Complot de Compiègne.
— Assemblée de Soissons. — Pénitence publique imposée à Louis-le-Débonnaire.
— Barbarie de Lothaire envers le vieil empereur. — Louis recouvre le pouvoir
suprême. — Repentir de Lothaire. — Sa rigueur envers ses complices. Entrevue
de Lothaire et d'Angilberto. — Puissance des archevêques de Milan. — Mission
d'Angilberto auprès de l'empereur Louis. — Vieille tradition sur une dent de
saint Ambroise. Déclaration des évêques au sujet des actes de Compiègne et de
Soissons. — Nouveaux torts de Lothaire. — Mort de Pepin, roi d'Aquitaine. —
Partage de ses états. — Nouvelle prise d'armes contre l'empereur. — Mort de
Louis-le-Débonnaire.
De 833 à 880.
Rarement
l'usurpation se contente de la couronne qu'elle a ravie ; elle n'est
satisfaite, si toutefois il lui est jamais donné de l'être, que lorsqu'elle
peut déverser l'outrage sur, ceux qu'elle a dépouillés. Il est des
triomphateurs dont la politique fera, à ceux qui ont eu la fortune contraire,
plutôt grâce de la vie que de l'honneur, s'ils peuvent le ravir. Outrager le
vaincu quel qu'il soit, c'est une lâcheté : Res est sacra miser ; mais
quand le cri du sang s'élève entre l'oppresseur et la victime, quand c'est un
fils qui foule aux pieds son bienfaiteur, son père... oh ! alors il n'y a pas
de stigmate assez brûlant pour marquer le front ou charger la mémoire de
l'infâme qui prodigue l'injure ou seulement qui souffre qu'on outrage ! Le
jeune roi de Lombardie, Lothaire, non content d'avoir usurpé l'empire, veut
humilier son père qu'il a dépouillé. Il y
avait, à cette époque, un abus introduit dans l'Église qui défendait de
porter les armes et d'exercer les fonctions civiles, pendant le temps de
pénitence publique. Il vint à l'esprit de Lothaire et- de ses complices,
d'imposer au malheureux Louis cette peine infamante, sous le voile d'une
humiliation volontaire, et de le dégrader pour toujours, en lui faisant
infliger une pénitence perpétuelle. On cita l'exemple du roi visigoth déposé
et soumis à cette expiation par le clergé d'Espagne, en 680[1]. « Ce fait fut rappelé, dit
Voltaire[2], comme si un exemple pouvait
justifier un attentat. » Le fils
parricide convoque à Compiègne un simulacre d'assemblée nationale. Les
seigneurs laïques, les évêques, les abbés qui lui sont le plus aveuglément
dévoués, accourent en foule pour prendre part à cette honteuse saturnale.
Toutefois, au moment de consommer l'œuvre d'iniquité, le cœur allait faillir
à quelques-uns, mais il se rencontra parmi les évêques un de ces génies
audacieux jusqu'au cynisme, doués de ce caractère impérieux, de cette
éloquence forte et entraînante qui imposent aux faibles, et font prévaloir
l'illusion aux dépens de l'innocence qu'ils veulent opprimer. Il
fallait que tous les genres d'ingratitude vinssent marquer ces scènes de
désordre. Ebbon, archevêque de Reims, né dans l'esclavage, joignait à un haut
degré l'intrigue et les talents qui font que des hommes, quelqu'obscure que
puisse être leur situation première, finissent par s'élever au-dessus de la
foule et par l'éblouir, sinon pour toujours, du moins pour un temps. Louis,
quand il n'était que roi d'Aquitaine, avait tiré Ebbon de la servitude et
l'avait pourvu d'abbayes. Parvenu à l'empire, il confia l'important siège de Reims
à ce prêtre courtisan, dont la souplesse perfide avait capté toute sa faveur,
et qui, bientôt après, vendit sa fidélité à Lothaire, pour le prix sacrilège
de la riche abbaye de Saint-Waast d'Arras[3]. Une
partie de l'assemblée de Compiègne fut érigée en concile, sous la présidence
d'Ebbon. Le
prélat factieux parvint à dissiper les terreurs des plus timides, et eut
assez d'influence pour obtenir de ses lâches collègues la déposition de son
bienfaiteur absent, et la condamnation de Louis à la pénitence pour le reste
de ses jours. Bientôt
après, l'église de NOTRE-DAME de
Soissons devint le théâtre d'un plus déplorable scandale (833). Louis était détenu dans le
monastère de Saint-Médard ; Lothaire, suivi de trente évêques et d'une foule
de chanoines et de seigneurs, part de Compiègne et se rend à Soissons.
L'empereur Louis comparait dans l'église en présence de cette assemblée de
rebelles et d'un immense concours de ce peuple que fait toujours accourir
l'appât d'un supplice, quel qu'il soit. On fait étendre un cilice devant
l'autel : Ebbon, qui préside à Soissons comme à Compiègne, ordonne à
l'empereur d'ôter son baudrier, son épée, son manteau, et de se prosterner
sous le cilice. L'amertume de cette humiliation ne paraissant pas suffisante,
on contraint l'infortuné monarque à faire en public l'aveu de ses prétendus déportements
; on lui met en main un écrit qu'il lit à haute voix, et dans lequel il
s'accuse de sacrilège, d'homicide, d'avoir fait marcher ses troupes en carême,
et d'avoir indiqué un parlement, un jeudi saint. Louis, arrosant la terre de
ses larmes, demande lui-même la pénitence publique, et reçoit l'habit de
pénitent au milieu des sanglots de la multitude qui, si elle est toujours
avide de spectacle, n'est pas toujours sans sympathie pour les victimes d'une
injuste oppression. Lothaire,
le front serein ou plutôt radieux, jouissait de l'humiliation de son père,
tandis qu'une partie des juges se repentaient déjà en secret d'avoir pris
part à ces scènes odieuses. Procès-verbal fut dressé de cet acte dénaturé ;
Louis, dans cette relation, monument encore existant d'audace et de lâcheté,
ne reçut pas le titre d'empereur ; on l'y appelait : DOMINUS LUDIVICUS, noble homme, vénérable
homme. Lothaire
espérait justifier son indigne conduite par la publication de ce
procès-verbal, tissu mal ourdi d'impudents mensonges ; mais son attente fut
trompée. La vérité se fit bientôt jour : on vit clair dans cette œuvre
d'iniquité ; on en détesta les auteurs, et de toutes parts un cri de
réprobation s'éleva contre d'aussi grands coupables. L'indignation publique
s'accrut encore quand on vit Lothaire défendre hautement de publier dans tout
l'empire un acte quelconque au nom de Louis comme empereur et roi, et pousser
la démence au point de vouloir anéantir le passé, en cherchant à effacer même
le souvenir de cette puissance qu'il venait de détruire ! En effet, toutes
les fois qu'il ne pouvait éviter de mentionner Louis dans ses décrets,
l'insensé affectait de ne le désigner que comme son père, et jamais comme
empereur et roi ; titre que cependant, dans les mêmes actes, il prodiguait à
son aïeul Charlemagne[4]. Tremblant
qu'on ne lui arrachât sa proie à Soissons, Lothaire l'avait traînée à sa
suite jusqu'à Aquisgrana. Là on sait bientôt les durs traitements qu'il fait
subir à sa victime, l'isolement auquel il la condamne, en la privant des
soins de ses plus intimes serviteurs, unique consolation que le vieux
monarque demandât dans son infortune. Plus que jamais, les cœurs émus de
pitié s'exaspèrent contre celui que n'a pu corriger une récente et sévère
leçon, et qui, par sa hauteur impérieuse à l'égard de tous, rend son joug par
trop intolérable, Ses frères, en qui le cri de la nature se fait entendre
enfin, avec d'autant plus de force qu'il se mêle à la voix de l'intérêt, ses
frères de Bavière et d'Aquitaine lui demandent plus d'égards et d'humanité
pour le malheureux captif, à qui, tous les trois, ils doivent et le trône et
la vie. Le roi de Bavière se rend lui-même auprès de l'usurpateur ; mais il
en reçoit l'accueil le plus insultant. Louis et Pepin, outrés de tant
d'orgueil et de barbarie, réunissent une armée formidable et se liguent
contre Lothaire qui s'enfuit de la Germanie et vient à Paris avec l'empereur,
son prisonnier. La
France toute entière se soulève enfin : on s'arme, on accourt de toutes parts
: les évêques, les seigneurs se pressent en foule autour de leur vieux
monarque, tombent à ses genoux, l'assurent, quelques-uns de leur repentir,
tous de leur soumission, et remettent le sceptre dans ses mains encore
chargées de fers. La clémence du monarque accueille tous les coupables repentants. Lothaire
ose prolonger un moment la révolte ; sa rage impuissante couvre de meurtres
et de ruines des provinces dont l'enthousiasme, pour la restauration de
l'empereur, est la plus sanglante réprobation de sa conduite ; mais, cerné de
tous côtés, et prêt à mourir de famine avec son armée, il est contraint
d'implorer à son tour la clémence d'un père si cruellement outragé. Louis
oublie l'injure en voyant le coupable à ses pieds, et lui épargne l'aveu
humiliant de ses forfaits : plus heureux de serrer dans ses bras un fils
repentant que de recouvrer un empire, il se contente de le reléguer encore
dans son royaume de Lombardie, avec ordre de n'en plus sortir sans son
autorisation, et plus indulgent ou plus aveugle que pour la première faute de
son fils, il lui rend le titre d'empereur. Eh quoi
! se dira-t-on peut-être, pendant que ces scandales, ces rivalités, ces
collisions lointaines agitaient la France, les Lombards, ces fiers et naguère
si puissants dominateurs de l'Italie, ne tentèrent rien pour secouer le joug
des descendants de Charlemagne ! L'ombre
du grand monarque et la terreur que son nom inspirait encore, protégeaient,
au milieu de toutes ces vicissitudes, l'empire que son bras puissant avait
fondé. D'ailleurs les Lombards n'habitaient pas seuls le royaume de Lothaire.
Les Francs, en rendant aux habitants primitifs de la haute Italie leur
dignité d'hommes et de citoyens, telle du moins qu'on la comprenait dans ces
temps reculés[5], les Francs, disons-nous,
avaient gagné ces vieux Romains à leur cause. Les règnes de Pepin, de
Bernard, et les sages décrets des premières années du règne de Lothaire,
n'avaient fait que fortifier cette sympathie. Quant aux édits de ce dernier
prince qui auraient pu refroidir les esprits, nous les avons vus amendés ou
réformés par l'influence de Louis-le-Débonnaire. Il ne
devait donc rester en Italie que peu ou point de partisans de la cause
lombarde, hormis quelques vieux lombards entêtés et demeurés hostiles au
nouveau régime, mais trop impuissants pour remuer, pour agiter des masses qui
se maintinrent dans le calme. Nous
pourrions sans doute trouver une cause encore à cette attitude pacifique,
dans la précaution prise par les rois francs, de conduire à la guerre l'élite
des populations vaincues, et de s'assurer ainsi, pendant leur absence, de la
fidélité ou du moins de la soumission de ces contrées. Or, en cette occasion,
Lothaire ne s'était pas fait faute d'une telle garantie, tant par ce motif de
prudence, que pour plus sûrement arriver à ses fins parricides par le
déploiement d'une force armée imposante. Enfin,
nous répèterons que, dans ce moment suprême, le coup porté au cœur de
l'empire, engourdissait, paralysait les forces vitales des diverses parties
de ce vaste corps. Partout on attendait avec stupeur l'issue du grand drame
de Compiègne et de Soissons... Souvent une attente mêlée de trop d'anxiété
suspend toutes les facultés de l'homme, tout jusqu'au sentiment de son être ;
il en est de même pour les peuples. Selon
quelques auteurs, Lothaire, à peine de retour en Lombardie, se serait hâté de
renvoyer à son père l'impératrice Judith, retenue, par ses ordres,
prisonnière à Tor toue. D'autres historiens racontent au contraire, qu'à la
nouvelle de la restauration de Louis, Rataldo, évêque de Vérone, et quelques
autres seigneurs, envoyèrent à Tortone des agents sûrs et adroits qui
parvinrent à délivrer Judith et à la ramener en France avant même que
Lothaire fût de retour en Lombardie. Le
jeune prince, abattu par les revers, montra le plus grand repentir de sa
faute qu'il rejeta sur de coupables conseillers, dont quelques-uns furent
envoyés en exil et d'autres punis de mort. Il fut plus rigoureux pour ses
complices que Louis ne l'avait été pour ses oppresseurs et ses geôliers. Mais
voici venir l'historien Andrea, avec un de ces récits des anciens temps qu'il
est toujours bon de recueillir au passage pour mieux apprécier ce passé si
loin de nous. Andrea
raconte que le jeune roi de Lombardie, croyant avoir surtout à se plaindre
des conseils d'Angilberto, archevêque de Milan, mais n'osant sévir avec
violence contre ce puissant prélat, lui envoya quelques illustres personnages
de sa cour, avec la promesse du pardon, et l'ordre de comparaître devant lui. Angilberto,
se trouvant en présence de Lothaire, le salua avec quelques paroles de
respect et en inclinant la tête. Lothaire voulait qu'il posât un genou à
terre ; mais, ajoute le prêtre Andrea, Angilberto s'y refusa par respect pour
la dignité ecclésiastique : propter reverentiam et honorem ecclesiarum. « Tu
agis, dit alors le roi, comme si tu étais saint Ambroise. » — « Je
ne suis pas saint Ambroise, répondit Angilberto, et tu n'es pas Dieu, le
Seigneur. » Non ego sanctus Ambrosius, nec tu Dominus Deus. Lothaire
resta un moment interdit et sans réplique à cette réponse hardie du prélat. L'orgueilleuse
attitude, les paroles austères d'Angilberto, en présence d'un prince aussi
hautain que violent, auraient lieu de surprendre, et ont besoin d'être
expliquées par une courte digression. Depuis
longtemps, les archevêques de Milan étaient comptés parmi les plus puissants
prélats de la chrétienté. Ils présidaient la diète[6] qui se composait des évêques et
des grands du royaume : cette prérogative avait été la principale origine de
leur influence, qui allait toujours s'agrandissant à mesure que la diète
devenait elle-même plus puissante ; elle le devint au point de s'arroger
souvent par la suite, à la mort d'un roi de Lombardie, le droit de pourvoir à
la vacance du trône. Quelquefois
même, nous le verrons bientôt, l'autorité du métropolitain de Milan osa se
montrer indépendante et presque rivale de Rome. « Milan,
dit le comte Verry, avait été la résidence de plusieurs Césars et considérée
comme la première ville de l'Italie après Rome. Elle fut ravagée par les Huns
et par les Goths, changée en un monceau de ruines, et réduite à perdre
quelque temps le titre de la capitale de la haute Italie : eh bien, au milieu
de ces désordres et de tant de ruines, l'autorité du métropolitain de Milan
resta seule debout, ne reçut aucune atteinte et alla toujours grandissant. »
On conçoit que tant de puissance, jointe au caractère grave et impérieux
d'Angilberto, dut maîtriser l'humeur fantasque et irritable d'un prince
humilié par de récentes disgrâces, et bourrelé par la conscience de ne les
avoir que trop méritées. Aussi, si l'on en croit Andrea, Lothaire, pour
réponse au fier langage d'Angilberto, se borna-t-il à lui dire : « Allez
auprès de mon père dont vous m'avez attiré le courroux, et faites-moi
rentrer dans ses bonnes grâces. » ITE ad genitorem meum cujus odium me FECISTIS habere : REDUCITE me ad pristinam gratiam[7]. Angilberto s'empressa d partir
pour la France, sans rien objecter au reproche de Lothaire, ce qui ferait
supposer que le reproche était fondé. Il est possible que les mêmes motifs
qui portèrent l'archevêque Anselmo à approuver la rébellion du roi Bernard,
aient rendu Angilberto plus qu'indulgent pour celle de Lothaire ; seulement
la conduite du dernier de ces métropolitains aurait été plus circonspecte et
plus prudente. Il
fallait, en effet, qu'il y eût bien de la prudence et de l'adresse dans le
caractère d'Angilberto pour que le jeune empereur osât le députer auprès de
son père dans une circonstance aussi délicate, surtout pour ceux qui avaient
été les conseillers ou les approbateurs de la révolte. Lothaire
avait à craindre que son père, trop justement irrité malgré le pardon dont il
avait couvert ses fautes, ne se bornât à lui laisser le titre d'empereur avec
la seule partie de l'Italie qu'il gouvernait déjà, et qu'il ne partageât le
reste de l'empire entre ses autres enfants ; le jeune empereur avait donc un
grand intérêt à rentrer complètement dans ses bonnes grâces. La
mission d'Angilberto ne fut pas sans heureux résultat. Voici comment Andrea
continue son récit : L'empereur
Louis fit le plus bienveillant accueil au métropolitain de Milan et l'invita
à dîner. « Bon archevêque, lui dit-il après le repas, comment l'homme
doit-il traiter son ennemi ? » Angilberto, s'inspirant des paroles de
Jésus-Christ, répondit : « Aimez vos ennemis, et faites du bien à ceux qui
vous font du mal. — « Et
si je ne suivais pas ce précepte ? dit l'empereur. — « Si
vous n'agissez pas ainsi, reprit vivement l'archevêque, et si vous nourrissez
des sentimens de haine jusqu'au lit de mort, vous n'aurez pas le paradis. — « Faites
en sorte, répliqua aussitôt l'empereur, de bien soutenir cette assertion. » Le
lendemain, une assemblée des hommes les plus doctes de la capitale fut
convoquée à la cour pour assister à cette conférence. « Étrange
conférence pour un pays chrétien, s'écrie le comte Giulini : la religion
catholique devait être bien mal enseignée et bien mal connue en France à
cette époque, puisqu'on y mettait en question une doctrine évangélique si
claire, si incontestable, et qui forme la base et le vrai caractère du
christianisme[8]. » Angilberto,
continue Andrea, eut peu de peine à établir la vérité de ses paroles ;
personne n'osa répondre à ses arguments. Louis, reconnaissant son erreur et
posant ses mains à terre, en demanda pardon à Dieu et rendit toute son
affection à son fils repentant. Certes,
les outrages de Compiègne, de Soissons, d'Aquisgrana, ne pouvaient rencontrer
un vengeur de meilleure composition : il est vrai que la victime était un
père, et que ce père outragé était Louis Ier, Louis-le-Débonnaire ! Angilberto,
heureux du succès de sa pacifique mission, retourna en Lombardie, où, après
avoir calmé les inquiétudes de Lothaire, il prit la sage résolution de
laisser les choses du siècle pour ne plus s'occuper que de ses devoirs
d'évêque. Il fonda de nouveaux monastères, rétablit, releva les anciens qui
périssaient par l'oubli ou l'inobservance des règles monastiques, et
notamment la célèbre abbaye de Saint-Ambroise, objet, depuis bien des
siècles, de la vénération des Milanais. Qu'on
nous pardonne à ce propos une nouvelle halte en dehors de la gravité de
l'histoire. Nous ne pouvons résister à la tentation de reproduire une de ces
vieilles traditions où se caractérisent et se reflètent si bien l'esprit et
les crédules superstitions d'une époque. Le bel
autel de l'église de St-Ambroise (à Milan) est dû à Angilberto : quatre colonnes de
porphyre, s'élevant aux quatre angles, soutiennent la voûte qui le recouvre.
Les bases de ces colonnes sont posées à deux brasses au-dessous des dalles,
sur lesquelles Angilberto éleva l'autel ; ce qui fait penser que cet autel
était primitivement plus bas et qu'il fut exhaussé ; on ne sait qui ordonna
cet exhaussement. Les écrivains Fiamma et Puricelli
l'attribuent à Angilberto, se fondant sur l'ancienne tradition que voici, et
à laquelle Fiamma ajoute grande foi : On
raconte qu'Angilberto, ayant pris une dent de la bouche de saint Ambroise,
dont les restes reposaient sous l'autel de la basilique, la portait fixée
dans un anneau. Un jour, c'était le dimanche des Rameaux, la procession qui
se faisait annuellement pour cette solennité, cheminait de l'église de
San-Lorenzo vers celle de Saint- Ambroise. L'archevêque s'aperçut tout à coup
que sa bague n'avait plus la sainte relique ; toutes les recherches pour la
retrouver furent vaines. Grande était l'affliction du saint prélat quand il
vit venir à lui une vieille femme qui lui dit : « Il ne faut pas, mon bon
seigneur, chercher la dent de saint Ambroise à une autre place que celle où
elle a été prise. » Le
prélat, interdit un moment, se prend bientôt à sourire du propos mystérieux
de la vieille femme, et hochant la tête en signe de dérision, continue
superbement sa marche vers la vieille basilique. Chemin faisant, sa mémoire
est en défaut pour lui fournir un indice quelconque qui l'aide à retrouver le
précieux trésor égaré... La procession finie, les vêpres dites, la
bénédiction donnée, et l'enceinte sacrée rendue à son imposante et
silencieuse solitude, le bon archevêque, que poursuit le souvenir de la mystérieuse
rencontre, se fait, sous le prétexte d'un pieux devoir, ouvrir le cercueil du
bienheureux Ambroise : quelle n'est pas sa surprise, quel saisissement
n'éprouve-t-il pas, quand son œil aperçoit dans la bouche entr'ouverte du
saint cadavre, la dent qu'un religieux larcin avait mise en son pouvoir, et
que la tombe a ressaisie comme une de ses proies qu'on a profanées. La même
tradition ajoute que l'archevêque, pour éviter à l'avenir toute profanation
de cette nature sur la sainte dépouille, la fit ensevelir à une grande
profondeur dans la terre ; que, pour plus de sûreté, le terrain qui la
recouvrait fut exhaussé, et que, par ses ordres, l'architecte Wolvinus
éleva sur cet exhaussement l'autel qui se voit encore de nos jours. Tandis
que, comme pour expier la faute d'avoir pris part aux déplorables querelles
qui venaient d'agiter l'empire, Angilberto se retirait de la scène politique
et vouait les restes de sa vie aux seuls soins spirituels que lui imposait
son sacré ministère, le clergé de France cherchait de son côté à réparer avec
éclat le scandale qu'avaient donné plusieurs de ses membres. Tous les
évêques, dans un concile convoqué par l'empereur Louis, déclarèrent
solennellement que la déposition de leur souverain avait été un acte
d'iniquité et de rébellion, ajoutant que la puissance ecclésiastique et la
puissance séculière avaient chacune leur sphère distincte. « Nous
estimons, dirent-ils en s'adressant à l'empereur, que le seul moyen d'écarter
les désordres est que, maintenant religieusement les évêques dans la
jouissance de tout le pouvoir spirituel que Jésus-Christ leur a donné, vous
usiez de tout celui que vous tenez de Dieu dans l'ordre politique[9]. » Les
évêques les plus coupables et qui avaient cherché un refuge en Italie à la
cour de Lothaire, rassurés par la clémence de l'empereur, vinrent abjurer
publiquement leur erreur dans ce concile. Ebbon fut déposé[10] ; monté sur l'ambon, au milieu
d'une messe solennelle où l'on couronna de nouveau Louis, il fut contraint de
lire au peuple tous les écrits des évêques pour la justification et le
rétablissement du monarque. On le
voit, si le clergé de France, ou plutôt si quelques membres les plus
ambitieux de ce clergé fameux, se laissèrent un moment entrainer par le
funeste précédent dont le roi Wamba avait été victime, moins imprudents que
les évêques d'Espagne, ils s'efforcèrent au moins de réparer, presqu'aussitôt
l'avoir commise, la faute grave dont le récit remplit une des pages les plus
tristes de nos annales. La
santé de l'empereur Louis commençait à donner des inquiétudes. L'impératrice
Judith, prévoyant que l'empire tomberait bientôt aux mains de Lothaire,
s'efforça de calmer le ressentiment que ce prince devait nourrir contre elle
et son jeune fils ; elle envoya à la cour de Lombardie des ambassadeurs
choisis parmi les plus illustres personnages de France ; l'une de ces
ambassades avait pour chef Walla[11], abbé de Bobbio, que Lothaire
avait affectionné ; mais la part que cet homme illustre avait prise à la
restauration de son vieux maître qui en avait fait depuis un de ses plus
intimes conseillers, rendait ce choix inopportun et malencontreux ; aussi toutes
ces négociations furent-elles vaines, et le jeune monarque irrité déclara
qu'il ne se croyait même pas tenu à observer les anciennes promesses qu'il
avait faites à son père[12]. Déjà,
et même peu de temps après le pardon sans réserve qu'avait fait obtenir
Angilberto, le roi de Lombardie, enhardi par l'infatigable indulgence de
l'empereur Louis, s'était montré infidèle à ses engagements et avait osé, dès
l'année 834[13], ne plus mentionner le nom de
l'empereur Louis dans ses décrets et ses diplômes. On se rappelle que, pour
complaire au Saint-Siège, Lothaire avait d'abord, avec l'agrément de
l'empereur, daté son règne de l'époque de son couronnement à Rome, en 823 ;
mais quelques différents s'étant élevés entre le pape et le jeune monarque,
ce prince, de sa seule autorité, avançant cette date de cinq ans, l'avait
fait remonter à l'année 818, époque de la mort de l'infortuné Bernard,
comptant ainsi pour rien l'acte de munificence paternelle qui lui avait
concédé le royaume de Lombardie, et qui ne datait que de l'année 821. Une
nouvelle rupture entre l'empereur Louis et Lothaire était éminente. Le vieux
monarque, poussé par l'ambitieuse Judith, va, par une dernière imprudence, la
rendre inévitable, en ajoutant de nouvelles provinces aux possessions du
jeune Charles qu'il crée roi de Neustrie. Louis de Bavière, jaloux des
préférences paternelles dont le jeune Charles est constamment l'objet,
propose aussitôt au roi de Lombardie de recourir aux armes et de réunir de
nouveau leurs forces. Lothaire était au moment d'embrasser ce parti, quand la
mort de Pepin, roi d'Aquitaine, vint changer inopinément la face des choses. Cette
fois, les habiles intrigues de Judith triomphent du mécontentement de
Lothaire. Louis, sous l'inspiration de l'impératrice, fait un nouveau partage
de ses États. Par cet acte les fils de Pepin sont frustrés de leurs droits
héréditaires. On
n'enlève rien aux États de Louis de Bavière, mais rien non plus n'y est
ajouté. Le
reste de l'empire est partagé entre Lothaire et le jeune Charles. La Meuse
sert de limite aux deux royaumes, et l'on tire, depuis sa source, une ligne
jusqu'au Rhône par le comté de Bourgogne. Les possessions de Charles se
trouvent enfermées entre la Meuse, le pays des Suisses, le Rhône et l'Océan ;
on y ajoute ce que la France possède au-delà des Pyrénées. Lothaire
prend l'autre moitié, à l'exception de la Bavière[14], et continue à résider en
Lombardie[15]. Le
partage du royaume de Pepin entre Lothaire et Charles ne pouvait que faire
éclater de nouvelles guerres. D'un côté, Louis, roi des Bavarois, mécontent
de n'y avoir eu aucune part, marche contre son père à la tête d'une nombreuse
armée. De l'autre, les deux fils de Pepin, dont l'aîné a été proclamé
successeur de son père par les peuples d'Aquitaine, prennent aussi les armes
contre leur aïeul. L'empereur court à la rencontre des Bavarois ; mais,
attaqué à son départ d'une fluxion de poitrine, il perd entièrement ses
forces en route, et est réduit à camper dans une île des environs de Mayence. Le 5
mai de l'année 840 avait été marqué par une éclipse si forte, si complète,
que presque toutes les étoiles, selon les historiens de l'époque, étaient
devenues visibles. L'ignorance des temps avait trouvé dans ce phénomène une
cause d'effroi et le présage de la mort prochaine de l'empereur Louis. Ce qui
devait surtout faire pressentir cette fin, dit Giulini, c'étaient l'âge
avancé de l'empereur, ses infirmités et les chagrins toujours renaissants que
lui suscitait la parricide ambition de ses fils. Louis-le-Débonnaire
mourut, le 20 juin 840, dans la soixante-quatrième année de son âge et la
vingt-septième de son empire. Près
d'expirer et pressé par ses courtisans de pardonner à Louis de Bavière : « Hélas,
dit le vieil empereur d'une voix expirante, l'ingrat a semé mes derniers
jours d'alarmes et de malheurs : je lui pardonne ; puisse le ciel lui
pardonner de même ! » Il
ordonna à un de ses officiers de porter à Lothaire, aussitôt après sa mort,
une couronne, une épée et un sceptre d'or enrichi de pierreries ; c'était le
déclarer son successeur à l'empire que de lui adresser ces insignes ; mais il
ne lui faisait ces présents qu'à condition qu'il maintiendrait Charles dans
la possession des États qu'il lui avait donnés. Louis
avait promis à son père affection et indulgence pour ses frères, ses sœurs et
ses neveux ; nous avons vu le cas qu'il avait fait de cet engagement solennel
: quel respect devait-il attendre pour ses dernières volontés de la part de
Lothaire, de ce fils tant de fois rebelle ? Des
princes pusillanimes, comme Louis-le-Débonnaire, sont, plus que les conquérants,
des fléaux pour leur peuple. Impuissants de leur nature à fonder autour d'eux
l'ordre, ce premier besoin de tout gouvernement, ils sont eux-mêmes une cause
incessante de perturbations. Une politique incertaine et chancelante dans sa
marche, de l'incohérence dans les actes, des rigueurs excessives, suites et
conséquences de faiblesses non moins extrêmes, des démarches hardies rendues
imprudentes par une déplorable insuffisance à les soutenir[16], des fautes engendrant, pour
réparation, des fautes plus graves et aboutissant à des repentirs sans
dignité et à de dégradantes humiliations : tel est le triste spectacle
qu'offre le passage sur le trône de presque tous ces fantômes de rois dont on
ose à peine déplorer les infortunes privées, tant ils attirent de calamités
publiques. On a
dit de Louis Ier qu'il fut le bienfaiteur et la victime du clergé. On lui
reproche avec plus ou moins de fondement d'avoir poussé la faiblesse à
l'égard des papes, au point de souffrir qu'ils prissent possession du
souverain pontificat sans attendre sa confirmation ; sur quoi Pasquier fait
la remarque suivante : « Les
Italiens, qui, en s'agrandissant par l'effet de nos dépouilles, ne furent
chiches de belles paroles, voulurent attribuer ceci à une piété, et pour
cette cause l'honorèrent du mot latin pius[17], et les sages mondains de notre
France, l'imputant à un manque de faute et de courage, l'appelèrent le
Débonnaire, couvrant la pusillanimité du nom de débonnaireté. Sur ce propos,
il me souvient que le roi Henri III disait, en ses communs devis, qu'on ne
lui pouvait faire un plus grand dépit que de le nommer le Débonnaire, parce
que cette parole impliquait sous soi je ne sais quoi du sot. » « Henri III avait raison, dit le président Hénault, de craindre ce reproche : le malheur de ces deux princes a été de s'être trouvés dans des temps où le courage d'esprit leur eût été plus nécessaire que les autres qualités qui les rendaient estimables[18]. » |
[1]
On déposa Wamba pour couronner l'ambitieux Erwige, sous prétexte
que le vieux souverain était devenu imbécile. Plus tard, Wamba ayant recouvré
la raison, que lui avait momentanément ravie une boisson préparée à cette fin,
dit-on, par Erwige (FERRERAS, Hist. d'Esp., IIIe part., siècle VII), les
évêques, réunis en concile à Tolède, persistèrent dans leur rébellion et
adhérèrent de nouveau à l'usurpation d'Erwige qui, de son côté, reconnut leur
être redevable de la couronne.
[2]
Histoire générale, chap. XIX.
[3]
PLOD., liv. II,
chap. XX. — Cité dans l'Histoire de l'Église, par B.-B., t. IV, page
349.
[4]
Giulini cite, à l'appui de cette observation, un diplôme expédié d'Aquisgrana
par Lothaire, en faveur d'un évêque d'Arezzo. Ce même historien ajoute,
toutefois, qu'on maintint dans les chartes milanaises l'ancien usage de nommer
l'un et l'autre empereur, et de désigner la date de l'un et l'autre règne ;
sans doute, parce que l'usurpation eut à peine le temps de jouir de son
criminel succès, et que le triomphe du bon droit dut, dans ces contrées
éloignées, s'apprendre presqu'en même temps que le succès de la révolte.
[5]
On comprend notre pensée : toutes les classes d'habitants ne furent pas et ne
purent être admises alors à jouir de ce grand bienfait. La question de
l'abolition de la servitude n'était, certes, pas encore parvenue à l'état de
théorie, à une époque si rapprochée du berceau de la féodalité. Mais du moins
il fut donné aux princes Francs, souverains de la Lombardie, de porter, par des
décrets protecteurs, quelque adoucissement à la triste condition des serfs.
[6]
Tout porte à croire que cette célèbre diète tenait ses séances dans le chœur de
la basilique de Saint-Ambroise, à Milan.
On n'est point fixé sur le nombre exact des suffragants
dont elle se composait*. Il est à présumer qu'on en comptait plus de
vingt-quatre. On cite notamment les évêques de Vercelli, Novara, Lodi, Tortona,
Asti, Turin, Aosta, Acqui, Gênes, Brescia, Bergame, Crémone, Vintimille,
Savone, Albenga, Pavie, Plaisance, Côme, Coire, Ivrée, Alba (Comte VERRY, Storia di
Milano, t. Ier, p. 76).
On sait que la juridiction ecclésiastique était basée
sur la circonscription administrative et politique ; le grand nombre des
suffragants de la métropole de Milan sert d'argument à plusieurs écrivains
milanais, pour établir que Milan, dès le IVe siècle, dut être une ville d'une
haute importance, et que sa décadence, comme première ville de l'Italie
septentrionale, ne fut qu'accidentelle et momentanée.
Nous avons dit qu'en Lombardie les évêques étaient élus
par le clergé de leur cité et le peuple, sauf quelques exceptions rares qui ne
furent que des abus de l'autorité des rois. Ces excès de pouvoir donnèrent lieu
à de constantes plaintes qui ne firent que mieux établir la règle et qui
amenèrent la décision du concile de 869.
A Milan, les premiers ecclésiastiques qui concouraient
à l'élection de l'archevêque s'appelaient les cardinaux de la sainte église
de Milan.
« L'évêque suffragant, dit le comte Verry, dépendait du
métropolitain de qui il avait reçu l'ordination. Le métropolitain était
consacré par ses évêques suffragants. Le pape n'avait d'autre droit, dans ces
élections, que d'autoriser l'ordination de l'élu ; droit que le clergé milanais
sut éluder bientôt, en n'attendant même plus, pour cette consécration, la
permission du Saint-Siège. »
* La partie du territoire occupée par les
suffragants de l'évêque de Milan, dit Muratori (Annal. d'Ital., anno
794, t. IV, p. 300), s'appelait Liguria ; celle appelée par les
suffragants de l'archevêque de Ravenne, Emilia ; le reste de l'Italie,
savoir : les évêchés de Toscane, de Spoletti et d'autres cités italiennes,
s'appelait Hespéria. — Les Lombards divisaient aussi en deux grandes
portions les provinces soumises à leur puissance. La partie orientale de la
Lombardie composée de la Vénitie et du Frioul s'appelait AUSTRIA, et la partie
occidentale, NEUSTRIA.
[7]
Ces expressions, comme l'observe Giulini, font voir que vers le milieu du IXe
siècle, ou du moins dans le temps où vivait Andrea qui les rapporte, ou
employait déjà quelquefois en latin le pluriel en parlant à une seule personne,
usage inconnu chez les Grecs, aussi bien que dit temps de la bonne latinité, et
qui s'est introduit dans la plupart des langues et des idiomes modernes.
[8]
Il est à croire, si le fait est exact, que Louis provoqua cette conférence
moins pour éclaircir un doute que pour fournir à Angilberto l'occasion de
développer, dans une dissertation publique, son talent oratoire.
[9]
Histoire de l'Église, par B.-B., t. IV, page 353, année 835.
[10]
On lit, dans l'Histoire de la Civilisation, par M. GUIZOT, t. II, leçon
XXVIII, page 341 : « Le siège de Reims était vacant (en 845) depuis neuf
ans, par suite de la déposition de l'archevêque Ebbon, affaire compliquée et
obscure, DANS LE DÉTAIL
QIJELLE JE N'ENTRERAI PAS. »
[11]
Histoire de l'Église, par B.-B., année 836.
[12]
GIULINI, Storia
di Milano, lib. IV.
[13]
GIULINI, t. Ier.
[14]
PUFFENDORFF, Introd.
à l'Histoire de l'Univ., t. V. — Empire d'Allemagne.
[15]
Giulini dit que ce fut dans cette même année (838) que Lothaire eut un fils à
qui, pour flatter le vieil empereur, il donna le nom de Louis, et que son
aïeul, comme témoignage de satisfaction, nomma, le jour même de sa naissance, roi
de Lombardie. Ce fils naquit en 822 : nous ne contestons pas le reste de
l'assertion de Giulini. Il est dit, dans l'épitaphe de ce fils de Lothaire, qui
depuis fut le bienfaiteur de l'Italie sous le nom de Louis II, qu'il ne
vécut pas un seul jour sans être roi.
[16]
« Il n'y a rien de pire que les mesures folles prises par les hommes
faibles. » M. DE
BONALD.
[17]
Les historiens d'Italie, entre autres Giulini et Muratori, n'appellent cet
empereur que Ludovico Pio.
L'historien espagnol Ferreras le désigne sous le
même surnom.
[18]
Abrégé chronologique de l'Histoire de France : événements remarquables
sous Louis Ier.