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Le
livre que nous offrons au lecteur n’a rien de définitif. Il n’est que
l’exposé incomplet d’une civilisation originale, paralysée dans ses progrès
jusqu’à nos jours, l’histoire sommaire d’une petite patrie aussi digne
d’admiration que d’amour. Si quelque lacune apparaît dans le développement
des chapitres, c’est que nous aurons préféré garder le silence, plutôt que
d’engager une discussion oiseuse sur les opinions différentes des historiens
qui nous ont précédé. Sans doute beaucoup de questions ont été élucidées par
de récents travaux ou par les documents si nombreux que la Société des
Sciences historiques et naturelles de la Corse a publiés. Mais il reste
beaucoup à faire et notre œuvre ne sera que l’ébauche susceptible d’éveiller
les idées d’un savant plus averti ou plus fortuné. Avant
tout, nous avons voulu tirer parti des pièces d’archives ou des manuscrits
qui, sur une foule de questions, ont été imprimés. Nous avons évité
soigneusement de tomber dans les récits d’histoire militaire, dont l’intérêt
pâlit à mesure que les faits s’éloignent ; nous n'avons gardé que ceux dont
l'importance subsiste malgré tout ou dont les conséquences ont été durables.
Notre but essentiel a été de donner un tableau sommaire de la civilisation
corse à travers les siècles et de montrer l’influence que les peuples
méditerranéens ont exercée sur elle. La tâche était nouvelle, ardue et pleine
d’écueils. Nous ne nous flattons pas de les avoir tous évités. Notre
ambition, plus modeste, serait satisfaite si le lecteur éprouvait quelque
sympathie pour un peuple méconnu, sinon trop décrié, si le Corse ressentait
pour sa glorieuse patrie plus d'amour véritable et éprouvait, en nous lisant,
le désir sincère de travailler à son bonheur. Les
lectures que nous joignons à chaque chapitre sont extraites des auteurs
contemporains ou des bons livres de notre temps. Elles aident à compléter
notre récit et à mieux caractériser un homme ou une période. Quant à la
Bibliographie, nous l’avons voulue courte et à la portée de tous : il nous suffira
tout simplement qu’elle puisse rendre service aux amants de l’histoire corse.
Les sources sont commodément accessibles puisqu’on les trouve presque toutes
dans le Bulletin de la Société des Sciences Corses ; quant aux livres de
seconde main, nous nous bornons à ceux qui semblent essentiels ou faciles à
trouver dans toute bibliothèque. Pour terminer, il nous reste un devoir bien agréable à remplir envers la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse et envers son président, M. Letteron : celui de leur dire toute notre reconnaissance pour tant de nombreuses publications qui nous ont permis d’entreprendre cet ouvrage. A celle-là, dont la fondation remonte à 1881, je souhaite une durable prospérité ; à celui-ci, je désire longue vie encore pour que la Corse brille d'un éclat intellectuel toujours plus vif. |