HISTOIRE DU ROYAUME D'AUSTRASIE

TOME TROISIÈME

 

CHAPITRE XVI. — ÉTAT DE L'AUSTRASIE PENDANT LE VIIe SIÈCLE.

 

 

En commençant notre chapitre huitième, dans lequel nous nous sommes occupé de la situation générale de l'Austrasie pendant le VIe siècle, nous avons vu que l'autorité impériale était encore respectée dans la Gaule, et nous ne pouvons mieux ouvrir une nouvelle série de recherches sur l'état de cette contrée qu'en examinant ses relations avec l'Empire.

On est assez accoutumé à regarder les empereurs qui régnèrent au VIIe siècle comme à peu près étrangers à l'Occident, et comme souverains d'un empire grec, lequel n'avait plus de relations qu'avec les peuples orientaux. Rien n'est plus faux que cette appréciation. Héraclius songea sérieusement à fixer sa résidence à Carthage, et ne fut détourné d'un pareil dessein que par les instances du patriarche de Constantinople. Constant II, petit-fils d'Héraclius, avait résolu d'expulser les Lombards de l'Italie et de rétablir à Rome le siège de l'Empire, disant que « la mère méritait plus de considération que la fille » ; et, de fait, il passa la dernière partie de son règne (663-668) dans l'Italie méridionale et la Sicile. Les habitants du partage d'Orient se donnaient à eux-mêmes, dans leur langue, le nom de 'Ρωμαϊοι ou de Romains ; les nations étrangères ne les connaissaient pas sous une autre dénomination, et chez les Arabes le mot Roumi est encore synonyme de Chrétiens. Les Occidentaux n'avaient pas une moindre idée de l'ancienne capitale de l'Empire. Le biographe de saint Babolenus, parlant de Rome, la qualifie de domina mundi ou maîtresse de l'univers[1], et lorsque Frédégaire s'occupe des affaires de l'Empire, il ne manque pas d'employer tes termes de respublica, de manus publica, de pars publica, qu'il regardait comme synonymes, et il ne se sert pour ainsi dire jamais du mot imperium[2].

Si l'Empire était encore l'objet d'un culte semblable, il est naturel d'admettre que la personne de l'empereur n'était pas moins vénérée. Il suffit de parcourir l'Έξαήμερον de Georges Pisidès pour apprendre quelles étaient à cet égard les idées des Orientaux, et bien qu'en Occident on ne pensât pas de même, on ne laissait pas d'être rempli de respect pour les successeurs de Constantin. L'usurpation sanglante de Phocas avait, il est vrai, porté une rude atteinte à cette vénération six fois séculaire, et relâché les liens qui unissaient encore les deux partages. Néanmoins, Phocas avait été reconnu par le pape saint Grégoire-le-Grand[3] et par tous les rois des Barbares fédérés. Un peu plus tard, les victoires d'Héraclius, qui furent suivies de la restitution de la vraie croix, rendirent à l'autorité impériale le prestige qu'elle avait momentanément perdu. En célébrant, tous les ans, le 14 septembre, l'anniversaire, alors fort solennel, de ce dernier évènement, et en chantant dans les basiliques les beaux hymnes de Venance Fortunat Vexilla Regis et Crux benedicta, les Occidentaux ne pouvaient s'empêcher de répéter en même temps les louanges du prince auquel on devait la possession de ce gage précieux de notre salut. Aussi, les écrivains occidentaux ne parlent-ils d'Héraclius qu'avec le plus grand respect. Frédégaire, qui lui a consacré plusieurs chapitres de son ouvrage, qualifie de miraculum les victoires de l'empereur[4] ; le biographe de saint Desiderius, évêque de Cahors, remarque, comme une chose à noter, que l'élection du prélat eut lieu temporibus piissimi Heraclii Imperatoris[5], et on rencontre une phrase plus significative encore dans le biographe de saint Landoaldus[6]. Malgré les fautes et les crimes de Constant II, on n'oublia jamais que la postérité d'Héraclius occupait le trône, et saint Audoênus, rappelant les progrès que fit le monothélisme, grâce à la protection de ce prince, n'en parle néanmoins que comme du chef de l'Empire[7].

La puissance des empereurs n'était pas, d'ailleurs, à dédaigner. Ils avaient perdu plusieurs provinces, mais ils possédaient encore une partie de l'Italie, la Sicile, la Corse, la Sardaigne, l'Afrique, la Grèce avec ses îles, l'Illyrie, la Thrace, l'Asie Mineure, l'Arménie et la Tauride. Les califes leur payaient souvent un tribut ; les Wisigoths d'Espagne reconnaissaient, au moins nominalement, leur suprématie, et les Lombards eux-mêmes, malgré leurs fréquentes hostilités contre les exarques de Ravenne, battaient monnaie au nom des empereurs[8]. Ceux-ci, dans leurs relations avec les rois Francs, continuaient à employer les anciennes formules qui établissaient leur suprématie ; et Constantin III, dans la lettre que nous avons citée plus haut, donne à Dagobert II le titre de fils, qui impliquait une infériorité à l'égard de l'empereur. Nous avons signalé les efforts de Constant II pour faire recevoir dans le partage d'Occident l'exposition doctrinale que l'on appelle le type, et qui avait pour but de répandre le monothélisme. On sait que le pape saint Martin lui opposa la plus vive résistance ; mais ce fut toujours avec respect, et on possède encore la lettre qu'il écrivit à saint Amandus, ancien évêque de Trajectum-ad-Mosam, pour le supplier d'engager le roi d'Austrasie Sigisbert à choisir quelques prélats, qui se rendraient à Constantinople et conjureraient l'empereur de renoncer à ses desseins[9]. Une des choses qui prouvent le mieux combien était grand encore le prestige de la puissance impériale est la conduite que ce prince tint à l'égard du pape saint Martin. Constant traita le vénérable pontife de la manière la plus cruelle, sans que les rois barbares, dont quelques-uns étaient des hommes pieux — saint Sigisbert régnait alors en Austrasie —, aient osé intervenir, comme Pépin-le-Bref et Charlemagne le firent, dans la suite, en faveur des papes leurs contemporains, qu'ils protégèrent contre les Lombards. Peu d'années après la mort de Constant II, on vit Constantin III, son fils et son successeur, demander au pape de convoquer, non pas à Rome, mais à Constantinople, les évêques de tout l'empire, et même ceux dont les sièges épiscopaux étaient dans le partage d'Occident. Ces derniers obéirent, comme les autres, et figurèrent dans un concile à toutes les sessions duquel l'empereur jugea à propos d'assister.

Les papes, loin de rompre avec une autorité qui leur était si souvent à charge, donnèrent toujours l'exemple de la soumission, lorsqu'il ne s'agissait pas d'affaires intéressant la conscience. C'est ainsi qu'ils dataient leurs bulles par les années des empereurs. C'est ainsi qu'ils introduisirent dans la liturgie plusieurs usages particuliers à l'église impériale de Constantinople, afin de témoigner le respect qu'ils avaient pour elle. Saint Grégoire-le-Grand fut même accusé d'avoir humilié l'église latine devant sa rivale, parce qu'il avait définitivement prescrit à celle-là de chanter le Kyrie eleison, et enjoint de ne procéder à la fraction de l'hostie qu'après le Pater, conformément à la coutume de l'église grecque, et contrairement à l'usage ancien des Occidentaux, usage conservé encore aujourd'hui dans la liturgie ambrosienne ; et le souverain-pontife fut obligé de présenter son apologie, dans une lettre adressée à Jean évêque de Syracuse[10].

Dans la Gaule, les chroniqueurs et les hagiographes datent aussi quelquefois par les règnes des empereurs[11]. Le buste impérial immobilisé figure sur toutes les monnaies. Bien qu'au VIIe siècle les légendes aient subi un changement presque complet, il ne faut pas désespérer de rencontrer des trientes au nom d'Héraclius, et l'on a publié, il y a peu de temps, une bractéate d'un travail barbare, qui offre le buste de ce prince, portant une longue barbe, coiffé de la tiare et tenant une croix à la main, avec une légende où l'on entrevoit tous les éléments de son nom[12]. Les relations diplomatiques, moins fréquentes peut-être que dans le siècle précédent, ne furent jamais interrompues. Nous avons rappelé l'ambassade que Dagobert Ier envoya à l'empereur Héraclius, et la reine Bathildis, qui gouverna pendant la minorité de Clotaire III, chargea d'une mission semblable un diplomate nommé Audobaldus.

Les empereurs, de leur côté, entretenaient des relations avec les nations les plus lointaines de l'Occident, et le biographe de saint Théodore de Tarse, métropolitain de Canterbury, assure qu'Ebroïn retint, pendant quelque temps, dans la Gaule le moine Adrianus, compagnon du prélat, parce qu'il le croyait chargé d'une mission secrète de Constantin III pour les rois anglo-saxons de la Bretagne[13].

Une autre preuve de la supériorité que les rois Francs reconnaissaient dans la personne de l'empereur est le soin avec lequel ils évitaient toujours de prendre des titres ou qualifications réservés à ce dernier. A partir du VIIe siècle néanmoins, on commence à rencontrer le titre de majestas. Nous l'avons trouvé dans la vie de saint Goar[14], et peut-être ailleurs encore ; on voit regia majestas dans la vie de saint Bercharius[15] et dans un diplôme de Childéric II[16] ; on lit dans la vie de saint Prœjectus : Sub diva memoria Hilderici regis, phrase toute païenne[17] ; dans un autre diplôme du même roi (Childéric), le mot imperium est employé comme synonyme de regnum[18], et dans le testament de saint Odilia ou Odile, que Grandidier juge authentique[19], le roi est appelé imperator. Mais ce sont là de rares exceptions. Les rois ne portent guère d'autres titres que ceux de rex et de princeps, et leur autorité est désignée par des expressions semblables à celles que nous avons signalées dans le huitième chapitre, entr'autres par les mots altitudo et excellentia, que l'on rencontre dans la vie de saint Agilus[20].

Le titre de vir inluster que les Mérovingiens prenaient ordinairement commence à être prodigué. Il est attribué, dans un diplôme de Childéric II, à un simple domesticus appelé Odo[21], et Childebert III le donne à un personnage nommé Aigobertus, qu'il qualifie de menesterialis, sans indiquer autrement ses fonctions[22].

Le mot menesterialis ou plutôt ministerialis était celui qui, au VIIe siècle ainsi qu'au VIe, désignait les fonctionnaires en général, mais plus spécialement les employés du palais, et les offices de ces derniers sont quelquefois nominés honores, comme les charges municipales[23]. Au reste, pendant le VIIe siècle, les rois se servent presque toujours du mot agentes lorsqu'il s'agit de leurs officiers, sans distinguer entre ceux qui étaient attachés au palais et ceux qui avaient des emplois dans l'administration[24].

Le personnel du palais était le même que dans le siècle précédent, et nous voyons figurer autour des rois tous les fonctionnaires dont nous avons déjà parlé. Il semble de plus que les Mérovingiens avaient introduit dans leur demeure un certain nombre d'eunuques. La précaution n'était pas inutile ; car plusieurs des successeurs de Clovis eurent de véritables harems, et le bon roi Dagobert Ier entretenait lui-même trois reines et beaucoup (plurimœ) de concubines[25]. Il était absolument nécessaire d'avoir des eunuques pour garder tant de femmes ; l'exemple des empereurs, qui vivaient entourés d'eunuques, était bien propre à inspirer aux rois Francs l'idée d'en avoir aussi, et l'on sait, par un texte de l'historien Luitprand, que, à une date à la vérité postérieure, les négociants de Verdun faisaient un grand commerce de ces malheureux, commerce qui devait avoir commencé plusieurs siècles auparavant[26].

L'école du palais, dont nous avons retracé l'origine, existait encore au VIIe siècle, et l'on a même plus de renseignements à son sujet pour cette époque que pour le siècle précédent. Sous le règne de Clotaire II, elle était dirigée par un romain nommé Betharius, qui eut pour successeur un de ses disciples les plus habiles, Rusticus, frère de saint Desiderius, et qui fut plus tard évêque de Cahors. Ils avaient pour père Salvius, riche gallo-romain, et pour mère Herchenfreda, qui, malgré son nom et peut-être son origine barbare, écrivait en latin avec une rare élégance[27]. Sous le règne de Dagobert Ier, nous voyons à la tête de l'école du palais un moine grec appelé Athanasius[28] ; puis, un gallo-romain nommé Sulpitius, qui devint plus tard métropolitain de Bourges[29] ; puis, mais seulement à l'époque de Sigisbert IV, Theodardus ou Theodore, lequel fut récompensé par l'évêché de Trajectum-ad-Mosam[30]. Les auteurs de l'Histoire littéraire de la France[31] semblent croire qu'il y avait simultanément plusieurs abbates ou rectores de l'école du palais ; que les uns ne quittaient pas la résidence royale et portaient le titre de palatini, et que les autres, au contraire, suivaient les rois dans leurs expéditions militaires ; ce qui leur faisait donner le surnom de castrenses, qui fut aussi attribué aux aumôniers des empereurs ; mais nous n'avons rien trouvé dans les textes originaux qui puisse justifier une pareille conjecture.

Les monuments du VIIe siècle nous ont conservé les noms de plusieurs élèves de l'école palatine, et nous en avons cité quelques-uns ; nous rappellerons encore ici Rusticus, qui devint lui-même rector ; les gallo-romains Annemundus, Delphinus, Geremarus, Filibertus ; Ansegisus et Chlodulfus, fils de saint Arnulfus[32] ; saint Paul, qui fut évêque de Verdun[33] ; saint Landericus, dont nous avons déjà dit un mot[34] ; saint Landebertus, lequel succéda à son maître Theodore sur le siège épiscopal de Trajectum-ad-Mosam[35] ; saint Nivardus, métropolitain de Reims, et saint Gondelbertus, son frère[36].

On enseignait dans l'école du palais la grammaire, la rhétorique, la dialectique, et même la législation romaine[37] ; de plus, les élèves qui se destinaient à la carrière des armes recevaient une instruction appropriée à leurs projets[38]. Tous vivaient en commun, mangeaient ensemble et couchaient dans le même dortoir ; néanmoins, leur vie, pour être régulière, n'avait rien de dur, ni d'austère ; leur table était recherchée, et ils portaient des vêtements tissus d'or et de soie[39].

Nous avons dit tout-à-l'heure que le personnel du palais n'avait pas changé pendant le VIIe siècle ; mais si les titres étaient restés les mêmes, les attributions et l'autorité attachées à certaines fonctions avaient diminué ou grandi. C'est ainsi que, grâce à la jeunesse et à l'incapacité de plusieurs rois, les maires du palais, dont le pouvoir avait d'abord été si restreint, finirent par acquérir une autorité prépondérante. Ils avaient été nommés par les souverains jusqu'à la fin du règne de Dagobert I, bien que l'on puisse rappeler, avant cette époque, deux ou trois circonstances dans lesquelles, à raison de minorité ou autrement, leur désignation paraît avoir été l'ouvrage des grands et des fonctionnaires principaux. Après la mort de Dagobert, les évêques et les seigneurs devinrent les maîtres presqu'exclusifs de l'élection du major domus, quoiqu'on la soumît toujours, pour la forme, à l'approbation du prince. En 641, Flaochatus fut créé maire du palais de Bourgogne par les prélats et les ducs, et leur choix fut ratifié par la reine Nantechildis, qui remplissait les fonctions de régente, pendant la minorité de Clovis II[40]. La mairie de Neustrie étant devenue vacante, en 659, par le décès d'Erchinoaldus, Ebroïn fut élu par les évêques et les grands[41]. Lorsqu'Ebroïn eut cessé de vivre, il fut remplacé par Waratto, dont l'élection, faite dans les mêmes formes, fut soumise à la confirmation royale, et Waratto eut lui-même pour successeur Bertharius, qui fut également désigné par les seigneurs et les prélats[42].

La mairie du palais étant ainsi devenue élective et viagère, le pouvoir de ceux qui l'avaient obtenue se trouva notablement augmenté, et on employa même pour les désigner un terme à peu près nouveau : celui de subregulus ou vice-roi. On rencontre encore assez fréquemment les mots major domus, dux palatii, et même prœfectus palatii[43] ; mais le titre de subregulus devient d'un usage fréquent, et on le voit appliqué notamment aux maires Grimoald[44] et Ebroïn[45]. En même temps, ces dignitaires s'entouraient d'un luxe qui, sans rivaliser avec celui des rois, était propre cependant à donner à la multitude une haute idée de leur importance[46], et les Mérovingiens comprirent, mais trop tard, la faute qu'ils avaient commise en laissant s'élever près d'eux une autorité capable de contrebalancer leur pouvoir. La politique des princes fut, en effet, gênée et parfois même combattue ouvertement par les maires du palais, qui ne se dissimulaient pas que la résurrection de l'empire d'Occident, en procurant aux rois Francs, devenus empereurs, une puissance absolue, aurait pour résultat immédiat et assuré de subordonner les Barbares aux Gallo-Romains, et ils furent secondés dans cette lutte par les Francs, auxquels un pareil danger ne semblait pas chimérique.

Favorisés par la politique des maires, qui voyaient en eux leur appui principal, les seigneurs Francs et mème Gallo-Romains profitèrent des circonstances pour consolider en leurs mains certains droits que les rois leur contestaient, ou pour usurper des privilèges dont ils n'avaient pas joui antérieurement. Ces seigneurs étaient nombreux[47] et, en général, fort riches. Propriétaires d'esclaves, ils avaient conservé les tribunaux domestiques, dont la législation impériale consacrait l'existence. Peu-à-peu ils donnèrent à ces tribunaux une extension de plus en plus grande et cherchèrent à leur assurer comme justiciables tous les coloni et tous les lides établis sur leurs propres domaines. Un édit de Clotaire II mentionne déjà[48] les judices ou juges des évêques et des seigneurs (potentes). Les judices privati sont rappelés dans un diplôme de Dagobert Ier, à côté des judices publici, et le biographe de saint Landebertus parle d'un judex du vénérable prélat[49]. Les progrès du pouvoir temporel des évêques n'étaient pas moins remarquables. Les sièges épiscopaux étaient toujours enviés même par les laïques les plus puissants, et Rotharius, qui fut nommé évêque de Strasbourg en 646, avait d'abord été duc[50]. Il paraît même que les abbés des monastères les plus anciens et les plus riches commençaient à réclamer et à s'attribuer quelques-uns des droits dont les évêques avaient seuls joui jusqu'alors[51].

Le titre de vir inluster, autrefois presqu'exclusivement réservé aux rois, se donnait, vers la fin du VIIe siècle, non seulement à des fonctionnaires subalternes, mais encore à de simples particuliers, et nous le voyons appliqué à Bodo-Leudinus, frère de sainte Salaberga[52].

Il est vrai que plusieurs des seigneurs ainsi qualifiés pouvaient appartenir à la race royale. Il existait, en effet, et nous en avons fait plus d'une fois la remarque, une foule de mérovingiens obscurs, constituant des branches collatérales dont l'histoire n'a pas décrit la destinée. Parmi les individus que les historiens et les hagiographes désignent comme parents des rois, quelques-uns étaient évidemment des bâtards, nés de ces concubines que beaucoup de mérovingiens prenaient et congédiaient avec une égale facilité ; d'autres devaient être moins des parents que des alliés ; c'étaient des frères, des neveux ou des cousins de femmes que divers rois avaient tirées d'une condition souvent très-obscure, pour les décorer du titre de reines ; mais plusieurs des branches collatérales dont il s'agit devaient provenir de fils ou de filles légitimes, au sujet desquels l'histoire a gardé le silence. N'est-il pas possible, par exemple, que Théodebert Ier, qui se remaria, après la mort de Wisigarda, avec une femme inconnue et probablement de basse naissance, en ait eu des enfants, qui seront restés ou, pour mieux dire, tombés dans l'obscurité ? Grégoire de Tours mentionne diverses princesses mérovingiennes qui habitaient un monastère de Poitiers[53], et un passage de la biographie de saint Colomban prouve que, au commencement du VIIe siècle, plusieurs mérovingiens, dont on ne connaît pas les noms, avaient aussi embrassé la vie religieuse[54]. Nous avons déjà parlé de Mundericus, de Sigivaldus, de Gondovaldus et de l'évêque Licinius. Les deux biographes de saint Basolus mentionnent un seigneur fort puissant (prœpotens), Atela ou Attila, qui, d'après la vie de saint Germain, évêque de Paris, était parent du roi Clotaire Ier[55]. Le leude Wulfinus, dont il est question dans la vie de saint Eusitius, était, d'après l'hagiographe, de genere regio[56]. Le biographe de saint Colomban rappelle une tante paternelle (amita) du roi Théodebert II, laquelle avait épousé un seigneur nommé Chrodovaldus[57]. Bertchramnus métropolitain de Bordeaux était parent, on ne sait pas à quel degré, des rois fils de Clotaire Ier[58]. Saint Aridius passait également pour appartenir à la race royale, quoique son père et sa mère portassent les noms romain et grec de Jocundus et de Pelagia[59]. On a dit la même chose de saint Baldericus et de sa sœur Bova ; mais nous croyons avoir démontré que c'est une erreur, au moins quant au premier. On croit que Desiderius évêque d'Auxerre était parent de Sigisbert II[60]. Le diacre Adalgise ou Grimon, dont le testament nous fournit tant de renseignements curieux, était nepos ou neveu de Dagobert Ier, et il avait un frère appelé Ado, qui avait lui-même plusieurs fils. L'un de ceux-ci avait obtenu le titre de duc, et, selon toutes les apparences, ils ont dû laisser une postérité plus ou moins nombreuse. Le testament d'Adalgise mentionne encore sa sœur Ermegundis, qui était diaconesse, et sa tante paternelle (amita), laquelle avait été inhumée dans une basilique dédiée à saint Georges et située en un lieu nommé Amanium[61]. Mais rien ne nous apprend comment Adalgise était neveu de Dagobert, et nous en sommes réduit à conjecturer qu'il était fils de quelque bâtard ou d'une fille de Clotaire II. D'après Frédégaire[62], le célèbre Erchinoald, qui fut maire du palais de Neustrie sous le règne de Clovis II, était parent de Dagobert Ier[63]. D'après le biographe de saint Austreberta, Badefridus qui fut comte du palais, sous le règne du même prince, était un mérovingien[64]. Saint Vincent Madelgarius et un leude appelé Hidulfus avaient épousé Waldethrudis et Aja, toutes deux parentes (consanguineœ) de Dagobert Ier ; et Valdethrudis avait une sœur, nommée Aldegundis ou Aldegonde[65]. Sainte Waldrada, première abbesse de Saint-Pierre de Metz, passe également pour avoir appartenu à la race royale, et il devait en être de même du duc Eleutherius, oncle de Valdrada[66]. Le biographe de sainte Berte en dit autant d'un seigneur appelé Sigifridus, qui avait épousé cette sainte, laquelle était fille de Rigobertus comte du palais de Neustrie, sous le règne de Clovis II[67]. Saint Rupertus ou Rudbertus, successivement évêque de Worms et de Juvavum ou Juvava, fonda, près de cette dernière ville, un monastère de femmes, qu'il plaça sous la direction d'une vierge, nommée Ehrenthrudis, et issue, comme lui, du sang royal des Mérovingiens[68]. Enfin, nous serions assez porté à regarder comme appartenant à quelque rameau de la famille royale Bodo-Leudinus, évêque de Toul, et le comte Wulfoad, dont nous parlerons plus loin, et qui devait être le petit-fils du maire du palais. Ce qui autorise cette conjecture n'est pas le titre de vir inluster qu'ils prenaient tous deux ; car le titre en question était alors vulgarisé ; mais la circonstance que Bodo et Wulfoad portaient de longs cheveux. Le premier coupa les siens (incisa cœsarie), lorsqu'il embrassa la vie monastique[69] ; le second était représenté avec une chevelure flottante sur une des murailles de l'ancien oratoire dans lequel il avait été inhumé[70], et Agathias nous apprend que tous les personnages faisant partie de la famille des Mérovingiens avaient le droit de laisser croître leurs cheveux[71].

Au reste, quand nous rappelons l'influence que les seigneurs exercèrent sur la marche du gouvernement depuis la mort de Dagobert Ier, nous n'entendons pas dire que cette influence ait été le partage exclusif des Saliens et des Ripuaires. Plusieurs historiens modernes ont cru qu'il y avait eu alors une espèce de réveil de la barbarie germanique, et que, plus farouches, moins amollis que les Saliens par la civilisation romaine, et renforcés sans cesse par des émigrés et des aventuriers venus de la Grande Germanie, les Ripuaires avaient fini par devenir les dominateurs de la Gaule. L'on fait même observer, à cette occasion, que, aux yeux des Gallo-Romains, l'Austrasie était un pays si sauvage, qu'on lui donnait encore parfois le nom de Germanie ; et le biographe de saint Prœjectus, évêque de Clermont, dit, en effet, en parlant de Childéric II : Germaniœ gerebat principatum[72]. Mais, à notre avis, on suppose précisément ce qui est en question. On n'a jamais démontré que les Austrasiens fussent plus rudes et plus sauvages que les Neustriens. La plupart des seigneurs ripuaires dont on connaît la vie en détail : Chrodinus, Gogo, Romaricus, Arnulfus, Ansigisus, Pépin de Landen et beaucoup d'autres étaient, au contraire, des hommes vertueux et amis de la paix. De plus, la supériorité militaire des Austrasiens n'avait rien d'écrasant, et si l'on compte les grandes batailles livrées entr'eux et les Neustriens, on voit que ceux-ci ont été aussi souvent vainqueurs que vaincus. Enfin, le biographe de sainte Salaberga, mentionnant le premier monastère qu'elle avait fondé sur les frontières du diocèse de Toul, dit que ce monastère était fort éloigné de la Barbaries ou du pays des Barbares[73].

Il faut encore observer que le mélange des Barbares et des Gallo-Romains, déjà fort avancé à la fin du VIe siècle, avait fait de nouveaux progrès. Pendant le VIIe siècle, les historiens et les hagiographes emploient fréquemment le mot populus pour désigner tous les habitants de la Gaule, sans tenir aucun compte de la différence des races[74]. Les rois se servent, dans leurs édits et avec la même intention, du mot provinciales[75], que l'on trouve déjà dans les constitutions impériales, et quand ils parlent des hommes libres, ils les appellent tous ingenui[76]. Les mariages entre les Francs et les Gallo-Romains sont plus communs que jamais. Non seulement les premiers recherchaient soigneusement la main des riches héritières gallo-romaines ; mais on voyait aussi des gallo-romains épouser des femmes de race Franque, et c'est ce que nous avons remarqué notamment au sujet de saint Rigobertus, qui devait le jour à une femme ripuaire et à un vir spectabilis nommé Constantinus[77].

Dans tous les textes du VIIe siècle, les deux races semblent placées exactement sur la même ligne et traitées avec autant de faveur par le gouvernement, et elles paraissent avoir à peu près les mêmes habitudes. Comme au VIe siècle, nous trouvons parmi les Francs des hommes de toutes les conditions, depuis les plus élevées jusqu'aux plus basses. Beaucoup sont considérés comme nobiles, car nous n'oserions employer le mot de nobles. C'est ainsi que le biographe de sainte Salaberga dit[78] qu'elle attira dans son monastère de Laon quantité de femmes et de filles nobles — mulieres nobiles et fœminœ nobilium Sicambrorum. Dans la vie de saint Ansthrudis, fille de sainte Salaberge, il est également parlé de divers personnages que l'hagiographe qualifie de nobiles[79] ; on lit dans la vie de saint Ansbertus, métropolitain de Rouen[80], qu'il était né de parents nobles — nobili erat ortus genere ; dans celle de saint Trudon[81], qu'il était issu d'une famille Franque très illustre — nobilissima Francorum prosapia ; dans la biographie de sainte Gertrude[82], que sainte Wlfethrudis appartenait à une maison fort célèbre de la même nation — edita ex antiquo Francorum genere claro ; dans la vie de sainte Bertila[83], qu'elle était d'une race illustre — nobilibus parentibus oriunda ; et dans la continuation de Frédégaire[84], que Bodilo, un des meurtriers de Childéric II, était un Francus nobilis.

Les jeunes nobles ne comptaient pas tellement sur leur naissance pour obtenir les emplois, qu'ils ne jugeassent à propos d'étudier, soit dans l'école du palais, soit dans les écoles épiscopales. D'après son biographe anonyme, saint Leodegarius reçut l'éducation libérale et distinguée que l'on donnait alors aux jeunes seigneurs[85], et on rencontre une mention à peu près semblable dans la vie de saint Hubert, évêque de Liège[86].

Mais tous les Francs n'étaient pas riches et illustres ; on en voyait beaucoup qui occupaient une position médiocre ou même se trouvaient dans la misère. Les bénéfices, d'abord viagers et révocables, avaient fini, à la vérité, par devenir presque héréditaires. Dès les dernières années du VIIe siècle, la reprise des bénéfices était regardée comme un acte de rigueur, et les rois, en faisant de nouvelles concessions, renonçaient souvent, et d'une manière formelle, au droit de les révoquer ; mais plusieurs concessionnaires avaient aliéné ou cédé leurs bénéfices, et, après avoir dissipé rapidement l'argent qu'ils possédaient, ils étaient tombés dans la pauvreté, sans aucune espérance d'en sortir. C'était, sans doute, à une famille ruinée de la sorte qu'appartenait Ebroïn ; car il était ex infimo genere ortus, d'après le biographe de saint Ragnebertus[87].

A côté de ces Francs devenus misérables figuraient des gallo-romains qui nageaient dans l'opulence ou tenaient les premiers emplois. Sous le règne de Dagobert Ier, les ducs gallo-romains Abundantius et Venerandus commandaient l'armée Franque envoyée en Espagne[88] ; plus tard, Hector était gouverneur de la Provincia Massiliensis ; le testament d'Erminethrudis cite deux gallo-romains, Mummolus et Scupilio, dont l'un était comte et l'autre spatharius[89], et on pourrait multiplier beaucoup les mentions de ce genre.

Les anciennes familles sénatoriales existaient encore pour la plupart, et leurs membres continuaient à siéger dans les curies, comme nous l'avons démontré, en exposant l'état de la Gaule au VIe siècle[90]. La richesse de beaucoup d'autres familles n'est pas douteuse. Constantinus, père de saint Rigobert, qui habitait cependant le pagus Ripuarius, était assez opulent pour qu'on lui donnât le titre de vir spectabilis[91]. Saint Serenus, lequel habitait dans le territoire de Metz, était fort riche[92] ; il en était de même de saint Paul, évêque de Verdun[93] ; de saint Bonitus, évêque de Clermont[94] ; des gallo-romains Triclinus et Aquilina, qui contribuèrent, avec Pépin d'Héristal, à la fondation d'un monastère près de Dinantis ou Dinant[95] ; et d'une matrone, appelée Prætoris, qui céda des domaines considérables à l'église de Toul[96].

Les diplômes de cette époque mentionnent une foule de propriétaires portant des noms d'origine latine, et nous avons démontré ailleurs que le nombre en serait encore bien plus grand, si beaucoup de gallo-romains n'avaient pris, au VIIe siècle, des noms appartenant à la langue germanique. C'est ainsi que nous rencontrons dans quatre diplômes concernant les abbayes de Saint-Mihiel et de Palatiolum six propriétaires gallo-romains : Felicius, Hærevius, Æginus, Hertellio, Tullo et Feronius[97] ; et notons, en passant, que le nom de ce dernier rappelle la déesse Feronia, dont le culte était assez répandu dans le nord de la Gaule.

Ajoutons que chacun pouvait, par son talent et son habileté, arriver aux fonctions les plus élevées, et l'exemple d'Ebroïn et de saint Eligius suffit pour prouver l'exactitude de cette assertion. Tout homme libre, quelle que fût sa race, jouissait de l'égalité devant le roi. On rangeait dans la classe des hommes libres non seulement les ingenui proprement dits, mais encore les individus qui avaient obtenu leur affranchissement, et le nom d'ingenui leur était donné à tous, sans distinction. Il est accordé à de simples affranchis dans le testament de la matrone Erminethrudis[98], ainsi que dans celui du diacre Adalgise[99] ; et, longtemps auparavant, saint Remi avait écrit dans son testament : Exemptis hominibus illis quos per epistolas nostras ingenuos relaxavimus[100].

La classe des ingénus, sans cesse recrutée par les affranchis, 'était encore assez nombreuse, quoiqu'on en ait dit, et il est facile de le prouver. Prenons pour exemple la civitas de Trajectum-ad-Mosam, une de celles qui auraient dû souffrir le plus des ravages des Barbares, et voyons quelle était sa population. Lorsque saint Amandus eut été élevé sur le siège épiscopal de Trajectum, il résolut de parcourir son diocèse tout entier, afin de réformer les mœurs des ecclésiastiques et des laïques. Or, il employa trois années à visiter les vici et les castra, c'est-à-dire toutes les paroisses ; et le temps qu'il employa à cette tournée apostolique prouve combien les paroisses étaient rapprochées et la population considérable ; ce que confirme encore un passage de la biographie du même saint, oui on lit que beaucoup de prêtres et de clercs (sacerdoces et levitœ) refusèrent d'écouter ses exhortations[101]. Après la mort de Théodore, second successeur d'Amandus, le clergé et le peuple du diocèse de Trajectum demandèrent pour évêque saint Landebertus, et le biographe se sert des expressions suivantes : copiosa multitudo virorum in regione illa habitantium[102], lesquelles démontrent combien le diocèse élait peuplé. Lorsque, vers l'année 710, on procéda aux funérailles du vénérable prélat, une foule immense (turba multa) suivit le cortège[103], et on trouve une autre preuve de ce que nous avons avancé dans un diplôme de l'année 741[104]. On alléguerait en vain que la civitas de Trajectum était couverte d'immenses forêts. Sans doute, la forêt des Ardennes, qui s'étendait au loin, vers le nord, dans la vallée de la Meuse, enlevait à la culture des terrains considérables ; mais elle n'était pas complètement privée d'habitants. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir le diplôme que Childéric II accorda aux moines de Stabulaus et de Malmundarium[105], et qui fixait les limites de leur territoire. On est tout étonné en voyant combien, dans un des cantons les plus sauvages de cette forêt des Ardennes, il y avait déjà de fermes et de traces d'habitation, et combien étaient rapides les progrès du défrichement. Le diplôme mentionne, en effet, et sur un territoire relativement peu étendu, quatre grandes fermes domaniales, Audaste-Villare, Amblava, Charancho et Lethernacho ; des lieux dits Siccus-Campus, Resta[106], Alsena, Glane, Fanife, Jocunda Fania, Warchinna, Stagnebachus et Rarobaccus ; un bois appartenant à un individu nommé Wulfebertus ; une autre forêt, qui paraît s'être appelée Roboretum Helmini ou la Chênaie d'Helminus ; une route nommée via Transverisca[107] ; des ruisseaux appelés Diddilo et Dulnosus ; une fontaine désignée par les mots Alba-fontana ou Blanche-fontaine ; enfin, une sorte de ruisseau, peut-être un réservoir, où un particulier, Garelaïcus, avait établi une venna, c'est-à-dire une sorte de barrage destiné à retenir le poisson.

Nous reconnaissons volontiers que les textes allégués dans le paragraphe précédent s'appliquent aux lides, aux coloni et même aux esclaves aussi bien qu'aux hommes libres ; mais les témoignages historiques ne permettent pas d'admettre que la classe de ces derniers ait décru d'une manière inquiétante pendant le VIIe siècle. Quant aux lides et aux coloni, leur position n'avait pas changé. Ils continuaient à jouir de la plupart des droits qui appartenaient aux hommes libres, et les esclaves eux-mêmes n'en étaient pas entièrement privés. Ceux-ci pouvaient notamment contracter des mariages, ainsi que nous l'avons déjà remarqué ; et le biographe de saint Eustasius, parlant de la femme d'un esclave, emploie le mot uxor, dont la signification n'est pas douteuse[108].

L'Eglise faisait des efforts continuels pour empêcher l'accroissement du nombre des esclaves, en attendant que l'on fût en état de supprimer la servitude elle-même. Un canon du concile de Paris, confirmé par Clotaire II, défendit[109] d'adjuger qui que ce fût comme esclave, avant d'avoir consulté l'évêque ou le curé du lieu (prœpositus ecclesiœ). Peu de temps après, un concile, tenu dans un lieu inconnu, réserva aux individus qui se vendraient eux-mêmes le droit de recouvrer leur ancien état, en restituant le prix de la vente, et déclara que les enfants ne souffriraient, en aucun cas, de la conduite de leur père[110]. Le concile de Reims frappa d'excommunication ceux qui raviraient la liberté à un ingénu[111], et le concile réuni à Châlon-sur-Satine, en 650, exprima le vœu de voir l'esclavage définitivement aboli[112]. Très-souvent, pour affranchir les esclaves, on les offrait aux fondateurs et aux abbés des monastères, qui les admettaient à faire profession de la vie religieuse ou les attachaient à la culture des terres appartenant à leurs communautés ; et plusieurs abbés employèrent une partie de leurs ressources à acheter des esclaves, qui venaient augmenter le nombre de leurs disciples. Sainte Bathildis, épouse de Clovis II, qui avait elle-même passé sa jeunesse dans la servitude, prohiba la traite, mais en vain, racheta une grande multitude d'anglo-saxons, ses compatriotes, et les plaça dans les monastères qu'elle avait fondés[113]. Saint Eligius agissait de même[114], et c'était probablement aussi de l'île de Bretagne qu'il tirait les malheureux auxquels il rendait la liberté. Cette île était alors le grand marché aux esclaves, et les Anglo-Saxons vendaient non seulement les Bretons qu'ils faisaient prisonniers ; mais encore leurs propres enfants, lorsque leurs familles devenaient trop nombreuses. C'est là ce qui explique en partie comment presque tous les esclaves cités dans les diplômes portent des noms barbares[115], quoique, d'après certains systèmes modernes, ils dussent avoir, en général, des noms romains.

L'importation n'était pas toutefois l'unique source qui réparât les vides produits par les affranchissements. Les Francs réduisaient en servitude les prisonniers de guerre[116]. D'un autre côté, la loi continuait à permettre, dans plusieurs cas, la vente des individus condamnés pour crimes ; et le biographe de saint Bonitus le loue de ce que, pendant sa magistrature — il était rector de la Provincia Massiliensis —, il n'avait fait vendre aucun homme libre[117].

La plupart des esclaves, quelle que fût leur origine, étaient, comme dans le siècle précédent, employés à l'exploitation des grands domaines ruraux[118]. Les uns soignaient les vignes, alors tellement abondantes dans le nord de la Gaule, qu'elles y croissaient même à l'état sauvage[119] ; d'autres conduisaient à travers les vastes forêts de l'Austrasie d'immenses troupeaux de porcs[120] et de moutons[121] ; d'autres enfin cultivaient les terres et rentraient les récoltes.

L'espèce de digression à laquelle nous nous sommes livré relativement à la situation respective des Francs et des Gallo-Romains, ainsi qu'à l'état des personnes et des terres, nous a un peu éloigné de la revue que nous faisions de l'administration et de ses agents. On a vu que rien n'était changé dans le gouvernement central, si ce n'est que les maires du palais avaient habilement profité des circonstances pour accroître leur pouvoir et se rendre à peu près inamovibles. L'étude attentive des monuments historiques du VIIe siècle prouve qu'il ne s'était opéré non plus aucun changement essentiel dans l'organisation administrative des provinces et des cités.

Le souvenir des anciennes provinces gauloises n'était nullement effacé. La Belgica, la Germania et la Maxima Sequanorum sont mentionnées dans la vie de saint Eustasius[122] ; l'Aquitania Prima, la Lugdunensis et la Belgica sont rappelées par le biographe de saint Eligius[123] ; les villes elles-mêmes conservent parfois leurs noms antiques : en parlant d'Autun, que l'on appelait alors Augustodunum ou Augustidunum, cet hagiographe et l'auteur d'une des vies de saint Leodegarius font observer que c'est la civitas Heduorum[124] ; l'église de Spire est nommée ecclesia Nemetensis et Nimetensis — ce qui est à peu près la forme ancienne — dans quelques diplômes de Sigisbert IV et de Childéric II[125] ; Cologne est encore appelée Agrippina dans la vie de saint Remaclus[126] ; et, pour l'auteur de ce petit livre, le siège épiscopal transféré, depuis longtemps, à Trajectum-ad-Mosam est toujours sedes Tungrensium, et sa cathédrale l'ecclesia Tungrensis[127].

Les anciennes provinces n'existaient plus, au reste, que pour l'Eglise, et les provinces nouvelles étaient les ducatus ou duchés. Les historiens, les hagiographes et les diplômes du VIIe siècle en citent plusieurs : le ducatus Dentelini dont nous avons longuement parlé, le ducatus Campaniœ[128] et le ducatus Alesatiœ ou duché d'Alsace. Ce dernier ne paraît avoir été formé que vers le milieu du VIIe siècle. Il embrassait la Germania Prima[129] et une partie de la civitas des Rauraci, qui appartenait autrefois à la Maxima Seguanorum[130]. Il résulte d'un diplôme de Clovis III que la Germania Secunda formait aussi un duché, renfermant les civitates de Cologne et des Tungri ou de Trajectum-ad- Mosam[131] ; et on comprend parfaitement que les rois d'Austrasie aient voulu placer sous le commandement de deux ducs, chefs essentiellement militaires, toute la rive gauche du Rhin, afin de tenir en respect les remuantes peuplades de la Grande Germanie. Ajoutons que le biographe de sainte Gertrude mentionne un dux Austrasiorum[132], et que si, comme on n'en peut guère douter, ce duc avait pour département la Belgica Prima, les quatre provinces romaines attribuées aux rois d'Austrasie auraient formé autant de ducatus : la Germania Prima celui d'Alesatia ; la Germania Secunda le ducatus dont le chef résidait à Cologne ; la Belgica Prima le ducatus Austrasiorum, et les cités orientales de la Belgica Secunda le ducatus Campaniœ. Enfin, on ne doit pas oublier que les civitates du sud-est qui appartenaient aux rois d'Austrasie constituaient un grand gouvernement, nommé Provincia Massiliensis, et dont le chef portait le titre de rector, de prœfectus, et quelquefois même de patrice[133].

Chacun des ducs avait sous ses ordres autant de comices ou comtes qu'il y avait de civitates comprises dans le ducatus[134]. Il était même arrivé que certaines civitates fort étendues avaient été partagées, au moins momentanément, et il est question dans Frédégaire[135] d'Ænovalaüs comte du pagus Sogiontensis, lequel pagus était une des subdivisions de la civitas de Toul[136].

Pendant que le mot ducatus prenait ainsi la place du terme provincia, ce dernier s'appliquait parfois aux simples civitates. La vie de sainte Ansthrudis parle de la provincia Laudunensis[137] ; ce qui ne peut s'entendre que du diocèse de Laon. Le biographe de sainte Bertila dit qu'elle était née dans la provincia Suessionica[138], c'est-à-dire dans le diocèse de Soissons ; le biographe de saint Landebertus emploie les mots provincia Trejectinsis, pour désigner la civitas de Trajectum-ad-Mosam[139] ; et c'est évidemment des civitates qu'il s'agit dans un edictum de Childéric II, où il était dit que les rectores ou les comtes ne pourraient exercer aucun acte d'autorité dans les provinciœ voisines de celles qu'ils administraient[140]. On se servait aussi, pour marquer la circonscription d'une civitas, des mots urbs[141] et pagus, ainsi que du terme finis[142], qui signifiait plus ordinairement le territoire d'une ville ou d'une communauté rurale, et même des expressions oppidum[143], suburbanum et territorium[144]. D'un autre côté, le mot civitas, autrefois employé exclusivement pour désigner un diocèse ou la cité épiscopale, s'applique à des villes de peu d'importance et même à de simples vici. C'est ainsi que le vicus de Lobedunburg est qualifié de civitas dans un diplôme de Dagobert Ier[145].

Le retour fréquent du mot finis dans les diplômes du VIIe siècle prouve que les communautés rurales, d'abord si rares, se multipliaient avec rapidité. Le mot villa, qui ne signifiait primitivement qu'un grand domaine ou une maison des champs, se prend désormais et très-fréquemment dans le sens de village ou de hameau[146]. Dans les civitates voisines du Rhin, où la population presque tout entière était d'origine germanique, on employait, comme synonyme de finis, le mot germain latinisé marcha, qui avait également le double sens de frontière et de territoire[147].

Si les dénominations usuelles des diocèses ou comtés avaient quelquefois changé, les attributions des comtes étaient demeurées les mêmes, et on les voit, comme précédemment, surveiller la rentrée des impôts, commander le contingent du comté et rendre la justice. Nous retrouvons aussi, dans chaque civitas, les vicarii, le defensor, les tribuni et les centenarii[148] dont nous avons énuméré les fonctions :

Nous venons de dire que le comte amenait à l'armée royale le contingent de la civitas[149], et on sait que ce contingent se composait 1° des Francs qui, à raison des bénéfices qu'ils avaient reçus, étaient astreints au service militaire, 2° des milices gallo-romaines organisées dans chaque cité. L'art de la guerre était resté au VIIe siècle à peu près ce qu'on l'avait vu dans les temps antérieurs. Les troupes campaient sous des tentes[150] ; on fortifiait les camps, comme autrefois[151], et on se servait de machines dans l'attaque et la défense des places. Le troisième continuateur de Frédégaire mentionne les machines que le maire du palais Charles Martel employa pendant les sièges d'Avignon et de Narbonne[152], et la description prouve qu'elles étaient semblables à celles dont les Romains faisaient usage. Il paraît aussi que les armées Franques avaient alors avec elles non seulement des ingénieurs, mais encore des ouvriers d'administration, comme on dit aujourd'hui, et le biographe de saint Ermino parle des cuisiniers, des boulangers et des autres employés du même genre — coqui, pistores et reliqui ministri — qui accompagnaient l'armée de Charles Martel[153].

Lorsque le comte était absent pour le service militaire, il était remplacé, dans le chef-lieu de la civitas, par un vicarius, qui rendait la justice à sa place. Mais lorsque le comte était présent, il ne négligeait pas ce devoir, un des principaux de sa charge. Il se faisait assister, comme au siècle précédent, par un nombre plus ou moins grand de curiales gallo-romains ou de Francs, selon la nationalité des individus qui devaient comparaître devant lui. La vie de saint Amandus nous offre le récit d'un jugement criminel rendu par le comte de Tornacum ou Tournay. Ce comte, nommé Dolto, siégeait sur son tribunal, entouré d'un assez grand nombre de Francs, parce que les accusés appartenaient à cette nation. Les licteurs (lictores) du comte amenaient successivement ces derniers, et les assesseurs donnaient leur avis sur la culpabilité de chacun d'eux. Parfois, on battait de verges les accusés, afin d'obtenir des aveux, et le comte prononçait ensuite l'arrêt, que les licteurs exécutaient à l'instant même[154]. Ces curieux détails démontrent une fois de plus que les prescriptions des Lois Salique et Ripuaire relativement aux compositions étaient tombées presque complètement en désuétude. Au cas particulier, nous voyons le magistrat condamner à mort, aux termes d'un édit de Clotaire II[155], un voleur traduit devant lui, sans que l'accusé fasse aucune offre pour indemniser les individus qu'il avait dépouillés. Un autre écrivain du même temps, le biographe de saint Bonitus, loue ce personnage de ce qu'il condamnait rarement les coupables à la mort, à l'exil et à la prison, pendant qu'il était rector de la Provincia Massiliensis[156] : éloge qui suffirait pour prouver combien les autres magistrats appliquaient fréquemment les peines corporelles, sans tenir compte du système des compositions. Quelquefois cependant, des magistrats fermaient les yeux sur certains crimes, à cause de la richesse ou de la puissance des coupables : il est parlé dans la vie de saint Arnulfus d'un personnage nommé Cunta, lequel était convaincu d'inceste, et que l'on ne poursuivait pas[157] ; quoique, vers cette époque, le concile de Reims eût enjoint aux évêques de dénoncer aux comtes les crimes de cette nature[158].

La loi accordait aux évêques d'autres droits que celui-là. Aux termes d'un édit de Clotaire II, que nous avons analysé plus haut, ils pouvaient, lorsque les jugements rendus par les comtes leur semblaient injustes, faire soumettre les affaires à un nouvel examen[159]. L'édit n'exprime pas devant quelle juridiction cet appel devait être porté ; mais il est vraisemblable que c'était devant le tribunal du roi. Les Mérovingiens avaient, en effet, l'habitude de rendre eux-mêmes la justice, avec l'assistance d'un certain nombre de fonctionnaires, et il y avait dans leur palais une salle destinée aux audiences ; car, d'après un biographe de saint Prœjectus, celui-ci, ayant un procès à soutenir contre le patrice Hector, et s'étant transporté à Autun, où Childéric. II se trouvait momentanément, entra dans la salle où le roi entendait les plaidoiries[160].

Au VIIe siècle, les fonctions du ministère public paraissent avoir été remplies, près des divers tribunaux, par des agents particuliers et permanents ; c'est du moins ce que nous croyons pouvoir conclure d'un diplôme de Thierry III[161] ; mais nous n'avons aucun renseignement précis sur ce point.

Quant aux autres agents de l'administration, nous les retrouvons, au VIIe siècle, tels que nous les avons vus au VIe. Les domaines sont toujours mis en valeur par les domestici, et ceux-ci ont sous leurs ordres, comme précédemment, les monetarii ou monétaires[162]. Les curies des cités n'ont pas cessé de fonctionner, bien que les mentions qui les concernent deviennent plus rares[163].

Il ne serait pas sans intérêt de déterminer qui était alors chargé de l'entretien des ponts et des grandes voies. M. de Sismondi croit que cette dépense était, comme autrefois, imposée aux civitates[164], et nous ne connaissons aucun fait qui démontre le contraire ; bien que le gouvernement se servant des voies pour le service des postes, on puisse supposer qu'il contribuait à leur réparation. Quoiqu'il en soit, l'entretien laissait beaucoup à désirer, et lorsqu'il était tombé des pluies longues et abondantes, les voyages devenaient difficiles[165]. Les voies secondaires étaient encore plus négligées, et Theodulfus, troisième abbé du monastère de Saint-Thierry, rencontra, un jour, un cultivateur qui labourait un chemin public[166].

Il ne faudrait pas toutefois conclure de ces faits isolés que les routes étaient impraticables et comme abandonnées. On apprend, au contraire, en lisant les diplômes et les écrits des hagiographes, que les moindres chemins étaient bien tracés et portaient des noms connus de tout le monde[167] ; que l'on y rencontrait des croix, de distance en distance[168], et que les anciennes et véritables voies romaines étaient fréquentées, comme dans les siècles antérieurs[169], et souvent par des multitudes, qui allaient soit visiter des basiliques fameuses, soit attendre au passage des saints dont la renommée avait devancé l'approche.

Un fait également incontestable, et qui fait honneur à la vigilance des magistrats mérovingiens, c'est que l'on voyageait avec sécurité d'une extrémité à l'autre de la Gaule. Le pays n'était pas embarrassé de ces subdivisions territoriales, de ces forteresses, de ces douanes qui rendirent plus tard les voyages si longs et si pénibles, et l'on pouvait passer librement et sûrement en tous lieux. Ainsi, nous voyons quantité d'aquitains, par exemple, venir se fixer en Austrasie ; les uns s'y marier ; d'autres, comme saint Amandus, saint Remaclus, saint Hucbertus et saint Sigibaldus, y occuper des sièges épiscopaux[170]. Certaines abbayes possédaient des domaines à l'autre bout de la Gaule et en tiraient facilement les revenus ; ainsi que le démontre l'exemple des abbayes de Stabulaus et de Malmundarium, qui avaient des biens considérables dans l'Aquitaine[171]. Lorsque le pape saint Grégoire-le-Grand envoya dans l'île de Bretagne les légats Petrus et Laurentius, il les chargea de porter à saint Augustin, métropolitain de Canterbury, quantité de reliques, de vases sacrés, d'étoffes précieuses et de livres magnifiques, et ces trésors traversèrent la Gaule sans aucun accident[172]. Les évêques les plus éloignés les uns des autres entretenaient un commerce épistolaire, Saint Modoaldus métropolitain de Trèves, saint Paul évêque de Verdun, saint Gericus et saint Chlodulfus évêques de Metz avaient des relations de ce genre avec saint Desiderius, évêque de Cahors[173]. Ce dernier, dans une de ses lettres, engage saint Paul à assister à la dédicace d'une basilique, qu'il venait d'achever, et une lettre de l'évêque de Verdun nous apprend que saint Desiderius lui avait envoyé dix tonneaux d'un vin délicieux (decem tunnœ falernii) : invitation et envoi qui démontrent combien les communications étaient faciles. C'est ce que prouve aussi la découverte que saint Rigobertus, métropolitain de Reims, fit dans une basilique d'Aquitaine de deux cloches autrefois volées à son église, et qu'il y fit reporter[174].

Aussi, les pèlerinages deviennent-ils de plus en plus fréquents. Il serait à-la-fois impossible et fastidieux d'énumérer ici les noms de tous les personnages plus ou moins célèbres qui visitèrent, au VIIe siècle, la ville de Rome ou les limina apostolorum, comme on disait alors. Nous rappellerons cependant saint Amandus, évêque de Trajectum-ad-Mosam, qui fit deux fois ce long voyage[175] ; saint Theofredus[176] ; saint Rodingus, fondateur de l'abbaye de Waslogium[177] ; saint Judocus, prince breton, qui se mit en route avec douze compagnons[178] ; saint Benoît Biscop, lequel se rendit cinq fois de l'île de Bretagne à Rome et rapporta, à chaque voyage, une grande quantité de livres et d'images sacrées pour les églises de son pays[179] ; et enfin saint Bercharius, abbé d'Altura-villare (Hautvillers). Non content de visiter Rome fréquemment (multoties), il partit pour Jérusalem, avec Waimerus comte de la Campania, qui voulait expier la part qu'il avait prise au martyre de saint Èeodegarius ; et l'hagiographe ajoute que saint Bercharius rapporta nombre de reliques et de magnifiques tablettes d'ivoire, c'est-à-dire des diptyques[180]. Les pèlerinages à Jérusalem étaient devenus si communs, que l'on rédigea un guide ou itinéraire pour les pieux voyageurs. Arculfus évêque ou chorévèque gallo-romain, qui avait passé sept mois dans la Palestine, dicta cet itinéraire à un abbé colombaniste, appelé Adamnannus ; et l'ouvrage, divisé en trois livres, subdivisés eux-mêmes en chapitres, est venu jusqu'à nous et a été publié par l'illustre Mabillon[181]. Comme l'unité de l'Empire existait toujours, au moins nominalement, les pèlerins étaient bien accueillis dans les provinces qu'ils traversaient, et on avait même, dès le VIe siècle, fondé dans la ville de Constantinople, sous le vocable de Samson, un hospice où l'on hébergeait les habitants du partage d'Occident qui se rendaient à Jérusalem[182].

Parfois, on entreprenait ces longs et pénibles voyages uniquement pour se procurer des reliques. On lit dans la vie de sainte Gerthrudis qu'elle envoya à Rome des hommes vertueux, qui lui rapportèrent beaucoup de reliques et de livres. On y voit aussi qu'elle fit venir de Ille de Bretagne des moines savants, capables d'enseigner les sciences divines et humaines aux religieux et aux religieuses qu'elle avait sous sa direction[183]. Les nombreux déplacements de ce genre qui avaient lieu alors suffiraient pour démontrer la facilité des communications. Nous avons déjà cité plusieurs des hommes plus ou moins célèbres qui changèrent alors de patrie, entr'autres le moine grec Athanasius, recteur de l'école du palais d'Austrasie ; Théodore, né à Tarse dans la Cilicie, que le pape Vitalien nomma métropolitain de Canterbury, et saint Florentins, évêque de Strasbourg, qui était originaire de l'île de Bretagne. Il fonda, hors des murs de sa ville épiscopale, un hospitium, dédié à saint Thomas et destiné à recevoir les bretons, les scots et les irlandais que sa réputation attirait près de lui[184]. Saint Rodingus, premier abbé de Waslogium, était né en Irlande, et il remplit son monastère de religieux qui arrivaient du même pays[185] ; tandis que l'abbaye de Saint-Grégoire (ou Münster), en Alsace, était habitée par des moines italiens, venus de Rome et disciples de saint Grégoire-le-Grand[186].

Le négoce ne contribuait pas moins que la dévotion pour les lieux saints à multiplier les relations entre les diverses parties de l'Empire. Nous avons déjà parlé du commerce que les Gallo-Romains et même les Francs faisaient avec les Bretons, les Espagnols et les Slaves. Ils allaient aussi trafiquer dans les ports du partage d'Orient, et c'est de là qu'ils rapportaient les magnifiques étoffes de soie fabriquées en Perse, et dont l'usage était alors si répandu chez les hommes riches. On les employait aussi pour envelopper les reliques des saints, confectionner les rideaux des ciboria, orner les autels, fabriquer les vêtements sacrés, et, malgré leur prix élevé, on en faisait une grande consommation en Occident. On en possède encore plusieurs spécimens curieux, entr'autres une robe fort ample, semblable à la toge romaine, et qui passe pour avoir appartenu soit à saint Leodegarius, évêque d'Autun, soit à saint Hidulfus, abbé de Moyen-Moutier, dans la châsse duquel elle est aujourd'hui conservée. Ajoutons que les mentions relatives aux vêtements de soie (vestes sericœ) sont fréquentes dans les hagiographes. Il est parlé dans la vie de sainte Gertrude[187] d'un jeune homme qui portait des robes de soie (sericis indutus) ; le biographe de saint Ermenfridus rapporte que ce dernier en usait aussi[188], et nous avons dit plus haut que c'était l'habit ordinaire des jeunes gens qui fréquentaient l'école du palais.

Le diplôme par lequel Dagobert Ier créa un marché auprès de l'abbaye de Saint-Denys prouve qu'il se faisait également un grand commerce dans la Gaule, de province à province[189]. C'est ce que démontre aussi un diplôme donné par Sigisbert IV aux moines de Stabulaus et de Malmundarium, et par lequel il leur cède les droits perçus au profit du fisc dans plusieurs ports établis sur des rivières[190].

Ce serait ici le lieu d'examiner quelles étaient les mesures de longueur et de capacité alors employées dans le royaume d'Austrasie ; mais de pareilles recherches ne peuvent malheureusement aboutir à un résultat satisfaisant, à cause de la rareté des documents historiques, et nous joindrons seulement les observations suivantes à ce que nous avons dit précédemment sur le même sujet : 1° au VIIe siècle, on se servait indifféremment, comme mesure itinéraire, de la lieue (leuca ou leuva), du mille, du stade et quelquefois de la rasta. La lieue, qui était autrefois presque seule usitée dans le nord de la Gaule, est alors employée beaucoup plus rarement, et nous ne l'avons guère rencontrée que dans la vie de saint Remaclus[191]. C'est ordinairement le mille qui sert à marquer les distances ; mais il n'est pas facile de savoir de quel mille il est question. D'Anville et divers géographes ont cru qu'il s'agissait du mille romain ; d'autres écrivains ont pensé qu'il fallait y voir un mille gaulois, plus court que le premier d'environ 127 mètres[192]. Quoiqu'il en soit, cette mesure est souvent rappelée soit dans les diplômes[193], soit dans les vies de saints[194]. Le stade l'est assez rarement, et on peut supposer qu'il l'était surtout par des écrivains avides de montrer leur savoir[195]. Quant à la rasta, qui valait deux lieues gauloises, on ne la connaissait guère, comme nous l'avons dit, que dans la Grande Germanie et dans les provinces les plus voisines du Rhin[196].

Les mesures de superficie sont, au VIIe siècle, les mêmes qu'au VIe. On trouve des mentions du juger ou arpent[197], et d'une autre mesure agraire nommée pedetura, qui parait avoir été employée de préférence pour les vignes[198]. Les poids sont toujours la libra ou livre pour l'or, et pour l'argent le pondus, qui était la même chose sous un autre nom[199].

Les principaux articles du commerce d'exportation que l'Austrasie faisait avec les pays voisins, et surtout avec la Grande Germanie, devaient être les vins, les grains, le sel et le verre. Les vignes étaient alors fort nombreuses en Austrasie, et nous en pourrions fournir plusieurs preuves si nous ne craignions de trop nous étendre. Néanmoins, on fabriquait, dans certains cantons, beaucoup de bière et de cervoise (cervisia). Nous avons déjà cité divers faits qui le démontrent ; nous verrons, dans le chapitre suivant, que la cervoise était la boisson ordinaire des solitaires des Vosges, et les biographes de saint Arnulfus, évêque de Metz[200], et de sainte Salaberga[201] fournissent aussi, à cet égard, des renseignements curieux.

Les‘ salines créées dans la vallée de la Seille continuaient à fabriquer d'énormes quantités de sel, que l'on transportait au loin. Les noms de la plupart de ces établissements figurent sur des trientes frappés au VIIe siècle, et quelques salines sont même formellement rappelées dans des textes historiques. Celles de Vic et de Marsal sont citées dans un diplôme du comte Wulfoad en faveur de l'abbaye de Saint-Mihiel[202]. De plus, il y en eut momentanément auprès de l'abbaye de Medianum-monasterium ou Moyen-Moutier[203] et non loin du monastère de Prum ou Prumia[204].

Nous devons dire un mot de deux autres industries, dont l'une était assez importante. La première était la fonte des cloches. Plusieurs passages des hagiographes prouvent qu'elles se multipliaient au VIIe siècle[205], et tout porte à croire qu'on ne les amenait pas du dehors. On n'en est pas réduit à des conjectures relativement à l'orfèvrerie, car cet art se cultivait non seulement dans les villes, mais encore à la cour des rois et dons certains monastères. Tout le monde connaît la vie de saint Eligius ou Eloy, et on peut voir encore, au musée des souverains, un monument de son habileté. Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire l'orfèvre Grimoaldus, dont le nom est marqué sur une plaque d'argent, et qui devait habiter Metz[206] ; mais c'est bien certainement à des artistes messins que saint Garicus eut recours pour faire fabriquer les magnifiques ornements dont il enrichit sa cathédrale, et notamment un crucifix en or, que l'on plaçait sur l'autel dans les grandes solennités[207]. Vers la même époque, Lando métropolitain de Reims donnait à son église une tour d'or, destinée à conserver la sainte eucharistie, trois patènes et un brachiale, ou un reliquaire, du même métal[208]. Plus tard, Plecthrudis, épouse de Pépin d'Héristal, offrit à l'abbaye de Saint-Trudon un autel d'or et d'argent[209].

Le monastère de femmes de Valencinum ou Valenciennes était une véritable pépinière d'artistes habiles, non pas dans l'orfèvrerie, mais dans la décoration des vêtements sacrés. Le biographe des saintes Hartindis et Reinula dit que les religieuses de Valencinum, apprenaient à écrire, à peindre, à filer, à tisser, à coudre et à fixer l'or et les perles sur les étoffes de soie[210]. Les deux saintes que nous venons de nommer, ayant fondé un monastère double à Eika, près de Trajectum-ad-Mosam, y introduisirent le même genre de travail ; et, au moyen-âge, on conservait dans cette abbaye des manuscrits dont les couvertures étaient chargées d'or et de pierreries, et des ornements d'église dont la richesse le disputait à la perfection du travail[211]. Ces deux monastères n'étaient pas les seuls où l'on exécutât d'aussi splendides ouvrages, et l'on montre encore dans l'église paroissiale de Maubeuge une chasuble donnée par sainte Aldegundis à saint Ablebertus, évêque de Cambray ; elle est tissue d'or et de soie, et les dessins qui la décorent représentent des perroquets affrontés et contournés, des fleurs et des ornements fantastiques.

Les laïques eux-mêmes fournissaient, au moins autant que l'Eglise, de l'ouvrage aux orfèvres et aux brodeurs. La plupart des leudes et des seigneurs avaient des fibules et des plaques de ceinturon d'un travail fort recherché, ainsi que des baudriers enrichis d'or, à peu près semblables à celui dont saint Audanus se servait, avant d'entrer dans les ordres sacrés[212]. Il reste malheureusement un bien petit nombre de ces produits d'un art encore tout romain. Au siècle dernier, on gardait dans l'abbaye de Münster, en Alsace, une couronne royale, qui passait pour avoir appartenu à Dagobert II, et les abbés avaient coutume de la porter le jour de leur installation[213]. Elle se composait d'un cercle d'environ six pouces de diamètre, et duquel partaient deux demi-cercles, qui se croisaient au-dessus de la tête, et que réunissaient un gros bouton. Elle était en vermeil, garnie de pierreries d'assez peu de valeur, et, sous le rapport du travail, elle offrait la plus grande analogie avec le calice et la patène de saint Gauzlin, évêque de Toul, calice et patène que l'on conserve dans le trésor de la cathédrale de Nancy, et qui, d'après plusieurs antiquaires, sont bien antérieurs au Xe siècle[214].

Une autre branche de l'art, l'architecture, était aussi cultivée soigneusement au VIIe siècle. Nous ne parlerons pas des constructions civiles, dont il ne reste plus maintenant aucune trace, et nous ferons seulement observer que les moulins à eau, rares dans le siècle précédent, se multipliaient, et que l'on en voyait à deux tournants[215]. Mais nous rappellerons que l'on éleva alors une multitude de cathédrales, de basiliques rurales et d'églises monastiques. Dagobert Ier réédifia un grand nombre d'édifices religieux qui tombaient en ruine ou que l'on trouvait peu dignes de la majesté de Dieu[216]. C'est dans ce temps que fut bâtie la seconde cathédrale de Châlons-sur-Marne. Saint Remaclus, évêque de Trajectum-ad-Mosam, dédia, dans son diocèse, une foule d'églises nouvelles à saint Sulpitius, métropolitain de Bourges, qui l'avait élevé[217], et les monuments historiques ne cessent de mentionner des basiliques construites au milieu des campagnes[218]. C'est surtout dans les monastères que l'on en bâtit une étonnante quantité. La plupart des abbayes colombanistes, où existait le chant perpétuel (laus perennis), voulaient posséder plusieurs églises ou oratoires. Saint Wandregisilus en éleva quatre dans l'abbaye de Fontenelle, en l'honneur de saint Pierre, de saint Paul, de saint Laurent et de saint Pancrace[219], et Wlframnus en ajouta une cinquième, sous le vocable de saint Etienne[220]. Saint Bercharius[221] en édifia un certain nombre dans la forêt du Der (in saltu Dervensi) ; il y en avait quelques-unes auprès de l'abbaye de Nivialla[222] ; sainte Salaberga en construisit sept à Lugdunum-Clavatum[223] ; on en voyait autant dans le monastère d'Andana, créé par Begga fille de Pépin de Landen[224] ; autant dans l'abbaye d'Habendum ou de Remiremont, et peut-être un égal nombre à Medianum-monasterium, à Juncturœ et à Senones, dont nous raconterons bientôt la fondation. On élevait même des basiliques dans les lieux où il y avait eu quelque miracle, et le biographe de saint Landebertus rapporte que l'on bâtit des églises à Nivialla et Herimala, où les reliques du prélat avaient opéré des prodiges[225].

Les caractères de l'architecture du VIIe siècle ne diffèrent pas notablement de ceux que nous avons signalés comme propres aux constructions des âges antérieurs : la disposition générale des édifices est à peu près la même, et on a une idée de la décoration en jetant les yeux sur les portiques encadrant les canons qui précèdent les plus anciens évangéliaires. Quelques églises possédaient déjà, à cette époque, de petites tours (turricula), destinées à loger les cloches[226]. Au surplus, si l'on veut savoir plus en détail comment on ornait les églises, on peut lire dans la vie de saint Benoît Biscop, déjà citée, tout ce qui concerne les basiliques du monastère de Wermouth (monasterium Wiremuthense), qu'il avait fondé. Il fit construire l'église principale par des ouvriers gallo-romains, qu'il avait appelés à grands frais. Des verriers, qu'il envoya chercher dans la Gaule, garnirent de vitraux les baies des basiliques, du cloître et des bâtiments d'habitation, et apprirent même aux Anglo-Saxons l'art de fabriquer le verre ; enfin, les murailles des églises et surtout de la basilique de Saint-Pierre, qui était la principale, furent couvertes de tableaux (imagines), qu'il avait rapportés d'Italie[227]. Mais ce dernier mode de décoration n'était pas commun, et on préférait peindre les parois même des édifices. La plupart des architectes et des artistes qui travaillaient à la construction et à l'embellissement de tant d'églises étaient des laïques. Tels étaient les operarii qui traçaient des routes et élevaient des bâtiments à Habendum[228] ; néanmoins, il est vraisemblable que les artifices et les viri industriosi que Walbertus abbé de Luxeuil fournit à sainte Salaberga, pour bâtir son monastère, faisaient profession de la vie religieuse[229]. Les prélats eux-mêmes ne dédaignaient pas parfois de mettre, en quelque sorte, la main à la besogne, et saint Arbogastus, évêque de Strasbourg, avait établi une briqueterie, dans laquelle il faisait préparer des matériaux pour les églises qu'il voulait construire, et dont les produits portaient les mots ARBOASTIS EPS FICET, tracés en lettres onciales[230].

 

 

 



[1] V. Vita sancti Babaleni, abbatis, dans les Bollandistes, au 26 juin.

[2] V. Chronic, c. 23, 35, 58, 66 et 69.

[3] V. Epistolœ, lib. XIII, 51, 58, 39 et 40, lib. XIV, 2.

[4] V. Chronic., c. 62-66.

[5] V. Vita sancti Desiderii, c. 9, dans Bouquet, t. III, p. 530.

[6] V. Vita sancti Landoaldi, d'halls Laubiensis, n° 1, dans les Bollandistes, au 15 juin.

[7] V. Vita sancti Eligii, Noviomensis episcopi, lib. I, c. 33, dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t II, p. 88.

[8] V. Revue numismatique, année 1836, p. 92.

[9] V. cette lettre, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 486, ou dans Labbe, Concilia, t. VI, col. 383.

[10] V. Epistolœ, lib. VII, 64.

[11] Nous en avons déjà cité plusieurs exemples, et nous pouvons en alléguer un autre que Schœpflin a tiré d'une très-ancienne chronique de l'abbaye de Münster. V. Alsatia illustrata, t. I, p. 751.

[12] V. Mémoires de la société des antiquaires de Picardie, t. X, p. 216 et 227, et planche X, n° 4.

[13] V. Bède, Ecclesiastica historia gentis Anglorum, lib. IV, c. 1.

[14] V. Vita sancti Goaris, dans les Bollandistes, au 6 juillet.

[15] V. Vita et passio sancti Bercharii, abbatis, dans le même recueil, au 16 octobre.

[16] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 137 et 138.

[17] V. Vita sancti Prœfecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 25 janvier.

[18] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 145 et 146.

[19] V. Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 91. V. aussi la note XLII, à la fin de notre tome IV.

[20] V. Vita sancti Agili, abbatis Resbacensis, auctore anonymo subœquali, n° 9, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[21] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 145 et 146.

[22] V. un placitum de ce prince, ibid., p. 233 et 234 ; v. aussi divers diplômes, ibid., p. 178-180, 217, 424 et 425.

[23] V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 5, dans Mabillon, ibid.

[24] V. notamment une constitutio de Clotaire Il et trois diplômes de Dagobert Ier, dans Pardessus, t. I, p. 120-122, t. II, p. 4, 5, 33, 34, 45 et 46.

[25] V. Frédégaire, Chronic., c. 60.

[26] V. la note XXXV, à la fin du volume.

[27] V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 1 et 2, dans Bouquet, t. III, p. 527.

[28] Cet Athanasius doit être le personnage du même nom qui fut abbé du Mauri-monasterium, en Alsace. V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 333.

[29] V. Vita sancti Sulpitii, Bituricensis episcopi, auctore anonymo fere coœco, lib. I, n° 9, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[30] V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 3, ibid., sæc. III, part. I.

[31] V. t. III, p. 424.

[32] V. Vita sancti Chlodulfi, Metensis episcopi, n° 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[33] V. Vita sancti Pauli, Virdunensis episcopi, n° 12, ibid.

[34] V. Vita sancti Landerici, abbatis, dans les Bollandistes, au 17 avril.

[35] V. Vita sancti Landeberti, n° 5, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.

[36] V. Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 7.

[37] V. Vita sancti Desiderii, Cadurcensis episcopi, c. 1, dans Bouquet, t. III, p. 527.

[38] V. Vita sancti Landeberti, n° 3.

[39] V. Vita sancti Hermentandi, abbatis, n° 3, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.

[40] V. Frédégaire, Chronic., c. 89.

[41] V. Gesta regum Francorum, dans Du Chesne, t. I, p. 717.

[42] V. ibid., p. 718 ; Fredegarii continuat., II, c. 98.

[43] V. Vita sancti Eligii, Noviomensis episcopi, auctore Audoëno, passim, dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t. II.

[44] V. Vita sancti Romarici, abbatis Habendensis, n° 11, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[45] V. Vita sancti Leodegarii, auctore Ursino, c. 8, dans les Bollandistes, au 2 octobre.

[46] V. Vita sanctœ Balthildis, reginœ Francorum, c. 1, dans le même recueil, du 30 janvier.

[47] V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, auctore Notgero, c. 5, dans le même recueil, au 3 septembre.

[48] Art. 19. V. cet edictum, dans Pardessus, t. II, p. 195-197.

[49] V. Liber de miraculis et translatione sancti Landeberti, n° 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.

[50] V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 296.

[51] V. Gesta Dagoberti regis, n° 40, dans Du Chesne, t. I, p. 585.

[52] V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 16, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[53] V. De gloria Confessorum, c. 106.

[54] V. Vita sancti Columbani, auctore Jona, n° 57, ibid.

[55] V. Vita sancti Basoli, confessoris, auctore anonymo, n° 10 ; Vita sancti Basoli, auctore Adsone, n° 23, ibid. ; Fortunat, Vita sancti Germani, episcopi urbi, Parisiacœ, n° 61, ibid., sæc. I. Ce dernier texte est peu significatif.

[56] V. Vita sancti Eusitii, dans Bouquet, t. III, p. 429.

[57] V. Vita sancti Columbani, n° 43.

[58] V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. IX, c. 55.

[59] V. Vita sancti Aridii, abbatis Lemovicensis, n° 1, dans Mabillon, Acta ss., sæc. I.

[60] V. Le Beuf, Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre, 2e édit., t. I, p. 156 et 137.

[61] V. le testament d'Adalgise, dans les Mémoires de la société philomatique de Verdun, t. III, p. 329 et suiv. ; Vita sancti Pauli, Virdunensis episcopi, n° 6, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[62] V. Chronic., c. 84.

[63] Il faut remarquer cependant que, au lieu des mots consanguineus de genere Dagoberti, plusieurs manuscrits portent consanguincus de genitrice Dagoberti ; ce qui offre un sens tout différent.

[64] V. Vita sanctœ Austrebertœ, abbatissœ Paliacensis, dans les Bollandistes, au 10 février.

[65] V. Vita sancti Gisleni, confessoris, n° 11 et 12 ; Vita sanctœ Waldetrudis, abbatissœ Castrilocensis, n° 2, dans Mabillon, ibid.

[66] V. une ancienne relation de la fondation de l'abbaye de Saint-Pierre, dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 249 ; Hist. de Metz, par deux bénédictins, t. I, p. 367 et suiv.

[67] V. Vita sanctœ Bertœ, abbatissœ, dans les Bollandistes, au 4 juillet.

[68] V. Vita sancti Rudberti, episcopi Saltzburgensis, auctore anonymo fere œquali, n° 1 et 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.

[69] V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 46, ibid., sæc. II.

[70] V. Calmet, Notice de la Lorraine, t. I, col. 879 et 882, et planche VI, n° 26.

[71] V. liv. I, édit, du Louvre, p. 14.

[72] V. Vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 25 janvier.

[73] V. Vita sancti Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 13, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[74] V. notamment Vita beati Pipini, ducis, dans les Bollandistes, au 21 février ; Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 26, dans le même recueil, au 2 octobre.

[75] V. notamment un edictum de Clotaire II, art. 1 et 13, dans Pardessus, t. I, p. 120 et 121.

[76] V. un autre edictum du même roi, art. 7 et 22, ibid., p. 196 et 197.

[77] V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, n° 1, dans les Bollandistes, au 4 janvier.

[78] V. Vita sanctœ Salabergœ, abbatissœ Laudunensis, n° 16, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[79] V. Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 1-3 et 37, ibid.

[80] V. Vita sancti Ansberti, Rotomagensis episcopi, n° 2, ibid.

[81] V. Vita sancti Trudonis, confessoris, c. 1, ibid.

[82] V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, c. 6, ibid.

[83] V. Vita sanctœ Berlitœ, abbatissœ Kalensis, c. 1, ibid., sæc. III, part. I.

[84] V. Fredegarii continuat., I, c. 95. V. aussi Vita sancti Hermentandi, abbatis, n° 2 et 4, ibid.

[85] V. Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 2, dans les Bollandistes, au 2 octobre.

[86] V. Vita sancti Hucberti, episcopi Leodiensis, dans Du Chesne, t. I, p. 678.

[87] V. Passio sancti Ragneberti, martyris, ibid., p. 626.

[88] V. Frédégaire, Chronic., c. 73.

[89] V. les fragments de ce testament, dans Pardessus, t. II, p. 255-258.

[90] V. tome II. V. encore Vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 25 janvier ; Vita sancti Pauli, Virdunensis episcopi, dans le même recueil, au 8 février.

[91] V. Vita sancti Rigoberti, n° 1, dans le même recueil, au 4 janvier.

[92] V. Vita sancti Sereni, dans Du Chesne, t. I, p. 655.

[93] V. Vita sancti Pauli, dans les Bollandistes, au 8 février.

[94] V. Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, dans le même recueil, au 15 janvier.

[95] V. Vita sancti Hadalini, confessoris, n°' 5 et 6, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[96] V. Historia episcoporum Tullensium, auctore Adsone, c. 32, dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 126.

[97] V. De l'Isle, Histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel, p. 423, 425 et 426 ; diplôme d'Adhela, dans Pardessus, t. II, p. 364 et 365.

[98] V. les fragments de ce testament, ibid., p. 255-258.

[99] V. ce testament, dans les Mém. de la société philomatique de Verdun, t. III, p. 340.

[100] V. ce testament, dans Pardessus, t. I, p. 81-84.

[101] V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, auctore œquali, n° 17, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[102] V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 3, ibid., sæc. III, part. I.

[103] V. Liber de miraculis et trandatione sancti Landeberti, n° 7, ibid.

[104] V. Fragmentera traditionis factœ a Roberto, Hasbaniœ comite, in gratiam monasterii Sancti-Trudonis, dans Pardessus, t. II, p. 579.

[105] V. ce diplôme, ibid., p. 145 et 146 ; v. aussi, ibid., p. 402 et 403, un diplôme de l'année 746.

[106] Resta nous paraît désigner ici un lieu particulier, et non la mesure itinéraire des Germains.

[107] Nous préférons cette forme à celle de Mansuerisca, qui se trouve dans le même diplôme ; il est évident que la dernière est une altération de la première.

[108] V. Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis, n° 16, dans Mabillon. Acta ss., sæc. II.

[109] V. canon 5, dans Sirmond, Concilia antiqua Galliœ, t. I, p. 471.

[110] V. canon 14, ibid., p. 619.

[111] V. canon 19, dans Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 5.

[112] V. canon 9, dans Sirmond, ibid., t. I, p. 491.

[113] V. Vita sanctœ Balthildis, n° 9, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[114] V. Vita sancti Eligii, Noviontensis episcopi, auctore Audoëno, lib. I, c. 10, dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 81.

[115] Ces diplômes sont trop nombreux pour que nous les citions ici.

[116] V. Fredegarii continuat., III, c. 111.

[117] V. Vita sancti Doniti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15 janvier.

[118] V. divers diplômes dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 262, 263, 268, 269 et 274 ; et dans De l'Isle, Hist. de l'abbaye de Saint-Mihiel, p. 422-424 et 426.

[119] V. un diplôme de Bertrada, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, ibid., col. 270.

[120] V. Vita sancti Deicoli, abbatis Lutrensis, n° 4, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II ; édit de Clotaire II, art. 11, dans Pardessus, t. I, p. 421 ; lettre de Mappinius métropolitain de Reims à Villicus évêque de Metz, dans Du Chesne, t. I, p. 860.

[121] V. un diplôme de la princesse Irmina dans Calmet, ibid., col. 261.

[122] V. Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis, n° 5 et 7, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[123] V. Vita sancti Eligii, lib. I, c. 1, dans le Spicilegium, édit. in-f°, t. II, p. 78.

[124] V. ibid., lib. I, c. 35, p. 88 ; Vita sancti Leodegariii auctore anonyme, n° 3 et 8, dans les Bollandistes, au 2 octobre.

[125] V. ces diplômes, dans Pardessus, t. II, p. 423-425.

[126] V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, n° 9, dans Mabillon, ibid.

[127] V. ibid., n° 4 et 5.

[128] Il est encore mentionné par un des continuateurs de Frédégaire. V. Fredegarii continuat., II, c. 101.

[129] Il comprenait bien certainement la civitas de Strasbourg et celle de Spire ou Nemetes. V. un diplôme de Childéric II dans Pardessus, t. II, p. 424 et 425.

[130] V. le fragment d'un diplôme du même roi, ibid., p. 121.

[131] V. ce diplôme, ibid., p. 224 et 225.

[132] V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, auctore coœvo, c. 1, dans Mabillon, ibid.

[133] V. Seconda vita sancti Prœjecti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 25 janvier ; Vita sancti Boniti, Arvernoram episcopi, dans le même recueil, au 15 janvier.

[134] V. deux diplômes de Thierry III et de Clovis III dans Pardessus, t. II, p. 194, 196, 224 et 225.

[135] V. Chronic., c. 87.

[136] V. la note XVI, à la fin de notre tome II.

[137] V. Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 4 et 56, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[138] V. Vita sanctœ Bertilœ, abbatissœ Kalensis, c. 1, ibid., sæc. III, part. I.

[139] V. Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 6, ibid.

[140] V. Vita sancti Leodegarii, auctore anonymo, n° 10, dans les Bollandistes, au 2 octobre.

[141] V. un diplôme de Reolus, métropolitain de Reims, dans Pardessus, t. II, p. 200-202.

[142] V. le fragment d'un diplôme de Nivardus, métropolitain de la même ville, ibid., p. 128 et 129.

[143] V. Fredegarii continuat., II et III, c. 100 et 109.

[144] V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 2, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[145] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 228 et 229.

[146] V. notamment Vita sancti Landeberti, n° 8, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.

[147] V. un diplôme de Dagobert II dans Pardessus, t. II, p. 167 ; un diplôme de Bertrade, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 269 ; et l'inscription murale de l'église abbatiale de Marmoutier, mentionnée dans notre tome II.

[148] V. une lettre de saint Desiderius, évêque de Cahors, pour le prêtre Untedius, dans Du Chesne, t. I, p. 881 ; Vita sancti Eligii, lib. II, c. 59, dans le Spicilegium, édit. in-f°, t. II, p. 188 ; Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15 janvier ; Vita sancti Germani, abbatis Grandivallensis, n° 11, dans Mabillon, ibid., sæc. II ; diplôme de Dagobert Ier dans Pardessus, t. II, p. 4 ; fragment du testament d'Erminethrudis, ibid., p. 255-258.

[149] V. Frédégaire, Chronic., c. 87.

[150] V. idem, ibid., c. 68 et 87 ; Fredegarii continuat., III, c. 109.

[151] V. Appendix ad Gesta regum Francorum, dans Du Chesne, t. I, p. 719.

[152] V. c. 109 ; v. aussi continuat., IV, c. 126.

[153] V. Vita sancti Erminonis, abbatis Laubiensis, auctore œquali, n° 9, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.

[154] V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, n° 12, ibid., sæc. II.

[155] V. l'article 22 de cet édit, dans Pardessus, t. I, p. 197.

[156] V. Vita sancti Boniti, Arvernorum episcopi, dans les Bollandistes, au 15 janvier.

[157] V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 25, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[158] V. le canon 8, dans Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 5.

[159] V. l'art. 6 de l'édit, dans Pardessus, t. I, p. 121.

[160] V. Vita sancti Prœjecti, n° 11, dans les Bollandistes, au 25 janvier.

[161] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 178-180. Il est adressé à divers fonctionnaires, et notamment aux actores publici, qui ne peuvent être que les magistrats chargés du ministère public.

[162] V. notamment Vita sancti Eligii, Vita sancti Remacli, déjà citées, et divers diplômes, dans Pardessus, passim.

[163] V. Vita sancti Eligii, lib. II, c. 2, dans le Spicilegium de D'Achéry, édit. in-f°, t. II, p. 90.

[164] V. Histoire des Français, t. I, p. 500.

[165] V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. X, c. 19 ; De gloria Confessorum, c. 18.

[166] V. Vita sancti Theodulfi, abbatis Remensis, n° 8, dans Mabillon, Acta ss., sæc. I.

[167] V. notamment Vita et passio sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis, n° 14, ibid., sæc. II ; diplômes de Childéric II pour les abbayes de Senones, de Stavelo et de Malmédy, dans Pardessus, t. II, p. 119, 121, 145 et 146.

[168] V. Vita sancti Theodulfi, n° 10, dans Mabillon, ibid., sæc. I.

[169] V. Grégoire de Tours, Hist. Franc., lib. III, c. 15 ; Miracula sancti Martini, lib. IV, c. 29 ; Vita sancti Eustasii, abbatis Luxoviensis, n° 4, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[170] V. Vita sancti Amandi, Trajectensis episcopi, dans les Bollandistes, au 6 février ; Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, dans le même recueil, au 3 septembre ; Vita sancti Hucberti, Leodiensis episcopi, dans Du Chesne, t. I, p. 678 ; Vita sanctœ Segolenœ, abbatissœ Troclarensis, c. 1 et 22, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part.

[171] V. Vita sancti Remacli, dans les Bollandistes, au 5 septembre.

[172] V. Vita sancti Augustini, Cantuariensis episcopi, dans Mabillon, ibid., sæc. I.

[173] V. plusieurs lettres de ces prélats dans Du Chesne, t. I, p. 878, 879, 885 et 886.

[174] V. Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les Bollandistes, au 4 janvier.

[175] V. Vita sancti Amandi, n° 6 et 9, dans les Bollandistes, au 6 février.

[176] V. Vita sancti Theofredi, abbatis Calmeliacensis, n° 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.

[177] V. Vita sancti Rodingi, abbatis, n° 6, dans les Bollandistes, au 17 septembre.

[178] V. Vita sancti Judoci, auctore Florentio, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[179] V. Vita sancti Benedicti Biscopi, abbatis, n° 2-4 et 6, ibid. V. aussi, relativement aux fréquents pèlerinages à Rome des princes et des évêques bretons, une lettre d'Elfreda, abbesse anglo-saxonne (parmi les lettres de saint Boniface, n° 11, dans la Maxima bibliotheca veterum Patrum, t. XIII, p. 90), et Lingard, Hist. d'Angleterre, trad. fr., t. I, p. 240, 258, etc. Ajoutons que les pèlerins prenaient ordinairement la route du Simplon et visitaient, en passant, la célèbre abbaye d'Agaune (aujourd'hui Saint-Maurice), ainsi que le prouve l'itinéraire de saint Eustasius et celui de saint Rodingus.

[180] V. Vita sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis, n° 17, dans Mabillon, ibid.

[181] V. ibid., sæc. III, part. II.

[182] V. Jacques de Vitry, Historia Occidentalis, c. 29, p. 341 ; Théophane, Chronographie, édit. du Louvre, p. 203.

[183] V. Vita sanctœ Gertrudis, abbatissœ Nivialensis, c. 3, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[184] V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 235 et 385.

[185] V. Vita sancti Rodingi, abbatis, n° 1, 2 et 4, dans les Bollandistes, au 17 septembre.

[186] V. Grandidier, ibid., p. 197 ; Lunig, Spicilegium ecclesiasticum, t. V, p. 1077.

[187] V. Vita sanctœ Gertrudis, c. 1, dans Mabillon, ibid.

[188] V. Vita sancti Erminfridi, abbatis Cusantiensis, n° 10, dans les Bollandistes, au 25 septembre.

[189] V. ce diplôme, dans Pardessus, t. II, p. 4 et 5.

[190] V. ce diplôme, ibid., p. 93 et 94.

[191] V. Vita sancti Remacli, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[192] V. M. Guérard, Essai sur les divisions territoriales de la Gaule, p. 182.

[193] V. notamment des diplômes de Sigisbert IV et de Childéric II dans Pardessus, t. II, p. 88, 89, 145 et 146.

[194] V. Vita sancti Joannis, abbatis Reomaënsis, n° 3, dans Mabillon, ibid., sæc. I ; Vita sanctœ Salabergœ, n° 12, ibid., sæc. II ; Vita sancti Trudonis, confessoris, c. 19, ibid. ; Vita sancti Erminonis, abbatis Laubiensis, n° 11, ibid., sæc. III, part. I ; Vita sancti Sturmii, abbatis Fuldensis, n° 12, ibid., sæc. III, part. II ; etc.

[195] V. Vita sancti Remacli, ibid., sæc. II ; Vita sanctœ Salabergœ, n° 21, ibid. ; Vita sancti Drausii, Suessionensis episcopi, dans les Bollandistes, au 5 mars ; Vita sancti Eligii ; etc.

[196] V. un diplôme de Dagobert II dans Pardessus, t. II, p. 167.

[197] V. un diplôme d'Adhela, fille de Dagobert II, ibid., p. 364 et 365.

[198] V. un diplôme de la princesse Irmina dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 262.

[199] V. notamment un diplôme du maire Grimoald dans Pardessus, t. II, p. 92.

[200] V. Vita sancti Arnulfi, Metensis episcopi, n° 25, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[201] V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 19, ibid.

[202] V. ce diplôme, dans De l'Isle, Histoire de l'abbaye de Saint-Mihiel, p. 423.

[203] V. Vita sancti Hidulfi abbatis, dans Belhomme, Historia Mediani-Monasterii, p. 62.

[204] V. un diplôme de Bertrade, aïeule de l'épouse de Pépin-le-Bref, dans Calmet, Hist. de Lorraine, 1re édit., t. I, preuv., col. 270.

[205] V. notamment Vita sancti Rigoberti, Remensis episcopi, dans les Bollandistes, au 4 janvier, et Vita sancti Landeberti, Trajectensis episcopi, n° 5, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.

[206] V. Journal de la société d'archéologie lorraine, année 1855, p. 93-95.

[207] V. Vita sancti Goërici, Metensis episcopi, dans Surius, au 29 septembre.

[208] V. Flodoard, Historia Remensis ecclesiœ, lib. II, c. 6.

[209] V. Vita sancti Trudonis„ confessoris, c. 22, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[210] V. Vita sanctarum Harlindis et Reinulœ, abbatissarum Eihensium, n° 5, ibid., sæc. III, part. I.

[211] V. ibid., n° 12.

[212] V. Vita sancti Filiberti, abbatis, c. 1, dans les Bollandistes, au 20 août.

[213] V. Schœpflin, Alsatia illustrata, t. I, p. 797 et 798, et planche I d'antiquités Franques, n° 1.

[214] V. Bulletins de la société d'archéologie lorraine, t. II, p. 3-22.

[215] V. deux diplômes de Grimoald et de Childéric II dans Pardessus, t. II, p. 92, 137 et 138 ; testament du diacre Adalgise, dans les Mém. de la société philomatique de Verdun, t. III, p. 340.

[216] V. Vita sancti Audoëni, Rotomagensis episcopi, auctore Fridegodo, c. 5, dans les Bollandistes, au 24 août.

[217] V. Vita sancti Remacli, Trajectensis episcopi, dans Mabillon, Acta ss., sæc. II.

[218] V. notamment un placitum de Childebert III dans Pardessus, t. II, p. 233 et 234.

[219] V. Secunda vita sancti Wandregisili, abbatis, c. 14, dans les Bollandistes, au 22 juillet.

[220] V. Vita sancti Wlframni, Senonensis episcopi, n° 11, dans Mabillon, Acta ss., sæc. III, part. I.

[221] V. Vita et passio sancti Bercharii, abbatis Altivillarensis, n° 15, ibid., sæc. II.

[222] V. Virtutes sancti Chlodulfi, Metensis episcopi, c. 6, ibid.

[223] V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 16 ; Vita sanctœ Anstrudis, abbatissœ Laudunensis, n° 15, 23, 33 et 37, ibid.

[224] V. Valois, Notitia Galliarum, p. 17.

[225] V. Liber de miraculis et translations sancti Landeberti, n° 7, dans Mabillon, ibid., sæc. III, part. I.

[226] V. Vita sanctœ Anstrudis, n° 13 et 14, dans Mabillon, ibid., sæc. II.

[227] V. Vita sancti Benedicti episcopi, abbatis, n° 5, ibid.

[228] V. Vita sancti Romarici, abbatis Habendensis, n° 7, ibid.

[229] V. Vita sanctœ Salabergœ, n° 12, ibid.

[230] V. Grandidier, Histoire de l'église de Strasbourg, t. I, p. 223.