telle assemblée, ne voulut pas, au
milieu des fonctions qui lui incombaient, se mettre à table près du roi, bien
que ce dernier l'en eût prié, il vint par humilité et modestie s'asseoir à la
table des Frères. « Nous
eûmes ce jour-là, d'abord des cerises, puis du pain très blanc, du vin de
choix et en abondance, un vin digne de la magnificence royale. Nous eûmes
ensuite des pois nouveaux cuits au lait, des poissons et des écrevisses, des
pâtés d'anguilles, du riz au lait d'amandes et au poivre d'Éthiopie, des
anguilles assaisonnées avec une excellente sauce, des tartelettes et des
tourtes, et une grande abondance de fruits. Et cela fut rapidement ordonné et
servi avec soin[16]. » On
croirait lire le récit moderne d'un banquet officiel et il faut avouer que
notre chroniqueur a religieusement conservé le souvenir d'une cuisine à
laquelle les Frères Mineurs n'étaient probablement pas habitués. Il s'agit
ici d'un dîner maigre, qui va nous servir à fixer pour Sens le séjour exact
de saint Louis, que nous suivrons jusqu'au dimanche suivant à Vézelay. C'est
le mardi 23 juin, veille de la nativité de Saint Jean-Baptiste, qui était un
jour de vigile et jeûne, que le roi vint à Sens, où il coucha. « Le jour
suivant, le roi continua sa route, » dit Salimbene. Il se dirigea sur
Pontigny, où il ne put arriver que le surlendemain, le jeudi 25, après avoir
fait la veille l'étape obligée de Joigny. L'abbaye de Pontigny et tous ses
biens furent mis sous la protection royale, mais la charte ne fut donnée que
le mois suivant au siège de la Roche de Gluz[17]. Le
vendredi 26 juin, Louis IX partit de Pontigny, passa à Chablis, où sa
présence est constatée par une donation en faveur des religieuses du Trésor[18], et vint souper et gîter au
château de Noyers, apud castrum Noeriarum[19], qu'il quitta le samedi 27 pour
gagner Vézelay où il n'arriva que le soir. Salimbene
revenu de Sens à Auxerre, par suite de la permission qui lui était accordée
de circuler de province en province, était arrivé cette même nuit à Vézelay
désireux de revoir le roi, qu'il y retrouva en effet. « C'était
un dimanche matin (le 28 juin). Louis entra dans l'église avec ses trois frères,
laissant des serviteurs pour garder les chevaux ; il plia le genou
devant l'autel, puis, comme les moines se disposaient à se remettre sur leurs
sièges, il s'assit à terre dans la poussière, comme je l'ai vu de mes yeux,
et l'église n'était point pavée, il leur dit : « Venez vers moi, mes
très doux frères, écoutez mes paroles ». Quand ils furent assis en cercle à
ses côtés, il leur demanda leurs prières, et après qu'on les lui eût
promises, il sortit. On lui dit alors que Charles (d'Anjou) priait avec ferveur, et lui,
qui en était tout heureux, attendit patiemment son frère sans remonter à
cheval. On voyait dans le transept de l'église le comte de Provence
agenouillé devant un autel, tandis que le roi se tenait à la porte avec les
deux autres frères. J'en fus profondément édifié[20] ». Louis
IX passa ensuite à Avallon, et s'arrêta à Lyon où il eut une dernière
entrevue avec le pape. Nous n'avons malheureusement aucun détail sur sa
traversée dans le reste de la Bourgogne, bien que Salimbene prétende l'avoir
suivi en différentes localités. De leur côté, le duc Hugues IV et les croisés
bourguignons avaient employé le mois de juin à faire leurs préparatifs mais
tous ne devaient pas suivre la même voie, et prirent en effet des directions
différentes, pour éviter un encombrement qui ne pouvait manquer de se
produire avec des masses d'hommes circulant sur les mêmes routes, et voulant
atteindre la même destination. Les
archives ecclésiastiques ont conservé les noms des chevaliers de la province,
qui prirent part à cette expédition ; la plupart d'entre eux appartenaient
aux grandes familles féodales, et un certain nombre de dames avaient tenu à
partager avec leur mari les dangers de ce lointain voyage. Le beau-père
d'Eudes de Bourgogne, Archambaud de Bourbon faisait route avec Iolande de
Châtillon, comtesse de Nevers, Elvis d'Epoisses accompagnait Dreux de Mello,
seigneur d'Epoisses et de Château-Chinon[21], son mari, et leur oncle Dreux
de Mello, seigneur de Loches et de Saint-Bris[22]. Nous
publions le curieux testament de Philippe d'Antigny[23], que l'on retrouvera l'année
suivante à Damiette, ainsi que Guillaume et Gaucher de Joigny[24], Gui, comte de Forez[25], Josseran le Gros de Brancion,
et Henri de Brancion, son fils, Jacques, seigneur dé Saulx, Hervé, seigneur
de Saffres, Erard de Chacenay, Humbert, sire de Beaujeu, Renaud IV de Bresse,
Pierre d'Avallon et Eudes, son frère, seigneur du Vault de Lugny, tous deux
fils de Jocelin d'Avallon, Hugues de Til-Châtel, seigneur de Coublanc, et ces
illustres et fameux chevaliers du Senonais, Geoffroy de Serginnes, Jean et
Erard de Vallery. Aux
noms déjà cités de Gibaud de Saint-Verain, de Pierre de Courtenay, il faut
ajouter ceux de Guillaume de Mont-Saint-Jean[26], de Foulques de Minot[27], de Gui de Grosbois, chevalier,
et d'Etienne, son frère, damoiseau[28], Gui de Frolois, dit Ragot,
fils d'Eudes, connétable de Bourgogne[29], Renaud d'Ormoy[30], Eudes de Chaux[31], André de Savoisy[32], Calo de Saulx[33], Jean de Châtillon[34], Gautier, seigneur de
Montoillot, chevalier[35], Thibaud de Bierry[36], Henri de Rye[37]. Les
rôles des fiefs du comté de Champagne relatent de nombreux croisés de la
Bourgogne Champenoise, parmi lesquels nous retiendrons Jean de Seignelay,
seigneur de Maligny[38], Huguenin de Vanlay[39]. Hugues de La Fauche[40], Erard de Ramerupt[41], Itier de la Brosse[42]. Tandis
que le roi de France descendait la vallée du Rhône, s'acheminant sur
Aigues-Mortes, le duc de Bourgogne gagnait les états de son cousin le dauphin
Guigues, comte de Vienne et d'Albon, puis traversait la Savoie. Le 4 juillet,
il était à Aiguebelle[43], lorsqu'il jura fidélité à
Philippe de Savoie, élu de Lyon, par l'entremise de l'évêque Amédée de
Maurienne, pour le fief qu'il tenait de l'église de Lyon[44]. Les uns
et les autres avaient rendez-vous en Chypre, où par ordre du roi avaient été
réunis de grands amas de blé, d'avoine, de foin et de provisions de toute
nature. Les divers barons embarqués isolément à Marseille, à Gênes, ne
gagnèrent le lieu du rendez-vous que successivement. Louis IX arriva à
Limisso, en Chypre, avec sa femme, ses frères, et un grand nombre de
chevaliers, dans la nuit du 17 au 18 septembre. En abordant au rivage, un des
vaisseaux ayant heurté contre un banc de sable, se fendit on pleine mer, et
tout l'équipage qui le montait fut noyé, à l'exception d'une femme et d'un
enfant qui surnagèrent sur une pièce du navire, et que Guillaume, comte de
Joigny, fit nourrir à Paphos en l'honneur de Dieu, suivant le récit de
Joinville. Malgré
son désir de se rendre immédiatement en Egypte, le roi fut forcé d'attendre
le reste des troupes et des vaisseaux dispersés, ce qui le mit dans la
nécessité de passer l'hiver en Chypre, avant de rien entreprendre. Ce
contretemps eut de fâcheuses conséquences, car il se produisit les mêmes
accidents que dans les expéditions précédentes ; le changement de climat et
de nourriture amena une épidémie, qui fit périr jusqu'à deux cent cinquante
chevaliers des plus considérables, Jean, comte de Dreux, Guillaume de Mello,
Guillaume des Barres, Archambaud de Bourbon. Iolande de Châtillon, veuve de
ce dernier, reçut alors du roi et des Templiers trois mille sept cent
cinquante livres tournois[45] pour pouvoir effectuer son
retour. On se
trouva ensuite privé de tout moyen de transport pour gagner l'Egypte, car,
suivant la coutume, les Italiens qui louaient leurs vaisseaux s'en
retournaient après avoir conduit les passagers à destination. On fut obligé
d'envoyer à Acre et en Palestine plusieurs ambassadeurs, le connétable de
France, le comte de Jaffa, Geofroi de Serginnes[46] et autres, pour se procurer de
nouveaux navires. Le duc de Bourgogne fut vraisemblablement chargé d'une
semblable mission en Morée, bien que Joinville dise seulement qu'il y passa
l'hiver chez Guillaume de Villehardouin, prince d'Achaïe et de Morée, et qu'ils
ne rejoignirent tous deux la flotte royale qu'après le premier départ de
Chypre c'est-à-dire après le mercredi 19 mai 1249[47]. Baudoin d'Avesne dit
positivement que le duc de Bourgogne vint rejoindre le roi en Chypre[48]. Erard de Chacenay y fit un
marché particulier avec des marchands de Sienne, pour sa traversée en mer,
moyennant la somme de mille livres tournois qui furent garantis par le roi[49]. Après
divers incidents et contrariétés, on arriva le 4 juin en face de Damiette.
Guillaume de Villehardouin, prince d'Achaïe, avait seulement reconduit le duc
de Bourgogne, et après avoir présenté ses devoirs au roi de France et mis un
certain nombre de vaisseaux à sa disposition, était retourné dans ses états,
où de graves intérêts nécessitaient sa présence, car il était le seul des
seigneurs latins de l'empire d'Orient qui eût conservé sa suzeraineté. Les
chrétiens débarquèrent à Damiette avec de grandes difficultés et furent
criblés de flèches par les Sarrasins. Joinville était dans une galère sous la
bannière d'Erard de Brienne, seigneur de Ramerupt, fils de celui qui avait
pendant de si longues années disputé la Champagne à Thibaud. L'investissement
de Damiette eut lieu le dimanche 6 juin 1249, sans coup férir, les Sarrasins
ayant abandonné la ville, sur le faux bruit de la mort du sultan. Louis IX
ordonna de remettre tout le butin au brave Jean de Vallery, qui devait en
disposer à sa volonté, mais qui déclina noblement la responsabilité d'un tel
acte, déclarant que quand les chrétiens faisaient des prises sur l'ennemi,
celui qui commandait avait droit au tiers, le reste devant être distribué aux
pèlerins. Pendant les premiers engagements de cette croisade on perdit un
certain nombre de chevaliers bourguignons ; d'autres furent blessés assez
grièvement pour ne pouvoir continuer la campagne. Hervé, seigneur de Saffres,
mourut en revenant, et sa veuve Gille pria le comte de Champagne de recevoir
l'hommage de son fils Gui, pour les terres qui relevaient de son comté[50]. Au mois de septembre, le roi
donna en son camp devant Damiette la garantie d'une somme de mille livres
tournois à Gui, comte de Forez, lorsque ce dernier traita avec les marchands
de Sienne pour se faire ramener en France[51]. Dans
les mêmes moments Jacques, seigneur de Saulx, était décédé, et sa trop
consolable veuve, Marie de Mont-Saint-Jean, pressée de mettre un terme à sa
douleur, avait déjà convolé à de secondes noces au mois de mars de l'année
suivante[52]. Eudes de Chaux, chevalier,
était mort également, puisque la duchesse Alix est obligée de ratifier la
donation de sa femme et de ses enfants aux religieuses de l'abbaye du Lieu-Dieu[53]. Dreux de Mello, seigneur
d'Epoisses, ne reparaît plus après cette date, non plus que sa femme Elvis,
la dernière héritière de la maison des Montbard-Epoisses. Le
vaisseau qui avait ramené Iolande de Châtillon, comtesse de Nevers, veuve
d'Archambaud de Bourbon, avait dû rapporter les premières nouvelles. Pendant
l'occupation de Damiette, il y eut de nombreuses escarmouches entra les
chrétiens et les sarrazins, sur lesquels Joinville donne divers détails :
« Et le propre jour de Noël, tandis que j'estois
à disner, mon compaignon
Pierre d'Avalon, moy, et tous nos gens, les
Sarrazins entrèrent en nostre ost, et tuerent beaucoup de pouvres de
l'ost, qui s'estoient escartez
aux champs. Et incontinent nous montames à cheval
pour aller à l'encontre dont grant mestier en estoit à monseigneur Perron nostre
oste, qui estoit hors de
l'ost aux champs. Car avant que fussions là, les Sarrazins l'avoient jà prins et l'emmenoient avec eux
et son frère le seigneur du Val. Alors nous picasmes
des espérons, et courumes sus aux Sarrazins et recouysmes ces deux bons chevaliers, qu'ils avoient jà
mis par terre à force de coups, et les ramenasmes
en l'ost[54] ». Après
l'arrivée d'Alphonse de Poitiers qui conduisait l'arrière garde de la
croisade, on résolut de partir pour le Caire. La garde de Damiette et du camp
des chrétiens fut confiée au duc de Bourgogne, qui fut chargé de protéger les
derrières de l'armée, de veiller à la sécurité de la reine, des dames de sa
suite, du légat du pape, des évêques[55]. Sur la
route de Damiette au Caire, et environ à moitié du chemin, se trouvait la
ville de Mansourah, que nos chroniques appellent La Massoure, et qui était
située entre deux bras du Nil. C'est derrière l’un de ces bras, nommé le
Thanis, que le duc de Bourgogne était campé, mais comme il n'aurait pu
franchir cette partie du fleuve, les croisés ne pouvaient attendre de lui
aucun secours. Son rôle fut donc tout à fait secondaire, et nous n'avons à
citer de la bataille de La Massoure, donnée le mardi 8 février 1250, et des
combats qui suivirent, que les épisodes rappelant les noms de personnages
bourguignons. Hugues
de Til-Châtel, seigneur de Coublanc, qui portait la bannière de la compagnie
dans laquelle se trouvait Joinville, fut tué en traversant la rivière[56]. Vers la même époque dut
succomber Guillaume, seigneur de Mont-Saint-Jean et de Salmaise, car l'année
suivante sa veuve Marie des Barres fit une donation aux religieuses de Tart,
pour l'anniversaire de son mari « de bonne remembrance[57] ». Jean de Châtillon périt
également, et ses héritiers vendirent peu après à l'évêque de Langres leurs
droits à Mussy-sur-Seine[58]. Saint
Louis, malgré l'état maladif qu'il subissait depuis son arrivée, déploya une
grande vigueur, dont Pierre de Courtenay et Jean de Seignelay furent témoins :
« Et me conterent ung
jour le sire de Courtenay et messire Jehan de Salenay
que six Turcs vinrent au roy celui jour, et le prindrent
par le frain de son cheval, et l'emmenèrent à
force. Mais le vertueux prince s'esvertua de tout
son pouvoir, et de si grant courage frappait sur
ces six turcs, que lui seul se delivra[59]. » On ne
peut omettre de rapporter ce que Joinville dit[60] à propos de la vaillance et de
la mort malheureuse de Josseran de Brancion : « Apres
la bataille du conte de Poitiers estoit une «
petite bataille, et la plus feble
de tout l'ost, dont ung nommé messire Jocerant de Brançon estoit le maistre et chief et l'avoit amené en Egipte mondit
seigneur le conte de Poitiers. La bataille d'icelui Jocerant
de Brançon estoit de chevaliers à pié, et n'y avoit à cheval que
lui, et messire Henry son filz. Celle bataille deffaisoient les Turcs à tous coustz.
Et voiant ce, messire Jocerant
de Brançon et son filz, ils venoient
par derriere contre ces Turcs, frappant à coups d'espées. Et si bien les pressoient
par derriere, que souventes fois les Turcs se reviroient contre messire Jocerant
de Brançon, et lessoient ses gens pour lui courir
sus. Toutesvoies au long aller, ce ne leur eust gueres valu. Car les Turcs
les eussent tous desconfiz et tuez, si n'eust esté messire Henry de Cone[61], qui estoit
en l'ost du duc de Bourgogne, sage chevalier et prompt, qui congnoissoit bien la bataille de monseigneur de Brançon estre trop feble. Et toutes les
fois qu'il veoit les Turcs courir sus audit
seigneur de Brançon, il faisoit tirer les
arbalétriers du roy contre les Turcs. Et fist tant
que le sire de Brançon eschappa de tel meschief celle journée ; et perdit de vingt chevaliers
qu'on disoit qu'il avoit,
les douze, sans ses autres gens d'armes. Et lui mesme
en le parfin, des grans
coups qu'il eut, mourut de celle journée au service de Dieu, qui bien l'en a guerdonné, ce devons croire.
Icelui seigneur estoit mon oncle. Et lui ouy dire à sa mort, qu'il avoit
esté en son temps en trente six
batailles et journées de guerres, desquelles souventesfois
il avoit emporté le pris
d'armes, et d'aucunes ay-je bien congnoissance. Car
une fois, lui estant en l'ost du conte de Mascon, qui estoit son cousin,
il s'en vint à moy, et à ung
mien frère, le jour d'un vendredi saint en caresme,
et nous dist : « Mes nepveuz,
venez moy aider à toute vostre
gent, à courir sus aux Allemans, qui abatent et rompent le monstier
de Mascon ». Ettantoust sur
piedz fusmes prestz, et allasmes courir
contre les dits Allemans, et à grans
coups et pointes d'espées les chassasmes
du monstier, et plusieurs en furent tuez et navrez.
Et quant ce fut fait, le bon preudom
s'agenouilla devant l'autel, et cria à haulte voix
à nostre seigneur, lui priant qu'il lui pleust avoir pitié et mercy de
son ame, et qu'il mourust
une fois pour lui, et en son service ; ad ce que en
la fin il lui donnast son paradis. Et ces choses
vous ay racomptées, affin
que congnoissez, comme je foiz,
et croy, que Dieu lui octroia
ce que avez ouy cy devant de lui. » Les
prouesses de Geofroi de Serginnes, de Jean et d'Erard de Vallery et des
chevaliers qui les accompagnaient, ne purent changer le résultat d'une
expédition mal conçue et mal dirigée. Le rôle secondaire et purement défensif
qui fut assigné au duc de Bourgogne épargna sans doute la vie d'un certain
nombre des vassaux qui marchaient sous sa bannière ; mais la plupart de ceux
qui avaient échappé aux fatigues de la guerre et au fer de l'ennemi ne purent
résister au climat et à l'épidémie. L'art
de vérifier les dates
(art.
Hugues IV) dit que
le duc fut pris à la Massoure, et qu'il se racheta dans le même temps que le
monarque. C'est une conjecture qui n'est pas invraisemblable, mais qui n'est
autorisée par aucun document contemporain ; nous n'avons vu nulle part Hugues
IV cité au nombre des prisonniers. Commencée sous d'heureux auspices, la
campagne se terminait d'une manière plus désastreuse encore que dans les
précédentes croisades. Le roi de France prisonnier, la fleur de la chevalerie
française détruite, des sommes énormes dépensées sans profit pour la
chrétienté, ou livrées aux infidèles pour la rançon des captifs, tel était le
triste et le douloureux résultat de cette expédition. De deux mille huit
cents chevaliers partis de Chypre avec Louis IX, il n'en restait pas cent
autour de lui, lorsqu'après sa délivrance, le pieux monarque fit voile pour
Saint-Jean-d'Acre, le 8 mai 1250, avec l'intention de visiter la Terre Sainte
et d'y séjourner quelque temps. Dès les
premiers jours du mois d'août, il renvoya ses frères en France, ainsi que le
duc de Bourgogne[62] et quelques chevaliers. Hugues
IV devait être de retour à la fin de cette même année, mais peut-être fut-il arrêté
par des événements imprévus, car la première charte qui nous révèle sa
présence dans le duché n'est datée que de janvier 1250 (1251 n. st.)[63]. Il
était temps pour le duc de reprendre la direction du gouvernement de la
Bourgogne ; au moment où la duchesse Alix de Vergy, sa mère, fatiguée de la
régence dont elle paraît avoir été investie pendant la croisade, était
atteinte d'une maladie grave qui devait l'emmener au tombeau. Elle succomba
le 8 mars 1251[64] dans sa soixante-neuvième
année, après avoir porté pendant cinquante-deux ans le titre de duchesse de
Bourgogne. Les honneurs funèbres lui furent solennellement rendus à l'abbaye
de Cîteaux, où elle avait voulu être enterrée auprès de son mari, Eudes III,
et où un mausolée lui fut érigé. Mais bien avant la révolution, les moines,
peu soucieux des cendres de leurs bienfaiteurs, avaient cessé de respecter
les tombes de leur église ; dès la fin du XVIIe siècle, rien ne restait du
monument élevé par son fils à la mémoire de la vertueuse princesse. FIN DU QUATRIÈME VOLUME
|
[1]
Bibliothèque du Vatican, n° 7260, in 8°. — Les 207 premiers folios manquent,
ainsi que les fol. 363, 374, 436, 468-472, 475-479. Deux folios portent le n°
416, et le fol. portant le n° 480 est interposé entre le 490 et le 491. Le
dernier folio porte le n° 492 et était suivi d'autres folios qui manquent
aujourd'hui.
[2]
Monumenta historica ad provincias Parmensem et Placentinam pertinentia.
Parmœ, ex officina Patri Fiaccadori, MDCCCLVII, in-4°. Chronica Fr. Salimbene Parmensis ordine
Minorum, ex codice bibliothecæ Vaticanæ nunc primum edita.
[3]
On peut consulter la chronique pour les détails généalogiques donnés par
Salimbene sur sa famille, détails sans intérêt pour la Bourgogne.
[4]
De Fratre Salimbene et de ejus chronicœ aucioritate, L. Clédat, Gallicæ
in urbe scolæ super socius thesim proponebat, Parisiis, apud E. Thorin, 1878,
in-8°, 120 pp., avec fac-similé.
[5]
Chronica Fr. Salimbene, p. 82.
[6]
Chronica Fr. Salimbene, p. 88.
[7]
Chronica Fr. Salimbene, p. 89.
[8]
Chronica Fr. Salimbene, p. 90.
[9]
Chronica Fr. Salimbene, p. 90.
[10]
Chronica Fr. Salimbene, p. 91.
[11]
Chronica Fr. Salimbene, p. 92.
[12]
Chronica Fr. Salimbene, p. 408.
[13]
Deuxièmes annales de Saint-Denis ; Guillaume de Nangis, Vie de Saint
Louis (Recueil des historiens de France, t. XX. p. 356) ; Annales
de Waverleia (Annales monastia, édition de sir Richard Luard,
collect. du maître des rôles, t. II, p. 339).
[14]
Le texte appelle ce poisson lucius. Chr. Fr. Salimbene, p. 94.
Peut-être s'agit-il d'un brochet ?
[15]
Chronica Fr. Salimbene, p. 95.
[16]
Chronica Fr. Salimbene, p. 96.
[17]
Bibliothèque d'Auxerre, Histoire de Pontigny, ms. de l'abbé Depaquit, et
Cartulaires, t. II, p. 263-264.
[18]
Archives de l'Eure, Cartulaire du Trésor, p. 598.
[19]
Charte constatant un accord avec l'abbaye de Mortemer au diocèse de Rouen ;
Lenain de Tillemont, Vie de saint Louis, t. III, p. 181.
[20]
Chronica Fr. Salimbene, p. 97.
[21]
Juin 1248, Bibl. d'Auxerre, Cartulaire de Pontigny, t. II, p. 455. –
Trois autres chartes originales du château d'Epoisses et des archives de
Vausse. — Autre pièce de même date, Bibl. nat., Collect. Gaignières, n° 180,
fol. 136.
[22]
Bibliothèque d'Auxerre, Dom Viole, Gesta episcop. Autissiod., t. II,
fol. 403 r° ; Catalogue, n° 2623.
[23]
Catalogue, n° 2618. — Voir une pièce donnée par lui à Damiette, catalogue, n°
2648.
[24]
Art de vérifier les dates, édition 1818, t. II, p. 309.
[25]
Orig. Arch. nat. J. 441, catalogue, n° 2650.
[26]
Catalogue, n° 2710.
[27]
Arch. de la Côte-d'Or, Recueil de Peincedé, t. 25, p. 582 ; catalogue,
n° 2617.
[28]
Bibl. nat., fonds lat. 17722, Cartulaire de La Bussière, p. 227 ;
catalogue n° 2628.
[29]
Arch. de la Haute-Marne, Cartulaire d'Auberive, t. I, p. 627-628.
[30]
Ormoy (Yonne). Bibl. d'Auxerre, Cartulaire de Pontigny, catalogue, n°
2621.
[31]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, fonds du Lieu-Dieu, H. 406.
[32]
Orig. Arch. de la Côte d'Or, H. 1247.
[33]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, H, 82.
[34]
Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de N-D. de Châtillon (d'Hochmelle).
[35]
Orig. Arch, de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 10472.
[36]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, H. 1185.
[37]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B. 478.
[38]
Rôles des fiefs du comté de Champagne, par Auguste Longnon, p. 219.
[39]
Rôles des fiefs du comté de Champagne, par Auguste Longnon, p. 74.
[40]
Rôles des fiefs du comté de Champagne, par Auguste Longnon, p. 75.
[41]
Rôles des fiefs du comté de Champagne, par Auguste Longnon, p. 239.
[42]
Rôles des fiefs du comté de Champagne, par Auguste Longnon, p. 83.
[43]
Aiguebelle, chef-lieu de canton de la Savoie, arrondissement Saint-Jean de
Maurienne.
[44]
Ménétrier, Histoire de Lyon, p. 353.
[45]
Orig. scellé. Arch. nat. J. 441.
[46]
Il ne reste rien des ruines du château de Serginnes, arrondissement de Sens,
que le nom du vaillant Geofroi a rendu célèbre sous le règne de saint Louis.
[47]
« Le lendemain delà Penthecouste le vent fat à gré. Et adonc le roy et nous qui
estions à lui, fismes voile de par Dieu, pour toujours tirer avant. Et advint
que en allant nous rencontràsmes le prince de la Morée et le duc de Bourgogne
ensemble, lesquels avoient pareillement sesjourné au lieu de la Morée. Et
arriva le .roy et sa compagnie à Damiette le jeudi d'après la Penthecouste »
Joinville, édition du Fresne du Cange, p. 28.
[48]
Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 466 A-B.
[49]
Orig. Arch. nat., J. 441.
[50]
Bibl. nat. Ve Colbert, n° 57, fol 110 ; catalogue, n° 2660.
[51]
Orig. Arch. nat. J. 441 ; catalogue, n° 2650.
[52]
Marie de Mont-Saint-Jean épousa Jean de Passavant ; Chifflet, Genus illustre,
p. 498 ; notre catalogue, n° 2661.
[53]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, fonds du Lieu-Dieu, H. 1064.
[54]
Joinville, édition du Fresne Ducange, p. 37. Jocelin d'Avallon, père de Pierre
et d'Eudes, vivait encore en 1247. Eudes, seigneur du Vault de Lugny, paraît
dans des titres de l'an 1230 (Bibl. nat., Cabinet des titres, mss. de Dora
Caffiaux, 1234, fol. 42). Pierre d'Avallon ne parait pas être rentré en
Bourgogne et se maria en Terre-Sainte (Joinville, observat., p. 70).
[55]
Mathieu de Paris, édition de sir Richards Luart, t. V, p. 130.
[56]
Joinville, Vie de saint Louis, édition du Fresne Ducange, p. 42.
[57]
Arch. de la Côte-d'Or, Copie du XVIIIe s., fonds du Tact, notre catalogue, n°
2710. Marie des Barres se remaria avec Guillaume de Montagu, veuf lui-même de
Jacquette de Sombernon.
[58]
Bibl. nat., lat. 17099, Cartulaire de l’évêché de Langres, pp. 375, 376.
[59]
Joinville, Histoire de saint Louis, édition du Fresne Ducange, p. 54.
[60]
Joinville, Histoire de saint Louis, p. 54.
[61]
Henri de Cosne est un des chevaliers bourguignons à joindre à la liste des
croisés de notre province. Mais nous ignorons si son fief était situé à
Mont-Saint-Jean, canton de Pouilly, ou à Quemigny-sur-Seine, canton d'Aignay.
[62]
Mathieu de Paris, édition de sir Richards Luard, t. V, p. 175.
[63]
Orig. Arch.de la Côte-d'Or, fonds du Lieu-Dieu, H. 1062.
[64]
Voir notre catalogue, n° 2688 bis, pour l'article de l'obituaire de Vergy
concernant la duchesse Alix dont la dernière charte en faveur des religieuses
du Lieu-Dieu est datée de février 1250 (1251 n. st.), catalogue, n° 2686.
L'anniversaire donné par les divers obituaires de Bourgogne est très
différemment rapporté ; la date fournie par l'obituaire de Vergy paraît la plus
certaine. L'art de vérifier les dates commet une autre erreur en disant que la
duchesse Alix était morte pendant l'absence de son fils.