HISTOIRE DES DUCS DE BOURGOGNE DE LA RACE CAPÉTIENNE

TOME QUATRIÈME

 

CHAPITRE XXVIII. — RÈGNE DE HUGUES IV - 1229-1234.

 

 

Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, tuteur du duc Hugues IV, lui fait épouser Iolande de Dreux, malgré les engagements contraires. — Irritation de la cour de Champagne. — Disparition de l'archevêque de Lyon, subitement et secrètement enlevé par Henri de Vienne. — Guerre entre le duc de Bourgogne et le comte de Champagne ; jonction à Tonnerre des troupes d'Hugues IV et de Guigues, comte de Nevers ; pillage de Saint-Florentin, Chaource ; siège de Bar-sur-Seine. — Intervention du roi Louis IX et du légat du pape. — Traité de paix entre Thibaud de Champagne et Guigues, comte de Nevers. — Seconde expédition du duc de Bourgogne contre Thibaud ; sacrifices pécuniaires qu'ils font l'un et l'autre pour avoir des alliés. — Interruption causée par la chevauchée au service du roi contre Pierre Mauclerc, en Bretagne. — Reprise des hostilités. — De Châtillon-sur-Seine, son centre d'action, Hugues IV envahit la Champagne, pendant que les coalisés y pénètrent par le nord. — Défaite de Thibaud, qui s'enfuit sur Paris et fait appel à l'intervention royale. — Ravages en Champagne. — La reine Blanche et Louis IX viennent au secours de Thibaud à la tête d'une armée, et font refluer les confédérés jusqu'à Jully-sur-Sarce, Laignes, Chaource. — Traités de paix le comte de Champagne condamné à une forte amende au profit de Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon. — Consommation du mariage d'Hugues IV avec Iolande de Dreux. — Dépenses occasionnées par la guerre affranchissements de Montbard, Arnay-le-Duc, Sivry, Chassenay, Argilly, Bagnot, etc. — Chartes de la Liberté des marcs à Montbard, Dijon, Beaune. — Domaine et exploitation agricole de la duchesse Alix de Vergy à Prenois. — Rupture du projet de mariage de Thibaud de Champagne avec Iolande, fille de Pierre de Bretagne. — Nouvelle coalition du duc de Bourgogne et des barons, arrêtée par la mort de l'archevêque de Lyon et de plusieurs des confédérés.

 

Si nous avons insisté sur les serments solennellement échangés entre le comte de Champagne et la duchesse de Bourgogne, au nom de son fils, c'est que les événements allaient amener un résultat diamétralement opposé à celui des conventions stipulées par leur traité. Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, qui en avait été l'instigateur, qui devait en faire respecter les clauses, fut au contraire le principal artisan de la rupture. Aussitôt que son pupille Hugues IV eut atteint sa seizième année, c'est-à-dire au commencement de 1229, il lui fit contracter mariage avec Iolande de Dreux, fille de Robert III, comte de Dreux, et d'Eléonore de Saint-Valeri, de ce même Robert qui figure en tête des barons dont l'alliance était particulièrement interdite au duc de Bourgogne.

Quoique les contemporains fussent habitués à une grande mobilité dans les rapports et les relations des seigneurs féodaux, qui ne se montraient pas toujours scrupuleux dans l'observation de leurs promesses, la violation flagrante et presque immédiate des serments produisit une certaine émotion. La haute autorité de Robert d'Auvergne, regardé comme seul responsable, et le caractère sacré qui s'attachait à ses fonctions, prêtaient aux circonstances une gravité exceptionnelle. Quel mobile avait pu déterminer un prince de l'Eglise à violer des engagements contractés avec des formules aussi solennelles ? Avait-il voulu détacher de la ligue formée contre le roi un des grands vassaux dont Robert de Dreux et son frère le duc de Bretagne faisaient partie ? On cherche des motifs avouables, qu'aucun document ne fournit.

La nouvelle causa une violente irritation à la cour de Champagne, qui était en droit de protester. Les alliés de Thibaud promirent d'en tirer vengeance mais les procédés qu'ils employèrent mirent les torts de leur côté, et nous offrent l'un de ces épisodes singuliers, comme on en rencontre parfois dans l'histoire du moyen âge.

Ayant appris que Robert d'Auvergne séjournait dans nos provinces, leurs affidés parvinrent à s'emparer très secrètement de sa personne, lui bandèrent les yeux, le conduisirent de château en château pour le garder en un lieu sûr, et où sa présence serait absolument ignorée[1]. Vainement on chercha de toutes parts l'archevêque de Lyon, on ne put avoir aucun renseignement sur ce qu'il était devenu. La disparition d'un personnage aussi considérable ne pouvait passer inaperçue et rester longtemps secrète ; on apprit bientôt que le terrible Henri de Vienne, qui s'était précédemment signalé par un acte semblable sur le comte de Bar-le-Duc[2], n'avait pas craint d'assumer la responsabilité d'une telle capture, et de mettre la main sur cet oint du Seigneur[3]. Le bruit de cette scandaleuse k affaire excita même l'indignation de plusieurs des partisans du comte de Champagne, car l'archevêque eut pour libérateur un des alliés de Thibaud, Henri de Bar[4].

Dans l'intervalle, des plaintes à ce sujet étaient parvenues à la cour de Rome, en novembre, et à la date du 29[5], Grégoire IX écrivait à l'évêque de Paris, à Conrad, abbé de Cîteaux, à Simon, abbé de la Ferté-sur-Grosne[6], pour les informer du sacrilège commis au préjudice de l'église de Lyon et de son prélat, qui avait été incarcéré et dépouillé de tout ce qu'il possédait au moment de cette incarcération. Ordre leur était donné d'excommunier ces fils de Bélial qui s'étaient rendus coupables d'un têt forfait. Le même jour, le pape envoyait une lettre aux évêques de Senlis, d'Orléans et de Meaux, pour leur exprimer sa surprise et sa douleur de voir les conflits surgir entre les grands vassaux, qui se préparaient à porter de nouveau la guerre dans le royaume, et dont l'aveuglement ne respectait pas-même l'autorité royale. Il leur recommandait d'exhorter le duc de Bourgogne à repousser les traitreuses suggestions, auxquelles il était en butte, et qui cherchaient à le détourner de la fidélité due au roi[7].

La Bourgogne et la Champagne n'avaient pas attendu jusqu'à cette époque pour entrer en guerre les hostilités avaient dû suivre de près les conventions du mariage d'Hugues IV avec Iolande de Dreux, et étaient commencées au printemps de 1229. Thibaud qui n'avait pour allié que Ferrand, comte de Flandre, passa un traité, le 11 juin, avec Mathieu de Lorraine, qui dut prendre l'engagement de venir à son secours[8] ; mais ces adhérents éloignés ne purent immédiatement lui venir en aide. Il entraîna par des concessions pécuniaires plusieurs vassaux du duc, Guillaume, seigneur de Pesmes[9], qui pouvait, du côté de la Bourgogne, lui fournir un sérieux appui Ponce de Mont-Saint-Jean, qui mit à son service la forteresse de Riel-les-Eaux, construite avec l'assentiment du comte de Champagne[10].

Les seigneurs du duché ne restaient pas inactifs, et se servaient des mêmes moyens que leurs adversaires pour obtenir des alliances. Au mois de mai, Josseran de Brancion mettait sa forteresse de Nanton au service de Hugues IV[11]. André, seigneur de Rougemont, près Montbard, et de Rochefort, déclarait que le duc pourrait faire guerre de son château de Rochefort-sur-Armançon, à grande et petite force[12] ; si peu importante que fût cette place, sa situation sur les frontières de la Bourgogne et de la Champagne offrait un avantage à celui qui la possédait. Par une charte de juillet, Hugues IV atteste, qu'ayant guerre avec le comte Thibaud, ses chers amis les abbés et religieux de Saint-Seine ont mis leurs terres et leurs hommes à sa disposition mais comme ils ne lui devaient rien et n'agissaient ainsi que par grâce et bon amour, ce service ne pourrait dans l'avenir porter préjudice aux droits de l'abbaye[13]. La petite ville de Chablis, bien avisée, se faisait délivrer un sauf-conduit par le roi de France, qui la mettait sous sa protection pendant le temps que dureraient les hostilités[14].

Ces documents divers fixent ces événements au mois de juillet, au moment où les troupes bourguignonnes se réunissaient à Tonnerre et opéraient leur jonction avec les forces de Guigues, comte de Nevers et de Tonnerre, qui toutes se préparaient à envahir la Champagne le récit d'Aubri de Troisfontaines[15] est donc parfaitement exact lorsqu'il rapporte ces faits à l'époque de la quinzaine qui suit les fêtes de la Saint-Jean.

Quand on fut en pleine Champagne, les troupes combinées, suivant ta coutume du temps, livrèrent la contrée au pillage et à l'incendie. Après Saint-Florentin, on prit sans doute Ervy qui se trouvait sur le passage, mais très certainement Chaource, puis on commença le siège de Bar-sur-Seine[16], dont le comté était devenu par de récentes acquisitions l'entière propriété du comte de Champagne.

Thibaut fit alors appel à l'intervention de saint Louis, qui séjournait dans le même temps à Melun, Fontainebleau, Moret[17] ; le roi fit envoyer aux barons des lettres patentes pour les inviter à cesser les hostilités, avec ordre de se retirer dans leurs domaines puis, sur leur refus d'obéir à ces injonctions, il réunit un grand nombre de chevaliers, d'écuyers et de fantassins destinés à porter secours au comte de Champagne[18]. Ces préparatifs menaçants suffirent pour donner à réfléchir aux belligérants, et en obtenir, sinon une paix définitive, du moins une suspension d'armes. Il n'y a pas apparence que la reine Blanche et son fils soient intervenus personnellement dans cette première affaire, et qu'ils soient venus à Troyes, en 1229, comme il est certain qu'ils y vinrent en 1230[19]. Lenain de Tillemont dans sa Vie de Saint Louis, n'a laissé perdre aucune des mentions fournies par les chroniques, mais il n'a pas suffisamment établi l'ordre des faits qui se rattachent à chacune de ces campagnes parfaitement séparées, parfaitement distinctes[20].

En 1229, le comte de Champagne n'est en présence que du duc de Bourgogne et du comte de Nevers ; l'année suivante, il a contre lui tous les grands vassaux coalisés avec le duc de Bourgogne, à l'exception de Guigues, comte de Nevers, le seul avec lequel il ait précédemment passé des conventions de paix.

Le traité fait avec ce dernier avait été négocié à Auxerre, le 12 octobre 1229[21], par la médiation du cardinal de Saint-Ange, légat du pape. Il avait été convenu que les forteresses construites sur les frontières du Tonnerrois et de la Champagne seraient conservées, que chacun d'eux resterait en possession des fiefs dont ils étaient nantis, et que, la question des dommages, résultant de la guerre, serait remise à une époque ultérieurement fixée. En novembre, des arbitres furent nommés pour décider l'attribution des fiefs en litige de Rumigny et d'Etourvy, et pour statuer sur les plaintes formulées par le comte de Nevers contre Eudes de Saint-Phal et Gaucher, vicomte de Saint-Florentin[22].

Débarrassé d'un voisin redoutable, Thibaud n'en continua pas moins ses préparatifs de résistance contre le duc de Bourgogne ; cette première campagne, suspendue par des trêves dont on ne connaît pas la teneur, n'avait subi un point d'arrêt que par l'intervention du roi et du légat du pape.

La partie n'était que remise. Les libéralités et les concessions de toute nature faites par Hugues IV et Thibaud aux divers seigneurs de la contrée concouraient au même but. Chacun d'eux voulait attacher à sa cause le plus d'adhérents possible, et en enlever le plus possible à son adversaire. Le cynisme avec lequel on passait ces contrats ne fait pas honneur à la délicatesse de ceux qui en bénéficiaient, et prouve qu'au moyen âge, comme à d'autres époques, le cœur humain subordonne trop souvent la raison d'intérêt à la question de dignité.

En recevant de Thibaud vingt livres de rente, assises sur les foires de Champagne, Simon de Beaujeu s'engage à le soutenir dans la guerre contre le duc de Bourgogne, même dans le cas où il serait mandé dans le camp de ce dernier par ses seigneurs suzerains Renard de Choiseul, Guillaume de, Vergy et Josseran de Brancion[23].

Jean, comte de Chalon-sur-Saône, que ses intérêts et ses domaines rattachaient à la Bourgogne ; était un adhérent dont l'alliance était précieuse et recherchée il mît un très haut prix à son dévouement. Thibaud lui donna mille livres une fois payées, cinq cents livres par an jusqu'à la fin de la guerre, et une rente perpétuelle de cent quarante livres[24].

Erard de Brienne, longtemps adversaire du comte de Champagne, maintenant son allié, reçut une rente de deux cents livres, des fiefs à Turny et une maison à Troyes ; ses châteaux de Ramerupt et de Venisy furent mis en état de défense, et tous les vassaux nobles et roturiers qui en dépendaient prêtèrent serment de le servir contre le duc de Bourgogne, les comtes de Bar-le-Duc et de Boulogne[25].

Mile de Noyers, dont les importants domaines, limitrophes de la Champagne et de la Bourgogne, avaient toujours conservé leur indépendance, fut l'objet des avances de l'un et de l'autre des belligérants. Hugues IV lui confirma la possession de la bouteillerie de Bourgogne, pour lui et pour ses héritiers[26].

Mile, un des grands officiers du duché, allait se trouver sous la bannière opposée à celle de son beau-frère Erard de Brienne, dont il avait été longtemps l'allié le plus actif et le défenseur le plus dévoué. Jean de Seignelay devint homme-lige de Thibaud et s'engagea à faire la guerre au duc de Bourgogne, moyennant une rente de quarante livres[27]. Clérembaud et Gui de Chappes[28], le seigneur de Pesmes ; Anseric de Toucy, seigneur de Bazarnes[29], Hugues d'Antigny, seigneur de Pagny[30], Ponce de Mont-Saint-Jean[31], et nombre d'autres, reçurent des sommes d'une importance proportionnée aux services qu'ils étaient en mesure de rendre.

Au commencement de l'année 1230, les hostilités commencèrent entre le comte de Bar-le-Duc et Mathieu de Lorraine. Henri de Bar prit et brûla soixante-dix villages au duc, son neveu[32]. Le comte de Champagne, le sénéchal Simon de Joinville, répondirent à cette agression, en allant envahir et saccager le Barrois. Cette campagne produisit de part et d'autre des pertes considérables, sans profit pour l'un ou pour l'autre des combattants.

Un document permet de préciser l'époque à laquelle commence la lutte entre Hugues IV et Thibaud. Dans une lettre adressée par Hugues de Montréal, évêque de Langres, à ses chanoines, le jeudi 9 mai 1230[33], il les prévient qu'il ne pourra se rendre an chapitre qui doit se tenir le lendemain, comme il en avait l'intention, parce qu'il vient d'être prévenu que le duc de Bourgogne et le comte de Champagne sont prêts d'en venir aux mains, que son devoir est d'abord de surveiller les intérêts des domaines confiés à ses soins, et qu'il doit se rendre à Châtillon et à la Ferté-sur-Aube le même jour.

On n'a pas de détails sur les premières hostilités, qui durent être interrompues par un mandement royal convoquant les barons en- Bretagne, pour la chevauchée que Louis IX préparait contre le roi d'Angleterre, allié de Pierre Mauclerc. Les quarante jours de service dus par les grands vassaux ne prirent fin qu'au milieu de juin et amenèrent une trêve forcée entre le duc de Bourgogne et le comte de Champagne[34]. Ce délai passé, l'un et l'autre demandèrent à se retirer, plus pressés de vider leur querelle particulière que de servir les intérêts du roi. Louis IX n'ayant pu les retenir, les suivit dans l'intention de mettre un terme à leurs discordes[35], mais il ne réussit pas mieux sur un point que sur un autre. En juillet les hostilités étaient reprises ; la ville de Chablis avait de nouveau, comme l'année précédente, réclamé et obtenu la protection et la sauvegarde du roi[36]. De Châtillon-sur-Seine, où il avait établi son centre d'action, le duc de Bourgogne avait fait appel aux secours que son ami l'abbé Eudes et les religieux de Saint-Seine voulaient bien lui fournir. Il avait, sous leur caution, emprunté à divers particuliers, à Viard Isembard, a son fils Guillaume, à Savaric de Corbigny, à Raoul de Fontaines, changeurs de Vézelay, une somme de cent marcs sterlings pour subvenir aux frais de la guerre[37] ; il déclarait que ces services rendus par les religieux ne lui étaient pas dus, et il prenait l'engagement de réparer tous les dommages qui pourraient être causés à leur monastère[38].

Le 30 du même mois de juillet, le duc envoyait de Châtillon à ses prévôts et baillis l'ordre de protéger les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dont les biens étaient sous sa garde[39]. Erard de Brienne avait obtenu de Thibaud le droit de construire une forteresse à Bagneux, terre mouvant du fief de Champagne et qui formait la limite de cette province avec le comté de Tonnerre. Il fut convenu que cette forteresse, destinée à protéger la Champagne du côté de la Bourgogne, serait détruite si jamais Guigues, comte de Nevers, entrait en guerre avec Thibaud[40].

Hugues IV envahit les terres de son ennemi et s'avança du côté de Troyes, brûlant et détruisant tout sur son passage[41], pendant que les autres barons coalisés pénétraient en Champagne par le nord, avec une armée dans laquelle se trouvaient réunis Philippe, comte de Boulogne ; Baudouin III, comte de Guines ; Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol ; Robert III, comte de Dreux, beau-père de notre duc ; Jean de Braisne, comte de Mâcon, frère de Robert III et de Pierre Mauclerc ; Enguerrand de Coucy, Robert de Courtenay.

Sérieusement menacé de ce côté, Thibaud accourut avec ses troupes pour leur livrer bataille ; mais attaqué en face par les coalisés, en flanc par le duc de Bourgogne, sa situation était difficile ; la vigueur de ses soldats ne put résister aux efforts combinés et surtout au nombre des agresseurs. Trente de ses chevaliers y perdirent la vie, deux cents furent faits prisonniers. Désespéré et éperdu, Thibaud abandonna son camp, sans consulter ses officiers et prit la fuite dans la direction de Paris, vivement poursuivi par un quartier de cavalerie, qui ne cessa de le harceler jusqu'aux portes de cette ville[42].

Ses ennemis parcoururent ensuite la Champagne, où ils commirent des excès de toutes sortes ; pendant quinze jours ils séjournèrent sous les murs de Ramerupt, et prirent route vers Troyes, dont ils se proposaient de faire le siège. Effrayés de cette entreprise et de l'absence de leur comte, les habitants de cette ville firent appel au sénéchal de Joinville, qui accourut en toute hâte et arriva dans la nuit même leur porter secours ; « car incontinant à toute sa gent vint après les nouvelles à lui venues, et fut devant la cité de Troye avant que le jour fust ; et de sa part fist merveilles de secourir aux bourgeois, et tant que les barons faillirent à la cité prendre. Et force fut ausdiz barons passer outre la dite cité, et s'en aller loger en la praierie avecques le duc de Bourgoigne[43]. »

Les pressantes sollicitations du comte de Champagne avaient déterminé la reine Blanche et le roi à venir sans retard mettre fin à cette désastreuse situation ; ils étaient en route pour Troyes, et n'étaient déjà plus qu'à quelques lieues de là au milieu de leur armée[44]. Ils firent signifier aux barons de se retirer dans leurs terres ; les confédérés objectèrent qu'ils n'en voulaient qu'au comte de Champagne et au duc de Lorraine, et s'offrirent de combattre avec trois cents chevaliers de moins qu'on ne leur en opposerait, si le roi, auquel ils devaient fidélité, voulait bien consentir à ne pas assister à cet engagement : « A quoy le bon roy leur manda, que à nulle paix n'entendroit, ne ne souffreroit que le conte de Champaigne y entendist, jusques à ce qu'ils eussent vuidé le conté de Champaigne[45] ».

Il n'y avait pas moyen de résister à un ordre aussi formel. Dans l'impossibilité de trouver de nouveaux subterfuges, le comte de Boulogne résolut le premier de céder, et se rendit avec ses chevaliers dans le camp royal. En approchant des tentes, ils descendirent tous de cheval, ôtèrent leurs ceintures et leurs chaperons, et à la suite de quelques pourparlers, la paix fut faite entre Louis IX et son neveu[46].

Après le conseil tenu entre eux, les autres barons n'avaient pas osé résister à la volonté du roi, mais il en coûtait à leur amour-propre de mettre bas les armes à la suite d'une campagne qui leur assurait la victoire ; ils avaient donc rétrogradé jusqu'à Isle-Aumont ; l'armée royale les poursuivit. Ils firent un nouveau mouvement de recul jusqu'à Jully-sur-Sarce puis, le roi étant venu camper sur les positions qu'ils occupaient quelques jours auparavant à Isle-Aumont, ils se retirèrent sur Chaource et sur Laignes, qui n'étaient plus en Champagne et faisaient partie des domaines du comte de Tonnerre et du duc de Bourgogne[47].

Cette fin de campagne très bien racontée par Joinville, qui connaissait parfaitement les localités de la contrée, dut avoir lieu à la fin d'août ou au commencement de septembre 1230. Pour le mois d'août, nous ne connaissons aucun diplôme royal, et parmi ceux du mois de septembre il en est un daté de Lexovias ou Lexonias[48] que nous n'avons pas su identifier. Il est certain que le roi rentra à Paris en septembre[49] ; mais il n'avait pas quitté la Champagne, sans arrêter entre les belligérants les bases de conventions de paix. Philippe, comte de Boulogne, et Ferrand, comte de Flandre, avaient déjà fait des arrangements entre eux ; Jean, comte de Chalon-sur-Saône, avait traité avec la duchesse de Bourgogne et son fils, et s'était engagé dans son acte de soumission à leur rendre foi et hommage, comme par le passé[50].

Ces deux derniers accords sont mentionnés le 25 septembre, dans la notification de Philippe, comte de Boulogne, lequel, avec Thibaud de Champagne, avait été constitué arbitre des démêlés entre Mathieu, duc de Lorraine, et Henri, comte de Bar-le-Duc[51]. La veille encore[52], Simon de Joinville, sénéchal de Champagne, avait reconnu tenir en fief du duc de Bourgogne son château de Marnay, au bailliage de Chalon, et avait promis de l'aider dans la guerre contre son beau-frère Jean de Chalon, au mépris de ses liens de parenté. Il est donc supposable que Hugues-IV et Jean de Chalon firent le même jour (25 septembre) une paix définitive.

Le comte de Champagne, considéré comme responsable d'une guerre qui aurait eu pour lui des conséquences désastreuses, sans l'intervention royale, s'en- gagea à prendre la croix, et à se rendre en Terre-Sainte avec cent chevaliers, pour y combattre les ennemis du Christ. Il fut de plus condamné à une forte amende au profit de Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, dont la captivité avait été la cause première de la prise d'armes. Il dut payer au prélat une amende de mille marcs d'argent, dont Hier de la Brosse, Lambert dé Châtillon et Pierre de Jaucourt furent caution ; les embarras et les frais occasionnés à Thibaud à la suite de cette guerre étaient tels, que plus de deux ans après, en janvier 1233, la dette n'était pas entièrement libérée[53].

La plupart des grands barons qui avaient pris part à cette campagne, le duc de Bourgogne, Archambaud de Bourbon, Guillaume de Dampierre, Guillaume de Vergy, les comtes de Bar-le-Duc, de Chalon-sur-Saône, etc., vivaient ensuite sur le pied de la meilleure intelligence, et comparurent à Melun, en décembre 1230, à la cour du roi, lorsque fut établi à l'égard des juifs un règlement qu'ils promirent de faire observer dans leurs domaines[54].

Les haines héréditaires de la branche aînée et de la branche cadette des comtes de Bourgogne, qui avaient si longtemps agité le pays, prirent également fin, et se terminèrent par un mariage. En février 1231, Othe, duc de Méranie, engagea définitivement la main d'Alix, une de ses filles, à Hugues, fils de Jean de Chalon, alors âgé de seize ans et remit la célébration des noces à cinq années[55].

Vers le même moment fut consommé, croyons-nous, le mariage d'Hugues IV avec Iolande de Dreux, alors qu'il atteignait sa dix-huitième année car c'est en 1231 que l'on voit pour la première fois apparaître le nom de la duchesse Iolande dans les actes bourguignons. Peut-être avait-on d'abord, selon la coutume, envoyé la fiancée à la cour ducale, en gage du contrat dont Robert d'Auvergne avait été le négociateur. Ce mariage donnait au duc de Bourgogne des parentés considérables qui pouvaient lui venir en aide dans les circonstances difficiles. Il était le neveu de Pierre Mauclerc, duc de Bretagne ; d'Henri de Dreux, archevêque de Reims, premier pair de France de Jean de Braine, comte de Vienne et de Mâcon[56] ; de Jean II, comte de Rouci[57] ; d'Henri, comte de Bar-le-Duc[58] ; d'Etienne, comte d'Auxonne et seigneur de Salins[59] ; il était beau-frère de Jean, comte de Dreux et de Braine, seigneur de Saint-Valeri ; et de Robert de Dreux, vicomte de Châteaudun, seigneur Nesle.

A partir de ce moment, les chartes sont données au nom d'Hugues, quelquefois au nom du duc et de sa mère.

Les dépenses occasionnées par la guerre contre le comte de Champagne avaient absorbé les économies réalisées par la duchesse Alix on créa quelques ressources par l'établissement de nouvelles chartes communales, et l'on fut même obligé d'aliéner quelques domaines. Hugues IV reçut de Pierre, abbé de Saint-Étienne de Dijon, une somme de trois cents livres stéphanoises pour la vente d'Asnières[60] ; il vendit aux religieux de Fontenay la terre de Fresne, et ce qu'il possédait à Saint-Remy, près Montbard[61]. Les habitants de cette ville de Montbard, affranchis trente ans auparavant du droit de mainmorte[62], reçurent le droit de s'administrer eux-mêmes, en avril 1231[63]. Le trésor ducal en retira cinq cents marcs d'argent par an, au moyen d'une répartition susceptible de donner une plus-value. C'est la première fois que paraissent les clauses pour prestation de cette nature, et les dispositions en furent assez avantageuses pour que le duc ait cru devoir les appliquer bientôt après aux deux puissantes communes de Dijon[64] et de Beaune[65].

La répartition de cet impôt était établie sur des bases telles, que le rendement était bien supérieur au chiffre réglementairement énoncé, et atteignait parfois jusqu'au double de sa valeur. Ces concessions, par un singulier euphémisme, qui plaît toujours aux populations, même à celles qui en sont victimes, se nommaient Chartes de la liberté des marcs. Les unes et les autres furent mises sous la sauvegarde de Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, des évêques de Langres, d'Autun et de Chalon-sur Saône[66]. Le duc écrivit même au pape Grégoire IX pour le prier de joindre sa sanction à celles des prélats[67]. Des privilèges furent semblablement accordés par Hugues IV aux habitants d'Arnay-le-Duc, Sivry, Chassenay[68], Chalon-sur-Saône[69], Argilly[70], Bagnot, près Seurre[71], etc.

Les historiens bourguignons, Dom Plancher[72] et Courtépée[73], nous disent qu'à la majorité de son fils, la duchesse Alix de Vergy se retira à Prenois, qui lui avait été assigné en douaire, et qu'elle y faisait valoir, par ses mains, deux charrues à bœufs et un troupeau de cinq cents moutons. Ces faits ne sont pas tout à fait exacts. La terre de Prenois était un domaine purement agricole, qui n'eut que très passagèrement l'honneur de recevoir ses suzerains, et où il n'y avait pas de maison assez importante pour, y héberger leur suite. Jusqu'au jour où les barons vendirent la liberté aux habitants des villes et des bourgades en mesure de la payer, la terre était encore la seule source des revenus ; ils la donnaient à cheptel, comme on dit aujourd'hui, c'est-à-dire qu'ils passaient marché avec un métayer, lui donnaient un domaine et des troupeaux, sur lesquels ils prélevaient moitié de la récolte des grains et moitié du croît. Le métayage exigeait du preneur des avances et une solvabilité, qui ne se rencontraient pas toujours. En cas contraire, un grangier, grangiarius, faisait valoir la terre pour le compte du propriétaire, et les barons comme les monastères en possédaient un nombre proportionné à l'étendue et à la variété de leurs domaines. Les grands seigneurs et nos premiers ducs notamment avaient des officiers spéciaux chargés de percevoir les revenus provenant de ces diverses exploitations.

La charte, curieuse d'ailleurs, qui a donné lieu à une légende pour Alix de Vergy, est datée de septembre 1234[74]. La terre de Prenois était soumise aux deux régimes dont on vient de parler, et administrée partie par un métayer, partie par un grangier. A ce moment, la duchesse trouva avantageux de passer un acte de pariage avec les religieux de Saint-Bénigne, plus sûre de toucher ses revenus avec leur garantie ; elle leur remit deux charrues à bœufs, cinq cents brebis, dont deux cent cinquante portaient agneaux les deux cent cinquante autres âgées d'un an et demi étaient destinées à fournir du lait[75].

Il n'est pas question de vaches et l'on voit qu'à cette époque peu avancée au point de vue de l'agriculture, les brebis surtout sont destinées à fournir le lait et le fromage. On en, a un autre exemple dans l'acte de pariage, fait en 1222, par Béatrix, comtesse de Chalon-sur-Saône, avec les religieux de l'abbaye de la Ferté-sur-Grosne[76], auxquels elle fit livrer quatre-vingt-dix brebis, à condition que les produits en lait et en fromage seraient communs, qu'on lui en servirait une fois par semaine sur sa table, et que l'on conserverait exactement le même nombre de bêtes dans le troupeau.

La rupture du projet de mariage entre Thibaud, comte de Champagne et Iolande de Bretagne, fille de Pierre Mauclerc, amena de nouvelles divisions entre ce comte et le duc de Bourgogne. Cette rupture eut lieu par ordre du roi, au moment de la célébration des noces, et mécontenta très vivement tous les barons de France alliés à la maison de Bretagne, comme les comtes de Dreux, de Maçon, de Bar-le-Duc, de Rouci, d'Auxonne, et principalement notre duc Hugues IV, qui était par sa femme neveu de Pierre Mauclerc.

Thibaud aggrava l'outrage fait à ce dernier en épousant, peu de temps après, Marguerite, fille d'Archambaud de Bourbon, d'une naissance beaucoup moins illustre que celle d'Iolande. Les haines contre le comte de Champagne, un moment calmées par l'intervention de Louis IX, reprirent avec une nouvelle vigueur et groupèrent derechef ses anciens ennemis. Robert d'Auvergne, l'un des plus acharnés, fit venir en France, en janvier 1233, Alix, reine de Chypre, sœur aînée de Philippine, et en son nom les droits au comté de Champagne furent revendiqués[77]. On ne pouvait cependant se dissimuler l'inanité de ces prétentions, après les longues luttes qui avaient donné un résultat négatif à Erard de Brienne ; mais c'était un prétexte, et les seigneurs en profitèrent pour agiter de nouveau le pays. Les vassaux hostiles à Thibaud tentèrent de l'abandonner pour faire hommage à sa rivale. Le pape Grégoire IX menaça de les excommunier[78], et fit défense aux comtes de Chalon-sur-Saône[79], de Bar-le-Duc[80], de Nevers[81], de mettre ces projets à exécution ; il interdit à Robert de Thourotte, évêque de Langres, de recevoir aucun hommage d'Alix, pour des fiefs de Champagne relevant de son évêché[82].

Il y eut commencement d'hostilités, sur lesquelles on n'a pas de détails. En décembre 1233, la petite ville de Chablis, toujours vigilante et soigneuse de se mettre à l'abri des éventualités de guerre, s'était mise encore sous la sauvegarde du roi de France[83].

Divers événements imprévus firent diversion à ces préparatifs belliqueux. Le 6 janvier 1234 mourut Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, le défenseur le plus actif des intérêts de son neveu. Deux mois après (5 mars), Hugues IV perdit Robert III, comte de Dreux, son beau-père. Dans le même temps, la mort de Philippe, comte de Boulogne, le chef et l'âme de la ligue formée contre le comte de Champagne, désorganisa et mit à néant les projets des coalisés.

 

 

 



[1] Aubri de Troisfontaines, Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 600 D-G.

[2] Voir le chapitre précédent.

[3] Ed. Clerc, Histoire de la Franche-Comté, t. I, p. 421.

[4] Le duc de Bourgogne, par son mariage, était neveu d'Henri, comte de Bar-le-Duc, qui avait épousé Philippine de Dreux, fille de Robert II et sœur de Robert III, comte de Dreux.

[5] Manrique, Annal. Cisterc., t. IV, p. 391.

[6] Gallia Christiana, t. IV, p. 1023.

[7] Odolrici Raynaldi, Annal. ecclesiast., t. XIII, Rome, 1646, p. 42 ; notre catalogue n° 1957.

[8] Bibl. nat., Ve Colbert, n° 46, fol. 247.

[9] 21 juin 1229, Chantereau, t. II, p. 191 ; notre catalogue, n° 1944.

[10] Chantereau, t. II, p. 203 ; notre catalogue n° 1948.

[11] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10471 ; notre catalogue, n° 1938.

[12] Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10474 ; notre catalogue, n° 1937.

[13] Bibl. nat., lat. 12824, fol. 432 v° (juillet 1229), copie de Dom Aubrée, notre catalogue n° 1942.

[14] Juillet 1229, Arch. nat., Trésor des Chartes, J. 254, copie du XIIIe s., notre catalogue n° 1943.

[15] Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 600 H. Nous n'avons pas à discuter l'assertion de Guillaume de Nangis, Vie de Saint-Louis, qui fait entrer les troupes par devers Allemaigne. Ces derniers faits sont de l'année 1230 et non de 1229.

[16] Comparer Beaudouin d'Avesne, apud D. Bouquet, t. XXI, p. 162 A ; Guillaume Guiart, Branche des royaux lignages, vers 9124-9127, Dom Bouquet, t. XXII, p. 180 C-D ; Guillaume de Nangis, Gesta Sancti Ludovici. D. Bouquet, t. XX, p. 314 D ; Idem. chron. t. XX, p. 545 A.

[17] Nos Séjours de Louis IX (inédits), juin-août 1229.

[18] Guillaume de Nangis, Gesta sancti Ludovici, Dom Bouquet, t. XX, p. 314 D-E.

[19] En consultant Nos Séjours de Saint Louis nous ne voyons pas trop à quelle époque le roi et la reine Blanche seraient venus en Champagne et à Troyes dans l'année 1229.

[20] L'avantage des chartes est de pouvoir grouper certains événements et d'en rapprocher les dates dans les narrations parfois confuses des chroniqueurs, rarement préoccupés des questions de chronologie.

[21] Pérard, p. 414-415, notre catalogue n° 1952-1954.

[22] A. Duchesne, Histoire de la maison de Châtillon-sur-Marne, pr. p. 3.

[23] Septembre 1229, Chantereau, Traité des fiefs, t. II, p. 283, notre catalogue, n° 1950.

[24] 28 décembre 1229 ; notre catalogue, n° 1959 ; donation renouvelée en janvier 1230 ; catalogue, n° 1968

[25] Notre catalogue, n° 1955, 1990, 1992.

[26] 27 mars 1230 ; Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10471 ; catalogue, n° 1974.

[27] Mars 1230 ; catalogue, n° 1971.

[28] 31 mars 1230 ; catalogue n° 1975.

[29] Bibl. nat., Ve Colbert, n° 56, fol. 141.

[30] Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. II, pr. p. 4.

[31] Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, t. II, p. 203 ; catalogue, n° 1948.

[32] Aubri de Troisfontaines, dans D. Bouquet, t. XXI, p. 602 F. G.

[33] Gallia Christiana, t. IV, coll. 204 ; catalogue, n° 1978.

[34] On est certain que le comte de Champagne était à Clisson le 30 mai, et dans le camp royal le 8 juin. Voir d'Arbois de Jubainville, Histoire de Champagne, t. IV, p. 236.

[35] Mathieu de Paris, édition de Henry Richards Luard, t. III, p. 195-196.

[36] Bibl. nat. V° Colbert, n° 56, Liber principum, fol. 23 v°.

[37] Bibl. nat., lat. 9874, Cartulaire de Saint-Seine, p. 20 ; id., lat., 17085, p. 25 ; catalogue, 1982.

[38] Bibl. nat., lat., Iï824, foi. 434 v° ; catalogue, n° 1981.

[39] Vidimus du XVIIe siècle, Arch. de la Côte-d'Or. H. 1208 ; catalogue, n° 1987.

[40] Arch. nat., Trésor des Chartes, J. 196 ; catalogue, n° 1986.

[41] Mathieu de Paris, édition de Luard, t. III, p. 195 ; « ... et de fait les barons ardoient et brusioient de leur part tout le païs par ou ils passoient : et aussi faisoit le duc de Bourgoigne, qui s'entendoit avecques eulx... » (Joinville, Histoire de Saint Louis, éd. Ducange, p. 18).

[42] Mathieu de Paris, édition Henri Richards Luard, t. III, p. 195-196. Voir aussi Chronicon Fiscanense, Labbe, Nova bibliot. manuscript., t. I, p. 327.

[43] Joinville, Vie de Saint Louis, édition Ducange, p. 18.

[44] Il faut rapporter à l'année 1230 certains faits placés à tort dans la campagne précédente, par Lenain de Tillemont ou par Aubri de Troisfontaines, et notamment ce passage : comes (Campaniensis] vero suum exercitum congregavit in civitate Trecensi, ubi ad eum rex et regina mater sua venerunt. (Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 600 G).

[45] Joinville, Vie de Saint Louis, édition de Ducange, p. 19.

[46] Philippe Mousket, édition Reiffenberg, t. II, p. 578, vers 28007-28016.

[47] Joinville, Vie de Saint Louis, édition de Ducange, p. 19.

[48] Dom Bouquet, Mansiones et Itinera, t. XXI.

[49] On a des diplômes de ce mois, datés de Paris, Asnières, Compiègne (Nos Séjours de Louis IX).

[50] Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, t. II, pr. p. 208 ; catalogue, n° 1991.

[51] Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, t. II, pr. p. 208 ; catalogue, n° 1991.

[52] 24 septembre 1230 ; Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B. 10471 ; catalogue, n° 1990.

[53] Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 133 ; catalogue, n° 2082.

[54] Orig. Arch. nat., Trésor des Chartes, J. 427 catalogue, n° 1995̃-1996.

[55] Chifflet, Lettre touchant Béatrix, p. 72-74.

[56] Jean de Dreux, dit de Braine, avait épousé Alix de Vienne, fille de Girard, comte de Vienne et de Mâcon et de Guigonne de Forez.

[57] Jean de Rouci avait épousé Isabeau, sœur de la duchesse Iolande, avec laquelle il divorça plus tard, pour épouser Jeanne de Flandre, fille de Guillaume de Dampierre, comte de Flandre.

[58] Henri, comte de Bar-le-Duc, avait épousé Philippine de Dreux, sœur de la duchesse Iolande.

[59] Etienne, comte d'Auxonne, avait épousé en secondes noces Agnès de Dreux, tante de la duchesse Iolande.

[60] Fyot, Histoire de Saint-Etienne, p. 126, catalogue, n° 2055 et 2079.

[61] Catalogue, n° 2161-2162.

[62] Montbard avait été affranchi de la mainmorte, en 1201, par Eudes III, notre t. III, p. 139, Catalogue, n° 1030 bis.

[63] Pérard, p 419 ; Garnier, Chartes de Communes, t. I, p. 39-40 ; catalogue, n° 2010.

[64] 31 octobre 1231 ; catalogue, n° 2022, 2023, 2037, 2042.

[65] Catalogue, n° 2062-2065.

[66] Catalogue, n° 2022-2023, 2037, 2042, 2062-2065.

[67] Orig. Arch. de la ville de Beaune, catalogue, n° 2062.

[68] 1234 ; Pérard, p. 426.

[69] Perry, Histoire de Chalon, p. 62 ; catalogue, n° 1136 (octobre 1234). Hugues IV confirma les anciennes coutumes accordées à ses hommes de Chalon, l'exemption de toutes tailles et exactions, moyennant une prestation annuelle, dont la cote individuelle ne dépassait pas quinze sols dijonnais.

[70] Décembre 1234 ; Pérard, p. 436 ; catalogue, n° 2160.

[71] Février 1235 ; Arch. de la Côte-d'Or, B. 473 ; catalogue, n° 2275.

[72] Dom Plancher, t. II, p. 10-11.

[73] Courtépée, nouvelle édition, t. I, p. 137.

[74] Orig. Arch. da la Côte-d'Or, H. 77 ; catalogue, n° 2150.

[75] In dicta villa dimisi eisdem boves duarum carrucarum et quingentas oves, ducentas et quinquaginta portantes, et totidem raccas de anno et dimidio. On voit que raccas indique ici les brebis laitières. Robert, évêque de Langres, ratifia en octobre la transaction relatée ici, catalogue, n° 2154.

[76] Orig. Arch. de Saône-et-Loire, fonds de la Ferté-sur Grosne, catalogue, n° 1730.

[77] Lenain de Tillemont, Vie de Saint Louis, t. II, p. 176.

[78] 16 avril 1233 ; Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 32.

[79] 26 avril 1233 ; Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 35.

[80] 26 août 1233 ; Arch. nat., Trésor des Chartes, J. 209, n° 58.

[81] 7 mai 1233 ; Bibl. nat., lat. 5993 A, fol. 37 v° ; catalogue, n° 2086. Dans ce document le pape souhaite au comte de Nevers d'avoir l'esprit d'un conseil plus sain.

[82] 22 avril 1233 ; Bibl. nat. lat. 5993 A, fol. 33.

[83] Diplôme donné à Saint-Germain-en-Laye ; Bibl. nat. Ve Colbert, 56, fol. 27 r° ; catalogue, n° 2106.