LE MENSONGE CHRÉTIEN - (JÉSUS-CHRIST N'A PAS EXISTÉ)

 

TOME VI — L'ÉVANGILE DE NESSUS

I. — L'ÉVANGILE DE CÉRINTHE.

 

 

CHAPITRE XVIII. — TRANSFIGURATION DE L'ARRESTATION DE BAR-JEHOUDDA.

 

1. Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus s'en alla avec ses disciples au-delà du torrent de Cédron, où il y avait un Jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples.

Ce Jardin, c'est celui de l'Apocalypse, c'est le Jannatu l'Adn de Rudyard Kipling, mais réduit à sa plus simple expression terrestre. Toutefois, c'est encore l'Eden en comparaison du Jardin d'Hinnom, où Bar-Jehoudda fut crucifié en ce même jour dont Jésus célèbre l'anniversaire à sa façon. Is-Kérioth, à qui sa dernière bouchée n'a pas réussi, a été ramassé le matin du 14 à la Poterie en l'état que vous savez. Mais comme il est de l'allégorie, — le crucifié en est bien ! — le voici qui arrive. Jésus, par ce seul fait qu'il joue le rôle de Bar-Jehoudda, a transporté la scène à l'Orient ; pour une nuit, la plaine de Lydda est devenue le Mont des Oliviers. Is-Kérioth qui est la dernière bouchée non seulement de l'année 788, mais de tout le Cycle du Verseau (c'est ce Cycle qui a fourni la cruche dans laquelle Jésus a trempé son pain), Is-Kérioth connaissait parfaitement te Mont des Oliviers, et Gethsémané qui fournissait l'huile sainte au Temple. De son côté, Jésus y était venu souvent sous la forme humaine de Bar-Jehoudda, et il y venait tous les jours sous les espèces de la Minière matinale.

2. Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était venu souvent avec ses disciples.

3. Judas ayant donc pris une compagnie de soldats[1] et de gens que lui donnèrent les princes des prêtres et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des torches et des armes.

4. Mais Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança et leur demanda : Qui cherchez-vous ?

5. Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Or, avec eux se trouvait aussi Judas, qui le livrait.

6. Mais dès qu'il leur eut dit : C'est moi, ils furent renversés, et tombèrent par terre.

Ce renversement est statutaire, et même ils n'auraient jamais dû s'en relever ni les uns ni les autres. On ne peut pas voir Dieu sans mourir. Mais puisque, par une convention acceptée de tous, Jésus veut bien reprendre à l'Orient le rôle peu reluisant que sou Joannès a créé le 14 à l'Occident, les choses se passent selon les apparences solaires. Car il est celui dont Zacharie a dit : Voilà l'homme qui a nom l'Orient[2] et que Bar-Jehoudda avait cru être[3].

7. IL leur demanda donc de nouveau : Qui cherchez-vous ? Ils répondirent : Jésus de Nazareth.

8. Jésus reprit : Je vous ai dit que c'est moi. Mais si c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.

9. Afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite : Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'avez donnés.

Ceci pour escamoter l'histoire. Le scribe y supplée par une prophétie qui est de lui, faute d'autres Écritures. Il est bien vrai que tous se sont sauvés à l'exemple de leur roi, mais ce fut sans la permission du Verbe. Ce n'est pas le moment de nous présenter le tableau de ces pieds crottés par la fuite à travers champs. Jésus vient de les laver, on peut maintenant les donner à baiser aux goym.

 

L'HOMME À L'OREILLE COUPÉE[4].

 

10. Alors Simon Pierre, qui a va il une épée, la tira, el frappa ni le servi leur du grand-prêtre, il lui coupa l'oreille droite. Or, le nom de ce serviteur était Amalech (Malchus).

11. Mais Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Et le calice que mon Pire m'a donné, ne le boirai-je donc point ?

C'est la première fois qu'il est question de ce calice dans le Quatrième Évangile. Mais dans les Synoptisés Jésus en parle plusieurs fois aux trois fils du Zibdéos qui ont été crucifiés les premiers, Bar-Jehoudda, Shehimon et Jacob senior. Ce Calice, c'est l'hémisphère boréal dans lequel le Soleil passe le 15 nisan. C'est ce qu'Hermès appelle le Cratère. L'Ouvrier a fait le monde, dit Hermès[5], non de ses mains, mais de son Verbe. Il n'a pas distribué l'Intelligence à tous (aurait-il excepté les exégètes ?), il en a rempli un grand cratère et l'a fait porter par le Messager[6], lui ordonnant de crier ceci au cœur des hommes : Baptisez-vous, si vous le pouvez, dans le cratère, vous qui croyez que vous retournerez à celui qui l'a envoyé, vous qui savez pourquoi vous êtes nés. Les autres s'y baignent, lui seul y boit.

C'est la première fois également — et ce sera la seule — que, sous le nom d'Amalech (l'Amalécite ennemi d'Israël), le prince Saül apparaît dans les Évangiles. Serviteur du grand-prêtre en tant que stratège du Temple, Saül était commis à la police du sanctuaire et à la poursuite des crimes ou délits commis contre la loi. L'année précédente, il avait lapidé Jacob junior, un des coupables du meurtre d'Ananias et de Zaphira. L'épisode dans lequel Shehimon lui coupa l'oreille droite a été rapproché au passage de l'Agneau (pâque) qui enlève les péchés du monde, comme dit Cérinthe, de manière à entrer dans le cadre allégorique où Jésus passe sur tout, lave tout, remet tout — jusqu'à remettre l'oreille de Saül, dans Luc[7], — faisant autour de lui, malgré sa définition, beaucoup plus d'ombre historique que de lumière héliaque.

12. Alors, la troupe en cercle[8], le chiliarque[9] et les agents[10] des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent.

13. Puis ils l'emmenèrent d'abord chez Hanan, parce qu'il était le beau-père de Caïphe, qui était le pontife de cette année-là[11].

14. Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple[12].

 

LES TROIS RENIEMENTS DE SHEHIMON DANS LA COUR DE KAÏAPHAS.

 

La scène qui suit a, malheureusement pour Shehimon, un fondement dans l'histoire[13]. Le premier reniement marque la première veille (9 heures) de la nuit du 14[14].

15. Cependant Simon Pierre suivait Jésus et aussi un autre disciple[15]. Or, comme ce disciple était connu du pontife, il entra avec Jésus dans la cour du pontife.

16. Mais Pierre se tenait dehors à la porte. C'est pourquoi l'autre disciple, qui était connu du pontife, sortit, et parla à la portière, et elle fit entrer Pierre.

17. Alors cette servante, qui gardait la porte, demanda à Pierre : Et toi, n'es-tu pas aussi des disciples de cet homme ? Il lui répondit : Je n'en suis point.

Le second reniement marque la seconde veille, minuit.

18. Or, les serviteurs et les agents se tenaient auprès du feu, et se chauffaient, parce qu'il faisait froid ; et Pierre était aussi avec eux debout et se chauffant.

19. Cependant le pontife interrogea Jésus touchant ses disciples et sa doctrine.

20. Jésus lui répondit : J'ai parlé publiquement au monde ; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le Temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.

21. Pourquoi m'interroges-tu ? Interroge ceux qui ont entendu ce que je leur ai dit : voila ceux qui savent ce que j'ai enseigné. »

22. Après qu'il eut dit cela, un des agents là présents donna un soufflet à Jésus, disant : Est ce ainsi que tu réponds au pontife ?

23. Jésus lui répondit : Si j'ai mal parlé, rends témoignage du mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

24. Et Hanan l'envoya lié à Caïphe, le grand prêtre.

25. Cependant Simon Pierre était là debout et se chauffant-Ils lui dirent donc : Et toi n'es-lu pas aussi de ses disciples ? Il le nia et dit : Je n'en suis point.

Le troisième reniement marque la troisième veille, trois heures.

26. Un des serviteurs du pontife, parent[16] de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit : Ne t'ai-je pas vu dans le Jardin avec lui ?

27. Et Pierre le nia de nouveau ; et aussi tût un coq chanta.

Le coq qui après la troisième veille annonça le lever de l'Étoile du matin entérine pour ainsi dire le triple reniement de Shehimon dans la nuit du 14.

Il est clair que Shehimon fut accusé d'avoir abandonné son frère au Sôrtaba le 11 et de l'avoir renié trois fois dans la nuit du 14 pour sauver sa peau de baptiseur en second. C'est lui qui fut tenu pour responsable de la défaite commune. On n'en comprend que mieux l'obligation où il s'est trouvé de faire disparaître la preuve de sa couardise en enlevant le corps de son frère au Guol-golta, et la macabre comédie où il a été acculé ensuite lorsqu'il a prétendu, devant ses partisans, lue celui-ci vivait encore, au moins pour sa famille, ayant échappé aux exécutions de Pilatus. S'il a soutenu cela, c'est pour défendre son droit de succession au trône millénaire. Nulle piété, ni fraternelle ni autre, hypocrisie dynastique.

 

DEVANT LE PRÉTOIRE.

 

28. Ils amenèrent donc Jésus de chez Caïphe dans le prétoire. Or c'était le matin, et eux n'entrèrent point dans le prétoire, afin de ne point se souiller et de pouvoir manger la Pâque[17].

29. Pilate donc vint à eux dehors et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ?

30. Ils répondirent et lut dirent : Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne vous l'aurions pas livré[18].

31. Alors Pilate leur dit : Prenez-le vous-même, et le jugez selon votre loi. Mais les Juifs lui répondirent : Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort[19].

32. C'était afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, montrant de quelle mort il devait mourir.

C'est pour obtempérer à la prophétie de Cérinthe, et non pour cause criminelle, que Jésus va être crucifié, si toutefois il se laisse faire, Pilatus ignore pourquoi on le lui amène et il est offusqué du bruit que font les Juifs autour de lui, car n'ayant rien à lui reprocher et les Juifs n'articulant aucun fait, c'est une erreur judiciaire qui se prépare, ou bien il se produit un événement inconnu dans l'histoire de sa procura turc.

Transfiguré à l'Orient sous les traits de Jésus, l'homme arrêté n'a rien fait de ce qu'on reprochait en 788 à Bar-Jehoudda. Pilatus ne veut même pas prendre livraison de cet innocent, et c'est la preuve qu'il n'y avait pas de soldats romains parmi ceux qui avaient amené Bar-Jehoudda au prétoire. Sinon, à l'aspect seul du tribun et de ses soldats, Pilatus aurait bien vu que l'affaire le regardait et ne regardait plus le Temple.

Mais autour de l'homme qu'on lui amène il ne voit que des Juifs hérodiens. Que ceux-ci l'exécutent, si c'est, comme ils le disent, un malfaiteur ! Ils ont une loi, qu'ils l'appliquent !

De leur côté, les Juifs répondent qu'ils ne peuvent exécuter une sentence de mort ; ils sous-entendent ce jour-là, et c'est pour la même raison qu'ils ont refusé d'entrer dans le prétoire. Une exécution avant de manger la pâque serait une souillure légale encore plus grande que la vue des enseignes à l'image de Tibère.

En effet, tout le monde savait par avance qu'on allait conduire le pseudo-christ au lieu où était le plus impur de tous les cimetières, celui des criminels.

Or il était dit[20] : Que les enfants d'Israël fassent la pâque au temps prescrit, le quatorzième jour du premier mois (nisan), sur le soir, selon toutes les cérémonies et les ordonnances marquées. Et ils la firent au temps qui avait été prescrit, le quatorzième jour de ce mois, au soir. Or il arriva que quelques-uns qui étaient devenus impurs pour s'être approchés (soit involontairement, soit par devoir) d'un corps mort et qui ne pouvaient, pour cette raison, faire la pâque ce jour-là, vinrent trouver Aaron et Moïse et leur dirent : Nous sommes devenus impurs parce que nous nous sommes approchés d'un corps mort ; est-ce une raison pour que nous soyons privés d'offrir en son temps l'oblation de l'agneau au Seigneur, comme tout le reste des enfants d'Israël ? Moïse leur répondit : Attendez que je consulte le Seigneur pour savoir ce qu'il ordonnera de vous. En effet, c'était un cas grave. Le Seigneur le trancha par la voix de Moïse en ordonnant que l'individu ainsi souillé ne pourrait faire la pâque que le quatorzième jour du second mois (ijar). Encore devait-il, Pour s'écarter le moins possible de la première maison du Seigneur, avoir fini de manger son agneau avant aurore qui se levait sur le Taureau. Par conséquent, si les Juifs avaient choisi le jour de la préparation pour exécuter la sentence prononcée par le Sanhédrin contre le prisonnier, non seulement ils se seraient souillés en approchant des morts ensevelis au Guol-golta, mais ce qui est pis, ils en auraient fait un de leurs propres mains, ce qui eût retardé d'un mois la pâque à laquelle ils s'étaient préparés par les purifications dont Cérinthe nous a déjà entretenus.

Ce n'est pas le sens, dit le Saint-Siège. Les Juifs parlent ainsi parce que les Romains leur avaient ôté le pouvoir de vie et de mort et se l'étaient réservé. Proposition démentie par tous les faits de l'histoire et par les Ecritures canoniques elles-mêmes ; dans l'Apocalypse où nous voyons Jehoudda et Zadoc, tués par les Juifs en 761 ; dans les Actes des Apôtres, où nous voyons Stéphanos lapidé par Saül en exécution d'une sentence du Sanhédrin ; dans les Évangiles où nous voyons Bar-Jehoudda fuyant la Judée pour éviter d'être lapidé par les Juifs ; le même Bar-Jehoudda condamné à mort avec Eléazar quarante jours avant la pâque, et livré en sentence de mort par nos magistrats, dit Cléopas dans Luc.

N'avons-nous pas vu dans les Actes Jacob senior, décapité — faussement d'ailleurs — par Agrippa Ier, roi de Judée, sur la demande des Juifs, et Shehimon condamné à mort par le même Agrippa sur les mêmes prières ? Ne savons-nous pas qu'en réalité ils ont été crucifiés tous lus deux par le Juif Tibère Alexandre ? Si les Juifs n'avaient pas le droit d'exécuter une sentence de mort, d'où vient donc celui que l'Église s'est arrogé dans les Synoptisés de faire décapiter Jean-Baptiste par Antipas, tétrarque de Galilée, et dans Josèphe de faire lapider Jacques, frère du christ, par le Sanhédrin à la requête du grand-prêtre Ananias ? Ce sont des faux, dira-t-on. Sans doute, mais l'Église, au temps où elle les a faits, savait donc que les Juifs avaient le droit de mettre à mort ceux qui étaient coupables selon leur loi ?

 

DANS LE PRÉTOIRE.

 

Ainsi, pas de témoins juifs de ce qui s'est passé dans le prétoire, mais des témoins étrangers, notamment les Égyptiens qui, trois ans après, ont joué la parodie du s acre à Alexandrie[21]. Les Juifs partis, et par surcroit morts avec les temps qui les ont vus naître, Pilatus r entre dans le prétoire où Bar-Jehoudda fut remis à s es soldats dans la matinée du 14 nisan. Là, seul avec lui, peut-être que Jésus voudra bien dire qui il est, car il est clair qu'en l'état où ils sont, les Juifs ne peuvent plus déposer.

33. Pilate rentra donc dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ?

34. Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ?

35. Pilate reprit : Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation el 'es pontifes l'ont livré à moi ; qu'as-tu fait ?

Es-tu l'individu qui s'est fait roi des Juifs en 788 ? dont le Royaume était tellement de ce monde qu'il devait me supprimer moi-même ? contre lequel j'ai marché à la requête des Samaritains et des Jérusalémites ? qui assiégeait le Sôrtaba lorsque mes cavaliers ont disperse sa bande ? qui a été arrêté en pleine fuite à Lydda ? qui m'a été amené la veille de la pâque de 789 et que j'ai crucifié, exécutant ainsi la sentence de mort déjà prononcée contre lui par le Sanhédrin ? Vous avez assez l'habitude des réponses de Jésus pour deviner ce qu'il répondra : Moi, roi des Juifs en 788 ! Non certes, mais leur Roi dans un sens plus élevé. Comment pourrait-il en disconvenir ? C'est écrit sur sa cuisse ![22]

36. Jésus répondit : Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs[23] combattraient certainement pour que je ne fusse point livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n'est pas d'ici.

37. C'est pourquoi Pilate lui repartit : Tu es donc Roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis Roi. [Si je suis né et] si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité, écoute ma voix.

Pilatus se laisse faire très gentiment. C'est un précieux compère. D'ailleurs Jésus l'a rassuré. Maintenant (ce n'est plus comme au temps de Bar-Jehoudda !) son Royaume n'est pas de ce monde, ou pour mieux dire u n'en en est plus. Il l'a déclaré aux disciples dans les Actes avant de retourner au ciel ; ni maintenant ni plus tard il ne rétablira le royaume d'Israël, et ce n'était ni à Jehoudda, ni à Salomé, ni à leurs fils, d'empiéter sur les prérogatives de son Père en annonçant le Royaume à date fixe[24]. Ce maintenant, ce pour le moment a toujours été entendu ainsi par les millénaristes, et le mot ne peut s'entendre autrement. Mais, dit le Saint-Siège, c'est pour confirmer leur erreur qu'ils l'ont entendu ainsi. Dans le désir de redresser cette erreur, l'Église traduit maintenant par : Je l'assure en vertu de la méthode qui permet de traduire frères par cousins, sœurs par cousines, Bathanée par Béthanie, précipité par pendu, Éloïnie, précipité par pendu, Éloî  par Élie, Zibdéos ou Faiseur de poissons par Zébédée, l'Haramathas par d'Arimathie, et autres de même farine. Je l'assure est le vrai sens, dit le Saint-Siège, Jésus-Christ était vraiment roi ; mais il n'avait pas reçu son pouvoir des hommes. C'est pourquoi, remarque saint Augustin, il ne dit pas ici ; Mon royaume n'est pas en ce monde, mais n'est pas de ce monde ; idée que rend parfaitement saint Chrysostome, quand il dit : Il s'exprime ainsi, parce qu'il ne tient pas le royaume, comme le tiennent ici-bas les rois de la terre, et qu'il a reçu d'en haut sa principauté qui n'est pas humaine, mais qui est bien plus grande et plus illustre.

Tarabin, Tarabas. — N'emboursez rien, je vous prie, dit notre bon maître Rabelais.

 

QU'EST-CE QUE LA VÉRITÉ ? RÉPONSE : BAR-ABBAS, ROI DES VOLEURS

 

38. Pilate lui demanda : Qu'est-ce que la vérité ?

Oui, qu'est-ce que cela peut bien être, la vérité ? est ce que nous faisons ici, n'est-ce pas, mon vieux Jésus ? Tu peux compter sur moi, ce n'est pas moi qui trahirai le Verbe juif. Dès l'instant que tu mens, c'est que je dois mentir. Va, je te dispense d'une réponse. L'homme que j'ai mis en croix le 14 nisan 788 était absolument innocent. J'en suis bien sur, il me l'a dit ! Pour avoir une raison de le crucifier de nouveau, Pilatus est obligé d'aller aux renseignements et de sortir hors du prétoire.

... Et ayant dit cela, il alla de nouveau vers les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui aucune cause.

On ajoute généralement de mort. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce qu'on fait dire au revenant de Pilatus, c'est qu'il n'a trouvé dans l'individu arrêté aucune cause qui l'ait rendu justiciable de la loi romaine-Ce n'est pas une question de peine qui se pose, c'est une question de droit. II vient de se mettre d'accord avec le Verbe juif ; il n'y a en Jésus aucune des causes pour lesquelles le condamné du Sanhédrin a été mis en croix par le procurateur de Rome. Voilà la vérité, telle que Pilatus et Jésus en sont convenus. Cette vérité est un mensonge, — côté Pilatus ; — ce mensonge est une vérité, — côté Jésus. Dans ces conditions on peut plumer le goy.

39. Mais c'est la coutume parmi vous que je vous délivre un criminel à la Pâque ; voulez-vous donc que je vous délivre le roi des Juifs ?

40. Alors ils crièrent tous de nouveau, disant : Non pas celui-ci, mais Bar-Abbas ! Or Bar-Abbas était un voleur.

Hé ! quoi ? il y eut le même jour,'la même année, un voleur arrêté sous le nom de Bar-Abbas, fils du Père ? Ô la singulière rencontre de noms, de date et d'épithète ! Bar-Jehoudda, lui aussi, disait être Bar-Abbas, et dans tous les écrits qui ne sont pas les Évangiles il est qualifié de latro, de lestès, de scelestus, de roi des voleurs ?[25] Il y a identité entre Bar-Jehoudda et Bar-Abbas. La vérité, la voilà ! Mais est-elle applicable à Jésus ? Est-ce que Jésus a volé ? Est-ce qu'il a levé des voleurs ? Est-ce qu'il a fait assassiner Ananias et Zaphira par Shehimon ? Est-ce qu'il a pris des villes ? Est-ce qu'il a mis le feu en Samarie ? Depuis douze ans que Jésus se promène dans cette Écriture, est-ce qu'il ressemble en quoi que ce soit à ce Bar-Abbas qui a été crucifié pour ses brigandages et qu'on a joué publiquement sous ce même nom dans Alexandrie, en l'appelant Maran[26] ?

Ce qui était vrai du Bar-Abbas de 788 l'est-il encore de Jésus ? Non, n'est-ce pas ? Alors, le revenant de Pontius Pilatus n'a rien à dire, et en effet il ne dit rien. Ou lui donne le change et le plus avantageux, puisai u au lieu du roi des voleurs on le met en face du Créateur du monde !

Le Juif qui a fabriqué cette Écriture a parfaitement compris qu'il ne ferait pas avaler le christ aux Romains s'il le donnait comme ayant été condamné pour crime contre la loi Julia par un procurateur de Borne. S'il l'a été, c'est par la loi juive, et encore est-ce pour l'avoir Violée libéralement, généreusement, courageusement, en faveur de malades et d'infirmes parmi lesquels on mettra un jour des centurions ! En un tour de main, voilà le bon Jésus substitué à Bar-Abbas. Qu'a fait le Juif auteur de ce beau coup ? Mon Dieu ! ce qu'a fait le Juif qui dans tes Synoptisés substitue deux mille porcs aux deux mille soldats hérodiens noyés dans le lac de Génézareth par la trahison de ce même Bar-Abbas. Il a fait du change comme on en faisait avec le bouc émissaire sur le dos duquel on mettait de temps en temps les péchés d'Israël. En mettant ceux du crucifié sur le dos de Bar-Abbas, on en exonère l'homme dont Jésus est le revenant. Est-ce mal ? Nullement, puisque Pilatus lui-même convient que Jésus n'est pas coupable. Et il y a des gens sérieux pour dire qu'Ignace de Loyola est l'inventeur du jésuitisme !

 

 

 



[1] En traduisant par cohorte on insinue qu'il y aurait eu des soldats romains mêlés à la police du Temple lors de l'arrestation de Bar-Jehoudda. C'est pourquoi le Saint-Siège dit : La cohorte romaine était composée de six cent vingt-cinq hommes. Le procurateur romain conduisait tous les ans à Jérusalem une cohorte à l'époque de la fête de Pâques pour maintenir l'ordre au milieu de la multitude qu'attirait cette solennité. Les soldats romains étaient logés dans la forteresse Antonia au nord-ouest du temple. Le Saint-Siège met également des archers là où l'on a vu jusqu'à présent que de vagues agents. Il est clair que Bar-Jehoudda avait été arrêté par les Romains, y en eût-il eu seulement deux, ce n'est pas au grand-prêtre qu'ils l'auraient conduit, mais à leur centurion qui l'eût remis ensuite à son tribun, lequel l'eût remis à Pilatus.

[2] Zacharie, VI, 13.

[3] Ce soleil levant est venu d'en haut nous visiter, dit Luc. (I, 78.)

[4] Cérinthe, c'est le seul, dit très clairement que la troupe qui poursuivait Bar-Jehoudda était commandée par le prince Saül, alors stratège du Temple.

[5] Hermès Trismégiste, Le Cratère ou la Monade, trad. L. Ménard (Paris, 1867, in-12°, pp. 30 et suiv.)

[6] M. Ménard traduit par un Messager ; il s'agit certainement du Verbe, messager de l'Ouvrier par excellence.

[7] Luc, XIII, 51.

[8] Speira, que le Saint-Siège traduit tendancieusement par cohorte pour entretenir cette idée qu'il y aurait eu des Romains dans l'arrestation.

[9] Chiliarchos, que le Saint-Siège traduit par tribun, contre toute raison.

[10] Upèretai, que le Saint-Siège traduit par archers, contre toute étymologie.

[11] La Grande Année manquée.

[12] Faux à tous les points de vue. Eléazar avait été condamné en même temps que Bar-Jehoudda, et ce ne fut pas la seule victime de l'Apocalypse, car, outre les malheureux qui furent massacrés par Pilate dans le Temple, il y eut ceux qui furent mis en croix avec leur roi.

[13] Cf. Le Roi des Juifs.

[14] La nuit était divisée en quatre veilles ; neuf heures, minuit, trois heures, six heures.

[15] Saint-Siège traduit par l'autre disciple, de manière à diriez l'attention sur le disciple de son invention, le Jochanan qui aurait ensuite rédigé cet Évangile.

[16] Sans doute Costobar, frère de Saül, qui fut lui aussi stratège du Temple. Cf. Le Gogotha.

[17] Pour la quatrième fois Cérinthe constate que Bar-Jehoudda fut arrêté avant la pâque.

[18] Voilà un trait de vérité perçant. C'est un malfaiteur condamné depuis quarante jours qui a été remis à Pilatus. En pécheur, est-il dit plus haut.

[19] Même un condamné, à cause de la pâque qui avait lieu le soir, ils se seraient encore bien plus souillés qu'en pénétrant chez un païen. Cf. Le Roi des Juifs. Pour la cinquième fois Cérinthe reconnaît que nous sommes la veille de la pâque.

[20] Nombres, IX, 1-14.

[21] Cf. Les Marchands de Christ.

[22] Apocalypse, Cf. Le Roi des Juifs.

[23] Il vient de dire qu'il n'en a plus, il n'a plus que des amis !

[24] Cf. Les Marchands de Christ.

[25] Sur ces épithètes, cent fois méritées, cf. Le Roi des Juifs.

[26] Seigneur. Cf. Les Marchands de Christ.