LES DUCS DE GUISE ET LEUR ÉPOQUE

 

Étude historique sur le seizième siècle

TOME PREMIER

CHAPITRE VI. — EXPÉDITION DE NAPLES.

 

 

1557.

 

Au moment où Charles-Quint quittait les grandeurs pour le monastère de Yuste, un moine, plus âgé que lui de vingt-quatre ans, lasse de la monotonie du cloître, des disputes théologiques, des chants psalmodiés au fond des stalles, sortait de l'obscurité du couvent pour monter sur le trône pontifical. Paul IV, Caraffa, âgé de près de quatre-vingts ans, voyait à peine devant lui quelques années, quelques mois peut-être, pour faire tenir tout ce que durant sa vie entière il avait comprimé d'activité, étouffé d'ambition, suspendu de haines. Il aspirait à la gloire et à la puissance, autant que Charles-Quint au calme et à l'ombre. L'Empereur avait hâte de clore son règne, le Pape d'illustrer le sien. Le prince méprisait les biens dont il avait épuisé la jouissance ; le moine tressaillait de tous ses nerfs en sortant du milieu de ses frères. Peu de temps lui restait pour reprendre ses soixante-dix-neuf d'Église, et jouer en comédien habile les fonctions pieuses dont le hasard l'avait revêtu.

Voulant s'insinuer dans la confiance de ceux qui dirigeaient la volonté du Roi, il s'adressa d'abord au connétable.

Montmorency se trouva profondément agité par cette communication. Toute sa politique reposait sur l'union intimé du Saint-Siège, de la France et de la maison d'Autriche, pour combattre les Turcs et les réformateurs, et soudain le Pape entrait en guerre avec le roi catholique et réclamait l'alliance du roi de France, au moment même où la trêve de Vaucelles venait de nous rapprocher de l'Espagne. A peine cette trêve avait permis de mettre à l'écart le duc de Guise, dont les talents, militaires devenaient mutiles, que se présentait une nouvelle cause de guerre, comme pour le replacer au premier rang ; situation bizarre,et qui pouvait troubler les meilleurs esprits. N'était-il pas question déjà d'un traité avec Soliman et d'une croisière des flottes turques sur les côtes d'Italie, pour soutenir le Saint-Siège contre le roi d'Espagne ? Montmorency remarquait en même temps que l'alliance avec la cour pontificale avait toujours eu pour durée la vie seule du : vieillard avec lequel on l'avait contractée. Sacrifier des intérêts présents et sérieux sur les promesses d'une puissance dont la politique changeait tous les trois ou quatre ans, à chaque renouvellement du souverain, était un calcul dans lequel nous avions déjà été plusieurs fois les dupes[1].

Froidement reçu par le connétable, Caraffa s'adresse à la seconde faveur, qui estoit Messieurs de Guise[2], et il ranime subitement du premier regard, chez chacun d'eux, les projets de l'ambition la plus insatiable et les pensées de grandeur qui dépassaient les rêves les plus chimériques. C'est l'ancienne maison d'Anjou qui va renaître ; le duc de Guise sera roi de Naples et chef de la dynastie angevine, du droit de sa naissance et aussi des droits de sa femme, la petite-fille de Louis XII ; à son frère le duc d'Aumale, la Lombardie ; au cardinal de Lorraine, la succession de Paul IV. La tiare, convoitée autrefois par le premier cardinal de Lorraine, semblait se rapprocher enfin de la tête du second.

Une telle prétention chez un prélat si connu comme licencieux et incrédule n'étonnait pas à cette époque où le trône de Saint-Pierre n'était pas occupé, comme il vient de l'être depuis cent cinquante ans, par une succession de prêtres respectables et convaincus. Le cardinal de Lorraine se serait montré politique aussi retors et souverain aussi généreux pour les artistes que l'avaient été ses prédécesseurs. Peut-être l'Italie aurait traversé une période de grandeur et de force, si elle avait pu se confédérer sous les princes lorrains, toujours si unis entre eux. En réalité, aucun avantage pour elle ne résulta des intrigues des Caraffa. Ils promettaient des merveilles aux Guises, espéraient se servir d'eux comme d'instruments, et n'étaient nullement tentés de donner pied en Italie à ces descendants de la dynastie angevine.

Entre les impatiences des Guises et les répugnances du connétable, il est probable que l'indolence de Henri II l'aurait toujours empêché de se déterminer à cette fatale expédition de Naples, mais Montmorency changea tout à coup son opposition en acquiescement, et joignit ses instances à celles des Guises et de Diane, pour demander une guerre en Italie.

Si ce brusque changement de résolution tut inspiré par Je besoin d'acquérir les bonnes grâces de Paul IV et d'extorquer à ce vieux pontife des dispenses religieuses en faveur du fils aîné du connétable, d'aultant qu'il se vouloit défiancer à Rome d'avec une fille de Piennes[3] ; si, pour obtenir de l'autorité pontificale une annulation de promesse de mariage, Montmorency détermina l'alliance avec le Saint-Père et le Sultan pour soutenir cette guerre funeste contre le Roi Catholique, on peut dire que cet amour passager dont mademoiselle de Piennes avait été l'objet est l'origine du danger le plus menaçant qu'ait courir le pays sous nos anciens rois.

Petite-fille par sa mère de Bonnivet, Jeanne d'Halluyn de Piennes devait épouser le baron de Montmorency, les paroles étaient engagées, les serments échangés, lorsque le Roi imagina de marier ce fils aîné du connétable à sa fille Diane, la veuve du duc de Castro ; le connétable, ébloui, non de la bâtarde légitimée, mais de la faveur et de la fortune qui en seroient la longue dot, conclut à l'instant avec beaucoup de joie[4], et voulut contraindre son fils de rompre avec mademoiselle de Piennes. L'histoire des deux amants et de leur résistance est touchante : la pauvre fille fut mise et resserrée dans un couvent[5], le Pape annula tous les serments prononcés. Montmorency épousa Diane. Mademoiselle de Piennes se cacha durant vingt ans, puis, belle encore et pleine d'esprit et d'intrigue, elle donna sa main à Florimont Robertet, secrétaire d'État[6].

Dès l'instant que le connétable renonçait à son opposition contre les demandes des Caraffa, le Roi, pressé par la coalition de toutes les influences rivales, assailli par la jeune noblesse qu'enthousiasmaient les récits des campagnes de Louis XII, n'était pas de caractère à lutter contre tant d'instances ; il se laissa précipiter vers la guerre, quelques mois après la signature d'une trêve de cinq ans.

Cette trêve avait paru nécessaire, parce que l'état du trésor ne permettait plus de conserver les mercenaires étrangers, et que le pays était épuisé ; pour la lutte nationale sur nos frontières des Flandres, on ne pouvait plus entretenir l'armée ; on sut lever des forces considérables pour une guerre sans foi au fond de l'Italie. On imposoit de terribles taxes sur tout le royaume[7]. La trêve de Vaucelles ne fat pas dénoncée ; le Roi continuait à adresser de fausses déclarations d'amitié à Philippe II, pendant qu'il envoyait des troupes pour lui enlever le royaume de Naples ; bien plus, il attirait sur l'Italie les flottes de Soliman, l'ennemi commun de la chrétienté dont il faisait l'allié du Pape.

La seule pensée d'un concert entre le Saint-Siège et la Porte Ottomane soulevait l'indignation à une époque où les esprits étaient encore émus du retentissement de la chute de Constantinople, où l'on se rappelait les chrétiens d'Orient et les jeunes Grecques qui fuyaient en Europe, pour éviter l'esclavage, où les bancs des galères turques étaient garnis de captifs enlevés dans les villages des côtes, et les harems peuplés de Vénitiennes, de Génoises, de Provençales, de Siciliennes. On se racontait ces expéditions rapides de Turcs qui descendaient de leurs galères, saisissaient les bestiaux et la population de deux ou trois villages sur les côtes de Calabre, d'Andalousie, de Languedoc, et disparaissaient aussitôt, riches pour toute leur vie. Un pareil fléau était attiré sur le royaume de Naples par un pape qui voulait servir, au déclin de sa vie, les rancunes de ses querelles de jeunesse.

Le parti angevin, pour lequel il avait été persécuté plusieurs années auparavant, était devenu tellement impuissant dans les provinces napolitaines, que Philippe II dut voir sans inquiétude le Roi de France porter ses efforts au fond de l'Italie et dégarnir ses frontières. Sa situation, toutefois, était presque aussi fausse que celle des alliés de Soliman ; il prenait plaisir à voir brûler vivants ceux qui discutaient l'autorité spirituelle du Pape, et en même temps il faisait envahir par ses soldats les Etats pontificaux. Aussi, pour satisfaire les scrupules de sa conscience, il eut soin de rédiger, dans un langage pompeux et rythmé comme une prière liturgique, des instructions pour conduire cette guerre avec tant de tempérament et de modération qu'elle assurât la paix à la chrétienté, la dignité du siège apostolique et la sécurité de ses royaumes ; son âme royale ne demandait pas de la gloire, elle n'attendait que tristesse et désespoir[8].

Elle devait cependant éprouver quelques consolations en voyant que la France portait follement vers la Calabre toutes ses forces disponibles. Nos places du nord n'avaient plus de garnison ; une invasion en Picardie ne pouvait rencontrer de résistance. Philippe Il obtenait ainsi, dès le début de son règne, les plus merveilleuses chances qui pussent être réunies ; il était attaqué, contre la foi jurée, par le seul adversaire assez puissant pour gêner ses desseins, dans le moment où cet adversaire était livré sans défense à ses coups.

On ne peut aisément s'expliquer comment deux soldats tels que le duc de Guise et le connétable ne comprirent pas qu'envoyer nos troupes à Naples, c'était ouvrir le pays à l'invasion. Ils n'ont évidemment pu être dupes, ni l'un ni l'autre, de la fiction qui supposait la trêve respectée en Flandre, mais nulle en Italie ; ils n'ont pu s'imaginer que le fils de Charles-Quint, qui cernait complètement nos frontières et nos côtes par l'Espagne, la Franche-Comté, les Pays-Bas et l'Angleterre, suivrait docilement nos gens de guerre accumulés sur un point écarté de ses États, sans profiter de l'occasion offerte par une agression si imprudente. Ils ont voulu probablement s'isoler à tout prix chacun loin d'un rival. Le connétable, toujours plein de confiance en lui-même, espérait sans doute garder assez de noblesse autour de lui, ou avoir le temps de recruter assez de mercenaires pour s'opposer à une invasion ; les armées de Charles-Quint, toujours embarrassées d'Allemands, ne manœuvraient jusqu'alors qu'avec lenteur, et Montmorency pouvait supposer qu'il ne serait pas pris à l'improviste ; qu'en frappant des coups rapides et hardis, avec une poignée d'hommes, il saurait arrêter les ennemis, et acquérir assez de gloire pour faire oublier la défense de Metz. Il y avoit une jalousie couverte du connestable envers ledit Guise, depuis la bataille de Renty[9]. Peut-être, tandis qu'il couvrirait Paris, il aurait la satisfaction d'apprendre que l'autre se perdait dans le fond de l'Italie : les vice-rois de Naples avaient tous eu une fin tragique sous les règnes précédents ; le connétable devait penser que Guise ne serait pas plus heureux, et avoir en soy cette intention qu'il n'en reviendroit jamais, à l'exemple d'aultres gouverneurs qui jadis avoient esté envoyés audit pays[10].

François de Guise, de son côté, semblait tenté par l'esprit d'aventures et momentanément oublieux des exemples de son père ; il allait courir les hasards en Italie, et laissait à d'autres chefs plus cauteleux ou plus sages le soin de défendre nos frontières et Paris. C’est le contraire de ce qu'avait fait le duc Claude. Peut-être le désir d'être seul chef d'armée, de n'avoir plus de discussion avec la jalouse autorité du connétable, de se sentir le maître, n'a pas été tout à fait étranger à une attitude si nouvelle dans sa famille. Mais il a dû céder surtout à des projets qu'il préparait en secret, et dont il n'a jamais fait l'aveu formel. On savait qu'il voulait se faire coroner roy de Sicile ou de Naples, où il prétendoit droit[11]. Depuis longtemps, il étudiait les événements d'Italie, se faisait rendre compte de tous les combats, et conservait des relations avec les généraux qui y commandaient. C'est chez lui qu'était accouru, à la fin de 1555, le défenseur de Sienne, Biaise de Montluc, incertain de l'accueil que lui ferait, après la capitulation de Sienne, le défenseur de Metz. Il avait été reçu en frère d'armes par le duc, qui ne se pouvoit, dit Montluc, saouler de m'embrasser et m'amena en la chambre du Roy, lequel estoit encore au lit, toutefois esveillé, et, à l'entrée de la chambre, il commença à crier tout haut, me tenant par la main : Sire, voicy vostre homme perdu[12]. Dans la journée, Guise le ramena près du Roi, et lui fit raconter le siège de Sienne. Il apprit ainsi combien la guerre était devenue atroce en Italie ; au moment de l'investissement de Sienne, Montluc avait fait sortir plus de quatre mille personnes, qu'il appelait des bouches inutiles : De toutes les pitiés et désolations que j'ay veues, je n'en vis jamais une pareille, ny n'en verrai à l'advenir, à mon advis ; ces pauvres gens s'en alloient à travers des ennemis, lesquels les rechassoient vers la cité, et tout le camp demeuroit nuit et jour en armes pour cest effect, car ils nous les rejettoient jusqu'au pied des murailles, afin que nous les remissions dedans pour plustot manger le peu de pain qui nous restoit. Mais cela n'y fit rien et si dura huict jours. Ils ne mangeoient que des herbes, et en mourut plus de la moitié : il y avoit un grand nombre de filles et belles femmes, celles-là avoient passage..... ce sont des loix de la guerre, il faut estre cruel bien souvent ; Dieu doit estre bien miséricordieux en nostre endroict qui faisons tant de maux[13]. Malgré ces mesures, les vivres furent épuisés après quelques mois ; de la fin de février à la fin d'avril, les assiégés ne mangèrent plus qu'une fois par jour[14] ; pendant le mois de mai la ville entière, habitants et défenseurs, resta à peu près sans nourriture durant cinq jours : Nous avions demeuré depuis le mercredy jusqu'au dimanche sans manger que six onces de biscuit le jour pour homme, et le jeudy, je fis tuer un cheval et le despartis par toutes les compagnies françaises et italiennes et fis prendre toute l'huile des lampes des églises, et la distribuay pareillement aux soldats ; et avec des mauves et orties, faisoient cuire cette chair et huille, et ainsy se sustentèrent jusqu'au dimanche matin. Mais le sentiment artistique de cet âge ne se laissait pas éteindre par ces souffrances ; il semblait croître, au contraire, avec l'énergie morale, et ce même siège de Sienne ressemble par moments à un ballet : Les dames de la ville de Sienne se répartirent en trois bandes : la première estoit conduite par la signora Forteguerra, qui estoit vestue de violet, et toutes celles qui la suivoient aussy, ayant son accoustrement en façon d'une nymphe, court et monstrant le brodequin ; la seconde estoit la signora Piccolomini, vestue de satin incarnadin, et sa trouppe de même livrée ; la troisième estoit la signora Livia Fausta, vestue toute de blanc, comme aussy estoit sa suite avec son enseigne blanche. Ces trois escadrons estoient composés de trois mille dames, gentilfemmes et bourgeoises ; leurs armes estoient des pics, des pelles, des hottes et des fascines.

Ces récits intéressaient et préoccupaient le duc de Guise, qui attachait un grand prix à s'assurer le dévouement d'un capitaine énergique et opiniâtre comme Montluc ; il tint à lui annoncer lui-même la nouvelle que le Roy s'estoit résoleu de me bailler le collier de l'Ordre et offrait une autre récompense à son choix, en l'honneur de la belle défense de Sienne. Montluc avait besoin d'argent pour constituer la dot de ses filles, mais il savait que les caisses du Roi étaient vides et que tous les revenus étaient engagés pour les préparatifs de la campagne de Naples ; il consulta son frère l'évêque de Valence, qui lui conseilla de demander deux places de conseiller au parlement de Toulouse, dont je retirerois plustot argent que d'aultre chose. Vers la même époque, Pietro Strozzi, condottiere italien, allié à la famille Médicis, était également appuyé parle duc de Guise, qui cherchait à se créer des partisans parmi les soldats accoutumés aux guerres d'Italie ; Strozzi obtint, sur sa recommandation, un bâton de maréchal de France et l'évêché de Bazas[15] ; il vendit l'exploitation des revenus de l'évêché, de même que Montluc avait vendu les charges de conseiller au Parlement, et tous deux repartirent pour Rome, afin d'y organiser la défense des États pontificaux, et de protéger le Pape contre l'ennemi trop puissant qu'il avait témérairement attiré sur lui.

Quand le maréchal de Strozzi arriva à Rome[16], il trouva les habitants frappés de terreur par l'approche de l'armée espagnole. Ils se souvenaient des horreurs qu'avaient commises, trente ans auparavant, les soldats de Charles-Quint, dans le sac de Rome ; ils s'attendaient à revoir de semblables catastrophes. Mais les Espagnols, en apprenant qu'il y avait douze cents François coules à Rome, sous les sieurs[17] maréchal de Strozzi et Montluc, se contentèrent de prendre Ostie et les places des environs, afin d'affamer la capitale. Les Français firent des sorties qu'ils poussèrent jusqu'en Toscane. Ils surprirent la ville de Piance, en pénétrant dans la place par le trou par où sortoient les immondicités de la ville ; et comme l'on estoit passé par ce trou, il falloit passer le ventre à terre et dans l'ordure, et l'on n'avoit plus qu'à franchir une muraille[18].

Bientôt le duc de Guise put se mettre en marche[19]. Dans la brillante gendarmerie qui le suivait, on voyait son frère le duc d'Aumale, le duc de Nemours, Tavannes, Sipierre, des chefs déjà expérimentés, et des volontaires empressés de servir sous le jeune général[20]. Il traversa rapidement Turin ; le maréchal de Brissac, qui défendait la haute Italie depuis le commencement du règne, lui conseilla d'attaquer Milan[21], et d'attirer ainsi vers le nord l'armée espagnole. S'il avait suivi cet avis, le duc de Guise se serait épargné de pénibles déceptions ; mais Rome et Naples l'attiraient : il hâta sa marche, obligea ses soldats à payer exactement les vivres qu'on lui apportait, et trouva ainsi le moyen à la fois de n'être pas retardé par la méfiance des villes fermées et de vivre dans l'abondance ; son camp sembloit une foire[22]. Il entra enfin à Rome le jour de quaresme-prenant.

Les fêtes de Pâques, les jalousies des neveux du Saint-Père, les cérémonies pieuses l'enlacèrent et le tinrent captif dans la Ville éternelle, avec son armée inutile et sa chevalerie oisive. Il est probable que le cardinal Caraffa était, dès cette époque, acheté par le Roi d'Espagne, et qu'il commençait déjà à trahir le Pape, son oncle, et le duc de Guise[23]. Il retint le général français un mois entier à Rome, l'entretenant de toutes délices, festins, courtisannes, vierges et femmes mariées, dont ce gouffre d'abomination a accoustumé de fournir[24]. Empressé près des cardinaux, le fier duc de Guise, qui en France disputait le pas aux princes du sang, prenait ici la place la plus humble à table, après tous les gens d'Église. Mais avec toutes ses complaisances, il ne pouvait obtenir que le Pape lui procurât les quinze mille hommes qu'il lui avait promis : on lui en montrait seulement douze cents ; et encore ces auxiliaires italiens ne tardèrent pas à se quereller avec les Français, et le duc de Guise put se procurer, au milieu de ses fêtes, le spectacle d'un combat judiciaire analogue à celui de Jarnac ; les deux adversaires étaient un capitaine italien et un capitaine gascon nommé le capitaine Prouillan. Le capitaine italien estoit de belle et haulte taille, maigre et sec, et noiraut. Pour lors, toute l'armée estoit campée et logée à Monte-Botundo, où le camp estoit assigné ; estant entrés dans le camp, solemnités toutes faites, la fortune voulut que l'Italien donnât un si grand etvilain coup d'espée sur le jarret de Prouillan, qu'il tomba par terre sans se pouvoir plus relever. L'Italien prit les armes de son ennemi, sortit hors du camp avec son parrain, confidans et amis, montés dans un coche, et les armes de son ennemy portées devant en signe de triomphe, s'en alla à Rome et y entra avec grande resjouissance et applaudissemens et grands cris : Victoria, l'onor della patria serva ![25]

En voyant pour la seconde fois abattre le champion qu'il favorisait, le duc de Guise perdit le goût des duels et les interdit sévèrement dans la suite. Mais cet épisode des querelles entre soldats acheva de lui prouver qu'il n'avait rien à attendre des Romains. Inquiet au milieu de ces Italiens, joué par les gens d'Église, sentant la trahison autour de lui, le général des armées pontificales dut regretter plusieurs fois les temps heureux du siège de Metz, alors que ses ordres étaient obéis sans discussion. Aujourd'hui, il se sentait poussé vers la fausseté. Pendant qu'il comptait garder pour lui la couronne de Naples, il signait un traité portant que le royaume serait remis au duc d'Orléans, second fils de Henri II, qui épouserait une parente du Saint-Père[26]. Enfin, lassé des ruses et des atermoiements du cardinal Caraffa, qui a une teste pour ruyner tout le monde[27], il s'arracha aux bras des belles Romaines et commença la campagne, dans l'espoir de se retrouver libre au milieu de son camp. Il connaissait déjà son adversaire, le général espagnol : c'était l'un des chefs de l'armée de Charles-Quint au siège de Metz, le duc d'Alva.

Alvarez y Toledo, duc d'Alva, que nous appelons le duc d'Albe, et qui est devenu si fameux, plus tard, par les massacres qu'il ordonna dans les Pays-Bas, avait déjà près de cinquante ans lorsqu'il fut chargé par Philippe II de défendre le royaume de Naples contre Guise. Il avait fait ses premières armes en combattant les Turcs. On racontait que, durant une trêve de dix-sept jours, il avait quitté la Hongrie au galop de son cheval, pénétré en Espagne, passé quelques minutes auprès de sa jeune femme, et rejoint le camp, en Hongrie, devant les Turcs, au moment de l'expiration de la trêve. En 1547, il détermina le succès de la bataille de Muhlberg, qui rendit Charles-Quint le maître des princes allemands. Point d'autre vertu que le sentiment du devoir ; mais le devoir, pour lui, se limitait à la soumission aux autorités ; peu de vices autres qu'une avarice portée à un degré rare, un orgueil qui le rendait impoli, même avec les grands d'Espagne[28], et une disposition à être envieux, qui fit de lui l'ennemi du brave comte d'Egmont, pour la gloire qu'il avait acquise en vainquant les Français, tandis que lui-même était absorbé par cette obscure campagne dans les montagnes napolitaines. Mais il n'était pas naturellement féroce. Les exécutions, les sacs de villes, les incendies, les massacres, étaient pour lui, le plus souvent, pure obéissance aux ordres du Roi, exécution du devoir militaire, et quelquefois simple habitude. Il y avait en lui du soldat et du courtisan, comme dans notre connétable ; mais Montmorency avait trop de confiance dans son expérience, tandis qu'Alva voulait ne rien céder à l'imprévu et s'assurer tous les avantages que peuvent fournir la prévoyance et la fermeté. Esprit étroit, docile au chef, dur au subordonné, sans éclat, mais sans témérité. C'était un homme grand, sec, droit, étranglé et sanglé dans son armure, avec une tête très-petite, des joues jaunes, des yeux noirs, froids, qui regardaient de haut en bas. Une longue barbe descendait sur sa poitrine[29].

Je n'aurai garde de jouer le royaume de Naples contre le pourpoint brodé du duc de Guise. C'est ainsi qu'avec un certain dédain de grand seigneur contre un cadet de Lorraine, le duc d'Alva semblait annoncer d'avance son plan de campagne. Bien que commandant une armée très-supérieure en nombre, il se tint sur la défensive, ne se laissa jamais joindre que s'il se jugeait inattaquable, gagna du temps, chercha à lasser la fougue de son ennemi déjà exaspéré par la cour de Rome, et dépaysé à travers tant de secrets obstacles.

Les soldats français n'étaient pas moins irrités que leur général de tant de retards. Impatients de pouvoir saisir l'ennemi, ils se ruèrent sur la ville de Campli[30], qui se présenta la première sur leur trajet, l'enlevèrent d'assaut et la détruisirent avec de si stupides cruautés que les habitants de Civitella, assiégés presque aussitôt, se résignèrent à subir les dernières extrémités, à mourir tous de faim, plutôt que de se soumettre au sort des habitants de Campli. Cette résistance arrêta notre marche. En même temps, nous ne vîmes plus arriver ni vivres, ni munitions ; les Caraffa semblaient nous avoir oubliés. Guise perdit son sang-froid, se plaint du Pape au marquis Antoine Caraffa, l'injurie et le frappe d'un plat d'argent[31]. Ces sévices ne pouvaient concilier ni l'oncle ni les neveux, mais Civitella était sur le point de succomber, il ne restait plus une goutte d'eau dans les citernes, lorsque, tout à coup, une pluie inattendue, abondante, merveilleuse, vint les remplir. Dieu, s'écria Guise, se fait Espagnol ! Après deux assauts et vingt-deux jours de canonnade, il quitta la place et offrit la bataille au duc d'Alva, qui la reffusa, espérant, à l'accoustumée, la ruyne des Français par temporisement[32]. La fièvre, et bientôt la désertion, diminuèrent nos rangs. Guise, malade lui-même[33], dégoûté de ses alliés et harcelé par des ennemis invisibles qui lassaient son activité et épuisaient son armée, écrivit au Roi : J'ay esté adverty que plusieurs de nos soldats se retirent en France, et il recommanda que l'on ne face faulte de les desvalizer entièrement[34]. Bientôt, il fut forcé d'annoncer que tous nos soldats tombent malades d'heure à autre, et de demander des chevaux et mulets pour les porter, eux et leurs armes.

Cette belle armée commençait à paraître si affaiblie que le prudent duc d'Alva crut pouvoir la négliger un moment et tenter un coup de main sur Rome même. Il rejoignit, sous les murs de la ville, une bande d'Italiens au point du jour, et fit approcher des échelles. Mais il aperçut dans la brume du matin quelques cavaliers qui s'échappaient par une porte, et se dirigeaient vers le camp français ; il se hâta d'effectuer sa retraite pour n'être pas surpris par le duc de Guise, et accablé entre les Français et la ville. Il n'avait probablement pas l'intention d'enlever par une surprise de nuit et une brusque escalade, à quelques heures d'une armée française, la plus grande ville du monde ; il voulait plutôt donner une apparence de satisfaction aux vœux des Italiens de son armée, qui étaient impatients de mettre à rançon des cardinaux, comme au temps de Charles-Quint, et jeter en même temps la terreur dans l'esprit des Romains, en leur montrant qu'ils n'étaient pas suffisamment protégés par la présence des Français. Cette fausse attaque eut, en effet, pour résultat d'assurer la prédominance du parti de la paix dans la cour pontificale. Le Pape se vit supplié par ses neveux et ses favoris de sacrifier, dans une subite entente avec l'Espagne, les alliés qu'il avait attirés à la guerre. Son irritation fut habilement excitée contre le duc de Guise, qui, de son côté, ne lui dissimula pas son dépit. Avec une armée dont l'entretien coûtait à la France près de six millions de francs par mois[35], pour laquelle le pays avait été tellement épuisé que le fond du trésor du Louvre estoit quasi du tout en tout tari à cause de la despense infinie qui se faisoit pour le voyage d'Italie[36], le duc de Guise recognoist trop tard son entreprise appuyée sur gens foibles, l'espoir du Turc frivole[37], ne sait comment sortir de cette affaire, dans laquelle il n'a rien fait pour sa gloire, ainsi que le lui dit durement le Saint-Père, et qui peut se terminer par une ruine complète. Il se résigne à adopter la tactique de son ennemi, et ne songe plus qu'à épargner les hommes et ménager ses troupes, lorsque lui arrive de France la nouvelle de défaites tellement désastreuses que ses échecs d'Italie disparaissent au milieu du danger public, et qu'à l'heure même où il croit sa réputation compromise pour n'avoir pas risqué son armée dans une pointe hardie sur la ville de Naples, il acquiert, au contraire, l'honneur d'avoir su conserver à peu près intactes les dernières forces qui restassent à la France.

Dès le mois de juin, Philippe II avait envahi notre frontière du nord ; son armée s'était avancée rapidement et presque sans trouver de résistance. Les places étaient dégarnies, les soldats partis pour l'Italie. Au commencement d'août, les Espagnols approchaient du cœur de la France ; la ville de Saint-Quentin restait la seule place forte qui les séparât de Paris. Au lieu de dédaigner l'enceinte ruinée et sans bastions de Saint-Quentin, et de continuer la marche sur Paris, dont les murs n'étaient pas en meilleur état, et les bourgeois beaucoup moins belliqueux, Philippe II voulut que ses généraux s'assurassent d'abord de Saint-Quentin ; il comptait en faire un point de ravitaillement pour ses armées, pendant qu'elles continueraient la conquête du pays. L'amiral de Coligny, gouverneur de Picardie, crut son honneur intéressé à défendre Saint-Quentin ; il s'y introduisit à travers les lignes ennemies, mais il n'avait ni poudre ni soldats. Son oncle, le connétable, avança avec la faible armée qu'il avait réunie à la hâte, pendant les premières semaines de l'invasion, et prétendit jeter des secours dans Saint-Quentin, sous les yeux d'une armée cinq fois supérieure en nombre, en plein jour et sans livrer bataille. Il se vantait de montrer aux Espagnols un tour de vieux routier[38] ; il garda sa confiante assurance jusqu'à la dernière minute. Tandis qu'il se rapprochait de la place, on venait lui dire qu'il était cerné par les Espagnols, qu'il n'avait pas un instant à perdre pour les accabler sur les points où ils n'étaient encore qu'en petit nombre, et ordonner la retraite en leur passant sur le corps. Luy, ayant pris sa résolution du logis, ne donne lieu à celle que l'évenement et occurrence luy devoit faire prendre, et croit ce qu'il avoit en sa teste, de se retirer sans combattre, repousse le nouvel advisy se persuade que l'armée ennemie ne pouvoit si tost passer, rabroUe, injurie tous ceux qui parlent à luy[39]. Soudain, attaqué sur tous les points, au milieu des marais, il est blessé d'un coup de pistolet dont il cuida mourir[40], et fait prisonnier ; presque tous ceux qui l'accompagnaient sont tués ou pris. C'est là qu'un Bourbon, Jean, comte d'Enghien, jeune, marié depuis trois mois à une princesse dont il avait été longtemps épris[41], fut entouré d'Allemands et sommé de se rendre. — Jà Dieu ne plaise, s'écria-t-il, qu'on die jamais de moy que je me suis rendu à telle canaille ! Et il se fit tuer[42].

Philippe II, qui n'avait pas assisté à la bataille, accourut le lendemain, et put se croire le maître de la France. Combien de journées d'ici à Paris ? demandait-il à ses prisonniers. — Trois journées, c'est-à-dire trois batailles, car le Roi a encore trois armées ! répondit la Roche du Maine, un des vieux chevaliers des guerres de François Ier. Réponse ingénieuse, mais dont l'ennemi ne dut pas être dupe : il n'y avait plus une seule armée, la France était vide, elle n'était plus couverte que par Coligny.

Mais alors s'accomplit un prodige. Sans la moindre espoir de sauver Saint-Quentin[43], sans aucune chance de secours extérieur, au milieu de remparts éboulés, Coligny, secondé par Saint-Rémy, le savant Provençal du siège de Metz, inspira une sorte d'héroïsme à tous ceux qui étaient enfermés avec lui dans la ville. Il leur montra que chaque minute de résistance était un retard dans la ruine de la France, un délai pour armer le pays et laisser revenir l'armée de Naples. Capituler, c'était laisser surprendre Paris sans garnison et sans artillerie. Gentilshommes, arquebusiers, bourgeois, tous se trouvèrent exaltés par l'exemple de Coligny et de son frère d'Andelot ; ils se décidèrent à se faire tuer pour prolonger une résistance qui ne pouvait être de longue durée.

Us se maintinrent ainsi du 10 au 29 août. Le 29 août, l'assaut fut donné par l'armée ennemie tout entière a travers onze brèches à la fois, et faut noter que pour toutes lesdictes brèches je n'avois point huit cents hommes pour les défendre, tant bons que mauvais[44]. Ces huit cents hommes se firent bravement accabler par les quarante mille hommes de l'armée de Philippe II. Et alors commença la vengeance contre l'insolente ville qui, sans être suffisamment fortifiée, avait osé retarder les triomphes de l'Espagne.

Comme le taureau des jeux de son pays oublie un moment les picadors pour s'acharner sur la carcasse du cheval qu'il vient d'éventrer, ainsi Philippe II s'attarde sur les débris de la ville prise. Son esprit obstiné oublie que la victoire véritable n'est qu'à Paris ; il s'enferme dans son idée arrêtée à l'avance, et n'a sous les yeux que Saint-Quentin. Exaspéré de la résistance invraisemblable qui t’a retenu, il s'arrête davantage pour satisfaire sa colère. Le premier jour, tous les hommes sont tués, à l'exception de quelques blessés, étendus par terre sous leur armure, et qui pourront payer une rançon. De la sorte sont emmenés Coligny, d'Andelot, Jarnac. Ensuite le pillage dure deux jours. De simples soldats y gagnent jusqu'à douze mille ducats. Pour qu'aucune richesse ne leur soit dissimulée, ils déshabillent les femmes. Parmi ces vainqueurs, les Allemands sont les plus cupides, les Espagnols les plus cruels. Quand les femmes, dépouillées de leurs vêtements, cherchent à se voiler de leurs bras, ils leur coupent les bras, croyant ne pas les voir assez nues tant qu'elles peuvent cacher un peu de leur corps ; ils leur taillent les joues et les seins avec leurs couteaux. Les pauvres créatures s'enfuient à travers les maisons incendiées[45] ; personne ne songe à éteindre le feu. C'est une immense fête de soldats. Après trois jours, de toute la population de Saint-Quentin, il ne reste que trois mille cinq cents femmes enfermées nues et sans nourriture avec quelques petits enfants dans la cathédrale ; on les pousse dehors, troupeau affamé et saignant, on les chasse ; elles meurent sur les chemins, chargées de coups, couvertes de plaies, quelques-unes avec des enfants dans les bras, quelques autres chancelantes, les bras tranchés. Les plus vigoureuses sont reprises et envoyées en Espagne, où on les vend comme esclaves aux fermières de la Vieille-Castille[46]. C'était l'ordre de Philippe II.

Le temps même consacré à détruire ces victimes était encore gagné pour la défense de Paris. La reine Catherine, avec sa voix harmonieuse, son regard brillant et triste, se montrait à l'Hôtel de ville, parlait aux bourgeois, promettait de défendre la capitale, pendant que son mari préparait une armée de secours[47]. La vraie armée était celle que le Balafré ramenait d'Italie. Son nom s'était trouvé sur toutes les lèvres, et les cavaliers qui avaient pu échapper au commencement de la bataille de Saint-Quentin criaient que s'il eust été là, ce malheur ne fust advenu[48].

Heureusement, son armée n'avait pas été détruite comme toutes celles que nous avions envoyées jusqu'alors à Naples. Guise avait évité un désastre ; il était le seul de nos généraux qui n'eût pas été vaincu. Ce n'est pas tout que de conduire et avoir des armées, mais il les faut conserver, et, qui le peut, rendre et retourner au logis saines et entières[49]. Le Balafré simula une expédition sur Pise, s'embarqua à Ostie, tandis que Tavannes et Montluc ramenaient l'armée par les Alpes. Le Pape conclut la paix avec le duc d'Alva, qui fit son entrée dans Rome.

 

 

 



[1] ROBERTSON, History of Charles the Fifth, book XI.

[2] TAVANNES.

[3] TAVANNES, Mémoires, édit. Petitot, p. 187.

[4] SAINT-SIMON, Mémoires, t. IX, chap. XII, p. 170.

[5] SAINT-SIMON, Mémoires, t. IX, chap. XII, p. 170.

[6] Elle se fit appeler madame d'Alluye, du nom d'une terre de son mari, et eut assez de crédit pour faire créer, en 1587, au profit de son frère, la duché-pairie d'Halluyn.

[7] VIEILLEVILLE, Mémoires, liv. VI.

[8] State paper Office, Ms. Mary, domestic, vol. IX, Philip II to the English council : Ea temperantia ac modestia hoc bellum a duce geri atque administrari, ut nihil nisi orbis christiani tranquillitas, Sedis apostolicæ dignitas, et nostrorum regnorum securitas procuretur, naque ullum nos ex hoc bello gloriæ aucupemar, summum potius dolorem animique ægritudinem percipiamus.

[9] Claude HATON, Mémoires, t. I, p. 29.

[10] Claude HATON, Mémoires, t. I, p. 29.

[11] Claude HATON, Mémoires, t. I, p. 29.

[12] MONTLUC, Commentaires, p. 155.

[13] MONTLUC, Commentaires, p. 139.

[14] MONTLUC, Commentaires, p. 139.

[15] Ms. FONTANIEU, V. 274, publié par BOUILLÉ, t. I, p. 308.

[16] RABUTIN, Commentaires, p. 532.

[17] TAVANNES, Mémoires, p. 205.

[18] MONTLUC, Commentaires, p. 175

[19] Novembre 1556.

[20] LA CHASTRE, Mémoires, p. 589.

[21] TAVANNES, Mémoires, p. 205.

[22] GUISE, Mémoires-journaux.

[23] C'est l'opinion de tous les contemporains, LA CHASTRE, VIEILLEVILLE, TAVANNES. Voir aussi ROBERTSON, History of Charles the Fifth, l. XI.

[24] VIEILLEVILLE, Mémoires, p. 253.

[25] BRANTÔME, les Duels, p. 60.

[26] GUISE, Mémoires-journaux, p. 334.

[27] GUISE, Mémoires-journaux, p. 366.

[28] On lui reprochait de tutoyer tous ceux à qui il adressait la parole, au lieu de parler à la troisième personne, comme il a toujours été d'usage en Espagne.

[29] Son portrait, peint par le Moro, est à Bruxelles. La tête de sa statue en bronze a figuré à l'Exposition au profit des Alsaciens-Lorrains, au palais Bourbon.

[30] TAVANNES.

[31] TAVANNES.

[32] TAVANNES.

[33] LA CHASTRE.

[34] GUISE, Mémoires-journaux.

[35] Cent soixante mille écus de l'époque. Voir LA POPELINIÈRE, Histoire de France, enrichie des plus notables occurrences, etc.

[36] VIEILLEVILLE, liv. VII.

[37] TAVANNES.

[38] MERGET, Mémoires ; D'AUBIGNÉ, Histoires, p. 27. Il ne faut pas oublier que le connétable Anne de Montmorency est l'aïeul, à la fois, du grand Condé et du grand Turenne. (Voir les états généalogiques à la fin du volume.)

[39] TAVANNES, Mémoires, p. 209.

[40] Ambroise PARÉ, Voyages.

[41] Père ANSELME, Histoire généalogique, etc. Voir les tableaux à la fin du volume.

[42] L'ESTOILE, Journal de Henri III, t. I, p. 13.

[43] LA CHASTRE, Mémoires, p. 592.

[44] COLIGNY, Discours, etc., édit. Didier, p. 581.

[45] Documentos ineditos para la historia de España, t. IX, p. 497-524. Il faut citer les mots mêmes de la relation, tant ces faits sont étranges : Las daban cachillados por cara y cabeza y a muchas cortazon los brazos.

[46] Documentos ineditos para la historia de España, t. IX, p. 516 : Cierto a los piadosos hacia demasiada lasyima vellas ir, ver 3.500 mugeres. Muchas dellas Ilevaban cortados los brazos, y muchas con cuchilladas... las que daban a mamar Ilevaban sus criaturas en sus brazos. Voir aussi un récit du siège, inédit et anonyme, publié dans les Archives du nord de la France et du midi de la Belgique.

[47] LA CHASTRE, p. 481.

[48] TAVANNES.

[49] BRANTÔME, Hommes illustres.