CROISADE DE 1239.
Saint Louis à Cîteaux.
— Hugues IV, duc de Bourgogne, prend la croix avec les principaux barons de
France. — Tentatives du Saint-Siège pour détourner l'expédition de la
Terre-Sainte, au profit de Baudouin, empereur de Constantinople ; la noblesse
s'oppose à ce projet. — Subsides ecclésiastiques que prennent le duc de
Bourgogne, les comtes de Nevers, de Champagne, de Mâcon. — Hugues IV promet
en mariage sa fille Marguerite au fils aîné de Guillaume de Mont-Saint-Jean.
— L'empereur Frédéric II refuse d'être chef de la croisade ; le duc de
Bourgogne brigue cet honneur, que l'on confère à Thibaud de Champagne, roi de
Navarre. — Noms des croisés bourguignons que fournissent les chartes et les
documents. — Départ des croisés et débarquement au port d'Acre. — Coup de
main tenté par le duc de Bourgogne, le comte de Brienne, Etienne de Seignelay
et autres ; mésaventure et désastre de Gaza ; fuite d'Hugues IV ; mort de
Jean de Paleau, frère du maréchal de Bourgogne, de Gui de Maligny, de Jean
des Barres, du comte de Mâcon, etc. ; délivrance des prisonniers de Gaza ;
mort du comte de Nevers en Italie. — Le duc de Bourgogne relève les
fortifications d'Ascalon et reste deux ans en Terre-Sainte. — Son retour. —
Epidémie en Bourgogne ; mort d'Eudes de Frolois, connétable ; mort de Pierre
de Paleau, maréchal ; mort de Guillaume de Vergy, sénéchal ; mort d'Hugues de
Paleau, connétable. — Othe, duc de Méranie, donne la garde du comté à Hugues
IV, qui installe Lambert de Rouvre comme administrateur. — Le pape Innocent
IV, en lutte avec l'empereur Frédéric, recherche l'appui du roi de France. —
Saint Louis et la famille royale au chapitre général de Cîteaux ; lettre du
pape demandant au roi de venir s'installer en France ; réponse de Louis IX ;
chartes de Blanche de Castille et de saint Louis données à Vitteaux ;
itinéraire royal. — Les barons français convoqués en parlement s'opposent à
l'installation du pape en France. — Innocent IV se fixe à Lyon.
Dès le
commencement de 1235, Hugues, duc de Bourgogne, avait résolu de prendre la
croix avec plusieurs barons du royaume, Jean, comte de
Chalon-sur-Saône ; Guignes, comte de Nevers et de Forez ; Thibaud,
comte de Champagne, Amauri de Montfort, et autres[1]. Entre la détermination
première et la mise à exécution d'un tel projet, il y avait toujours un temps
assez long, nécessité par les préparatifs de tous genres et principalement
par les frais considérables qu'exigeaient ces lointaines expéditions. Grégoire
IX, par une lettre du 18 juin 1236, invita les évêques de Langres et de
Paris, ainsi que l'abbé de Clairvaux, à favoriser ce mouvement, et à faire
respecter pendant quatre ans dans leurs circonscriptions respectives les
trêves dont une réunion de prélats avait décidé l'observation dans le monde
entier[2]. C'était
moins encore la Palestine que Constantinople qui réclamait le secours des
guerriers d'Occident, car la défense de la cité impériale devenait de jour en
jour plus difficile, depuis que Jean de Brienne, décédé dans une situation
critique (1237), avait laissé pour lui succéder
son pupille Baudouin de Courtenay. Le pape Grégoire IX aida le jeune empereur
de tout son pouvoir, lui accorda, une partie des deniers levés sur les
églises pour la croisade, lui fit allouer pendant trois ans le trentième des
revenus du clergé pour relever l'empire de Constantinople[3], et lui assigna même le rachat
des vœux des croisés dans les diocèses de Mâcon, de Chalon-sur Saône et de
Lyon[4]. Le Souverain Pontife s'efforça
également de changer le but et la direction de la croisade, comme il avait
changé la direction des fonds destinés à y pourvoir il ne fut arrêté dans son
entreprise que par l'opposition formelle de la plupart des barons français,
qui refusèrent énergiquement de prendre part à toute expédition autre que
celle pour laquelle ils s'étaient engagés, malgré la sympathie qu'ils
éprouvaient pour la cause de Baudouin. Dans la
crainte de voir tous les fonds destinés à la croisade s'échapper par une
autre issue, Hugues IV s'empressa de recueillir quelques subsides
ecclésiastiques. En avril 1238, il donna quittance à ses amis l'abbé Jean et
les religieux de Saint-Seine d'une somme de six cents livres, affectée au
secours de la Terre Sainte[5]. Le comte de Nevers et de Forez[6], le comte de Champagne[7], firent également main basse
sur tout ce qu'ils purent toucher de ces subventions. La situation pécuniaire
de Guigues de Nevers était quelque peu embarrassée le 25 février 1239, il
devait encore seize mille livres à ses créanciers, et déclara, qu'en présence
du roi de France, il leur avait abandonné pour quatre ans les revenus des
domaines qui lui venaient de sa femme Mathilde de Courtenay[8]. Jean de
Braine, comte de Mâcon, non moins gêné, fut forcé, pour subvenir aux frais de
ce coûteux voyage, de vendre son comté de Mâcon au roi saint Louis, avec
l'assentiment de sa femme Alix de Vienne il retira de ce marché une somme de
dix mille livres tournois une fois payée, et une rente de mille livres[9]. Dans le même but, Jean des
Barres vendit à Girard de Saint Symphorien vierg de Bourgogne, toutes les
terres et les fiefs qu'il possédait dans le duché, moyennant le prix de neuf
cent vingt livres tournois[10]. En
s'efforçant de détourner les fonds et les forces de la chrétienté de leur
légitime destination, le Saint-Siège avait commis un abus d'autorité, qui
excita le mécontentement d'un grand nombre de croisés. Dans une lettre du 9
mars 1239[11], adressée au duc de Bourgogne,
au comte de Champagne, à Henri II, comte de Bar-le-Duc, le pape se vit dans
la nécessité d'expliquer les raisons qui avaient motivé ce changement, et
terminait en fixant le départ pour la Terre-Sainte au 24 juin 1239. Malgré
les liens d'affection qui rattachaient le duc à Guillaume de Mont-Saint-Jean,
il y avait toujours entre eux débat au sujet des droits que Guillaume
possédait encore sur une partie du château de Vergy, objet jadis de tant de
luttes entre les seigneurs de ce nom, et les suzerains du duché. Hugues IV ne
voulut pas quitter ses états sans donner à cette affaire une solution
satisfaisante pour tous deux, et qui pût éviter toute difficulté ultérieure
et toute revendication dans l'avenir. Il promit de marier sa fille
Marguerite, alors en bas âge, avec le fils aîné du sire de Mont-Saint-Jean, à
condition que le château de Vergy resterait entièrement au pouvoir des ducs[12], et que le château de Mont-Saint-Jean,
alors jurable et rendable, deviendrait seulement fief-lige du duché. Si le
futur mourait avant la consommation du mariage, il était convenu que le
second fils de Guillaume épouserait Marguerite de Bourgogne, et que la
possession de Mont-Saint-Jean, de Salmaise et de Thoisy lui serait assurée (4 juin 1239)[13]. Environ
sept cents chevaliers français accompagnèrent, en 1239, l'empereur Baudoin se
dirigeant sur Constantinople, au moment où les croisés se disposaient de leur
côté à partir avec l'empereur Frédéric II, qu'ils avaient choisi comme chef
de l'expédition. Ce choix de l'ennemi le plus acharné du Saint-Siège, auquel
on allait confier les intérêts de l'église, était une petite vengeance des
barons mécontents de l'attitude du pape. À cette
nouvelle, Grégoire IX irrité envoya de Rome un de ses légats pour inviter les
champions du Christ à renoncera leur projet, et à retourner chez eux, s'ils
étaient déjà en route. Les croisés ne furent pas moins courroucés de cette
étrange injonction donnée en des termes aussi impératifs. Peu s'en fallut que
les barons furieux et déjà parvenus à Lyon au mois de juillet, ne tissent un
mauvais parti au légat, qui parvint cependant à s'échapper sain et sauf,
grâce à l'intervention de quelques prélats. Dans le même moment, Frédéric II
déclara fort à propos que la guerre qu'il soutenait contre les Lombards ne
lui permettait pas d'accepter l'honneur de diriger l'expédition[14]. Il fallut trouver un autre
chef. Le duc de Bourgogne s'offrit pour être généralissime, et sollicita même
les suffrages[15] ; on ne commit pas l'imprudence
de confier cette lourde responsabilité à un jeune homme de vingt-six ans ; on
lui préféra avec raison le seul des croisés qui portât le titre de roi,
Thibaud de Champagne, roi de Navarre. Parmi
les seigneurs de nos contrées qui se préparaient à partir pour la
Terre-Sainte, citons Guillaume, comte de Joigny, Anseau de Trainel[16], Mile, seigneur de Noyers[17], Guillaume des Barres[18], André et Pierre de Savoisy[19], Gui de Turcey[20], Jean de Rougemont[21], Guillaume de Champlitte,
surnommé Sans Manches[22], Fœrius de Villers[23], Jean des Barres[24], Robelin de Rennepont[25], Mile et Gui de
Nuits-sous-Ravières[26], Jean de Paleau1, frère de
Pierre de Paleau, maréchal de Bourgogne[27], Colin de Ligny-le-Châtel,
chevalier[28], Josseran, seigneur de Brancion[29], Jean, seigneur de Châteauneuf[30], Guillaume, seigneur de
Marigny-sur-Ouche[31], Gui de Maligny, seigneur de
Beine, près Chablis[32], Guillaume de Frites[33], l'évêque de Nevers[34], Hervé, seigneur de Sombernon[35], Hugues d'Arceaux[36], Bénigne de la Charmée, citoyen
de Chalon-sur-Saône[37], Pierre, dit Baraut[38], Josselin d'Avallon[39], Guillaume de Vichey et Hugues
de Cicon, l'un chapelain, t'autre chevalier du comte de Nevers[40], Robert de Courtenay, Dreux de
Mello, seigneur de Loches et de Saint-Bris[41], Jean, abbé de Saint-Seine[42], Simon, seigneur de Clefmont[43], Hugues de Montcler, Pierre de
Scey[44]. Le duc
s'étant mis en route, s'arrêta à Autun, et à la requête de l'évêque Gui de
Vergy, son parent, reprit en fief dans l'église de Saint-Lazare de cette
ville tout ce qu'il possédait dans les territoires d'Autun et de Montcenis,
ainsi que le château d'Avallon et ses dépendances[45] puis, il donna, une rente aux
chanoines pour la fondation de l'anniversaire de son père[46]. Dans le
même mois de juillet, Hugues IV était passé à Avallon, Fontenay, près
Montbard, Beaune, Cîteaux[47]. La
plupart des croisés allèrent s'embarquer à Marseille au mois d'août : ...
Ensi passerent à Marselle Li
croissiet, que li rois conselle, Li
rois de Navare i alla Li
dus de Bourgogne i pasa[48]... Un
certain nombre se rendirent à Aigues-Mortes pour éviter l'encombrement[49]. D'autres enfin, préférant la
voie de terre, avaient accepté les offres de Frédéric II qui leur avait
offert de passer dans ses états, et avaient gagné la Pouille[50]. Le groupe le plus important
des chevaliers arriva directement de Marseille débarquer au port d'Acre. Une
tempête qu'ils essuyèrent avait cependant séparé de l'ensemble de la flotte
plusieurs vaisseaux qui allèrent échouer sur les côtes de Sicile, En octobre,
les évêques et les barons de la Terre-Sainte avaient écrit d'Acre à Thibaud,
roi de Navarre à Guigues, comté de Nevers et de Forez, à Robert de Courtenay,
à Dreux de Mello, afin de leur indiquer le chemin à suivre pour les
rejoindre, et les moyens à employer pour la réussite de l'expédition[51]. Aussitôt
réunis, les croisés se logèrent les uns à Acre, dans la ville même, les
autres dans un endroit voisin que l'on nommait les Sablons[52]. Puis, on tint un grand conseil
de guerre, auquel assistèrent le patriarche de Jérusalem, l'archevêque de
Tyr, les grands maîtres du Temple et de l'ordre Teutonique, Gautier IV de.
Brienne, comte de Jaffa. Tous furent d'accord pour entreprendre le siège de
Damas, mais on décida qu'il -fallait tout d'abord reconstruire une forteresse
sur l'emplacement de la ville détruite d'Ascalon, dont la position dominante
servirait de point de ralliement à l'armée chrétienne. Un
hardi coup de main accompli les premiers jours de novembre, par Pierre Mauclerc,
procura aux croisés réunis à Jaffa un convoi considérable de bestiaux,
destinés à l'approvisionnement des musulmans de Damas. Jaloux d'un tel
succès, le duc de Bourgogne, les comtes de Montfort, de Brienne et de Bar-le-Duc,
Gui Mauvoisin, seigneur de Rosny, Guillaume le Bouteiller, de Senlis, et un
personnage dont le nom a été altéré, mais que nous croyons être Etienne de
Seignelay[53], voulurent aussi se signaler
par un exploit. Le
samedi après la Saint-Martin, c'est-à-dire le 12 novembre, soixante-dix
chevaliers bannerets et environ six cents chevaliers, bien montés et bien
armés, sortirent pour aller aussi tenter l'aventure, malgré la défense
formelle du roi de Navarre. Le 13, ils se dirigèrent dans la direction
d'Ascalon mais une armée turque mise en éveil, et voulant prendre revanche de
l'escarmouche de Pierre Mauclerc, les attendait en observation vers Gaza[54]. Le duc
de Bourgogne et son escorte, après une marche longue et pénible dans les
sables, avaient décidé de faire une halte pour prendre quelque nourriture et
rafraîchir les chevaux. Tout le monde mit pied à terre ; les uns se
reposèrent et dormirent pendant que les valets étrillaient les chevaux
d'autres firent étendre des nappes sur lesquelles s'étalaient des
victuailles, pain, poulets, viandes, fromages, fruits. Tout à coup un grand
bruit de trompettes et de cymbales retentit sur le sommet des collines qui
dominaient le vallon où l'armée chrétienne faisait halte avec tant de
quiétude. On se trouvait surpris par l'ennemi que l'on voulait surprendre ;
l'avant-garde des Musulmans faisait son apparition. Gautier de Brienne, qui
la vit le premier, jeta aussitôt un cri d'alarme. En toute hâte on remonta à
cheval, non sans un extrême désarroi ; les chefs se réunirent, très
incertains de la conduite à tenir dans cette grave conjoncture. « Si nous
restons ici, nous sommes perdus ! » s'écrièrent le duc de Bourgogne
et Gautier de Brienne. Un avis tout opposé fut émis par les comtes de
Montfort et de Bar-le-Duc : « Si vous battez en retraite, êtes-vous plus
certains d'échapper à un ennemi si près de nous ? Est-il honorable pour des
chevaliers de prendre la fuite et de livrer les fantassins à une mort
certaine ? » Hugues IV et le comte de Jaffa soutinrent énergiquement leur
opinion : « Il faut ramener nos gens au plus vite et ne pas attendre ici
la bataille dans un endroit où hommes et chevaux ont du sable jusqu'à
mi-jambe y rester plus longtemps est nous exposer tous, et fort inutilement,
à une perte inévitable ». Après ces paroles le duc de Bourgogne et Gautier de
Brienne se mistrent au retour et s'en alèrent grant aleure vers Escalone[55]. Les
Musulmans, mieux montés, plus habitués au climat et à leurs sables mouvants,
eurent vite fait de rattraper les chrétiens, sur lesquels ils firent pleuvoir
une grêle de flèches La valeur des chevaliers fut impuissante devant
l'impétuosité du choc et le nombre croissant des ennemis. La terre fut
rapidement couverte de cadavres français, et parmi eux on cite avec certitude
Henri, comte de Bar-le-Duc Simon, comte de Clefmont, Jean des Barres, Robert
Malet, seigneur de Graville, Richard de Beaumont[56]. La multiplicité des morts n'a
pas permis de les enregistrer tous mais peut-être faut-il comprendre parmi
les victimes de cette funeste journée Jean de Braine, comte de Mâcon, Robert
de Courtenay, bouteiller de France, Jean de Paleau, frère du maréchal de
Bourgogne, Anseau de Trainel, Gui de Maligny, seigneur de Beine, Étienne de
Seignelay, et plusieurs autres dont les noms ne se retrouvent plus après
cette date, et dont la mort est à coup sûr contemporaine de ces événements. Ceux
qui, comme le duc de Bourgogne, eurent la bonne fortune de s'échapper, ne
durent leur salut qu'à la vitesse et à la solidité de leurs chevaux. De
soixante à quatre-vingts chevaliers, et environ cinq cents personnes de
moindre condition, furent faits prisonniers et emmenés au Caire par les
Musulmans ; ils ne furent rendus à la liberté qu'après dix-huit mois d'une
dure captivité, et à la suite d'un traité conclu entre les Chrétiens et le
Sultan. Amauri, comte de Montfort, Guigues, comte de Nevers, survécurent peu
de temps à leur délivrance, et moururent l'un à Rome, l'autre en Italie[57]. Après
avoir passé avec les Musulmans des trêves qui excitèrent le mécontentement de
l'armée, Thibaud de Champagne reprit la route de ses états, le 20 septembre
1240, à la suite de cette campagne désastreuse et sans fruit pour la
chrétienté. Le duc
de Bourgogne et Gautier de Brienne, qui ne pouvaient dégager leur
responsabilité de la triste échauffourée de Gaza, déclarèrent qu'ils ne quitteraient
la Palestine qu'après le complet achèvement de la forteresse et des travaux
entrepris à Ascalon[58], alors qu'ils seraient sûrs de
pouvoir donner aux croisés un asile sûr et inexpugnable. C'est donc à tort
que plusieurs historiens rapportent à cette date le départ d'Hugues IV[59], qui avait un autre motif
d'ajourner son départ, car les désastres de Gaza étant le résultat de son
inexpérience et de ses imprudents conseils, tout lui faisait un devoir de ne
pas abandonner ses infortunés compagnons d'armes qui gémissaient encore dans
les cachots des Sarrasins. Peu de
jours après, en octobre, Richard Plantagenet, comte de Cornouailles, frère du
roi d'Angleterre, arriva en Terre-Sainte avec les croisés anglais. Il
s'installa d'abord à Acre, et de là se rendit à Ascalon, où il trouva le duc
de Bourgogne en train de surveiller les travaux et de protéger les ouvriers
contre les attaques des musulmans qui auraient pu les gêner dans leurs
opérations[60]. Après avoir tenu entre eux un
conseil, auquel assistait le maître des Hospitaliers Guillaume de Châteauneuf
on décida, sur l'avis du duc de Bourgogne, de traiter avec le Soudan ; c'est
par suite des conventions de paix que les prisonniers de Gaza furent rendus à
la liberté[61], et purent rentrer dans le camp
le 23 avril 1241[62]. Les croisés firent ensuite
plusieurs pèlerinages à Jérusalem et dans les autres lieux saints qu'ils
purent visiter sans péril[63]. Fidèle
à sa promesse de ne pas abandonner la Terre-Sainte avant l'achèvement complet
du château et des fortifications d'Ascalon, Hugues IV y resta encore une
année après le traité dont on vient de parler en 1241, aucune pièce ne relate
sa présence en Bourgogne, où il ne rentra qu'en mars de l'année suivante,
après deux ans d'absence. A son
retour dans le duché, il trouva de grands changements dans le personnel des
officiers qui composaient l'entourage de sa cour. Les principaux d'entre eux
étaient décédés dans le même intervalle, emportés probablement par une de ces
terribles épidémies, si fréquentes au moyen âge, et qui toutes n'ont pas été
relatées par les chroniqueurs. Eudes de Frolois, connétable de Bourgogne,
avait succombé le premier[64]. Le sénéchal Guillaume de Vergy,
chargé de l'administration du duché en l'absence de son neveu, mourut après
avoir confié son testament à la duchesse Alix, sa sœur (février 1241)[65] ; la sénéchaussée fut transmise
à son fils Henri, malgré son jeune âge[66]. Pierre de Paleau, maréchal de
Bourgogne, testa et mourut en septembre 1241[67] ; son fils aîné Hugues, neveu
d'Alix de Vergy par sa femme Elvis, avait remplacé Eudes de Frolois dans la
charge de connétable, mais il avait lui-même cessé de vivre le 26 novembre
1241[68]. Avec Jean de Paleau, emporté
par le désastre de Gaza, c'était le troisième chef de cette famille éprouvée
qui succombait. La mort
de divers autres personnages mentionnée à la même époque était due sans doute
aux mêmes causes : Éléonore de Grancey, femme de Guillaume de Champlitte,
seigneur de Pontailler[69] ; Thomas, clerc de Tonnerre[70] ; Étienne, fils d'Anséric
de Cissey[71], etc. Les
populations des campagnes ne furent pas moins éprouvées ; pour échapper au
fléau, les habitants d'Ahuy, de Quetigny et d'autres villages furent obligés
de se réfugier sur les hauteurs de Talant[72]. Les dangers étaient tels que
la duchesse Alix de Vergy crut prudent de faire son testament[73]. Les deux années qui venaient
de s'écouler furent donc les plus calamiteuses de nos annales bourguignonnes,
et laissèrent des vides considérables dans les familles féodales du pays. Les
événements politiques, auxquels le duc de Méranie était mêlé, appelaient en
ce moment toute son activité. Le trône de l'empereur d'Allemagne se trouvait
ébranlé par la querelle du sacerdoce et de l'empire, et menaçait d'entraîner
la ruine de la dynastie de Frédéric Barberousse, auquel il était lié par la
reconnaissance et un dévouement héréditaire. Il avait pu jusque-là séjourner
en Allemagne, se fiant au comte de Champagne pour la garde de son comté de Bourgogne,
mais Thibaud, souvent appelé en Navarre par des intérêts plus considérables,
avait quelque peu négligé ses engagements. Le duc de Méranie fut donc forcé
de regagner le comté, où nous le trouvons de mars à octobre 1242[74]. Hugues
IV avait de ce côté des possessions et des relations qui l'attiraient nul
mieux que lui n'était à même d'administrer une province depuis si longtemps
convoitée par la maison de Bourgogne. Il s'entendit facilement avec Othe, qui
lui abandonna pour cinq ans et plus la garde du comté, en spécifiant que les
féodaux de Poligny, de Vesoul, de Baumes, de Châtillon lui feraient hommage,
lui ouvriraient leurs châteaux, et qu'il serait en outre remboursé des frais
nécessités par la défense des forteresses[75]. Le duc
de Méranie avait installé comme bailli général et administrateur un Allemand
Henri de Rudendorf[76] ; mais comme sa qualité
d'étranger ne lui permettait pas des rapports faciles avec les habitants,
Jean de Montferrand fut chargé par Othe, et Lambert de Rouvre parle duc de
Bourgogne, pour régler les questions d'intérêt, les recettes et dépenses de
la province[77]. «
Ainsi, comme le dit Ed. Clerc[78], des mains d'un Champenois, le
comté de Bourgogne, sorte de gage négociable, était passé aux mains d'un
autre étranger, le duc de Bourgogne ; jamais administration plus étrange ne
s'était vue dans un pays si fier et, comme pour lasser la patience publique,
il était convenu que tous les vassaux et toutes les villes du domaine
enverraient des députés ou des lettres à cet engagiste pour lui jurer
fidélité. » Les
premiers jours de mai 1242 le roi de France ordonna à ses vassaux de venir le
rejoindre en armes, pour marcher contre Henri, roi d'Angleterre, et Hugues,
comte de la Marche. Des convocations furent adressées au duc de Bourgogne, à
Mathilde, comtesse de Nevers, Dreux de Mello, la veuve de Gaucher de Joigny,
Anséric de Montréal, Archambaud de Bourbon, Pierre et Eudes des Barres ; Jean
de Touci, Guillaume de Mont-Saint-Jean, Eudes de Montagu, etc.[79] Nous ne savons rien du rôle
d'Hugues IV et des Bourguignons dans cette chevauchée, et leur présence au
combat de Taillebourg ne nous est indiquée nulle part[80]. Après
la mort du pape Grégoire IX, l'éternel débat du spirituel et du temporel, un
moment suspendu, reprit avec une nouvelle violence sous son successeur Innocent
IV, qui venait d'être nommé le 25 juin 1243. On avait un moment espéré le
rétablissement de la paix dans l'Église ; des tentatives d'accommodement
avaient été vainement ménagées entre l'empereur Frédéric et le Saint-Siège,
les négociations furent rompues avec éclat par le hautain pontife, qui
s'était f retiré à Gênes, comptant sur le concours des rois d'Occident, et
surtout du roi de France, pour soutenir la lutte contre l'empire. Il avait
appris que Louis IX devait se rendre au chapitre général de Cîteaux, en 1244,
et il espérait, par l'intervention de Guillaume de Montagu, abbé de ce
monastère, obtenir un appui efficace. Cîteaux
avait alors une importance dont nous pouvons à peine nous faire une idée.
C'était une véritable métropole où venaient aboutir les nombreuses abbayes
qui en dépendaient. Du milieu de ses forêts, elle dominait et étendait son
action dans les régions les plus éloignées du monde chrétien. Les états
généraux qui se tenaient chaque année dans ce cloître célèbre y attiraient
les papes, les rois, les princes, les prélats. Louis le Gros assistait au
chapitre général, en 1127[81] ; le pape Eugène III présida
celui de 1148[82], Louis VII y passa en 1166 ;
Frédéric Ier y envoya des ambassadeurs, en 1152, pour y annoncer son
couronnement[83] ; les envoyés de Frédéric II y
vinrent en 1215 pour notifier l'avènement de leur maître à la couronne des
Romains. Dès
1243, Louis IX avait annoncé aux religieux de Cîteaux qu'il se rendrait
l'année suivante au chapitre général[84], qui avait toujours lieu le 14
septembre[85] à la Sainte-Croix. Il tint sa
promesse et s'y rendit avec la reine Blanche sa mère, Robert d'Artois,
Alphonse de Poitiers, ses frères, la princesse Isabelle, sa sœur, six autres
comtes et une suite nombreuse. Les
premiers jours du mois, il était à Villeneuve-Saint-Georges et à Corbeil[86] ; de là, poursuivant son
voyage en Bourgogne, il traversa Sens, Pontigny, Vézelay, Avallon, Vitteaux.
La présence du roi à Pontigny n'est pas prouvée, mais c'était son itinéraire
ordinaire pour gagner Vézelay, comme on le verra ailleurs. La vénération qui
s'attachait aux restes de saint Edme, mort deux ans avant, et dont on
poursuivait activement la canonisation, ne pouvait manquer d'attirer le pieux
monarque il était de plus très désireux de se recommander aux prières de
cette abbaye fameuse, plusieurs fois visitée par ses prédécesseurs, et qui
renfermait le corps de son aïeule Adèle de Champagne. Arrivé à Vézelay, Louis
IX fut reçu par l'abbé Guichard et par le chapitre du monastère, auquel il
réclama une place exceptionnelle dans les fastes du couvent. Il sollicita la
faveur d'être associé de son vivant aux prières des moines, et d'avoir après
son décès un anniversaire semblable à celui de Louis VIII[87]. On fit bon accueil à cette
demande et l'abbé Guichard, en tête de l'acte qui octroyait ce privilège,
prit soin d'insérer les considérants qui suivent « Nous avons concédé cette
faveur au seigneur roi parce qu'il s'est adressé à nous avec la plus grande
dévotion qu'il est venu lui-même au sein de notre chapitre nous présenter
très humblement sa prière, et que nous avons jugé inconvenant de résister au
désir de sa pieuse humilité[88]. » Le duc
de Bourgogne dut, suivant la coutume, aller au-devant du royal cortège
jusqu'à la limite de ses états. Arrivés près de Cîteaux en vue de l'église,
tous mirent pied à terre, et s'avancèrent dans l'attitude de la prière. Les
prélats, les abbés qui s'y trouvaient, et les moines, au nombre de cinq cents
personnes, vinrent processionnellement souhaiter la bienvenue au monarque qui
les visitait pour la première fois. Le pape Innocent IV avait envoyé aux
membres du chapitre une lettre fort bien dictée[89] afin de solliciter leur
intervention auprès du roi, et le prier à genoux et les mains jointes de
vouloir bien défendre le père des fidèles, le chef de la Chrétienté, contre
les injustes attaques et les persécutions de l'empereur Frédéric, ce fils
de Satan. Il terminait en implorant la protection de Louis IX, en
réclamant l'hospitalité dans son royaume si les difficultés de sa situation
le réduisaient à la nécessité de quitter sa patrie, et le priait de vouloir
bien le recevoir de la même manière que Louis VIII avait autrefois reçu le
pape Alexandre III. Quand
on fut introduit au chapitre, le roi laissa, par un sentiment de déférence,
la première place à la reine Blanche, sa mère, et alla s'asseoir au milieu
des abbés et des personnages de sa suite. Conformément aux désirs du pape,
tous les membres de l'ordre cistercien présents à cette cérémonie se jetèrent
aux pieds de Louis IX, et le supplièrent les larmes aux yeux de consentir à
faire droit aux requêtes du pontife. Le roi, s'agenouillant à son tour, fit
une réponse aussi sage que mesurée. Il déclara qu'il défendrait l'église
contre les attaques de Frédéric, autant qu'il pourrait le faire en toute
honnêteté, et qu'il était personnellement disposé à recevoir le pape dans ses
états, si toutefois c'était l'avis des grands de son royaume, à la décision
desquels aucun souverain n'avait le droit de se soustraire. Les abbés
remercièrent vivement le roi de ces sentiments, et l'associèrent aux bonnes
œuvres spirituelles de l'ordre[90]. Pendant
leur séjour à Cîteaux, Louis IX, la reine Blanche et leur suite furent logés
non pas au monastère, mais dans l'hôtel du duc de Bourgogne situé en dehors
de l'enceinte de l'abbaye. Ils avaient obtenu l'autorisation de manger de la
viande, à condition qu'une pareille permission ne serait pas renouvelée[91]. Le roi, sa mère et sa sœur ne
voulurent point se prévaloir de ce privilège avant d'avoir l'agrément du
chapitre général[92]. Outre ces concessions,
Innocent IV paraît s'être appliqué à. gagner par des faveurs exceptionnelles
les bonnes grâces de la famille royale il avait également autorisé la reine
Blanche à pénétrer dans l'abbaye avec douze de ses suivantes pour y faire ses
prières[93], sous défense formelle à toute
femme d'y coucher, ce qui était rigoureusement interdit par les statuts. En
reconnaissance de la dévotion des augustes visiteurs, le chapitre accorda des
messes et des services, et décida que dans toutes les maisons cisterciennes
le nom de Blanche et de Louis auraient une mémoire particulière[94]. On
n'est pas renseigné sur la durée exacte du séjour royal à Cîteaux, qui selon
toute vraisemblance fut de cinq ou six jours ; le départ eut probablement
lieu le lundi 19 septembre, après la célébration des fêtes du dimanche.
L'abbé Guillaume de Montagu dut passer à Dijon avec ses hôtes qu'il
reconduisit jusqu'à Vitteaux ; c'est là qu'il en reçut les remerciements que
méritait l'excellent accueil fait par la communauté. Comme cadeau d'adieu, le
roi voulut laisser aux religieux de l'ordre tout entier un souvenir durable
il fit dresser un acte de donation de cent vingt livres provinoises, qui
seraient prélevées chaque année sur ses revenus de Gien, et appliquées aux
députés du chapitre général de Cîteaux[95]. La reine Blanche donna pour
même objet une rente de quarante livres parisis, assise sur son douaire de Melun[96]. Robert, comte d'Artois, frère
aîné du roi, joignit à ces libéralités une rente de quarante livres à prendre
sur son domaine de Bapaume[97]. Ces documents inédits sont
tous datés de Vitteaux. Louis
IX suivit pour son retour le même itinéraire que celui d'arrivée et était
rentré à Paris le 29 septembre[98]. On a omis de dire que dans l'intention de contrecarrer les projets du pape, et pour empêcher le roi de faire droit à sa- requête, l'empereur Frédéric avait envoyé des ambassadeurs au chapitre général de Cîteaux[99]. Ceux-ci durent éprouver quelque surprise en entendant la lecture de la lettre pontificale, qui donnait à leur maître la qualification de fils de Satan. On comprend la réserve et l'attitude prudente du roi, qui, tenant à ménager la susceptibilité des uns et des autres, ne voulut pas s'engager inconsidérément dans une circonstance aussi délicate. Il convoqua les grands du royaume pour statuer sur la demande du pape, qui se dirigeait, disait-on, sur la France, et qui avait réclamé l'autorisation de s'installer à Reims, alors sans archevêque[100]. Les barons s'opposèrent à un projet qu'ils regardaient comme funeste aux intérêts de la couronne, et dangereux pour l'état. Après des tergiversations, et un voyage plein de péripéties, Innocent IV, assez gravement malade[101], vînt, le 2 décembre 1244, se fixer à Lyon, ville presque indépendante, rattachée à l'Empire par un lien purement nominal, et assez voisine du souverain, dont le Saint-Siège espérait appui et protection. |
[1]
E chronic. Alberici raonachi Trium Fontium, Recueil des historiens de
France, t. XXI, p. 615 E.
[2]
Raynaldi, édition de Rome, 1616, t. XIII, p. 486.
[3]
Bulle du 24 novembre 1338 ; Raynaldi, édition de Rome, 1616, t. XIII, p.
512-513.
[4]
Ducange, Histoire de l'empire de Constantinople, t. I, p. 247.
[5]
Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Saint-Seine, fol. 35 ; catalogue, n° 2293.
[6]
Bulle du 5 novembre 1238, Potthast, Reg. pontific., n° 10666.
[7]
Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 275.
[8]
Orig. Arch. nat., J. 256, n° 15, pièce scellée et datée d'Auxerre ;
catalogue n° 2321.
[9]
Orig. Arch. nat. J. 252, pièce scellée Teulet, Layettes, n° 2776 ; notre
catalogue n° 2322. Pour ne donner lieu à aucune contestation, le roi saint
Louis acheta les droits des héritiers d'Alix de Vienne au comté de Mâcon, après
la mort de Jean de Braine, en 1241. Pais, il traita avec Guichard, évêque de
cette ville, en 1267, pour l'indemnité des hommages qui lui étaient dus. Alix
de Vienne employa en œuvres pieuses l'argent qu'elle toucha de son comté, et
céda la seigneurie de Vienne à Béatrix, dame de Pagny, sa tante elle se fit
ensuite religieuse à Maubuisson, et mourut première abbesse du Lys, en 1252.
[10]
Orig. Arch. de la Côte-d’Or, B 478, pièce scellée datée d'avril 1239 ;
catalogue n° 2330.
[11]
Raynaldi, édition de Rome 1616, t. XIII, p. 539-340.
[12]
Guillaume de Mont-Saint-Jean ne céda que ta portion de Vergy sur laquelle il
avait des droits, car les ducs étaient depuis longtemps investis des droits
possédés par les seigneurs de Vergy.
[13]
A. Duchesne, Histoire de la maison de Vergy, pr, p. 170-171, catalogue
n° 2344.
[14]
Huillard-Breholles, Hist. diplomatica Frederici secondi, V, p. 360-362 ;
Martène, Amplis. collect., t. II, p. 1192-1193.
[15]
Philippe Mousket, édition Reiffenberg, t. II, p. 661, vers 30397-30404.
[16]
Lenain de Tillemont, Vie de saint Louis, t. II, p. 362.
[17]
En juin 1238. Mile de Noyers vend pour 210 livres aux Templiers d'Espailly ses
terres de Bissey, Louesme, Courban, pour les frais de son voyage (Orig.
Arch. de la Côte-d'Or, H. 1184).
[18]
Il vend des terres au duc de Bourgogne et en reçut 434 livres (Pérard, p.
440-441).
[19]
Décembre 1238, Orig. Arch. de la Côte-d'Or, fonds du Puits d'Orbe, H.
1040, catalogue n° 2313.
[20]
Bibl. nat., lat. 12824, Cartulaire de Saint-Seine, copie de Dom Aubrée,
fol. 474 v°.
[21]
Arch. de l'Yonne, fonds de Pontigny, H. 1318.
[22]
Bibl. nat., lat. 17099, Cartulaire de l'évêché de Langres, p. 269.
[23]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, H. 1186.
[24]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes, B 478.
[25]
Bibl. nat., lat. 10947, fol. 53 r°.
[26]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, H. 1172.
[27]
Bibl. nat., Cartulaire de l'évêché de Chalon, lat. 17089, fol. 420 ;
catalogue, n° 2357.
[28]
Orig. Arch. de l'Yonne, fonds de Pontigny ; catalogue, n° 2358.
[29]
Orig. Arch. de Saône-et-Loire, fonds de La Ferté-sur-Grosne ; catalogue
n° 2364.
[30]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, fonds de la Bussière, H 530.
[31]
Orig. Arch. de la Côte-d’Or, fonds de Maizières, H. 619.
[32]
Arch. de la ville d'Auxerre, Cartulaire de Saint-Germain, n° 141, fol.
19 v° ; catalogue, n° 2391.
[33]
Arch. de la Côte-d’Or, Cartulaire de Cîteaux, t. III, fol. 141 ;
catalogue, n° 2393.
[34]
Potthast, Reg. pontif., n° 10666 notre catalogue, n° 2310.
[35]
Bibl. nat., lat. 17085, cartulaire de Saint-Seine, copie de Bouhier, p. 62,
Hervé de Sombernon engage aux religieux de Saint-Seine ses dîmes de Blaisy,
dont il retire soixante-dix livres dijonnaises mais il mourut avant son départ,
et sa femme Blanche d'Etais le fit enterrer à la Bussière (Bibl. nat., lat.
17722, Cartulaire de la Bussière, p. 163-164), notre catalogue, n° 2335.
[36]
Orig. Arch. de la Côte-d'Or, H. 49 ; Cartulaire de Cîteaux, n°
168, fol. 30 ; catalogue, n° 2390.
[37]
Orig. Arch. de Saône-et-Loire, fonds de la Ferté-sur-Grosne catalogue,
n° 2396.
[38]
Bibl. nat., Cartulaire de l'évêché de Chalon, lat. 17089, p. 230 ;
catalogue, n° 2399, 2405.
[39]
Arch. de l'Aube, Cartulaire du Temple, fol. 298.
[40]
Huillard-Breholles, Titres de la maison ducale de Bourbon, t. I, n° 221.
[41]
Arch. de l'Yonne, fonds de Pontigny, H. 1318 ; Martène, Thesaur. anecdot.,
t. II, coll. 1012.
[42]
Mignard, Histoire des principales fondations religieuses, au bailliage de la
Montagne, p. 14.
[43]
Historiens occidentaux des croisades, t. II, p. 415, note A.
[44]
Ces deux noms, qui appartiennent au comté de Bourgogne, sont donnés par l'abbé
Guillaume, Histoire générale des sires de Salins, t. I, p. 184.
[45]
De Charmasse, Cartulaire de l'église d'Autun, p. 242.
[46]
De Charmasse, Cartulaire de l'église d'Autun, p. 435.
[47]
Notre catalogue, n° 2365, 2368, 2362, 2369, 2372.
[48]
Chronique rimée de Philippe Mousket, Recueil des historiens de France,
t. XXII, p. 73 F.
[49]
L'estoire des Eracles empereur, Recueil des historiens occidentaux des
Croisades, t. II, p. 413.
[50]
Historiens occidentaux des Croisades, manuscrit de Rothelin, t. II, p.
529.
[51]
Dom Martène, Thesaur. novus Anecdot., t. I, coll. 1042.
[52]
L'estoire des Eracles empereur, Recueil des historiens occidentaux des
Croisades, t. II, p. 413.
[53]
Le continuateur de Guillaume de Tyr, Recueil des historiens occidentaux des
Croisades, t. II, p. 539, le désigne sous le nom d'Estiennes de Sevinghen.
Etienne de Seignelay, chevalier banneret, était un des grands barons de
l'Auxerrois, fils de Daimbert de Seignelay et de Marguerite ; on le trouve cité
de 1202 à 1239, ainsi que sa femme Agnès.
[54]
Ces détails et les suivants sont fournis principalement par le manuscrit de
Rothelin, chap. XXV-XXVII, Recueil des historiens occidentaux des Croisades,
t. II, p. 537-543.
[55]
Ces derniers passages sont extraits des récits de la Continuation de Guillaume
de Tyr, Recueil des historiens occidentaux des Croisades, t. II, p. 543
; il faut y joindre pour ce qui précède le chapitre XXVII de la même chronique,
Ibidem, p. 541-543. — Mathieu de Paris, édition de Henry Richards Luard,
t. IV, p. 28, dit seulement : dux autem Burgundie fugit, et se
rapporte par conséquent avec la chronique précitée.
[56]
Ces noms sont fournis par Mathieu de Paris, édition de Luard, t. IV, p. 23. Les
Annules de Terre-Sainte, par Rohrich et Gaston Raynaud, d'après le ms. de la
Bibl. nat., fonds franç. 2491, fol. 48-49, disent, p. 16 : « le conte de Bar y
fu mors, et y eust asses de chevaliers que prins que mors ».
[57]
Le testament de Guigues, comte de Nevers, daté du 10 août, fut fait à Castallaneta,
petite ville, du royaume de Naples (Huillard-Breholles, Titres de la maison
ducale de Bourbon, t. I, n° 221) ; notre catalogue, n° 2417.
[58]
Continuation de Guillaume de Tyr, Recueil des historiens occidentaux des
Croisades, t. II, p. 534.
[59]
Il ne s'agit ni de Dom Plancher, ni de l'abbé Courtépée, car ces auteurs ne
disent pas un mot de la croisade de 1239. Les chroniques locales n'en parlent
pas davantage ; peut-être a-t-on voulu passer sous silence les souvenirs d'une
expédition peu honorable pour le duc de Bourgogne.
[60]
Le Manuscrit de Rothelin, Recueil des historiens occidentaux des Croisades,
t. II, p. 556.
[61]
Mathieu de Paris, édition de Richards Luart, t. IV, p. 140.
[62]
Voir Lenain de Tillemont, Histoire de saint Louis, t. II, p. 364.
[63]
Le Manuscrit de Rothelin, Recueil des historiens occidentaux des Croisades,
t. II, p. 556.
[64]
Le connétable Eudes de Frolois était en Bourgogne au mois d'octobre 1239
(catalogue, n° 2373) et en janvier 1240 (Bibl. d'Auxerre, Cartulaire de
Pontigny, de l'abbé Depaquit, t. III, p. J 34} ; catalogue n° 2388 ; il
n'était donc pas mort à la croisade, et on ne doit pas le confondre avec un
personnage du même nom. Eudes, dit Ragot, de Frolois, connétable, avait épousé
Alix, fille de Gui de Chappes ; seigneur de Jully et de Pétronille de Bar, dame
de Champlost, laquelle Pétronille était elle-même fille de Thibaud de
Bar-sur-Seine, seigneur de Champlost.
[65]
Le sénéchal Guillaume de Vergy teste en février 1240 (catalogue n° 2406) ; en
avril 1241, il était encore malade dans son lit (catalogue, n° 2412) il dut
mourir peu de temps après, puisque son fils Henri était sénéchal le mois
suivant.
[66]
En mai 1241, Henri de Vergy, sénéchal de Bourgogne, se déclare homme lige de
Thibaud de Champagne, et comme il n'a pas encore de sceau, fait apposer à cet
acte celui de la duchesse (Orig. Arch. nat. J. 256), catalogue n° 2415.
[67]
On a de Pierre de Paleau, maréchal, une déclaration en faveur de l'évêque de
Chalon, en août (notre catalogue, n° 2874), et son testament de septembre 4241
(catalogue, n° 2421).
[68]
Le 26 novembre 1241 l'évêque de Chalon reçut à l'abbaye du Lieu-Dieu l'hommage
d'Elvis veuve du connétable Hugues, fils du maréchal Pierre de Paleau
(catalogue n° 2424).
[69]
Catalogue, n° 2419.
[70]
Catalogue, n° 2418.
[71]
Etienne de Cissey mourut en 1211, et son père Antéric fît vendre le cheval qui
servait à son usage. (Orig. Arch. de la Côte-d'Or, fonds de la
Commanderie de Beaune, H 1218), catalogue n° 2428.
[72]
Les habitants qui se refugiaient à Talant y trouvaient aussi des franchises et
des avantages qui les attiraient ; les religieux d'Ahuy et de Quetigny se
virent, pour cette désertion, inquiétés par les religieux de Saint-Etienne de
Dijon (catalogue, n° 2436-2440).
[73]
Dans ce testament la duchesse léguait aux religieuses du Lieu-Dieu le moulin de
Nuits-sous-Beaune qu'elle avait fait construire. (Orig. Arch. de la
Côte-d'Or, fonds du Lieu-Dieu, H 1064), catalogue, n° 2427.
[74]
Chartes des mars, mai, septembre, octobre 1242 ; catalogue, n° 2432, 2437,
2444, 2446.
[75]
Quatre conventions à ce sujet ; 29 mars 1242 (Pérard, p. 449), catalogue, n°
2432 mai 1242, charte passée à Gray (Bibl. de la ville de Dijon, mss. Pérard,
n° 8, fol. 62, édité Pérard, p. 450), catalogue, n° 2437 ; 5 septembre 1242
(Arch. de la Côte-d'Or, Recueil de Peincedé, t. II, p. 581), catalogue,
n° 2444 ; 26 octobre 1242 (Dom Plancher, t. II, p. XXXV, p. XV), catalogue n° 2446.
[76]
Ed. Clerc, Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 433.
[77]
Leurs noms sont cités dans plusieurs pièces, voir Pérard, p. 449-451.
[78]
Essai sur la Franche-Comté, t. I, p. 433.
[79]
Dom Bouquet, Recueil des historiens de France, t. XXIII, p. 727 A H.
[80]
On n'a aucune charte d'Hugues IV pour le mois de juillet, il est donc probable
qu'il n'était pas alors en Bourgogne.
[81]
Rossignol, Histoire de Beaune, p. 195. Rossignol, ancien conservateur
des archives de la Côte-d'Or, avait sans doute trouvé la preuve de ce fait dans
le fonds de Cîteaux.
[82]
Privilèges de l'Ordre de Cîteaux, Paris, Mariette, 1713, in-4°, p. 3.
[83]
Privilèges de l'Ordre de Cîteaux, Paris, Mariette, 1713, in-4°, p. 4.
[84]
Les abbés d'Angleterre avaient rapporté cette nouvelle au retour du chapitre,
en 1243, à la suite probablement d'une demande de prières adressée aux
religieux de Cîteaux par le roi lorsqu'il contracta une maladie pendant sa
chevauchée du Poitou (Voir Mathieu de Paris, édition de Richards Luart, t. IV,
p. 257).
[85]
La date du 14 septembre est certaine, bien que Mathieu de Paris, édition de
Luart, t. IV, p. 391, rapproche cet événement de la Saint-Michel, qui était le
29 septembre. A ce moment, le roi était rentré à Paris, Itinera et Mansiones,
Dom Bouquet, t. XXI, p. 412.
[86]
Dom Bouquet, t. XXI, p. 412, Itinera et mansiones.
[87]
La fondation relative à Louis VIII est du 19 septembre 1236 ; Teulet, Layettes
du Trésor des Chartes, t. II, p. 326.
[88]
Teulet, Layettes, t. II, p. 338.
[89]
Mathieu de Paris, édition de Richards Luart, t. IV, p. 392.
[90]
Ces détails sont entièrement extraits du récit de Mathieu de Paris, édition de
Luart, t. IV, p. 391-393.
[91]
Annal. Cisterc., p. 298 ; Lenain de Tillemont, Histoire de saint Louis,
t. III, p. 83. Le 14 septembre 1244, jour de l'Exaltation de la Croix, tombait
un mercredi ; le 16 et le 17 étaient deux jours maigres.
[92]
Annal. Cisterc., p. 338.
[93]
Mathieu de Paris, édition de Luart, t. IV, p. 391.
[94]
Annal. Cisterc., p. 297-298 ; Lenain de Tillemont, Vie de saint Louis,
t. III, p. 55.
[95]
Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Cîteaux, n° 167, fol. 80 ;
catalogue, n° 2491.
[96]
Arch. de la Côte-d'Or, Cartulaire de Cîteaux, n° 167, fol. 80
(catalogue, n° 1492) confirmation par saint Louis, ibidem, fol. 80-81
(catalogue, n° 2493).
[97]
Pérard, p. 459 ; catalogue, n° 2494.
[98]
Itinera et Mansiones, dans Dom Bouquet, Recueil des historiens de
France, t. XXI, p. 412. Les renseignements nouveaux consignés ici
permettent quelques additions pour les séjours de saint Louis en septembre
1144. — Les premiers jours : Villeneuve-Saint-Georges, Hôpital de Corbeil —
vers le 9, 10, 11, 12, Pontigny, Vézelay, Vitteaux — les 14, 18, 16, 17, 18,
19, Cîteaux — vers le 21, Vitteaux — le 29, Paris.
[99]
Mathieu de Paris, édition de Luart, t. IV, p. 393.
[100]
Mathieu de Westminster, Flores historiarum, Londres, 1570, p. 183.
[101]
Voir l'itinéraire du voyage du pape à Lyon, Elie Berger, Saint Louis et
Innocent IV, introduction aux Registres d'Innocent IV, p. XX-XXI.