HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ÉGLISE

 

DEUXIÈME PARTIE. — L'AFFRANCHISSEMENT DE L'ÉGLISE

 

 

Pendant près d'un siècle, de Jean XII à Clément II, la grande préoccupation de l'Eglise avait été d'échapper à la tyrannie des factions italiennes en s'appuyant sur le pouvoir impérial. L'empereur Henri III venait enfin, semblait-il, de donner à cette tyrannie le coup de grâce, mais en substituant trop lourdement à l'influence qu'il venait de terrasser celle de sa propre puissance.

L'Eglise ne pouvait songer à attaquer, dans sa constitution essentielle, le Saint-Empire. Cette institution restait toujours, dans sa pensée, la garantie de l'union qui devait exister entre les nations chrétiennes. Mais il paraissait possible, tout en respectant ce grand pouvoir, en cherchant même à l'affermir sur des bases plus solides, d'en limiter les attributions, d'en définir la compétence, afin de mieux sauvegarder l'indépendance de l'Eglise contre ses prétentions.

Cette œuvre d'affranchissement fut le principal souci des papes qui se succédèrent de saint Léon IX à Calixte II.

La guerre des investitures, l'élaboration d'une législation ecclésiastique autonome par la tenue de nombreux conciles, et les croisades, furent les trois principales œuvres de cette période. Par la guerre des investitures, l'Eglise s'émancipa de l'Empire et de la féodalité ; par l'œuvre dogmatique et disciplinaire de ses conciles, elle affermit sa vie propre ; par le rôle qu'elle prit dans les croisades, elle manifesta son influence suprême à l'égard de la chrétienté tout entière.