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En
commençant notre chapitre huitième, dans lequel nous nous sommes occupé de la
situation générale de l'Austrasie pendant le VIe siècle, nous avons vu que
l'autorité impériale était encore respectée dans la Gaule, et nous ne pouvons
mieux ouvrir une nouvelle série de recherches sur l'état de cette contrée
qu'en examinant ses relations avec l'Empire. On est
assez accoutumé à regarder les empereurs qui régnèrent au VIIe siècle comme à
peu près étrangers à l'Occident, et comme souverains d'un empire grec, lequel
n'avait plus de relations qu'avec les peuples orientaux. Rien n'est plus faux
que cette appréciation. Héraclius songea sérieusement à fixer sa résidence à
Carthage, et ne fut détourné d'un pareil dessein que par les instances du
patriarche de Constantinople. Constant II, petit-fils d'Héraclius, avait
résolu d'expulser les Lombards de l'Italie et de rétablir à Rome le siège de
l'Empire, disant que « la mère méritait plus de considération que la fille »
; et, de fait, il passa la dernière partie de son règne (663-668) dans l'Italie méridionale et la
Sicile. Les habitants du partage d'Orient se donnaient à eux-mêmes,
dans leur langue, le nom de 'Ρωμαϊοι ou de
Romains ; les nations étrangères ne les connaissaient pas sous une autre
dénomination, et chez les Arabes le mot Roumi est encore synonyme de
Chrétiens.
Les Occidentaux n'avaient pas une moindre idée de l'ancienne capitale de l'Empire. Le
biographe de saint Babolenus, parlant de Rome, la qualifie de domina mundi
ou maîtresse de l'univers[1], et lorsque Frédégaire s'occupe des affaires de l'Empire, il
ne manque pas d'employer tes termes de respublica, de manus publica,
de pars publica, qu'il regardait comme synonymes, et il ne se sert
pour ainsi dire jamais du mot imperium[2]. Si
l'Empire était encore l'objet d'un culte semblable, il est naturel d'admettre
que la personne de l'empereur n'était pas moins vénérée. Il suffit de
parcourir l'Έξαήμερον de Georges
Pisidès pour apprendre quelles étaient à cet égard les idées des Orientaux,
et bien qu'en Occident on ne pensât pas de même, on ne laissait pas d'être
rempli de respect pour les successeurs de Constantin. L'usurpation sanglante
de Phocas avait, il est vrai, porté une rude atteinte à cette vénération six
fois séculaire, et relâché les liens qui unissaient encore les deux partages.
Néanmoins, Phocas avait été reconnu par le pape saint Grégoire-le-Grand[3] et par tous les rois des
Barbares fédérés. Un peu plus tard, les victoires d'Héraclius, qui furent
suivies de la restitution de la vraie croix, rendirent à l'autorité impériale
le prestige qu'elle avait momentanément perdu. En célébrant, tous les ans, le
14 septembre, l'anniversaire, alors fort solennel, de ce dernier évènement,
et en chantant dans les basiliques les beaux hymnes de Venance Fortunat Vexilla
Regis et Crux benedicta, les Occidentaux ne pouvaient s'empêcher
de répéter en même temps les louanges du prince auquel on devait la
possession de ce gage précieux de notre salut. Aussi, les écrivains
occidentaux ne parlent-ils d'Héraclius qu'avec le plus grand respect.
Frédégaire, qui lui a consacré plusieurs chapitres de son ouvrage, qualifie
de miraculum les victoires de l'empereur[4] ; le biographe de saint
Desiderius, évêque de Cahors, remarque, comme une chose à noter, que
l'élection du prélat eut lieu temporibus piissimi Heraclii Imperatoris[5], et on rencontre une phrase
plus significative encore dans le biographe de saint Landoaldus[6]. Malgré les fautes et les
crimes de Constant II, on n'oublia jamais que la postérité d'Héraclius
occupait le trône, et saint Audoênus, rappelant les progrès que fit le
monothélisme, grâce à la protection de ce prince, n'en parle néanmoins que
comme du chef de l'Empire[7]. La
puissance des empereurs n'était pas, d'ailleurs, à dédaigner. Ils avaient
perdu plusieurs provinces, mais ils possédaient encore une partie de
l'Italie, la Sicile, la Corse, la Sardaigne, l'Afrique, la Grèce avec ses
îles, l'Illyrie, la Thrace, l'Asie Mineure, l'Arménie et la Tauride. Les
califes leur payaient souvent un tribut ; les Wisigoths d'Espagne
reconnaissaient, au moins nominalement, leur suprématie, et les Lombards
eux-mêmes, malgré leurs fréquentes hostilités contre les exarques de Ravenne,
battaient monnaie au nom des empereurs[8]. Ceux-ci, dans leurs relations
avec les rois Francs, continuaient à employer les anciennes formules qui
établissaient leur suprématie ; et Constantin III, dans la lettre que nous
avons citée plus haut, donne à Dagobert II le titre de fils, qui impliquait
une infériorité à l'égard de l'empereur. Nous avons signalé les efforts de
Constant II pour faire recevoir dans le partage d'Occident
l'exposition doctrinale que l'on appelle le type, et qui avait pour but de
répandre le monothélisme. On sait que le pape saint Martin lui opposa la plus
vive résistance ; mais ce fut toujours avec respect, et on possède encore la
lettre qu'il écrivit à saint Amandus, ancien évêque de Trajectum-ad-Mosam,
pour le supplier d'engager le roi d'Austrasie Sigisbert à choisir quelques
prélats, qui se rendraient à Constantinople et conjureraient l'empereur de
renoncer à ses desseins[9]. Une des choses qui prouvent le
mieux combien était grand encore le prestige de la puissance impériale est la
conduite que ce prince tint à l'égard du pape saint Martin. Constant traita
le vénérable pontife de la manière la plus cruelle, sans que les rois
barbares, dont quelques-uns étaient des hommes pieux — saint Sigisbert
régnait alors en Austrasie —, aient osé intervenir, comme Pépin-le-Bref et
Charlemagne le firent, dans la suite, en faveur des papes leurs
contemporains, qu'ils protégèrent contre les Lombards. Peu d'années après la
mort de Constant II, on vit Constantin III, son fils et son successeur,
demander au pape de convoquer, non pas à Rome, mais à Constantinople, les
évêques de tout l'empire, et même ceux dont les sièges épiscopaux étaient dans
le partage d'Occident. Ces derniers obéirent, comme les autres, et figurèrent
dans un concile à toutes les sessions duquel l'empereur jugea à propos
d'assister. Les
papes, loin de rompre avec une autorité qui leur était si souvent à charge,
donnèrent toujours l'exemple de la soumission, lorsqu'il ne s'agissait pas
d'affaires intéressant la conscience. C'est ainsi qu'ils dataient leurs
bulles par les années des empereurs. C'est ainsi qu'ils introduisirent dans
la liturgie plusieurs usages particuliers à l'église impériale de
Constantinople, afin de témoigner le respect qu'ils avaient pour elle. Saint
Grégoire-le-Grand fut même accusé d'avoir humilié l'église latine devant sa
rivale, parce qu'il avait définitivement prescrit à celle-là de chanter le Kyrie
eleison, et enjoint de ne procéder à la fraction de l'hostie qu'après le
Pater, conformément à la coutume de l'église grecque, et contrairement à
l'usage ancien des Occidentaux, usage conservé encore aujourd'hui dans la
liturgie ambrosienne ; et le souverain-pontife fut obligé de présenter son
apologie, dans une lettre adressée à Jean évêque de Syracuse[10]. Dans la
Gaule, les chroniqueurs et les hagiographes datent aussi quelquefois par les
règnes des empereurs[11]. Le buste impérial immobilisé
figure sur toutes les monnaies. Bien qu'au VIIe siècle les légendes aient
subi un changement presque complet, il ne faut pas désespérer de rencontrer
des trientes au nom d'Héraclius, et l'on a publié, il y a peu de
temps, une bractéate d'un travail barbare, qui offre le buste de ce prince,
portant une longue barbe, coiffé de la tiare et tenant une croix à la main,
avec une légende où l'on entrevoit tous les éléments de son nom[12]. Les relations diplomatiques,
moins fréquentes peut-être que dans le siècle précédent, ne furent jamais
interrompues. Nous avons rappelé l'ambassade que Dagobert Ier envoya à
l'empereur Héraclius, et la reine Bathildis, qui gouverna pendant la minorité
de Clotaire III, chargea d'une mission semblable un diplomate nommé
Audobaldus. Les
empereurs, de leur côté, entretenaient des relations avec les nations les
plus lointaines de l'Occident, et le biographe de saint Théodore de Tarse,
métropolitain de Canterbury, assure qu'Ebroïn retint, pendant quelque temps,
dans la Gaule le moine Adrianus, compagnon du prélat, parce qu'il le croyait
chargé d'une mission secrète de Constantin III pour les rois anglo-saxons de
la Bretagne[13]. Une
autre preuve de la supériorité que les rois Francs reconnaissaient dans la
personne de l'empereur est le soin avec lequel ils évitaient toujours de
prendre des titres ou qualifications réservés à ce dernier. A partir du VIIe
siècle néanmoins, on commence à rencontrer le titre de majestas. Nous
l'avons trouvé dans la vie de saint Goar[14], et peut-être ailleurs encore ;
on voit regia majestas dans la vie de saint Bercharius[15] et dans un diplôme de Childéric
II[16] ; on lit dans la vie de saint
Prœjectus : Sub diva memoria Hilderici regis, phrase toute païenne[17] ; dans un autre diplôme du même
roi (Childéric), le mot imperium est
employé comme synonyme de regnum[18], et dans le testament de saint
Odilia ou Odile, que Grandidier juge authentique[19], le roi est appelé imperator.
Mais ce sont là de rares exceptions. Les rois ne portent guère d'autres
titres que ceux de rex et de princeps, et leur autorité est désignée par des
expressions semblables à celles que nous avons signalées dans le huitième chapitre,
entr'autres par les mots altitudo et excellentia, que l'on
rencontre dans la vie de saint Agilus[20]. Le
titre de vir inluster que les Mérovingiens prenaient ordinairement
commence à être prodigué. Il est attribué, dans un diplôme de Childéric II, à
un simple domesticus appelé Odo[21], et Childebert III le donne à
un personnage nommé Aigobertus, qu'il qualifie de menesterialis, sans
indiquer autrement ses fonctions[22]. Le mot menesterialis
ou plutôt ministerialis était celui qui, au VIIe siècle ainsi qu'au
VIe, désignait les fonctionnaires en général, mais plus spécialement les
employés du palais, et les offices de ces derniers sont quelquefois nominés
honores, comme les charges municipales[23]. Au reste, pendant le VIIe
siècle, les rois se servent presque toujours du mot agentes lorsqu'il s'agit
de leurs officiers, sans distinguer entre ceux qui étaient attachés au palais
et ceux qui avaient des emplois dans l'administration[24]. Le
personnel du palais était le même que dans le siècle précédent, et nous
voyons figurer autour des rois tous les fonctionnaires dont nous avons déjà
parlé. Il semble de plus que les Mérovingiens avaient introduit dans leur
demeure un certain nombre d'eunuques. La précaution n'était pas inutile ; car
plusieurs des successeurs de Clovis eurent de véritables harems, et le bon
roi Dagobert Ier entretenait lui-même trois reines et beaucoup (plurimœ) de concubines[25]. Il était absolument nécessaire
d'avoir des eunuques pour garder tant de femmes ; l'exemple des empereurs,
qui vivaient entourés d'eunuques, était bien propre à inspirer aux rois
Francs l'idée d'en avoir aussi, et l'on sait, par un texte de l'historien Luitprand,
que, à une date à la vérité postérieure, les négociants de Verdun faisaient
un grand commerce de ces malheureux, commerce qui devait avoir commencé
plusieurs siècles auparavant[26]. L'école
du palais, dont nous avons retracé l'origine, existait encore au VIIe siècle,
et l'on a même plus de renseignements à son sujet pour cette époque que pour
le siècle précédent. Sous le règne de Clotaire II, elle était dirigée par un
romain nommé Betharius, qui eut pour successeur un de ses disciples les plus
habiles, Rusticus, frère de saint Desiderius, et qui fut plus tard évêque de
Cahors. Ils avaient pour père Salvius, riche gallo-romain, et pour mère
Herchenfreda, qui, malgré son nom et peut-être son origine barbare, écrivait
en latin avec une rare élégance[27]. Sous le règne de Dagobert Ier,
nous voyons à la tête de l'école du palais un moine grec appelé Athanasius[28] ; puis, un gallo-romain nommé
Sulpitius, qui devint plus tard métropolitain de Bourges[29] ; puis, mais seulement à
l'époque de Sigisbert IV, Theodardus ou Theodore, lequel fut récompensé par
l'évêché de Trajectum-ad-Mosam[30]. Les auteurs de l'Histoire
littéraire de la France[31] semblent croire qu'il y avait
simultanément plusieurs abbates ou rectores de l'école du
palais ; que les uns ne quittaient pas la résidence royale et portaient le
titre de palatini, et que les autres, au contraire, suivaient les rois
dans leurs expéditions militaires ; ce qui leur faisait donner le surnom de
castrenses, qui fut aussi attribué aux aumôniers des empereurs ; mais nous
n'avons rien trouvé dans les textes originaux qui puisse justifier une
pareille conjecture. Les
monuments du VIIe siècle nous ont conservé les noms de plusieurs élèves de
l'école palatine, et nous en avons cité quelques-uns ; nous rappellerons
encore ici Rusticus, qui devint lui-même rector ; les gallo-romains
Annemundus, Delphinus, Geremarus, Filibertus ; Ansegisus et Chlodulfus, fils
de saint Arnulfus[32] ; saint Paul, qui fut évêque de
Verdun[33] ; saint Landericus, dont nous
avons déjà dit un mot[34] ; saint Landebertus, lequel
succéda à son maître Theodore sur le siège épiscopal de Trajectum-ad-Mosam[35] ; saint Nivardus, métropolitain
de Reims, et saint Gondelbertus, son frère[36]. On
enseignait dans l'école du palais la grammaire, la rhétorique, la
dialectique, et même la législation romaine[37] ; de plus, les élèves qui se
destinaient à la carrière des armes recevaient une instruction appropriée à
leurs projets[38]. Tous vivaient en commun,
mangeaient ensemble et couchaient dans le même dortoir ; néanmoins, leur vie,
pour être régulière, n'avait rien de dur, ni d'austère ; leur table était
recherchée, et ils portaient des vêtements tissus d'or et de soie[39]. Nous
avons dit tout-à-l'heure que le personnel du palais n'avait pas changé
pendant le VIIe siècle ; mais si les titres étaient restés les mêmes, les
attributions et l'autorité attachées à certaines fonctions avaient diminué ou
grandi. C'est ainsi que, grâce à la jeunesse et à l'incapacité de plusieurs
rois, les maires du palais, dont le pouvoir avait d'abord été si restreint,
finirent par acquérir une autorité prépondérante. Ils avaient été nommés par
les souverains jusqu'à la fin du règne de Dagobert I, bien que l'on puisse
rappeler, avant cette époque, deux ou trois circonstances dans lesquelles, à
raison de minorité ou autrement, leur désignation paraît avoir été l'ouvrage
des grands et des fonctionnaires principaux. Après la mort de Dagobert, les
évêques et les seigneurs devinrent les maîtres presqu'exclusifs de l'élection
du major domus, quoiqu'on la soumît toujours, pour la forme, à
l'approbation du prince. En 641, Flaochatus fut créé maire du palais de
Bourgogne par les prélats et les ducs, et leur choix fut ratifié par la reine
Nantechildis, qui remplissait les fonctions de régente, pendant la minorité
de Clovis II[40]. La mairie de Neustrie étant
devenue vacante, en 659, par le décès d'Erchinoaldus, Ebroïn fut élu par les
évêques et les grands[41]. Lorsqu'Ebroïn eut cessé de
vivre, il fut remplacé par Waratto, dont l'élection, faite dans les mêmes
formes, fut soumise à la confirmation royale, et Waratto eut lui-même pour
successeur Bertharius, qui fut également désigné par les seigneurs et les prélats[42]. La
mairie du palais étant ainsi devenue élective et viagère, le pouvoir de ceux
qui l'avaient obtenue se trouva notablement augmenté, et on employa même pour
les désigner un terme à peu près nouveau : celui de subregulus ou
vice-roi. On rencontre encore assez fréquemment les mots major domus, dux
palatii, et même prœfectus palatii[43] ; mais le titre de subregulus
devient d'un usage fréquent, et on le voit appliqué notamment aux maires
Grimoald[44] et Ebroïn[45]. En même temps, ces dignitaires
s'entouraient d'un luxe qui, sans rivaliser avec celui des rois, était propre
cependant à donner à la multitude une haute idée de leur importance[46], et les Mérovingiens
comprirent, mais trop tard, la faute qu'ils avaient commise en laissant
s'élever près d'eux une autorité capable de contrebalancer leur pouvoir. La
politique des princes fut, en effet, gênée et parfois même combattue
ouvertement par les maires du palais, qui ne se dissimulaient pas que la
résurrection de l'empire d'Occident, en procurant aux rois Francs, devenus
empereurs, une puissance absolue, aurait pour résultat immédiat et assuré de
subordonner les Barbares aux Gallo-Romains, et ils furent secondés dans cette
lutte par les Francs, auxquels un pareil danger ne semblait pas chimérique. Favorisés
par la politique des maires, qui voyaient en eux leur appui principal, les
seigneurs Francs et mème Gallo-Romains profitèrent des circonstances pour
consolider en leurs mains certains droits que les rois leur contestaient, ou
pour usurper des privilèges dont ils n'avaient pas joui antérieurement. Ces
seigneurs étaient nombreux[47] et, en général, fort riches.
Propriétaires d'esclaves, ils avaient conservé les tribunaux domestiques,
dont la législation impériale consacrait l'existence. Peu-à-peu ils donnèrent
à ces tribunaux une extension de plus en plus grande et cherchèrent à leur
assurer comme justiciables tous les coloni et tous les lides établis
sur leurs propres domaines. Un édit de Clotaire II mentionne déjà[48] les judices ou juges des
évêques et des seigneurs (potentes). Les judices privati sont rappelés dans un
diplôme de Dagobert Ier, à côté des judices publici, et le biographe
de saint Landebertus parle d'un judex du vénérable prélat[49]. Les progrès du pouvoir
temporel des évêques n'étaient pas moins remarquables. Les sièges épiscopaux
étaient toujours enviés même par les laïques les plus puissants, et
Rotharius, qui fut nommé évêque de Strasbourg en 646, avait d'abord été duc[50]. Il paraît même que les abbés
des monastères les plus anciens et les plus riches commençaient à réclamer et
à s'attribuer quelques-uns des droits dont les évêques avaient seuls joui
jusqu'alors[51]. Le
titre de vir inluster, autrefois presqu'exclusivement réservé aux
rois, se donnait, vers la fin du VIIe siècle, non seulement à des
fonctionnaires subalternes, mais encore à de simples particuliers, et nous le
voyons appliqué à Bodo-Leudinus, frère de sainte Salaberga[52]. Il est
vrai que plusieurs des seigneurs ainsi qualifiés pouvaient appartenir à la
race royale. Il existait, en effet, et nous en avons fait plus d'une fois la
remarque, une foule de mérovingiens obscurs, constituant des branches
collatérales dont l'histoire n'a pas décrit la destinée. Parmi les individus
que les historiens et les hagiographes désignent comme parents des rois,
quelques-uns étaient évidemment des bâtards, nés de ces concubines que
beaucoup de mérovingiens prenaient et congédiaient avec une égale facilité ;
d'autres devaient être moins des parents que des alliés ; c'étaient des
frères, des neveux ou des cousins de femmes que divers rois avaient tirées
d'une condition souvent très-obscure, pour les décorer du titre de reines ;
mais plusieurs des branches collatérales dont il s'agit devaient provenir de
fils ou de filles légitimes, au sujet desquels l'histoire a gardé le silence.
N'est-il pas possible, par exemple, que Théodebert Ier, qui se remaria, après
la mort de Wisigarda, avec une femme inconnue et probablement de basse
naissance, en ait eu des enfants, qui seront restés ou, pour mieux dire,
tombés dans l'obscurité ? Grégoire de Tours mentionne diverses princesses
mérovingiennes qui habitaient un monastère de Poitiers[53], et un passage de la biographie
de saint Colomban prouve que, au commencement du VIIe siècle, plusieurs
mérovingiens, dont on ne connaît pas les noms, avaient aussi embrassé la vie
religieuse[54]. Nous avons déjà parlé de
Mundericus, de Sigivaldus, de Gondovaldus et de l'évêque Licinius. Les deux
biographes de saint Basolus mentionnent un seigneur fort puissant (prœpotens), Atela ou Attila, qui, d'après
la vie de saint Germain, évêque de Paris, était parent du roi Clotaire Ier[55]. Le leude Wulfinus, dont il est
question dans la vie de saint Eusitius, était, d'après l'hagiographe, de genere
regio[56]. Le biographe de saint Colomban
rappelle une tante paternelle (amita) du roi Théodebert II, laquelle
avait épousé un seigneur nommé Chrodovaldus[57]. Bertchramnus métropolitain de
Bordeaux était parent, on ne sait pas à quel degré, des rois fils de Clotaire
Ier[58]. Saint Aridius passait
également pour appartenir à la race royale, quoique son père et sa mère
portassent les noms romain et grec de Jocundus et de Pelagia[59]. On a dit la même chose de
saint Baldericus et de sa sœur Bova ; mais nous croyons avoir démontré que
c'est une erreur, au moins quant au premier. On croit que Desiderius évêque
d'Auxerre était parent de Sigisbert II[60]. Le diacre Adalgise ou Grimon,
dont le testament nous fournit tant de renseignements curieux, était nepos
ou neveu de Dagobert Ier, et il avait un frère appelé Ado, qui avait lui-même
plusieurs fils. L'un de ceux-ci avait obtenu le titre de duc, et, selon
toutes les apparences, ils ont dû laisser une postérité plus ou moins
nombreuse. Le testament d'Adalgise mentionne encore sa sœur Ermegundis, qui
était diaconesse, et sa tante paternelle (amita), laquelle avait été inhumée
dans une basilique dédiée à saint Georges et située en un lieu nommé Amanium[61]. Mais rien ne nous apprend
comment Adalgise était neveu de Dagobert, et nous en sommes réduit à
conjecturer qu'il était fils de quelque bâtard ou d'une fille de Clotaire II.
D'après Frédégaire[62], le célèbre Erchinoald, qui fut
maire du palais de Neustrie sous le règne de Clovis II, était parent de
Dagobert Ier[63]. D'après le biographe de saint
Austreberta, Badefridus qui fut comte du palais, sous le règne du même
prince, était un mérovingien[64]. Saint Vincent Madelgarius et
un leude appelé Hidulfus avaient épousé Waldethrudis et Aja, toutes deux
parentes (consanguineœ) de Dagobert Ier ; et Valdethrudis avait une sœur, nommée
Aldegundis ou Aldegonde[65]. Sainte Waldrada, première
abbesse de Saint-Pierre de Metz, passe également pour avoir appartenu à la
race royale, et il devait en être de même du duc Eleutherius, oncle de
Valdrada[66]. Le biographe de sainte Berte
en dit autant d'un seigneur appelé Sigifridus, qui avait épousé cette sainte,
laquelle était fille de Rigobertus comte du palais de Neustrie, sous le règne
de Clovis II[67]. Saint Rupertus ou Rudbertus,
successivement évêque de Worms et de Juvavum ou Juvava, fonda,
près de cette dernière ville, un monastère de femmes, qu'il plaça sous la
direction d'une vierge, nommée Ehrenthrudis, et issue, comme lui, du sang
royal des Mérovingiens[68]. Enfin, nous serions assez
porté à regarder comme appartenant à quelque rameau de la famille royale
Bodo-Leudinus, évêque de Toul, et le comte Wulfoad, dont nous parlerons plus
loin, et qui devait être le petit-fils du maire du palais. Ce qui autorise cette
conjecture n'est pas le titre de vir inluster qu'ils prenaient tous
deux ; car le titre en question était alors vulgarisé ; mais la circonstance
que Bodo et Wulfoad portaient de longs cheveux. Le premier coupa les siens (incisa
cœsarie),
lorsqu'il embrassa la vie monastique[69] ; le second était représenté
avec une chevelure flottante sur une des murailles de l'ancien oratoire dans
lequel il avait été inhumé[70], et Agathias nous apprend que
tous les personnages faisant partie de la famille des Mérovingiens avaient le
droit de laisser croître leurs cheveux[71]. Au
reste, quand nous rappelons l'influence que les seigneurs exercèrent sur la
marche du gouvernement depuis la mort de Dagobert Ier, nous n'entendons pas
dire que cette influence ait été le partage exclusif des Saliens et des
Ripuaires. Plusieurs historiens modernes ont cru qu'il y avait eu alors une
espèce de réveil de la barbarie germanique, et que, plus farouches, moins
amollis que les Saliens par la civilisation romaine, et renforcés sans cesse
par des émigrés et des aventuriers venus de la Grande Germanie, les Ripuaires
avaient fini par devenir les dominateurs de la Gaule. L'on fait même
observer, à cette occasion, que, aux yeux des Gallo-Romains, l'Austrasie
était un pays si sauvage, qu'on lui donnait encore parfois le nom de Germanie
; et le biographe de saint Prœjectus, évêque de Clermont, dit, en effet, en
parlant de Childéric II : Germaniœ gerebat principatum[72]. Mais, à notre avis, on suppose
précisément ce qui est en question. On n'a jamais démontré que les
Austrasiens fussent plus rudes et plus sauvages que les Neustriens. La
plupart des seigneurs ripuaires dont on connaît la vie en détail : Chrodinus,
Gogo, Romaricus, Arnulfus, Ansigisus, Pépin de Landen et beaucoup d'autres
étaient, au contraire, des hommes vertueux et amis de la paix. De plus, la
supériorité militaire des Austrasiens n'avait rien d'écrasant, et si l'on
compte les grandes batailles livrées entr'eux et les Neustriens, on voit que
ceux-ci ont été aussi souvent vainqueurs que vaincus. Enfin, le biographe de
sainte Salaberga, mentionnant le premier monastère qu'elle avait fondé sur
les frontières du diocèse de Toul, dit que ce monastère était fort éloigné de
la Barbaries ou du pays des Barbares[73]. Il faut
encore observer que le mélange des Barbares et des Gallo-Romains, déjà fort
avancé à la fin du VIe siècle, avait fait de nouveaux progrès. Pendant le
VIIe siècle, les historiens et les hagiographes emploient fréquemment le mot populus
pour désigner tous les habitants de la Gaule, sans tenir aucun compte de la
différence des races[74]. Les rois se servent, dans
leurs édits et avec la même intention, du mot provinciales[75], que l'on trouve déjà dans les
constitutions impériales, et quand ils parlent des hommes libres, ils les
appellent tous ingenui[76]. Les mariages entre les Francs
et les Gallo-Romains sont plus communs que jamais. Non seulement les premiers
recherchaient soigneusement la main des riches héritières gallo-romaines ;
mais on voyait aussi des gallo-romains épouser des femmes de race Franque, et
c'est ce que nous avons remarqué notamment au sujet de saint Rigobertus, qui
devait le jour à une femme ripuaire et à un vir spectabilis nommé
Constantinus[77]. Dans
tous les textes du VIIe siècle, les deux races semblent placées exactement
sur la même ligne et traitées avec autant de faveur par le gouvernement, et
elles paraissent avoir à peu près les mêmes habitudes. Comme au VIe siècle,
nous trouvons parmi les Francs des hommes de toutes les conditions, depuis
les plus élevées jusqu'aux plus basses. Beaucoup sont considérés comme nobiles,
car nous n'oserions employer le mot de nobles. C'est ainsi que le biographe
de sainte Salaberga dit[78] qu'elle attira dans son
monastère de Laon quantité de femmes et de filles nobles — mulieres
nobiles et fœminœ nobilium Sicambrorum. Dans la vie de saint Ansthrudis,
fille de sainte Salaberge, il est également parlé de divers personnages que
l'hagiographe qualifie de nobiles[79] ; on lit dans la vie de saint
Ansbertus, métropolitain de Rouen[80], qu'il était né de parents
nobles — nobili erat ortus genere ; dans celle de saint Trudon[81], qu'il était issu d'une famille
Franque très illustre — nobilissima Francorum prosapia ; dans la
biographie de sainte Gertrude[82], que sainte Wlfethrudis
appartenait à une maison fort célèbre de la même nation — edita ex antiquo
Francorum genere claro ; dans la vie de sainte Bertila[83], qu'elle était d'une race
illustre — nobilibus parentibus oriunda ; et dans la continuation de
Frédégaire[84], que Bodilo, un des meurtriers
de Childéric II, était un Francus nobilis. Les
jeunes nobles ne comptaient pas tellement sur leur naissance pour obtenir les
emplois, qu'ils ne jugeassent à propos d'étudier, soit dans l'école du
palais, soit dans les écoles épiscopales. D'après son biographe anonyme,
saint Leodegarius reçut l'éducation libérale et distinguée que l'on donnait
alors aux jeunes seigneurs[85], et on rencontre une mention à
peu près semblable dans la vie de saint Hubert, évêque de Liège[86]. Mais
tous les Francs n'étaient pas riches et illustres ; on en voyait beaucoup qui
occupaient une position médiocre ou même se trouvaient dans la misère. Les
bénéfices, d'abord viagers et révocables, avaient fini, à la vérité, par
devenir presque héréditaires. Dès les dernières années du VIIe siècle, la
reprise des bénéfices était regardée comme un acte de rigueur, et les rois,
en faisant de nouvelles concessions, renonçaient souvent, et d'une manière
formelle, au droit de les révoquer ; mais plusieurs concessionnaires avaient
aliéné ou cédé leurs bénéfices, et, après avoir dissipé rapidement l'argent
qu'ils possédaient, ils étaient tombés dans la pauvreté, sans aucune
espérance d'en sortir. C'était, sans doute, à une famille ruinée de la sorte
qu'appartenait Ebroïn ; car il était ex infimo genere ortus, d'après
le biographe de saint Ragnebertus[87]. A côté
de ces Francs devenus misérables figuraient des gallo-romains qui nageaient
dans l'opulence ou tenaient les premiers emplois. Sous le règne de Dagobert
Ier, les ducs gallo-romains Abundantius et Venerandus commandaient l'armée
Franque envoyée en Espagne[88] ; plus tard, Hector était
gouverneur de la Provincia Massiliensis ; le testament d'Erminethrudis
cite deux gallo-romains, Mummolus et Scupilio, dont l'un était comte et
l'autre spatharius[89], et on pourrait multiplier
beaucoup les mentions de ce genre. Les
anciennes familles sénatoriales existaient encore pour la plupart, et leurs
membres continuaient à siéger dans les curies, comme nous l'avons démontré,
en exposant l'état de la Gaule au VIe siècle[90]. La richesse de beaucoup
d'autres familles n'est pas douteuse. Constantinus, père de saint Rigobert,
qui habitait cependant le pagus Ripuarius, était assez opulent pour
qu'on lui donnât le titre de vir spectabilis[91]. Saint Serenus, lequel habitait
dans le territoire de Metz, était fort riche[92] ; il en était de même de saint
Paul, évêque de Verdun[93] ; de saint Bonitus, évêque de
Clermont[94] ; des gallo-romains Triclinus
et Aquilina, qui contribuèrent, avec Pépin d'Héristal, à la fondation d'un
monastère près de Dinantis ou Dinant[95] ; et d'une matrone, appelée
Prætoris, qui céda des domaines considérables à l'église de Toul[96]. Les
diplômes de cette époque mentionnent une foule de propriétaires portant des
noms d'origine latine, et nous avons démontré ailleurs que le nombre en
serait encore bien plus grand, si beaucoup de gallo-romains n'avaient pris,
au VIIe siècle, des noms appartenant à la langue germanique. C'est ainsi que
nous rencontrons dans quatre diplômes concernant les abbayes de Saint-Mihiel
et de Palatiolum six propriétaires gallo-romains : Felicius, Hærevius,
Æginus, Hertellio, Tullo et Feronius[97] ; et notons, en passant, que le
nom de ce dernier rappelle la déesse Feronia, dont le culte était assez
répandu dans le nord de la Gaule. Ajoutons
que chacun pouvait, par son talent et son habileté, arriver aux fonctions les
plus élevées, et l'exemple d'Ebroïn et de saint Eligius suffit pour prouver
l'exactitude de cette assertion. Tout homme libre, quelle que fût sa race,
jouissait de l'égalité devant le roi. On rangeait dans la classe des hommes
libres non seulement les ingenui proprement dits, mais encore les
individus qui avaient obtenu leur affranchissement, et le nom d'ingenui
leur était donné à tous, sans distinction. Il est accordé à de simples
affranchis dans le testament de la matrone Erminethrudis[98], ainsi que dans celui du diacre
Adalgise[99] ; et, longtemps auparavant,
saint Remi avait écrit dans son testament : Exemptis hominibus illis quos
per epistolas nostras ingenuos relaxavimus[100]. La
classe des ingénus, sans cesse recrutée par les affranchis, 'était encore
assez nombreuse, quoiqu'on en ait dit, et il est facile de le prouver.
Prenons pour exemple la civitas de Trajectum-ad-Mosam, une de
celles qui auraient dû souffrir le plus des ravages des Barbares, et voyons
quelle était sa population. Lorsque saint Amandus eut été élevé sur le siège
épiscopal de Trajectum, il résolut de parcourir son diocèse tout
entier, afin de réformer les mœurs des ecclésiastiques et des laïques. Or, il
employa trois années à visiter les vici et les castra,
c'est-à-dire toutes les paroisses ; et le temps qu'il employa à cette tournée
apostolique prouve combien les paroisses étaient rapprochées et la population
considérable ; ce que confirme encore un passage de la biographie du même
saint, oui on lit que beaucoup de prêtres et de clercs (sacerdoces et
levitœ)
refusèrent d'écouter ses exhortations[101]. Après la mort de Théodore,
second successeur d'Amandus, le clergé et le peuple du diocèse de Trajectum
demandèrent pour évêque saint Landebertus, et le biographe se sert des
expressions suivantes : copiosa multitudo virorum in regione illa
habitantium[102], lesquelles démontrent combien
le diocèse élait peuplé. Lorsque, vers l'année 710, on procéda aux
funérailles du vénérable prélat, une foule immense (turba multa) suivit le cortège[103], et on trouve une autre preuve
de ce que nous avons avancé dans un diplôme de l'année 741[104]. On alléguerait en vain que la civitas
de Trajectum était couverte d'immenses forêts. Sans doute, la forêt
des Ardennes, qui s'étendait au loin, vers le nord, dans la vallée de la
Meuse, enlevait à la culture des terrains considérables ; mais elle n'était
pas complètement privée d'habitants. Il suffit, pour s'en convaincre, de
parcourir le diplôme que Childéric II accorda aux moines de Stabulaus
et de Malmundarium[105], et qui fixait les limites de
leur territoire. On est tout étonné en voyant combien, dans un des cantons
les plus sauvages de cette forêt des Ardennes, il y avait déjà de fermes et
de traces d'habitation, et combien étaient rapides les progrès du défrichement.
Le diplôme mentionne, en effet, et sur un territoire relativement peu étendu,
quatre grandes fermes domaniales, Audaste-Villare, Amblava, Charancho
et Lethernacho ; des lieux dits Siccus-Campus, Resta[106], Alsena, Glane, Fanife,
Jocunda Fania, Warchinna, Stagnebachus et Rarobaccus ; un bois
appartenant à un individu nommé Wulfebertus ; une autre forêt, qui paraît
s'être appelée Roboretum Helmini ou la Chênaie d'Helminus ; une
route nommée via Transverisca[107] ; des ruisseaux appelés Diddilo
et Dulnosus ; une fontaine désignée par les mots Alba-fontana
ou Blanche-fontaine ; enfin, une sorte de ruisseau, peut-être un
réservoir, où un particulier, Garelaïcus, avait établi une venna,
c'est-à-dire une sorte de barrage destiné à retenir le poisson. Nous
reconnaissons volontiers que les textes allégués dans le paragraphe précédent
s'appliquent aux lides, aux coloni et même aux esclaves aussi bien
qu'aux hommes libres ; mais les témoignages historiques ne permettent pas
d'admettre que la classe de ces derniers ait décru d'une manière inquiétante
pendant le VIIe siècle. Quant aux lides et aux coloni, leur position
n'avait pas changé. Ils continuaient à jouir de la plupart des droits qui
appartenaient aux hommes libres, et les esclaves eux-mêmes n'en étaient pas
entièrement privés. Ceux-ci pouvaient notamment contracter des mariages,
ainsi que nous l'avons déjà remarqué ; et le biographe de saint Eustasius,
parlant de la femme d'un esclave, emploie le mot uxor, dont la signification
n'est pas douteuse[108]. L'Eglise
faisait des efforts continuels pour empêcher l'accroissement du nombre des
esclaves, en attendant que l'on fût en état de supprimer la servitude
elle-même. Un canon du concile de Paris, confirmé par Clotaire II, défendit[109] d'adjuger qui que ce fût comme
esclave, avant d'avoir consulté l'évêque ou le curé du lieu (prœpositus
ecclesiœ). Peu
de temps après, un concile, tenu dans un lieu inconnu, réserva aux individus
qui se vendraient eux-mêmes le droit de recouvrer leur ancien état, en
restituant le prix de la vente, et déclara que les enfants ne souffriraient,
en aucun cas, de la conduite de leur père[110]. Le concile de Reims frappa
d'excommunication ceux qui raviraient la liberté à un ingénu[111], et le concile réuni à
Châlon-sur-Satine, en 650, exprima le vœu de voir l'esclavage définitivement
aboli[112]. Très-souvent, pour affranchir
les esclaves, on les offrait aux fondateurs et aux abbés des monastères, qui
les admettaient à faire profession de la vie religieuse ou les attachaient à
la culture des terres appartenant à leurs communautés ; et plusieurs abbés
employèrent une partie de leurs ressources à acheter des esclaves, qui
venaient augmenter le nombre de leurs disciples. Sainte Bathildis, épouse de
Clovis II, qui avait elle-même passé sa jeunesse dans la servitude, prohiba
la traite, mais en vain, racheta une grande multitude d'anglo-saxons, ses
compatriotes, et les plaça dans les monastères qu'elle avait fondés[113]. Saint Eligius agissait de même[114], et c'était probablement aussi
de l'île de Bretagne qu'il tirait les malheureux auxquels il rendait la
liberté. Cette île était alors le grand marché aux esclaves, et les
Anglo-Saxons vendaient non seulement les Bretons qu'ils faisaient prisonniers
; mais encore leurs propres enfants, lorsque leurs familles devenaient trop
nombreuses. C'est là ce qui explique en partie comment presque tous les
esclaves cités dans les diplômes portent des noms barbares[115], quoique, d'après certains
systèmes modernes, ils dussent avoir, en général, des noms romains. L'importation
n'était pas toutefois l'unique source qui réparât les vides produits par les
affranchissements. Les Francs réduisaient en servitude les prisonniers de
guerre[116]. D'un autre côté, la loi
continuait à permettre, dans plusieurs cas, la vente des individus condamnés
pour crimes ; et le biographe de saint Bonitus le loue de ce que, pendant sa
magistrature — il était rector de la Provincia Massiliensis —,
il n'avait fait vendre aucun homme libre[117]. La
plupart des esclaves, quelle que fût leur origine, étaient, comme dans le
siècle précédent, employés à l'exploitation des grands domaines ruraux[118]. Les uns soignaient les vignes,
alors tellement abondantes dans le nord de la Gaule, qu'elles y croissaient
même à l'état sauvage[119] ; d'autres conduisaient à
travers les vastes forêts de l'Austrasie d'immenses troupeaux de porcs[120] et de moutons[121] ; d'autres enfin cultivaient
les terres et rentraient les récoltes. L'espèce
de digression à laquelle nous nous sommes livré relativement à la situation
respective des Francs et des Gallo-Romains, ainsi qu'à l'état des personnes
et des terres, nous a un peu éloigné de la revue que nous faisions de
l'administration et de ses agents. On a vu que rien n'était changé dans le
gouvernement central, si ce n'est que les maires du palais avaient habilement
profité des circonstances pour accroître leur pouvoir et se rendre à peu près
inamovibles. L'étude attentive des monuments historiques du VIIe siècle
prouve qu'il ne s'était opéré non plus aucun changement essentiel dans
l'organisation administrative des provinces et des cités. Le
souvenir des anciennes provinces gauloises n'était nullement effacé. La Belgica,
la Germania et la Maxima Sequanorum sont mentionnées dans la
vie de saint Eustasius[122] ; l'Aquitania Prima, la Lugdunensis
et la Belgica sont rappelées par le biographe de saint Eligius[123] ; les villes elles-mêmes
conservent parfois leurs noms antiques : en parlant d'Autun, que l'on
appelait alors Augustodunum ou Augustidunum, cet hagiographe et
l'auteur d'une des vies de saint Leodegarius font observer que c'est la
civitas Heduorum[124] ; l'église de Spire est nommée ecclesia
Nemetensis et Nimetensis — ce qui est à peu près la forme ancienne
— dans quelques diplômes de Sigisbert IV et de Childéric II[125] ; Cologne est encore appelée Agrippina
dans la vie de saint Remaclus[126] ; et, pour l'auteur de ce petit
livre, le siège épiscopal transféré, depuis longtemps, à Trajectum-ad-Mosam
est toujours sedes Tungrensium, et sa cathédrale l'ecclesia
Tungrensis[127]. Les
anciennes provinces n'existaient plus, au reste, que pour l'Eglise, et les
provinces nouvelles étaient les ducatus ou duchés. Les historiens, les
hagiographes et les diplômes du VIIe siècle en citent plusieurs : le ducatus
Dentelini dont nous avons longuement parlé, le ducatus Campaniœ[128] et le ducatus Alesatiœ
ou duché d'Alsace. Ce dernier ne paraît avoir été formé que vers le milieu du
VIIe siècle. Il embrassait la Germania Prima[129] et une partie de la civitas
des Rauraci, qui appartenait autrefois à la Maxima Seguanorum[130]. Il résulte d'un diplôme de
Clovis III que la Germania Secunda formait aussi un duché, renfermant
les civitates de Cologne et des Tungri ou de Trajectum-ad-
Mosam[131] ; et on comprend parfaitement
que les rois d'Austrasie aient voulu placer sous le commandement de deux
ducs, chefs essentiellement militaires, toute la rive gauche du Rhin, afin de
tenir en respect les remuantes peuplades de la Grande Germanie. Ajoutons que
le biographe de sainte Gertrude mentionne un dux Austrasiorum[132], et que si, comme on n'en peut
guère douter, ce duc avait pour département la Belgica Prima, les quatre
provinces romaines attribuées aux rois d'Austrasie auraient formé autant de ducatus
: la Germania Prima celui d'Alesatia ; la Germania Secunda
le ducatus dont le chef résidait à Cologne ; la Belgica Prima
le ducatus Austrasiorum, et les cités orientales de la Belgica
Secunda le ducatus Campaniœ. Enfin, on ne doit pas oublier que les
civitates du sud-est qui appartenaient aux rois d'Austrasie
constituaient un grand gouvernement, nommé Provincia Massiliensis, et
dont le chef portait le titre de rector, de prœfectus, et
quelquefois même de patrice[133]. Chacun
des ducs avait sous ses ordres autant de comices ou comtes qu'il y avait de civitates
comprises dans le ducatus[134]. Il était même arrivé que
certaines civitates fort étendues avaient été partagées, au moins
momentanément, et il est question dans Frédégaire[135] d'Ænovalaüs comte du pagus
Sogiontensis, lequel pagus était une des subdivisions de la civitas
de Toul[136]. Pendant
que le mot ducatus prenait ainsi la place du terme provincia,
ce dernier s'appliquait parfois aux simples civitates. La vie de
sainte Ansthrudis parle de la provincia Laudunensis[137] ; ce qui ne peut s'entendre que
du diocèse de Laon. Le biographe de sainte Bertila dit qu'elle était née dans
la provincia Suessionica[138], c'est-à-dire dans le diocèse
de Soissons ; le biographe de saint Landebertus emploie les mots provincia
Trejectinsis, pour désigner la civitas de Trajectum-ad-Mosam[139] ; et c'est évidemment des civitates
qu'il s'agit dans un edictum de Childéric II, où il était dit que les rectores
ou les comtes ne pourraient exercer aucun acte d'autorité dans les provinciœ
voisines de celles qu'ils administraient[140]. On se servait aussi, pour
marquer la circonscription d'une civitas, des mots urbs[141] et pagus, ainsi que du
terme finis[142], qui signifiait plus
ordinairement le territoire d'une ville ou d'une communauté rurale, et même
des expressions oppidum[143], suburbanum et territorium[144]. D'un autre côté, le mot civitas,
autrefois employé exclusivement pour désigner un diocèse ou la cité
épiscopale, s'applique à des villes de peu d'importance et même à de simples vici.
C'est ainsi que le vicus de Lobedunburg est qualifié de civitas
dans un diplôme de Dagobert Ier[145]. Le
retour fréquent du mot finis dans les diplômes du VIIe siècle prouve que les
communautés rurales, d'abord si rares, se multipliaient avec rapidité. Le mot
villa, qui ne signifiait primitivement qu'un grand domaine ou une maison des
champs, se prend désormais et très-fréquemment dans le sens de village ou de
hameau[146]. Dans les civitates
voisines du Rhin, où la population presque tout entière était d'origine
germanique, on employait, comme synonyme de finis, le mot germain
latinisé marcha, qui avait également le double sens de frontière
et de territoire[147]. Si les
dénominations usuelles des diocèses ou comtés avaient quelquefois changé, les
attributions des comtes étaient demeurées les mêmes, et on les voit, comme
précédemment, surveiller la rentrée des impôts, commander le contingent du
comté et rendre la justice. Nous retrouvons aussi, dans chaque civitas,
les vicarii, le defensor, les tribuni et les centenarii[148] dont nous avons énuméré les
fonctions : Nous
venons de dire que le comte amenait à l'armée royale le contingent de la civitas[149], et on sait que ce contingent
se composait 1° des Francs qui, à raison des bénéfices qu'ils avaient reçus,
étaient astreints au service militaire, 2° des milices gallo-romaines
organisées dans chaque cité. L'art de la guerre était resté au VIIe siècle à
peu près ce qu'on l'avait vu dans les temps antérieurs. Les troupes campaient
sous des tentes[150] ; on fortifiait les camps,
comme autrefois[151], et on se servait de machines
dans l'attaque et la défense des places. Le troisième continuateur de
Frédégaire mentionne les machines que le maire du palais Charles Martel
employa pendant les sièges d'Avignon et de Narbonne[152], et la description prouve
qu'elles étaient semblables à celles dont les Romains faisaient usage. Il
paraît aussi que les armées Franques avaient alors avec elles non seulement
des ingénieurs, mais encore des ouvriers d'administration, comme on dit aujourd'hui,
et le biographe de saint Ermino parle des cuisiniers, des boulangers et des
autres employés du même genre — coqui, pistores et reliqui ministri
— qui accompagnaient l'armée de Charles Martel[153]. Lorsque
le comte était absent pour le service militaire, il était remplacé, dans le
chef-lieu de la civitas, par un vicarius, qui rendait la
justice à sa place. Mais lorsque le comte était présent, il ne négligeait pas
ce devoir, un des principaux de sa charge. Il se faisait assister, comme au
siècle précédent, par un nombre plus ou moins grand de curiales gallo-romains
ou de Francs, selon la nationalité des individus qui devaient comparaître
devant lui. La vie de saint Amandus nous offre le récit d'un jugement
criminel rendu par le comte de Tornacum ou Tournay. Ce comte, nommé
Dolto, siégeait sur son tribunal, entouré d'un assez grand nombre de Francs,
parce que les accusés appartenaient à cette nation. Les licteurs (lictores) du comte amenaient
successivement ces derniers, et les assesseurs donnaient leur avis sur la
culpabilité de chacun d'eux. Parfois, on battait de verges les accusés, afin
d'obtenir des aveux, et le comte prononçait ensuite l'arrêt, que les licteurs
exécutaient à l'instant même[154]. Ces curieux détails démontrent
une fois de plus que les prescriptions des Lois Salique et Ripuaire
relativement aux compositions étaient tombées presque complètement en
désuétude. Au cas particulier, nous voyons le magistrat condamner à mort, aux
termes d'un édit de Clotaire II[155], un voleur traduit devant lui,
sans que l'accusé fasse aucune offre pour indemniser les individus qu'il
avait dépouillés. Un autre écrivain du même temps, le biographe de saint
Bonitus, loue ce personnage de ce qu'il condamnait rarement les coupables à la
mort, à l'exil et à la prison, pendant qu'il était rector de la Provincia
Massiliensis[156] : éloge qui suffirait pour
prouver combien les autres magistrats appliquaient fréquemment les peines
corporelles, sans tenir compte du système des compositions. Quelquefois
cependant, des magistrats fermaient les yeux sur certains crimes, à cause de
la richesse ou de la puissance des coupables : il est parlé dans la vie de
saint Arnulfus d'un personnage nommé Cunta, lequel était convaincu d'inceste,
et que l'on ne poursuivait pas[157] ; quoique, vers cette époque,
le concile de Reims eût enjoint aux évêques de dénoncer aux comtes les crimes
de cette nature[158]. La loi
accordait aux évêques d'autres droits que celui-là. Aux termes d'un édit de
Clotaire II, que nous avons analysé plus haut, ils pouvaient, lorsque les
jugements rendus par les comtes leur semblaient injustes, faire soumettre les
affaires à un nouvel examen[159]. L'édit n'exprime pas devant
quelle juridiction cet appel devait être porté ; mais il est vraisemblable
que c'était devant le tribunal du roi. Les Mérovingiens avaient, en effet,
l'habitude de rendre eux-mêmes la justice, avec l'assistance d'un certain nombre
de fonctionnaires, et il y avait dans leur palais une salle destinée aux
audiences ; car, d'après un biographe de saint Prœjectus, celui-ci, ayant un
procès à soutenir contre le patrice Hector, et s'étant transporté à Autun, où
Childéric. II se trouvait momentanément, entra dans la salle où le roi
entendait les plaidoiries[160]. Au VIIe
siècle, les fonctions du ministère public paraissent avoir été remplies, près
des divers tribunaux, par des agents particuliers et permanents ; c'est du
moins ce que nous croyons pouvoir conclure d'un diplôme de Thierry III[161] ; mais nous n'avons aucun
renseignement précis sur ce point. Quant
aux autres agents de l'administration, nous les retrouvons, au VIIe siècle,
tels que nous les avons vus au VIe. Les domaines sont toujours mis en valeur
par les domestici, et ceux-ci ont sous leurs ordres, comme
précédemment, les monetarii ou monétaires[162]. Les curies des cités n'ont pas
cessé de fonctionner, bien que les mentions qui les concernent deviennent
plus rares[163]. Il ne
serait pas sans intérêt de déterminer qui était alors chargé de l'entretien
des ponts et des grandes voies. M. de Sismondi croit que cette dépense était,
comme autrefois, imposée aux civitates[164], et nous ne connaissons aucun
fait qui démontre le contraire ; bien que le gouvernement se servant des
voies pour le service des postes, on puisse supposer qu'il contribuait à leur
réparation. Quoiqu'il en soit, l'entretien laissait beaucoup à désirer, et
lorsqu'il était tombé des pluies longues et abondantes, les voyages
devenaient difficiles[165]. Les voies secondaires étaient
encore plus négligées, et Theodulfus, troisième abbé du monastère de
Saint-Thierry, rencontra, un jour, un cultivateur qui labourait un chemin
public[166]. Il ne
faudrait pas toutefois conclure de ces faits isolés que les routes étaient
impraticables et comme abandonnées. On apprend, au contraire, en lisant les
diplômes et les écrits des hagiographes, que les moindres chemins étaient
bien tracés et portaient des noms connus de tout le monde[167] ; que l'on y rencontrait des
croix, de distance en distance[168], et que les anciennes et
véritables voies romaines étaient fréquentées, comme dans les siècles
antérieurs[169], et souvent par des multitudes,
qui allaient soit visiter des basiliques fameuses, soit attendre au passage
des saints dont la renommée avait devancé l'approche. Un fait
également incontestable, et qui fait honneur à la vigilance des magistrats
mérovingiens, c'est que l'on voyageait avec sécurité d'une extrémité à
l'autre de la Gaule. Le pays n'était pas embarrassé de ces subdivisions
territoriales, de ces forteresses, de ces douanes qui rendirent plus tard les
voyages si longs et si pénibles, et l'on pouvait passer librement et sûrement
en tous lieux. Ainsi, nous voyons quantité d'aquitains, par exemple, venir se
fixer en Austrasie ; les uns s'y marier ; d'autres, comme saint Amandus,
saint Remaclus, saint Hucbertus et saint Sigibaldus, y occuper des sièges
épiscopaux[170]. Certaines abbayes possédaient
des domaines à l'autre bout de la Gaule et en tiraient facilement les revenus
; ainsi que le démontre l'exemple des abbayes de Stabulaus et de Malmundarium,
qui avaient des biens considérables dans l'Aquitaine[171]. Lorsque le pape saint
Grégoire-le-Grand envoya dans l'île de Bretagne les légats Petrus et
Laurentius, il les chargea de porter à saint Augustin, métropolitain de
Canterbury, quantité de reliques, de vases sacrés, d'étoffes précieuses et de
livres magnifiques, et ces trésors traversèrent la Gaule sans aucun accident[172]. Les évêques les plus éloignés
les uns des autres entretenaient un commerce épistolaire, Saint Modoaldus
métropolitain de Trèves, saint Paul évêque de Verdun, saint Gericus et saint
Chlodulfus évêques de Metz avaient des relations de ce genre avec saint
Desiderius, évêque de Cahors[173]. Ce dernier, dans une de ses
lettres, engage saint Paul à assister à la dédicace d'une basilique, qu'il
venait d'achever, et une lettre de l'évêque de Verdun nous apprend que saint
Desiderius lui avait envoyé dix tonneaux d'un vin délicieux (decem tunnœ
falernii) :
invitation et envoi qui démontrent combien les communications étaient
faciles. C'est ce que prouve aussi la découverte que saint Rigobertus,
métropolitain de Reims, fit dans une basilique d'Aquitaine de deux cloches
autrefois volées à son église, et qu'il y fit reporter[174]. Aussi,
les pèlerinages deviennent-ils de plus en plus fréquents. Il serait à-la-fois
impossible et fastidieux d'énumérer ici les noms de tous les personnages plus
ou moins célèbres qui visitèrent, au VIIe siècle, la ville de Rome ou les limina
apostolorum, comme on disait alors. Nous rappellerons cependant saint
Amandus, évêque de Trajectum-ad-Mosam, qui fit deux fois ce long
voyage[175] ; saint Theofredus[176] ; saint Rodingus, fondateur de
l'abbaye de Waslogium[177] ; saint Judocus, prince breton,
qui se mit en route avec douze compagnons[178] ; saint Benoît Biscop, lequel
se rendit cinq fois de l'île de Bretagne à Rome et rapporta, à chaque voyage,
une grande quantité de livres et d'images sacrées pour les églises de son
pays[179] ; et enfin saint Bercharius,
abbé d'Altura-villare (Hautvillers). Non content de visiter Rome fréquemment (multoties), il partit pour Jérusalem, avec
Waimerus comte de la Campania, qui voulait expier la part qu'il avait
prise au martyre de saint Èeodegarius ; et l'hagiographe ajoute que saint
Bercharius rapporta nombre de reliques et de magnifiques tablettes d'ivoire,
c'est-à-dire des diptyques[180]. Les pèlerinages à Jérusalem
étaient devenus si communs, que l'on rédigea un guide ou itinéraire pour les
pieux voyageurs. Arculfus évêque ou chorévèque gallo-romain, qui avait passé
sept mois dans la Palestine, dicta cet itinéraire à un abbé colombaniste,
appelé Adamnannus ; et l'ouvrage, divisé en trois livres, subdivisés
eux-mêmes en chapitres, est venu jusqu'à nous et a été publié par l'illustre
Mabillon[181]. Comme l'unité de l'Empire
existait toujours, au moins nominalement, les pèlerins étaient bien
accueillis dans les provinces qu'ils traversaient, et on avait même, dès le
VIe siècle, fondé dans la ville de Constantinople, sous le vocable de Samson,
un hospice où l'on hébergeait les habitants du partage d'Occident qui se
rendaient à Jérusalem[182]. Parfois,
on entreprenait ces longs et pénibles voyages uniquement pour se procurer des
reliques. On lit dans la vie de sainte Gerthrudis qu'elle envoya à Rome des
hommes vertueux, qui lui rapportèrent beaucoup de reliques et de livres. On y
voit aussi qu'elle fit venir de Ille de Bretagne des moines savants, capables
d'enseigner les sciences divines et humaines aux religieux et aux religieuses
qu'elle avait sous sa direction[183]. Les nombreux déplacements de
ce genre qui avaient lieu alors suffiraient pour démontrer la facilité des
communications. Nous avons déjà cité plusieurs des hommes plus ou moins
célèbres qui changèrent alors de patrie, entr'autres le moine grec Athanasius,
recteur de l'école du palais d'Austrasie ; Théodore, né à Tarse dans la
Cilicie, que le pape Vitalien nomma métropolitain de Canterbury, et saint
Florentins, évêque de Strasbourg, qui était originaire de l'île de Bretagne.
Il fonda, hors des murs de sa ville épiscopale, un hospitium, dédié à
saint Thomas et destiné à recevoir les bretons, les scots et les irlandais
que sa réputation attirait près de lui[184]. Saint Rodingus, premier abbé
de Waslogium, était né en Irlande, et il remplit son monastère de
religieux qui arrivaient du même pays[185] ; tandis que l'abbaye de
Saint-Grégoire (ou Münster),
en Alsace, était habitée par des moines italiens, venus de Rome et disciples
de saint Grégoire-le-Grand[186]. Le
négoce ne contribuait pas moins que la dévotion pour les lieux saints à
multiplier les relations entre les diverses parties de l'Empire. Nous avons
déjà parlé du commerce que les Gallo-Romains et même les Francs faisaient
avec les Bretons, les Espagnols et les Slaves. Ils allaient aussi trafiquer
dans les ports du partage d'Orient, et c'est de là qu'ils rapportaient les
magnifiques étoffes de soie fabriquées en Perse, et dont l'usage était alors
si répandu chez les hommes riches. On les employait aussi pour envelopper les
reliques des saints, confectionner les rideaux des ciboria, orner les
autels, fabriquer les vêtements sacrés, et, malgré leur prix élevé, on en
faisait une grande consommation en Occident. On en possède encore plusieurs
spécimens curieux, entr'autres une robe fort ample, semblable à la toge
romaine, et qui passe pour avoir appartenu soit à saint Leodegarius, évêque
d'Autun, soit à saint Hidulfus, abbé de Moyen-Moutier, dans la châsse duquel
elle est aujourd'hui conservée. Ajoutons que les mentions relatives aux
vêtements de soie (vestes sericœ) sont fréquentes dans les hagiographes. Il est
parlé dans la vie de sainte Gertrude[187] d'un jeune homme qui portait
des robes de soie (sericis indutus) ; le biographe de saint Ermenfridus rapporte
que ce dernier en usait aussi[188], et nous avons dit plus haut
que c'était l'habit ordinaire des jeunes gens qui fréquentaient l'école du
palais. Le
diplôme par lequel Dagobert Ier créa un marché auprès de l'abbaye de
Saint-Denys prouve qu'il se faisait également un grand commerce dans la
Gaule, de province à province[189]. C'est ce que démontre aussi un
diplôme donné par Sigisbert IV aux moines de Stabulaus et de Malmundarium,
et par lequel il leur cède les droits perçus au profit du fisc dans plusieurs
ports établis sur des rivières[190]. Ce
serait ici le lieu d'examiner quelles étaient les mesures de longueur et de
capacité alors employées dans le royaume d'Austrasie ; mais de pareilles
recherches ne peuvent malheureusement aboutir à un résultat satisfaisant, à
cause de la rareté des documents historiques, et nous joindrons seulement les
observations suivantes à ce que nous avons dit précédemment sur le même sujet
: 1° au VIIe siècle, on se servait indifféremment, comme mesure itinéraire,
de la lieue (leuca ou leuva), du mille, du stade et quelquefois de la rasta. La
lieue, qui était autrefois presque seule usitée dans le nord de la Gaule, est
alors employée beaucoup plus rarement, et nous ne l'avons guère rencontrée
que dans la vie de saint Remaclus[191]. C'est ordinairement le mille
qui sert à marquer les distances ; mais il n'est pas facile de savoir de quel
mille il est question. D'Anville et divers géographes ont cru qu'il
s'agissait du mille romain ; d'autres écrivains ont pensé qu'il fallait y voir
un mille gaulois, plus court que le premier d'environ 127 mètres[192]. Quoiqu'il en soit, cette
mesure est souvent rappelée soit dans les diplômes[193], soit dans les vies de saints[194]. Le stade l'est assez rarement,
et on peut supposer qu'il l'était surtout par des écrivains avides de montrer
leur savoir[195]. Quant à la rasta, qui valait
deux lieues gauloises, on ne la connaissait guère, comme nous l'avons dit,
que dans la Grande Germanie et dans les provinces les plus voisines du Rhin[196]. Les
mesures de superficie sont, au VIIe siècle, les mêmes qu'au VIe. On trouve
des mentions du juger ou arpent[197], et d'une autre mesure agraire
nommée pedetura, qui parait avoir été employée de préférence pour les
vignes[198]. Les poids sont toujours la libra
ou livre pour l'or, et pour l'argent le pondus, qui était la même chose sous
un autre nom[199]. Les
principaux articles du commerce d'exportation que l'Austrasie faisait avec
les pays voisins, et surtout avec la Grande Germanie, devaient être les vins,
les grains, le sel et le verre. Les vignes étaient alors fort nombreuses en
Austrasie, et nous en pourrions fournir plusieurs preuves si nous ne
craignions de trop nous étendre. Néanmoins, on fabriquait, dans certains
cantons, beaucoup de bière et de cervoise (cervisia). Nous avons déjà cité divers
faits qui le démontrent ; nous verrons, dans le chapitre suivant, que la
cervoise était la boisson ordinaire des solitaires des Vosges, et les
biographes de saint Arnulfus, évêque de Metz[200], et de sainte Salaberga[201] fournissent aussi, à cet égard,
des renseignements curieux. Les‘
salines créées dans la vallée de la Seille continuaient à fabriquer d'énormes
quantités de sel, que l'on transportait au loin. Les noms de la plupart de
ces établissements figurent sur des trientes frappés au VIIe siècle,
et quelques salines sont même formellement rappelées dans des textes
historiques. Celles de Vic et de Marsal sont citées dans un diplôme du comte
Wulfoad en faveur de l'abbaye de Saint-Mihiel[202]. De plus, il y en eut
momentanément auprès de l'abbaye de Medianum-monasterium ou
Moyen-Moutier[203] et non loin du monastère de
Prum ou Prumia[204]. Nous
devons dire un mot de deux autres industries, dont l'une était assez
importante. La première était la fonte des cloches. Plusieurs passages des
hagiographes prouvent qu'elles se multipliaient au VIIe siècle[205], et tout porte à croire qu'on
ne les amenait pas du dehors. On n'en est pas réduit à des conjectures
relativement à l'orfèvrerie, car cet art se cultivait non seulement dans les
villes, mais encore à la cour des rois et dons certains monastères. Tout le
monde connaît la vie de saint Eligius ou Eloy, et on peut voir encore, au
musée des souverains, un monument de son habileté. Nous ne mentionnerons ici
que pour mémoire l'orfèvre Grimoaldus, dont le nom est marqué sur une plaque
d'argent, et qui devait habiter Metz[206] ; mais c'est bien certainement
à des artistes messins que saint Garicus eut recours pour faire fabriquer les
magnifiques ornements dont il enrichit sa cathédrale, et notamment un
crucifix en or, que l'on plaçait sur l'autel dans les grandes solennités[207]. Vers la même époque, Lando
métropolitain de Reims donnait à son église une tour d'or, destinée à
conserver la sainte eucharistie, trois patènes et un brachiale, ou un
reliquaire, du même métal[208]. Plus tard, Plecthrudis, épouse
de Pépin d'Héristal, offrit à l'abbaye de Saint-Trudon un autel d'or et
d'argent[209]. Le
monastère de femmes de Valencinum ou Valenciennes était une véritable
pépinière d'artistes habiles, non pas dans l'orfèvrerie, mais dans la
décoration des vêtements sacrés. Le biographe des saintes Hartindis et
Reinula dit que les religieuses de Valencinum, apprenaient à écrire, à
peindre, à filer, à tisser, à coudre et à fixer l'or et les perles sur les
étoffes de soie[210]. Les deux saintes que nous
venons de nommer, ayant fondé un monastère double à Eika, près de Trajectum-ad-Mosam,
y introduisirent le même genre de travail ; et, au moyen-âge, on conservait
dans cette abbaye des manuscrits dont les couvertures étaient chargées d'or
et de pierreries, et des ornements d'église dont la richesse le disputait à
la perfection du travail[211]. Ces deux monastères n'étaient
pas les seuls où l'on exécutât d'aussi splendides ouvrages, et l'on montre
encore dans l'église paroissiale de Maubeuge une chasuble donnée par sainte
Aldegundis à saint Ablebertus, évêque de Cambray ; elle est tissue d'or et de
soie, et les dessins qui la décorent représentent des perroquets affrontés et
contournés, des fleurs et des ornements fantastiques. Les
laïques eux-mêmes fournissaient, au moins autant que l'Eglise, de l'ouvrage
aux orfèvres et aux brodeurs. La plupart des leudes et des seigneurs avaient
des fibules et des plaques de ceinturon d'un travail fort recherché, ainsi
que des baudriers enrichis d'or, à peu près semblables à celui dont saint
Audanus se servait, avant d'entrer dans les ordres sacrés[212]. Il reste malheureusement un
bien petit nombre de ces produits d'un art encore tout romain. Au siècle
dernier, on gardait dans l'abbaye de Münster, en Alsace, une couronne royale,
qui passait pour avoir appartenu à Dagobert II, et les abbés avaient coutume
de la porter le jour de leur installation[213]. Elle se composait d'un cercle
d'environ six pouces de diamètre, et duquel partaient deux demi-cercles, qui
se croisaient au-dessus de la tête, et que réunissaient un gros bouton. Elle
était en vermeil, garnie de pierreries d'assez peu de valeur, et, sous le
rapport du travail, elle offrait la plus grande analogie avec le calice et la
patène de saint Gauzlin, évêque de Toul, calice et patène que l'on conserve
dans le trésor de la cathédrale de Nancy, et qui, d'après plusieurs
antiquaires, sont bien antérieurs au Xe siècle[214]. Une
autre branche de l'art, l'architecture, était aussi cultivée soigneusement au
VIIe siècle. Nous ne parlerons pas des constructions civiles, dont il ne
reste plus maintenant aucune trace, et nous ferons seulement observer que les
moulins à eau, rares dans le siècle précédent, se multipliaient, et que l'on
en voyait à deux tournants[215]. Mais nous rappellerons que
l'on éleva alors une multitude de cathédrales, de basiliques rurales et
d'églises monastiques. Dagobert Ier réédifia un grand nombre d'édifices
religieux qui tombaient en ruine ou que l'on trouvait peu dignes de la
majesté de Dieu[216]. C'est dans ce temps que fut
bâtie la seconde cathédrale de Châlons-sur-Marne. Saint Remaclus, évêque de Trajectum-ad-Mosam,
dédia, dans son diocèse, une foule d'églises nouvelles à saint Sulpitius,
métropolitain de Bourges, qui l'avait élevé[217], et les monuments historiques
ne cessent de mentionner des basiliques construites au milieu des campagnes[218]. C'est surtout dans les
monastères que l'on en bâtit une étonnante quantité. La plupart des abbayes
colombanistes, où existait le chant perpétuel (laus perennis), voulaient posséder plusieurs
églises ou oratoires. Saint Wandregisilus en éleva quatre dans l'abbaye de
Fontenelle, en l'honneur de saint Pierre, de saint Paul, de saint Laurent et
de saint Pancrace[219], et Wlframnus en ajouta une
cinquième, sous le vocable de saint Etienne[220]. Saint Bercharius[221] en édifia un certain nombre
dans la forêt du Der (in saltu Dervensi) ; il y en avait quelques-unes
auprès de l'abbaye de Nivialla[222] ; sainte Salaberga en
construisit sept à Lugdunum-Clavatum[223] ; on en voyait autant dans le
monastère d'Andana, créé par Begga fille de Pépin de Landen[224] ; autant dans l'abbaye
d'Habendum ou de Remiremont, et peut-être un égal nombre à Medianum-monasterium,
à Juncturœ et à Senones, dont nous raconterons bientôt la
fondation. On élevait même des basiliques dans les lieux où il y avait eu
quelque miracle, et le biographe de saint Landebertus rapporte que l'on bâtit
des églises à Nivialla et Herimala, où les reliques du prélat
avaient opéré des prodiges[225]. Les caractères de l'architecture du VIIe siècle ne diffèrent pas notablement de ceux que nous avons signalés comme propres aux constructions des âges antérieurs : la disposition générale des édifices est à peu près la même, et on a une idée de la décoration en jetant les yeux sur les portiques encadrant les canons qui précèdent les plus anciens évangéliaires. Quelques églises possédaient déjà, à cette époque, de petites tours (turricula), destinées à loger les cloches[226]. Au surplus, si l'on veut savoir plus en détail comment on ornait les églises, on peut lire dans la vie de saint Benoît Biscop, déjà citée, tout ce qui concerne les basiliques du monastère de Wermouth (monasterium Wiremuthense), qu'il avait fondé. Il fit construire l'église principale par des ouvriers gallo-romains, qu'il avait appelés à grands frais. Des verriers, qu'il envoya chercher dans la Gaule, garnirent de vitraux les baies des basiliques, du cloître et des bâtiments d'habitation, et apprirent même aux Anglo-Saxons l'art de fabriquer le verre ; enfin, les murailles des églises et surtout de la basilique de Saint-Pierre, qui était la principale, furent couvertes de tableaux (imagines), qu'il avait rapportés d'Italie[227]. Mais ce dernier mode de décoration n'était pas commun, et on préférait peindre les parois même des édifices. La plupart des architectes et des artistes qui travaillaient à la construction et à l'embellissement de tant d'églises étaient des laïques. Tels étaient les operarii qui traçaient des routes et élevaient des bâtiments à Habendum[228] ; néanmoins, il est vraisemblable que les artifices et les viri industriosi que Walbertus abbé de Luxeuil fournit à sainte Salaberga, pour bâtir son monastère, faisaient profession de la vie religieuse[229]. Les prélats eux-mêmes ne dédaignaient pas parfois de mettre, en quelque sorte, la main à la besogne, et saint Arbogastus, évêque de Strasbourg, avait établi une briqueterie, dans laquelle il faisait préparer des matériaux pour les églises qu'il voulait construire, et dont les produits portaient les mots ARBOASTIS EPS FICET, tracés en lettres onciales[230]. |
[1]
V. Vita sancti Babaleni, abbatis, dans les Bollandistes, au 26 juin.
[2]
V. Chronic, c. 23, 35, 58, 66 et 69.
[3]
V. Epistolœ, lib. XIII, 51, 58, 39 et 40, lib. XIV, 2.
[4]
V. Chronic., c. 62-66.
[5]
V. Vita sancti Desiderii, c. 9, dans Bouquet, t. III, p. 530.
[6]
V. Vita sancti Landoaldi, d'halls Laubiensis, n° 1, dans les
Bollandistes, au 15 juin.
[7]
V. Vita sancti Eligii, Noviomensis episcopi, lib. I, c. 33, dans le Spicilegium
de D'Achéry, édit. in-f°, t II, p. 88.
[8]
V. Revue numismatique, année 1836, p. 92.
[9]
V. cette lettre, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 486, ou
dans Labbe, Concilia, t. VI, col. 383.
[10]
V. Epistolœ, lib. VII, 64.
[11]
Nous en avons déjà cité plusieurs exemples, et nous pouvons en alléguer un
autre que Schœpflin a tiré d'une très-ancienne chronique de l'abbaye de
Münster. V. Alsatia illustrata, t. I, p.
751.
[12]
V. Mémoires de la société des antiquaires de Picardie, t. X, p. 216 et
227, et planche X, n° 4.
[13]
V. Bède, Ecclesiastica historia gentis Anglorum, lib. IV, c. 1.
[14]
V. Vita sancti Goaris, dans les Bollandistes, au 6 juillet.
[15]
V. Vita et passio sancti Bercharii, abbatis, dans le même recueil, au 16
octobre.
[16]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 137 et 138.
[17]
V. Vita sancti Prœfecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au
25 janvier.
[18]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 145 et 146.
[19]
V. Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 91. V. aussi la note
XLII, à la fin de notre tome IV.
[20]
V. Vita sancti Agili, abbatis Resbacensis, auctore anonymo subœquali, n°
9, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[21]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 145 et 146.
[22]
V. un placitum de ce prince, ibid., p. 233 et 234 ; v. aussi divers
diplômes, ibid., p. 178-180, 217, 424 et 425.
[23]
V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 5, dans Mabillon, ibid.
[24]
V. notamment une constitutio de Clotaire Il et trois diplômes de
Dagobert Ier, dans Pardessus, t. I, p. 120-122, t. II, p. 4, 5, 33, 34, 45 et
46.
[25]
V. Frédégaire, Chronic., c. 60.
[26]
V. la note XXXV, à la fin du volume.
[27]
V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 1 et 2, dans Bouquet,
t. III, p. 527.
[28]
Cet Athanasius doit être le personnage du même nom qui fut abbé du Mauri-monasterium,
en Alsace. V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p.
333.
[29]
V. Vita sancti Sulpitii, Bituricensis episcopi, auctore anonymo fere coœco,
lib. I, n° 9, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[30]
V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 3, ibid.,
sæc. III, part. I.
[31]
V. t. III, p. 424.
[32]
V. Vita sancti Chlodulfi, Metensis episcopi, n° 5, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[33]
V. Vita sancti Pauli, Virdunensis episcopi, n° 12, ibid.
[34]
V. Vita sancti Landerici, abbatis, dans les Bollandistes, au 17 avril.
[35]
V. Vita sancti Landeberti, n° 5, dans Mabillon, ibid., sæc. III,
part. I.
[36]
V. Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 7.
[37]
V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 1, dans Bouquet, t.
III, p. 527.
[38]
V. Vita sancti Landeberti, n° 3.
[39]
V. Vita sancti Hermentandi, abbatis, n° 3, dans Mabillon, ibid.,
sæc. III, part. I.
[40]
V. Frédégaire, Chronic., c. 89.
[41]
V. Gesta regum Francorum, dans Du Chesne, t. I, p. 717.
[42]
V. ibid., p. 718 ; Fredegarii continuat., II, c. 98.
[43]
V. Vita sancti Eligii, Noviomensis episcopi, auctore Audoëno, passim,
dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t. II.
[44]
V. Vita sancti Romarici, abbatis Habendensis, n° 11, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[45]
V. Vita sancti Leodegarii, auctore Ursino, c. 8, dans les Bollandistes,
au 2 octobre.
[46]
V. Vita sanctœ Balthildis, reginœ Francorum, c. 1, dans le même recueil,
du 30 janvier.
[47]
V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, auctore Notgero, c. 5,
dans le même recueil, au 3 septembre.
[48]
Art. 19. V. cet edictum, dans Pardessus, t. II, p. 195-197.
[49]
V. Liber de miraculis et translatione sancti Landeberti, n° 5, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.
[50]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 296.
[51]
V. Gesta Dagoberti regis, n° 40, dans Du Chesne, t. I, p. 585.
[52]
V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 16, dans Mabillon, ibid.,
sæc. II.
[53]
V. De gloria Confessorum, c. 106.
[54]
V. Vita sancti Columbani, auctore Jona, n° 57, ibid.
[55]
V. Vita sancti Basoli, confessoris, auctore anonymo, n° 10 ; Vita
sancti Basoli, auctore Adsone, n° 23, ibid. ; Fortunat, Vita
sancti Germani, episcopi urbi, Parisiacœ, n° 61, ibid., sæc. I. Ce
dernier texte est peu significatif.
[56]
V. Vita sancti Eusitii, dans Bouquet, t. III, p. 429.
[57]
V. Vita sancti Columbani, n° 43.
[58]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IX, c. 55.
[59]
V. Vita sancti Aridii, abbatis Lemovicensis, n° 1, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[60]
V. Le Beuf, Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique
d'Auxerre, 2e édit., t. I, p. 156 et 137.
[61]
V. le testament d'Adalgise, dans les Mémoires de la société philomatique de
Verdun, t. III, p. 329 et suiv. ; Vita sancti Pauli, Virdunensis
episcopi, n° 6, dans Mabillon, ibid., sæc. II.
[62]
V. Chronic., c. 84.
[63]
Il faut remarquer cependant que, au lieu des mots consanguineus de genere
Dagoberti, plusieurs manuscrits portent consanguincus de genitrice
Dagoberti ; ce qui offre un sens tout différent.
[64]
V. Vita sanctœ Austrebertœ, abbatissœ Paliacensis, dans les
Bollandistes, au 10 février.
[65]
V. Vita sancti Gisleni, confessoris, n° 11 et 12 ; Vita sanctœ
Waldetrudis, abbatissœ Castrilocensis, n° 2, dans Mabillon, ibid.
[66]
V. une ancienne relation de la fondation de l'abbaye de Saint-Pierre, dans
Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 249 ; Hist.
de Metz, par deux bénédictins, t. I, p. 367 et suiv.
[67]
V. Vita sanctœ Bertœ, abbatissœ, dans les Bollandistes, au 4 juillet.
[68]
V. Vita sancti Rudberti, episcopi Saltzburgensis, auctore anonymo fere
œquali, n° 1 et 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.
[69]
V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 46, ibid.,
sæc. II.
[70]
V. Calmet, Notice de la Lorraine, t. I, col. 879 et 882, et planche VI,
n° 26.
[71]
V. liv. I, édit, du Louvre, p. 14.
[72]
V. Vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au
25 janvier.
[73]
V. Vita sancti Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 13, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[74]
V. notamment Vita beati Pipini, ducis, dans les Bollandistes, au 21
février ; Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 26, dans le même
recueil, au 2 octobre.
[75]
V. notamment un edictum de Clotaire II, art. 1 et 13, dans Pardessus, t.
I, p. 120 et 121.
[76]
V. un autre edictum du même roi, art. 7 et 22, ibid., p. 196 et 197.
[77]
V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, n° 1, dans les
Bollandistes, au 4 janvier.
[78]
V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 16, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[79]
V. Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 1-3 et 37, ibid.
[80]
V. Vita sancti Ansberti, Rotomagensis episcopi, n° 2, ibid.
[81]
V. Vita sancti Trudonis, confessoris, c. 1, ibid.
[82]
V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, c. 6, ibid.
[83]
V. Vita sanctœ Berlitœ, abbatissœ Kalensis, c. 1, ibid., sæc.
III, part. I.
[84]
V. Fredegarii continuat., I, c. 95. V. aussi Vita sancti Hermentandi,
abbatis, n° 2 et 4, ibid.
[85]
V. Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 2, dans les Bollandistes,
au 2 octobre.
[86]
V. Vita sancti Hucberti, episcopi Leodiensis, dans Du Chesne, t. I, p.
678.
[87]
V. Passio sancti Ragneberti, martyris, ibid., p. 626.
[88]
V. Frédégaire, Chronic., c. 73.
[89]
V. les fragments de ce testament, dans Pardessus, t. II, p. 255-258.
[90]
V. tome II. V. encore Vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans
les Bollandistes, au 25 janvier ; Vita sancti Pauli, Virdunensis episcopi,
dans le même recueil, au 8 février.
[91]
V. Vita sancti Rigoberti, n° 1, dans le même recueil, au 4 janvier.
[92]
V. Vita sancti Sereni, dans Du Chesne, t. I, p. 655.
[93]
V. Vita sancti Pauli, dans les Bollandistes, au 8 février.
[94]
V. Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, dans le même recueil, au 15
janvier.
[95]
V. Vita sancti Hadalini, confessoris, n°' 5 et 6, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[96]
V. Historia episcoporum Tullensium, auctore Adsone,
c. 32, dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col.
126.
[97]
V. De l'Isle, Histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel, p. 423, 425 et 426 ;
diplôme d'Adhela, dans Pardessus, t. II, p. 364 et 365.
[98]
V. les fragments de ce testament, ibid., p. 255-258.
[99]
V. ce testament, dans les Mém. de la société philomatique de Verdun, t.
III, p. 340.
[100]
V. ce testament, dans Pardessus, t. I, p. 81-84.
[101]
V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, auctore œquali, n° 17,
dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[102]
V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 3, ibid.,
sæc. III, part. I.
[103]
V. Liber de miraculis et trandatione sancti Landeberti, n° 7, ibid.
[104]
V. Fragmentera traditionis factœ a Roberto, Hasbaniœ comite, in gratiam
monasterii Sancti-Trudonis, dans Pardessus, t. II, p. 579.
[105]
V. ce diplôme, ibid., p. 145 et 146 ; v. aussi, ibid., p. 402 et
403, un diplôme de l'année 746.
[106]
Resta nous paraît désigner ici un lieu particulier, et non la mesure
itinéraire des Germains.
[107]
Nous préférons cette forme à celle de Mansuerisca, qui se trouve dans le
même diplôme ; il est évident que la dernière est une altération de la
première.
[108]
V. Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis, n° 16, dans Mabillon. Acta
ss., sæc. II.
[109]
V. canon 5, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 471.
[110]
V. canon 14, ibid., p. 619.
[111]
V. canon 19, dans Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 5.
[112]
V. canon 9, dans Sirmond, ibid., t. I, p. 491.
[113]
V. Vita sanctœ Balthildis, n° 9, dans Mabillon, Acta ss., sæc.
II.
[114]
V. Vita sancti Eligii, Noviontensis episcopi, auctore Audoëno, lib. I,
c. 10, dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 81.
[115]
Ces diplômes sont trop nombreux pour que nous les citions ici.
[116]
V. Fredegarii continuat., III, c. 111.
[117]
V. Vita sancti Doniti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15
janvier.
[118]
V. divers diplômes dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I,
preuv., col. 262, 263, 268, 269 et 274 ; et dans De l'Isle, Hist. de
l'abbaye de Saint-Mihiel, p. 422-424 et 426.
[119]
V. un diplôme de Bertrada, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, ibid.,
col. 270.
[120]
V. Vita sancti Deicoli, abbatis Lutrensis, n° 4, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II ; édit de Clotaire II, art. 11, dans Pardessus, t. I, p. 421 ;
lettre de Mappinius métropolitain de Reims à Villicus évêque de Metz, dans Du
Chesne, t. I, p. 860.
[121]
V. un diplôme de la princesse Irmina dans Calmet, ibid., col. 261.
[122]
V. Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis, n° 5 et 7, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[123]
V. Vita sancti Eligii, lib. I, c. 1, dans le Spicilegium, édit.
in-f°, t. II, p. 78.
[124]
V. ibid., lib. I, c. 35, p. 88 ; Vita sancti Leodegariii auctore
anonyme, n° 3 et 8, dans les Bollandistes, au 2 octobre.
[125]
V. ces diplômes, dans Pardessus, t. II, p. 423-425.
[126]
V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, n° 9, dans Mabillon, ibid.
[127]
V. ibid., n° 4 et 5.
[128]
Il est encore mentionné par un des continuateurs de Frédégaire. V. Fredegarii
continuat., II, c. 101.
[129]
Il comprenait bien certainement la civitas de Strasbourg et celle de
Spire ou Nemetes. V. un diplôme de Childéric II dans Pardessus, t. II,
p. 424 et 425.
[130]
V. le fragment d'un diplôme du même roi, ibid., p. 121.
[131]
V. ce diplôme, ibid., p. 224 et 225.
[132]
V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, auctore coœvo, c. 1,
dans Mabillon, ibid.
[133]
V. Seconda vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans les
Bollandistes, au 25 janvier ; Vita sancti Boniti, Arvernoram episcopi,
dans le même recueil, au 15 janvier.
[134]
V. deux diplômes de Thierry III et de Clovis III dans Pardessus, t. II, p. 194,
196, 224 et 225.
[135]
V. Chronic., c. 87.
[136]
V. la note XVI, à la fin de notre tome II.
[137]
V. Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 4 et 56, dans
Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[138]
V. Vita sanctœ Bertilœ, abbatissœ Kalensis, c. 1, ibid., sæc.
III, part. I.
[139]
V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 6, ibid.
[140]
V. Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 10, dans les
Bollandistes, au 2 octobre.
[141]
V. un diplôme de Reolus, métropolitain de Reims, dans Pardessus, t. II, p.
200-202.
[142]
V. le fragment d'un diplôme de Nivardus, métropolitain de la même ville, ibid.,
p. 128 et 129.
[143]
V. Fredegarii continuat., II et III, c. 100 et 109.
[144]
V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 2, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.
[145]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 228 et 229.
[146]
V. notamment Vita sancti Landeberti, n° 8, dans Mabillon, ibid.,
sæc. III, part. I.
[147]
V. un diplôme de Dagobert II dans Pardessus, t. II, p. 167 ; un diplôme de
Bertrade, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, Hist. de
Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 269 ; et l'inscription murale de
l'église abbatiale de Marmoutier, mentionnée dans notre tome II.
[148]
V. une lettre de saint Desiderius, évêque de Cahors, pour le prêtre Untedius,
dans Du Chesne, t. I, p. 881 ; Vita sancti Eligii, lib. II, c. 59, dans
le Spicilegium, édit. in-f°, t. II, p. 188 ; Vita sancti Boniti,
Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15 janvier ; Vita sancti
Germani, abbatis Grandivallensis, n° 11, dans Mabillon, ibid., sæc. II ;
diplôme de Dagobert Ier dans Pardessus, t. II, p. 4 ; fragment du testament
d'Erminethrudis, ibid., p. 255-258.
[149]
V. Frédégaire, Chronic., c. 87.
[150]
V. idem, ibid., c. 68 et 87 ; Fredegarii continuat., III, c. 109.
[151]
V. Appendix ad Gesta regum Francorum, dans Du Chesne, t. I, p. 719.
[152]
V. c. 109 ; v. aussi continuat., IV, c. 126.
[153]
V. Vita sancti Erminonis, abbatis Laubiensis, auctore œquali, n° 9, dans
Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.
[154]
V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, n° 12, ibid., sæc.
II.
[155]
V. l'article 22 de cet édit, dans Pardessus, t. I, p. 197.
[156]
V. Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15
janvier.
[157]
V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 25, dans Mabillon, ibid.,
sæc. II.
[158]
V. le canon 8, dans Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 5.
[159]
V. l'art. 6 de l'édit, dans Pardessus, t. I, p. 121.
[160]
V. Vita sancti Prœjecti, n° 11, dans les Bollandistes, au 25 janvier.
[161]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 178-180. Il est adressé à divers
fonctionnaires, et notamment aux actores publici, qui ne peuvent être
que les magistrats chargés du ministère public.
[162]
V. notamment Vita sancti Eligii, Vita sancti Remacli, déjà
citées, et divers diplômes, dans Pardessus, passim.
[163]
V. Vita sancti Eligii, lib. II, c. 2, dans le Spicilegium de
D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 90.
[164]
V. Histoire des Français, t. I, p. 500.
[165]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. X, c. 19 ; De gloria
Confessorum, c. 18.
[166]
V. Vita sancti Theodulfi, abbatis Remensis, n° 8, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. I.
[167]
V. notamment Vita et passio sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis,
n° 14, ibid., sæc. II ; diplômes de Childéric II pour les abbayes de
Senones, de Stavelo et de Malmédy, dans Pardessus, t. II, p. 119, 121, 145 et
146.
[168]
V. Vita sancti Theodulfi, n° 10, dans Mabillon, ibid., sæc. I.
[169]
V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. III, c. 15 ; Miracula sancti
Martini, lib. IV, c. 29 ; Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis,
n° 4, dans Mabillon, ibid., sæc. II.
[170]
V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, dans les Bollandistes, au
6 février ; Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, dans le même
recueil, au 3 septembre ; Vita sancti Hucberti, Leodiensis episcopi,
dans Du Chesne, t. I, p. 678 ; Vita sanctœ Segolenœ, abbatissœ Troclarensis,
c. 1 et 22, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part.
[171]
V. Vita sancti Remacli, dans les Bollandistes, au 5 septembre.
[172]
V. Vita sancti Augustini, Cantuariensis episcopi, dans Mabillon, ibid.,
sæc. I.
[173]
V. plusieurs lettres de ces prélats dans Du Chesne, t. I, p. 878, 879, 885 et
886.
[174]
V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les Bollandistes, au 4
janvier.
[175]
V. Vita sancti Amandi, n° 6 et 9, dans les Bollandistes, au 6 février.
[176]
V. Vita sancti Theofredi, abbatis Calmeliacensis, n° 5, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. III, part. I.
[177]
V. Vita sancti Rodingi, abbatis, n° 6, dans les Bollandistes, au 17
septembre.
[178]
V. Vita sancti Judoci, auctore Florentio, dans Mabillon, ibid.,
sæc. II.
[179]
V. Vita sancti Benedicti Biscopi, abbatis, n° 2-4 et 6, ibid. V. aussi,
relativement aux fréquents pèlerinages à Rome des princes et des évêques
bretons, une lettre d'Elfreda, abbesse anglo-saxonne (parmi les lettres de
saint Boniface, n° 11, dans la Maxima bibliotheca veterum Patrum, t.
XIII, p. 90), et Lingard, Hist. d'Angleterre, trad. fr., t. I, p. 240,
258, etc. Ajoutons que les pèlerins prenaient ordinairement la route du Simplon
et visitaient, en passant, la célèbre abbaye d'Agaune (aujourd'hui Saint-Maurice),
ainsi que le prouve l'itinéraire de saint Eustasius et celui de saint Rodingus.
[180]
V. Vita sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis, n° 17, dans Mabillon,
ibid.
[181]
V. ibid., sæc. III, part. II.
[182]
V. Jacques de Vitry, Historia Occidentalis, c. 29, p. 341 ; Théophane, Chronographie,
édit. du Louvre, p. 203.
[183]
V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, c. 3, dans Mabillon, ibid.,
sæc. II.
[184]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 235 et 385.
[185]
V. Vita sancti Rodingi, abbatis, n° 1, 2 et 4, dans les Bollandistes, au
17 septembre.
[186]
V. Grandidier, ibid., p. 197 ; Lunig, Spicilegium ecclesiasticum,
t. V, p. 1077.
[187]
V. Vita sanctœ Gertrudis, c. 1, dans Mabillon, ibid.
[188]
V. Vita sancti Erminfridi, abbatis Cusantiensis, n° 10, dans les
Bollandistes, au 25 septembre.
[189]
V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 4 et 5.
[190]
V. ce diplôme, ibid., p. 93 et 94.
[191]
V. Vita sancti Remacli, dans Mabillon, ibid., sæc. II.
[192]
V. M. Guérard, Essai sur les divisions territoriales de la Gaule, p.
182.
[193]
V. notamment des diplômes de Sigisbert IV et de Childéric II dans Pardessus, t.
II, p. 88, 89, 145 et 146.
[194]
V. Vita sancti Joannis, abbatis Reomaënsis, n° 3, dans Mabillon, ibid.,
sæc. I ; Vita sanctœ Salabergœ, n° 12, ibid., sæc. II ; Vita
sancti Trudonis, confessoris, c. 19, ibid. ; Vita sancti
Erminonis, abbatis Laubiensis, n° 11, ibid., sæc. III, part. I ; Vita
sancti Sturmii, abbatis Fuldensis, n° 12, ibid.,
sæc. III, part. II ; etc.
[195]
V. Vita sancti Remacli, ibid., sæc. II ; Vita sanctœ Salabergœ,
n° 21, ibid. ; Vita sancti Drausii, Suessionensis episcopi, dans
les Bollandistes, au 5 mars ; Vita sancti Eligii ; etc.
[196]
V. un diplôme de Dagobert II dans Pardessus, t. II, p. 167.
[197]
V. un diplôme d'Adhela, fille de Dagobert II, ibid., p. 364 et 365.
[198]
V. un diplôme de la princesse Irmina dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re
édit., t. I, preuv., col. 262.
[199]
V. notamment un diplôme du maire Grimoald dans Pardessus, t. II, p. 92.
[200]
V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 25, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. II.
[201]
V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 19, ibid.
[202]
V. ce diplôme, dans De l'Isle, Histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel, p.
423.
[203]
V. Vita sancti Hidulfi abbatis, dans Belhomme, Historia
Mediani-Monasterii, p. 62.
[204]
V. un diplôme de Bertrade, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, Hist.
de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 270.
[205]
V. notamment Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les
Bollandistes, au 4 janvier, et Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi,
n° 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.
[206]
V. Journal de la société d'archéologie lorraine, année 1855, p. 93-95.
[207]
V. Vita sancti Goërici, Metensis episcopi, dans Surius, au 29 septembre.
[208]
V. Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 6.
[209]
V. Vita sancti Trudonis„ confessoris, c. 22, dans Mabillon, Acta ss.,
sæc. II.
[210]
V. Vita sanctarum Harlindis et Reinulœ, abbatissarum Eihensium, n° 5, ibid., sæc. III, part. I.
[211]
V. ibid., n° 12.
[212]
V. Vita sancti Filiberti, abbatis, c. 1, dans les Bollandistes, au 20
août.
[213]
V. Schœpflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 797 et 798, et planche I
d'antiquités Franques, n° 1.
[214]
V. Bulletins de la société d'archéologie lorraine, t. II, p. 3-22.
[215]
V. deux diplômes de Grimoald et de Childéric II dans Pardessus, t. II, p. 92,
137 et 138 ; testament du diacre Adalgise, dans les Mém. de la société
philomatique de Verdun, t. III, p. 340.
[216]
V. Vita sancti Audoëni, Rotomagensis episcopi, auctore Fridegodo, c. 5,
dans les Bollandistes, au 24 août.
[217]
V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, dans Mabillon, Acta ss.,
sæc. II.
[218]
V. notamment un placitum de Childebert III dans Pardessus, t. II, p. 233
et 234.
[219]
V. Secunda vita sancti Wandregisili, abbatis, c. 14, dans les
Bollandistes, au 22 juillet.
[220]
V. Vita sancti Wlframni, Senonensis episcopi, n° 11, dans Mabillon, Acta
ss., sæc. III, part. I.
[221]
V. Vita et passio sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis, n° 15, ibid.,
sæc. II.
[222]
V. Virtutes sancti Chlodulfi, Metensis episcopi, c. 6, ibid.
[223]
V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 16 ; Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ
Laudunensis, n° 15, 23, 33 et 37, ibid.
[224]
V. Valois, Notitia Galliarum, p. 17.
[225]
V. Liber de miraculis et translations sancti Landeberti, n° 7, dans
Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.
[226]
V. Vita sanctœ Anstrudis, n° 13 et 14, dans Mabillon, ibid., sæc.
II.
[227]
V. Vita sancti Benedicti episcopi, abbatis, n° 5, ibid.
[228]
V. Vita sancti Romarici, abbatis Habendensis, n° 7, ibid.
[229]
V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 12, ibid.
[230]
V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 223.