RÊVE D'EMPIRE

PREMIÈRE PARTIE. — L'ACTION DIPLOMATIQUE ET LES FAITS DE GUERRE

 

CHAPITRE PREMIER.

 

 

Le 4 octobre 1861 Miramar. — L'archiduc Ferdinand-Maximilien. — Mission secrète du comte de Rechberg, ministre des Affaires étrangères. — M. Gutierrez de Estrada. — Note rédigée par le baron de Pont. — La France ne veut rien pour elle. — Réserves de l'Espagne. — L'entente des trois puissances. — Desiderata des réfugiés mexicains. — Adhésion de A. L. de Santa-Anna. — Voyage de M. Gutierrez de Estrade. — La nuit de Noël. — Promesse formelle de l'archiduc.

 

De retour d'un de ces nombreux voyages que tous deux affectionnaient tant, et où ils trouvaient l'un la satisfaction de son besoin d'idéal, l'autre de son besoin d'activité, l'archiduc Ferdinand-Maximilien et l'archiduchesse Charlotte, son épouse, se trouvaient à Miramar, dans cette splendide demeure que baignent les flots bleus de l'Adriatique, lorsque, le 4 octobre 1861, un personnage, qu'on n'avait point coutume de voir en ces lieux, se présenta aux portes du château. Il venait, disait-il, au nom de l'empereur François-Joseph ; il avait été chargé par lui d'une mission secrète, et demandait à être introduit auprès de Leurs Altesses...

Cet envoyé n'était autre que le comte de Rechberg, ministre des Affaires étrangères, qui arrivait de Vienne à l'instant. Reçu aussitôt, il s'acquitta de sa mission, laquelle consistait à informer confidentiellement le prince et la princesse des ouvertures que venait de faire au gouvernement autrichien l'empereur Napoléon III.

Celui-ci, décidé à provoquer une intervention européenne au Mexique, ne voulait point que Faction en fût éphémère. Pour qu'elle eût pleine efficacité, et que les résultats en fussent durables, il fallait qu'elle aboutît à constituer dans ce pays agité par les révolutions un ordre de choses stable qui permît enfin d'avoir avec lui des relations sûres et continues ; et Comme, dans cette pensée, il songeait déjà y appuyer le rétablissement d'une monarchie, il voulait s'assurer par avance de l'assentiment d'un prince, auquel serait destiné ce rôle glorieux. Son choix s'était porté sur l'archiduc Ferdinand-Maximilien, dont il avait apprécié les aspirations généreuses et les idées vraiment libérales dans le gouvernement du royaume Lombard-Vénitien.

Le comte de Rechberg ajouta que François-Joseph, quelque sensible qu'il fût à la préférence donnée à sa dynastie, entendait laisser à son frère pleine et entière liberté d'acceptation ou de refus...

L'archiduc ne fut pas aussi surpris qu'on pourrait le croire d'une telle ouverture. Il la pressentait et il l'attendait. Ce n'était point en effet la première fois qu'on agitait la question du rétablissement ou plutôt de l'établissement d'une monarchie au Mexique, — car ce pays, à part un empire de quelques jours, l'empire d'Iturbide, n'avait connu que des vice-rois, — ni la première fois que son nom était prononcé à ce sujet.

Ç'avait toujours été le rêve d'un parti au Mexique de prendre modèle, non point sur son puissant voisin, les États-Unis, mais sur les pays d'Europe où la forme monarchique était presque universellement conservée. Champion des idées cléricales, ce parti voyait dans la révolution et dans la forme républicaine, qui en est la conséquence., un état mauvais capable d'engendrer les pires misères, et l'expérience, que l'histoire du Mexique pouvait leur apporter, n'était guère faite pour détruire leurs répugnances à cet égard. Le promoteur de ce mouvement réactionnaire était le représentant d'une des familles les plus anciennes et les plus honorables du Mexique, M. Gutierrez de Estrada.

Ministre des Affaires étrangères, il avait, en juillet 1840, adressé au Président de la République, Bustamante, une lettre rendue publique, dans laquelle il proposait, comme solution aux crises incessantes qui désolaient la patrie, la constitution d'un gouvernement monarchique. Proscrit pour cette audace, il s'était réfugié en Europe, plus convaincu que jamais de l'excellence de son idée.

Les destins changeants lui avaient ménagé une revanche, Le général Santa-Anna, arrivé à la présidence en 1854 et rallié à l'opinion de son compatriote, lui avait donné pleins pouvoirs « pour traiter auprès des cours de Paris, Londres, Vienne et Madrid, de l'établissement d'une monarchie au Mexique, sous le sceptre d'un prince européen ». M. Gutierrez de Estrada s'était alors adress6 au duc de Montpensier, mais celui-ci, bien qu'assuré de l'assentiment de la France, avait décliné toute proposition de ce genre.

Le président Miramon, successeur de Zuloaga en 1859, avait confirmé le mandat donné par Santa-Anna à M. Gutierrez de Estrada, et c'est à ce moment que Napoléon III, mis au courant de ces désirs politiques, recommanda pour la première fois à son attention l'archiduc Maximilien.

M. Gutierrez de Estrada avait accueilli avec d'autant plus d'enthousiasme la pensée de l'Empereur qu'il existait dans l'arsenal législatif du Mexique une vieille convention, connue sous le nom de plan d'Iguala, et datant du mois de mai 1821, par laquelle il avait été décidé, sous l'impulsion d'Iturbide, qu'on adoptait le principe d'une monarchie constitutionnelle, et qu'on offrirait la couronne d'abord aux infants d'Espagne, frères de roi Ferdinand VII, et, en cas de refus de leur part, à l'archiduc Charles d'Autriche. C'était donc, en quelque sorte, faire revivre une ancienne tradition que de poser la candidature d'un autre archiduc. M. Gutierrez de Estrada, dès ce moment, avait fait tendre tous ses efforts vers la réussite de ce projet.

Voilà, assurément, la révélation de souvenirs oubliés ou peu connus. L'opinion publique, qui s'emporte sur un nom ou sur une affirmation, a longtemps cru et croit peut-être encore que l'affaire mexicaine n'a été qu'une aventure, commencée pour des intérêts d'argent, continuée parce qu'on l'avait commencée, et terminée dans une catastrophe, juste châtiment des entreprises mal conçues et mal dirigées. On voit ici, au contraire, que son point de départ a eu des bases très sérieuses et que, si la fin en a été particulière-, ment malheureuse, tout n'était pas folie, incohérence ou cupidité dans les motifs qui ont amené notre intervention au Mexique.

L'empereur Napoléon III n'a point fait offrir la cou-Forme du Mexique à l'archiduc Maximilien pour se débarrasser d'une conquête qu'il ne se serait pas soucié de garder. Non, il a repris, avec une pensée politique qui se développera dans le cours de ce récit sans ambiguïté et sans contestation possible, un projet ancien ; il a eu pour l'appuyer dans cette voie des concours précieux-. Est-ce que l'empereur François-Joseph se serait prêté, ne fût-ce que par une vaine démarche, à un essai qui n'eût été ni digne de sa Maison, ni digne de son frère ? Est-ce qu'enfin l'archiduc Maximilien eût accueilli les ouvertures de Napoléon III, qui lui étaient transmises par le comte de Rechberg, s'il ne les avait jugées ni sérieuses ni honorables ?

Bien loin de là, l'archiduc, flatté des propositions qui lui étaient adressées par un de souverains les plus puissants de l'Europe, ne fit aucune difficulté d'entrer dans ses vues et de répondre affirmativement, sous certaines conditions, à cette offre, conditionnelle elle-même, d'une couronne. Et afin qu'on ne puisse conserver aucun doute sur la vérité de ces faits, voici la copie d'une note qui fut rédigée quelques jours après, d'ordre de S. A. l'archiduc, par le baron de Pont, son secrétaire, note qui fut aussitôt communiquée à M. Gutierrez de Estrada, dont le rôle, considérable en cette affaire, se trouve ainsi clairement révélé

« Le 21 septembre 1861, l'agent du parti monarchique mexicain à Paris, M. Gutierrez de Estrada, déclara qu'il savait pertinemment que la Fiance désirait voir un archiduc monter sur le trône du Mexique et croyait que l'Angleterre accepterait cette combinaison. Il demanda d'obtenir une assurance confidentielle que, si des propositions étaient faites à. ce sujet par France, qui serait disposée à en prendre l'initiative, elles ne seraient pas repoussées par l'Autriche.I1 ajoutait qu'il attachait beaucoup de prix à être éclairé sans délai sur ce point qu'il mettait en corrélation avec t'expédition projetée.

« A la suite de ces ouvertures, l'agent en question fut prévenu par une communication très confidentielle, en date du 7 octobre, que l'archiduc Maximilien, accédant à la proposition qui lui avait été faite par l'empereur, son auguste frère, ne refuserait pas de se rendre éventuellement aux désirs de la nation mexicaine, si celle-ci l'appelait au trône. « Il doit être bien entendu toutefois, était-il dit dans cette lettre, que pour être définitivement acceptées, de pareilles offres devraient être nécessairement faites dans des conditions propres à assurer un heureux succès, à garantir l'avenir et à sauvegarder la dignité de S. AL et de son auguste Maison. Au nombre de ces conditions, il en est deux surtout qu'il est important d'établir d'avance. Ce sont : 1° l'appui non seulement moral mais matériel et efficace des deux grandes puissances[1] ; 2° le vœu clairement prononcé du Mexique. »

« Ces conditions étaient désignées expressément connue « première et indispensable base de tout plan sérieux, sur lequel on pourrait plus tard entrer en négociation. » Il en reste encore d'autres, ajoutait-on, « que nous nous réservons de poser dans le cas où le projet en question deviendrait, pour ainsi dire, d'une forme plus palpable ».

« On terminait en annonçant que le gouvernement impérial ne prendrait aucune initiative dans cette question vis-à-vis de l'une ou de l'autre des deux grandes puissances maritimes et qu'il se tiendrait dans une attitude entièrement passive, jusqu'au jour où il lui serait fait une offre formelle basée sur les deux points qui viennent d'être indiqué. « Alors seulement on pourrait entrer dans l'examen approfondi d'un semblable projet et fixer les conditions dont l'empereur et S. A. I. feraient dépendre leur acceptation définitive. »

« Dès le 9 octobre 1861, l'agent susmentionné doit avoir porté cette réponse à la connaissance de M. Thouvenel, ministre des Affaires étrangères, L'Empereur des Français parait en avoir été informé le soir même, et ne tarda pas à. faire une démarche personnelle, dans le but d'obtenir l'assentiment du gouvernement anglais à la combinaison dont il s'agit. »

 

Dès que le gouvernement français eût connaissance de la réponse de l'archiduc, il pressa les négociations et amena l'Angleterre et l'Espagne à signer la convention qui réglait les conditions dans lesquelles l'intervention aurait lieu (31 octobre 1861). Puis, désireux de préparer la voie à la solution qu'il avait en vue, il s'adressa aux cabinets de Londres et de Madrid pour bien établir que, dans toute éventualité de rétablissement d'une monarchie au Mexique, c'était au pays même à décider la forme de la monarchie de son choix, comme à désigner le prince auquel il entendait confier ses destinées.

Il ajoutait que, pour sa part, il considérait cette éventualité avec un désintéressement complet, résolu qu'il était à, refuser toute candidature pour un prince de la famille impériale, Et, se faisant un titre de cette générosité qui ne lui coûtait guère, il conviait les deux autres parties contractantes à faire une déclaration semblable, et ne doutait point d'ailleurs, disait-il, qu'elles ne fussent dans les mêmes dispositions.

Quant au choix de la dynastie, la France n'en avait aucune à proposer, mais dans le cas où il faudrait en désigner une, elle était prête à donner son adhésion à la candidature d'un archiduc d'Autriche. Et la dépêche, signée par M. Thouvenel, envisageant une hypothèse qu'on avait à peine posée au début, faisait valoir l'avantage de ce choix, qui écarterait toute rivalité entre les trois puissances, et conserverait entière son autorité à l'appui moral qu'elles avaient l'intention de donner à la nation mexicaine. Elles ne feraient en cela que tenir une conduite analogue à celle tenue par la France, l'Angleterre et la Russie, lors de l'expédition de Grèce.

Au fond, ces précautions diplomatiques étaient surtout dirigées contre l'Espagne. On n'oubliait pas que cette puissance avait longtemps occupé le Mexique, et comme elle n'en était point partie de son plein gré, il était à craindre qu'elle ne saisît ce prétexte de recouvrer sur le pays son ancienne domination. Le plan d'Iguala lui permettait de mettre en avant des prétentions que la diplomatie s'efforçait d'arrêter, sous couleur de désintéressement général.

Toutefois il était difficile à l'Espagne de les manifester trop ouvertement, d'autant que l'expédition n'était pas commencée et qu'il importait, pour que les trois puissances coopérassent à l'intervention, qu'aucune d'elles, se réservant la part du lion, n'eut découragé ses alliées en les réduisant à l'avance au rôle de Ratons destinés à tirer les marrons du feu.

La réponse de l'Espagne refléta ces deux sentiments.

Le chef du cabinet de Madrid, M. Calderon Collantes, la fit attendre jusqu'au 13 décembre. Sur le point en question, il disait que « si une des puissances présentait un candidat, l'Espagne considérerait comme le plus conforme au droit, à la tradition et à l'histoire, l'élection d'un prince de la Maison de Bourbon ou intimement uni à elle ».

Mais ces réserves venaient trop tard et ne pouvaient avoir grande valeur, car elles étaient contraires aux termes de la convention du 31 octobre. Le ministre français, d'accord avec l'Angleterre, avait pris les devants, et le représentant de l'Espagne avait signé comme les autres. Or le traité disait que les trois puissances qui « se trouvent placées par la conduite arbitraire et vexatoire des autorités de la République du Mexique, dans la nécessité d'exiger de ces autorités une protection plus efficace pour les personnes et les propriétés de leurs sujets, ainsi que l'exécution des obligations contractées envers elles par la Rée publique du Mexique, se sont entendues pour conclure entre elles une convention dans le but de combiner leur action commune... Elles s'engagent à ne rechercher pour elles-mêmes dans l'emploi des mesures coercitives prévues par la présente convention aucune acquisition de territoire ni aucun avantage particulier et à n'exercer dans les affaires intérieures du Mexique aucune influence de nature à porter atteinte au droit de la nation mexicaine de choisir et de constituer librement la forme de son gouvernement. »

Remettre au pays le soin d'exprimer sa volonté, c'était, dans la pensée de l'Empereur, assurer le succès de la candidature de son choix, car le pays voulait une monarchie et pour souverain un archiduc. Comment en aurait-il douté ? Tout le monde autour de lui le disait, le répétait et même le croyait. Les réfugiés mexicains se montraient unanimes sur ce point, et il était d'autant plus naturel qu'ils témoignassent cette confiance que c'était leur plus sûre et leur meilleure chance de succès.

Aussi, lorsqu'ils apprirent et la signature de la convention de Londres et les démarches faites auprès de l'archiduc Maximilien, ainsi que la réponse de ce prince, ils furent remplis de joie. Déjà ils entrevoyaient la fin de leur exil ; ils auraient voulu lifter les événements, et, dans leur impatience, ils pressèrent M. Gutierrez de Estrada de revenir à la charge et d'obtenir de Maximilien une promesse d'acceptation formelle.

L'ancien président, le général Santa-Anna, de sa retraite joignit ses instances à celles de ses compatriotes.

« Saint-Thomas, 30 novembre 1861.

« Mon cher Ami,

« Les nouvelles que vous me donnez dans votre lettre du 31 octobre et que j'ai reçues par le dernier packet, m'ont causé une joie indicible, et elles ont, une telle importance que si tout ce qu'elles m'annoncent réussit, notre patrie est sauvée de la ruine.

« Plaise à Dieu pie nos rêves se réalisent !

« Le candidat dont vous me parlez, S. A. I. l'archiduc Maximilien est sans pareil.

« Je m'empresse donc de lui donner mon adhésion. Faites-moi la grâce de le lui dire et d'en donner connaissance à nos amis, mais avec toute réserve, parce que vous savez qu'en politique il est des choses qu'on ne doit pas publier avant le moment opportun, à cause des préjudices qui pourraient résulter de la publicité.

« Persuadé que le moment d'agir est arrivé, je suis disposé à me rendre le plus tôt possible sur le sol de ma patrie, décidé à travailler de toutes mes forces jusqu'à la réalisation de cette affaire. »

« ANTONIO LOPEZ DE SANTA-ANNA. »

Poussé par ce concours d'adhésions, muni de tous ces vœux, M. Gutierrez de Estrada quitta Paris pour se rendre à Trieste. Il y arriva le 19 décembre, et se présenta, sans perdre de temps, à Miramar ; là, il plaça sous les yeux de Maximilien les témoignages nombreux du désir qu'éprouvaient ses compatriotes de lui voir donner aux propositions de la France une adhésion plus explicite et plus complète. Ni l'archiduc, ni surtout sa femme l'archiduchesse Charlotte n'étaient dépourvus d'ambition. La quasi-disgrâce dans laquelle Maximilien se trouvait vis-à-vis de son frère, depuis qu'il avait été relevé de ses fonctions de gouverneur général du royaume Lombard-Vénitien, avait excité plus qu'elle n'avait détruit chez lui les pensées de grandeur et de gloire.

Les voyages nombreux, la splendeur royale du château de Miramar, la grande situation de l'archiduc placé à la tête de la marine de l'Empire, l'affection des populations au milieu desquelles vivaient Leurs Altesses, tout cela ne suffisait point à leurs communes aspirations. La perspective de ceindre une couronne et de relever l'empire de Montézuma et d'Iturbide les séduisit aussitôt. L'enthousiasme, dont M. Gutierrez de Estrada était un reflet vivant, se communiqua à l'imagination du mari et de la femme. Ce rêve d'un empire qui parfois hantait le frère puîné de l'empereur François-Joseph et la fille du roi Léopold prenait corps. Pourquoi se dérober à la destinée ?

Et l'empereur François-Joseph donnait à son frère toute liberté, et le roi Léopold conseillait à sa fille et à son gendre d'accepter la mission offerte sous l'égide de la France. Les flottes alliées, dont le pavillon allait bientôt être planté sur les murs de Vera-Cruz, garantissaient que le pays rendu à lui-même pourrait exprimer sa volonté sans ambages. Maximilien ne résista point au courant qui l'entrainait, et, comme s'il eût voulu donner plus de solennité à son acquiescement, il choisit la nuit de Noël, associant ainsi à sa résolution le Dieu dont on célébrait la fête, pour donner au vénérable patriote mexicain l'assurance formelle que, si tel était le vœu de ses concitoyens, il accepterait la couronne du Mexique...

 

 

 



[1] La France et l'Angleterre.