LE GÉNÉRAL LA FAYETTE

1757-1834

 

LE GÉNÉRAL LA FAYETTE.

 

 

XXVII

 

La Fayette et son fils sont reçus avec enthousiasme par les Havrais, le 4 octobre 1825. — Belle réception à Rouen (7 octobre). — Arrivée à La Grange (9 octobre). — Il revient en bonne santé. — Témoignage du duc de Broglie. — Le voyage en Amérique est célébré par Béranger et Casimir Delavigne. — Concours de poésie institué à cet effet. — Lettres au président John-Quincy Adams (27 octobre et 10 novembre 1825). — Mort du général Foy (28 octobre). — Il reçoit à La Grange Victor Jacquemont et Augustin Thierry. — Mort de John Adams et de Thomas Jefferson (4 juillet 1826). — Il touche sa part du milliard des émigrés (août 1826). — Lettres à Rivadavia, président de la république de La Plata et au général Bolivar (11 octobre et 16 décembre 1826). — Il félicite de nouveau Bolivar (2 mars 1827). — Il est élu député de l'arrondissement de Meaux au second tour de scrutin, le 23 juin 1827. — Discours sur la tombe de Manuel (24 août). — Il revendique la responsabilité du compte rendu des funérailles de son ami (17 septembre). — Dissolution de la Chambre. — Il est réélu député, le 17 novembre 1827. — Démission de Villèle et formation du cabinet Martignac (4 janvier 1828). — Eloquente critique de la politique gouvernementale (23 juin). — Il réclame l'organisation de l'instruction nationale. — Eloge du régime établi sous la République. — Il exprime sa sympathie pour l'expédition de Morée (21 août). — Curieuses réflexions de Charles X à l'égard de La Fayette. — Banquet offert au général par les électeurs de Meaux, le 27 septembre 1828. — Son discours est acclamé. — Rapport du commissaire de police de Meaux au sous-préfet. — Correspondance avec Jeremy Bentham (18 novembre 1828). — Il recommande au comte de La Ferronnays la cause des constitutionnels espagnols (17 décembre). — Lettre à John-Quincy Adams (10 janvier 1829). — Il proteste contre l'accusation d'avoir réclamé l'intervention étrangère (7 avril). — David d'Angers fait son buste et l'envoie au Congrès américain. — Il soutient l'abolition du double vote (6 juin). — Il déclare que la France doit se mettre à la tête de la civilisation (9 juillet). — Départ pour l'Auvergne. — Arrivée à Brioude (30 juillet). — Brillante réception. — Arrivée à Chavaniac (31 juillet). — Séjour au Puy (11 août). — Il va visiter La Tour-Maubourg. — Passage à la Côte-Saint-André et Rives (17 et 18 août). — Arrivée à Grenoble (18 août). — On lui offre une couronne d'argent. — Il descend chez Augustin Perier. — Banquet donné par les Grenoblois. — Toast de La Fayette. — Voyage à Vizille.19 août. — Réception enthousiaste. — Passage à Voiron, à La Tour-du-Pin et à Bourgoin (3 et 4 septembre). — Arrivée à Vienne (4 septembre). — Banquet et discours du général. — Arrivée à Lyon (5 septembre). — Réception grandiose. — Discours de La Fayette. — On le conduit triomphalement à l'hôtel du Nord. — Mesures de police prises par le maire. — Promenade à l'île Sainte-Barbe (6 septembre). — Fête donnée par la maçonnerie lyonnaise et toast de La Fayette (6 septembre). — Banquet et discours politique (7 septembre). — Il quitte Lyon (8 septembre 1829) et rentre à La Grange. — Importance politique du voyage et vengeances du gouvernement. — Destitution du maire de Vizille (26 septembre). — Indignation contre dom Miguel (17 novembre). — Il désigne Guizot pour un siège de député et fait l'éloge du candidat (23 novembre). — Election de Guizot. — Lettre à Charles de Rémusat sur les Etats-Unis (22 novembre 1829). — Il lit les Mémoires de Brissot. — Lettres à Capo d'Istria et au général Boyer (7 janvier et 10 février 1830). — Célébration de l'anniversaire de la naissance de Kosciuszko (11 février). — On lui offre un portrait de ce grand patriote. — Il va au bal des pauvres. — Il signe l'adresse des 221. — Il assiste au banquet électoral offert aux députés de la Seine (1er avril 1830.) — Dissolution de la Chambre (16 mai). — Lettre à Bolivar (1er juin). — Sentiment sur l'expédition d'Alger et sur la mort du roi d'Angleterre George IV. — Il est nommé député de Meaux (12 juillet 1830). — Il apprend la nouvelle des fameuses ordonnances et se rend à Paris 27 juillet.

 

La Fayette reçut des habitants du Havre un accueil aussi enthousiaste qu'à son départ. Il quitta cette ville, le 5 octobre, et se dirigea sur Rouen par la voie de terre, tandis que son fils remontait la Seine. Ils se retrouvèrent, le 7, dans la capitale de la Normandie. Les Rouennais vinrent leur donner une sérénade et les acclamer, mais la garde royale et les gendarmes s'opposèrent par la force à cette manifestation. Le 8 octobre, les voyageurs repartirent et allèrent coucher à Saint-Germain-en-Laye. Puis, le lendemain 9, ils rentrèrent enfin à La Grange, où plus de quatre mille personnes vinrent saluer l'ami du peuple. Malgré ses soixante-huit ans, La Fayette avait vaillamment supporté les fatigues de ce triomphal voyage ; il semblait que ce séjour dans un pays. si plein pour lui de souvenirs héroïques, l'eût presque rajeuni. Le duc de Broglie, qui alla le voir, peu après son retour, en fut surpris. J'ai trouvé, écrivait-il, le général gros, gras, frais, joyeux, ne se ressentant nullement d'avoir été plusieurs mois sans dormir ou à peu près, à bavarder, à écrire, à voyager et à boire pour tout de bon, dix heures sur vingt-quatre.

Le voyage de La Fayette fut célébré par les poètes ; Béranger, comme il a été dit plus haut, y avait consacré une chanson. et Casimir Delavigne y fit allusion dans sa Messénienne : Trois jours de Christophe Colomb. On ouvrit même un concours de poésie pour chanter un voyage que l'histoire mettra au nombre des grands événements de notre siècle. Le comité constitué à cet effet comprenait les notabilités du parti libéral ; Béranger en faisait partie. et le général Foy y adhéra quelques jours avant sa mort. L'avocat Berville fut le rapporteur de ce concours, auquel quatre-vingts concurrents prirent part, et dont le vainqueur fut Eugène Labat. La proclamation du lauréat eut lieu l'année suivante, dans une séance solennelle où La Fayette, par modestie, ne parut pas[1].

Un des premiers soins de La Fayette fut d'informer de son retour, par une lettre du 27 octobre 1825, le président John-Quincy Adams. Pendant son voyage, la royauté avait changé de mains : Charles X présidait maintenant aux destinées de la France. Le roi et le général se rappelaient qu'à l'assemblée des notables ils faisaient partie du même bureau. Est-ce à ces lointains souvenirs qu'il faut attribuer cette appréciation presque bienveillante ?

La France est dans un état tranquille, et encore moins disposée à de prochaines commotions qu'elle ne l'était à l'époque de mon départ ; mais, pendant que le gouvernement poursuit sa marche contre-révolutionnaire, l'opinion libérale gagne du terrain, l'industrie fait des progrès, ce qui conduit lentement à plus d'indépendance.

 

Le 10 novembre 1825, La Fayette confia à ce même ami que l'Autriche était de toutes les puissances celle qui jouait le plus mauvais rôle, que la nation française éprouvait pour la Grèce un profond intérêt et que plusieurs de nos officiers, Fabvier entre autres, formaient les troupes des Hellènes. Le 22, il éprouva un vif chagrin de la mort de son éloquent collègue le général Foy. Ses jours s'écoulaient dans la retraite, où il aimait à recevoir de jeunes amis tels que Victor Jacquemont et Augustin Thierry.

L'année 1826 lui apporta un double deuil bien cruel. Deux de ses amis d'Amérique, fondateurs de cette république qu'ils avaient présidée tour à tour après l'immortel Washington, John Adams et Thomas Jefferson, succombaient le même jour, pleins de gloire et d'années[2].

On répartissait à cette époque le milliard des émigrés. La Fayette. qui maintes fois avait publiquement répudié toute confusion entre lui et les émigrés, réclama sa part de l'indemnité. Ce ne fut certainement pas une raison d'intérêt personnel qui dicta sa conduite en cette circonstance. Il ne semble pas que jamais il ait eu besoin de luxe ; la fortune n'était pour lui qu'un moyen de servir ses idées et d'aider ses amis. Il la dépensa généreusement dans deux révolutions, et il se fût trouvé dans une situation des plus précaires si la succession de sa belle-mère n'avait remis de l'ordre dans ses affaires. Récemment il avait aidé de ses deniers les conspirateurs et les opprimés de toutes les nations, et compromis une fois de plus sa situation financière. Or, ayant des enfants et des petits-enfants dont il avait entamé le patrimoine, il crut devoir profiter de la distribution faite à ceux dont les biens avaient été vendus par la nation. Il adressa une demande de liquidation au préfet de la Haute-Loire, qui, le 16 août 1826, fixa à la somme de 325.767 fr. 93 c. la part d'indemnité revenant au général pour les propriétés vendues dans la Haute-Loire, en vertu des lois sur les émigrés[3].

Toujours prêt à seconder les efforts des patriotes des deux mondes. La Fayette encouragea, le 11 octobre 1826, la lutte engagée par Rivadavia, président de la République de La Plata, contre le Brésil. Il correspondait aussi avec le général Bolivar, le président libérateur, auquel il ne ménageait pas ses témoignages d'admiration. Il lui écrivait, le 16 décembre 1826 :

Rien ne peut surpasser le haut prix que je mets à votre estime et à votre amitié ; mon admiration et mes vœux pour vous, mon cher général, datent de vos premiers efforts pour la cause patriotique. Ces sentiments se sont fortifiés tous les ans par la vaste utilité de vos triomphes, la féconde bienfaisance de vos talents, la supériorité de votre dévouement républicain sur les ambitions subalternes qui ont méconnu la vraie gloire, et par la constante pensée de votre influence sur la liberté des deux mondes[4].

 

Le 2 mars 1827. La Fayette renouvela à Bolivar ses sentiments d'admiration, et, en avril, il le félicita des termes vraiment républicains dans lesquels il avait donné sa démission de président de la Colombie. Les électeurs de l'arrondissement de Meaux vinrent, au mois de mai, lui offrir la candidature au siège vacant par la mort de leur député le baron François de Pinteville de Cernon. La Fayette accepta.

Le 22 juin 1827, un premier tour de scrutin ne donna pas de résultat, car, sur 279 votants, le général n'eut que 133 voix, tandis que le cultivateur Nicolas Tronchon en obtint 138. Le lendemain 23 juin. La Fayette fut élu par 141 voix contre 139. Il ne l'emportait que de deux voix sur son concurrent[5]. Un nouveau deuil le frappa : le grand orateur Manuel mourut, au château de Maisons, chez son ami Laffitte, le 20 août 1827, dans la force de l'âge et dans la maturité de son talent. Le 24, une foule immense de citoyens accompagna ce patriote au cimetière du Père-Lachaise. Sur la tombe, La Fayette fit un vigoureux éloge de son vaillant compagnon, qui allait reposer auprès de cieux autres serviteurs des idées libérales, le général Foy et Stanislas Girardin. Il s'écria, en terminant :

Il vous a été dit, et tous les amis de Manuel attesteront que, depuis le jour de sa retraite jusqu'au dernier jour de sa vie, il a souhaité, espéré, voulu fortement, comme, il faut le vouloir, la liberté de sa patrie. Quant à nous, citoyens, c'est sur la tombe des fidèles serviteurs du peuple qu'il nous convient de nous pénétrer de plus en plus de notre respect, de notre dévouement pour ses droits imprescriptibles, d'en faire le principal objet de nos plus vertueux, de nos plus énergiques désirs, le plus important de nos intérêts et le plus saint de nos devoirs.

 

Ce fier langage eut un grand retentissement dans la France entière ; le gouvernement s'en émut et il traduisit en police correctionnelle un jeune compatriote de Manuel, Alexis Mignet, qui avait eu l'imprudence de publier un récit des funérailles. La Fayette écrivit, le 17 septembre 1827, au président du tribunal pour revendiquer hautement la responsabilité du compte rendu et réclamer d'être compris dans la poursuite. L'acquittement du prévenu rendit inutile cette généreuse intervention.

Le gouvernement prononça la dissolution de la Chambre et fixa les élections générales au 17 novembre pour les arrondissements. Cette consultation fut des plus favorables à l'opposition. La Fayette fut réélu à Meaux par 197 voix contre 129[6]. Le ministère Villèle succombait sous ce coup. De La Grange, le général suivait les derniers efforts des ultra et les difficultés rencontrées par Charles X pour la formation d'un nouveau cabinet. Le 4 janvier 1828, le portefeuille de l'intérieur fut donné au plus éloquent orateur de la droite, le bordelais Martignac. Le 22, La Fayette annonçait ce résultat à Dupont de l'Eure. L'intervention franco-anglo-russe en faveur de la Grèce et la victoire navale de Navarin (20 octobre 1827) avaient répondu à ses sentiments philhellènes ; mais, comme il l'écrivait à Rivadavia, le 15 mai 1828, c'était la guerre allumée en Orient, et on ne pouvait en calculer les suites.

La discussion sur le règlement définitif du budget de 1826 lui fournit l'occasion de critiquer, dans la séance du 23 juin 1828, la politique générale du gouvernement. Il. n'en rendait pas moins un public témoignage au caractère droit et loyal du comte de La Ferronnays, ministre des affaires étrangères. Avec une juste vision de l'avenir, il réclamait l'instruction nationale, sentant que le triomphe des idées libérales y était intimement lié :

L'instruction nationale, Messieurs, et surtout l'instruction élémentaire. ce grand ressort de la raison publique, de la morale pratique et de la tranquillité des peuples, est aujourd'hui le premier besoin de la population française, comme la première dette du gouvernement envers elle. Cette dette. Messieurs, vous savez comment elle est acquittée. Les méthodes d'enseignement ont, jusqu'à présent, été protégées en raison inverse de ce qu'elles sont perfectionnées et faciles. Ce ne sont ni vos pitoyables 50.000 francs, ni même 500.000 francs, qu'il faudrait consacrer à ce grand devoir social. Dans un bon et loyal système d'instruction publique, cinq millions me paraîtraient être l'allocation la plus désirable d'un budget.

 

Et La Fayette rappelait à la Chambre que la France avait eu, par la loi du 3 brumaire an IV, la meilleure organisation d'enseignement qui eût jamais existé dans aucun pays ; que Napoléon l'avait malheureusement remplacée par l'Université, dont le monopole et les exigences choquèrent les amis de la liberté et les sentiments de famille, mais qui dut ensuite à l'envahissement du jésuitisme, privilège d'un autre genre, l'avantage de passer pour une institution libérale. Il réclamait une nouvelle organisation de l'instruction publique et glorifiait les vérités salutaires proclamées par l'Assemblée constituante. Il fallait l'audace toujours juvénile de ce vétéran pour oser citer à la tribune le calendrier républicain et faire l'éloge d'un régime exécré des royalistes.

Cependant, le 21 août 1828, La Fayette écrivait à Dupont de l'Eure qu'il sentait un air de mieux auquel il n'était pas insensible. Une expédition française était partie, quatre jours auparavant, pour la Morée. et elle lui paraissait avoir tous les caractères de la loyauté, du libéralisme et du désintéressement. Le roi mettait quelque coquetterie à parler favorablement du général.

En passant par Meaux, le 31 août 1828, il demanda s'il n'était pas dans le fief électoral de La Fayette ; et comme l'évêque et le préfet s'étonnaient de cette préoccupation : C'est que je le connais beaucoup, dit le roi. Il a rendu à notre famille  des services qu'on n'oublie pas. Nous sommes nés dans la même année ; nous avons appris ensemble à monter à cheval au manège de Versailles et il était de mon bureau à l'assemblée des notables[7]. Une autre fois, il s'informa auprès de Royer-Collard de la santé de La Fayette et ajouta :

Je lui rends cette justice, il n'a pas plus changé que moi. En 1787, lors de l'assemblée des notables, il était de mon bureau, et nous eûmes une discussion fort vive sur les capitaineries. Il voulait qu'on les supprimât et moi je disais que je ne voyais pas pourquoi on donnerait pleine liberté aux braconniers, qui sont tous de mauvais sujets[8].

 

En effet, Charles X et La Fayette étaient aussi entêtés l'un que l'autre, mais dans des opinions différentes, et ils eurent à souffrir maintes fois de cet entêtement.

Les électeurs du général lui offrirent un banquet. C'était alors, comme aujourd'hui, l'occasion pour les hommes politiques d'exposer leur programme et d'attaquer celui de leurs adversaires. Le samedi 27 septembre 1828, La Fayette quitta La Grange pour se rendre à cette invitation. Il trouva sur la route, à Quincy, seize jeunes gens à cheval, qui escortèrent sa voiture jusqu'à Meaux, où il entra à trois heures de l'après-midi. Il descendit chez un de ses électeurs, nommé Charles Petit. Le banquet commença à six heures dans la grande salle de l'hôtel du Grand-Monarque[9]. Le député prononça un discours dans lequel il exposa les revendications des patriotes, à savoir, l'abolition des lois inconstitutionnelles du double vote et de la septennalité, la réorganisation des gardes nationales, l'établissement d'un enseignement national. Des applaudissements, des trépignements soulignaient presque chaque phrase, et peu s'en fallut que la salle croulât sous les bravos. A dix heures, La Fayette quitta la salle et rentra se coucher, tandis que le commissaire de police de la ville allait rendre compte par lettre au sous-préfet de l'arrondissement de cette manifestation antigouvernementale[10]. Le lendemain dimanche, le général visita l'école d'enseignement, se rendit chez un grand nombre d'électeurs, reçut quelques individus retraités et décorés, qui devaient être d'anciens brigands de la Loire, déjeuna chez son hôte, et, vers trois heures, remonta en voiture pour regagner La Grange.

La Fayette entretenait une volumineuse correspondance ; de La Grange partaient chaque jour des lettres pour les directions les plus diverses. Il échangeait des vues politiques avec l'illustre et vénérable Jeremy Bentham, qui, lors de son dernier voyage en France, était venu dans le château du général, et que le duc de Broglie avait assez irrévérencieusement traité de radoteur. Le 18 novembre 1828, il le remerciait de ses écrits philanthropiques, qui, en éclairant mon esprit, font jouir mon cœur des témoignages de votre estime et de votre amitié. Le 17 décembre, il recommanda au comte de La Ferronnays la cause des constitutionnels espagnols.

L'année 1829 le trouva à La Grange. De son château il remercia, le 10 janvier, le président John-Quincy Adams de l'envoi de son message et l'assura qu'il emporterait dans sa retraite la haute estime de ses adversaires et la vive affection de ses amis personnels. Le 8 mars, il se plaignit à Henry Clay de la conduite déloyale de l'Angleterre, dont les rapports avec don Miguel avaient excité l'indignation générale. Le 7 avril, il donna un démenti formel à l'accusation portée contre lui d'avoir réclamé l'intervention étrangère pour décider du sort de son pays. Le 12, il mandait que David d'Angers avait fait son buste et l'avait offert au Congrès américain. C'est, dit-il, un jeune homme bien distingué sous tous les rapports ; on voit son âme dans ses ouvrages. Le 6 juin 1829, il soutint avec énergie la demande d'abolition du double vote. Le 22, il demanda que la France eût des représentants auprès des républiques de l'Amérique du Sud. Le 9 juillet. à l'occasion d'un crédit extraordinaire, il prononça ces généreuses paroles :

C'est donc à la France, Messieurs, mieux en sympathie avec les idées de la civilisation nouvelle, qu'il appartient de se mettre à la tête de cette civilisation ; là est sa gloire, son intérêt ; là serait au besoin son ambition ; là se trouveraient aussi la dignité, la sûreté de son gouvernement. Mais, pour remplir cette noble tâche, il faudrait que son gouvernement se déterminât à ne plus craindre ni une nation représentée, ni une nation armée, et que, renonçant à d'anciens rapports, il pût dire aux puissances étrangères : Après Dieu, c'est au peuple français que je dois de m'être placé au-dessus de vos influences et en dehors de vos spéculations.

 

En juillet 1829, La Fayette reprocha à Edward Livingston d'avoir reconnu un vil tyran tel que don Miguel. Le II du même mois, il causa longuement politique avec sir Charles Morgan. Puis, la session finie, il réalisa son projet de revoir l'Auvergne, et il partit avec son fils, au moment où la constitution du ministère Polignac allait jeter un défi à la France libérale.

La Fayette arriva à Brioude le jeudi soir 30 juillet 1829 ; il fut harangué par un ex-constituant, l'avocat Grenier, et il remercia affectueusement son ancien collègue. Il descendit chez son ami M. Bonne et assista, à sept heures, à un banquet, où il but à la ville et à l'arrondissement de Brioude. Les rues étaient illuminées. Un bal termina la fête, et La Fayette prit plaisir à voir ses compatriotes danser la montagnarde et la bourrée. Le lendemain 31, il déjeuna chez Grenier et partit pour Chavaniac, accompagné par une foule de citoyens[11]. Il passa par Paulhaguet et Aurac et arriva dans son château, où il trouva les jeunes élèves de l'école mutuelle, fondée par son fils, et les jeunes filles de l'institution créée aussi par Georges La Fayette, qui formaient la haie et lui offrirent des fleurs et des couronnes de feuillage. Il se reposa quelques jours, puis se rendit, le i i août 1829, au Puy. Il passa sous un arc de triomphe et, à travers les rues illuminées, gagna la demeure de son hôte, le député Joseph Bertrand. Le 12, il prit part à un banquet, où on avait eu la délicate pensée de placer en face de lui le portrait de Washington et le sien. On but au plus grand citoyen de l'époque, et le général, ému de ce chaleureux accueil, rappela qu'en 1791 il avait visité le Puy avec La Tour-Maubourg. Il quitta, le lendemain 13, cette ville pour aller visiter cet ancien compagnon des mauvais jours, qui était alors dans son château. Quarante cavaliers l'accompagnèrent jusqu'à Yssingeaux[12].

Après quelques jours consacrés à l'amitié, La Fayette prit la route de Grenoble. Il arriva, le 17 août, à la Côte-Saint-André. Il était sept heures et demie du soir et on ne l'attendait pas ; mais à la nouvelle de sa présence, la ville s'illumina. Le 18, il fut reçu à Rives par les grands fabricants de papier Blanchet frères, et y trouva une députation de la ville de Grenoble. Puis on se mit en marche ; la voiture était escortée par des jeunes gens à cheval. A la porte de la cité. le premier maire de Grenoble. Rosset-Bressan, vieillard de soixante-quatorze ans, présenta au général une couronne d'argent entrelacée de branches de chêne. Puis La Fayette monta dans un carrosse, traîné par quatre chevaux, et fut conduit triomphalement chez Augustin Perier, député de l'Isère et frère aîné de Casimir[13]. Le soir les Grenoblois lui donnèrent une sérénade et un banquet. Camille Teisseire, ex-député du département, lui porta un toast, et La Fayette répondit qu'il avait été l'ami des Dauphinois, illustres précurseurs et ses premiers compagnons de la Révolution de 1789, et il unit les souvenirs de juillet 1789 à ceux de juillet 1815[14].

Le 19 août 1829, le général quitta Grenoble avec son fils et Augustin Perier pour se rendre à Vizille, où habitait la fille de Georges La Fayette, mariée au fils Perier. A Tavernolles, on avait élevé un arc de triomphe ; les paysans se pressaient sur son passage. A Vizille, le maire, M. Faure-Finant, lieutenant-colonel en retraite, salua le vétéran des défenseurs des droits du peuple et de la liberté. En entrant, au bruit d'acclamations répétées par les échos, dans le château de Lesdiguières, protégé par l'effigie équestre de l'illustre connétable, en s'asseyant dans cette antique demeure, berceau de la Révolution, le vieux patriote sentit battre fortement son cœur. Au loin il voyait le panorama des Alpes, illuminées par des feux de joie, autour desquels dansaient les paysans. Il goûta quelque repos dans ce magnifique asile, près de sa petite-fille, attentive au berceau d'une enfant qui venait de naître. Il fallut s'arracher à cette vie paisible. Le 3 septembre, La Fayette et son fils passèrent à Voiron et à La Tour-du-Pin ; le 4, ils furent reçus à Bourgoin et arrivèrent, à cinq heures et demie du soir, à Vienne, escortés par cent cinquante jeunes gens de la ville. à cheval, et par une partie de la population. Le 5, à dix heures du matin, on leur offrit un banquet ; La Fayette rappela qu'il avait eu l'honneur d'être élu vice-président de l'Assemblée nationale, le 13 juillet 1789, alors que l'archevêque de Vienne, Le Franc de Pompignan, en était président. Puis il partit pour Lyon, où il arriva à quatre heures et demie du soir. Une foule immense attendait le général sur les limites des départements du Rhône et de l'Isère, en avant du pont Morand. Le médecin Prunelle, un des chefs de l'opposition, le harangua. La Fayette exprima son bonheur de revoir cette grande et belle cité, dont les vicissitudes, pendant les orages politiques, ont excité dans mon âme de si vives et sympathiques émotions ; il rappela que la députation lyonnaise à la Fédération de 1790 lui avait offert un trophée surmonté d'une couronne de chêne avec la devise : Optimo Civi, et termina par cette allusion politique :

Aujourd'hui, Messieurs, après une longue succession de brillant despotisme et d'espérances constitutionnelles, je me trouve au milieu de vous dans un moment que j'appellerais critique, si je n'avais reconnu partout, sur mon passage, si je ne voyais dans cette puissante cité cette fermeté calme, et même dédaigneuse, d'un grand peuple qui connaît ses droits, sent sa force et sera fidèle à ses devoirs ; mais c'est surtout dans la circonstance actuelle que j'aime à vous exprimer un dévouement auquel, jusqu'à mon dernier soupir, votre appel ne sera jamais fait en vain.

 

Après cette péroraison, saluée par les acclamations de la foule, La Fayette monta dans une calèche à quatre chevaux. Le cortège se mit en marche, escorté de quatre à cinq cents cavaliers ; l'affluence était si considérable que le pont Morand se trouva inabordable et qu'il fallut aller passer par le pont qui reçut depuis le nom de La Fayette. Soixante mille citoyens se pressaient pour saluer de leurs vivats l'arrivée du grand citoyen, insouciants des affiches apposées par le maire, effrayé de cette invasion et réduit à d'inutiles mesures de police. On conduisit le général à l'hôtel du Nord, où, le soir même, on lui donna un concert. Le 6 septembre, jour anniversaire de sa naissance, La Fayette s'embarqua sur la Saône et fut mené jusqu'à l'île Barbe, escorté de nombreux bateaux pavoisés et au milieu des acclamations des populations échelonnées sur les deux rives. Cette promenade ne se prolongea pas jusqu'à Fontaine, en raison de l'orage et de la pluie. On revint à Lyon, et le soir, au jardin de Flore, situé aux Brotteaux, les loges maçonniques de la région offrirent à La Fayette et à son fils une réception mémorable[15]. La voiture des invités était précédée par une brillante cavalcade. Le vénérable de la loge le Parfait silence présida la fête, à laquelle assistaient les loges la Sincère amitié, la Candeur, Equerre et compas, Union et confiance, Enfants d'Hiram, Etoile polaire, Asile du sage, de l'Orient de Lyon ; Parfaite union, de Villefranche ; Franche amitié, de Saint-Etienne ; Isis, de Paris ; Fidélité, de Lille ; l'Amitié, de Genève. Au banquet, La Fayette répondit au toast porté à l'homme des deux mondes au vétéran de la liberté, que Washington et Franklin étaient maçons, et il rappela qu'en 1785 il avait déjà reçu de ses frères lyonnais le plus cordial accueil. Il disait, en terminant :

Faisons des vœux pour que les persécutions dirigées contre la maçonnerie dans plusieurs contrées de l'Europe cessent enfin, et que la protection qui lui est due dans les Etats civilisés serve d'expiation aux mines de nos malheureux frères sacrifiés à l'ignorance et au fanatisme[16].

 

Le 7 septembre 1829, à trois heures de l'après-midi. un grand banquet eut lieu à la salle Gayet, sous la présidence de Prunelle. Malgré la pluie, il y avait foule aux alentours pour voir passer le général. Au toast du président, La Fayette répondit par un discours politique, qui se termina par ces paroles :

Au département du Rhône et à la ville de Lyon, antique métropole de l'industrie, courageuse ennemie de l'oppression ! Puisse sa liberté, sa dignité. sa prospérité, être solidement fondées sur la pleine jouissance des droits naturels et sociaux qu'elle invoqua dans tous les temps ![17]

 

Le 8 septembre 1829. La Fayette quitta Lyon. Il avait dû refuser les invitations des villes de Chalon et de Saint-Etienne, car il allait visiter, près de Feurs, son petit gendre Dupéron, qui, l'année précédente, avait perdu sa femme. Il rentra ensuite à La Grange jouir de tant de doux souvenirs et se reposer des fatigues que ce vieillard de soixante-dix ans avait juvénilement supportées.

Le voyage de La Fayette avait eu une grande importance politique : il avait profondément remué l'Auvergne, le Dauphiné et le Lyonnais. La présence du général avait ranimé dans toute cette région l'espoir des libéraux et relevé les courages : les paysans eux-mêmes s'étaient pressés pour voir et acclamer le héros des deux mondes. Les chefs de l'opposition avaient profité de ces banquets pour exprimer leurs sentiments et faire le procès du gouvernement. La Fayette avait reconquis sa popularité de 1789 et son nom était à lui seul un programme de liberté et de progrès. L'opposition fit tirer à cent mille exemplaires et distribuer, à titre de propagande, un résumé du voyage sous le titre de : Voyage de La Fayette en France[18]. Le ministère s'émut de cette situation, et, impuissant à frapper le dieu, il se vengea sur les fidèles. Il destitua M. Faure-Finant, maire de Vizille, et son adjoint, M. Chapuis, coupables d'avoir pris une part active à la réception du général. La Fayette, à cette nouvelle, exprima, le 26 septembre 1829, au maire son chagrin de ces brutales consolations que se donne un ministère contrarié dans de coupables et bien évidents projets, et le pria de transmettre ses regrets à ses concitoyens, dont les bontés, dit-il, sont à jamais gravées dans mon cœur et qui, en vertu de la haine dont un vieux patriote est honoré depuis longtemps, se voient privés de leurs respectables et bien aimés magistrats.

Le 17 novembre 1829, La Fayette traitait avec la dernière sévérité don Miguel, ce misérable qui, après avoir menti à tout le monde, est venu, à laide d'un faux serment, détruire une Charte qui rendait quelques droits au Portugal, et rétablir le despotisme le plus tyrannique. Le 23, il désignait à Dupont de l'Eure Guizot pour remplacer le célèbre chimiste Vauquelin, député de Lisieux, qui venait de mourir. Il faisait un bel éloge de son candidat :

M. Guizot est plus monarchique et moins démocrate, je pense, que vous et moi ; mais il aime la liberté. Il sait beaucoup, s'exprime avec talent ; il a de l'élévation, du caractère et de la probité. Avec une administration doctrinaire. il s'arrêterait en deçà de nous ; jusque-là, tous les projets ministériels trouveraient en lui un habile contrôleur dans le sens libéral[19].

 

C'est ainsi que Guizot, élu, le 23 janvier 1830, député de l'arrondissement de Lisieux, entra, sous les auspices de La Fayette, dans la politique active, où il devait tenir une place si considérable.

Le 22 novembre 1829, La Fayette écrivit à son petit-gendre, Charles de Rémusat, pour réfuter un article paru dans le Globe sur les États-Unis, à l'occasion du récit fait par son secrétaire Levasseur du voyage en Amérique. Il passa la fin de l'année à La Grange et vint à Paris au mois de janvier IS30. Il se tenait au courant des ouvrages nouveaux, et surtout de ceux qui intéressaient la Révolution française. Or, la mode était aux Mémoires, et il en surgissait de toutes parts. Ceux de Brissot lui furent envoyés et on lui demanda son sentiment : mais, dans une lettre du 6 janvier 1830, il refusa de se prononcer sur un ouvrage où il était en cause, m'en rapportant, dit-il, à la postérité, du soin de juger les hommes et les choses. Le 7 janvier, il déclarait au président de la Grèce, le comte Capo d'Istria, qu'il applaudissait à la formation d'une vaste et puissante république fédérative, une grande Suisse orientale, aidée, mais non régentée par d'autres puissances, et aussi parfaitement indépendante de ses amis que de ses adversaires. Le 10 février, il exprimait au général Boyer, président de la République d'Haïti, l'espoir que, malgré le peu de succès des premières émigrations, les enfants du sang africain venant des États-Unis trouvassent dans la république haïtienne la liberté, le travail et le bonheur. Le il, il assista, avec son fils et Benjamin Constant, à la célébration de l'anniversaire de Kosciuszko et, le 12, une députation polonaise lui apporta un portrait du grand patriote, dans son habit révolutionnaire de paysan polonais, qu'il plaça dans sa chambre, au-dessus du buste de Washington, après avoir fait l'éloge de son illustre ami et exprimé ses vœux pour l'indépendance de la Pologne. Le 14 février, il honora de sa présence le bal des pauvres, à l'Opéra.

Cependant, les libéraux se liguaient contre la congrégation, toute-puissante de par le roi et le ministère Polignac. Le 16 mars 1830, La Fayette signa l'adresse des 221, et, le 1er août, il assista au banquet électoral offert aux députés de la Seine signataires de ladite adresse ; il fut, dit-il, touché des témoignages d'affection dont les électeurs actuels de Paris, enfants de mes contemporains électeurs de 1789, ont bien voulu me combler. Le 16 mai 1830, Charles X prononça la dissolution de la Chambre : le général profita de ces loisirs forcés pour se réinstaller à La Grange et mettre à jour sa correspondance. Le 1er juin, il écrivait à Bolivar :

Non, mon cher général, je ne consentirai pas a ravaler le grand nom de Bolivar et à descendre moi-même au point de vous imputer les inconvénients et les desseins d'une ambition vulgaire. La couronne fut pour Napoléon une dégradation, comme son second mariage fut une mésalliance ; il ne sentit pas combien une magistrature populaire l'élevait au-dessus des trônes de l'Europe, et devant une monomanie de pouvoir vinrent échouer les dons du caractère, de l'esprit, du talent, et la plus belle chance d'une situation extraordinaire. Il lui manquait cet enthousiasme de dévouement à la cause de l'humanité qui vous maintiendra, dans l'hémisphère essentiellement républicain, à la hauteur du titre de libérateur si justement donné à vos nobles efforts et à vos glorieux succès.

 

La Fayette pensait que l'expédition d'Alger pouvait s'éviter, mais que le gouvernement la faisait pour éblouir les esprits par un succès et s'attacher les troupes. Il n'en faisait pas moins des vœux pour le triomphe de nos soldats[20]. La mort du roi d'Angleterre, George IV, lui paraissait une perte pour le parti de Coblentz[21]. Les élections eurent lieu et La Fayette fut renommé par ses commettants de Meaux, le 12 juillet IS30, par 264 voix contre 72. Il n'avait pas encore obtenu une si forte majorité. Il attendait à La Grange la réunion de la Chambre, quand Charles de Rémusat lui fit parvenir un exemplaire du Moniteur contenant les fameuses ordonnances royales. La Fayette pensa que, devant cette attaque imprévue, il devait se réunir à ses collègues, et il partit aussitôt pour Paris.

 

 

 



[1] Cf. Rapport fait par M. Berville au nom du jury chargé de prononcer sur les résultats du concours ouvert pour célébrer le voyage du général La Fayette aux Etats-Unis, impr. de 15 p. in-8°. (Collection de M. Th. Lhuillier.)

[2] John Adams et Thomas Jefferson moururent le 4 juillet 1826, jour anniversaire de la déclaration de l'indépendance des Etats-Unis. — La Fayette écrivit à cette occasion au général Taylor le 21 août 1826.

[3] Cf. l'original de ce document dans la collection de M. Th. Lhuillier. La pièce commence ainsi : Vu la demande en liquidation d'indemnité formée par M. Marie-Joseph-Paul-Yves-Roch-Gilbert du Motier de La Fayette, lieutenant général en retraite...

[4] La Fayette écrivit de nouveau à Bolivar le 23 décembre 1826.

[5] Ces renseignements m'ont été fournis par M. Th. Lhuillier et ne concordent, ni pour la date, ni pour le nombre de voix, avec ceux du Dictionnaire des parlementaires.

[6] Il y avait 330 votants ; La Fayette eut le même concurrent que cinq mois auparavant, Nicolas Tronchon. (Renseignements fournis par M. Th. Lhuillier.)

[7] Cf. dans les Mémoires lettre de La Fayette, en date du 1er octobre 1828.

[8] Cf. Barante, Vie de Royer-Collard, t. II.

[9] M. Th. Lhuillier possède une lettre de souscription pour ce banquet, datée de Meaux, le 20 septembre 1828. Le prix était fixé à vingt francs.

[10] Cf. aux Pièces justificatives, n° XXXIII, le texte de ce rapport de police, qui nous a fourni les renseignements précis consignés ici. Le commissaire y diminue l'importance de la manifestation en disant qu'il n'y eut d'enthousiasme qu'au banquet.

[11] Cf. Arrivée du général La Fayette dans l'arrondissement de Brioude Clermont-Ferrand, impr. Vaissière [1829], in-8° de 15 pages. (Bibl. nat., Lb40 1062.)

[12] Cf. Arrivée du général La Fayette au Puy, le 11 août 1829 ; Le Puy [1829], in-8° de 20 pages. (Bibl. nat., Lb40 1091.)

[13] Cf. Itinéraire du général La Fayette de Grenoble à Lyon, précédé d'une notice historique sur cet illustre citoyen, par J. Morin ; Lyon, 1829, in-8° de 128 pages. (Bibl. nat., Lb40 1110.)

[14] Cf. Banquet offert au général La Fayette, le 18 août 1829, par les citoyens de Grenoble ; Lyon, 1829, in-8° de 3 pages. (Bibl. nat., Lb40 1095).

[15] La Fayette avait accepté, de Vizille, le 11 août 1829, l'invitation de la loge lyonnaise Parfait silence, qui existait depuis le 5 décembre 1762.

[16] Cf. Fête donnée au général La Fayette par la maçonnerie lyonnaise, le 6 septembre 1829 ; Lyon, Aymé. 1829, in-4°. (Bibl. du Grand-Orient de France et Bibl. nat., Lb40 1100.)

[17] Cf. Itinéraire du général La Fayette de Grenoble à Lyon. — Les vers récités au banquet y ont été reproduits, p. 109 à 123.

[18] Paris, 1829, in-24. (Bibl. nat., Lb40 1111.)

[19] On lit dans les Mémoires de Guizot, t. Ier, p. 143 : Toutes les nuances de l'opposition, M. de La Fayette et M. de Chateaubriand. M. d'Argenson et le duc de Broglie, M. Dupont de l'Eure et M. Bertin de Veaux, appuyèrent ma candidature.

[20] Cf. lettre de La Fayette, en date du 13 juin 1830.

[21] Cf. lettre de La Fayette, datée de La Grange, 1er juillet 1830. — George IV était mort le 26 juin 1830 et avait eu pour successeur son frire le duc de Clarence sous le nom de Guillaume IV.